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VEINE BRONCHIQUE OU VEINE DE DUVERNOY

Tab. K, fig. 2, et Tab. L, fig. 1 (30), colorées en jaune.

En fendant le péricarde d’en bas et en repliant le cœur, on découvre un tronc veineux assez considérable , situé en dehors du péricarde sur la ligne médiane , entre les muscles croisés de l’hyoïde (n° 56 et 37). Ce tronc débouche dans le grand réservoir veineux ou sinus de Cuvier, près de son entrée dans l’oreillette. L'ouverture de ce tronc n’est protégée que par une valvule avortée, qui pourrait à peine fermer le tiers de l'ouverture , de sorte que le flux et le reflux du sang, causés par les contractions

du cœur, s’y voient très-distinctement. En faisant des vivisections on y observe aussi des pulsations qui ne sont nullement propres à cette veine, mais qui dépendent des contractions du cœur. Ses parois enchassées el même adhérentes aux parties environnantes ne permettraient d’ailleurs pas des contractions propres; par contre la situation du tronc entre les fibres croisées des museles pourrait bien entrainer une sorte d'action indirecte de la part de ces muscles sur le mouvement du liquide dans la veine , car certainement ces muscles en se contractant et en rapprochant les ceintures scapulaires doivent aussi comprimer le tronc de la veine.

Quoi qu'il en soit, cette veine est destinée à ramener le sang qui a servi non à la respiration mais à la nutrition des feuillets branchiaux , en se mêlant à d’autres sues , venant d'un autre système vasculaire dont nous traiterons plus loin.

Au moyen de bonnes injections, on découvre au bord interne de chaque feuillet branchial un vaisseau d’un volume bien plus petit que la veine ou l'artère du même feuillet. Ce vaisseau , qu’on pourrait appeler la veine des arcs (51), est en général caché par l'artère branchiale. Il nous a même quelquefois semblé, qu'il était situé dans la fente même qu’on découvre au bord antérieur du support cartilagineux du feuillet branchial.

A ce vaisseau (Tab. O , fig. 1) aboutissent une quantité de petits filets venant de la membrane qui recouvre les deux côtés du feuillet. Ces filets avec leurs ramifications sont surtout distinets à la surface du support eartilagineux et sur la membrane qui y adhère. Ils ne forment pas un réseau à mailles serrées , comme ceux des plis de la membrane respiratoire ; ce sont plutôt des ramifications éparses, semblables aux embranchemens d’un arbre; aussi ne correspondent-elles nullement aux nombreux plis de la membrane respiratoire. Le tronc qui longe le bord interne du feuillet , et qui est composé des petits vaisseaux nutritifs de la veine , se réunit, ainsi que celui du feuillet opposé, à un vaisseau plus considérable, qui longe la courbure de l'arc branchial. Ce vaisseau, situé dans la membrane qui réunit les feuillets branchiaux jusqu’au tiers de leur hauteur, n’est nullement en rapport avec la ténuité des filets sanguins qu'il reçoit des feuillets branchiaux ; il est situé à l'extérieur de tous les autres vaisseaux , que l'arc branchial reçoit dans son sillor , de sorte que sur une coupe verticale de l’are, faite de manière à présenter les feuillets en face , on voit en haut, assez près de la limite de la membrane qui les unit ; 1° la veine bronchique ; 2° le tronc de l'artère branchiale , qui envoie ses deux branches sur les bords internes de la paire de feuillets , et 3°, tout en bas au-dessus du nerf, le tronc de la veine branchiale , qui se dirige vers l'aorte, et dont les branches longent le bord extérieur des feuillets. La veine nutritive se reconnait toujours sur de pareilles coupes à l’extrème ténuité de ses

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parois , (qui pourrait faire croire que ce n’est qu’un canal creusé dans le tissu de la membrane) et à la forme triangulaire de son ouverture.

Après avoir reçu toutes les branches des feuillets , les troncs des veines de Duvernoy suivent les arcs branchiaux en restant en général appliqués contre les artères de leurs arcs respectifs, jusqu’à ce que les quatre troncs de chaque côté se réunissent en un seul vaisseau très-considérable (30) situé à côté du corps de l'hyoïde, au-dessus de lartère branchiale. Ce vaisseau , qui s’étend sur toute la longueur du corps de lhyoïde, reçoit en avant quelques canaux muciques que nous décrirons plus bas; puis les quatre veines bronchiques de son côté. Derrière le corps de l'hyoïde, les vaisseaux des deux côtés se réunissent sur le péricarde en un seul trone court qui s'ouvre dans l'oreillette (30) (Tab. L, fig. 1.)

Comme les troncs latéraux sont situés au-dessous de lartère branchiale , tandis que les branches qui longent les ares en occupent le dessus , il faut bien que les artères contournent en quelque sorte ces branches pour arriver à leur place. La ténuité des parois de ces veines et leur adhérence aux artères en rendent la préparation trèsdifficile , sinon impossible , et il est bien plus facile de les suivre en les ouvrant , que d’en préparer les membranes, comme on le fait pour d’autres vaisseaux sanguins.

L’arrangement de la veine de Duvernoy et ses rapports avec les autres vaisseaux et la circulation entière ont beaucoup préoccupé les anatomistes. Ce n’est qu'après de nombreuses expériences , que nous sommes parvenus à nous faire une idée claire de son cours. Rien n’est plus facile que de distinguer les deux troncs latéraux ; mais comme il existe des valvules assez fortes à l'ouverture des branches des arcs dans les troncs , ces valvules empêchent l'entrée de la masse injectée dans ces branches. D’un autre côté, grâce aux communications des veines bronchiques avec les vaisseaux muciques de la tête, dont nous traiterons plus loin, la résistance des valvules une fois surmontée , la masse injectée pénètre plutôt dans les canaux muciques et Iÿmpbatiques, que dans les branches qui longent les feuillets. Ce n’est qu’en injectant du mercure dans la veine d’un are coupé, après l’avoir préalablement lié de l’autre côté, que nous avons réussi à apercevoir les branches des feuillets et les ramifications du réseau nutritif.

Les branches des feuillets et leurs ramifications ont été parfaitement observées chez le Saumon, par M. Fohmann (*). Mais cet habile observateur, qui connaissait cependant parfaitement leur cours le long du bord intérieur de chaque feuiliet, a été con-

(*) Das Saugadersystem der Wirbelthiere.

duit à les envisager comme des vaisseaux lymphatiques, à cause de la liaison qui existe réellement du côté dorsal des arcs branchiaux avec les veines et les vaisseaux lymphatiques du corps.

En cherchant à mettre d’accord les indications des auteurs sur ce sujet, M. Müller (*) a fixé la nature sanguine du vaisseau qui nous occupe et décrit le premier le réseau nutritif des feuillets branchiaux; mais il nie absolument toute liaison avec les vaisseaux lymphatiques et ne reconnait que l'ouverture de la veine dans le réservoir veineux. Ilest aussi d’une opinion diamétralement opposée à la nôtre, quant à la position de la branche du feuillet, en prétendant que ces branches longent le bord par le côté extérieur du feuillet. Il est possible qu’il en soit ainsi chez les genres qu'il a examinés; mais chez les Salmones, la veine se trouve décidément du côté interne.

Nous reviendrons sur ce sujet, en traitant des canaux muciques et lymphatiques.

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