‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 38 sur 83 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

UVP.E IIT.

seux, auxquels le cycloptère appartient d’ailleurs par le reste de son organisation.

L’on voit combien, eu égard au volume du cylindre que représente l’enveloppe générale du nevrilemme extérieur, l’étendue des surfaces est mul-

tipliée parla somme des surfaces , de vingt-cinq ou trente filets parallèles, disposés en un seul faisceau.

J’ouvris trop tard l’œil de l’unique individu que j’aie pu me procurer, pour déterminer l’état de la rétine. Mais cette structure du nerf implique bien que la rétine n’en est pas un prolongement. Car le faisceau des filets se termine par une troncature nette , sur laquelle se voient les extrémités de chaque filet.

4°. Différences dans le genre , le lieu et le nombre des communications du nerf optique avec le cerveau.

11 faut maintenant considérer que ces nerfs optiques de structure si diverse, n’ aboutissent pas tous au même point du cerveau, et que non-seulement d’une classe à l’autre, mais dans la même classe d’un ordre ou d’une famille à l’autre, cette terminaison varie pour le mode, le nombre et le lieu de l’insertion ou de la continuité.

Ainsi, dans l’homme et les mammifères voisins, le nerf optique s’insère à trois parties encéphaliques différentes, par autant de faisceaux de fibres.

Par conséquent toutes ces fibres n’ont ni la même origine, ni la même longueur. i° Les plus courtes s’insèrent à la substance grise de la base du tuber cinéreum ou pédicule de la glande pituitaire. Gall a très-bien observé que ces filets régnent sur la face supérieure du nerf, et se rendent à l’œil du même côté, sans s’entrecroiser comme la plupart de ceux des origines suivantes ; cette disposition avait été bien représenté, pi. I, fig. 2, du mémoire d’Ebel , sur l’anatomie comparée du cerveau. ( In script, nevroi. min.). 20 Les fibres de longueur intermédiaire s’insèrent sur le bord postérieur des couches optiques, à une petite masse de substance grise, appelée corps géniculé externe. 5° Les plus longues se terminent par des fibres dont le faisceau, aplati , forme une espèce de ruban sur la paire antérieure des tubercules quadri-jumeaux. 4° Enfin , dans les féiis, les ruminants, etc. , un faisceau trèsgros , surtout chez les premiers, diverge en dehors et se prolonge dans l’hémisphère cérébral avec les fibres de son pédoncule.

Dans les félis les deux origines, aux tubercules quadri-jumeaux et aux couches optiques, sont à peu près égales pour la somme de leurs fibres.

Dans les rongeurs les fibres de la couche optique sont en minorité; presque toutes se rendent aux lobes optiques ou tubercules quadri-jumeaux.

Dans les oiseaux, les reptiles, et les poissons, il n’y a pas une seule fibre qui s’insère ailleurs qu au

lobe optique, et à son renflement inférieur ou lobe mamillaire. Or, cette insertion , ainsi que l’on doit s’en souvenir, a lieu par continuité de substance pour ce nerf comme pour l’olfactif.

L’on verra à la physiologie de l’œil les effets de cette unité, ou de cette pluralité des points d’insertion ou de terminaison des fibres du nerf optique.

Dans tous les mammifères il y a entrelacement des deux longs faisceaux de fibres optiques, de sorte que ceux de gauche passent à droite , et réciproquement, comme dans une tresse à quatre cordons.

Dans les oiseaux et les reptiles, la dissection ne peut démontrer ni entrelacement des fibres, ni entrecroisement des nerfs. Seulement , comme les deux nerfs entrent dans le crâne par un trou unique, ils sont juxta-posés, et se confondent par leur côté interne. L’expérience seule , comme on verra au livre cinquième, prouve que les fibres d’un nerf se rendent au lobe optique opposé. (Voir pi. XI, fig. 2 , sur la face inférieure de l’encéphale de la tortue européenne.)

Dans les poissons osseux et les esturgeons les nerfs optiques se croisent en passant l’un sur l’autre, en dehors du crâne, leŸplus souvent sans se toucher, mais toujours sans confondre leurs enveloppes, et à plus forte raison leurs fibres.

Dans les raies et les squales il n’y a pas de croi-

sèment ; chaque nerf se termine au lobe de son côté. Dans le cycloptère, il n’y a que juxta-position de l’anse des deux nerfs optiques, avec une échancrure qui se trouve au-devant de la base des lobes optiques. (Voy. pi. IX, fig. 5.)

Dans les oiseaux, aucune fibre du nerf optique ne se termine dans la lame de substance grise qui occupe l’intervalle de la moelle au tuber-cinereum.

§ ii.

Des nerfs accessoires de l’œil.

L’iris, ce voile annulaire, formé par la choroïde, replié pcrdendiculairement à l’axe de l’œil , et tendu au-devant du corps vitré et du cristallin, est, comme on sait, susceptible, dans les mammifères , les oiseaux et les reptiles , de mouvements qui dilatent ou rétrécissent le trou central dont il est percé, et qu’on nomme la pupille. Les nerfs, moteurs de l’iris, dans quelques mammifères, tels que l’homme, les quadrumanes, les felis, etc., lui viennent du ganglion ophtalmique, dans lequel se sont mêlés des filets plus ou moins ténus de la troisième paire et du rameau nasal de la cinquième paire.

Dans les chiens, le ganglion ophtalmique n’est plus qu’un renflement, sur le passage des seuls filets de la troisième paire, qui vont à l’iris. Dans les ron-

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geurs iln’yaplas même de ganglion ophtalmique, et les filets de la troisième paire qui vont à l’iris ne s’entrelacent ni ne forment aucun renflement nerveux. Pas un seul filet de leur cinquième paire 11e pénètre dans l’œil. J’ai fait ces observations sur des lapins, des cochons-d’Inde, des rats d’eau. 11 en est de même dans le cheval et l’âne. Sur un cheval de la plus grande taille, trois ou quatre filets capillaires, nés d’un rameau qui lui-même est moindre que la quatrième paire de l’homme, pénètrent dans l’œil , à environ trente degrés de l’insertion du nerf optique, et se rendent à l’iris, où leur blancheur permet seule de les suivre. La somme de ces filets représente au plus les deux tiers des nerfs iridiens de l’homme, et moins que le douzième de ceux d’un lion.

Dans aucune espèce des trente genres de poissons que j’ai examinés, il n’existe de ganglion ophtalmique. En outre, l’œil de tous les poissons ne reçoit pas de nerfs accessoires. Dans les murènes, les squales, les silures, par exemple, aucun filet des troisième et cinquième paires de nerfs, 11e pénètre dans l’œil. Dans toutes les espèces pourvues de glande choroïdienne, il s’v rend un ou plusieurs filets de la branche ophtalmique de la cinquième paire, en proportion du volume de cet appareil vasculaire. Dans les raies dépourvues de glande choroïdienne , mais où la pupille est susceptible d être plus ou moins complètement fermée par

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une sorte de palmette qui descend verticalement de l’arc supérieur de cette ouverture, et que l’on trouve constamment repliée derrière et au-dessus de cet arc, après la mort, l’iris reçoit un filet de la troisième paire (voy. pi. 1, fuj. i ). Dans les pleuroncctes pourvus de glande choroïdienne, et où la pupille est susceptible d’un rétrécissement variable, par la projection d’une petite languette suspendue, comme la palmette des raies, à son boi** supérieur (car ici la pupille n’est pas un cercle, mais une fente ovalaire très-allongée) , il entre dans l’œil, des filets provenant des deux paires de nerfs indiquées. Les plcuronectes habitant les mêmes fonds que les raies, et ayant, comme elles, les yeux cà la face supérieure du corps , quoique l’axe en soit horizontal et non pas vertical, comme dans l’uranoscope et quelques scorpènes, le mécanisme que je viens de décrire y a probablement le même usage que chez les raies. Or, on verra plus loin quelle est l’utilité de ce mécanisme.

Dans les oiseaux , aucun filet de ia cinquième paire ne pénètre dans l’œil. Un ou deux faisceaux de filets iridiens, provenant de la troisième paire, pénètrent dans la choroïde au-devant du tiers postérieur de l’arc qui sépare de l’iris l’insertion du nerf optique, en arrière et en dehors de ce nerf. Tous ces filets forment, chez le balbuzard, par exemple, une bande aussi large que le quart du diamètre de l’œil, et marchant parallèlement jusqu’au

limbe de l’iris, sur la face postérieure duquel ils se réfléchissent de la choroïde. Ils restent parallèles jusqu’au cercle extérieur de cet anneau de l’iris, qui est fixé au segment conique de la sclérotique. Là ils bordent le quart extérieur de l’anneau libre de l’iris. Deux des filets extérieurs de la bande contournent, chacun de leur côté , le pourtour de cet anneau de l’iris, dont ils coupent la direction des fibres, jusqu’à ce qu’ils s’anastomosent en se rencontrant à l’opposite du point de leur écartement. Les filets moyens pénètrent directement dans l’anneau libre, et ce ne sont que les plus extérieurs de ceux-là, qui s’infléchissent à droite et à gauche, pour s’épanouir dans les fibres indiennes. Le demi-cercle extérieur de cet anneau libre de l’iris, reçoit donc bien plus de nerfs que le demi-cercle interne circonscrit à la pupille même.

i°. Troisième paire.

Dans tous les vertébrés sans exception , le nerf moteur commun des muscles de l’œil ( 1 1 1 , sur toutes les figures), naît des cordons inférieurs de la moelle ou de ses prolongements, quand il y a une commissure au cervelet, par un nombre variable d’insertions. Toujours les éminences mamillaires et le tube de la glande pituitaire le précèdent plus ou moins immédiatement. Toujours cette insertion se fait sur ou très-près de la ligne mé-

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diane , par conséquent au bord interne du cordon inférieur du système cérébro-spinal. Dans les mammifères, la distance au bord antérieur delà protubérance (voy. pi. Xll 1,-fig. i, 5 et i3), ne dépend pas d’un changement réel dans son insertion , mais de la largeur de cette commissure , laquelle est en rapport avec le volume des hémisphères du cervelet. Le volume de ce nerf est d’autant plus grand, relativement à la taille de l’animal , qu’il est plus carnassier. Or , ce n’est pas à l’appétit même de la chair que cette proportion se rapporte, mais aux diverses expressions de l’œil, excitées par les passions d’un animal carnassier. Ce volume est lié aussi aux mouvements de l’iris. Ainsi, dans les falco, les aigles, les buses, etc. , dans les corneilles freux et à manteau, le nerf est absolument aussi gros que dans l’homme, et c’est surtout le rameau qui pénètre dans l’œil, et donne à l’iris la mobilité qui contribue à cette grosseur. Ce rameau, séparé déjà du reste du nerf avant de pénétrer dans l’orbite, subit en y entrant, dans les falco, un petit renflement, une sorte de ganglion.

Dans les corneilles , les nerfs iridiens sont à proportion plus nombreux et plus volumineux que x dans les aigles. Le rameau iridien, sur le milieu du trajet orbitaire du nerf optique, forme une sorte de digitation plexiforme. Les trois ou quatre filets antérieurs et supérieurs , se portent sur le nerf

optique , et pénètrent dans l’œil au-dessus de lui. Ils ne se portent que très-peu loin sur la choroïde , et ne vont pas à l’iris. C’est de l’autre partie du plexus anastomosé avec un filet du nerf ophlatunique, que pénètrent dans l’œil, à dix ou douze degrés en arrière du nerf optique, cinq ou six filets dirigés comme des arcs de méridiens sur la face extérieure de la choroïde. Ils pénètrent dans l’iris sur le pourtour de son demi-cercle postérieur.

Dans les raies à pupille susceptible d’ouverture variable par le mouvement delà palmette, ce nerf est plus gros à proportion que dans les autres poissons. Cet excès de volume s’observe aussi dans les squales, mais il paraît n’y être relatif qu’au seul mouvement des muscles.

Il ne se distribue pas au même nombre démuselés dans tous les animaux. Dans les ruminants, il se porte aux six muscles de l’œil. Dans l’homme, le chien, il se porte dans l’élévateur, l’abaisseur et l’adducteur de l’œil, ainsi que dans le rotateur ou oblique inférieur.

Dans aucun poisson osseux , excepté les pleuronectes, je n’ai vu uucun filet de ce nerf pénétrer dans l’œil. Je n’ai vu non plus le petit renflement du nerf ciliaire, que dans les mammifères cités, et dans les falco chez les oiseaux. Puisqu’il n’y a point de nerfs ciliaires dans les poissons osseux ni dans les squales, ce ganglion n’y peut donc exister.

rr à

2°. Quatrième 'paire.

Ce nerf (iv, sur toutes les figures), dans les trois premières elasses , et chez les raies et les squales , s’insère derrière et contre le bord postérieur des lobes optiques, dans l’intervalle de ces lobes au cervelet. Scs filets d’insertion sont presque contigus sur la ligne médiane, mais jamais continus. Cette continuité ne peut avoir lieu dans les squales et les raies, où les deux cordons supérieurs du système cérébro-spinal, ne sont qu’agglutinés plus ou moins lâchement l’un contre l’autre. On avait cru constante et générale cette insertion delà quatrième paire de nerfs à cet endroit de la face supérieure du système cérébro-spinal. J’ai découvert que dans tous les poissons osseux, y compris ceux qu’on avait rattachés à tort aux cartilagineux, les cycloptères, les tétrodons, les lophius, les esturgeons, la quatrième paire s’insérait à l’autreextrémitédu meme diamètre de la moelle, c’est-à-dire à la face inférieure du système, toujours sur la ligne médiane, de manière que les extrémités des fdcts d’insertion du nerf, d’un côté, sont contiguës à celles de l’autre. Il n’y a pas lieu d’équivoquer sur la détermination de ce nerf, à cause de cette variation de son insertion, car il se rend dans tous les cas au même muscle, c’est-à-dire au rotateur supérieur de l’œil.

3°. Sixième paire .

M. Gall ( p. 74 ) a très-bien expliqué la variation apparente de l’insertion de ce nerf chez les mammifères. Cette variation dépend d’une cause semblable à celle que produit la même apparence pour l’insertion de la troisième paire. « Le pont ou »la couche transversale des faisceaux nerveux du «cervelet étant beaucoup plus gros et plus large «chez l’homme que chez tous les autres mammi- » fères, souvent quelques petits faisceaux transver- »saux se trouvent superposés sur le nerf abducteur , et alors il paraît naître du pont. Et com- » me ses filets ne se détachent pas tous dans le mê- »me endroit, on leur a assigné une origine diffé- » rente. »

Dans les ovipares , il n’y a plus de pont, parce qu’il n’y a plus d’hémisphères ou cervelet. Les insertions des filets de ce nerf sont constamment à découvert. Il 11e s’insère pas comme la troisième et la quatrième paire sur la ligne médiane même, au point de jonction des deux cordons inférieurs , mais à peu près sur le milieu de la largeur de chaque cordon. La distance de celte insertion en arrière des éminences mamillaires , est aussi à peu près constante, en ayant égard chez les mammifères «à la partie couverte de son trajet. C’est constamment au-dessus du premier nerf cervical ou

spinal , entre ce nerf et le dernier de ceux qui se rendent à la tête, l’hypoglosse chez les mammifères, la huitième paire chez les poissons, les oiseaux et les reptiles. Ce nerf est plus petit à proportion chez l’homme , les singes , les mammifères , qui n’ont pas de troisième paupière , et chez tous les poissons, que chez les oiseaux , les mammifères et les reptiles , qui ont une troisième paupière, car il se rend et au muscle abducteur et au muscle de cette troisième paupière. Dans son trajet inter-osseux, et sous la dure-mère dans le sinus caverneux, il reçoit, chez les mammifères seulement , la terminaison antérieure du grand sympathique. Dans les poissons, le grand sympathique ne s’y porte jamais, et se termine constamment sur la branche operculaire de la cinquième paire. Ce n’est donc pas à ses rapports avec le grand sympathique que ce nerf doit la propriété d’exciter les mouvements involontaires de la troisième paupière des mammifères, puisqueces rapports n’existent pas dans les oiseaux. D’ailleurs ces mêmes rapports n’existent pas non plus pour le nerf de la troisième paire, dont l’influence est aussi, en grande partie, involontaire.

§ ni.

De quelques éléments de l’œil.

i°. De la choroïde.

J. Petit ( Mém . de l’Acad. roy. des Sc. , année 1726) avait observé (fait oublié depuis, je ne sais pourquoi, car on va voir quelle est son importance) que dans tous les yeux d’homme, la choroïde est sous la rétine, tout-à-fait brune dans les enfants, qu’elle l’est un peu moins à l’âge de vingt ans; qu’elle commence à trente ans à prendre une couleur de gris de lin foncé, et qu’à mesure qu’011 avance en âge cette couleur s’éclaircit si fort, qu’à l’âge de quatre-vingts ans elle se trouve presque blanche.

Or, cette couleur, que prend la face interne de la choroïde, devenue ainsi un miroir réflecteur dans l’extrême vieillesse, est permanante dans tous les âges de plusieurs genres de mammifères. Dans les chats sourtout, toute la concavité de la choroïde est d’un beau gris clair d’agathe, un peu glacé de bleu, et si parfaitement réfléchissant, que dans l’obscurité cet œil brille comme un diamant.

Dans les ruminants, et particulièrement dans le chevreuil, le cerf et le daim, où je l’ai plus souvent observé, la cavité de la choroïde est d’un

bleu clair argenté, changeant en vert et aussi en violet, mais toujours d’un poli à reflet métallique, même plusieurs jours après la mort , et qui ne se ternit que difficilement en l’essuyant avec les doigts ou avec un linge. Le chien, le loup et le blaireau, l’ont d’un blanc pur bordé de bleu. Je l’ai trouvé d’un gris de nacre dans le marsouin, d’un jaune doré éclatant sur l’ours brun d’Europe, d’un bleu céleste clair sur l’ours noir d’Amérique. M. Cuvier dit que cette couleur n’occupe pas tout le fond de l’œil, mais seulement le côté où ne s’insère pas le nerf optique. Je puis assurer que dans le renard, le chat, le lion, le chevreuil, la chèvre, le cerf, le marsouin, etc. , la couleur, propre à l’œil de chacun de ces animaux, en occupe tout le pourtour de la concavité, excepté celte zone de la choroïde qui se t rouve border l’iris, et qui par conséquent est toujours dans l’ombre de cet anneau , même lors de son plus grand rétrécissement. Le nerf optique s’insère donc constamment dans la partie réfléchissante de la choroïde.

La choroïde des tortues terrestres , soit d’Europe, soit de l’Inde, des crapauds, des grenouilles, des rainettes, de la vipère et des couleuvres de France, est nofre.

On ne connaissait de couleurs éclatantes chez les poissons, qu’aux seules raies. La raie, ditM. Cuvier, a le fond de l’œil d’une belle couleur d’argent. J’ajouterai que les deux tiers supérieurs seulement de la

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concavité de la choroïde des raies bouclée et ronce , ont la couleur réfléchissante indiquée , et que le segment inférieur est tout-à-fait noir. En outre, la zone moyenne de l’œil est d’un blanc moins clair que la supérieure : ce ri’est qu’un jaune mordoré.

J’ai observé aussi que dans les squales galeus , calulus, et glaucus (le squal. acanlhias est dans le même cas, d’après Sœmmering), la choroïde tout entière est argentée, excepté une zone étroite d’environ une ligne près du limbe et contre l’iris; qu’enfin dans l’esturgeon , toute la concavité de la choroïde est aussi un miroir, mais dont le poli ne rappelle pas celui de l’argent. C’est celui du zinc ou de la nacre de perle la plus éclatante.

La torpille fait exception aux autres raies pour la couleur de la choroïde, qui est noire, ainsi que dans la lamproie.

D’après DetmarWilh. Sœmmering [de ocul.hom. et aniin. section, horiz. 1818, Gœtting, in-fol.), le fond de l’œil du lynx et celui du chat sauvage , offrent une surface réfléchissante aussi grande que je l’ai vue dans le lion. Le chamois l’a plus grande que les autres ruminants, le cristallin y est aussi plus sphérique. Il en dit autant de l’antilope corine. Le chameau a aussi un tapis bleu répondant à une pupille oblonguc. Le buffle a une surface réfléchissante d’un blanc rosé , très-lisse , et trèséclatante. L’éléphant d’Asie l a d’un bleu clair cendré. Tout le fond de l’œil du phoque grœnlandais

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est d’un blanc de nacre, excepté le limbe près de l’iris, dont l’éclat est rougeâtre. Tout le fond de l’œil de la baleine est d’un blanc de nacre, et la pupille est fendue horizontalement.

Deux espèces de crocodiles, le lucius et le sclérops , ont un tapis réfléchissant d’un blanc d’argent , au centre duquel s’insère le nerf optique, sous la forme d’un disque noir.

Parmi les serpents le coluber esculapii a la face interne de la choroïde, brillante, d’un vert métallique clair. Et cependant, suivant l’observatiou de Sœmmering, la pupille serait circulaire et peu mobile.

Le hérisson est le seul carnassier dont j’aie trouvé l’intérieur de l’œil aussi obscur que celui de tous les rongeurs que j’ai eu occasion d’examiner, savoir, le lièvre , le lapin , le cobaie , le rat d’eau, l’écureuil, le mulot, le campagnol, etc. Malheureusement, Sœmmering, qui dit que la pupille est ovale dans la chauve-souris oreillard , et linéaire horizontale dans la céphalotte , ne parle pas de la couleur de leur choroïde.

Quant aux oiseaux, excepté peut-être l’autruche d’Afrique, quant à tous les poissons osseux des, trente genres que j’ai examinés, je n’en ai pas vu un seul qui n’eût l’intérieur de l’œil d’une obscurité parfaite. Au contraire la convexité de la choroïde dans les poissons osseux , est peinte de couleurs métalliques, aussi éclatantes au moins que celles qui brillent sur leur iris.

Dans le fœtus humain, comme Haller l’avait déjà observé (t. IV, p. 564), et pendant toute la vie des mammifères et oiseaux albinos, les deux faces delà choroïde sont rouges à cause de la transparence du réseau vasculaire constituant cette membrane , et qui laisse voir la couleur du sang qui le traverse en abondance. Chez les albinos le sang n’est donc séparé de la rétine que par les parois infiniment minces du réseau delà choroïde. On ignore pourquoi cette absence de l’enduit choroïdicn, coïncide constamment avec l’albinisme dans toutes les espèces d’oiseaux et de mammifères. Par ces différents états de la choroïde, l’anatomie comparée démontre mieux la nature de cette membrane que 11e le pourraient faire les plus merveilleuses injections. Or, celte structure de la choroïde déterminée , la continuité de cette membrane avec ce que l’on appelle, fort improprement dans beaucoup de poissons osseux, f] lande choroïdienne , détermine nécessairement aussi la structure de celte prétendue glande, dont quelques anatomistes ont voulu faire un muscle. Enefîet, ce plexus vasculaire n’est autre chose, qu’un entrelacement de vaisseaux artériels et veineux, repliés sur eux-mêmes, divisés et repliés encore, et: anastomosés avec ceux de la choroïde.

Comme ce plexus vasculaire, assez généralement développé en raison du volume de l’œil et des lobes optiques , de la brièveté du nerf, et du plissement des retines , peut coïncider avec l’absence

de tou t plissement, dans la morue , par exemple, et dans lesclupes où le nerf est seul plissé; mais comme aussi il manque constamment dans le cas d’état rudimentaire , ou même de médiocre développement de tout l’appareil optique, par exemple, dans tous les cartilagineux, l’échénéis, les silures, les murènes, etc., il suit que l’existence et le degré de développement du plexus choroïdien , est un élément de la structure de l’œil, qui ne peut manquer d’influer sur l’énergie de la vision. On vient de voir que les couleurs plus ou moins réfléchissantes de la concavité de la choroïde , sont aussi un autre élément de l’organe et de la fonction optique.

2°. De la 'position du point d'insertion du nerf optique au globe de l'œil.

Willis (de anima brutor , pars physiolog. cap. i5) avait déjà observé que le point d’insertion du nerf optique à la sphère de l’œil, varie beaucoup dans les animaux; que dans l’homme et les plus intelligents des animaux, tels que le chien, etc., le nerf optique s’insère vis-à-vis de la pupille, c’est-à-dire au pôle même de l'œil; qu’au contraire, dans le mouton, le bœuf, et beaucoup d’autres quadrupèdes , dans tous les oiseaux et poissons, l’insertion se fait sur le coté de l’œil. A polo ejus distat , non sccus ac zodiaci polus ab altero œquatoris; voici comme il s’exprime. Je dirai

au chapitre de la physiologie de l’œil, l’influence attribuée par W'illis à celte variation du point d’insertion du nerf optique. J’observerai seulement ici, que celte distance du point d’insertion, au pôle de la sphère de l’œil, est d’autant plus grande, que les yeux sont plus volumineux, dirigés plus latéralement, dans le cas toutefois de la convergence de leurs axes. Car. si les deux axes sont sur le prolongement d’une même ligne ou d’une ligne à très-petite flexion , comme dans les raies, les squales, les caméléons, alors l’insertion se rapproche davantage du pôle, ou même se confond avec lui, ainsi qu’il arrive dans le cas où les axes se rapprochent du parallélisme, comme dans l’homme et les singes. Or, Haller (p. 201. t. IV), avait déjà reconnu que dans l’homme le nerf s’insère un peu au-dedans du pôle, de sorte que le segment extérieur de l’œil, fait par un plan vertical tangent au prolongement du nerf, est un peu plus grand que le segment interne. C’est le contraire dans les oiseaux et les poissons , où j’ai reconnu des déclinaisons de plus de trente degrés en dehors du pôle. Haller avait observé cette plus grande déclinaison dans les oiseaux, mais il 11e dit pas de quel côté elle existe. 11 en résulte que chez les poissons et les oiseaux, une coupe verticale de l’œil, faite sur la ligne qui va du point central de l’insertion au milieu de la pupille, don-

ne au segment intérieur ou antérieur de l’œil, par rapport à l’autre, un excès d’amplitude qui peut être de plus d’un tiers, comme on voit. Dans les oiseaux la considération de cet élément de la structure de l’œil se lie à un autre élément, qui est exclusivement particulier à cette classe, et dont nous allons parler.

11 suit des observations précédentes qu’un autre élément de la vision , encore aperçu seulement par Willis, résulte de la distance ou de la coïncidence de l’insertion du nerf optique, par rapport au pôle de la sphère de l’œil.

3°. Du 'peigne ou écran oculaire des oiseaux.

L’insertion du nerf optique à la rétine, dans les oiseaux, n’est pas circulaire comme dans les mammifères et les poissons. Après avoir traversé la choroïde , l’extrémité du nerf se prolonge obliquement en haut et en dehors sous forme de pointe plus ou moins étendue, et sur les côtés de laquelle s’insère la rétine ( 1 ) . Et la couleur et la consistance

(i) D’après Sœmmering [de ocul. sect. horiz.) l’insertion du nerf optique de la marmotte serait telle que dans les oiseaux. Mais comme, d’après Zinn, qui sur un grossissement d’au moins 5o fois (Coram. soc. Gotting., 1754, tab. 8, f. 3), a pris pour un raphé de la rétine, la bifurcation par laquelle s’y épanouit l’artère centrale du nerf optique, il en dit autant du lapin, où je puis assurer que cette insertion est la même que

des deux matières sont tellement di lier en tes, qu’il est évident que l’une n’est pas la continuation de l’autre. Sur toute l'étendue de ce prolongement s’insère une membrane rhomboïdale, plissée dans toute sa longueur, tendue à travers le corps vitré jusqu’au bord interne ou postérieur de la circonférence du cristallin, et adhérente par son extrémité à la capsule de cette lentille, sur un arc plus ou moins grand, suivant la largeur du peigne, ou plutôt, de l’espèce de ligament qui sert à l’attacher. Le nombre , la longueur des plis de cette membrane, leur inclinaison l’un sur l’autre, varient d’une espèce «à l’autre. Jamais la membrane n’est enroulée sur elle-même de manière à représenter, soit une bourse, soit un cornet conique, comme quelques auteurs l’ont prétendu. Une seule chose est constante dans la disposition de cet appareil , c’est la projection de son plan vertical vers le fond de l’œil du bord externe ou postérieur du cristallin, sans pourtant atteindre ni adhérer toujours à ce bord. Dans les aigles, par exemple, le peigne n’a que les deux tiers de la longueur nécessaire pour atteindre au cristallin , il n’en a que le tiers au plus dans les oiseaux pie nuit. 11 y toucheau contraire dans les perroquets, les cygnes (voy. p/.YII. frg. 8). Cet intervalle du peigne au cristallin prouve que le peigne ne peut pas être

dans les autres mammifères; l’exception de la marmotte me semble fort douteuse.

l’agent du déplacement du cristallin, déplacement qu’on lui avait attribué pour unique fonction. Comme la membrane du peigne a la couleur et la structure de la choroïde, elle intercepte les rayons, et les images dont la direction passe plus ou moins obliquement par son plan. C’est donc un véritable écran qui rend inutile à la vision tout le segment de la rétine, où son ombre est projetée. Or, c’est justement dans cette partie de la rétine, que chez les oiseaux de proie et autres, les plis sont plus étroits, moins nombreux, ou même entièrement effacés. J. Petit ( loc. cil. ) avait indiqué cet effet de la direction du plan du peigne dans l’œil, mais ni les physiologistes ni les physiciens n’en avaient depuis tenu compte dans leurs explications du mécanisme de la vision.

Perrault et plusieurs auteurs ont cru à tort que cette membrane formait une capsule plus ou moins cylindrique ou ellipsoïde dans quelques oiseaux. Ils l’avaient en conséquence nommée la bourse. Ce nom n’est certes pas plus inconvenant que celui dépeigne, rsil’un ni l’autre ne donne aucune idée, ou plutôt chacun d’eux donne une idée fausse de l’objet. Le nom d'écran membraneux exprimerait à la fois et la structure et l’effet mécanique de cet organe. C’est le nom dont nous nous servirons désormais.

Delm. Willh. Sœmmering ( op . cit. ) a décrit et figuré dans l’œil du monitor, un vestige d’écran

Si o

î.i vue ni.

étendu depuis l'insertion du nerf optique jusqu’au cristallin où il s’attache. 11 est également coloré d’un enduit noir. Dans les crocodiles il n’y a plus de vestige d’écran, l’insertion du nerf optique est seulement marquée d’un disque noir. D’après Ernmert (Reil’s archiv., B. X. Heft. 1), Scëmmering assure que l’iguane ressemblerait à cet égard au monitor.

4°. De ici glande lacrymale.

11 était plausible de croire que la glande lacrymale suivait pour le volume la proportion de l’œil. 11 en est tout autrement. On sait que dans l’homme elle est à peu près grosse comme line petite noisette; elle n’a pas le quart du volume de l’œil. Elle en a la moitié à peu près dans le mouton; elle est presque égale dans les lapins et les cochons d’Inde; elle est trois fois plus grosse dans les hérissons et le rat d’eau. Observons qu’elle est à proportion bien plus grosse dans le fœtus que dans l’homme adulte ; que dans les serpents à sonnettes et les Irigonocéphales, elle forme autour de l’œil un anneau dont la masse surpasse celle de cet organe. Or dans les lézards, les caméléons, elle forme dans la partie intérieure et interne de l’orbite, une masse conique, à peu près du -volume de l’œil.

Dans aucun oiseau , dans aucun poisson , il u’en existe de trace. C’est pourtant dans ces deux

classes, non-seulement que l’œil a plus de volume, mais qu’il a une plus grande surface à découvert et en contact avec l’air. Cette espèce de corps granulé, rougeâtre et compacte, qui recouvre en-dessus l’arcade pituitaire des oiseaux palmipèdes, n’a.; aucune ressemblance avec la glande lacrymale, et il m’a été impossible de lui trouver de vaisseaux excréteurs. Enfin d’après ce que disent Guldenslæd ( nov . comm. petrop. t. XIV) et Pallas ( nov . spec. quadrup.) du zemni et du spalax privés même de fente palpébrale, il y aurait, occupant tout l’espace entre l’apophyse zygomatique, le muscle crotaphyte et l’os maxillaire supérieur, un corps glanduleux blanchâtre, qui, par sa position, ressemblerait beaucoup à la glande lacrymale. 11 serait donc plus de cent fois plus gros que l’oeil, qui, dans ces deux animaux, est moindre qu’un grain de pavot (1).

(i) Ce que M. de Blainville nomme glandes lacrymales dans les oiseaux, ne sont que des cryptes muqueux, semblables à ceux que, dans l’homme et les mammifères, on appelle glande de harderus , ou glande lacrymale interne.

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