‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 29 sur 83 · S Y ST !•: MK ( ; K II K R RO-SPIN A I · texte numérisé non relu

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c’est que la majeure partie de la substance de la moelle est grise, et de î>1us, c’est que cette matière est circonscrite à la blanche.

La proportion de forme et de grandeur de la moelle épinière varie d’un genre à l’autre. Dans les crapauds ( pi. V, fig. 5) , la moelle épinière n’occupe que la moitié de la longueur du canal vertébral; elle est légèrement rétrécie entre l’insertion des nerfs qui vont aux membres antérieurs, et l’insertion de ceux qui vont aux membres postérieurs. Le faisceau des uerfs lombaires et cruraux remplit la moitié postérieure du canal. Dans les grenouilles, l’insertion des nerfs lombaires et cruraux se fait plus bas que dans les crapauds, d’environ un cinquième de la longueur du canal. Mais la moelle épinière occupe le dernier tiers de cette longueur jusqu’au sacrum par un prolongement conique d’un calibre assez peu réduit, et sur lequel 11e s’insère aucun nerf. La matière de ce prolongement médullaire est la même que celle de la partie supérieure de la moelle. Chez les rainettes, plus vives et plus agiles encore que les grenouilles, c’est au dernier sixième de la longueur du canal que s’insère le dernier nerf crural, et, par conséquent, le prolongement libre de la moelle jusqu’au sacrum est encore plus court et plus gros à proportion que dans les grenouilles.

Deux genres seulement de poissons osseux, nous

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ont offert ces inégalités de longueur de la moelle relativement, soitau canal vertébral, soit à la taille de l’animal. En outre, la proportion de matière grise est moindre dans la moelle épinière des crapauds que dans celle des grenouilles et des rainettes. Le sillon dorsal reste très-profond dans ces deux derniers genres. Au quatrième ventricule plus grand à proportion que dans la plupart des poissons osseux , les deux cordons supérieurs de la moelle se replient en-dedans derrière les lobes optiques, comme chez la lamproie. Mais ils se soudent sur la ligne médiane. La commissure qui en résulte est beaucoup plus blanche et plus mince dans les crapauds que dans les grenouilles , chez qui elle «adhère et se continue aux lobes optiques; ce qui n’a pas lieu dans le crapaud accoucheur. Le canal central de la moelle presqu effacée derrière le quatrième ventricule passe sous cette commissure comme chez les poissons.

Les lobes optiques un peu rétrécis en avant , y sont aussi un peu étranglés par un sillon transversal. Mais ces deux portions de lobe 11e présentent aucune différence. Le feuillet médullaire qui les constitue ne circonscrit qu’une seule et même cavité ; et c’est au-devant de ce petit lobule entre les deux lobes cérébraux qu’existe la commissure blanche qui détermine les couches optiques, («et étranglement des lobes optiques par un sillon 11c constitue donc pas deux organes distincts , et

la couche optique est en avant, recouverte par la voûte du lobe cérébral.

La forme de ce lobe varie peu d’un batracien à l’autre. Au-devant de lui et séparé seulement par un rétrécissement, mais toujours solide, est le lobe olfactif, constamment composé de matière grise comme le lobe cérébral.

11 n’y a à la face inférieure du système cérébrospinal d’autre renflement que la tige pituitaire, toujours située derrière le croisement des nerfs optiques, llien ne rappelle surtout ces lobes mamillaires qui entrent pour une si forte proportion dans l’encéphale des poissons.

2°. Les serpents rappellent les poissons par le défaut absolu de matière grise dans leur moelle épinière, et par la structure très-apparente des fibres longitudinales blanches de cet organe. Chez tous, depuis les orvets et les amphisbènes jusqu’aux couleuvres, boas et serpents à sonnettes, la moelle épinière d’un calibre uniforme sur toute sa longueur, excepté derrière le premier quart de la queue si courte à proportion chez la plupart de ces animaux , est creusée d’un canal rempli de sérosité. Les parois de ce canal ont une consistance bien moindre que les couches plus excentriques, et surtout que la couche superficielle. Cette consistance se rapproche de celle que présentent les dernières couches concentriques formées dans l’encéphale des mammifères à l’état de fœtus.

Le quatrième ventricule plus petit à proportion que dans les batraciens, offre une paire de petits tubercules, à son plancher dans la \ ipère d’Europe, et sur ses bords, dans la couleuvre commune. Sa commissure est très-petite chez l’amphisbène, pi. V, fig. 6, réduction qui coïncide, comme on le verra, avec celle de la cinquième paire de ce serpent. Dans le trigonocéphale, pi. V, fig. 7, cette commissure est beaucoup plus large, mais comme les lobes optiques proéminent sur ('lie en arrière, on ne peut voir toute sa largeur. Sa grandeur est encore en proportion ici avec celle de la cinquième paire.

Ce qui varie le plus pour la grandeur dans l’encéphale des serpents, ce sont les lobes optiques. Les extrêmes s’en observent dans l’amphisbène et dans les trigonocéphales et les serpents à sonnettes. Dans l’amphisbèno leur petitesse coïncide avec leur solididé. Partout ailleurs ils sont creux : mais leur cavité a toujours scs parois lisses; et un seul feuillet ('ii forme l’épaisseur.

Les lobes cérébraux ne varient que pour la ligure ('l peu pour la proportion de grandeur, ils sont toujours lisses et leur cavité contient une couche optique et un corps strié , aussi ont-ils une commissure antérieure. Je n’ai jamais vu la moindre apparence de glande pinéale chez aucun de ces reptiles.

Les lobes olfactifs toujours séparés des précédents par un étranglement sont solides, coin-

posés de matière grise et plus gros à proportion que chez les batraciens. La glande pituitaire presque sessile existe derrière le croisement des nerfs optiques, et la base des lobes optiques commence à se renfler à la face inférieure de l'encéphale, comme on le verra chez les oiseaux.

5°. Chez les crocodiles, cette première famille des sauriens qu’on a vu tant différer des autres pour la construction de la tête , l’encéphale, le lobe du quatrième ventricule et le premier segment de la région cervicale, ne diffèrent pas moins de ce qu’ils sont dans les lézards ordinaires, par exemple, les anolis, les geckos et les lézards.

Et d’abord, à une distance du cerveau, égale à la longueur du lobe cérébral, le lobe olfactif creux et aussi gros sous sa forme ovoïde que l’un des lobes optiques, reçoit, par la moitié antérieure de son côté externe, un très-grand nombre de filets nerveux parallèles. La moitié postérieure du lobe, plus fusiforme, se continue par un pédoncule aussi long que le lobe cérébral, avec la pointe effilée de ce lobe. Celui-ci, de forme demi-conique aplati, contient, sous une voûte lisse et sans circonvolutions, un corps strié en avant, une couche optique en arrière, liés à leurs parties homologues par deux commissures antérieure et postérieure. Cette voûte se continue en arrière et par un rétrécissement profond avec celle des lobes optiques, qui ensemble

n’ont pas la moitié du volume d’un lobe cérébral.

Une rainure, profonde de presque toute la bailleur des lobes optiques, les sépare du cervelet qui ne se continue avec leur voûte que par un feuillet très-mince. Le cervelet, d’une forme triangulaire à angles arrondis, à peu près comme dans la morue, et contenant une cavité entre les deux replis de la lame qui le forme, recouvre le quatrième ventricule qu’il dépasse en arrière de la seconde moitié de sa longueur. Ce cervelet est presqu’aussi gros que les lobes optiques ensemble: sa lame inférieure, contiguë au quatrième ventricule, se replie en arrière de manière à dessiner une sorte de frange qui rappelle la commissure de ce ventricule dans les batraciens et les serpents.

Le lobe même de ce ventricule est demi-elliptique, plus étendu en travers que d’arrière en avant. Ses rebords, contigus à la face inférieure du cervelet, se continuent avec la frange transversale de cet organe, sous laquelle passe le canal général.

Immédiatement derrière le quatrième ventricule la moelle se rétrécit au point de n’avoir pas plus de calibre que le lobe olfactif, et à une distance à peu près égale au travers de ce lobe, elle se dilate en un renflement fusiforme, presqu’aussi long que l’encéphale même , et dont le plus grand diamètre, égale presque celui d’un lobe cérébral. La plus grande amplitude de ce renflement répond à l’arc mobile de l’allas.

Dans les lézards ordinaires, le système cérébrospinal ne diffère, quant à la forme, de celai des serpents, que par la plus grande proportion du cerveau et du cervelet. D’ailleurs, à peine aperçoit-on une légère augmentation de calibre à la moelle épinière, dans l’intervalle des membres; je ne puis rien affirmer sur cette uniformité de calibre de toute la longueur de la moelle, cliez les crocodiles. Mais je l’ai constaté sur les lézards vert et gris , les anolis, les iguanes, le caméléon, etc.

L’encéphale du caméléon ordinaire, diffère de celui des autres sauriens , par l’absence complète de lobes olfactifs, la forme tout à fait ovoïde de ses lobes cérébraux plus que doubles des lobes optiques qui sont sphériques, et par la plus grande proportion du cervelet. Les nerfs olfactifs rudimentaires dans la même proportion que chez les tétrodons, aboutissent directement à la moelle comme dans ces poissons.

4°. Dans les clicloniens, la tortue d’Europe par exemple [pi. II ï,/%. b) , le système cérébro-spinal res « semble à celui des poissons quant à la composition de la moelle épinière par la seule substance blanche. La coupe du canal central s’y présente sous la figure d’une circonférence, où les sommets des arcs par lesquels passe le diamètre vertical seraient rentrés dans le cercle j usqu’au contact. 11 en résulte l’apparcnce d’un double canal de chaque côté de la ligne médiane. C’est probablement à une disposi-

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lion semblable du fond du repli supérieur de la pie-mère qu’il faut attribuer l’existence d’un double canal , observé quelquefois dans la moelle épinière de l’homme, et dont Gall (Anat. et pliys. du syst. nerveux), a rapporté deux exemples. Mais vers le quatrième ventricule les deux arcs inférieur et supérieur de ce canal reprennent leur excentricité , et l’apparence d’un double canal s’évanouit.

On a vu dans le surmulet, chez les poissons osseux et surtout chez l’esturgeon, un plafond d’une substance plutôt vasculaire que nerveuse, se prolonger sous le cervelet sans se continuer avec lui, et fermer en dessus le quatrième ventricule.

Ce plafond du quatrième ventricule est au maximum d’existence chez les tortues.

Ce plafond [pl. X, fig. 5, vu en dessus, fig. f\ de profil, et fig. 5 en section), n’a aucune continuité de substance, ni avec le cervelet ni avec la moelle épinière. 11 résulte uniquement de l’interposition d’une matière particulière rougeâtre et pulpeuse dans l’écartement des mailles de la piemère. Son épaisseur disparaît insensiblement vers la pointe du quatrième ventricule, où ce n’est plus qu’une simple toile transparente continue à la pie-mère. Latéralement son épaisseur se maintient , et est coupée brusquement par un bord arrondi juxta-posé à celui du cordon supérieur de la moelle, cordon qu détermine le quatrième ventri-

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cule. En avant où il est plus épais, ce plafond est coupé par une échancrure qui répond à la pointe du cervelet. Les vaisseaux de la pie-mère, entrelacés à la substance de ce plafond, lui donnent une grande résistance , et l’on peut tirer assez fortement sans qu’il se déchire, ni qu’il se sépare du segment de la pie-mère circonscrit au quatrième ventricule. La face inférieure de ce plafond est feuilletée à droite et à gauche de la ligne médiane, par de petites lames transversales, comme au plafond du quatrième ventricule des lamproies. Sa Lice supérieure présente aussi des sillons et des reliefs transverses (Voy. pl. XI, fig. 4 et 5). Les cordons inférieurs de la moelle sont bien prononcés au fond du quatrième ventricule. Les cordons supérieurs à bords bien lisses et arrondis autour de cette cavité, n’ont aucune continuité avec son plafond. Ces cordons supérieurs et inférieurs, se font remarquer par leur éclatante blancheur.

Dans la tortue d’Europe et dans le couï ( testudo radiata ), le cervelet ne forme qu’une simple voûte étendue en travers d’un cordon supérieur à l’autre , et sans développement d’une ca- • s vité entre deux parois adossées comme dans les

poissons, soit cartilagineux, soit osseux; cavité qui existe au contraire dans la tortue de mer ( testudo mydas ). J1 est de substance grise extérieurement : d’ailleurs il se continue en avant avec la voûte des lobes optiques. La lame qui, par

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scs évolutions, forme toulos ces parties, est d’une épaisseur uniforme, dans les deux premières espèces. Mais dans la dernière, le cervelet formé comme celui des poissons osseux, a son feuillet supérieur trois fois plus épais que l’inférieur, et ce feuillet s’amincit beaucoup au fond du pli très-profond, par lequel il se continue avec les lobes optiques. La ca\ ilé de ces lobes est simple et sans appareil intérieur. Leurs parois sont d’un seul feuillet de substance blanche et ont la même épaisseur proportionnelle que dans les raies.

La glande pinéale plus volumineuse et de la même forme qu’un des lobes optiques dans la tortue couï , est très-allongé et elliptique dans la tortue d’Europe [pi. XI, fig. 5 et 4), plus allongée et plus mince encore dans le caret ( testudo m.y- ( las ). Elle repose sur le devant des lobes optiques et sur la commissure postérieure du cerveau. Cette commissure passe de la surface supérieure d’une couche optique à l’autre. Entre les deux couches optiques et au-dessous se développe le troisième ventricule , communiquant en arrière avec le quatrième par l’aqueduc de Sylvius , où s’ouvrent ainsi que dans les oiseaux les cavités des lobes optiques. En avant, le troisième ventricule est fermé supérieurement par la commissure antérieure , en bas par l’adossement des nerfs optiques aux lobes cérébraux, comme chez les oiseaux; en bas et au milieu, il communique avec

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la cavité de la glande pituitaire; latéralement et en haut sur le bord de la couche optique et audessus des pédoncules de la glande pinéale adhérants à cette couche, il communique avec le ventricule latéral par une fente qui donne passage à un plexus choroïde très -développé et formé de trois arborescences terminées par des houppes vasculaires, qui rappellent la disposition d’une grappe de raisin, [pi. XI, fig. 3 et 6).

La glande pinéale recouvre deux couches optiques, plus petites chacune qu’un lobe optique. Chacune d’elles envoie un très-petit faisceau s’unir à la commissure antérieure, au moment où elle pénètre dans les corps striés. La commissure propre des couches optiques n’est nullement apparente dans la tortue couï : elle est bien visible dans le caret. 11 n’y a donc aucun rapport de proportion de la glande pinéale, ni avec les couches optiques, ni avec leur commissure, puisque c’est justement là où cette dernière partie manque, que la glande pinéale a son maximum d’existence. C’est dans les couches optiques que se continuent le plus grand nombre des fibres des nerfs optiques, dont le plus petit nombre seulement parvient aux lobes de ce nom.

Les lobes cérébraux ont une voûte plus étendue à proportion que dans les oiseaux , et repliée en bas jusqu’au fond de la scissure des lobes. En avant la voûte du lobe, toujours plus ou moins allongé

selon les espèces, est étranglée par un sillon circulaire, qui forme la limite où la matière cérébrale devient plus grise. Ce sillon marque le lobe olfactif dont la cavité communique avec celle du lobe cérébral. Le lobe olfactif est plus développé dans le couï que dans les deux autre espèces.

La commissure antérieure des lobes cérébraux qui ici représentent plus de la moitié de la masse de l’encéphale, le corps strié, les voûtes et les parois du ventricule latéral, enfin ce nouveau lobe de la glande pinéale , sont autant de parties qui n’existent chez aucuns poissons. On se souvient que dans leur classe la seule couche optique représente tout le cerveau.

C’est donc réellement l’extrémité antérieure de l’hémisphère cérébral , encore creuse en cet endroit, qui donne naissance ou insertion au nerf olfactif. Ce nerf n’a donc évidemment ici aucune connexion avec la moelle.

Tous les lobes de l’encéphale adhèrent entre eux par une pie-mère très-riche, qui s’interpose dans leurs moindres intervalles.

La particularité anatomique la plus importante pour la physiologie dans ces reptiles, c’est la figure de la moelle 'épinière [pi. III, fig. 4). Deux renflements fusiformes, de longueur et de diamètre sensiblement égaux, correspondant aux nerfs qui vont aux membres, séparent trois autres tronçons dont l’intermédiaire, répondant aux trois paires de

nerfs du milieu du dos, n’a pas le quart du diamètre des renflements , et par conséquent le seizième de leur calibre. En cet endroit la moelle épinière ne consiste presque plus qu’en ses enveloppes : le tronçon cervical n’a guère en calibre que le tiers des tronçons correspondant aux membres. La dernière moitié du tronçon caudal n’a plus guère aussi que les enveloppes.

Les deux faces inférieure et supérieure de la moelle n’offrent pas le moindre lobe ou renflement, jusqu’à la couverture du quatrième ventricule en dessus, et en dessous jusqu’aux renflements inférieurs des couches optiques. Il n’y a pas , plus que dans les poissons, de pyramides, d’éminences olivaircs ni de protubérance. Tous les nerfs s’insèrent donc sur les fibres longitudinales de la moelle qui sont partout immédiatement à découvert. Néanmoins les cordons inférieurs de la moelle, acquièrent au plancher du quatrième ventricule, un excès de volume fort remarquable; mais toutes les fibres en sont longitudinales. Il n’y existe non plus aucun amas particulier de matière grise, comme nous en verrons aux mammifères.

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