CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES APONÉVROSES
Trees Les aponévroses se divisent (Bichat) en deux classes bien aponévrosesen distinctes. Les unes servent d'insertion aux muscles, ce sont be les aponévroses d'insertion ; les autres servent d'envéloppe
insertion et enaponévroses OU de HER de contention à ces mêmes muscles, ce sont de contention. es aponévroses d’enveloppe où de contention. Beaucoup d'aponévroses remplissent ces deux usages à la fois; mais, en général, l'un de ces usages prédomine dans chacune d'elles.
Les aponévroses d'insertion se subdivisent en celles, qui
Les aponévroses d’inser- font suite à des tendons dont elles sont l'épanouissement, et
en rs en celles qui ne naissent point par des tendons, Les aponédons, tantôt vroses des jumeaux, du soléaire, sont dans la première ca- Die indé tégorie ; celles des muscles larges de l'abdomen sont dans la seconde. Dans ce dernier cas , l'aponévrose sert à la fois et à l'insertion et à la contention. Quelquefois l'aponévrose occupe la partie moyenne du muscle. Ex. : aponévrose diaphragmatique ) aponévrose occipito- frontale, L’ utilité des aponévroses d'insertion est évidemment en rapport avec la multiplicité des fibres musculaires qui n'auraient ne toutes | se fixer sur l’étroite superficie du squelette. AE Les aponevroses de contention , tantôt enveloppent Ja totade contention, lité des membres ; tantôt n 'engainent qu'un ‘seul muscle ou Générales, plusieurs RARE. Les premières sont appelées générales ; : Partielles. les secondes sont dites partielles. Ces aponévroses se rencontrent non-seulement aux membres, où elles jouent un rôle si essentiel, mais encore au
tronc. Règle générale : partout où A rém 4 ê EU 7 Len .
plissant un usage spécial , et susceptible de déplacement 1oi qui pré-
dans sa contraction, il existe une aponévrose, ou mieux une ler ns gaine aponévrotique; et l'épaisseur de cette gaine est pro- aponévroses. portionnelle à la longueur du muscle, à sa force, et surtout à sa tendance au déplacement. |
On considère à chaque aponévrose une surface externe , une surface interne, un bord ou une circonference superieure qu'on appelle quelquefois son origine, un bord ou une circonférence inférieure ‘quon appelle quelquefois sa terminaison. |
1°. Par leur surface externe , les aponévroses d’enveloppe rt générale répondent au tissu cellulaire sous-cutané, dont elles terne des aposont séparées par les veines, les vaisseaux lymphatiques et "v"05sles nerfs superficiels. Il suit de là que la peau est mobile sur Mobilité de ces aponévroses; quelquefois, cependant, elle leur adhère la peau à leur intimement au moyen de, prolongemens fibreux nés de la face profonde du derme. Exemple : les aponévroses palmai- Quelquefois res et plantaires. Que serait-il arrivé relativement au toucher la peau adhère et à la station, si la peau de ces régions eût présenté la mobilité de la peau de la cuisse ? La même adhérence s'observe encore au cuir chevelu.
La mobilité de la peau sur les aponévroses a lieu par le mécanisme suivant: de la face profonde du derme partent Maniere
‘ jee : .. dont a lieu la
des prolongemens fibreux trés-multipliés, lesquels intercep- wobiité des tent des aréoles qui sont le réservoir du tissu adipeux; ces pro- #Ponévroses. longemens réunis s'épanouissent en membrane qui glisse sur l'aponévrose, les vaisseaux et les nerfs superficiels ; c’est
cette membrane sous-cutanée qui porte le nom de fascia
superficialis.: on ne la rencontre d’une manière distincte
que dans les parties où rampent des vaisseaux et nerfs superficiels; telle est la partie inférieure de l'abdomen ; tels sont les membres. | |
2°, La surface profonde de l'aponévrose d'enveloppe géné- surface prorale. présente des prolongemens fibreux qui s'interposent fonde des apoentre, les, couches de muscles et même entre les muscles
298 APONÉVROLOGTE.
qui composent ces couches. En outre, tantôt elle donne
insertion aux muscles superficiels, et par elle-même et par
ses prolongemens ; tantôt, et cette disposition s'observe dans
la plus grande partie de son étendue, elle glisse sur les
muscles et leurs tendons , au moyen d'un tissu cellulaire
flamenteux fort lâche. Enfin, au milieu de toutes ces gaînes
musculaires , il existe une igaine propre pour les vaisseaux principaux du membre. de ou p æ
Des ga (CES gaines aponévrotiques ne sont pas tellement moulées
nes aponévro- sur les muscles, qu’elles ne permettent l'accumulation d’une
LA certaine quantité de graisse dans leur cavité; cependant,
leur capacité a été si exactement mesurée sur le volume
des muscles, que ces muscles contractés éprouvent de la
part de leurs gaînes une pression qui favorise puissam-
ment leur action, en même temps qu'elle prévient tout
déplacement. Dans l’amaigrissement , les gaines ne sont
plus remplies par leurs muscles respectifs, et sans doute le
défaut de compression des muscles doit jouer quelque rôle
dans la faiblesse du convalescent ou de l'individu épuisé
par une maladie chronique.’ fo 44 3 tu
FRE) 3°, Les aponévroses, par leurs circonférences, abusivement
ces des aponé- nommées origine et terminaison de ces aponévroses, 1° se
FOR continuent avec l’'aponévrose de la région qui lès’ précèdé
et qui les suit, 2° se fixent aux éminences d'insértion que
présentent les extrémités articulaires des os, 3° résultent
en partie de l'épanouissement des tendons. Set of"
Les aponévroses sont traversées par des vaisseaux ét des
Anneaux. nerfs; et alors des arcades, dés anneaux ou des canaux
Arcades. fibreux sont déstinés à conduire et à protéger ces vaisseaux
de | et ces nerfs : telles sont les gaines de l'artère et de la
veine fémorales, de l'artère et de la veine brachiales, l'ars
cade fémorale, l'arcade et le canal des adducteurs, l'arcade
du trou ovalaire, l'arcade diaphragmatique de l'aorte ; ca-
naux et arcades qui s'opposent à ce que les artères , veines
et nerfs qui les traversent ne recoivent quelque dommage
de la contraction des muscles. Gardons-nous néanmoins de Les vaiscroire que ces vaisseaux soient exempts de toute compres- pie UT à sion; car l'expérience a prouvé que les artères sont sur- PRES tout exposées aux anévrismes au voisinage de ces arcades. cades pp Exemple : les artères poplité , fémorale faorte. Les fibres vrotiques. musculaires ne s’insèrent pas en effet à ces arcades de ma-
nière à les dilater dans tous les sens et à les élargir pendant
leur contraction, mais bien de manière à les alonger dans
un sens en les rétrécissant dans un autre.
” D'ailleurs, toutes les aponévroses, soit d'insertion, soit voutes jes de contention, ont leur muscle tenseur. Pour les aponé- aponévroses vroses d'insertion; il n'est pas besoin de preuve; le muscle sn éd ou les muscles auxquels elles fournissent un point fixe ou
un point mobile les tendent nécessairement. Cette proposi-
tion n’est pas moins vraie pour les aponévroses de conten-
tion : quelques-unes ont même un musele tenseur propre:
Ainsi, l’'aponévrose occipito-frontale a pour tenseurs les
muscles occipital et frontal. L'aponévrose fascia-lata et l’apo-
névrose palmaire sont tendues par le muscle du fascia-lata et
Je petit palmaire, etc. #1} |
Les aponévroses, soit d'insertion, soit de contention, Epaisseur et membranes inextensibles, résistantes, insensibles, ont une RTE épaisseur et par conséquent une force rigoureusemént Pro- en ROLE portionnelles à la force et à la résistance des muscles qu'elles + Botte éngaïnént ou auxquels elles servent de moyen d'insertion. lenr tendance Ainsi l'aponévrose fémorale est singulièrement plus forte que déplaser l'aponévrose brachiale; ainsi, l'épaisseur des aponévroses va
en augmentant depuis la partie supérieure jusqu'à la partie in-
férieure des membres; ainsi , le puissant muscle vaste externe ést pourvu d’une aponévrose contentive plus forte que les 1° CAE muscles de la région ‘postérieure et que ceux de la région in- mp PE terne de la cuisse. On peut donc considérer comme une loi MG SR sans exception ce fait général, savoir, que le système aponé- le développe- “rotique suit constamment dans son développement les ment du sys-
| tème muscumêmes phases que le système musculaire. Ainsi, c'est sur laire,
306 APONÉVROLOGIE.
des individus vigoureux qu'il faut étudier les aponévroses D cie aussi bien que les muscles : l'aspect nacré se perd chez es” carnassiers les individus épuisés par des maladies chroniques. C'est Le jen chez les carnassiers que le système aponévrotique, de ue dans même que le système musculaire, se voient dans toute Te Pléni- Jeur plénitude : chez eux l'aspect nacré est bien plus prononcé, et le tissu cellulaire est souvent remplacé par du tissu fibreux. Chez ces animaux, les enveloppes cellulaires, les cloisons celluleuses des muscles sont des enveloppes et des cloisons fibreuses : cette transformation du tissu cellulaire en tissu fibreux prouve l’analogie qui existe entre l'un et l’autre sous le rapport de l'organisation, de la vitalité.
et des usages.
Suucture Les aponévroses minces sont composées d’un seul plan des aponévro- de fibres parallèles laissant entre elles des intervalles ou: re éraillemens plus ou moins considérables: les aponévroses fortes sont composées de plusieurs plans superposés, dont les fibres s'entrecroisent tantôt à anglé droit et tantôt à angle
aigu.
Les vaisseaux et les nerfs des aponévroses sont peu connus : je crois avoir suivi des nerfs dans leur épaisseur. J'en ‘ai bien certainement suivi dans l'épaisseur de la dure-mère.. Les ‘gaines AUX aponévroses, je’ rapporterai les gaines fibreuses . des. etes br tendons qui se présentent sous la forme tantôt de demi-anpartie du sys EAUX, tantôt de demi-canaux plus ou moins prolongés, qui tème aponé- maintiennent les tendons appliqués contre les os. Leurs usa-
vrotique. 2 à : .
ges sont de contenir les tendons, de les maintenir appliqués contre les os, et de favoriser leur réflexion.
Au système aponévroti i PACE M ponévrotique on pourrait rapporter, le
peut encore Jui périoste , véritable aponévrose des os qui les enveloppe de être rapporté. toutes parts et leur constitue une gaîne fibreuse. Nous pouvons considérer le périoste comme le point central du système aponévrotique. De ce point central partent tantôt des tendons qui vont s'épanouir à la surface ou dans l'épaisseur des muscles, pour constituer les aponévroses d'insertion;
tantôt des espèces de cônes ou pyramides fibreuses, de la sur-
face interne desquelles naissent les fibres aile Du pé- ‘7 ss rioste, ou por des arètes ou crètes qui hérissent les OS, partent les tennaissent les aponévroses ou partielles ou générales. Ainsi, de UE muscles des membres sont situés entre deux lames aponé- ponévrotique. vrotiques : la lame profonde est le périoste ; la lame super-
ficielle est l'aponévrose d’enveloppe générale; des cloisons
multiples et variées vont de l’une à l’autre, et divisent les
membres en une multitude de compartimens destinés à
isoler, à contenir et à protéger les différens muscles.
x des aponévroses. Parties intégrantes du tissu fibreux, Usages des les aponévroses partagent les propriétés physiques, chimi- #Ponévroses, ques, anatomiques, physiologiques et pathologiques de ce tissu,
1°. À raison de leur grande fôrce de cohésion, elles peuvent résister aux tractions considérables où aux dis- A raison tensions qu'exercent sur elles les fibres musculaires. Leur Air ne division ou leur destruction est accompagnée du dépla- s'opposent au cement des parties qu'elles étaient destinées à brider. Elles He établissent entre les différentes couches de parties des | limites extrémement précises, qu'il est de la plus haute importance de connaître exactement, si l’on veut se rendre un compte fidèle d'une foule de phénomènes morbides, et se diriger dans la pratique des opérations chirurgicales.
2°, Elles sont inextensibles, d'où la résistance qu’elles Ne OR opposent au développement des parties subjacentes, d’où inextensibles. l'étranglement des inflammations sous-aponévrotiques. Lorsqu'elles sont soumises à une cause de distension lente et graduelle, elles finissent par céder; mais alors elles s’éraillent, s'affaiblissent, et EN ie EPST leurs ons k :
3°. Elles nie sont nullement élastiques : aussi, lorsque leur PATES distension a dépassé une certaine mesure, elles ne reviennent pas “élastiques. jamais sur elles-mêmes. Voyez les parois abdominales distendues par la grossesse ou par une ascite,
Elles jouissent d’une vitalité trés-borhée, :
Ce qu’on doit entendre par fascia superficiel.
3oa | APONÉVROLOGIE.
4. Le peu de vitalité dont elles sont douées explique pourquoi elles participent si peu aux inflammations et aux maladies des parties voisines ; et pourquoi elles sont pour cés maladies des limites qu'elles parviennent rarement À franchir. Insensibles à tous les stimulans ordinaires, les aponévroses deviennent douloureuses lorsque, par une distension brusque, elles sont portées au-delà de leur extensibilité. L'aponévrose plantaire, ainsi tiraillée, cause une sensibilité extrême.
Ces généralités établies, nous allons décrire successivement les principales aponévroses du corps humain.