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DES ARTÈRES ET DES VEINES BRANCHIALES

Tab. K, fig. 2. — Tab. L, fig. 1 et 2. — Tab. O, fig. 1 (*).

Le bulbe artériel se prolonge directement en avant sous la forme d’une artère

épaisse et volumineuse (**), l'artère branchiale commune (41) qui s'étend jusque vers les deux premiers ares branchiaux, en conservant la direction du bulbe. Les parois de cette artère sont plus épaisses que celles de tous les autres vaisseaux. Sa forme est cylindrique comme celle de tous les vaisseaux sanguins; c’est presque la seule artère qui reste béante , quand on la coupe. Elle occupe la ligne médiane et il est très-facile de la suivre en la préparant depuis le péricarde qu'elle traverse tôt après sa naissance.

C’est par cette artère que le sang rassemblé dans le cœur , de toutes les parties du corps , est porté dans les branchies, pour y être soumis à l'acte de la respiration. Les arcs ont chacun leur artère propre (***), les artères des ares (2) ; il y en a par conséquent quatre de chaque côté ; elles suivent la courbure des arcs dans toute leur étendue jusqu'à la dernière paire de feuillet, en donnant à chague feuillet une branche qui se ramifie à sa surface.

Les artères des troisième et quatrième arc naissent ensemble; elles ne se séparent que vers l’articulation du quatrième arc. La première et la seconde artère naissent séparément ; nous avons aussi remarqué quelquefois que la seconde artère branchiale naissait, si non d’un tronc commun avec les deux dernières, du moins assez près d’elle (Tab. L. fig. 1). L’artère branchiale commune n’émet aucun autre filet ; son extrémité semble tronquée, parce que les artères du premier arc se rendent presque à angle droit vers leur branchie.

Chaque artère se loge dans un silion creusé à la face extérieure de l’are branchial, où il se continue jusqu’à son extrémité. Les branchies au contraire s’étendent bien audelà de leurs arcs respectifs du côté ventral ; aussi l’artère arrivée au sommet de l’are, où se trouvent les branchies, détache-t-elle une artère qui se recourbe pour suivre la branchie et la pourvoir jusque dans ses derniers feuillets,

L’artère occupe sur l'arc une position moyenne entre la veine branchiale en dedans, qui conduit le sang modifié par la respiration vers l'aorte, et la veine bronchique

(*) Les artères sont en vermillon; les veines en carmin.

@*) Tab. K, fig. 2, — Tab. L, fig. 1. (CH lab il; fe. 1.

en dehors, qui ramène à la veine de Duvernoy le sang qui à servi à la nutrition de la branchie. On conçoit aisément que le rapport de volume entre ces vaisseaux doit être très-différent , et que suivant qu'on les prend dans tel ou tel endroit de leur cours, ce sera l’artère ou la veine qui l’emportera. IT n’y à guère que la veine bronchique qui conserve presque partout la même capacité, parce qu’en haut où son diamètre devrait être moindre, la communication avec les canaux muciques supplée au défaut de vaisseaux sanguins qui y aboutissent. L’artère au contraire, en donnant un rameau considérable à chaque feuillet de la branchie, s’amineit vers le haut, tandis que la veine branchiale , renforcée à chaque feuillet par le rameau qui lui amène le sang des branchies, va en augmentant vers le haut et vers l’aorte. En coupant un arc par le milieu, on trouvera donc les trois vaisseaux à-peu-près du même volume, mais plus on remontera , plus la veine branchiale gagnera en capacité, plus on descendra , plus elle diminuera. La même chose à lieu en sens inverse pour l'artère branchiale.

Les ramifications de lartère sur les feuillets branchiaux ou les artères respiratoires des feuillets branchiaux (5), sont très-régulières et uniformes (*). Souvent il n'y a pour une paire de feuillets qu’un seul tronc ascendant qui se divise ensuite en deux branches, une pour chaque feuillet ; souvent aussi ces branches sont séparées dès leur origine. Elles sont comme les feuillets à angle droit avec l’axe de l'arc branchial. Elles remontent le long du bord interne du feuillet, sur sa tranche, et envoyent des rameaux sur ses deux faces. Nous avons remarqué, dans la description des branchies qui précède, que la muqueuse, dans laquelle ont lieu les ramifications des vaisseaux , présente de nombreux plis ou de petits feuillets transversaux , qui sont fixés au plan du feuillet par leurs bases, et dont les bords libres flottent dans l’eau autant que le permet leur hauteur assez peu considérable. À chacun de ces plis répond une branche de l’artère; de sorte qu’en voyant l'ensemble de l'artère avec ses nombreuses branches dirigées sur les deux faces du feuillet, on la comparerait volontiers à une plume à barbes régulières. Nous n'avons pas observé de ces bulbilles ou petits gonflemens , que M. Hyrtl (**), dans son travail remarquable sur la cireulation du sang des poissons, dit exister sur les branches artérielles des petits feuillets. Ce que nous avons vu n’était que des courbures des artérioles qui présentaient cette forme sous le microscope.

Quand une branche de l'artère a atteint le petit feuillet auquel elle est destinée, elle se décompose en un réseau capillaire à mailles extrèmement serrées , sans former

(*) Tab. O, fig. 1.

(t*) Medizinische Jahrbücher des Oesterreichischen Staates. Neueste Folge , T. XV, anno 1838.

d’autres ramifications. Aussi, en examinant ce réseau , on trouve que les divers capillaires qui le forment, occupent beaucoup plus d’espace que les interstices, qui sont en général plus ou moins ronds où carrés. Grâce à cette forme des réseaux capillaires, destinée sans doute à offrir la plus grande surface à l'élément de la respiration, la muqueuse des branchies se rapproche beaucoup de celle des poumons , notamment chez les reptiles.

Le sang , après avoir parcouru les nombreux réseaux capillaires des petits feuillets ou plis de la muqueuse, se rassemble dans les racines des veines branchiales (4) (*), qui sont arrangées exactement de la même manière que les artères, avec cette seule différence, que les branches longent le bord externe des feuillets, tandis que les artères occupent le bord interne. Chaque arc a son tronc propre, sa eine des arcs (5) avec des branches pour chaque feuillet et des rameaux pour chaque petit feuillet.

Le courant qui amène le sang veineux du cœur dans les branchies, monte donc le long de la courbure des arcs, pour ensuite remonter le long du bord interne des feuillets branchiaux, et exposer à l’action de l’eau dans les réseaux capillaires, le sang qui a servi à la nutrition du corps. Après avoir subi l'influence de la respiration, le sang , devenu artériel, se verse dans les branches veineuses des feuillets, descend le long du bord extérieur de ces feuillets, pour remonter par la veine de l'arc, vers l’aorte , et se porter dans les différentes parties du corps.

Les veines branchiales conduisent ainsi du sang artériel, et les artères branchiales du sang veineux ; de même que les artères pulmonaires des animaux respirant l'air élastique, charrient du sang artériel et les artères pulmonaires du sang veineux.

Outre ce réseau respiratoire des feuillets branchiaux , il en existe un autre dont les recherches de M. Muller (**) nous ont révélé l’existence, c’est le réseau nutritif. D’après M. Muller, la veine du feuillet détache de loin en loin un petit filet, qui, appliqué contre le support cartilagineux , sur le fond de la muqueuse , se ramifie à l'instar des réseaux capillaires que l’on connait dans d’autres organes, et dont les mailles très-larges différent ‘essentiellement des mailles du réseau respiratoire si dense et si serré. Le sang, qui parcourt ces ramifications, est ramené au cœur par les veines bronchiques, ou veines de Duvernoy, comme M. Muller appelle ces petites branches. Nous avons reproduit dans la fig. 1. de Tab. O., le dessin que M. Muller a donné de ces vaisseaux chez un poisson dont il n'indique pas le nom. Nous avons en effet fort bien

(t) Tab. O, fig. 1.

(**) Vergleichende Anatomie der Myxinoïden. Dritte Fortsetz. Gefässystem. Dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, pour l’année 1839.

distingué les ramifications de la veine de Duvernoy, telles qu’elles sont ici représentées ; mais quant aux rameaux nutritifs, sans prétendre en aucune facon contester leur existence, nous devons convenir que nous n'avons pas réussi à les apercevoir, malgré

toutes les peines que nous nous sommes données.

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