CHAPITRE III
DES RAPPORTS DE GRANDEUR ET DE FIGURE ENTRE LA MOELLE ÉPINIÈRE ET LA COLONNE VERTÉBRALE.
La figure extérieure des vertèbres et de la colonne vertébrale, étant ainsi calculée pour des états d’équilibre et de résistance, et pour des genres de mobilité totale ou partielle, très-différents suivant la nature des animaux, il importe de savoir s’il existe aussi quelque corrélation entre la forme et les proportions de son canal et celles de la moelle épinière. Cette recherche était tout aussi neuve que la précédente. Mais nous n’avons pas été à même de la porler aussi loin; car il ne suffît pas ici d’examiner isolément le canal osseux, il faut y voir sur place et dans leur intégrité toutes les parties qu’il renferme.
Chez l’homme seulement on avait déterminé les proportions du canal vertébral dans ses diverses régions, mais sans dire le rapport de ces proportions avec celles des tronçons correspondants de la moelle, et avec les nerfs. Chez les animaux, rien absolument n’avait été observé à cet égard.
Ces corrélations, autant que nous les avons pu
étudier, se bornent réellement au calibre et à la longueur de la moelle et de son canal.
i°. La longueur de la moelle épinière ne dépend pas de celle de la colonne vertébrale, ni de celle du canal vertébral. Car chez tous les mammifères , sans exception, la moelle épinère se termine en avant ou dans la longueur du sacrum; et néanmoins chez beaucoup d’entre eux les fourmiliers, les pangolins , les singes à queue prenante , les didelphes, etc. , la queue se prolonge en arrière, d’une quantité souvent égale à la longueur du corps, et alors le canal vertébral peut se prolonger dans les trois premiers quarts de celte queue (ex. les fourmiliers).
Bien plus, la moelle épinière est presque moitié plus longue dans l’homme, qui n’a aucun prolongement coecygien antérieur, que dans le hérisson, où ce prolongement est à peu près le quart de la longueur du corps.
Enfin dans plusieurs poissons, la baudroie, et le poisson lune, la moelle épinière est encore bien plus courte que dans le hérisson, où elle n’occupe pas le tiers du canal; car dans le dernier de ces poissons elle n’en occupe pas la trentième partie de la longueur.
Et chez les batraciens, dans deux genres trèsvoisins, le crapaud et la grenouille, la différence de longueur est de 1 à 2, celle du canal étant semblable.
fout ce que l’on a dit sur les rapports directs
île longueur, entre la moelle et la colonne vertébrale, est donc inexact.
2°. Dans tous les cas les augmentations de calibre du canal vertébral correspondent à des augmentations constantes de calibre de la moelle. C’est à cela que tient l’augmentation de ce calibre, dans le bas de la région cervicale et au bas de la région
dorsale, chez l’homme, et son rétrécissement dans
les régions extrêmes et intermédiaire. 11 en est de même pour les régions interscapulaire et interiliaque de l’oiseau et des tortues, opposées aux régions intermédiaire et terminales des mêmes animaux.
Partout la grandeur des trous intervertébraux marque le volume des ganglions correspondants, situés sur les nerfs à leur sortie, et le volume de ces nerfs eux-mêmes. Et comme le volume de ces nerfs croît avec leurs forces sensitives , on voit que la grandeur des trous intervertébraux est un indice de la sensibilité tactile des parties où se distribuent les nerfs sortis par ces trous.
Dans les bœufs, les chameaux, chez les ruminants, chez les chevaux, etc., ces trous aux dos ne sont pas entre deux vertèbres, mais creusés sur la largeur de la lame à sa base.
Ainsi dans les singes à queue prenante la grandeur des quatre ou cinq premiers trous coccygiens correspond au volume des nerfs de l’espèce de doigt qui termine cette queue; et les trous inter-