‹ Anatomie des vers intestinaux, ascaride, lombrïcoide et échinorhynoue géant. Memoire couronné par l'Academie royale des sciences qui en avait mis le sujet au concours pour l'année 1818Chapitre 22 sur 61 · DES ORGANES DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

DES ORGANES DE LA SENSIBILITÉ

Nul doute que l’échinorhynque ne soit sensible à l’impression

* M. Cuvier indique ce mode de progression comme particulier à la plupart des vers intestinaux. ( Leçons d’anat. comp. , t. I, p. 466. )

(1) Pour étudier non seulement les mouvements généraux, mais aussi ceux qui sont particuliers h la trompe, il faut plonger des échinorhynques vivants dans un vase rempli d’eau à trente-deux degrés , et au fond duquel on a mis des intestins de cochon sur lesquels ils peuvent s’accrocher.

«les corps extérieurs. Les résultats des expériences que j’ai tentées pour m’en assurer sont conformes à ceux dont j’ai parlé à l’occasion du lombric; il serait inutile et fastidieux de les répéter ici.

L’échinorhynque a-t-il des nerfs? et, s’ils existent, quelle est leur disposition ?

Chez quelques uns de ces vers, deux cordons blanchâtres (1) régnent immédiatement au-dessous de la peau, l’un sur la ligne médiane du dos, l’autre sur celle de l’abdomen; ils sont ordinairement indiqués à l’extérieur par une légère dépression longitudinale de la peau, qui paraît moins opaque à leur niveau, lorsqu’on regarde 1 e ver contre le j our. Ils commencent vers la base du col (2), où ils sont très minces, et descendent sans former de nœuds sensibles jusqu’à la queue, où ils se terminent. Chacun donne naissance à droite et à gauche à des filaments nombreux de même nature, lesquels s’unissant à ceux qui viennent du cordon opposé, entourent tout le corps.

Ces cordons sont logés dans un sillon que leur présente la substance pulpeuse qui unit la peau aux fibres charnues circulaires, et dont il est assez difficile de les isoler (3). Examinés au microscope, ils ne présentent pas de fibres, mais paraissent formés par un tissu blanchâtre, comme floconneux , qu’on ne saurait confondre avec celui de la membrane spongieuse dans laquelle ils sont logés.

Quelquefois, indépendamment de ces deux cordons médians et

(1) Ces cordons et les lignes longitudinales qui leur correspondent n’ont point été indiqués par M. Rudolphi.

(2) Je n’ai pu, à cause de leur ténuité, vérifier s’ils s’unissaient ensemble autour du col.

(3) Lorsqu’on dépouille l’échinorhynque , les cordons que je décris restent tantôt adhérents à la peau, et tantôt à la membrane pulpeuse et aux fibres circulaires.

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des branches transversales qu’ils fournissent, on trouve encore quelques filaments longitudinaux qui paraissent de même nature, et descendent du col dans la substance pulpeuse, à une distance plus ou moins grande les uns des autres.

Doit-on regarder ces cordons et les branches qu’ils donnent , comme formant un système nerveux? je ne le pense pas, et voici sur quoi je me fonde : le système nerveux est invariable, constant chez les différents individus de la même espèce, et lorsqu’on l’a démontré sur un, on peut à coup sûr le démontrer sur un autre. Or les organes que je viens de décrire sont bien loin d’être constants; ainsi, chez le plus grand nombre des échinorhynques, au lieu des cordons blanchâtres de l’abdomen et du dos et des filets transversaux de communication, on observe simplement, à leur place, des canaux étroits qui sont remplis par une sérosité limpide, et creusés dans le tissu spongieux sous-cutané. Si on pousse avec un tube de verre une injection colorée, par un de ces canaux longitudinaux, bientôt le liquide les pénètre avec la plus grande facilité, depuis un bout du corps jusqu’à l’autre, et passe dans le canal opposé, par les branches transversales (1). Dans ces cas il est impossible de retrouver la moindre trace du tissu blanchâtre, comme spongieux, qui forme les cordons ci-dessus décrits. Il se peut faire que ces derniers soient formés par la coagulation du liquide renfermé dans les canaux du dos et de l’abdomen ; mais alors

(1) Un moyen simple île s’assurer de la présence de ces conduits, consiste à couper le corps de l’échinorhynque transversalement et à différentes distances. On les trouve béants entre la peau et les muscles. Souvent cette préparation fait voir un autre canal également longitudinal, mais beaucoup plus délié que le précédent, au-dessous duquel il est situé, et descendant entre les deux couches musculaires. (PI. VI, fig. i3, c. d. )

pourquoi cette coagulation n’aurait-elle pas lieu constamment? je l’ignore.

Je pense que ces canaux et les liquides qu’ils renferment ont rapport à la nutrition.

Je n’ai pu découvrir dans l’échinorhynque aucun organe qui puisse être considéré comme nerveux et formant un système distinct, ainsi qu’on l’observe chez l’ascaride lombricoïde.

§ iv.

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