VEINES DE LA TÊTE
Tab. K, fie. 2, et Tab. L, fig. 1. (Elles sont colorées en bleu).
Les veines de la tête suivent en général le trajet des artères, surtout celles de la face. Ainsi loutes les artères extérieures de la tête, de même que les artères du cerveau, sont accompagnées d’un tronc veineux, et tous ces troncs se réunissent à la fin dans un seul vaisseau , la grande veine jugulaire (48). Cette veine est formée de la réunion de quatre troncs principaux qui sont : la veine cérébrale sortant de la cavité cérébrale par le trou du nerf optique, la veine oculaire ramenant le sang de toutes les parties de l’œil en longeant le nerf optique, l'artère faciale interne , qui longe le bord inférieur de l'orbite, et enfin la veine faciale externe longeant le bord externe du muscle masseter (20). Tous ces troncs veineux affluent, au bord postérieur de l'orbite, près de l’orifice antérieur du canal sous-crànien, dans un seul sinus qui parait un peu élargi, et que M. Hyrtl a désigné sous le nom de bulbe ophthalmique de la veine jugulaire. Ce bulbe qui parait être très-renflé chez d’autres poissons, est à peine marqué dans la Truite (Tab. L, fig. 1). Les bulbes des deux côtés sont réunis par une branche anastomotique transverse et assez large , qui est située derrière la branche anastomotique de l'artère céphalique et de la veine de la fausse branchie. De-là , la veine jugulaire passe le long du crâne, en restant étroitement appliquée contre la
(*) Vergleichende Anatomie der Myxinoïden. Dritte Fortsetzung ; Gefässystem, Dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, 1839.
face externe du premier faisceau du grand muscle latéral. Arrivée près de la ceinture thoracique, la veine jugulaire de chaque côté se réunit à la veine cardinale (50), qui vient des reins, et ce tronc commun qui est sensiblement élargi se porte verticalement en bas pour se réunir au devant de l'oreillette à celui de l’autre côté et recevoir en bas la veine-cave (51) qui vient du foie et la veine de Duvernoy (50) qui vient des branchies. Nous désignerons, avec M. Rathke, ce sac sous le nom de sinus de Cuvier (49) (*).
Nous savons déjà par l’anatomie du cœur, que le sinus de Cuvier, situé dans la cavité du péricarde, s'ouvre par une seule ouverture médiane dans la face postérieure de l'oreillette. Au-dessus de cette ouverture, aboutissant également à l'oreillette, se trouve l'entrée de la veine de Duvernoy, vis-à-vis celle de la veine-cave, située, comme les deux autres, dans la ligne médiane. On peut se représenter les deux sinus de Cuvier réunis comme un croissant, dont les deux bouts qui sont tournés en haut, sont formés par la réunion des veines jugulaires venant de la tête, des veines cardinales revenant du corps et des branches anastomotiques du canal mucique. Les deux extrémités du croissant embrassent de chaque côté l’ésophage, et si l’on tient compte de la branche anostomotique des deux veines jugulaires, on verra que ces deux veines forment une ellipse veineuse complète autour de l’extrémité céphalique du canal intestinal. L’extrémité antérieure de cette ellipse serait formée par la branche anastomotique des jugulaires , l’extrémité postérieure par le croissant des sinus de Cuvier.