‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 17 sur 83 · DU CRANE OU DE LA TETE OSSEUSE · texte numérisé non relu

DU CRANE OU DE LA TETE OSSEUSE

colonne vertébrale est un assemblage de cavités, de fosses, de trous, de conduits osseux, communiquant tous ensemble, sinon immédiatement , au moins par l’intermédiaire de quelqu’un de ces trous, de ces conduits.

La principale de ces cavités, non pas toujours à cause de sa grandeur, mais à cause de sa position au centre de toutes les autres qui y aboutissent, est la cavité cérébrale.

Cette cavité, dans les parois latérales de laquelle existent deux autres cavités plus petites, contenant l’organe de l’ouïe, constitue le crâne proprement

Les orbites, contenant l’organe delà vision, les narines, celui de l’odorat, la bouche, celui du goût, conjointement avec ceux de la préhension et de la mastication des aliments, composent la face. Dans un grand nombre de vertébrés, le principal organe du toucher réside aussi à la face sur l’extrémité du

dit.

museau. C’esi alors une trompe, un boutoir, un mufle.

Des cloisons osseuses immobiles séparent ou du moins circonscrivent ces cavités, ces fosses, ces conduits.

Tout immobiles qu’elles soient, ces cloisons n’en ont pas moins ordinairement une composition très -compliquée pour le nombre et pour la figure de leurs pièces.

On a essayé récemment de ramener à l’unité de nombre, dans tous les vertébrés, les éléments de cette composition. Par la nature des choses, cette entreprise était, comme on va voir, moins exécutable encore que celle dont on vient de démontrer 1 inutilité, en exposant la construction de la colonne vertébrale. Car de même que dans une machine, l’exclusion d’un système quelconque de mouvements nécessite l’absence des rouages et des leviers qui auraient été employés à le produire, de même dans la mécanique animale il n’y a pas de pièces inutiles. Quand une fonction (c’est-à-dire un système de phénomènes combinés pour un même résultat) se trouve exclue, ses organes manquent absolument, à moins qu’ils ne soient l’instrument commun de plusieurs fonctions dont quelqu’une subsiste encore. Ceux mêmes qui ont le plus étrangement abusé de l’argumentation analogique, n’ont encore osé prétendre retrouver chez les cétacés, ni le fémur, ni le tibia et le péroné, ni aucune des

autres parties, soit osseuses, soit musculaires , etc. , des membres abdominaux. 11 n’existe effectivement chez ces animaux d’autres traces de ces membres, que deux petits arcs osseux tendus en travers des muscles du ventre , où certes ils servent à autre chose qu’à justifier une proposition métaphysique.

Tels sont aussi les os de la tète. Leur existence ou leur absence est liée à celle de quelque phénomène sensitif, mécanique ou chimique, et par conséquent à celle de son organe. Si la tête n’est plus le siège que d’un moindre nombre de phénomènes, sa construction se simplifie ainsi que les éléments de cette construction.

Néanmoins avant de disparaître entièrement, les os, comme les organes dont ils font partie, subissent des dégradations progressives. La dernière de ces dégradations est ce qu’on a nommé état rudimentaire.

Les poissons et les reptiles ayant, comme on le verra, l’encéphale ou le cerveau le plus petit et réduit au moindre nombre de parties, leur crâne est nécessairement le moins compliqué, et composé d’un moindre nombre de pièces, et quand ils ne sont pas anéantis, tous les os qui en sont ainsi exclus entrent réciproquement dans la construction de parties nouvelles à la face.

Les mammifères ayant au contraire l’encéphale le plus composé , leur crâne doit admettre un plus grand nombre de pièces , et réciproquement leur

face doit être d’une construction plus simple.

Par une raison semblable, la plupart des organes des sens étant «à la fois plus développés chez les poissons ('l les reptiles, leur face est plus compliquée.

Et les mammifères ayant au contraire les organes des sens, excepté celui de l’odorat , moins développés que les deux autres classes, la face est chez eux d’une construction plus simple.

11 faut ajouter à ce dernier rapprochement que dans les poissons une mobilité particulière aux parties antérieures et latérales de la face, concourt encore à produire cette complication du mécanisme qu’on y observe.

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