DE LENVELOPPE OSSEUSE DE GE SYSTÈME
Le système nerveux , cette partie de l’animal pour laquelle toutes les autres semblent exister , d’où part l’excitation des mouvements, par qui sont transmises et perçues les sensations, où réside l’intelligence, la volonté et la conscience, se compose: i°. D’une sorte de tronc ou de cylindre médullaire, nommé moelle de l’épine, qui, plus ou moins renflé à son extrémité antérieure qu’on appelle encéphale ou cerveau , occupe à peu près l’axe du corps de
tous les animaux à vertèbres. J’ai nommé cet appareil, système cérébro-spinal (1).
2°. À droite et à gauche de l’axe cérébro-spinal, et plus ou moins perpendiculairement ou obliquement, s’embranchent avec lui (sans en tirer leur origine) des cordons appelés nerfs, dirigés vers les surfaces du corps ou vers les différents points de l’épaisseur de ses muscles. Ce sont là les nerfs proprement dits, ou les systèmes nerveux latéraux.
5°. Perpendiculairement à la direction de ces nerfs, et au-dessous d’eux, parallèlement au système cérébro-spinal dont les sépare l’épaisseur de la colonne vertébrale, s’étendent deux cordons nerveux renflés de vertèbres en vertèbres, ou de deux en deux vertèbres à peu près, par des nodosités appelées ganglions, d’où partent des filets distribués aux artères et aux viscères de la digestion et de la respiration. C’est là ce qu’on nomme nerfs ou système du grand-sympathique.
Ces ganglions communiquent chacun avec la paire de nerfs la plus voisine, et par la racine inférieure de ce nerf avec le système cérébrospinal.
Quelles que soient la texture et lacompositionchimique propre à ces deux derniers systèmes de nerfs, ils ont cela de commun d’avoir une consistance as-
(i) J’ai dft créer ce mot dans mon mémoire couronné, adressé à l’Institut en 1821. [V oy. l’extrait de ce mémoire, Journ. rie Phymol, t. II, p. 127 et suiv.
sez solide, non-seulement pour n 'être pas déformés par des compressions et des chocs tels qu’en peut supporter la peau, mais aussi pour que leurs propriétés n’en soient pas altérées.
11 n’en est pas de même du système cérébro-spinal. Telle est sa délicatesse, et quelquefois même sa diffluence pour ainsi dire, que les moindres compressions exercées sur la plupart des points de ce système, en troublent et en paralysent les actions. Sa molle cohésion permet aux plus petits chocs , aux plus petites pressions, de l’écraser, de le diviser, ou de le contondre. Et suivant les parties blessées, ces lésions exposeraient l’animal à la perte immédiate ou prochaine, soit de la vie, soit de quelques-uns des phénomènes de l’intelligence, du sentiment et du mouvement.
I Une enveloppe protectrice était donc indispensable au système cérébro-spinal.
Et comme la plupart des organes des sens, tout ouverts qu’ils doivent être aux impressions du dehors, ont besoin de la même protection dans le reste de leur contour; comme la distance de ces sens à leurs organes cérébro-spinaux nécessite leur situation dans la tête, où sont ces derniers organes, la partie de la tête qui est le siège des sens , la face, devait donc aussi leur offrir un abri par sa résistance. Comme enfin la tête, portée à l’extrémité du levier que représente le cou, devait y peser le moins possible, on voit que le crâne, c’est-à-dire l’envc-