‹ Anatomie des salmonesChapitre 41 sur 72 · DE LA MOELLE ALONGÉE ET DU CERVELET (ÉPENCÉPHALE · texte numérisé non relu

DE LA MOELLE ALONGÉE ET DU CERVELET (ÉPENCÉPHALE

C’est à la hauteur du trou occipital que la moëlle alongée et la moëlle épinière commencent à prendre un aspect différent. Ce qui les distingue surtout c’est le plus gros volume de la première qui est renflée, et le mode d'insertion des paires de nerfs qui s’y rattachent. Les deux faisceaux supérieurs de la moëlle épinière s’écartent en outre insensiblement en approchant du cerveau et forment par leur divergence une cavité triangulaire ou plutôt en forme de losange irrégulière, le quatrième ventricule. Le fond de cette cavité est occupé par les faisceaux inférieurs de la moëlle, qui sont ici à découvert, lorsqu'on relève le cervelet; ce dernier sert en quelque sorte d’opercule à la cavité, en se couchant d’avant en arrière sur toute l'étendue de la moëlle alongée.

Les faisceaux postérieurs de la moëlle alongée ou les corps restiformes (bb fig. k, 7 et9) se renflent insensiblement à mesure qu’ils s’écartent et forment une sorte de bourrelet alongé sur leur bord supérieur (les lobes restiformes) avant de se relever pour former les pédoncules du cervelet qui sont placés à peu près à angle droit avec la moëlle alongée. On remarque une sorte d’échancrure ou de dépression entre les corps restiformes et les pédoncules du cervelet, surtout distincte de profil (e, fig. # et 7). Ces renflemens postérieurs des corps restiformes ont une teinte particulière , plus terne que la moëlle alongée; après avoir séjourné dans l'esprit de vin, ils se séparent facilement de la

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masse principale. Leur bord supérieur est réuni par une commissure assez large qui forme un véritable pont sur le quatrième ventricule. Cette masse grisàtre se prolonge encore derrière le cervelet, où elle forme une sorte de revêtement à la surface postérieure et interne des pédoncules du cervelet, jusque sous son capuchon. Les pédoncules du cervelet eux-mêmes se renflent aussi latéralement et forment un autre bourrelet en forme de croissant (d d'fig. 4, # et 6), qui se confond insensiblement avec les parties latérales du cervelet proprement dit. En se réunissant sur la ligne médiane, les pédoncules du cervelet forment une voûte transversale fort élevée (e fig. 1, #, d et 6) sur la partie antérieure du quatrième ventricule, c’est le cerelet proprement dit (*). La face inférieure de cette voûte est arrondie, en forme de museau de tanche et percée au milieu d’une ouverture (f fig. 5, 9 et 10) qui met en communication la cavité du cervelet et le quatrième ventricule; la partie supérieure de la voûte est {formée par un capuchon arrondi (g fig. 1,4, 5, 6, 9 et 10) coudé à angle droit sur les piliers verticaux du cervelet, terminé en arrière par un bourrelet obtus (g fig. #) et qui repose par sa face inférieure (g fig. 10) sur les bords des faisceaux postérieurs de la moëlle alongée, fermant ainsi par en haut la partie postérieure du quatrième ventricule.

La surface du cervelet parait lisse au premier aspect ; cependant lorsqu'on enlève avec soin toutes les membranes qui l'entourent on reconnait de faibles traces de stries transversales qui sont vraisemblablement les premiers indices d’un plissement,

La partie extérieure du cervelet se compose de couches concentriques de substance grise embrassant une masse plus ou moins considérable de substance grenue d’une teinte légèrement rosée ou plutôt couleur de chair, au centre de laquelle se trouve un noyau médullaire blanc qui entoure une cavité étroite, verticale et comprimée dans la partie antérieure du cervelet, triangulaire dans le centre du capuchon et horizontale dans la partie de son prolongement qui est réfléchie en arrière.

Une section longitudinale du cervelet (fig. 9), nous montre cette cavité s'étendant fort loin en arrière dans le capuchon et pénétrant en avant dars le coude saillant de cet organe.

À la partie inférieure de la face antérieure des pilliers du cervelet, naissent deux faisceaux de fibres qui se rendent à la base des bourrelets des lobes optiques, et que l’on considère généralement comme les pédoncules du cervelet aux corps quadrijumeaux (k kfig. 6). Mais cette dénomination nous parait peu correcte, car les bourrelets en ques-

() La plupart des auteurs sont d’accord sur cette dénomination ; Weber cependant l’appelle corpus quadrigeminum.

tion ne sont point de véritables corps quadrijumeaux ; nous sommes bien plutôt disposés à les considérer comme une dépendance directe du cervelet, une sorte de vermice faisant saillie dans le mésencéphale. En effet l’on peut facilement se convaincre qu’une lame de substance blanche s’étend dans l’intérieur du cervelet et descend verticalement dans la partie inférieure et antérieure de la voüte qui repose sur le quatrième ventricule, puis se recourbe en avant et en haut pour former en se plissant les dits bourrelets du fond des lobes optiques, comme le montre la fig. À de Tab. Na.

Il y a donc deux sortes de fibres qui se prolongent du cervelet dans les bourrelets du fond de la cavité du mésencéphale; 1° les soi-disant pédoncules du cervelet aux corps quadrijumeaux (kk de fig. 6), et 2° la lame de substance blanche qui descend de l'intérieur du cervelet.

Les faisceaux inférieurs de la moëlle alongée (4 À fig. 2, 5, # et 5) vont en se renflant encore plus fortement en avant que les faisceaux supérieurs, mais ils ne s’écartent pas l’un de l’autre; une faible dépression longitudinale (à fig. 2 et 5) marque seule leur séparation; vus de profil, ils forment une saillie arrondie assez prononcée qui est affaissée à la hauteur du bord antérieur du cervelet, ou plutôt qui s'élève d'ici sous la forme de pédoncules du cerveau. vers les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques, pour former la base du cerveau. C’est de la partie la plus saillante de ce renflement que naissent les nerfs de la sixième paire, en avant desquels on aperçoit sous les lobes inférieurs, qu'il faut relever pour le voir, un entrecroisement de fibres (£ im fig. 8), déjà signalé par M. Gottsche, qui l’a décrit sous le nom de Commissura ansulata et qui rappelle jusqu’à un certain point le pont de Varole. Les fibres transversales qui unissent les pédoncules du cerveau dans leur partie supérieure, au fond du quatrième ventricule et qui se combinent vraisemblablement avec la commissura ansulata, forment aussi une sorte de commissure que l’on pourrait appeler la commissure supérieure des pédoncules du cerveau (x fig. 5).

Les faisceaux de la moëlle alongée présentent chez les poissons quelques particularités qu'il importe de faire ressortir. Comme nous l'avons déjà vu, les faisceaux supérieurs s’écartent fortement pour former le quatrième ventricule , mais au point ou ils commencent à diverger , ils sont intimément unis par une commissure molle (x fig. 7), déjà signalée par Haller et décrite de nouveau par M. Gottsche qui la nomme commissura spinalis (*). La cavité du quatrième ventricule se prolonge visiblement dans l'intérieur de la moëlle épinière. Dans le fond du quatrième ventricule , on distingue de chaque

(1) C'est la commissura cerebri infima de Haller.

côté du sillon longitudinal, un faisceau médullaire blanchâtre (les pyramides supérieures de Gottsche) qui s’avance le long de l’aqueduc de Sylvius et s’étale dans le fond des lobes optiques ; des fibres transversales vont de l’un à l’autre. Les fibres moyennes de la face inférieure des faisceaux antérieurs de la moëlle alongée (les pyramides inférieures) suivent une direction oblique dans leur partie antérieure, se dirigent en dehors et s'élèvent également vers les lobes optiques. Les fibres croisées qui plus avant simulent un pont de Varole vont les unes aux lobes inférieurs et les autres aux lobes optiques, elles entourent la racine des nerfs de la troisième paire et laissent passer, en 0 fig. 8, sur la ligne médiane, le vaisseau principal qui alimente le quatrième ventricule.

DES LOBES OPTIQUES, DES LOBES INFÉRIEURS ET DU TROISIÈME VENTRICULE (MÉSENCÉPHALE).

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