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LE GRAND SYMPATHIQUE

Tab. M, fig. 19.

Moins développé chez les poissons que chez les autres vertébrés, le nerf sympathique montre pourtant dans son arrangement les particularités essentielles, qui le distinguent nettement de tous les autres nerfs. Comme ses fibres sont parsemées de cellules ganglionnaires, il a toujours un reflet rougeâtre , qui contraste avec la blancheur éclatante des autres nerfs, et qui par cela même en rend la préparation plus difficile, sans compter que les filets nerveux dont il se compose sont extrêmement minces. Ces difficultés sont cause que l’on a longtemps méconnu sa véritable signification. Aujourd'hui que tous les doutes sont levés à cet égard nous n’aurons que peu de chose à ajouter aux connaissances déjà acquises.

Il est maintenant prouvé par des recherches microscopiques, faites sur d’autres classes de vertébrés , que le nerf sympathique ne possède pas des fibrilles propres, que toutes ses fibrilles constitutives proviennent de la masse nerveuse centrale , aussi bien que celles des autres nerfs, et que l’augmentation évidente du volume du nerf relativement à ses branches , dépend uniquement du développement des gaines fibreuses et des globules ganglionnaires qui se logent entre les fibrilles. Cette disposition nous oblige à en poursuivre le trajet en quelque sorte de haut en bas, afin de voir comment ses racines venant des différens nerfs cérébraux et spinaux se réunissent en un seul faisceau , qui longe l’épine du dos et qu’on appelle communément le tronc du grand sympathique.

Les premières racines du système sympathique de la tête partent de la face inférieure du ganglion de Gasser, sous la forme de plusieurs filets extrèmement minces , qui se dirigent en arrière ; et il semble que les fibrilles, formant ces filets, viennent aussi bien de la cinquième que de la septième paire. Bientôt ces filets se renflent et forment un ganglion assez considérable , de forme ovoïde (e) qui, appliqué contre l'os, se trouve justement au-dessous du glossopharyngien , là où celui-ci sort de son ganglion. Il existe un filet de communication entre ces deux renflemens.

L'un des filets venant du trijumeau n’envoie qu’une très-petite branche au ganglion, tandis que sa plus grande masse passe outre et forme, avec les filets sortant du ganglion, un réseau assez compliqué (f), d’où sortent plusieurs nerfs, qui s'associent aux nerfs branchiques du glossopharyngien et du vague. Deux autres filets qui se réunis-

sent plus loin en un seul, forment la continuation du tronc le long de la base de la tête, et après avoir reçu encore des filets du ganglion du nerf vague, se renflent en un premier ganglion du cou (4) , situé juste sur la ligne de séparation entre l’occiput et la première vertèbre nuchale. Ce ganglion est appliqué contre les os, tandis que toute la partie dont il vient d’être question , repose sur les muscles , à côté des grands vaisseaux artériels et lymphatiques de la tête.

Avec ce premier renflement commence la longue série de ganglions, qui soudés les uns aux autres par des branches intermédiaires , entrent en communication avec toutes les branches inférieures des nerfs spinaux , et d’où part cette multitude de petits filets nerveux, qui se ramifient dans les intestins. C’est du premier ganglion nuchal, que naissent les deux branches intestinales les plus considérables, destinées à lestomac (A). Ces deux filets descendent droit sur la partie postérieure de lPésophage. Nous avons pu les poursuivre à côté du nerf vague le long de cet organe , mais plus loin ils nous ont échappé à cause de leur exiguité.

Le nombre des ganglions qui règnent le long du ventre , à côté de l'aorte sous l’épine dorsale, ne répond pas exactement au nombre des vertèbres. Aussi n'est-ce pas seulement des ganglions mais aussi des rameaux intermédiaires, que partent les branches destinées aux intestins. Ces branches intestinales sont en nombre très-considérable et d'autant plus petites, qu’elles sont plus fréquentes. Elles entrent tout de suite dans la masse même des reins, qui se trouve au-dessous. Leur extrême ténuité nous à empêché de les poursuivre au de-là de l’enveloppe fibreuse des reins.

Les branches venant des rameaux inférieurs des nerfs spinaux sont très-régulières. Elles contournent le corps de la vertèbre et se confondent aussitôt avec le tronc du sympathique ; celles du nerf hypoglosse ne se montrent pas différentes des autres nerfs spinaux.

Vers l’extrémité de la cavité ventrale les ganglions diminuent insensiblement de volume et les derniers , situés au dessus de l'extrémité des reins, ne sont qu’à peine perceptibles.

Il résulte de cette description, que larrangement du nerf sympathique est bien plus simple chez les poissons que chez les animaux supérieurs, et même chez les reptiles. C’est surtout la portion céphalique du nerf, qui est simplifiée, et pourtant elle compte presque autant de racines que chez les autres vertébrés. Il n’y a, à ce qu'il parait, que le filet provenant du nerf abducteur, qui manque, du moins chez la grande majorité des poissons osseux. Cuvier veut, il est vrai, l’avoir trouvé chez la morue. Quant à nous, nous devons convenir que nous n’avons jamais pu l’apercevoir dans

la Truite. Une partie importante qui manque au sympathique des poissons et qui existe chez tous les autres vertébrés, c’est la partie antérieure de ce système, celle même qui prend une part si active à la formation des nerfs ciliaires et du palais, et dont la branche récurrente de Vidianus est le représentant principal. Il n’y aurait rien d’étonnant dès-lors que ce füt à cette absence des branches palatines et oculaires du système sympathique, qu’on dut attribuer le développement peu considérable des mouvemens de l’œil et de l'iris, ainsi que le dépérissement du goût chez les poissons.

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