DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION
Tab. O, fig. 9.
Les organes de la génération occupent exactement la même place dans les deux sexes. Ce sont deux grands corps alongés qui, selon les époques , s'étendent tantôt jusque près de l’ouverture anale , tantôt viennent se terminer au commencement du tiers postérieur de la cavité abdominale. Si nous n’avons pas donné de figures représentant la structure intime de ces organes , nous ne les avons pas moins soumis à un examen attentif, Voici les résultats auxquels nous ont conduit nos recherches.
Des Ocaires.
Les ovaires sont formés d’une quantité de feuillets transverses, de forme triangulaire , composés , à ce qu'il parait, d’un tissu très-lche de fibres conjonctives traversées par de nombreux vaisseaux sanguins. C’est dans l’intérieur de ce tissu que se développent les œufs primitifs. Nous avons toujours trouvé ces œufs, quelques petits qu’ils fussent, composés de deux élémens, savoir, de la vessie germinative et du jaune entouré de sa membrane particulière. Les œufs les plus petits, et c’est dans ceuxlà que le vitellus est relativement beaucoup plus petit, sont simplement enfoncés dans l'épaisseur du feuillet, sans qu'on remarque un dérangement des fibres et des vaisseaux dans leur cours. Mais peu-à-peu et à mesure que l’œuf grandit , il se développe
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une bourse particulière en forme de poire, dans la cavité de laquelle est enfermé l'œuf. Cette bourse est formée par les mêmes fibres que le feuillet même de lovaire, mais elle est tapissée à l’intérieur par de grandes cellules fort transparentes et dépourvues de noyaux, qui semblent former une espèce d’épithélium.
Nous avons pu suivre la formation de la membrane coquillère autour de Fœuf. Nous avons vu, sur des œufs dont le contour extérieur était simple, et qui par conséquent n'étaient encore entourés que de la membrane vitellaire, de petites cellules arrondies, dont trois égalaient à-peu-près la grandeur d’une seule cellule de Fintérieur de la bourse , et qui étaient dispersées irrégulièrement sur toute la surface de l'œuf, Dans des œufs d’un âge plus avancé, ces cellules s'étaient considérablement augmentées; elles formaient une véritable carapace autour de l'œuf, et l’on ne découvrait que par-cei et par-là des interstices dans lesquels les contours des cellules étaient plus fortement accusés. Sur d’autres points, ces cellules étaient déjà comme fondues ensemble, et leurs contours à moitiés effacés. En général, tous les œufs, dans lesquels on remarquait de ces sortes de cellules, avaient un double contour indiquant la présence d’une véritable membrane coquillère. M. Vogt a déjà décrit ailleurs (*) la structure de la membrane coquillère de l'œuf mür. Nous venons de prouver que cette membrane avec les canaux innombrables dont elle est percée, est le produit d’une réunion de cellules fondues ensemble , qui forment une enveloppe secondaire autour de l'œuf primitif.
Les changemens périodiques que subit l'ovaire, ainsi que la sortie des œufs, présentent des phénomènes très-remarquables. L’ovaire des Salmones est dépourvu d’oviducte; un simple repli du péritoine forme son enveloppe externe , en réunissant ses feuillets en une seule masse. Ce repli, qui se continue le long de la cavité abdominale, depuis l'extrémité postérieure de l'ovaire jusque vers l'anus, ne contient qu'une petite artère accompagnée d’une veine, sans aucune trace d’un canal excréteur. La sortie des œufs de l’ovaire se fait par un véritable travail inflammatoire. À l’époque du frai, tous les vaisseaux sanguins de l’abdomen sont injectés de sang ; le tissu des ovaires est ramolli, et l’on voit des extravasions de substance gélatineuse entre les yeux. Les poches fibreuses, dans lesquelles étaient contenus les œufs , commencent à se résorber, les œufs tombent dans la cavité abdominale , et sortent par un trou médian situé derrière l'anus. Les premiers jours après la sortie des œufs, l'ovaire présente un aspect floconneux ; tous les feuillets sont largement séparés, et si on met un pareil ovaire dans l’eau, les feuillets flottent librement, à peine retenus par quel-
(*) Histoire naturelle des Poissons d’eau douce. Embryologie.
ques petites fibres conjonetives. Petit à petit la contraction s'opère; lovaire prend bientôt les plus petites dimensions que la nature lui a assignées , et les petits œufs primitifs, qui étaient déjà déposés dans l’intérieur des feuillets avant le frai, commencent
à se développer à leur tour.
Des Testicules.
Les testicules de la Truite ont à-peu-près la même forme que les ovaires ; ils forment deux longs rubans de couleur blanchâtre et d’un volume très-variable, dans les différentes saisons. Un long canal tortueux, partant de leur extrémité inférieure et passant le long de l’intestin, vient aboutir à la face postérieure de ce dernier, où il se réunit à celui de l’autre côté, pour former un seul canal déférent, dont l'ouverture se trouve derrière l'anus. Les testicules eux-mêmes ont un aspect grenu qui, sous la loupe. prend une forme presque vésiculeuse. En examinant ces granules ou petites vésicules au microscope , on voit que ce sont les extrémités en cul-de-sac d’une quantité énorme de petits tuyaux, qui viennent tous aboutir au canal déférent qui longe le bord interne du testicule. Ces tubes ont de très-nombreuses anastomoses, à tel point que les interstices entre les tubes n'apparaissent que comme de petits ilots, au milieu de tubes beaucoup plus larges. Le canal déférent lui-même n’est point simple; les lacunes y sont seulement beaucoup plus grandes, et les tubes anastomotiques mieux accusés et beaucoup plus larges que dans le testicule lui-même. Les tubes des testicules viennent aboutir immédiatement dans ce réseau anastomotique alongé du canal déférent, et nous pouvons par conséquent affirmer que lépidydime manque entièrement aux Truites.
Les petits tubes spermatiques du testicule paraissent formés, comme ceux des reins, uniquement de cellules en pavé réunies. A l’époque du frai, ces tubes sont remplis d'une quantité innombrable de z00spermes globulaires, fort petits, ayant une queue tellement mince, que nous devons convenir que nous n’avons pas pu l’apercevoir dans la majorité des cas. À d’autres saisons, on trouve dans ces mêmes tubes, alors beaucoup plus rétrécis, des cellules assez grandes, globulaires et extrèmement transparentes : quelques-unes ont des noyaux presque tout aussi transparens, avec un petit nucléolule assez nettement accusé au centre ; dans d’autres, le noyau est remplacé par plusieurs petites globules semblables au corps des zoospermes, mais plus petits ; enfin nous avons pu apercevoir ces mêmes cellules remplies de nombreux zoospermes déjà
‘ doués d’un mouvement vibratoire, dans des poissons qui approchaient de l'époque du frai. Les tubes anastomotiques dont sont composés les canaux déférens ; ont une enveloppe distincte de tissu fibreux.
A QGX — DU PÉRITOINE.
On peut distinguer deux couches dans le péritoine; lune externe, formant un simple sac qui tapisse toute la face interne des parois abdominales, ainsi que la face inférieure des reins ; ce qui fait que ces derniers sont entièrement séparés des autres intestins. Ce sac donne passage en avant à l’ésophage et à la veine cave, en arrière à l’urethère, au rectum et au canal déférent. La vessie urinaire est située dans l’intérieur de ce sac.
La couche interne du péritoine forme un véritable sac séreux, tapissant non seulement les parois internes de la cavité abdominale, mais aussi toutes les surfaces des intestins. Ces duplicatures qui enveloppent le foie, l’intestin, les organes sexuels et la majeure partie de la vessie natatoire, sont très-courtes et serrées autant que possible contre la colonne vertébrale. Nulle part on n’aperçoit de véritable omentum, comme dans les animaux supérieurs. Les organes sexuels, aussi bien que l'intestin, sont suspendus dans toute leur longueur à de semblables duplicatures ; la vessie natatoire n’en esl recouverte que sur les deux tiers à-peu-près de son pourtour. La face tournée contre les reins est libre. La face antérieure du rectum est fixée par une duplicature à la ligne médiane du ventre. :
Le péritoine forme ainsi un sac parfaitement fermé chez le mâle, mais qui est percé, chez la femelle, par l'ouverture sexuelle pour donner passage aux œufs qui tombent dans la cavité abdominale. Ce sac, pour employer une comparaison triviale, mais fort juste, entoure les entrailles comme un bonnet de coton refoulé sur lui-même, formant ainsi un tube complet pour l’intestin , deux tubes latéraux pour les organes sexuels, un cul-de-sac antérieur pour le foie, et un sillon supérieur dans lequel est logée la vessie natatoire.
La structure du péritoine est fort simple : c’est une membrane fibreuse, recouverte à sa face interne d’un épithelium en pavé, qui, chez le mâle, se continue sur toute la surface, tandis que chez la femelle il est remplacé dans les deux tiers postérieurs de la cavité abdominale, par un épithélium vibratile , à cils excessivement fins.
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