‹ Anatomie des salmonesChapitre 62 sur 72 · NEO · texte numérisé non relu

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comme entre les deux dents d’une fourchette. La répartition des filets que donne chaque nerf, est extrêmement simple. Là où il n’y a pas de nageoires, les branches supérieures de la racine sensible longent le bord postérieur de l’apophyse , derrière laquelle ils sortent du canal de la moëlle épinière (*), se joignent au haut de l’apophyse à la branche montante de la racine inférieure du nerf précédent, qui a longé le bord antérieur de cette même apophyse, et le tronc qui résulte de cette jonction , se ramifie ensuite dans les muscles et dans la peau du dos. Ces nerfs sont toujours situés où dans la substance elle-même de la membrane fibreuse, qui réunit les apophyses, ou immédiatement à sa surface. Les filets, qu’ils donnent aux muscles latéraux et à la peau, sont collés aux feuillets fibreux qui séparent les muscles latéraux, comme nous l'avons fait observer dans le chapitre de la myologie, et il est à remarquer que c’est toujours dans les angles des zigzags de ces feuillets que monte un filet plus considérable vers la peau. Nous avons cherché en vain dans la Truite les anastomoses des nerfs spinaux avec la branche latérale du nerf vague, que l’on a signalées chez d’autres poissons, dans l’angle médian des feuillets, vers la ligne latérale. Les branches inférieures des nerfs spinaux passent sur le flanc des vertèbres et se répandent dans les espaces entre les côtes. Là les apophyses inférieures donnent d’abord un filet de communication avec le grand sympathique et se ramifient ensuite de la même manière dans les muscles et la peau, en envoyant leurs filets principalement dans les angles des feuillets fibreux.

On ne peut méconnaitre dans l’arrangement des nerfs spinaux et de leurs racines un but tout'spécial, savoir de ne pas faire dépendre une partie musculaire quelconque d’un seul endroit de la moëlle. Le filet ascendant des racines inférieures, en se joignant au filet ascendant de la racine supérieure du nerf suivant, envoie des fibrilles motrices d’un nerf à l’autre, et comme il est probable que la branche ascendante de la racine supérieure contient aussi des fibrilles motrices, qui lui viennent par la branche anastomotique entre les deux racines, il s’en suit, que chaque point du corps où se rendent des filets du nerf ainsi composé, dépend, sous le rapport de la locomotion , des endroits de la moëlle où ces deux nerfs prennent naissance.

Il n’en est pas de même à l’égard des branches inférieures. Nous n'avons constaté aucune anastomose entre les branches inférieures ; les fibrilles sensibles leur viennent donc seulement de la racine supérieure correspondante , tout comme les fibrilles motrices ; tandis que chaque branche supérieure tire des fibrilles motrices non seulement

() Jamais un nerf spinal ne traverse une partie du squelette; ils restent toujours derrière les apophyses.

de la branche anastomotique de sa racine motrice correspondante , mais aussi de la branche remontante de la racine inférieure de la paire précédente.

Evidemment le but de cette disposition est d’étendre la faculté motrice des muscles du dos autant que possible, et de rendre indépendante l’action de ces muscles, qui sans aucun doute, sont les organes principaux de la locomotion et doivent être, à en juger d’après leur développement, beaucoup plus puissans que les couches musculaires de la partie inférieure du corps.

Il nous reste encore à parler de la disposition particulière des nerfs des nageoires. À part la caudale, cet arrangement est fort simple dans les autres nageoires verticales à rayons osseux (la dorsale et l’anale). Leurs nerfs se comportent de la même manière que les autres, jusqu’à leur arrivée vers les petits muscles qui meuvent les rayons. Là, ils se divisent en deux séries de branches, dont les unes extérieures passent entre les deux couches de muscles et fournissent principalement les muscles extérieurs , tandis que les autres branches passent le long de la membrane fibreuse médiane, et se ramifient dans la couche intérieure,

Les nerfs de la ventrale sont aussi fort simples. Ils forment entre eux, au moyen de branches anastomotiques, un réseau à mailles assez larges , duquel partent les petits filets qui entrent de toutes parts dans la masse charnue de la nageoire.

Les nerfs de la peclorale naissent des branches inférieures des deux premières paires spinales. Nous avons déjà mentionné la jonction de la première branche avec l’hypoglosse, qui à en juger d’après sa constance (chez les reptiles comme chez les poissons) doit déterminer un certain mélange des deux nerfs. Après que l’hypoglosse s’est de nouveau séparé, le nerf de la première paire se joint encore au second, et forme de cette manière un seul nerf auxillaire. Ce nerf se divise bientôt en deux branches , dont l’une extérieure se ramifie dans les muscles externes de la pectorale, tandis que l’autre, passant entre la masse charnue de la nageoire et la tête du muscle latéral, se rend dans les muscles internes de la pectorale.

Quant aux dernières paires spinales , leur répartition dépend de l’arrangement des muscles de la caudale. C’est principalement la quarante-neuvième paire, dont la branche forme conjointement avec la précédente, un nerf assez fort, qui se ramifie dans les muscles, vers l'extrémité de la colonne vertébrale. Les branches supérieures des dernières paires sont avortées , et il semble que toutes les fibrilles se réunissent pour ne former , des quatre dernières paires, qu’un nerf assez fort, qui, contournant le bord inférieur du cœur anal, se répartit dans les muscles inférieurs de l’anale. La dernière paire enfin ne forme qu’un petit nerf assez mince, qui longe le bord supérieur du cœur anal. |

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