‹ Anatomie des vers intestinaux, ascaride, lombrïcoide et échinorhynoue géant. Memoire couronné par l'Academie royale des sciences qui en avait mis le sujet au concours pour l'année 1818Chapitre 16 sur 61 · DES OEUFS EX DE IA OÉNÉBATION · texte numérisé non relu

DES OEUFS EX DE IA OÉNÉBATION

La matrice et ses deux longues cornes sont remplies par une liqueur épaisse , blanche , comme grumelée , laquelle étant mise dans l’eau, ne tarde pas à se changer en une poudre très fine , formée par des œufs, dont le nombre s’élève à plusieurs milliers.

(1) Lorsqu’on a tiré en sens opposé les ovaires, les œufs qui les remplissent se séparent par paquets, et ces conduits ressemblent alors à de petits chapelets dont les grains seraient alongés.

(2) Un ovaire frais de 4 pieds 9 pouces de longueur, a été réduit, par la dessiccation, à 3 pieds 2 pouces, et un autre de 5 pieds 1 pouce, à 4 pieds.

Examinés au microscope , les œufs offrent des différences assez notables dans les diverses parties des organes reproducteurs.

i° Pris dans le bas de la matrice, près du vagin, ils sont ovoïdes ou ellipsoïdes très courts, libres et plongés dans une humeur transparente, glutineuse, qui ressemble à celle du frai de grenouille. Ils sont formés d’une coque transparente , parfaitement lisse en dehors , et remplie d’un liquide également diaphane , au milieu duquel nage un germe irrégulier , opaque , blanchâtre , plus ou moins volumineux, dont la forme au reste présente de nombreuses variétés (i). (PI. IV, fig. 10.)

2U Si on examine les œufs contenus dans les deux cornes de la matrice , près de leur jonction avec les ovaires, on les trouve à peu près de la même grosseur que les précédents , et libres aussi ; mais ils sont plus alongés, et quelquefois d’une forme conoïde ou irrégulièrement triangulaire. (PI. IV, fig. 7.)

3° Les œufs renfermés dans le commencement, des ovaires

sont blanchâtres , très mous , flexibles, manifestement triangulaires.

4° Pans la partie moyenne des ovaires, le triangle qu’ils représentent est bien plus alongé; un de leurs angles forme une pointe fort longue qui supporte assez souvent une petite éminence sphérique. Leur tissu est homogène, blanchâtre. Ils n’offrent de trans parence parfaite dans aucun point de leur étendue. La base de ces œufs est large et placée sur la paroi correspondante de l’ovaire. 11 résulte de ce mode de situation que tous les somme ts des œufs, dirigés vers le centre du canal, laissent entre eux un espace dans lequel on peut faire parvenir le mercure sans les déranger, tandis

(1) Embryons linéaires , droits ou courbés, courts et comme globuleux, irréguliers et frangés, etc., telles sont les principales variétés de forme que ’ai observées.

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que le même métal, poussé dans la matrice, déplace et chasse devant lui les œufs qu’elle renferme, et qui n’ont pas de place déterminée dans son intérieur, comme cela s’observe dans les ovaires. (PI. IV7 % 6.)

5° La matière blanche contenue dans des ramifications encore plus fines des ovaires est formée de corpuscules arrondis, linéaires , pointus par une de leurs extrémités , plus épais par l’autre , et qui ne sont que ces mêmes œufs dans un état de moindre développement. (PI. IV, fig. 4 )

G0 Enfin, dans les dernières ramifications des ovaires, j’ai trouvé une matière blanche, grenue, dont les molécules, assez irrégulières, n’offraient pas de forme constante et déterminée comme dans les cas précédents (i). (PI. IV, fig. 3.)

Telles sont les principales différences de forme, de volume et de structure que présentent le plus communément les œufs de l'ascaride lombricoïde dans les diverses parties des organes génitaux.

J’ai rencontré, dans plusieurs lombrics femelles, des œufs dont la forme offrait des variétés qui tenaient probablement à quelque altération dont j’ignore la nature.

Exposés à l’action de l’air, les œufs se déforment, et deviennent entièrement transparents; par l’action de l’alcool, du sublimé corrosif, ils se déforment aussi, et quelquefois se plissent, se couvrent de rugosités à leur surface (2). (PI. IV, fig. 5.)

(1) Chez les lombrics qui ont séjourné dans une dissolution de sublimé corrosif ou dans de l’esprit de vin, les œufs paraissent adhérer assez fortement aux ovaires; sur les lombrics frais, au contraire, ils se détachent avec beaucoup de facilité.

(2) C’est probablement la matière glutineuse qui entoure les œufs et leur adhère assez fortement, qui aura fait croire à Werner, Vallisnieri , à MM. Rudolphi, Bréra, etc., que les œufs de l’ascaride lombricoïde étaient velus

D’après ce que je viens de dire , on voit que les œufs éprouvent des changements successifs dans leur accroissement; que, réunis d’abord sous forme d’un tissu grenu dans les ramifications les plus fines des ovaires , ils deviennent successivement , à mesure qu’ils se rapprochent de la matrice, linéaires, triangulaires très alongés, triangulaires à angles égaux et obtus , ellipsoïdes, et enfin ronds. Quel est leur mode de nutrition? quelles sont leurs connexions avec les conduits qui les renferment? Adhérents d’abord aux ovaires , dont ils reçoivent leur nutrition, se détachent-ils ensuite pour s’accroître par l’absorption du fluide dans lequel ils sont plongés? Cette opinion paraît probable. Cependant, ne voulant pas aller au-delà des faits fournis par l’observation, je ne chercherai pas à résoudre ces questions , sur lesquelles mes recherches ne m’ont, rien offert de positif.

La conformation des organes reproducteurs de l’ascaride lombricoïde semble indiquer qu’il y a accouplement et fécondation des œufs dans le corps de la femelle par la liqueur séminale du mâle (i). Je n’ai jamais pu surprendre les lombrics pendant l’accouplement, et cependant j’ai examiné, immédiatement après leur

à leur surface. Je puis assurer que toutes les fois que je les ai examinés frais ou bien conservés, je les ai toujours vus parfaitement glabres. En cela mes observations s’accordent avec celles de Goëze.

(1) Chez les femelles les plus petites que j’aie pu trouver, et qui n’ont que 2 pouces de long, les œufs sont presque entièrement transparents; on y observe seulement quelques petites taches blanchâtres , mais pas d’embryon opaque: probablement que ces œufs n’ont point été fécondés. M. Rudolphi pense que le même coït féconde à la fois tous les œufs contenus dans les ovaires , parcequ’il a vu , dit-il , que les œufs avaient le même volume et la même apparence dans l’utérus et dans les dernières ramifications des ovaires. {Entoz. , t. I , p. 3o8. ) Mes observations sont loin de s’accorder sur ce point, comme on a pu le voir, avec celles de ce naturaliste.

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mort, et à différentes époques de l’année, plusieurs centaines de cochons dont les intestins en contenaient en plus ou moins grande quantité. Je ne sache pas qu’on ait eu occasion de les observer pendant cet acte (i).

Le cercle déprimé qu’on trouve chez la femelle au niveau de la vulve , n’est-il que l’empreinte , que le résultat de la constriction produite par la queue du mâle pendant la copulation , comme on l’a prétendu , et comme cela paraît assez vraisemblable au premier abord? Pour m’en assurer, je pratiquai, avec un cordon de fil étroit, des ligatures assez serrées sur quatre lombrics vivants, et je ne les enlevai qu’au bout de vingt-quatre heures. La constriction momentanée qu’elles avaient produite ne paraissait plus un quart d’heure après. Je pense que ce rétrécissement dépend du développement naturel de la femelle , des lois primitives de l’organisation, et ne se prononce qu’à un certain âge, peut-être à celui où elle devient propre à la reproduction. On ne Je retrouve pas c liez les très jeunes femelles, et il est en général d’autant plus marqué qu’elles sont plus grosses.

L’ascaride lombricoïde est ovipare. Je n’ai jamais vu d’œufs éclos dans l’intérieur de l’utérus.

On ne trouve pas d’autre issue aux œufs que la vulve; cependant, en pressant l’abdomen sur un grand nombre de femelles

(1) Goëze prétend avoir vu souvent la queue tout entière de l 'ascaris brevicaudata mâle introduite dans la vulve de la femelle. (Naturg. , p. 4^4 j t. XXXV, fig. 7, 8.) Soëmmerring m’a fait voir, dans la superbe collection de vers intestinaux qu’il possède, deux semblables vers intestinaux accouplés et conservés dans l’alcool. M. Rudolphi , cependant, regarde la queue du mâle adulte comme beaucoup trop grosse pour que cette introduction soit possible, et il ajoute : Res itaque dubiis non caret, et si alius quant Goezius observasset , oviductus parlent prolapsam pro verme masculo vulvce immisso habitant fuisse dicerem. ( Enloz. , t. I , p. 307. )

vivantes ou mortes , il m’a été presque constamment impossible de faire sortir les œufs par cette ouverture sans rupture de la matrice et des parois abdominales. Je n’ai jamais pu observer l’émission naturelle des œufs ou les phénomènes de la ponte. M. Rudolphi dit, en parlant des cucullans, qui appartiennent ainsique les lombrics à la classe des nématoïdes, mais sont, comme on sait, ovo vivipares: « Ovula , verme quieto , per inlervalla ex vulvâ pullulent ; quin » eodem disruplo , quod sœpè accidit , ovula vel embryones ex ova- » riis prolapsis pariterque ruptis vi quâdam et undalim prolru- » duntur. » Il est probable que la même chose arrive po ur les œufs de l’ascaride lombricoïde, dont la matrice m’a présenté des mouvements très apparents, sur des femelles que j’avais conservées dans des intestins plongés dans de l’eau à trente-deux degrés.

J’ai remarqué que les œufs se logent dans les cellules des parois de la matrice, qui peuvent probablement les arrêter pendant un certain temps et retarder leur sortie.

J’ai conservé des œufs pendant plusieurs jours dans de l’eau entretenue à 32 degrés de température ; ils n’ont point éclos , mais se sont putréfiés (i).

Une chose digne de remarque , c’est que j’ai cherché en vain des ascarides lombricoïdes au-dessous de deux à trois pouces de longueur. Malgré tous les soins que j’ai mis dans mes recherches, je n’ai pu déterminer d’une manière précise le mode d’accroissement deslombrics, et les différences qu’ils présentent suivant les âges (2).

(1) Sans doute que les phénomènes de la sortie des petits lombrics de l’œuf dans lequel ils sont contenus offrent quelque analogie avec ceux observés par M. Rudolphi dans les cucullans, et sur lesquels il donne les détails les plus intéressants. (Voy. Entoz., t. III, p. 3o8. )

(2) M. le docteur Otto, de Breslau, tn’a dit avoir trouvé plusieurs petits asca-

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Chez les jeunes lombrics, les différences exlérieures des sexes sont bien moins prononcées que chez les individus plus âgés. La dépression circulaire du corps, au niveau de la vulve, n’est que peu ou point marquée chez les jeunes femelles, comme je l’ai déjà remarqué, et l’ouverture de la vulve est si petite, qu’on ne peut souvent l’apercevoir, même avec une bonne loupe.

Chez les jeunes mâles, la queue m’a paru moins aiguë et moins manifestement triangulaire que dans un âge plus avancé.

rides lombricoïdes qui avaient au plus deux pouces d’étendue. Mais il n’a rien pu m’apprendre de poskif sur l’accroissement de ces animaux, qu’il soupçonne cependant se faire rapidement.

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