‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 28 sur 83 · DU SYSTÈME GÉRÉ R RO-SPI N A L DES REPTILES · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME GÉRÉ R RO-SPI N A L DES REPTILES

Sous ce nom de reptiles nous allons voir compris des êtres aussi dissemblables entre eux, pour le nombre, la figure, le plan, et l’assemblage des parties du système cérébro-spinal, que le sont réellement les animaux réunis dans la classe précédente. Déjà, par des motifs presque purement zoologiques et pour ainsi dire tirés de la superficie de ces animaux, on avait divisé les reptiles en quatre ordres. Or on va voir qu’ici les coupes zoologiques ont mieux traduit la nature que dans la grande

classe des poissons. Ces quatre coupes coïncident justement avec les limites tracées par l’organisation du système cérébro-spinal des reptiles. Mais il faut observer que , dans les deux premières classes de vertébrés, les limites de ces ordres marquent des intervalles infiniment plus larges que ces mêmes termes ne le supposent dans les oiseaux et les mammifères. De sorte que, à l’instar des quatre séries que nous proposons dans les poissons, les quatre ordres de reptiles, au lieu de représenter une même combinaison, un même type général d’organes comme les oiseaux et les mammifères, (classes qui ont réellement chacune un type unique et commun), semblent tous avoir été construits sur des plans et d’après des modèles particuliers et tout à fait étrangers les uns aux autres. 11 y a plus, c’est que, d’un ordre à l’autre, ces disparités du nombre, de la forme, de l’assemblage et du plan des parties, sont aussi grandes, on peut le dire, que celles qui distinguent les mammifères des oiseaux. Et ces disparités ont été autrefois plus grandes encore. L’anatomie fossile'vient dans les ichtyosayiwus de révéler l’antique existence de sauriens à charpente osseuse calquée sur celle des cétacés, avec une paire de membres postérieurs de plus ; dans les plésiosaurus , celle d’autres reptiles à squelette assemblant une moitié antérieure de serpent sur un corps de cétacé cà quatre membres; et, dans les ptéro-

dactyles, celle de sauriens à cou et à jambes d’oi-

seau, à tète de bécasse fendue d’une gueule démesurément longue qu’arment de petites dents vers la pointe seulement, enlin à ailes de chauvesouris, que tend un seul et énorme doigt de la main, où les autres restent libres et proportionnés pour ramper ou pour s’accrocher. Par celle dernière accumulation de formes hétéroclites, un vrai reptile avait la faculté de marcher, de se tenir debout , de replier un long cou comme un oiseau , de voler, de ramper comme une chauvesouris, et d’assembler ainsi, dans une harmonie unique et nouvelle , des formes qui aujourd’hui semblent tellement propres à des plans séparés par d’immenses intervalles, que sans cet irrécusable témoignage, leur association nous eût paru impossible et contradictoire.

i°. Et d’abord on a vu le segment postérieur du crâne des batraciens formé de deux os seulement, et leur colonne vertébrale , formée de sept à huit vertèbres.

Dans les grenouilles, crapauds et rainettes (voy. fl. V, fïg. 5, sur le crapaud commun), le système cérébro-spinal dilfère de celui des poissons, soit osseux, soit cartilagineux, par l’absence de cervelet, à quoi répond la réduction de l’anneau occipital ; par l’existence d’une cavité dans les lobes cérébraux, et par l’adjonction de la matière grise à la matière blanche dans la moelle épinière, il y a plus,

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