‹ Anatomie des vers intestinaux ascaride lombricoïde et échinorhynque géantChapitre 14 sur 33 · DB LA PEAU · texte numérisé non relu

DB LA PEAU

La peau de Téchinorhynque géant est d'un beau blanc , sur le plus grand nombre des iadmdus, surtout après la mort. Son opacité ne permet pas de voir à travers, comme dans le lombric, les organes sur lesquels elle est appliquée. £lle présente des plis dont la forme, Fétendue,. le nombre et la direction sont fort sujets à varier; la plupart sont transverses, et les autres longitudinaux; ils se coupent à angle droit, eo interceptant entre eux des espaces quadrilatères. Ib dépendent de la contraction des fibres musculaires sous -cutanées ; quand le corps s'étend ou se gonfle, ils disparaissent en grande partie. (PI. V, fig. I.)

La peau forme une sorte de sac qui enveloppe tout le corps ; vers la tête, elle se prolonge sur le pédicule de la trompe, qu'elle embrasse ; du côté de la queue , elle se comporte différemment chez le mâle et chez la femelle , ainsi que je Findiquerai plus particulièrement en parlant des organes génitaux.

La face externe de la peau est lisse, brillante, comme vernissée, et ressemble à de la porcelaine blanche, lorsque le corps est gonflé par de la sérosité : sa face interne adhère, aux fibres muscu-

laires transverses, aa moyen d'un tissu blancRâtre (i), ou gris, spongieux, dans lequel on ne peut distinguer de fibres, et qui est uni moins intimement aux muscles qu'à la peau, dont on peut cependant Tisoler. Cette même face est de plus en rapport avec les lignes longitudinales du dos et de Tabdo* men (2).

La peau est percée par une multitude de pores dont la disposition varie. Ib sont semés irrégulièrement à sa surface, et quelquefois rangés sous forme de lignes plus ou moins flexueuses. Us sont plus nombreux vers l'extrémité antérieure du corps que vers la postérieure ; les uns ne sauraient être vus qu'à l'aide d'une forte loupe, les autres, au contraire, peuvent facilement être aperçus à la vue simple ; quelquefois même leur étendue est si considérable, qu'ils constituent de véritables excavations, au fond desquelles on voit le tissu spongieux sous-cutané à découvert. Us sont arrondis, elliptiques ou irréguliers. Lorsqu'on comprime le corps, la sérosité qui le distend s'échappe en partie, quoique avec peine , par ces ouvertures.

Le tissu de la peau est friable , peu extensible. Cette membrane se rompt avec une égale facilité dans tous les sens , et fait entendre alors un bruit sec particulier.

Elle ne présente pas de fibres distinctes. Les observations microscopiques ne m'ont rien fourni de satisfaisant sur sa structure intime.

(1) Ce tissu, par l'action de l'alcool et du sublimé corrosif, derient asseï sourent d'une couleur brunfttre , ce qui permet de le distinguer de la peau et des muscles, qui restent très blancs.

(a) Ces lignes sont formées par deux canaux étroits, étendus depuis la tête jusqu'é la queue.

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Exposëe à Taction de Tair, elle se dessèche, et, d'opaque et de blanche qu'elle était, elle devient transparente et un peu jaunâtre ; si on lui fait éprouver des tiraillements , lorsqu'elle est ainsi desséchée , elle reprend aussitôt la couleur blanche éclatante qu'elle avait étant fraîche (i).

La pean ne s'altère que di£Gicilement par la macération ; aussi est-ce un bon moyen de la séparer des parties qu'elle recouvre , et qui se putréfient bien plus promptement. Elle est perméable ; lorsqu'on plonge dans l'eau un échinorhynque , on le voit se gonfler, se distendre par l'absorption du liquide , et acquérir , dans quelques cas, trois à quatre fois plus de grosseur qu'il n'avait auparavant. Ce phénomène n'arrive guère que lorsque l'animal est mort ou près de mourir, et me parait dû à une absolution physique , semblable à celle qu'on observe dans la plupart des tissus animaux, devenus perméables après la mort; c'est par les pores innombrables dont la peau est percée que le liquide s'introduit dans le corps (i).

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Les fibres musculaires de l'échinorhynque sont bien plus distinctes que celles du lombric. Pendant la vie, elles sont blanchâtres, demi-transparentes, d'apparence gélatineuse; elles sont éminemment contractiles, comme je m'en suis convaincu en les soumettant

(1) Voyez les expériences que j'ai fiâtes sar la nutrition de l'échinorbynque gigas, p. 89 de ce mémoire.

à ractiôn dUrritants physiques et chimiques ; l'irritablité y persiste long^temps ; je les ai vues se contracter encore, sous Tinfluence d^un courant galvanique , seize heures après la cessation de tout mouvement spontané. Lorsqu^on ouvre longitudinalemeut un échinorhynque vivant , elles se contractent toutes à la fois ; le corps se raccourcit , se rétrécit , devient épais , tout rugueux , et se renverse sur lui - même en se roulant en

spirale.

Elles se comportent^ à peu près comme celles du lombric , avec les divers réactifs ; par Faction de Talcool et de la dissolution de sublimé corrosif, elles deviennent opaques et d^unbeau blanc nacré ; elles ressemblent assez bien alors à des fibres tendineuses.

Comme dans le lombric, elles sont disposées sur deux plans : Tun extérieur, plus fort, offre des fibres transversales ou annulaires; Tautre intérieur, plus mince, présente des faisceaux longitudinaux.

Indépendamment de ces muscles, qu^on peut nommer généraux, il y en a de spéciaux, qui servent à des usages particuliers ; nous les ferons connaître en traitant de la trompe et des organes de la génération du mâle.

lo Muscles extérieurs. On les rencontre immédiatement audessous de la peau , à laquelle ils sont unis par la substance spongieuse dont f ai parlé , et qui parait faire Toffice de tissu cellulaire.

Ces muscles sont disposés en manière d'anneaux aplatis suivant leur diamètre, et font le tour entier du corps. Ils commencent au col , par des anneaux très petits qui vont en s^agrandissant jusqu'au cinquième antérieur du corps environ , et diminuent ensuite graduellement jusqu'à l'extrémité de la queue. Us ne se touchent pas par leurs bords voisins, mais laissent entre eux un écartement

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assez considérable; par leur face interne, ils recouvrent les fibres longitudinales, auxquelles ils donnerît attache en partie, mais dont il est cependant facile de les isoler.

n^ Muscles intérieurs. Us sont longitudinaux et croisent à angle droit la direction des précédents au-dessous desquels ils se rencontrent ; à la première vue, on croirait qu^iis s'étendent directement depuis la tête jusqu'à la queue; mais en les détachant avec précaution , on constate que leurs fibres sont assez courtes , et s'insèrent de distance en distance à la peau, dans les intervalles des muscles annulaires, au moyen de la substance spongieuse sous-cutanée, et à ces muscles eux-mêmes. Aussi est-il de toute impossibilité d'enlever ces fibres depuis la tête jusqu'à la queue : à mesure qu'on les détache, beaucoup restent adhérentes aux fibres musculaires extérieures ou annulaires. Les faisceaux longitudinaux forment des bandelettes aplaties qui se réunissent assez souvent entre elles par leurs par- * ties latérales, et représentent une sorte de réseau à longues mailles, lorsqu'on distend la peau dans le sens transversal. (Pi. V, fig.

Les muscles longitudinaux se terminent en avant de la manière suivante : arrivés à la base du col, ils lui adhèrent intimement, puis se divisent en six ou huit petites languettes triangulaires, alongées, qui sont d'abord libres, et viennent se fixer ensuiteau sommet du col, près la rainure qui le sépare de la trompe (1). (PI. VII, fig. 5,1,1.)

(1) Ces petits faisceaux triangulaires ont été regardés comme des muscles de la trompe, à laquelle ils n'appartiennent réellemeni pas. Ils doivent avoir pour usage de rapprocher le sommet du ool de sa base t et par conséquent de le renverser en dedans, lors de la rétraction de la trompe.

Du côte de la queue, les fibres charnues longitudinales se terminent, en convergeant le*s unes vers les autres, autour de Toviducte chez la femelle, et, chez le mâle, sur les bords de Fouverture qui laisse sortir les organes gënitaux.

• Les muscles longitudinaux forment sur les parties^* latérales du corps une couche moins ëpaisse que partout ailleurs (i); par leur face interne, ils sont en rapport avec les canaux latéraux dans les deux sexes,. et de plus, avec la membrane des ovaires chez la fe* mclle, et les testicules et leurs conduits chez le mâle.

La disposition des fibres musculaires , Técartement assez considérable que laissent entre eux les anneaux charnus extérieurs, la force différente des faisceaux longitudinaux et transversaux, Tétat de roideur de la peau, etc., m'ont paru très propres à expliquer les divers phénomènes que présente Téchinorhynque lorsqu'il se meut.

Les mouvements généraux de ce ver sont fort leiits, onduleux , quelquefois â peine sensibles. A volonté, Téchinorhynque peut alonger ou raccourcir son corps, en tout ou en partie seulement; le rendre plat ou cylindrique, poli ou rugueux, sillonné en long où en travers , ou dans ces deux sens à la fois ; convexe d'un côté et concave d'un autre ; déprimé dans une partie . et arrondi en même temps dans celle qui est voisine, etc. On conçoit aisément, d'après cet aperçu, comment doivent se combiner, d'une manière générale ou isolée, les contractions des divers faisceaux rausculeux, pour exécuter des mouvements si variés.

Lorsque le corps s'alonge, il devient ordinairement cylindrique

(i) On Toit par ceUe description que les fibres longitudinales de Féchinorfajnque ne forment pas deux muscles distincts comme dans les lombrics, maïs qu'elles se rencontrent sur tous les points de la circonférence du corps.

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et plu» étrok, ses plis transversaux s^effacent, tandis que les longitudinaux se prononcent .davantage; des phënomènes opposes ont lieu lorsqu'il se raccourcit.

Les mouvements sont^ comme dans les lombrics^ plus prononcés vers la tête que vers la queue, et se font spécialement dans le sens vertical. Il y a quelques moiivements latéraux, lesquels se combinant avec les précédents, produisent la circumduction de Textrémité antérieure du corps.

Lorsque Téchinorfaynque veut cheminer, il forme plusieurs cour- ' bes vers sonextrémité postérieure, pour prendre des points d'appui sur Tintestin; puis il étend très lentement son extrémité anté* rieure, la porte en avant, et la fixe , en enfonçant les crochets de Tun des côtés de sa trompe seulement, dans les parais de Tin*testin ; il raccourcit alors son corps peu à peu et se rapproche- du point où il vient de s'accrocher, après quoi il détache sa tête, s'alonge de nouveau, et répète les mêmes mouvements *.

Il y a des.mouvements particuliers qui appartiennent à la trompe, et d'autres qui sont départis aux organes génitaux du mâle*; nous les examinerons plus tard ( i ) .

])B8 OBGARSS DB LA SBNUBaiTi.

Nul doute que l'échinorhynque ne soit sensible à l'impression

* M. CuTier indique ce mode de progresrioD comme particulier à la plupart de» rers intestinaux. {Leçons tCanat. comp. , t. I, p. /fi6. )

(1) Pour étudier non seulement les mouvements généraux, mais aussi ceux qui sont particuliers à la trompe, il faut plonger des échinorhynques vivants dans un vase rempli d*eau à trente-deux degrés , et au fond duquel on a mis des intestins de cochon sur lesquels ils peuvent s'accrocher.

des corps extérieurs. Les résultats des expériences que j^ai tentées pour m^en assurer sont conformes à ceux dont j'ai parlé à Tocca* sion du lombric ; il serait inutile et fastidieux de les répéter ici.

LMchinorhynque a-t-il des nerfe? et, s'ils existent, .quelle est leur disposition ?

Chez quelques uns de ces ^ers, deux cordons blanchâtres (i) régnent immédiatement au-dessous de la peau, Tnn sur la ligne médiane du dos, Tauire sur celle de Tabdomen; ils sont ordinairement indiqués à l'extérieur par une légère dépression longitudinale de la peau, qui paradt moins opaque à leur niveau, lorsqu'on regarde te ver contre le jour. Ils commencent vers la base du col (2), où ils sont très minces , et descendent sans former de nœuds sensibles jusqu'à la queue , ou ils se terminent. Chacun donne naissauce à droite et à gauche à des filaments nombreux de même nature, lesquels s'unissant à ceux qui viennent du cordon opposé, entourent tout le corps^

Ces cordons sont logés dans un sillon que leur présente la substance pulpeuse^ui unit la peau aux fibres charnues circulaires , et dont il est assez difficile de les isoler (3). Examinés au microscope, ils ne présentent pas de fibres^ mais paraissent formés par un tissu blanchâtre, comme floconneux , qu'on ne saurait confondre avec celui de la membrane spongieuse dans laquelle ils sont logés.

Quelquefois, indépendamment de ces deux cprdons médians et

(1) Ces oordoDB et les lignes longitudioales qai leur oorrespoDdent n'ont point été indiqués par M*. Rudolphi.

(9) Je n'ai pu, à cause de leur ténuité* rérifier s'ils s'unissaient ensemble autour du col.

(3) Lorsqu'on dépouille l'échinorliynque , les cordons que je décris restent tantôt adhérents à la peau,. et tantôt à la membrane pulpeuse et aux fibres circulaires.

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des branchies transversales quUis fournissent, on trouve encore quelques filaments longitudinaux qui paraissent de même nature, et descendent du col dans* la substance pulpeuse, à une distance plus ou mains grande les uns des autres.

Doit-on regarder ces cordons et les branches qu'ils donnent , comme formant un système aerveux? je ne le pense pas, et voici sur quoi je me fonde : le système nerveux est invariable, constant chez les différents individus de la même espèce, et lorsqu^on Ta démontré sur un, on peut à coup sûr le démontrer sur un autre. Or les organes que je viens de décrire sont bien loin d'être constants;ainsi, chez le plus grand nombre des échinorhynques, au lieu des cordons blanchâtres de Tabdomen et du dos et des filets transversaux de communication, on observe simplement, à leur place, des canaux étr(Hts qui 9ont remplis par une sérosité limpide , et creusés dans le tissu spongieux sous-cutané. Si on pousse avec mi tube de verre une injection colorée, par un de ces canaux longitudinaux, bientôt le liquide les pénètre avec la plus grande facilité, depuis un bout du corps jusqu'à l'autre, et passe dans le canal opposé, par les branches transversales (i)* Dans ces cas il est impossible de retrouver la moindre trace du tissu blanchâtre, comme spongieux, qui forme les cordons ci-dessus décrits. Il se peut faire que ces derniers soient formés par la coagulation du liquide renfermé dans les canaux du dos et de Tabdomen; mais alors

(1) Un moyen simple de s'assarer de la présence de ces conduils, consiste à couper le corps de Téchinorliynque transversalement et à di£Krentes distances. On les trouve béants entre la peau et les muscles. Souvent cette préparation fait Toir un autre canal également longitudinal, mais beaucoup plifs délié que le précédent» au-desaoQs duquel il est situé, et descendant entre les deux couches muscnl^ires. ( PI. Y I , fig. i3 , g. d. )

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pourquoi cette coagulation n^aurait-elle pas Ueo constamment? )e rignore.

Je pensç que ces canaux et les liquides qu^ils renferment ont rapport h la nutrition. ...

Je n^ai pu découvrir dans réchinorhynque aucun organe qui puisse être considéré comme nerveux et formant un système dis* tinct, ainri qu^on T observe chez Tascaride lombricoïde.

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