‹ Anatomie des vers intestinaux ascaride lombricoïde et échinorhynque géantChapitre 6 sur 33 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

CARACTÈRES EXTÉRIEURS DK l' ASCARIDE LOMBRICOÏDE.

Les ascarides lombricoïdes forment Fespèce la plus volumineuse du genre ascaride : cependant ils offrent dans leurs dimensions de nombreuses variétés , qui sont dues à Tâge des individus, aux sexes, à Tespèce d^animal dans lequel ils vivent, et probablement aussi à la quantité de matière nutritive quUls rencontrent dans les intestins. Ils ont de deux à quinze pouces de longueur. Chez rfaomme , il est fort rare ^juUls passent douze pouces. Leur grosseur est ordinairement proportionnée à leur longueur. Leur diamètre , pris vers le milieu du corps, varie d'une ligne à deux lignes et demie.

Us présentent des sexes séparés, et si différents, non seulement à Tintérieur, mais aussi à. l'extérieur, qu'on peut facilement les reconnaître sans avoir recours à la dissection. Les mâles sont toujours plus petits, plus minces et plus rares que les femelles (i). Leur nombre est à celui de ces dernières à peu près comme i est à 4 (2).

(1) La femelle h plus tongue que j'aie trotifée provenait d'un cochon; elle avait quatone pouces dix lignes. ^Le mâle le plus grand que.j*aie tu n'avait que neuf pouces.

(a) Il est assez remarquable que plusieurs naturalistes du plus grand mérite n'aient eu occasion de voir que des femelles , bien que les mâles soient assez communs» puisque sur trois cent trente-six lombrics que j'ai examinés, et dont j*ai disséqué un grand nombre^ il j avait soixante-quatorze mâles.

M. de Blainville décrit , d'après M. Rudolphi, les organes génitaux du lom-

8 ANATOMJE

Le corps est arrondi , élastique^ poli , luisant , d^une couleur blanchâtre, tirant un peu sur le jaune ou sur le rouge; il est demitransparent , surtout pendant la vie , ce qui permet de voir au travers une portion du canal intestinal, ainsi que les nombreuses circonvolutions des ovaires ou des vaisseaux sëminifères , qui se distinguent par leur blancheur et leur opacité. Il se rétrécit vers ses deux extrémités; Tantérieure est plus mince, plus alongée que la postérieure, et terminée eo; abrupto par les trois tubercules de la bouche. De ces tubercules Fun est supérieur «t les deux autres inférieurs (i). Ils sont égaux en volume, arrondis en dehors , triangulaires en dedans , et bornent Fouverture triangulaire de la bouche. (PI. I, fig. i, a; pi. III, fig. i. A, A, b.)

bric mâle, et arotte n'aroir jamais vu qoe des femelles. {DicL des sdenc, nat., t. III, suppl. ,p. 4iO

Edward Tyson , qui avait déjà obserfé qoe le mftle est plus petit que la femelle , a donné d'assez bonnes plancbes des orgmes génitaux des deux sexes. {Anal, observ. on the round worm hred in hum. bodies» philos. iransacL 16839 p. 1 53-161.)

Redi, ayant examiné fort sourent le lombric femelle , crut ce rer hermaphrodite; il ne trouTa le mâle qoe quatre fois 9 et le prit pour une espèce différente. ( Osservazioni di F. Redi intomo agUanimali vivenU che si trovano negU animali viventi, 1684» p. 36, t. X, ûg, 4- )

Vallisnieri n*a jamais trouré que des femelles, et, copiant la planche de Redi, il décrivit le lombric comme un rer hermaphrodite. ( Tfuove osservazioni ed espericnze intomo all'oviga scoperta ne' vcmd tondi dell* uonw e de' viieili, etc. 1713, p. 30. )

Je présente à l'académie vingt mâles et ringt femelles conservés intacts dans Talcool.

(1) La plupart des naturalistes n*ont pas déterminé la position des tubercules de la bouche. M. Rudolphi assigne leur véritable position dans un endroit de son ouvrage {Eni., t. II, p. 136); dans un autre passage, au contraire, il dit que l'un de ces tubercules est infiérieur, et les deux autres supérieurs (même vol.,

DE L'ASCARIDE LOMBRICOIDR 9

L'extrëmité postérieure du corps se termine en pointe et présente souvent à son sommet un point noir très petit (i). Chez les femelles, elle est droite, arrondie , conique et plus ëpdisse que Tantéricure. (PI. I , fig. i , b. ) Dans les mâles elle est beaucoup plus mince, plus aiguë que chez les femelles, et recourbée du côté du ventre en forme de crochet (2); chez quelques individus même, sa courbure est telle qu'elle constitue un anneau complet (PI. I, fig. 3, b); elle est également un peu déprimée, et sensiblement triangulaire ; sa face abdominale est creusée en manière de gouttière ; sa face dorsale , qui est fort convexe , offre une saillie moyenne , longitudinale, et bornée latéralement par deux sillons profonds qui se continuent avec les lignes latérales du corps. ( PI. III , fig. 8 , A, A, B ; fig. 10. )

L'anus se trouve , .dans les deux sexts , tout près de l'extrémité de la queue. Chez la femelle , il est fort apparent , et se présente sous la forme d'une fente transversale , d'une demi*ligne d'étendue environ , droite ou légèrement courbe ; dans ce dernier cas , sa convexité regarde en avant. Il est borné par deux lèvres, l'une antérieure, un peu déprimée , l'autre postérieure, ordinairement plus saillante. (Ph III , fig. 7, a.)

Chez le mâle , Tanus est moins facile à distinguer , et se trouve à l'extrémité de la gouttière de la face abdominale de la queue ;

p. 4)* M. deBlaifiTllle adopte ceUe dernière opinion. {DieL des Scienc. nat.j t. III, 8uppl. p. 39-)

(1) Ce point est bien pins Tîsible chez la femelle qae ches le naftle, lequel souyent n'en présente même aucune trace. Il manque aussi chet lea jeunes femelles.

(a) Très rarement la queue du mflle est recourbée en sens opposé, c'est-à-dire concare fers le dos; j'ai cependant observé cette disposition sur cinq ou six individus.

lo ANATOMIE

sa lèvre aiitërieare eat-unpeu soulevée par ie pénis, qui est logé au-dessoQs.

Le pénis est tantôt renfermé dans Tintestin , et tantôt il sort par la partie antérieure de l'anus. Dans ce dernier cas^ qui est le plus rare , il se montre sous la forme d'un appendice simple , très délié , conique , jaunâtre , transparent , et légèrement courbe. Sa courbure est semblable à celle de la queue , dans laquelle il doit se retirer. (PI. I, (ig. 3, d; pi. III, fig. lo, c.)

Le corps du lombric est sillonné de rides transversales extrêmement fines et nombreuses (i) * ^^ marqué de quatre lignes longi-^ tndinales, étendues depuis la tête jusqu^à la queue, et situées à égale distance les unes des autres. Ces lignes sont indépendantes deTenveloppe extérieure, qui les recouvre simplement; deux sont latérales^ et beaucoup plus larges que les deux autres, dont Tune est dorsale , et Tautre abdominale.

Les lignes latérales > parfaitement semblables entre elles, commencent de chaque côté de la bouche, entre le tubercule supérieur et les inférieurs \ très fines et difficiles à apercevoir à leur origine, elles ne tardent; pas à s^élargir insensiblement; et, chez les gros lombrics, vers la partie moyenne du corps, oUes ont jusqu'à un tiers de ligne environ de largeur; elles se rétrécissent ensuite.

(i) Ces rides transTenales sont d'une telle ténoité, vers la tête, qo*on ne peat gvère ks «peroeroir 'qu'à l'aide d'aune loupe.; dans Jet ««Ires parties du corps, il est toujours très facile de les distinguer à la Tuesionq^le; elles ne font potaque jamais le tour entier du corps, mais seulement les trois quarts, la moitié ou un quart ; elles sont plus marquées et plus nombreuses au rentre et au dos que sur les côtés , et dépendent de la contraction des fibres musculaires longitudinales : aussi disparaissent-elles , en tout ou en partie, quand le corps s'alonge ou quand on le distend dans le sens de sa longueur. Lorsqu'on plie un lombric , elles augmentent en saillie du côté de la concaTÎté> et s'effacent du côté de la conyexité.

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et se termkieiit sur les eôtéa de la queue. Chez le mâle , elks correspondent, vers feur tersumaison, aux sillons qui bornent, sur les côtés, la saUlie moyenne de^ la £aK:e dorsale de la queue. (PI. I, fig. 3, c ; pi. ni, fig. lo, B, )

Ces lignes sont droites^ et d^une couleuar différente de celle du corps; elles sont ordinairement blanchâtres et opaques; il: est £ort ccunmun aussi de les trouver d^un ro«ige asse^ vif ou d^un ht un plus ou moins obscur, etc. Quelquefois elles se dérobent en partie à la vue, à cause de leur transparence. Examinées avec attention, et spécialemest sur un individu vivant i elles paraissent composées de trois lignes secondaires accolées, deusi latérales plus larges, et une moyenne plus étroite et plus colorée (i).

La peau offre, au niveau deeelleoci, une cannelure longitudinale extrêmement fine, assez profonde, et quW ne voit bien qu'avec la loupe. Cette cannelure coupe à angle droit les rides transversales de la peau ; elle existe constamment , et se trouve plus marquée dans le tiera antérieur du corps que dans le reste de son étendue ; cependant on la retrouve encore près de la queue.

Les lignes longitudinales , abdominale et dorsale (2) , sont bien moins prononcées que les précédentes, et paraissent plus profondément situées. Elles ne sont jamais rouges, mais toujours d'un blanc mat ; elles sont un peu flexueuses , ou plutôt semblent formées par une suite de petites lignes brisées, entremêlées de renflements. Elles sont plus fines vers les extrémités , et surtout vers la postérieure, qu'à la partie moyenne du corps; cependant

(1) Nous yerroQs, par la dissectioo, qu'il D*y a réellement »ur chaque côté dtt corps que deux Ugnes ou bandelettes accolées, bien qu*à Pextérieur il semble qu'il y en ait trois distinctes.

(a) Le ventre du lombric est la partie de son corps qui correspond à l'anus dans les deux sexes 5 et de plus à la tuItc dans la femelle; le dos est la région opposée.

cette différence est moins sensible que pour les lignes latérales/

La ligne abdominale commence entre les deux tubercules inférieurs de la bouche , et vient se terminer à la partie antérieure de l'anus. Dans la femelle, elle se divise au niveau de la vulve, pour former une sorte d^anneau blanchâtre autour de cette ouverture. (PL I, fig. I, E, e; pi. III , fig. I, c;fig. 7, c.)

La ligne dorsale commence à la partie moyenne de la base du tubercule supérieur de la bouche, et s'étend sans interruption jusqu'à l'extrémité caudale. (PI. III, fig. 4, <>•)

Chez la femelle, le corps éprouve, à la réunion de son tiers antérieur avec ses deux tiers postérieurs, un léger étranglement circulaire , de deux lignes de largeur environ , et qu^on ne trouve jamais dans le mâle. C'est au milieu de cet espace rétréci , et du côté de Tabdomen, qu'on observe la vulve, sous la forme d'une petite fente transversale , qui a tout au plus un sixième de ligne d'étendue. (PI. I, fig. 1, c, d.)

Les quatre lignes longitudinales du corps, à Texception de Tabdominale, n'éprouvent, chez la femelle, ni changement de figure sensible, ni interruption, au niveau du rétrécissement dont nous venons de parler. "

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