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verses de la paire postérieure des tubercules quadri-jumeaux, et par la totalité , ou seulement par les côtés de son bord postérieur, avec la lame plissée du cervelet. Ce dernier cas s’observe dans la plupart des carnassiers et dans tous les rongeurs, où le lobe médian du cervelet, saillant comme la chenille d’un casque, se replie antérieurement en dessous de l’arcade que forme l’ensemble du cervelet, et passe ainsi dans une échancrure médiane du bord postérieur de la valvule de Yieussens, pour venir proémincr en arrière dans le quatrième ventricule. La face supérieure de la valvule de Yieussens chez l’homme est couverte, sur la ligne médiane, de petits plis de matière grise, dont le nombre et l’existence ne sont pas constants (voy. pl. XIII, fig. 5).
L’intérieur de l’espèce de tube à parois tordues, que forme à la base de chaque hémisphères du cervelet le gros faisceau résultant de ses trois pédoncules, est rempli, dans l’homme, par une sorte de capsule jaunâtre , contenant un amas de matière grise ou cendrée. Cette capsule, qui a été nommée corps dentelé (pl. XIII, fig. 3 et 5), ressemble beaucoup, pour la structure , aux éminences olivaires. Par ce que nous dirons de l’évolution progressive du cervelet dans l’embryon , on verra que cette capsule , et le noyau de matière cendrée qu’elle renferme, ne se forment qu’en dernier lieu , comme le noyau blanc ou centre ovale de Yieussens, dans
les lobes cérébraux. Ce n’est que dans l’homme qu’existe la capsule jaunâtre, dont le pourtour plissé s’engrène dans les dentelures correspondant aux fentes primitives qui dédoublaient intérieurement chaque lame du cervelet. Cette capsule, comme les capsules olivaires, s’ouvre du côté du quatrième ventricule, par la disparition de sa membrane à l’endroit par où pénétrait et s’est retiré le plexus choroïde d u cerve let. A partir des carnassiers et des ruminants, il n’existe plus que le noyau gris. Aussi , est-il d’autant plus facile de déployer les surfaces agglutinées des feuillets du cervelet, qu’on opère sur des animaux plus inférieurs dans la classe des mammifères, et que l’on opère sur des individus plus jeunes, ou même sur des fœtus. Nos observations faites d’après ce double procédé, et combinées avec celles de Tiedemann et de Rolando, nous^ermettent de donner, de la formation du cervelet, une démonstration aussi complète que celle qu’on a vue tout à l’heure pour le cerveau.
Au 5me mois de l’embryon humain, en arrière des lobes optiques, la pic-mère se replie de chaque côté en deux sacs, chacun un peu enroulé sur luimême à peu près comme les plexus choroïdes dans la cavité des hémisphères cérébraux à la même époque. Ces plexus choroïdes postérieurs ou cérébelleux, au commencement très-petits , déposent d’abord par la faoc intérieure de leur feuillet externe, à droite et à gauche au-dessus du bord
du cordon supérieur de la moelle, une]couche étroite qui s’étend en forme d’arc, au-dessus du canal (voy. 7?/.VlII, fig. 2 et f\). Vers le troisième mois, cet arc est réuni avec son analogue, et forme un arceau complet au-dessus du canal {fig. 6). A mesure que le sac de pie-mère, dans la cavité duquel chacun de ces petits arcs a été formé, s’aggrandit [et cet agrandissement se fait surtout en dehors et en bas avec un grande rapidité {fig- 5)], l’arcade, formée au-dessus du canal et derrière les lobes optiques, en s’agrandissant , se continue à droite et à gauche de la ligne médiane avec les lobes optiques , et déborde en dehors par ses extrémités le bord correspondant du cordon supérieur de la moelle. Le feuillet interne du repli de la pie-mère suit ce mouvement, et à cette époque il y a dans le lobe latéral ainsi formé par la procidence de chaque extrémité de l’arcade primitive, une cavité (ventricule) comparable à celle qui existe aussi dans le lobe cérébral {fig. 5). C’est dans cette cavité que doit se former plus tard le corps dentelé. Mais ici la voûte des deux cavités est déjà continue , tandis que ce 11’est qu’à la dernière phase de formation, que cette communication s’établit pour la voûte des lobes cérébraux. Dès-lors les lobes du cervelet se forment par une double déposition de couches excentrique et concentrique, comme ceux du cerveau. Mais dans le cervelet , cette formation est beaucoup plus rapide , de sorte
que chez l’homme il ne reste pas de trace de
la cavité des hémisphères cérébelleux après la naissance. En même temps , la pie-mère qui s’étend, en dessous, du feuillet extérieur d’un côté à celui de l’autre, et qui avait d’abord déposé les faisceaux pyramidaux et les olives, dépose dans une direction transversale et perpendiculaire à ces faisceaux les fibres de la protubérance continues à celles des lobes cérébelleux, en prolongeant réellement vers la ligne médiane les fibres moyennes de l’espèce de bourse, que forme alors l’hémisplière cérébelleux [fig. 5). Les bandes transverses de cette protubérance sont donc réellement au cervelet en dessous, ce que la grande commissure ou corps calleux est au cerveau en dessus. Selon que les sacs latéraux de la pie-mère se dilatent davantage en se renversant en dehors, ou qu’au contraire , ils se portent en arrière et sur la ligne médiane en dessus du quatrième ventricule, les lobes latéraux se développent plus que le lobe médian , ou le lobe médian plus que les lobes latéraux. Plus le lobe médian est développé, plus nombreuses sont les fibres , et par conséquent , plus gros sont les pédoncules par lesquels il se continue avec les lobes optiques.
Les fibres transversales de la protubérance étant la commissure et la continuation de la membrane plissée des hémisphères, ces deux parties doivent nécessairement croître dans le même rapport. C’est
aussi cc qui a lieu, à partir des rongeurs, des fourmiliers,des didelplies, etc. , où les lobes cérébelleux ensemble sont presque constamment plus petits que le lobe médian ( xoy.pl . XII, ftg. 4, 5,6et 7). En passant par les ruminants et les carnassiers j usqu’à l’homme, ces deux parties prennent un accroissement uniforme et commun. Et comme dans les lobes cérébraux ce sont les parties supérieures et postérieures, si développées chez l’homme et les singes, qui disparaissent progressivement en descendant la série des mammifères , ce sont aussi les parties postérieures et supérieures des hémisphères du cervelet qui disparaissent les premières , et avec elles les fibres correspondantes de la protubérance. 11 en résulte qu’à partir des carnassiers, en allant aux rongeurs, la largucur du pont diminue par la disparition, d’abord des fibres superficielles les plus postérieures, puis d’autres plus antérieures; de sorte que les pyramides sont à découvert sur une plus grande étendue derrière la commissure du cervelet. On les voit croiser alors sur le quart, le tiers ou la moitié postérieurs delà largeur du pont, une largeur équivalente, du second étage des fibres de cette commissure. C’est cette portion de la commissure du cervelet que l’on a prise pour celle du nerf auditif, et que Tiedemann ( icon . céréb. simiar.) appelle le corps trapézoïde. Ces fibres ne sont pas plus la commissure du nerf auditif que leurs analogues antérieures ne sont celles de la cinquième
paire. Gall , et récemment Rolando , ont montré que dans l’homme et les ruminants la cinquième paire se continue à travers les différents étages des fibres du pont et des réseaux gris, jusque derrière le quatrième ventricule, où elle s’enchâsse dans les cordons supérieurs de la moelle. Il en est de même du nerf auditif : il pénètre à travers la commissure dans le cordon supérieur de la moelle, où il se termine. On suit fort aisément, sur les chats et les chiens, les fibres de ce ruban postérieur de la protubérance, dans la partie postérieure du pédoncule du cervelet.
Dans les mammifères, le cervelet et sa commissure forment donc un large anneau de fibres nerveuses autour du renflement de la moelle, qu’on a nommé moelle allongée. En avant, cet anneau est bordé par l’insertion de la troisième paire en bas et de la quatrième en haut ; en arrière , il est borné par l’insertion de la huitième paire en bas, et celle de la septième paire en haut. On a vu dans les ovipares que l’absence de tout l’arc inférieur de cet anneau laissait à découvert les cordons inférieurs et supérieurs de la moelle.
On conçoit par ce trajet de la cinquième et de la septième paire, entre les fibres de la protubérance, pourquoi ces nerfs s’insèrent à la superficie même de la moelle dans les ovipares, sans le plus souvent se continuer avec elle. On conçoit encore comment le lobe médian du cervelet est en rapport constant
T.IYRE II.
de grandeur, même dans les mammifères, avec la cinquième paire; puisque celle-ci, cachée sous un chemin couvert, vient s’insérer à la base des principaux faisceaux de ce lobe.
Dans presque tous les rongeurs, le lobe latéral du cervelet est très-effilé en dehors, de manière à former un appendice particulier «à cet ordre, et enfoncé dans un trou également particulier du rocher. J’ai vu constamment cet appendice se continuer avec les fibres les plus antérieures de la protubérance. En outre, le lobe médian , contourné en avant, en bas et en dessous de lui-même, comme la chenille d’un casque, vient proéminerdans le quatrième ventricule, au-dessous de l’arcade que forme sa partie supérieure unie aux lobes latéraux , chez les ruminants , les rongeurs , les chiens, etc.
Ainsi donc, quoique les hémisphères du cervelet ne résultent réellement que de l’agrandissement des extrémités du cervelet central , dont l’arc se plisse en dehors et en bas au point où il se continue avec le cordon supérieur de la moelle, ces lobes latéraux n’en sont pas moins des organes particuliers, comme le prouve d’ailleurs l’existence de leur commisure, dont le nombre des fibres est en proportion de celui des lames de ces lobes, ou de l’amplitude de la membrane qui a formé ces lames en se plissant.
Les loi' es optiques sont les premiers formés
SYSTÈME CEREBRO-SPINAL.
de l’encéphale, parce que le tube de la pie-mère se trouve très-rétréci en cet endroit, entre le lobe du quatrième ventricule et les pédoncules du cerveau, places où son sinus reste toujours écarté. Et comme le point de ce rétrécissement est celui où aboutissent les nerfs optiques et deux autres nerfs oculaires, les premiers formés de si bonne heure, ainsi que les yeux, il s’ensuit, d’après laloi que nous avons exposée, que la déposition descouclies nerveuses est très-accélérée en ce point. Voilà pourquoi la cavité en estoblitérée de bonne heure. Etcetteoblitération est d’autant plus prompte, que le sillon transversal qui divise chaque lobe est lui -même plutôt formé. Car il résulte de ce sillon la dépression de la voûte, et partant un effacement d’espace correspondant dans la cavité. Les couches intérieures des lobes optiques sont continues avec les fibres profondes des cordons supérieurs de la moelle. Les couches superficielles sont en grande partie la continuation des fibres supérieures des cordons inférieurs de la moelle.
Le corps pinçai que l’on a vu manquer à tous les ovipares , moins les chéloniens et peut-être les crocodiles, ne commence à paraître dans le fœtus de l’homme qu’au quatrième mois, tenant par des radicules blanches très-minces, au bord interne de la face supérieure des couches optiques. Dans la suite, d’autres fibres dirigées en arrière le met-
tent aussi on communication avec la paire antérieure des tubercules quadri-jumeaux. Son volume, sa figure et sa structure, selon les observations de Tiedemann, varient beaucoup dans les autres mammifères. Elle est petite et arrondie dans les carnassiers, plus volumineuse, presque conique et oblongue, dans les rongeurs (voy. pi. Il, fig. 2, sur l’agouti; pi. Xll , fig. 5, 6 et 7, sur le fourmilier à deux doigts, le tatou à neuf bandes, et la marmotte). Elle est aussi à proportion beaucoup plus grosse dans les ruminants que chez l’homme , tout en différant de forme d’une espèce à l’autre. Creuse dans le cerf et le mouton (voy., pour cette espèce, pi. XIII, fig. 16). Dans les chevaux et les cochons elle est encore plus grosse que chez les ruminants.
Au corps pinéal aboutissent ainsi quatre petits faisceaux de fibres médullaires; les deux antérieurs viennent des couches optiques; les postérieurs, des tubercules quadri-jumeaux. Ces fibres diminuent de volume vers le corps pinéal.
Le volume de la glande, ou corps pinéal, est en général d’autant plus grand que les lobes cérébraux sont moins développés dans les mammifères. Elle me paraît néanmoins manquer aux cobaies et à quelques autres rongeurs.
Les éminences inamiiiaires sont doubles et bien séparées dans les carnassiers , elles sont réunies en une seule masse dans les ruminants et les rongeurs
(voy. pi. XIII, fig. 4, sur le veau). La formation de ces éminences et leurs véritables rapports n’ont été bien connus que par Tiedemann. Au cinquième mois du fœtus humain (voy.p/.X, fig. 5, et p/. VIII, fig. 8) un faisceau de fibres descend de la couche op tique, à côté de l’endroit où se forme la tige pituitaire, il se replie sur lui-même en avant et en haut pour commencer ce qu’on appelle le pilier antérieur de la voûte. Uni bientôt à son analogue, il forme la couverture de la cavité contenue entre les couches optiques, couverture qui se forme successivement en arrière jusqu’à la rencontre du corps calleux en haut et au milieu, et latéralement jusqu’à la rencontre des fibres de la lame qui a formé l’hémisphère cérébral correspondant. En outre, selon les observations de Gall, deux autres petits faisceaux, l’un, interne postérieur, s’enfonce dans la couche optique, l’autre, externe, se joint avec un entrelacement transversal de fibres blanches situées au-dessous du nerf optique (voy. les pi. XIII et XYII de son atlas).
Formée ainsi, l’éminence mamillaire n’a rien de commun avec les renflements qu’on observe derrière les nerfs optiques des poissons, et dont la cavité com munique au contraire avec celle des lobes optiques qui leur répondent en dessus. Car, dans cette classe, il n’existe pas de voûte aux lobes cérébraux que représente la seule masse de matière grise de la couche optique, line peut donc y avoir de commissure
pour des hémisphères qui n’existent pas eux-mêmes. 11 n’y en a pas davantage dans les oiseaux et les reptiles.
Entre les éminences mamillaires et le bord interne du pédoncule cérébral en arrière, cl l’échancrure que forme le croisement des nerfs optiques en avant, se trouve encadrée une membrane grisâtre, assez épaisse, d’une structure différente de la substance grise ordinaire, et formant le plancher de l’intervalle compris entre les deux couches optiques. Du milieu de celte membrane se prolonge une sorte de tube de même structure, creux dans , la seconde partie de la période fœtale, et terminé inférieurement par un renflement pulpeux, rougeâtre, connu sous le nom de glande pituitaire. Par ses connexions encore on voit que cet appareil 11e coïncide pas avec celui qui a reçu le même nom dans les poissons, chez qui il constitue une partie si considérable de l’encéphale. Quelques fibres du nerf optique se terminent dans le bord extérieur de cette substance grise.
Enfin, en avant et de l’autre côté de l’entrecroisement des nerfs optiques , une valvule presque transparente, d’un gris rougeâtre, s’étend jusqu’au bord libre inférieur de la grande commissure cérébrale ou corps calleux, et achève ainsi de fermer en-dessous les cavités contenues entre les hémisphères.
Avant ainsi expliqué l’ordre successif de forma-
tion et de connexion du lobe du quatrième ventricule, delà protubérance et du cervelet, puis des lobes optiques et des lobes cérébraux, il reste à parler d’une dernière paire de lobes, prise jusqu’ici pour la première paire de nerfs. Cette méprise était excusable dans l’anatomie exclusive de l’homme, où il ne subsiste que des vestiges de ces lobes. Elle serait presque incroyable de* la part des anatomistes qui avaient disséqué des quadrupèdes, si l’on n’avait tant d’autres exemples des bizarres métamorphoses, des singulières transpositions que certains systèmes analogiques, qu’on pourrait nommer monotypomanies , ont fait subir aux organes les plus hétérogènes, pour les ramener à l’unité par de pures transformations de mots.
Dans tous les carnassiers, les rongeurs et ruminants, comme le montrent, pour ces derniers, chez le veau et le mouton, les magnifiques planches HT, et XVI de l’atlas in-folio de Gaîl, les fibres les plus inférieures des pédoncules du cerveau, après avoir passé au-dessus des nerfs optiques, se continuent dans un grand faisceau aplati, de fibres blanches, qui occupe toute la moitié intérieure du devant de la base de l’hémisphère cérébral. En dehors (pi- XIII ,fig. .4) ce faisceau aplati se continue avec la grosse circonvolution qui marque extérieurement et en-dessous, la terminaison postérieure du ventricule latéral dans le pied d'hippocampe , et en dedans il se rapproche du faisceau
médian du cerveau. Dans son trajet sur le bord de cette scissure, il se continue avec les fibres des
circonvolutions correspondantes. L’ensemble de ces fibres dirigées en avant , de sorte que les inter - médiaires sont parallèles et les latérales convergentes, forme à une distance variable, en avant ou en arrière, de la pointe des hémisphères, suivant les ordre», un pédoncule isolé de toute part, tout-à-fait blanc en dessous, et se recouvrant sur les côtés et en-dessus d une
couche de matière grise continue avec la couche semblable des circonvolutions cérébrales qui y prolongent leurs fibres blanches. Ce pédoncule ou ce col se renfle bientôt en un lobe ellipsoïde ou sphérique, suivant les genres. La proportion de ce lobe, que mesure exactement sur les crânes la grandeur de la fosse ethmoïdale, varie tellement, qu’à partir de l’homme , où il ne représente pas la millième partie de l’hémisphère cérébral , et augmentant progressivement des carnassiers aux ruminants et aux rongeurs , il finit par représenter jusqu’au tiers de l’encéphale dans plusieurs chauves-souris, et plus du quart dans la taupe, (voy. pi. IV, fig. 4 et 5; la même planche montre , fig. 6, la proportion chez le hérisson; voy. en outre pi. 11, fig. 2 et 5, sur l’agouti, et pi. XII, fg. 4, 5 et G, sur la mannose , le fourmilier à deux doigts, et le tatou à neuf bandes). Plus ce lobe est développé, plus la
cavité qu’il renferme est ample et prolongée vers le ventricule moyen du cerveau. Ces deux cavités communiquent ensemble dans la plupart des rongeurs, chez le hérisson et les chauve-souris. Le conduit de réunion est tapissé par une couche épaisse de fibres blanches , qui sont la continuation de la lame médullaire des hémisphères. Dans les chiens de rue , la couche blanche du ventricule olfactif ne se continue pas avec celle du lobe cérébral, elle s’arrête dans le pédoncule à la hauteur de l’entrecroisement des nerfs optiques.
Des deux cordons fibreux qui bordent le faisceau aplati, d’où résulte, au-devant de la base de l’hémisphère, le pédoncule du lobe olfactif, l’interne, réfléchi en haut au fond de la grande scissure médiane du cerveau, se continue par ses fibres les plus profondes, dans le bord antérieur du corps calleux. Ces fibres antérieures du corps calleux forment donc la commissure des lobes olfactifs , comme les fibres postérieures forment celles des hémisphères cérébraux (voy. pi. XIII, fig. i4). Un plus grand nombre des fibres latérales extérieures et supérieures du lobe se replient en dessus du canal du pédoncule quand il existe , se recourbent en dedans, passent sur l’extrémité antérieure du corps strié , et vont se réunir aux fibres semblables
du côté opposé, en formant ainsi la commissure antérieure (voyez pl. IV, fig. 6, sur le hérisson, et fig. i4, pi- XIII, sur le mouton).
Voilà pourquoi celte commissure a d’autant plus de calibre que les lobes obfactifs ont plus de volume. Enfin, le cordon extérieur, bordant en-dehors le faisceau fibreux aplati qui se trouve dans le prolongement des pédoncules du cerveau, se continue tout entier avec les fibres de la membrane cérébrale qui ont formé la paroi du fond du ventricule latéral, dans la partie nommée pied d* hippocampe.
Ainsi le lobe olfactif, dans les mammifères des quatre ordres cités, a quatre connexions principales : i°avec les pédoncules du cerveau, 2° avec les fibres du pied d’hippocampe, 5° avec le corps calleux , et 4° avec la commissure antérieure. En outre toutes les circonvolutions inférieures de l’hémisphère, adjacentes au gros faisceau aplati de fibres blanches, qui forment le pédoncule olfactif, sont aussi en continuité de fibres avec le lobe olfactif.
Dans le phoque (Tiedcm. , Icon. , céréb. , simiar. , etc., pi. 11, fig. 8) il n’existe plus que deux de ces connexions du lobe olfactif: ce sont les deux cordons latéraux. Le faisceau, applati de fibres parallèles, n’existe plus. Les circonvolutions correspondantes au-dessous du corps strié, sont à découvert en arrière de l’angle qu’interceptent ces deux cor-
dons, encore formés pourtant de fibres blanches. Mais l’interne est très-petit, et il est douteux que ces fibres arrivent au corps calleux. L’externe, trois fois plus gros que l’interne, se recourbe dans la scissure de sylvius, au fond de laquelle il se continue avec les fibres du pied d’hippocampe. Le lobe proémine un peu à la pointe de l’hémisphère , où il est presque entièrement enclavé dans l’intervalle de deux circonvolutions.
Chez l’homme le pédoncule olfactif, quoique plus long à proportion que dans le phoque, est infiniment plus mince, il n’a pas plus d’une demiligne de diamètre, est libre sur toute sa longueur, jusqu’auprès de l’angle interne que forme la base du lobe antérieur de l’hémisphère, entre l’extrémité interne de la scissure de sylvius et le fond de la grande scissure du cerv eau, devant le croisement des nerfs optiques. Là il s’implante par trois racines dans la paroi antérieure de la scissure de sylvius. La racine extérieure médullaire s’implante au sommet même de la scissure, dans la couche corticale de la dernière circonvolution du lobe moyen; la racine interne naît de l’angle indiqué de la base du lobe antérieur, près et au-dessus de l’entrecroisement des nerfs optiques, également dans la couche corticale de cet endroit. La troisième, appelée corticale, parce qu’elle n’est blanche qu’à l’intérieur, s’enfonce dans l’extrémité du sillon, où est enclavé le pédoncule olfactif, et atteint
les fibres blanches de la circonvolution correspondante. Ici donc le pédoncule du lobe olfactif n’a plus de connexion ou de continuité, qu’avec les circonvolutions postérieures de la base du lobe antérieur de l'hémisphère. Les quatre autres connexions décrites dans les rongeurs, les insectivores, les ruminants, etc., manquent donc ici.
Dans les dauphins il n’y a plus ni lobes ni pédoncules olfactifs. Et cependant les circonvolutions postérieures de la base du lobe antérieur, et surtout les circonvolutions inférieures et antérieures du lobe postérieur formant le fond du ventricule latéral, sont aussi développées que dans pas un des carnassiers , des ruminants ou des rongeurs. L’hippocampe y a même plus de volume.
il n’y a donc aucun rapport direct entre la proportion de l’hippocampe et celle du cordon latéral externe du pédoncule olfactif. 11 y a coïncidence et non dépendance en Ire ces deux parties, quand elles sont au maximum de développement. Sans cela l’hippocampe ne devrait point paraître sous le cerveau de l’homme, et encore moins sous celui du dauphin et du marsouin. M. Cuvier avait déjà observé, contradictoirement à l’opinion que les nerfs olfactifs étaient une dépendance des corps striés, que ces corps sont à proportion aussi développés dans les dauphins qui 11’ont pas de nerfs olfactifs (il entendait les lobes), que dans aucun autre animal, où ils sont le plus volumineux.
Enfin, c’est à tort que M. Serres a généralisé aux cétacés ce défaut de lobes et de nerfs olfactifs , qui n’est encore directement constaté que dans le genre des dauphins. Par la corrélation des crânes, je me suis assuré qu’ils manquent aux cachalots, aux narwalhs et aux hyperoodons. J’ai démontré, d’ailleurs , par la corrélation de la fosse ethmoïdale et des conduits ethmoïdaux avec les lobes et les nerfs olfactifs, que chez la grande baleine australe cet appareil encéphalique était à proportion aussi développé que dans les phoques, (voy. plus haut, livre 1er et Dict. ciass. d’hist. mit., art. Baleines et Events. )
Maintenant on peut se former une idée plus exacte des ventricules ou cavités du cerveau.
Le quatrième ventricule résultant de l’intervalle compris entre les pyramides postérieures en arrière, les cordons abdominaux de la moelle en bas, et l’arcade du cervelet et la valvule de Vieussensen haut, se continue dans l’épaisseur de la protubérance annulaire, en dessous, et ries lobes optiques en dessus. Le canal étroit par lequel il s’y prolonge, forme, pour ainsi dire, l’axe creux de ce gro9 renflement , où il porte le nom à' aqueduc de Sylvius. A partir du point où débouche cet aqueduc sous la commissure postérieure, l’intervalle entre les couches optiques de chaque côté* la voûte à trois piliers en haut, et, en bas, la membrane grise d’où naît la lige pituitaire, le croisement
des nerfs optiques, et la membrane étendue de ce croisement au bord antérieur du corps calleux, forme le ventricule moyen ou troisième ventricule. Par le détroit qui sépare de la commissure antérieure les piliers antérieurs de la voûte, le ventricule moyen communique avec les ventricules latéraux , qui en sont séparés seulement sur leur longueur par le bord libre de la voûte, appliquée avec les plexus choroïdes sur les corps striés et les couches optiques. Le ventricule latéral s’étend de haut en bas, et d’arrière en avant, entre les corps striés , les couches optiques et la corne (T ammon en bas, et la lame de l’hémisphère dégagée du centre ovale en haut. Sa limite, sur la ligne médiane, est la cloison transparente.
Enfin, dans quelques ruminants, et rongeurs; dans les hérissons, etc., le ventricule latéral se continue, par son extrémité antérieure, avec le ventricule du lobe olfactif.
On a vu comment l’intervalle des deux lames de cette cloison transparente communique aussi avec les autres cavités.
Toutes les cavités des différents lobes sont d’autant plus amples que la formation concentrique est moins active aux différentes époques du développement, et quelle est définitivement moins complète , tout étant égal d’ailleurs pour le volume relatif des lobes. Ainsi , dans l’homme , la formation intérieure est achevée long-temps avant
la naissance. Dans les chiens et surtout les chats celte formation peu abondante se continue encore après la naissance. Aussi, plusieurs jours après cette époque, peut-on déplisser entièrement la membrane du cerveau, surtout dans les chats, où il n’y a que deux replis longitudinaux. Dans aucun rongeur que je connaisse il ne se forme de plis aux lobes du cerveau, la formation intérieure reste au degré des premières époques fœtales des mammifères supérieurs, par exemple, du quatrième mois du fœtus humain, tel que montre la fig. G de la fi. VIII- La cavité occupe ainsi tout l’espace correspondant au centre ovale deVieussens, dans les mammifères supérieurs. 11 en est du cervelet des mammifères et des oiseaux, comparé à celui des çhéloniens et des poissons, comme du cerveau de l’homme adulte, comparé à celui du fœtus dans la première période, ou d u cerveau des mammifères supérieurs, comparé a celui des rongeurs. Dans les raies et les squales, par exemple, la formation interne n’a déposé qu’une couche de matière blanche aussi mince qu’une feuille de papier fin. La pic-mère continue de revêtir cette couche, et alors, comme dans le cerveau des rongeurs , les cavités du cervelet occupent tout l’intérieur des lobes ou circonvolutions qui se dessinent en-dehors.
Mais pour les lobes où s’insèrent des nerfs sensitifs le mécanisme est different. Les lobes se creusent des cavités d’autant plus amples, que ces lobes
eux-mêmes et leurs nerfs sont plus développés. Tels sont les lobes olfactifs des carnassiers, des ruminants, de quelques rongeurs, etc. , parmi les mammifères, ceux des squales, parmi les poissons; les lobes optiques des reptiles et des oiseaux, surtout des falco , ceux des poissons osseux , surtout de ceux à nerfs optiques et rétines plissés.
Toujours, toutes ces cavités, quelles qu’en soient la forme et les directions, communiquent avec le canal central. Le vide de la cloison transparente ne fait pas toujours, connue on a vu, exception à la règle. 11 communique avec les cavités des lobes cérébraux par un petit conduit qui contourne les prolongements de la voûte vers les éminences mamiliaires. Mais ce conduit peut s’obli térer, il l’était, par exemple, dans l’hydropisie de la cloison transparente, précédemment citée.
Répartition de la, matière blanche fibreuse et de la matière grise globuleuse , dans le système cérébro-spinal des mammifères , et proportion des diverses parties de ce système.
Dans toute la moelle épinière, proprement dite, la matière grise est uniformément enveloppée par le tube que forment les quatre cordons fibreux blancs. Cette matière grise est disposée en trois faisceaux. Ln faisceau, applati horizontalement, réunit en travers, par le milieu de leur con-
vexité, doux autres faisceaux placés de champ, et dont les bords supérieur et inférieur, repliés en dehors , rendent concave la face externe. La coupe de chaque faisceau latéral gris présente ainsi un arc dont les extrémités sont les points le plus rapproché de la surface de la moelle (pi. XIII, fig. 11). Ce n’est que sur les côtés de la moelle allongée, un peu en arrière du sommet du quatrième ventricule, que ces mêmes cordons se produisent au dehors, en forme de tubercules cendrés, dans l’homme et les quadrumanes. Au-delà, chez les carnassiers et les ruminants, la matière grise n’est nulle part extérieure. Mais au devant de la protubérance annulaire en bas, et à partir du bord postérieur des pédoncules du cervelet en haut, la substance blanche n’est plus extérieure, que dans la plus petite étendue de la périphérie du système.
Et d’abord tous les lobes du cervelet et ceux du cerveau sont partout recouverts d’une couche de matière grise, d’une épaisseur à peu près uniforme, et qui n’a commencé de se déposer, que dans la dernière période de la vie du fœtus. Les lobes olfactifs, à tout leur pourtour supérieur et antérieur, sont aussi recouverts de celte même couche, prolongée du cerveau. Cette couche, au cervelet et au cerveau, est traversée par un nombre infini de filaments vasculaires, qui y pénètrent, de la pie-mère. Au cerveau , la matière blanche
n’est extérieure en haut, qu à la face supérieure du corps calleux; et à la base, que dans l’espace qu’occupe, chez les carnassiers, les ruminants, les rongeurs, etc., le pédoncule élargi du lobe olfactif, et la face inférieure de ce lobe.
Au cervelet, cette couche s’arrête au pourtour du gros faisceau résultant de la réunion des trois pédoncules; les pédoncules antérieurs du cervelet, et une grande partie de la valvule de Vieussens , toute la surface des lobes optiques, celle des couches du même nom, sont blanches dans l’homme et les singes, ainsi que les pédoncules du cerveau, et les éminences mamillaires. Sur la ligne médiane, f à la base, la matière grise occupe l’intervalle des éminences mamillaires au croisement des nerfs optiques, et s’étend encore, de ce croisement au bord antérieur du corps calleux.
Mais outre ces endroits du milieu de la base du cerveau, où la substance grise est à découvert, elle revêt encore, dans les ruminants et les rongeurs, la plus grande partie, ou même la totalité de la paire antérieure des lobes optiques, et dans les carnassiers, de la paire postérieure; ainsi que la moitié antérieure - intérieure de la face supérieure des couches optiques. Partout , soit à l’intérieur de la moelle, soit à l’extérieur des différents lobes de l’encéphale, c’est en dernier lieu que la matière grise est déposée. Toutes les surfaces internes des hémisphères, excepté sur le corps strié, sont
de matière blanche. Il en est de même de la cavité des lobes olfactifs, qu’elle soit ou non continue avec les ventricules latéraux.
Les hémisphères du cerveau et du cervelet n’ont aucun rapport de proportion avec aucune paire de nerfs. Tel nerf de la tête varie d’un extrême à l’autre sans exercer aucune influence sur le degré de développement de ces lobes. Mais il n’en est pas de même des lobes olfactifs et optiques , ni du lobe médian du cervelet.
Ce dernier garde une proportion constante avec la cinquième paire ; aussi le voit-on croître des carnassiers aux ruminants et aux rongeurs , à-peuprès réciproquement au décroissement des lobes latéraux.
Les lobes olfactifs sont dans une proportion constante avec les nerfs du même nom : mais ils n’en ont aucune avec le cerveau, dont le maximum de volume peut coïncider avec leur état rudimentaire chez l’homme, ou avec leur absence totale chez les dauphins. Les relations du lobe olfactif avec cette partie de la base de l’hémisphère cérébral nommé pied d’hippocampe ou corne d’Ammon, n’influent nullement sur la proportion de cette dernière partie. Les figures de l’atlas de M. Serres en donnent la démonstration (t).
( i ) Pour concilier la contradictioirde ses descriptions avec ses figures, M. Serrés appelle lobe sphénoïdal, dans les dauphins [pi. XII, fig. 25 1), ce qu’il nomme hippocampe, dans
Les lobes optiques conservent un rapport de proportion avec les nerfs du même nom. Mais ce rapport n est pas aussi intime, aussi immédiat que dans les ovipares, où le lobe optique est l’aboutissant unique du nerf du même nom. Dans les mammifères, ce n’est que le plus petit nombre des libres de ce nerf qui aboutit à la paire postérieure des tubercules quadri-jumeaux. Aussi la réduction et même l’absence complète de nerl optique (voyez pi. IV, fig. 5, sur la taupe) n’entraînent - elles qu’une réduction des tubercules quadri-jumeaux infiniment moindre que celle que nous avons vu résulter de la même cause dans les silures , les murènes , etc. , chez les poissons , et dans les amphisbènes , chez les reptiles. Ce qui paraît surtout maintenir la proportion des lobes optiques chez les mammifères, c’est le degré de développement du cervelet médian et de ses pédoncules continus avec les tubercules quad r i- j u mea ux p os térieur s .
Dans les rongeurs et les ruminants , la paire antérieure des tubercules quadri-jumeaux est double, quelquefois triple en volume, de la postérieure (voy. pi. XIII, fig. 4, sur le veau, et fig. i4, sur le mouton). Le rapport est généralement inverse dans
le phoque [pi. IX, fig. ao8). Mais la nature des choses ne change pas avec les variantes de leur nom, et le lobe sphénoïdal du dauphin, comme fhippoeampe du phoque et du lion, reste la terminaison du fond du ventricule latéral
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les carnassiers, entre autres les chiens, les chats, les dauphins, les phoques, les chauve-souris. Néanmoins dans cet ordre le rapport est loin d’être invariable comme dans les rongeurs et les ruminants. Car chez les mangoustes, par exemple, les deux paires sont sensiblement égales, et chez la loutre, la taupe et le hérisson c’est l’antérieure qui surpasse la postérieure (voy. pour la taupe pi. IY, flg. 5, pour le hérisson fig. 6).
Or, les fibres du nerf optique se rendent presque constamment et exclusivement à la paire postérieure. Ce n’est donc pas de la proportion des nerfs optiques que dépend celle des tubercules quadri-jumeaux ensemble, ni de l’une de leurs deux paires vue séparément.
Quant à la proportion que les différentes parties de l’encéphale gardent entre elles dans les différents genres de chacun des ordres de mammifères , nous avons déjà exposé dans le premier livre quelques données à ce sujet. C’est dans les insectivores, les taupes, les hérissons, et surtout les chauve-souris à narines garnies de conques et de pavillons, que les lobes olfactifs sont le plus développés. Jamais ces lobes ne sont sillonnés , ni bosselés par clés circonvolutions qui en multiplient les surfaces.
Le nombre et l'amplitude de ces sillons et des circonvolutions qui en résultent, sont au maximum dans l’homme; viennent ensuite les dau-
phins, puis les singes, les chiens parmi les carnassiers, et d’autant plus que ces chiens sont plus intelligents. Car la différence est très-grande à cet égard entre un barbet et un lévrier ou un loup. Presque toutes les espèces du genre marte ont le cerveau lisse. 11 n’y a pas un seul sillon à celui de la belette. J1 n’y en a pas non plus à celui du ouistiti, du saï, du saïmiri , et de tous les singes américains jusqu’ici observés. Or, ces saïmiris , ces sajous, ces ouistitis ont à proportion le cerveau plus volumineux que l’homme. Tous les singes de l’ancien continent ont au contraire le cerveau plissé : il en est de même des chevaux, des ruminants, des cochons, etc. Pas un seul rongeur et aucun des marsupiaux, examinés sous ce rapport, 11’offre non plus aucun sillon à son cerveau. 11 en est de même de tous les insectivores, taupes, hérissons, chauve-souris, etc.
La direction et le dessin de ces plis sont uniformes et réguliers pour chaque espèce et même pour chaque genre quelquefois. Par exemple, dans
toutes les espèces de chats dont on connaît le cerveau , il n’y a que deux sillons longitudinaux sur chaque hémisphère. Je n’ai vu aucune différence à cet égard entre une cinquantaine de chats et plusieurs lions, le tigre, la panthère, etc. Et ces sillons sont déjà/ tout formés avant la naissance. Mais dans l’homme et les singes de l’ancien continent, les chiens, etc. . ce plissement ne s’achève que
long-temps après cette époque. On a même observé, depuis ce que nous avons publié à ce sujet, que les idiots avaient le cerveau beaucoup moins plissé à proportion que ne le comportait leur âge. On sait en outre que dans la plupart des hydrocéphales, il n’y a pas de circonvolutions. On voit d’après ce qui précède que cette absence de circonvolutions dépend non pas de leur effacement, mais d’un défaut primitif de formation.
Pas plus que les plis du cerveau, les lames du cervelet ne suivent dans leur décroissement la dégradation des animaux dans la classe. Chez les ouistitis, par exemple, il n’y a que quatre ou cinq lames de chaque côté au cervelet, au lieu des vingtaines que l’on en compte à celui des orangs , des guenons, etc. Néanmoins le nombre des lames des hémisphères du cervelet, paraît décroître dans la même proportion qu’augmente celle des lames de son lobe médian, et de la chenille de casque par laquelle ce lobe se replie antérieurement au-dessous de l’arcade qu’il forme dans le quatrième ventricule.
Comme on le verra dans le troisième livre, la proportion de la moelle épinière ne peut encore être ramenée à une loi bien certaine. On a déjà vu combien est contraire aux faits, celle qu’avait proposée M. Serres. Voici des proportions que j’ai vérifiées avec le plus grand soin.
Dans le hérisson , la moelle épinière se termine à la septième vertèbre dorsale, un peu en avant
de la moitié de la longueur du canal vertébral. Celte moelle n’a qu’un rétrécissement insensible entre le segment d’où partent les nerfs an- ' térieurs et celui d’où partent les nerfs des membres postérieurs. D’après Arsaki, les chauves-souris auraient aussi la moelle épinière presque aussi courte à proportion que le hérisson. L’on savait que dans l’homme adulte elle se termine au bord supérieur de là deuxième vertèbre lombaire. Dans le fœtus à terme elle ne dépasse guère le bord supérieur du sacrum , et à deux ans elle se trouve au-dessus du bord supérieur de la quatrième vertèbre lombaire. De la naissance à 1 âge adulte la
moelle épinière de l’homme s’est donc raccourcie
de la longueur de quatre vertèbres. En est-il de même chez les hérissons?
L’intervalle de la dure-mère aux parois du canal est vide de graisse dans l’enfant nouveau né. Le prolongement conique que forme la dure-mère est fixé au canal sacré par cinq brides filiformes de chaque côté, dont la supérieure naît de la dure-mère au niveau du bord supérieur du sacrum. Ces brides obliques en arrière et en bas, sont cachées par la graisse dans l’adulte. (Jette graisse varie de consistance et de couleur avec l’âge. Chez , le vieillard elle est plus rouge et moins onctueuse.
Dans les chiens, les chats, les lapins, les cochons dinde, les martes, les chevaux , la moelle épinière ne se termine qu’au bord antérieur du sa-
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crum. D’après la capacité du canal vertébral dans le sacrum et les sept ou huit premières vertèbres caudales chez les singes à queue préhensile et tactile, comme les atèles , les alouattes , etc. , il serait possible que la moelle épinière s’y prolongeât audelà du sacrum. Ces proportions si variées de la longueur de la moelle épinière relativement au volume de l’encéphale, montrent que, pas plus chez les mammifères que chez les autres classes , il n’y a lieu d’admettre ces sortes de tarifs, par lesquels plusieurs anatomistes croyaient pourvoir mesurer l’accroissement ou le décroissement des facultés intellectuelles (1).
(1) Comme l’annonce assez le nom du professeur Pvolando, sur la i3c planche de cet ouvrage, ma description des diverses parties de la moelle allongée est en partie extraite du mémoire de ce savant anatomiste, inséré, t. XXIX, des mem. delta real Acad. del. Scienz. di Torino , et Journ. de physiol. ex p.t t. IV.
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