CHAPITRE IV
Dans ccttc classe à laquelle l’homme appartient, et dont le caractère extérieur le plus général , est comme son nom l’exprime, l’existence des mamelles, organes relatifs à un mode de génération étranger aux autres classes, les formes du corps et de la tête, mais surtout celles des membres et de leurs extrémités digitales; le nombre même de ces membres, de leurs doigts et des phalanges dont ces doigts résultent , sont presque aussi variables que la proportion et le nombre des nageoires et de leurs rayons , dans l’ordre des poissons osseux. Quatre causes principales déterminent ces variations. Ce sont, i°et 2% l’habitation ou pour mieux dire la mobilité exclusive dans l’air ou dans l’eau, et 3° et 4% l’habitation ou la mobilité principale dans l’un de ces deux milieux, coïncidante avec une mobilité moins facile dans l’autre, r. Les moindres notions de mécanique sur
les lois de l’équilibre et du mouvement dans des milieux de densité aussi différente que l’air et l’eau, font voir aussitôt, que pour qu’un mammifère se meuve. avec le plus d’énergie et avec le moins d’effort dans l’eau, il faut que le centre de gravité pèse au milieu de la longueur, que le principal moteur soit en arrière, et que les lianes de la ligne de projection ne soient débordés par aucun prolongement qui use l’impulsion, en produisant des obstacles perpendiculaires a la direction du mouvement. 11 en résulte que la queue doit prendre plus de longueur, et surtout plus de masse; que les membres postérieurs doivent disparaître, parce qu’ils seraient trop distants du centre de gravité, et que les antérieurs très-raccourcis, et collatéraux à ce centre, doivent pouvoir s’effacer en se confondant pour ainsi dire avec la surface du corps. Et telle est en effet la construction des cétacés qui mécaniquement parlant sont de véritables poissons.
2°. Réciproquement, dans l’atmosphère, l’effet de la gravité dont le centre doit passer encore par le milieu de la longueur du volatile, exigeait pour être neutralisé i° que les points d’appui fussent extrêmement multipliés, relativement au volume de l’animal , 2° que la surface appliquée à tous ces points, fût à la fois très-étendue et appartînt à des membranes minces, double condition nécessaire et pour que la surface fût plus grande relativement
à la masse, et pour que les leviers qui font mouvoir les ailes membraneuses, ne consumassent point par leur poids les effets de la puissance motrice. L’extrême différence entre la gravité de l’animal volant et la densité de l’atmosphère, exigeait qu’ici pour condition d’équilibre, les forces motrices fussent collatérales au centre de gravité sur le milieu de la longueur. Le corps devait donc se trouver en équilibre, comme dans un levier où le point d’appui est au milieu. Les inégalités de longueur des deux môitiés antérieure et postérieure des mammifères volants doivent donc être compensés par les inégalités de masse. La queue doit donc être ici, ou nulle ou d’une ténuité extrême. Et telles sont les chauve-souris qui mécaniquement parlant sont de véritables oiseaux. ( Voy . pour le développement de ces deux plans réciproques de mécanique animale, mes articles cétacés et ciiauve-souris, Dict. class. d’hist. nat . , t. 3.)
5°. Pour la mobilité principale sur terre, l’équilibre nécessitait des supports, c’est-à-dire des membres dont les distances , les masses et les longueurs fussent en raison directe de la vitesse de la locomotion. Toujours l’impulsion, comme pour la mobilité dans l’eau, doit commencer par l’extrémité postérieure du levier général que représente le corps. Quand les membres antérieurs sont employés à la progression ils servent uniquement de supports, au lieu d’être agents d’impulsion comme
dans l’air. Enfin, dans la station cl la progression bipède chez l’homme et quelques singes, les membres postérieurs à peu près perpendiculaires au plan horizontal du bassin par où passe la ligne et le centre de gravité du corps tenu vertical, servent, chacun à la fois, mais alternativement de support et d’agent d’impulsion. Dans les gerboises, les helamys et les kanguroos , le mécanisme est le même , mais la queue devient un troisième levier, ou au moins un troisième support. La principale différence dans l’action de ce mécanisme est, qu’iei les trois leviers agissent à la fois et que pendant le mouvement le corps, tout-à-fait enlevé de terre comme un projectile , n’a plus d’appui.
4°. Dans la mobilité principale au sein des eaux, avec faculté de se traîner encore à sec sur les rivages et les rochers , la construction des cétacés doit être combinée avec celle des quadrupèdes. Les quatre membres sont donc raccourcis, leurs mains et leurs pieds élargis par des palmures, et les membres postérieurs doivent pouvoir être ramenés par la flexion dans le prolongement de l’axe du corps quand l’animal est dans l’eau, et se fléchir, par rapport à cet axe, quand il est à terre. Tels sont les phocacés ou amphibies.
Or, malgré toutes ces métamorphoses de la surface et pour ainsi dire du galbe des mammifères, le plan du système cérébro-spinal de cette classe, n’en reste pas moins aussi uniforme que celui
d’un même ordre de poissons ou de reptiles, et presque autant que celui de la classe des oiseaux.
Et d’abord la moelle épinière n’offre dans cette classe aucun écartement de ses cordons supérieurs en arrière du quatrième ventricule. Elle n’y présente non plus ni renflements, ni lobes, soit pairs, soit impairs, qui correspondent uniquement à une seule paire de nerfs. Il n’y a que deux longs renflements, d’un accroissement de calibre presque insensible, aux espaces où s’insèrent les nerfs des membres antérieurs et ceux des membres postérieurs. Le plus prononcé de ces renflements dans l’homme est celui qui correspond aux nerfs brachiaux (Voy. pl. IY, fig. 7). Cet excès de calibre est en rapport avec celui des nerfs du toucher. Mais dans les quadrumanes , surtout dons les sapajous à queue prenante, le renflement antérieur, tout en conservant à peu près la même proportion que chez l’homme, est moindre que le postérieur. Car la proportion des nerfs du toucher, d’où dépend celle de ces renflements , n’est pas moindre aux mains de derrière qu’à celles de devant, et de plus, le renflement postérieur est aussi l’aboutissant des nerfs excitateurs des plus forts muscles de la locomotion. Dans tous les mammifères vraiment quadrupèdes, les doigts n’étant pas organes de loucher, la proportion des deux renflements de la moelle 11e dépend que de la proportion des deux paires de membres. Quand les membres antérieurs sont plus robustes,
par exemple , chez les carnassiers fouisseurs , tels que la taupe , etc. , le renflement antérieur est le plus gros : c’est le contraire dans les quadrupèdes coureurs , tels que les chiens , les chevaux , les cerfs, etc. Enfin, dans les cétacés il n’y a qu un seul renflement correspondant aux seuls membres restant, c’est-à-dire aux nageoires qui représentent les membres antérieurs.
Le sinus longitudinal supérieur de la pie-mère est tout-à-fait effacé extérieurement et intérieurement chezles mammifères adultes. On ne commence à distinguer l’un et l’autre que près du quatrième ventricule. Dans l’embryon humain de trois mois, M. Magendie et moi avons trouvé le sinus de la pie-mère encore ouvert, et les parois de !a moelle sur toute sa longueur formées seulement de fibres blanches. Puisque dans l’ordre deformation la matière blanche précède la grise, celle-ci n’engendre donc point l’autre, n’en est pas la matrice, comme le pensent MM. Gall et Spurzheim.
A partir du septième ou du huitième mois de la période fœtale pour l’homme, et à des périodes indéterminées pour les autres mammifères , la matière grise se dépose au pourtour du canal central de la pie-mère, jusqucs-là subsistant. (Yoy.jo/. VIII, fg. 5 , sur l’homme). Suivant que celte déposition se fait plus tôt et plus rapidement à droite et à gauche contre la ligne médiane, qu’aux extrémités du diamètre transverse du canal, il peut dans les
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cas d’hvdropisie de la moelle , et selon l’époque à laquelle celte maladie commence, se former un canal de chaque côté de l’axe, au lieu d’un seul sur l’axe même. M. Gall en a vu un exemple. (Anat. et Physiol. in-folio, pag. 5i.)
C’est à compter de la hauteur du lobe du quatrième ventricule que le système cérébro-spinal des mammifères reçoit les modifications et surtout les additions de parties qui caractérisent celle classe.
Mais c’est surtout dans l’épaisseur du plancher de ce lobe, et d’un renflement très-considérable dans celle correspondant en dessus à l’insertion des pédoncules postérieurs et latéraux du cervelet et à la base des lobes optiques, et commençant en avant du plancher du 4e ventricule, plancher que l’on a appelé moelle allongée, que ces modifications de structure ont principalement lieu. (Voy. ce lobe, pl. XIII, fig. 1, par la face inférieure; de profil, fig. 5; par la face supérieure,/*^. 5). Ces modifications consistent , comme on va voir dans l’addition de plusieurs organes nerveux tout-à-fait étrangers à ce que nous avons observé jusqu’ici.
De la face inférieure des cordons abdominaux de la moelle , à peu près dans le meme plan vertical que le point où les cordons dorsaux divergent pour former l’angle du quatrième ventricule, s’élèvent sur l’homme deux éminences oblongucs nommées pyramides inférieur es, {pl. XIII, fig. î ,
2 et 3). Elles commencent donc à peu près au bord du grand trou occipital. Après un trajet de quinze à seize lignes, durant lequel elles passent au-dessous et en dedans de deux autres éminences appelées oiivaires , qui les séparent des deux cordons inférieurs de la moelle formant ainsi un troisième étage , ces pyramides en se rétrécissant un peu , s’engagent sous le bord postérieur d’une sorte de ceinture de libres transversales , constituant le plan superficiel et inférieur de la protubérance annulaire , ou grande commissure du cervelet. Une fois engagées dans celte protubérance, les fibres des pyramides sont écartées entre elles par les mailles d’une espèce de réseau de matière grise quelles traversent (fig- 6 et 7 sur l’homme, et 9 sur le bœuf). Sorties de cet amas de matière grise, leurs libres se réunissent au bord supérieur de la protubérance, et se continuent dans les pédoncules des lobes du cerveau , dont les pyramides ne forment que la portion inférieure et externe, (fig- 1 et 3, sur l’homme ; fig. 4, sur le veau).
E11 dépassant les éminences oiivaires ces pyramides sont presqu’en contact par leur contour supérieure avec une bande de fibres transversales , Constituant dans la protubérance un étage supérieur de la commissure du cervelet. Cette bande qui déborde un peu en arrière l’amas de matière grise superposé à la bande inférieure, et à travers lequel passent les fibres des pyramides inférieu-
SY STÈME CK RlUl RO-SPIN AL.
rcs de la moelle, sépare en arriéré ces pyramides des cordons qui, dans la partie antérieure de la protubérance, en sont écartés par le contour supérieur de lamas de matière grise, [pi. XIII, fig. G et 7). Quelquefois dans la première partie de leur trajet derrière les éminences olivaires, les cordons inférieurs de la moelle un peu écartés, laissent en contact la face supérieure des pyramides avec les faisceaux de matière grise qui ont oblitéré le canal central primitif du système [fig. 1 2).
Ces pyramides naissent donc ou plutôt s’appliquent par l’extrémité de leurs fibres à la face inférieure des deux cordons abdominaux de la moelle, un peu écartés l’un de l’autre en cet endroit , de la même manière que nous avons vu chez les oiseaux, les pyramides sttpérieures se former dans l’écartement des cordons dorsaux à l’angle postérieur du quatrième ventricule. Mais de même que les fibres d’une de ces pyramides supérieures ne se croisent pas avec celles de l’autre , qu’elles ne font que se juxta-poser par inter-section comme les lignes qui déterminent les côtés d’un angle , de même , non plus , les fibres des pyramides inférieures ne s’entrecroisent pas. Les fibres homologues se terminent seulement au même point : par conséquent, les fibres d’une pyramide d’un côté ne sont pas le prolongement de quelques fibres du cordon inférieur opposé de la moelle. Gall et Spurzlieim, après avoir bien déterminé la position des pyramides, recou-
naissent eux-mêmes que les petits cordons de ces faisceaux ne forment pas un véritable entrecroisement, qu’ils passent les uns s ur les autres dans une direction oblique. Et en effet leur planche cinquième ne montre pas autrement que les figures 1 et 2 de notre pi. XIII, celte structure qui est bien diilérente d’un entrecroisement réel représenté pl. \ III, fig. 8, d’après Tiedmann. Aussi Gall et Spurzlieim conviennent-ils que dans les quadrupèdes, où les pyramides sont plus petites parce que les parties des hémisphères, où se rendent, chez l’homme, les fibres qui leur manquent, n’existent pas, il 11’est plus possible de voir de trace d’entrecroisement. On verra plus loin un véritable entrecroisement de fibres blanches dans la moelle allongée. Mais cet entrecroisement, borné à quelques faisceaux dans chacun des cordons inferieurs de la moelle, 11e fait point passer les fibres de l’un de ces cordons dans l’autre, à travers la ligne médiane. De la réduction du nombre de leurs fibres, il suit encore que les deux pyramides plus étroites, restent écartées l’une de l’autre en passant entre les deux étages de la protubérance. Un réseau de matière grise isole en même temps les fibres de leurs faisceaux et sépare ces faisceaux des bandes transversales. Par la même raison encore , les faisceaux pyramidaux au-delà de la protubérance divergent bien plus que dans I homme, et d’autant plus qu’ils résultent d’un plus petit nombre de fibres. 11 en résulte que, de-
puis le bord antérieur de la protubérance, et dans leur trajet en-dehors de la base des couches optiques, ils s’écartent assez dans le bœuf et le mouton, par exemple (Voy .pi. XIII ,fig. 1 4 ) , pour laisser voir deux cordons qui, passan t au-dessus de l’étage supérieur de la protubérance, et dans le prelongement des cordons inférieurs de la moelle don t ils semblent la continuation, vont se terminer dans les couches optiques. C’est à ces cordons que s’insèrent dans les cochons, les ruminants, etc., la troisième paire. Dans l’homme, l’intervalle des deux pédoncules est rempli par un amas de substance cendrée , et comme les faisceaux pyramidaux recouvrent toute la face inférieure de ces pédoncules , on croyait que la troisième paire de nerfs y prenait insertion. Or , chez l’homme même , dans un cas observé par Panizza*, professeur de Pavie , les deux pédoncules du cerveau avaient été tellement écartés par une tumeur scrophuleuse développée dans la masse de substance grise, qu’ils n’étaient même plus contigus aux nerfs de la troisième paire, lesquels sortaient de la tumeur. Or, dans l’homme , les fibres des cordons inférieurs de la moelle sont masqués par cette masse grise.
De cette juxta-position des extrémités postérieures des pyramides à la face inférieure des cordons abdominaux de la moelle , il résulte évidemment que les fibres blanches, comme nous l’avons déjà observé dans d’autres parties du système cé-
rébro-spinal , peuvent s’implanter les unes sur les autres, et n’ont pas besoin de s’enraciner dans la matière grise, comme (lall le supposait nécessaire et à leur formation et à leur entretien.
Enfin, les nerfs de la sixième paire ne s’implantent pas plus que ceux de la troisième , sur les fibres des pyramides , et à plus forte raison dans les fibres transversales de la protubérance, ni dans le prétendu corps trapézoïde des quadrupèdes, corps qui n’est que le deuxième étage de la protubérance découvert en cet endroit par le défaut des fibres postérieures de l’étage inférieur (7?/. XIII, firj. 2 et i5). Les filets d’insertion de ces nerfs longent les fibres pyramidales, et vont s’implanter immédiatement sur les fibres des cordons abdominaux de la moelle. Dans les mammifères comme
dans les autres classes les insertions de ces deux
paires de nerfs se font donc au même organe.
Les fibres des faisceaux pyramidaux sont donc d’autant plus longues qu’elles appartiennent à des étages inférieurs. Les plus longues sont les plus superficielles; elles forment (comme le montre la superbe planche 5 de l’atlas de Gall) les circonvolutions antérieures et inférieures du lobe moyen. Les fibres des étages successivement supérieurs et d’origine de plus en plus antérieure, s’épanouissent dans les circonvolutions inférieures, antérieures et extérieures des lobes antérieur et moyen.
Ainsi déterminées , les pyramides restent à dé-
couvert seulement jusqu’au bord postérieur de la protubérance annulaire ou pont de varole dans l’homme et les singes {fig. 1). Ce faisceau y est parallèle à son congénère, dont il reste séparé par un sillon. Dans les carnassiers , les ruminants et les rongeurs [pi. XI, fig. 5 et 1 5) , il reste superficiel encore au-dessus de cette limite, parce que dans ces animaux la protubérance a perdu le tiers ou même la moitié de ses fibres postérieures superficielles, en d’autres termes de son étage inférieur. Quoi qu’il en soit de la quantité dont la protubérance le recouvre en dessous , le faisceau pyramidal , grossi dans cette commissure par l’accession d’un nombre de fibres bien supérieur à celui qu’il avait d’abord , a acquis dès le bord antérieur du pont une masse au moins décuple de ce qu’il était avant d’y pénétrer. Cet accroissement résulte de fibres additionnelles qui naissent ou commencent dans les masses ou réseaux de substance grise. Les deux gros faisceaux qui en résultent s’écartent l’un de l’autre en sortant de la protubérance. Et comme il existe toujours de la matière grise dans l’intervalle de leurs fibres divergentes en avant, de nouvelles fibres continuent de s’ajouter aux autres. C’est à leur extrémité supérieure qu’ils reçoivent le plus grand accroissement là où le nerf optique se contourne sur leur face extérieure
Enfin, un peu au devant du milieu delà protu-
bérance, des fibres médullaires sc détachent de l’étage inférieur et se dirigent obliquement de chaque côté, vers les pyramides auxquelles elles forment ainsi une véritable commissure , dans l’épaisseur même de la protubérance [pi. XII, fig. 6 bis).
En dehors de la moitié antérieure des pyramides, et situées entre ces faisceaux et les cordons inférieurs de la moelle, les éminences nommées oiivaires à cause de leur forme, dessinent de chaque côté une autre saillie derrière le pont (voy. pi. XIII, fig. 1 et fig. 5, de profil).
Si l’on coupe en travers ces éminences suivant leur longueur (fig. 2] on trouve que leurcouche superficielle est formée par une croûte blanche médullaire circonscrite à une autre couche mince d’une substance jaunâtre , et plissée régulièrement à tout le pourtour de la capsule quelle représente. La cavité de cette capsule est remplie de substance cendrée. Ces deux éminences ne ressemblent donc pas pour la structure aux couches optiques et aux corps striés avec lesquels Gall et Spurzheim les avaient classés comme organes analogues. On verra plus loin qu’elles ne se rapprochent que des seuls corps dentelés du cervelet.
L’espèce de capsule ou de bourse formée par la lame jaunâtre et dentelée est ouverte vers la ligne médiane et un peu en arrière [pi. XJ 11, fig. 10),
Ces éminences pas plus que les corps frangés
du cervelet n’ont, clans les ruminants et les cochons, la moindre trace de la capsule jaunâtre et dentelée qui les enveloppe chez l’homme.
Au-dessus de ces éminences passent les cordons abdominaux de la moelle comprimés et rétrécis en cet endroit par ces éminences en bas et par les pédoncules postérieurs ou inférieurs du cervelet en haut [pi. XIII, fig. 2 et fig. 10). En arrière des olives , ils étaient comprimés latéralement par les pyramides en dedans, et les tubercules cendrés en dehors. Derrière la pointe de ces tubercules , dans le sens rétrograde, une partie de leurs fibres s’infléchit vers le sillon inférieur de la moelle derrière les pyramides , et une autre partie vers le sillon latéral derrière les pédoncules du cervelet [pi. XI II, fig. 2). En avant des olives, et au moment de passer au-dessus de la bande ou de l’étage supérieur de fibres transverses de la protubérance, les cordons inférieurs de la moelle, vu l’écartement des cordons supérieurs en cet endroit , touchent immédiatement le plancher du quatrième ventricule. En traversant la bande transverse supérieure, ils s’entrelacent à ses fibres, comme le font les pyramides pour les fibres de l’étage inférieur, et sont également isolés par un réseau de matière grise.
A la pointe postérieure de chaque olive, quelques faisceaux les piu's extérieurs et les plus inférieurs du cordon abdominal correspondant, s'infléchissent l’un vers l’autre, et s’entrecroisent réel-
lemcnt {fig. 2). Au-delà de cet entrecroisement, ils contournent l’olive jusqu’à son extrémité antérieure, au devant de laquelle ils se recroisent de nouveau. Ils forment ainsi le contour inférieur de ce que Malacarne a nommé fovea quadrilatera. La plupart des fibres de ces cordons, vont se terminer dans les couches optiques. D’autres se continuent avec les fibres postérieures des hémisphères cérébraux. C’est une partie de ces cordons inférieurs, que Gall paraît avoir désigné sous le nom de faisceaux olivaires.
Tout le contour inférieur du segment de la moelle allongée répondant à l’espace qu’occupent d’arrière en avant les éminences olivaires , est recouvert par des fibres formant une courbe demielliptique. Ces fibres appelées arciformes , semblent sortir du bord postérieur de la protubérance à l’endroit où les cordons de la moelle s’y engagent (voy. pi. XIII , fig. 1, 5 et 4)- L’espèce de voile formé par ces filaments, tous juxta- posés sur un seul plan, se contourne en bas et en-dedans , et va s’enfoncer avec celui du côté opposé dans le sillon qui sépare les pyramides après avoir recouvert, comme un fichu de gaze rayé, les cordons inférieurs de la moelle, puis les olives, puis les pyramides que l’on voit à travers.
Enfin , dans le sillon qui sépare les cordons inférieurs des cordons supérieurs de la moelle, existe
<le chaque côté un tuberculedc substan ce cendrée
(pi. XIII, fig 1 , 2 et 3). Ces tubercules ne sont autre chose qu’un renflement extérieur des faisceaux de la matière grise qui à rempli l’intérieur de la moelle et qui, plus en avant, se montre au fond du quatrième ventricule sous forme de feuille lancéolée. Ces tubercules avaient été figurés sur la pl. X de l’Atlas in-fol. de Gall, mais il n’en est pas question dans le texte. Le volume de ces tubercules et celui des feuilles cendrées de l’angle postérieur du plancher du quatrième ventricule, sont en proportion de la quantité de matière cendrée qui remplit la moelle. Voilà pourquoi ils ne sont
plus guère visibles au-delà des quadrumanes.
Les fibres nerveuses, provenant des pyramides, et les faisceaux qui en sont formés s’écartent successivement du gros faisceau fibreux et vont s’épanouir en circonvolutions après avoir recouvert la base de la couche optique. Cette couche n’est elle -même qu’un amas de matière grise, où de nouvelles fibres ont encore leur origine. Son nom vient de la supposition que le nerf optique s’y termine uniquement. Sa face supérieure est convexe, sa face interne verticale est presque droite, et regarde la face semblable de son analogue. La face postérieure, d’une convexité presque sphérique dans l’homme et les singes, d’autant moins convexe que les cerveaux sont moins plissés ou, ce qui est la même chose, moins composés, est bosselée de trois tubercules, dont deux, les plus constants dans la
classe , se nomment genoux intérieur et extérieur d’après leur position ( Corp . geniculata} int. et ext.). Dans l’homme toute la surface supérieure et postérieure des couches optiques est revêtue de fibres blanches. Le plus grand nombre de ces fibres consistent dans l’expansion du nerf optique, dont les faisceaux les plus extérieurs, en passant par-dessus les deux genous, y implantent quelques-unes de leurs fibres. Les faisceaux les plus intérieurs gagnent le côté externe des deux tubercules quadri-jumeaux correspondant. Dans les felis, les ruminants, etc. , un faisceau plus extérieur encore que celui qui passe sur le genou externe, s’écarte de ce dernier et se continue en dehors avec les faisceaux venus des pédoncules du cerveau.
Dans la plupart des mammifères, dans les ruminants surtout, l’expansion des fibres du nerf optique, bien moins étalée mais plus épaisse (voy. pi. XIII, fig. 7), ne recouvre que les deux tiers postérieurs de la convexité supérieure cl postérieure de la couche optique. En devant et en dedans, la matière grise y est à découvert.
Il 11’y a pas de face externe : dans ce sens, la couche optique se continue avec le corps strié, suivant un plan vertical , oblique de dehors en dedans , et d’arrière en avant.
Le volume de celte couche optique n’est pas en raison directe a\cc les circonvolutions dont les fibres y aboutissent. On trouve dans la substance
grise de l’intérieur de cotte masse , une quantité variable suivant les genres, de fibres nerveuses très-fines, qui à leur sortie au bord supérieur de la masse se réunissent comme celles des pyramides en épanouissements divergents en manière de flammes ou de rayons.
Les fibres des cordons inférieurs de la moelle, après avoir traversé la masse ou réseau de ma-
tière grise qui recouvre l’étage supérieur des fibres trans verses de la protubérance, vont, comme dans les poissons, se terminer dans la couche optique. Le plus petit nombre des fibres inférieures de ces cordons passe outre et gagne les pédoncules du cerveau.
Les deux divisions de fibres ascendantes (savoir, les faisceaux pyramidaux et la terminaison des cordons inférieurs de la moelle) se séparent par l’insu fila lion de l’air ou l’injection de l’eau. Gall supposait entre ces deux faisceaux, de chaque côté, un canal qui serait la continuation du canal correspondant dans chaque moitié de la moelle épinière. Nous n’avons jamais pu sur l’adulte observer ces deux canaux de la moelle épinière. Excepté les cas de l’anomalie que nous avons précédemment expliquée, nous pouvons assurer qu’il n’y a qu’un canal unique dans l’embryon, et qu’il n’existe pas de cavité par juxta-positiou de surlaces entre les faisceaux pyramidaux et les cordons inférieurs qui sont réellement agglutinés, à
la manière de la face concave des circonvolutions. D’ailleurs Gall reconnaît que là où les faisceaux fibreux sortent des couches opt iques pour entrer dans les corps striés, leur ensemble est si solidement réuni en cet endroit par un tissu plus compacte, que toute séparation ultérieure de ces deux ordres de fibres est impossible.
Ce corps strié est un autre amas de matière grise, dont la moitié supérieure répond à la cavité du cerveau et l’autre moitié à l’extérieur. Les faisceaux fibreux venus des pyramides y reçoivent l’accession de nouvelles fibres qui, dans l’homme, forment les circonvolutions antérieures et supérieures vers la ligne médiane. L’apparence de stries alternativement blanches et grises dans la coupe verticale de ce corps, vient de la disposition étagée des faisceaux de fibres blanches à travers la substance grise.
De tout le pourtour extérieur de la couche optique et du corps strié sortent donc en forme d’éventail des faisceaux de fibres aplatis en une véritable membrane dont le plissement forme les circonvolutions, pi. VIII; fig. 2 et 6.
Dans l’homme, les singes, la plupart des carnassiers, là enfin où le cerveau est plissé, la face interne de cette membrane nerveuse est partout agglutinée à elle - même jusqu’à son retour aux points mêmes d’où elle est sortie des couches optiques et descorps striés. II en résulte que les coupes
faites dans tous les sens au milieu de l’épaisseur du lobe cérébral olfrent la tranche d’une masse blanche homogène. C’est ce qu’on appelait le centre ovale de V ieussens. Là où finit cette agglutination commence le ventricule latéral. Cette limite dessine une ligne courbe, variable suivant les genres. La membrane, devenue libre par ses deux faces, se continue en se rétrécissant par la convergence de ses fibres, avec une couche de fibres blanches, transverses et parallèles, qui fait ainsi communiquer les circonvolutions des deux lobes. Cette couche est ce qu’on appelle la grande commissure du cerveau ou corps calleux (voy. pl. X, fig. 5). Mais comme toutes les fibres venues de l’hémisphère ne peuvent se presser sur la largeur de la commissure qui n’a jamais qu’une épaisseur très-petite relativement à cette masse, le feuillet que forme cette commissure se replie en arrière sur lui-même, et vient en dessous doubler son étage supérieur ou le corps calleux proprement dit, sur toute sa longueur, mais non sur toute sa largeur : car ce repli va en se rétrécissant en avant , où il se termine en bas à l’extérieur des lobes cérébraux par deux petites éminences nommées mamillaires. Ce repli de la grande commissure des hémisphères s’appelle voulc à trois piliers. Elle sert à faire communiquer les circonvolutions postérieures et inférieures de l'hémisphère. (Voy. pl. X, fig. 3, sur l’homme; et/?/. IV, fig. 6, sur le hérisson. )
M. Tiedemann a très-bien vu que cette voûte est plus courte et plus étroite chez les rongeurs que chez les ruminants , et chez ceux-ci que chez les carnassiers; quelle est plus grande chez les quadrumanes, et plus dans l’homme que dans ces derniers. Le corps calleux, c’est-à-dire le feuillet supérieur de la grande commissure, a un développement semblable. Ces développements sont en général proportionnés à celui des hémisphères que cette grande commissure met en communication.
Dans la hauteur de l’écartement des deux feuillets de la grande commissure et sur la ligne médiane près de l’extrémité antérieure des deux feuillets, sont deux lames médullaires minces et verticales contiguës l’une à l’autre, de manière à former une cavité si on les écarte. C’est là la cloison transparente des ventricules. J’ai vu, par maladie, ces deux lames écartées par un épanchement de sérosité qui avait presque décuplé leur grandeur. Les parois de cette cavité bombaient à droite et à gauche dans les ventricules des hémisphères.
Outre la grande commissure il y en a encore deux autres. L’une antérieure , représente un cordon blanc de la grosseur d’un tuyau de plume dans
l’homme adulte. Etendue d’un corps strié à l’autre elle passe en-dessous du prolongement antérieur de ce corps sans y adhérer, et va s’épanouir dans les circonvolutions, antérieures du lobe moyen et
inférieures du lobe antérieur, chez l’homme, les singes, les dauphins, partout enfin où les lobes olfactifs sont nuis ou rudimentaires.
De celte manière elle dessine un arc à convexité antérieure. C’est derrière cet arc que passent les prolongements du feuillet inférieur de la grande commissure ( 'piliers antérieurs de la voûte ) pour se terminer aux éminences mamillaires.
Dansles carnassiers, les ruminants, les rongeurs, tous les animaux enfin où il existe un lobe olfactif bien développé, celte commissure dessine un arc à convexité postérieure. La plus grande partie de ses fibres se rend au lobe olfactif, l’autre dans les circonvolutions antérieures et inférieures du cerveau. (Voy. pi. IV, fig. 6).
La commissure 'postérieure située toujours trèsprès des lobes optiques , ne se prolonge que dans une très-petite profondeur des couches optiques qu’elle fait communiquer. (Voy. pl. VIII , ft(J- 4)* On a vu que cette commissure existe dans toutes les classes. Elle est assez constamment développée en raison de la couche optique, voilà pourquoi elle l’est à son maximum dans les mammifères, à son minimum dans les poissons.
M i le corps calleux , ni la voûte , ni la cloison transparente n’existent donc dans les trois classes d’ovipares.
Dans l’origine, chez l’embryon, aucune de ces commissures n’existe. La commissure postérieure
est la première à paraître dans l’ordre de l’évolution foetale, comme dans celui de la composition progressive des classes. On doit se rappeler le mécanisme de la formation du système cérébro-spinal, précédemment exposé. C’est par ses parties les plus distantes de l’axe que le tube de la pie-mère commence à déposer les couches médullaires sous forme de lames Celles-ci d’abord réunies par leur bord inférieur en arrière de l’écartement des faisceaux pyramidaux, ne se rapprochent du côté dorsal que dans les dernières phases de la formation. Ce sont les couches exhalées entre les bords voisins des feuillets opposés et repliés l’un vers l’autre, qui forment leurs commissures, dans le cas où les lobes sont paires, et qui les confondent quand le lobe est unique et impair comme pour le cervelet des ovipares. Quelquefois même, (comme on a vu dans la raie ronce, par ex.) la réunion des feuillets opposés n’a lieu que par contiguïté d’agglutination et non par continuité de substance, et alors, sans aucune solution de continuité des fibres de ses deux moitiés, le cervelet moyen est séparable en deux moitiés latérales.
En se reportant encore à ce mécanisme de formation , l’on voit que les faisceaux pyramidaux et les cordons inférieurs de la moelle ne produisent réellement ni les couches optiques, ni les corps striés , ni les lames plissées constituant chaque hémisphère. Cette opinion avau-
cée par Gall et soutenue par Tiedemann qui prétend que le cerveau et le cervelet sont une efflorescence de la moelle épinière, disparaît devant un ordre de faits, auquel m’a conduit l’observation suivante.
Du bord externe du plexus choroïde gauche et de la toile choroïdicnne, dans le cerveau d’un épileptique de naissance, se propageait un lacis vasculaire, une véritable pie-mère qui pénétrait dans la masse de l’hémisphère tout le long de la ligne de dégagement du corps calleux et de la partie postérieure et externe de la voûte. En soulevant cette pie-mère, la partie ordinairement solide de l’hémisphère (centre ovale de Vieussens) , se séparait en deux parois, dans lesquelles de petits vaisseaux, détachés de la pic-mère, pénétraient perpendiculairement comme aux circonvolutions extérieures. Huit ou dix lignes au-delà de cette première fente la pic-mère se divisait en deux lames , pénétrant chacune dans une fente plus profonde. Et au fond de chacune de ces fentes, une nouvelle séparation de la pie-mère, se propageait dans de nouvelles fentes, tout comme le fait la pie-mère des circonvolutions extérieures. '
En soulevant successivement toutes ces lames de pie-mère, on déploya de proche en proche toutes les circonvolutions dont la surface blanche montrait le parallélisme des fibres. L’hémisphère fut ainsi •déplissé en une surface de douze à treize pouces de
long et de huit à neuf de large. (Voir mon deuxième mémoire sur le syst. nerveux; Journ. de physique, fév. 1821.)
il résulte d’abord de cette propagation de la pie-mère intérieure jusqu’au sommet concave des circonvolutions, que le procédé par lequel M. Gall déplisse la membrane de l’hémisphère en désagglutinant ses surfaces intérieures , n’a pas le vice que lui ont imputé MM. Cuvier et Tiedemann, et de plus, nonobstant les objections de ce dernier anatomiste, la preuve que les circonvolutions du cerveau sont le résultat du plissement des membranes sous la forme desquels les hémisphères se présentent dans l’origine (voy. pl. Vîll , fiq. 2 et 6). Et en effet, il y a très-peu de cerveaux humains où l’on ne trouve pas, dans quelqu’une des circonvolutions près du sommet, une petite cavité résultant du défaut d’agglutination des surfaces internes qui ont été moins comprimées en cet endroit. Enfin , de cette existence de la pie-mère aux deux surfaces intérieure et extérieure de ces membranes, dont l’épaisseur se forme par des additions successives de couches à chacune de leurs surfaces, mais surtout à la surface intérieure de manière à ce que le vide qu’elle circonscrit d’abord finit par s’effacer, on pouvait présumer que ces couches sont déposées chacune à leur place par la pie-mère contiguë. Je m’en suis assuré depuis avec M. Magendie, sur des chiens et des chats
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encore fœtus et nouveau - nés. Nous avons vu qu’une fois déposée, la première couche de la lame des hémisphères , en dehors de laquelle la pie - mère extérieure continue d’en déposer d’autres, conserve la courbure de sa voûte, de sorte que dans les chats nouveau -nés la cavité est très-grande. Or, dans les deux ou trois premiers jours après la naissance, la pie-mère intérieure , c’est-à-dire les plexus choroïdes déposent des couches concentriques qui remplissent promptement ce vide. Il y a même un instant où il existe à la place du centre ovale de Yieussens une cavité séparée et distincte du ventricule latéral , parce que la dernière couche concentrique formée est restée écartée de la précédente.
Les hémisphères cérébraux , comme je l’ai démontré en 1820 et 1821, ne se forment donc pas seulement de dedans en dehors par des couches déposées excentriquement à la face interne de la pie-mère de leur convexité; ils se forment aussi de dehors en dedans, comme la moelle épinière, les lobes optiques, etc.; par la déposition de couches concentriques à la surface externe de la pie-mère de leur concavité.. Dans ces hémisphères comme dans la moelle épinière, les dernières couches déposées oblitèrent la cavité, et effacent enfin la picmère qui se contracte sur elle-même et forme les plexus choroïdes. Il est peut-être inutile de répéter que cette déposition de couches n’est pas irm-
médiate. Un liquide est exhalé par la pie-mère, et ce liquide se transforme en couches médullaires qui s’appliquent les unes sur les autres. Dans les premiers temps de leur application, on peut meme les séparer les unes des autres comme par feuillets, leur agglutination 11e s’établissant que peu à peu.
Voilà pourquoi les plexus choroïdes, résultent d’un enroulemént si réitéré de la pie-mère sur elle-même, dans l’homme et les singes, chez qui la partie solide de l’hémisphère Occupe plus de place relativement à la cavité subsistante. Pourquoi, au contraire, le plexus choroïde est moins enroulé sur lui-même et plus étendu en lame dans tous les rongeurs, où la cavité de l'hémisphère en occupe presque toute l’étendue, et chez lesquels il ne s’est formé, ni circonvolutions, ni presque de centre solide. De sorte que l’état permanent de l’hémisphère
de ces animaux , représente l’état embryonaire ou
fœtal du même organe dans l’homme, les singes et tous les animaux , où il se forme un noyau solide
à l’hémisphère cérébral.
Tout ce mécanisme , que M. Gall avait deviné et qu’il réprésentait par la désagglutination mécanique des faces internes de la membrade cérébrale , était ignoré jusqu’ici, et je n’en dois sans doute la découverte qu’au Tiasard de l’observation que j’ai rapportée.
Cette formation, par la pie-mère contiguë, de toutes les couches constituant l’épaisseur définitive
île la membrane des hémisphères, doit s’entendre aussi des corps striés, des couches optiques, et des faisceaux pyramidaux. Chacune de ces parties est déposée à sa place, soit en même temps, soit successivement. Ce qui a pu imposer sur cette production, cette efflorescence j, d’une partie par une autre, dont elle serait sortie par un acte de pure végétation , c’est l’ordre successif de déposition des parties qui se suivent. Et si en effet cette succession se continue dans une série de trois ou quatre parties, on conçoit la possibilité de l’illusion pour qui n’y regarderait pas de près.
Malgré les subtilités et les dénégations de quelques personnes, ces mots, origine , naissance , production , impliquent donc dans le langage des auteurs qui s’en servent , l’idée qu’une partie que l’on dit née d’une autre, produite par une autre, est réellement sortie de cette partie qui l’aurait formée , poussée par un acte de végétation. Cela est évident dans tout l’ouvrage de Tiedemann. 11 a réellement pris à Ja lettre , et au sens propre et non figuré, les mots origine , naissance , production. Tel est aussi le sens qu’y attachent manifestement MM. Gall et Serres. Il est donc démontré pour la première fois qu’aucune partie du système cérébro-spinal n’est produite , n’est végétativement poussée par une autre , mais que chaque partie est formée à sa place par la pie-mère.
En suivant ainsi les fibres des pyramides, celles
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des cordons inférieurs de la moelle, celles qui commencent, et dans les réseaux de matière grise de la protubérance, et dans les couches optiques , et dans les corps striés ; nous avons été conduits à expliquer, et la formation, et la composition de ces deux dernières masses, puis celles des hémisphères cérébraux, delà voûte, du corps calleux, des éminences mamillaires, et des commissures antérieure et postérieure. Nous sommes donc forcés de retourner sur nos pas, pour achever d’exposer la composition du lobe du quatrième ventricule, et faire connaître celle du cervelet, des lobes optiques et des lobes olfactifs.
Ou a vu plus haut comment les pyramides en dessous, puis dans un ordre progressif de superposition (pl. XIII, fuj. 9), les olives, le réseau inférieur de matière grise, les cordons inférieurs de la moelle épinière (fig. 10), et supérieurement les faisceaux de matière grise, qui ont oblitéré le canal central de la moelle (fig. 11), formaient, pour la plus grande partie, le plancher du lobe du quatrième ventricule , aussi appelé moelle allongée. La partie postérieure de la protubérance formée par l’étage inférieur de la commissure du cervelet, puis par le réseau inférieur de matière grise, le second étage de la commissure, et le réseau supérieur de matière grise (fig. 6 et 6 bis), y contribuent aussi en avant. Voici maintenant quelles parties contribuent à le former en haut.
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Et d’abord les cordons supérieurs ou dorsaux de la moelle, déjà beaucoup élargis en passant au-dessus des tubercules cendrés (fig. 1 1 bis), débordent inférieurement les cordons abdominaux et grossissent encore en longeant les olives. Près du bord postérieur de la protubérance, le plus grand nombre de leurs fibres superficielles, se redressent en haut pour se joindre aux faisceaux de l’étage inférieur de la protubérance et forment ainsi 1 ^pédoncule postérieur du cervelet. Les fibres profondes des cordons supérieurs de la moelle pénètrent dans les tubercules quadri-jumeaux, et se continuent avec les couches intérieures qui en constituent la masse solide. En haut ces cordons forment le bord supérieur du quatrième ventricule, et servent d’encadrement à deux autres faisceaux de fibres plus blanches, qui les doublent intérieurement (voy. pi. XIII, fig. 5, 1 1 et 1 1 bis).
Ces deux autres faisceaux, qui forment la paroi verticale du quatrième ventricule, sont les pyramides supérieures. Très-minces à l’endroit où le nerf auditif traverse les pédoncules inférieurs du cervelet, et n’envoyant qu’un très-petit nombre de fibres dans ces pédoncules, elles grossissent en arrière, recouvrent le bord extérieur des feuilles lancéolées (fig. 5) , lesquelles terminent les faisceaux supérieurs de la matière grise centrale de la moelle, puis rapprochées au contact, elles ferment l’angle postérieur du quatrième vcntricule(ùcc de plume ) . Apla-
tics verticalement en arrière de cet angle [fig. 1 0* et toujours en diminuant d’épaisseur, et de plus en plus comprimées par les cordons postérieurs de la moelle, elles se terminent un peu plus en arrière que les pyramides inférieures , dont elles sont séparées d’abord par toute l’épaisseur de la lame transversale grise [fig. 11 et 11 bis), qui réunit les faisceaux latéraux gris du centre de la moelle, et inférieurement par les cordons abdominaux. Elles sont d’autant plus courtes, qu’on passe des carnassiers aux ruminants, et enfin aux rongeurs, décroissement qui les rattache au développement des lobes latéraux du cervelet.
Sur le plancher même du quatrième ventricule on observe, d’arrière en avant, i° les deux feuilles lancéolées % riscs [fig. 5), terminaison des faisceaux supérieurs des cordons latéraux gris du centre de la moelle; 2° en avant jusque dans l’aqueduc de sylvius, deux faisceaux gris [fig. 5), prolongements des faisceaux inférieurs gris du centre de la moelle, et qui recouvrent dans cet espace les cordons inférieurs blancs de la moelle. Sur les fl. fig. î, fl. III, f'3- i et 2, pl. 1Y, fig. î, on voit à la même place, des cordons lisses ou mamelonnés. Ce sont les cordons inférieurs de la moelle, ici à découvert au fond du quatrième ventricule, parce qu’il n’existe pas de matière cendrée au centre de la moelle épinière des poissons.
Sur la moitié antérieure du plancher du qua-
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trième ventricule, sort de la ligne médiane, entre les deux prolongements des faisceaux gris inférieurs de la moelle, et croise en dessus ces prolongements, pour se diriger vers l’origine du nerf auditif et se confondre aussi avec le pédoncule postérieur du cervelet, une double rangée de filets 'médullaires blanchâtres ( fig . 5), dont l’existence est constante, mais dont le nombre varie d’un coté à l’autre. J’en ai compté jusqu’à douzed’un seul côté, avec un volume et une consistance bien supérieurs à ce qu’on observe ordinairement, sur une idiote de trente ans, morte phthysique, avec une forte compression d’un côté de la protubérance et du lobe correspondant du cervelet, atrophiés de moitié par une tumeur crectile, développée dans les sinus de la fosse cérébelleuse droite. Ces filets s’entrelacent assez souvent dans leur trajet, comme le montre la ftg. citée de la pi. XIII. On en a vu aussi se diriger vers les racines de la cinquième et de la huitième paires. Il est évident , par la variété de ces rapports , que l’objet de ces stries médullaires est de mettre en relation avec le centre du quatrième ventricule, tantôt plus, tantôt moins, d’organes nerveux très-importants.
Ces stries médullaires n’ont encore été observées que dans l’homme; je les ai cherchées vainement dans les rongeurs, les chiens, etc. Elles ne se forment qu’après la naissance, selon les observations réitérées de Wcnzel et de Tiedemann.
Ainsi donc, le lobe du quatrième ventricule ou a moelle allongée et la protubérance, compris entre l’insertion apparente de la cinquième paire en avant, et celle du premier nerf spinal en arrière, résulte dans les mammifères de quatre ou cinq ordres de parties de plus que ce même lobe dans les autres classes, et les stries médullaires n’existent que dans l’homme uniquement.
Le quatrième ventricule est recouvert près de son angle postérieur, par deux petites lamelles tendues, de ses bords vers la ligne médiane, sur laquelle elles se réunissent rarement.
Dans tous les mammifères où la cinquième paire prend un excès un peu notable de développement, le quatrième ventricule s’élargit et se creuse proportionnellement dans sa partie antérieure. Cela est très-remarquable surtout chez les rongeurs. On observe même, dans les rongeurs, les taupes et les hérissons , un petit mamelon ou tubercule sur l’extrémité antérieure du bord du ventricule, mamelon dans lequel se continuent les fibres postérieures de la cinquième paire et de l’apoustique.
Là où les fibres extérieures des cordons supérieurs de la moelle, repliées en haut, forment les pédoncules postérieurs cl inférieurs du cervelet; d’autres faisceaux (fig. 5 et 4), bien plus considérables, cl dirigés transversalement, viennentde l’éiage inférieur et superficiel du renflement appelé protubérance annulaire . Cet étage est lui-
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même composé dans l’homme, de trois bandes fibreuses ( fig . 1 et 5). Dans la bande antérieure, les fibres , à peu près droites sur le milieu de leur largeur, se contournent latéralement en haut et en arrière, de manière à former la face interne des 'pédoncules moyens du cervelet; à la bande postérieure qui manque en partie dans les cynocéphales et les macaques, parmi les singes de l’ancien Continent , et en totalité chez ceux du nouveau, et qui ne reparaît plus au-delà des quadrumanes, les fibres, droites aussi sur le milieu de leur largeur, se contournent latéralement en avant et en haut, de manière à s’entrelacer avec les fibres de la bande moyenne , lesquelles sont toutes recourbées en arrière et en haut. Toutes les fibres de ces trois bandes convergent en haut et un peu en dehors , en se tordant légèrement. Dans l’endroit où cette torsion commence, les fibres transversales de l’étage supérieur de la commissure viennent les renforcer intérieurement. C’est l’ensemble de ces fibres qui forme le pédoncule moyen du cervelet [fig. 4 et 5). Dans les quadrupèdes , au-delà des quadrumanes, cet étage supérieur est tout entier à découvert inférieurement par l’absence de la bande postérieure de l’étage inférieur et de la partie correspondante du réseau gris intermédiaire. C’est cet étage supérieur que Tiedemann a nommé corps trapézoïde (vov. pl. XI, fig. 5, pl. IV, fig. l\r
pl. XIII, fig. 4 et fig. i3). Il est d’autant plus apparent, que les lobes latéraux sont plus petits, ou, ce qui est la même chose, que les bandes moyenne et postérieure de l’étage inférieur de la protubérance, manquent en partie ou en totalité. On se souvient que ces deux étages de libres transverses sont séparés , l’inférieur , des pyramides inférieures, en haut, par un réseau de matière grise, et le supérieur, des cordons abdominaux de la moelle en bas, et des cordons dorsaux, en haut, par un autre réseau de matière grise (voy. pi. XIII, fuj. 6, 6 bis et 7).
Enfin, de la partie latérale de la paire postérieure des tubercules quadri-jumeaux, un faisceau de libres blanches {fig. 3, 4 et 5), dont la proportion va croissant , de l’homme et des quadrumanes aux carnassiers , aux ruminants , et aux rongeurs, se dirige en arrière et en haut vers le gros faisceau résultant des pédoncules moyen et inférieur du cervelet. Ce troisième faisceau est le pédoncule antérieur ou supérieur du cervelet. L’ensemble des libres blanches de ces trois origines forme primitivement une sorte de tube creux, ouvert par son côté interne, sur le quatrième ventricule , et épanoui supérieurement en une lame membraneuse qui se replie vers la ligne médiane , où elle se continue avec celle du côté opposé. Suivant la proportion des trois pédoncules, les lobes latéraux ou le lobe moyen
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du cervelet, ont eux-mêmes des proportions diverses. Dans l’homme et les quadrumanes, où les pédoncules moyens, formés parles fibres transverses des deux étages de la protubérance, prédominent , les lobes latéraux prédominent proportionnellement. A mesure que ces pédoncules diminuent , les lobes correspondants décroissent, à partir des singes cités, aux carnassiers, aux ruminants, et surtout aux rongeurs. C’est dans ce dernier ordre de mammifères que les pédoncules antérieurs (fig. 3, 4 et 5) , si petits dans l’homme , ont leur plus grande masse relative ; aussi le lobe médian du cervelet y est-il au maximum de développement. Voilà pourquoi la proportion des deux paires de tubercules des lobes optiques , est à peu près la même dans les rongeurs et les carnassiers aveugles , que dans ceux où la vue est très-développée. Car la proportion des lobes optiques des mammifères, paraît dépendre surtout de la proportion du lobe médian du cervelet, ou, ce qui est la meme chose , des pédoncules supérieurs qui établissent la connexion de ces deux organes.
Il en est de même de la valvule de Vieussens : très-mince dans l’homme et les singes [pi. XIII, fig. 5), elle augmente d épaisseur et de longueur, en proportion des pédoncules supérieurs du cervelet, qui en forment le cadre. Elle est continue par son bord antérieur, avec les fibres superficielles trans-