CHAPITRE II
ORGANISATION DE l'aSCARIOE LOMBRICOÏOE.
DB LA PEJLVi
Le corps du lombric est recouvert par une membrane transparente, fort mince, coriace, assez résistante pour crier sous la pointe du scalpel , et qui lui donne , en partie , Télasticitë qu'il présente. En dehors, cette enveloppe est polie, et parfois induite d'une humeur huileuse qui empêche Teau d'y adhérer . on y observe les cannelures longitudinales, et les plis ou rides transversales dont j'ai parlé. Par sa face interne, elle est intimement unie aux fibres charnues circulaires, et ne peut en être détachée qu'avec peine (i). Au niveau de la bouche elle recouvre les trois tubercules de cette ouverture , et leur forme une espèce de coiffe qu'on peut isoler de leurs fibres charnues. En dedans de chacun d'eux, elle offre un épaississement sensible, sorte de dent cornée, au-dessous de laquelle on voit une légère excavation.
(i) Quand on enlève la peau de rascaride lombricolde^ presque toujours les fibres charnues circulaires se détachent avec elle et lui demeusent adhérentes. Pour isoler ces parties, il faut les soumettre à un commencement de macération qui facilite leur séparation, ou bien Mre sécher le corps d'un lombnc, après Tai^ir ouvert loogitudinalement et fixé arec des épingles sur une plaque de cire ; il deyieot alors facile de séparer les unes dés autres les diverses couches qui forment son eufeloppe musculoH)utanéç.
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(PI. III, fig. 3 y c, D.) C'est elle aussi qui constitue, au-delà de Tanus , une gaine conique qui renferme les dernières fibres longitudinales de la queue.
Elle est percée , chee le ntftie , par la bouche et Tanus , et de plus , chez la femelle , par Fouverture de la iculve.
Cette membrane est plus extensible suivant sa longueur que suivant sa largeur. Elle se déchire plus facilement en travers que dans les autres sens ; sa rupture est inégale , assez semblable à celle de Tépiderme humain, ou plutôt à celle des lames de la cornée transparente. Vue au microscope, elle paraît diaphane comme une lamelle de corné*, dépourvue de pores et munie de cannelures ou lignes transversales , parallèles, très fines, parfaitement égales entre elles, et en telle quantité que chacune des rides transversales en renferme vingt-cinq à trente. Elles nes^effacent pas, comme ces dernières, lorsqu^on tire la peau en sens opposés, parcequ^elles dépendent de la texture même de Tenveloppe cornée du corps , et non de la contraction des fibres musculaires qui lui adhèrent Il est impossible de les voir à Tgeil nu. (PL III, fig. 7, D.)
La peau, en se desséchant, se racornit fort peu; elle ne se détruit que difficilement par la macération , tandis que les fibres musculaires, qu'elle recouvre, tombent promptement en putrilagt. Les solutions de sublimé corrosif et d'alun, TalcooU ^^ lui font rien perdre de sa transparence (i).
La peau de Tascaride lombricoïde ne parait pas douée de sensibilité ; j'ai appliqué dessus, avec l'extrémité d'un pinceau, des dissolutions de potasse caustique, de nitrate d'argent, de su-
(1) Ces caractères tnlbeot pour fkiretHttifiguer la peaadaa fibre» maacttlairei qn^oD troave au-dessous; aussi ue puis*>)e adopter ropinio» de- H. Rudolphi, qui regarde cetter meuibrane comme formée par les fibres museutaîres estérieures ^Iles-mêmes, condensées et polies. {Entoz.^ t. I, p. 916. )
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bUmé corrosif, des acides affaiblis, €t l'amnial ne m'a semblé en éprouver aucun efftft, tandis que<, par ses mouv^ntients , il témoigne qu'il est sensible aux pressions , aux piqûres et autres lésions mécaniques , qui portent leur influence sur les parties si* tuées plus profondément.
DES 0BGANB8 DU MOUTEMBIIT.
L'ascaride lombricoïde se meut avec asses de vivacité ^ €t ses mouvefléients , qui sont très variés, dépendent^ comme dans les autres animaux, de la contraction de fibres charnues.
Ces fibres sont molles, demi- transparentes , comme gélatineuses (i), et d'une couleur grise ou blanchâtre. Les faisceaux qu'elles forment sont peu distincts au premier aspect, et ne paraissent pas réunis entre eux par du tissu cellulaire , mais seulement par des filaments de même nature. Examiné sous le microscope , chaque fascicule charnu parah formé de fibres secondaires, flexueuses, parallèles les unes aux autres, demi- transparentes, à cassure inégale aux extrémités , et ayant quelque ressemblance avec les fibres d'un morceau de sapin coupé longitudinalement (2).
Ces fibres sont extrêmement contractiles ; à mesure que le liquide tiède dans lequel on a mis un lombric vivant , se re-
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(1) On De peut étudier iioileiimnt leur disposition qu'après leur avoir fait .perdre leur trsnspafeiice par divers procédés, et surtout en les faisant tremper dans une solution de sublimé corrosif.
(a) Je donne ces caractères minutieux, parcequlls me serviront A démontrer que certains organes du lombric, que l'on a regardés conrme musculaires , ne le sont réellement pas.
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froidit, on voit les mouvements devenir plus lents, plus rares, et enfin disparaître tout-à-fait, quand 4a température est descendue à douze ou quinze degrés du thermomètre de Réaumur.'Le corps alors devient raide , immobile ; il est pris d^un véritable engourdissement (i) , qu^il ne faut pas confondre avec Tétat de mort : les mouvements, en effet, peuvent reparaître vingt-quatre heures après que Tanimal est resté raide et immobile, si Ton vient à porter de nouveau la température du liquide à trente ou trente-deux degrés (2).
Quand les lombrics cessent de se mouvoir dans Teau tiède , on peut faire reparaître leurs mouvements , en ayant recours aux divers moyens d^rritation , comme aux incisions , aux piqûres , et surtout à Faction du fluide galvanique. J'ai observé cette persistance de l'irritabilité sur des lombrics , qui , depuis trente - six heures, étaient dans un état de mort apparente (3j.
(1) L'élasticité que présente le lombric n'esta suirant M. Laënnec, « que la • raideur qui se déreloppe dans les cadayres de tous les animaux après la mort. » {Dictionnaire des sciences médicales ^ t. II, p. 33g. ) Je ne puis admettre, sans restriction, Topinion de ce saTanf anatomiste, parceque les mouyements du lombric peurent renaître lorsque ce Ter est resté raide, immobile, élastique pendant plusieurs heures , ainsi que je Tai expérimenté. *
(a) Si l'on élère la température de l'eau à trente-huit ou quarante degrés, l'animal s'agite d'abord avec force et rapidité^ mais bientôt après les mouyements cessent, et le corps, au lieu de se raidir, deyient flasque ; si ensuite on abaisse la température de quelques degrés, les mouyements ne se rétablissent qu'ayec beaucoup de peine et fort imparfaitement, ou même ne reparaissent pas du tout.
(3) Lorsqu'on a ouyert dans toute sa longueur un lombric yiyant, et qu'on f n a extrait les organes génitaux et le canal intestinal , l'enyeloppe musculocutanée se raccourcit considérablement en se fronçant et en se roulant en spirale.- Les mouyements persistent également pendant plusieurs heures^ si on a soin de tenir le yer plongé dans l'eau tiède.
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Exposées à Taction de Tair, les fibres musculaires se dessèchent et deviennent friables; les acides affaiblis, Talcool, et surtout la dissolution de sublime corrosif, les rendent opaques, blanches, plus résistantes qu'auparavant.
Les muscles du lombric forment deux couches superposées , et distinctes par leur situation , leur épaisseur et la direction de leurs
fibres. ^
La première est très mince et formée de fibres transversales ou circulaires (i) ; la seconde est plus épaisse que la précédente : ses fibres affectent une direction longitudinale. (PI. III,fig. i3,
hes^bres circulaires se rencontrent immédiatement au-dessous de la peau, à laquelle elles adhèrent d'une manière intime. Elles font le tour entier du corps , et représentent une multitude d'anneaux aplatis, serrés les uns contre les autres, et dont le diamètre diminue à mesure qu'on les examine vers les extrémités. Ces fibres annulaires sont logées dans des espèces de cannelures
(1) La ténuité des fibres charnues circulaires est si grande, que ce n'est qu^avec beaucouj^de peine et de patience qu'on peut constater leur existence. Pour les rendre plus apparentes , il faut laisser macérer un lombric pendant trois ou quatre jours dans de Teau à douze ou quinie degrés de température; on le plonge ensuite pendant quelques heures dans une dissolution concentrée de sublimé corrosif; on le retire et on injecte de Tencre par une ourerture faite à l'abdomen , après quoi on peut en faire la dissection. Par ce procédé, les couches musculaires sont derenues opaques 9 légèrement colorées en gris y et faciles à isoler. La peau a consenré sa transparence. J'ai aussi employé ayec ayantage, et dans le même, but t une dissolution de nitrate d'argent, dans laquelle j'ai laissé tremper des lombrics pendant une heure. En exposant ensuite ces vers à l'action de l'air et de la lumière , la peau deyient noire ou d'un brun foncé, et se sépare facilement des fibres circulaires; enfin, la dessiccation peut encore seryir à démontrer la disposition de ces muscles.
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circulaires que leur présente la face interne de la peau, et qui correspondent aux intervalles des sillons extérieurs ; elles sont très rapprochées les unes des autres , mais ne se touchent pas, le piqs souvent, par leurs bords voisins ; par leur face interne , elles sont étroitement unies aux fibres longitudinales qu^elles recouvrent immédiatement, ainsi que les lignes latérales ; elles sont un peu plus minces sur les côtés du corps qu^au niveau des régions dorsale et abdominale.
Les fibres longitudinales forment deux longs rubans musculeux , étendus de la tête à la queue, et dont Fun est dorsal et Tautre abdominal. Ces muscles sont assez larges vers la partie moyenne du corps, et rétrécis vers ses extrémités ; ils ont aussi plus d'épaisseur sur la ligne médiane que sur les côtés, où ils sont fort minces ; ils cessent tout-à-fait au niveau des lignes longitudinales latérales, par lesquelles ils sont séparés Tun de Fautre à droite et à gauche (i).
Le muscle longùudinal du dos m'a paru un peu plus épais que celui de Tabdomen, surtout chez la femelle. Son extrémité antérieure se termine en pointe dans le tubercule supérieur de la bouche ; en arrière, il se porte jusqu'à l'extrémité de la queue, vers laquelle ses fibres convergent
Le muscle abdominal se rétrécit en avant, comme le précédent, mais il se divise en deux portions qui se rendent isolément dans les deux tubercules inférieurs de la bouche. (PI. III, fig. 6, a.)
Ce serait avoir une fausse idée de la disposition des muscles longitudinaux, que de considérer leurs fibres comme étendues,
(i) Les parties latérales du corpB de l'ascaride, étant dépourrues de fibres musculaires longitodioales, sont plus minces et plus faibles que les autres régions. Aussi 9 lorsque ce yer détient flasque , elles s'aflkissent darantage que les autres parties , et s'enfoncent du c6té de la carité viscérale. Ce phénomène est surtout remarquable sur le lombric du chefal.
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sans interruption , depuis la tête jusqu'à la queue. Si Ton vient, en effet, à enleverces dernières avec précaution, on voit qu^elles n^ont pas plus d^un pouce à un pouce et demi de longueur , et qu^elles s'attachent successivement^ les unes au-dessus desautres, à la peau , dans les intervalles des anneauic musculaires externes, ainsi qu'à ces anneaux eux-mêmes. Il est assez facile de constater celte disposition sur le lombric du cheval. (PI. III, fig. i3,
Par leur face interne , les muscles longitudinaux adhèrent fortement à des vaisseaux transversaux et à des appendices particuliers dont je parlerai , et qui les séparent du canal intestinal et des organes internes de la génération ( même fig., D. ) ; ils sont aussi , dans le même sens , en rapport avec les deux lignes ou cordons longitudinaux du dos et du ventre (i). (Même fig., £ , F. )
(i) M. Rudolphi, qui s'est occupé avec tant de succès de rorganisation et de la classification des vers intestinaux» a donné une description inexacte des muscles de l'ascaride lombricoide. Il dit que les fibres transversales, visibles à l'extérieur, sont interrompues par les quatre ligne». saillantes qui mesurent la longueur du ver, et sont situées, deia sur les c6tés , et les deux autres au dos et à l'abdomen. Il pense que ces lignes forment des points d'appui qui Teçolvent les insertions des fibres transversales: Quibusque Jibrœ Uwuversœ annexas, seu loco quasi Jixo insertœ. M. Rudolphi a pris les nerfs et les vaisseaux de l'ascaride pour des muscles^longitudinaux; il n'a réellement pas connu ceux-ci, et s'est formé des fibres transversales une idée toutrà-fait inexacte. ( Voy. fntoz., t. I, pag. ai8 et suiv.)
M. de Blalnville n'a point parlé des fibres annulaires que l'on trouve immédiatement au-dessous de la peau ; il décrit les fibres longitudinales comme formant la couche musculaire extérieure. Selon le même anatomiste, la couche interne du corps «est éfidemment composée de fibres musculaires transversales, beau- • coup plus nombreuses en avant qu'en arrière; elles passent d'un côté à l'autre, »en s'attachant entre les fibres dq la couche externe; un grand nombre se ter-
âo ANATOMIÊ
J'ai étudié les mouvementedes lombrics sur beaucoup d'individiis que j'ai conservés assez long-temps en vie dans de Teauetdulait dont la température était maintenue à trente-deux degrés. Voici les principales observations que j'ai faites , indépendamment des remarques que j'ai déjà données sur la persistance de la contraction musculaire dans ce genre de ver. .
Les ascarides lombricoïdes se meuvent avec assez de force et d'agilité quand on les extrait d'un animal nouvellementégorgé et qu'on les plonge aussitôt dans de l'eau tiède. Ils peuvent se raccourcir (i), s'alonger (2), former différentes courbes, ramper, s'enlacer en manière de nœuds, s'entortiller, se pelotonner les uns autour des autres.
Les mouvements de l'extrémité antérieure du corps sont plus vifs et plus fréquents que ceux de la postérieure (3),
Les mouvements sont généraux, ou se font partiellement ; sou-
imiDcnt au canal intestioal. » ( Dict. des scienc. naU , t. III, ApperuLy pag. 40.} J'avais d*abord cru, ainsi que M. de Blainfille, que ces fibres iaterueset transversales étaient charnues; mais un examen plus attentif m*a fait découvrir qu'elles étaient d*une autre nature.
(1) Le raccourcissement est dû à l'action simultanée des fibres longitudinales du dos et de l'abdomen. Ce mouvement est bien moins sensible que ceux de flexion et d'extension, produits par ces mêmes muscles , qui se contractent et se relâchent alternativement. Pendant le raccourcissement, le corps grossit très ^eu, mais les rides transversales de la peau se multiplient et se prononcent davantage*
(2) L'alongemeot du lombric est produit par les fibres annulaires 5 lesquelles, venant à se contracter, rétrécissent le corps et l'alongent en comprimant les organes et la sérosité qu'il renferme. Ce mouvement est très borné, et pendant qu'il a lieu, les rides de la peau s'effacent en partie ou même disparaissent entièrement.
(3) La tête de tous les vers intestinaux que j'ai pu examiner vivants m'a toujours paru jouir de mouvements plus prompts et plus étendus que ceux des autres parties.
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vent , dans un même instant, le corps se raccourcit dans un point , tandis qu^il s'alonge dans un autre ; se fléchit dsMis un endroit et se redresse dans un autre, etc. (i).
Les lombrics se meuvent principalement par des mouvements ondulatoires , lesquels résultent de flexions et d^extensions qui se font alternativement dans le sens vertical. 11 y a fort peu de mouvements latéraux ; cependant ils ont lieu , et , combinés avec les deux précédents, ils font exécuter aux extrémités du corps des mouvements de circonduction plus ou moins étendus (2).
Les lombrics sont constamment restés au fond des vases dans lesquels je les avais mis, et ne se sont jamais élevés dans le liquide pour venir à sa surface.
Les trois tubercules de la tête s^écartent et se rapprochent alternativement d^une manière assez lente pour produire Touverture ou Tocclusion de la bouche. Je n^ai jamais vu le lombric se servir de sa bouche, comme d^une ventouse , pour prendre un point d^ppui , aîtisi qu'on l'a avancé , et comme cela s'observe dans les sangsues en particulier, j'ai essayé nombre de fois , et toujours sans succès, de déterminer ce mode de succion , en pré-
(1) Od conçoit très bien comment ces mouvements d'alongement et de raccourcisseknent, d'extension et de flexion 9 s'exécutent d*une manière isolée^ dans les diverses régions , en considérant^ ainsi que je l'ai indiqué 9 les fibres muscu* laires comme formant autant de muscles ou des faisceaux distincts les uns des autres.
(d) Les lîgiies latérales et les médianes de Kabdomen et du dos n'éprouvent aucun changement sensible dans leur forme pendant ces di?ei^ mouvements. Dans les lombrics de terre, si différents d'ailleurs des ascarides lombricoides par leur organisation, par l'étendue de leurs mouvements , etc., on voit les vaisseaux longitudinaux se remplir et se vider successivement pendant la contraction ou le relâchement des diverses parties du corps.
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Les lignes dorsales et abdominales descendent ensuite, en augmentant un peu de grosseur, jusque vers le milieu du corps, et diminuent de nouveau vers la queue; elles représentent deux longs cordons blancs, composes chacun d'une série de petites lignes réunies angulairement ou brisées, légèrement renflées au niveau de chaque angle, et envoyant, adroite et à gauche, des filaments dont la ténuité est si grande qu^ils échappent sou* vent à Toeil, même armé d^une forte loupe. (PI. III, fig. 7, c-, fig. i3, £. )
Les cordons que nous décrivons sont situés en dedans du plan des fibres musculaires longitudinales , et descendent au milieu de vaisseaux et d^ appendices nourriciers que nous ferons connaître , et par lesquels ils sont cachés, principalement dans .le tiers antérieur du corps.
Celui qui règne au milieu de Tabdomen forme , autour de la vulve, un cercle blanchâtre qui n^est pas très visible chez beaucoup de femelles. Ils sont toujours d'un blanc mat , et faciles k distinguer des fibres musculaires demi-transparentes et comme gélatineuses sur lesquelles ils reposent. Je les ai eltaminés avec soin sur plus de deux cents lombrics, et je ne les ai jamais trouvés d^une autre couleur; ils se cassent axec beaucoup plus de facilité que les fibres musculaires. Vus sous le microscope , ils ne paraissent pas creux, ne présentent pas une texture fibreuse, mais semblent formés par un tissu granulé , très fin , comme médullaire , qui offre quelque analogie avec celui des lignes latérales, sans être cependant jamais coloré en rouge ou en brun, comme le leur.
La disposition de ces cordons longitudinaux , les renflements successifs quUls éprouvent, les filaments déliés qu'ils donnent de part et d'autre, leur réunion autour de la bouche, leur couleur constamment blanche , et leur texture intime, peuvent les
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faire considérer comme des nerfs munis de renflements ou de ganglions (i). Mon opinion à cet ëgard acquerra encore plus de force, quand j'aurai fait connaître la structure des lignes latérales, qui diffèrent totalement de celles dont je viens de parler, et des fibres charnues longitudinales (2).
(1) Les ezpirîences que j'ai tentées ayec la pile, pour m'assurer de la nature de ces cordons, m'ont appris seulement qu'ils ne sont pas contractiles comme les muscles 9 mais qu'ils peuvent transmettre le fluide galranique à ces organes , et déterminer ainsi leurs contractions. Lorsqu'on les irrite d'une manière mèca*
nique, les muscles Toisins se contractent ; cependant^ comme les mêmes effets se reproduisent lorsqu'on agit sur un faisceau de fibres musculaires, ces résultats ne peuyent être regardés comme entièrement concluants en faveur de mon opinion.
(a) H. Rudolphi refuse des nerfs aux Ters intestinaux. Il dit les atoir cherchés en vain sur le strongle géant, l'ascaride lombricolde^ l'échinorhjnque géant, etc.; et il termine en disant: Cercbro et nervis eniozois ergo non concessisf prmdpium nerveum reliquœ nuUeriœ nuptum et immixtum sensoruquaUscumque nervorunu/ue Junctioni prœesse supponamus. {Entoz., t. I^ pag. aSg. ) Il pense que les cordons blancs du dos et du Tcntre de l'ascaride lombricolde sont de nature musculeuse. (fnloz. ,t. I9 pag. a36.) Cette opinion n'est pas admissible. H. Laënnec, au contraire, les regarde^ ainsi que nous, comme formés par une réunion de ganglions ner?eux. {Dict. dessdenc. méd.^t. II, pag. 2/^2.)
Un savant aussi distingué que modeste, M. Otto, professeur d'anatomie à Breslau , et ami de M. Eudolphi , s*est occupé avec beaucoup de patience de l'organisation des vers intestinaux; il a reconnu avec nous Texistenoe des nerfs dans les ascarides lombricoldes.
M. deLamarck admet également des nerfs dans les vers des intestins. Plusieurs naturalistes ont cru devoir suspendre leur jugement sur l'existence des nerfs dans cette classe d'animaux.
En assignant un système nerveux à l'ascaride lombricoîdc , je suis heureux de pouvoir m'appuyer de l'autorité de M. Guvierj qui dit, en parlant des vers intestinaux cavitaires : « Il parait qu'il y a deux cordons nerveux , partant d'un • anneau qui entoure la bouche et règne sur toute la longueur du coips, à la B bce interne de l'enveloppe. • M. Cuvier, ayant vérifié ce fait sur divers ascarides,
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