‹ Anatomie des vers intestinaux ascaride lombricoïde et échinorhynque géantChapitre 5 sur 33 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Linnaeus (i) a ëtablî parmi les vers intestinaux, sous le nom à* ascaris (2), un genre adopte depuis par le plus grand nombre des naturalistes. M. A. Rudolphi (3) en a fait le septième genre

(1) CaroU a Linnœi Systema naturœ, t. I, p. 11, p. 1075-1078. Ed. xii; Holm., 1767.

(a) Le nom d^ascaride (âoxo^\ç)) dérivé du terbegrec dloM^^iVi sauter, a été donné à ce genre de yers à cause de la rÎTacité avec laquelle se meutent plu* sieurs de ses espèces.

(5) M. Rudolphi a donné aux Ters intestinaux le nom à^entxnoa, formé de» mots grecs &rr^ç> en dedans, et Cwov, animal. Il les divise en cinq ordres naturels, qui sont : 1* les E, nemaioulea, a* E. acanihocephala, S* E. trcmatoda^ 4* ^' ^^*

a ANATOMIE

de Tordre premier de ses enlozoaires. M. Cuvîer (i) Ta rangé parmi les vers intestinaux caçitatres^ qui forment, dans sa classification , le premier ordre de la deuxième classe des zoophytes. M. de Lamarck a placé le genre ascaride dans le deuxième ordre des -vers intestinaux (les tigiâ^hs) (2). M.. Diunéiil Ta rapporté à la seconde section de la famille des helminthes , ou vers intestinaux (3). Les caractères de ce genre sbnt, d^avoir un corps alongé, arrondi , élastique , atténué à ses deux extrémités, d^une couleur plus ou moins blanche ; une bouche terminale munie de trois lèvres ou tubercules, un supérieur et deux inférieurs; un anus fendu transversalement et situé près de la queue; des organes sexuels distincts pour le mâle et la femelle.

Parmi les |ion(ilwf)u^^ espè^ùes dç ce genre (4)« une des plus

toidea, 5« E. çystica» ( Entozoorum sive vcrmium iniestinalium Historia naturaUs. 1809, t. I, p. 197; t. II, p. ia4. )

(1) M. Cufier partage les vers intestinaux en deux ordres : \^ les cantaires ( E, nematoidea de Rudolphi ), qui ont un canal intestinal flottant dans une carité abdominale distincte^ une bouche et un anus; a* les parenchyniateux , dont le corps renferme dans son parenchyme des viscères mal terminés^ et ressemblant le plus souvent à des ramifications yasculalres, ne s^aperceyant iqême quelquefois point du tout. Us comprennent les quatre derniers ordres de M. Rudolphi. ( Le Règne animal distribué d'après son organisaUon. 1817, t. lY , p. a6 et suiy. ]

(a) Animaux sans vertèbres, 18169 t. III | p. 147 et ao&

(3) TnttU élémentaire d'hisioire naturelle, 1807, t. II, p. i5.

M. Duméril donne au genre ascaride les caractères suivants: corps rond, égal; bouche distincte, à triple orifice. {Zoologie analytique. Paris, 1806, p. 3o3. )

M. Bosc a placé le genre ascarMe parmi les v«r0 intestins, leaquAls appartien* nent à la seconde division des vers. (V07. Hist. nat, des vert, t. I, p. i3 et 3i ; I. II, p. 77. )

(4) M. ftudolphi compte soixante-dix-sept espèces d'ascçrides^ parmi les<^ quelles il y ea a une asseï grande qui^ntité de aouvelles. Il ne faut pas s'éton-^

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communes et des plus anciennement connues (i) est V ascaride lombricaî ou lombricoïde^ ascaris lombricoides de Linn^eus et de la plupart des auteurs (2). On trouve ce vers dans les intestins de rhomme, du cochon, de Tâne, du bœuf (3), où il se multiplie quelquefois à Texcès.

ner si ce nombre est inférieur à ceux établis par Gmelln (soizante»dix-huit), par Zèder (quatre-Tingt-dix), etc.; car beaucoup d'espèces admises par ces auteurs, ont été rapportées par BI. Rudolphi aux genres Jiiaire, strongle, optuostome. {Entùz.f t. II > p. ao40

La plupart des espèces appartenantes au genre ascaride ont été trouyées dans le canal intestinal des animaux tertébrés, et surtout des poisson»; on en a aussi rencontré dans les Toies aériennes, dans les intestins de la grenouille {ose. acuminata, asc. nigrivenosa).

(ijHippocrate a connu l^ascaride lombricoïde; il le nomme c^lfuvOfleç ^rpoyyvXoç, tandis qu'il appelle l'ascaride yermiculaire, àwapiitç. {Aphor. III, XXYI, sect. ni; MagrùHippocratisoperai éd. Foesii, Franco f., i595.)Ildonnelenomd*â0xap(jw&cç aux personnes attaquées de Ters. {Coic^ prœnoL , lib. II, sect. Y, p. lag.)

{1) Ascaris lumbricoides de M(jUer,.&auh, Pallas, Biocb, Werner, Gmelio, Schrank, Jordens, Brera, Rudolphi, etc.

Lumbricus teres honànisj de Tyson, de ftedi, de YaUisnieri. Ascaris gigas hominis, de Goeze.

Fusana lumbricoides j de Zèder.

. L'ascaride lombricoide a été appelé par lea Français, lombric, sirongk; par les Allemands, spulwurm, rundwurm^ par les Hollandais, ronde worm, mens* chenworm, kinderem^orm $ par les Danois, menneshe-orm, spolorm, skolorm; par les Suédois, mennisko^mask , spobnaskj par les Anglais, the round worm, round gut-'worm^ par les Italiens, i;erme iondo, lombrico; par les Espagnols » lombriz; par les Portugais, lombriga.

(3) Les ascarides lombricoides du bœuf paraissent être fort rares en Allemagne, et n'ont jamais été rencontrés par Goëze ni py Zèder. Ceux que M. Rudolphi a examinés aralent été pris sur une Tache de l'école yétérinaire d'Alfort. Les lombrics du bœuf qui sont déposés dans le cabinet de cette même école , sont tellement altérés et décomposés, que je n*ai pu les comparer arec ceux des autres animaux. Je n*ai tu qu'un seul indlfidu femelle, trouTé par M. Bremser

Les ascarides lombricoïdes^ sont bien plus fréquents chez les enfants que chez les adultes, et surtout que chez les vieillards, où ils sont rares (i). Ils se développent spécialement chez les personnes douées d'un tempérament lymphatique; chez celles qui se nourrissent d'aliments grossiers et indigestes, ou qui habitent des lieux bas et humides. Ils déterminent des accidents très variés et plus ou moins graves , quelquefois même la mort.

On les trouve ordinairement dans les intestins grêles, cependant ils peuvent se rencontrer dans d'autres organes (2).

dans les intestins grêles d'un taureau, et qui est déposé sous le n* i55 de la belle collection d'helminthes que, le muséum de Vienne- envoya à celui de Paris (1816). Je n'ai trou?é aucuqe di£férencc entre l'ascaride lombricoîde du bœuf et ceux du cochon et de l'homme : quant à celui du cheval , il présente des caractères assez difiërents pour former une espèce distincte , comme je l'établirai à la fin de ce mémoire.

(1) Je me suis assuré de la yérité de ce fait, en comparant le nombre des lombrics que j'ai obtenus des ouyertures de cadayres d'indiridus de différents Ûges» J'ai retiré à peine quelques uns de ces yers sur beaucoup de corps .ouyerts à l'hospice de la Salpêtrière, où l'on ne reçoit que des personnes âgées: Thôpital des enfants, au contraire, m'en a fourni en abondance; j'en ai recueilli quarantedeux sur un seul sujet

(a) Les lombrics ne descendent que rarement dans les gros intestins, et M. Rudolphi pense qu'ils sont toujours chassés au dehors quand ils yiennent à passer dans le cœcum. {Ouv. cit,, 1. 1, p. 434- ) Quelquefois ils remontent dans l'estomac et jusque dans le pharynx, où ils produisent une titillation incommode, accompagnée d'une petite toux qui facilite leur sortie par la bouche. Ils peuyent, dit- on, s'introduire dans le larynx et les voies aériennes, et déterminer des accidents plus ou moins graves. Il n'est pas très rare de les y oir pénétrer dans les fosses nasales et ressortir par les lèarines; j'ai observé un fait de cette nature sur un enfant. Martin Slabber a vu un homme rendre un lombric par les narines en éternuant. {Haarlem, Verhand,, t. X, secl. n, p. 465-470.)

Les lombrics peuvent passer dans les conduits biliaires et dans la vésicule du fiel. M. Laënnec a trouvé dans le cad^re d'un enfant, dont l'estomac renfer-

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Le nombre des lombrics, chez un même individu , est extrêmement variable ; souvent on n'en trouve qu'un ou deux, d'autres fois ils sont très multipliés et agglomérés en pelotons (i). En général ,

mait une grande quantité d'ascarides lombricoïdes , les pores biliaires distendus et le tissu du foie rongé par des yers de la même espèce. ( Bull, de la Faculté de méd, de Faris, an XIII, n^ ?.) Pbilipp.-Fréd. Gmelin a trouvé un lombric long de trois pouces dans le milieu du canal pancréatique. ( Dissert, lumb, teret. in duel, pancreat Tubing., 1758, p. 4* )

On a vu des lombrics être expulsés dans des cas de bernies avec gabgrène, après Touverture d*abcès formés dans les parois abdominales. (Voj. les Observations rapportées par Sbellbammer, Ephenu nat, curios.j dec. 11^ ann. y^ P*>9- 2a; par L. Heister, Act, nat. curios. ^ t. I, p. 391 ; par Fréd. Garmann^ Ephem. nat. curios. f dec. I, ann. 1, p. a83; par Haenel, Commerc. litt, Norimb., 174 >> P* ii2> f^^ Godot, Joum. de méd. y t. XL, p. i45; par Baldinger, Neuem Magaziny t. YI, p. 54-57 ; etc. )

Les auteurs citent encore un grand nombre de cas dans lesquels ces mêmes vers ont été trouvés dans la cavité du péritoine, dans les reins, la vessie, les sinus frontaux, etc. ; mais beaucoup de ces observations sont inexactes: elles prouvent qu'on a souvent pris pour des ascarides lombricoïdes des vers appartenants à des genres très différents , ou même des parties inorganiques , comme des caillots de fibrine. Cependant on possède des faits dont on ne saurait mettre en doute l'exactitude. M. Duméril m'a dit avoir vu un malade rendre par l'urètre un ascaride lombricoîde. On trouve une observation semblable de Stromaler. {Greg. Horstii opp., t. II, Norimb., 1660, p. 558.) On peut également consulter le Journal de médecine y t. IX, p. a44'-26o, Observation de M. Moublet ; le même ouvrage, t. XX, p. 4SB, Observation de M. Raisin; la Dissert, inaug. de Christ. Ruhn., De ascarid. per urin. emiss, Jen., 1798.

En 1808, j^ai rencontré sur le cadavre' d'un enfant de cinq à six ans trois lombrics volumineux , qui s'étaient logés sur la face antérieure du sacrum , dans l'écartement des deux feuillets séreux du méso-rectum, et n'avaient déterminé aucune inflammation dans oet endroit; ils étaient sortis de l'intestin par une perforation ulcéreuse du commencement du rectum.

(1) Y07. Journal de médecincy t. XXXIV, p. i5i. Observation de Daquin. M. Cbabert dit avoir trouvé dans les intestins grêles d'un cheval un paquet de

leur volume est en raison inverse de leur nombre; ils sont toujours libres dans le canal intestinal , ils n'adhèrent jamais à ses parois (i).

ce» vers da poids da qualone livres^ {Encychp. méthod,^ Hist. nat. des vers, t. IV, !'• part., p. i55. )

(i) Excepté toutefois daos certains cas de perforations accidentelles ou maladÎTes du canal intestinal. J'ai rencontré plusieurs ascarides lombricoîdes dans la carité du péritoine d'une jeune fille âgée de dix ans, qui mourut à l'hôpital des enfants , rers la fin de 18 13, à la suite d'une fièrre muqueuse. La membrane interne des intestins était couyerte d'ulcérations arrondies, grisâtres ,\ qui araient, dans quelques endroits, détruit toutes les tuniques. Un lombric fort yolumîneux était engagé et comme retenu par le milieu du corps dans une des perforations de l'iléon.

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