‹ Anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 138 sur 223 · DES APONÉVROSES EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES APONÉVROSES EN PARTICULIER

APONÉVROSE SUPERFICIELLE, OU FASCIA SUPERFICIALIS:

De tous les points de la face profonde de la peau naissent des lamelles fibreuses qui, s'entrecroisant en divers sens, constituent des mailles ou aréoles, dans lesquelles sont déposées, la graisse dans l'embonpoint, la sérosité dans l'infiltration. C'est dans l'épaisseur de ces lames qu'est développé le peaucier des animaux, et que rampent les vaisseaux, nerfs et ganglions lymphatiques sous-cutanés : c’est l’ensemble de toutes ces lamelles qu’on est convenu d'appeler dans ces derniers temps fascia superficialis.

Signalée de la manière la plus explicite par Glisson , qui ja désignait sous le nom d'enveloppe musculaire générale, et qui la faisait partir de l'épine pour recouvrir toute la surface du corps, cette couche sous-cutanée a été d’abord décrite sur l'abdomen, à l'occasion des hernies, par Camper, Cowper, Scarpa, Hesselbach, Lawrence, J. Cloquet, etc. M. Godman l'a étendue à toute la surface du corps. M. Pail: lard, dans sa dissertation inaugurale, l'a suivie avec plus d’exactitude encore. MM. Velpeau et Blandin, dans leurs

FASCIA SUPERFICIEL. 303 Traités d'anatomie chirurgicale, considèrent dans presque toutes les régions un fascia superficialis.

Mais en donnant au mot aponévrose l'acception généralement usitée, il n'existe de fascia superficialis, c’est-à-

dire de toile aponévrotique susceptible de démonstration |

anatomique, que dans deux ordres de régions : 1° dans celles où la peau jouit d'une grande mobilité; »° dans celles où existe une couche de vaisseaux et de nerfs souscutanés : dans l’un et l'autre cas, ces prolongemens fbreux s’épanouissent en lame mince qui constitue l’en-

veloppe superficielle de ces vaisseaux et de ces nerfs, et qui

est séparée de l’aponévrose d'enveloppe musculaire par une couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire séreux et adipeux. Dans tous les autres points, ces prolongemens fbreux de la peau vont se continuer, soit avec les aponévroses d'enveloppe, soit avec les gaînes fibro-celiuleuses propres des muscles, ou se perdre dans le tissu cellulaire sous-cutané, Cela est si vrai, que cette espèce de couche fibreuse aréolire, que l’on sépare à grand’peine de Ja peau chez les personnes amaigries, disparaît chez celles dont les mailles fibreuses sont distendues par de la graisse ou de la sérosité.

Cela posé, je vais décrire le fascia superficiel dans les régions seulement où son existence est bien démontrée, c'est-à-dire à la partie inférieure de l'abdomen et aux extrémités.

De l'aponévrose sous-cutanée abdominale.

Gette aponévrose, en formant la première enveloppe fbreuse sous-cutanée des hernies, à dû fixer l'attention des tuteurs qui se sont occupés ex professo de l'anatomie pathoogique de ce genre de maladies.

Elle devient manifeste au voisinage de la région ombiliale, d'autant plus évidente qu’on s'approche davantage du plide laine , et là se divise en deux lames, dont l’une se fixe à J'arcade fémorale, et dont l'autre se prolonge sur le

Le fascia superficiel n’existe pas sur tout

ec

orps.

Dans quelles régions on le rencontre,

Aponévrose sous = cutanée abdominale.

Sa division en deux lames.

304 APONÉVROLOGIE.

Due niembre abdominal. Ses limites sont en dedans Ja ligne mé- | tion sur l'an- diane ; en dehors une perpendiculaire élevée de l'épine neau inguinal. iliaque antérieure et supérieure. Elle se prolonge sur l'an-

neau inguinal et le cordon des vaisseaux spermatiques chez

l'homme. |

On adit que chez le fœtus, avant la descente du testicule ,|

ce fascia s'enfonce dans le canal inguinal pour former) un prolongement infundibuliforme, lequel atteint l'extré-| mité inférieure de cet organe, et on suppose que le dartos| est le résultat de l'épanouissement du fascia superficialis ; mais une pareille description ne peut être considérée que)

comme une vue ingénieuse de l'esprit , et n’a pas été faite le

scalpel à la main. vig $

Du reste, la face superficielle de l’aponévrose sous-cuta* née abdominale répond à la peau, dont elle est séparée par une couche plus ou moins épaisse de tissu adipeux; c'est dans ce tissu cellulaire adipeux que rampent les vaisseaux et les nerfs sous-cutanés de l'abdomen. Sa face profonde répond à l’aponévrose du grand oblique, et en partie au corps charnu de ce muscle, dont elle est séparée par une couche! de tissu cellulaire séreux qui lui permet de glisser aisément

sur ce muscle et sur les vaisseaux et nerfs sous-cutanés. |

Rapports.

Aponéyrose sous-cutanée des membres thoraciques et | abdominaux. |

C’est une gaîne fibreuse, mince, séparée de la peau

Aponévrose par une couche plus ou moins épaisse de tissu adipeux,

sous - cutanée , À : , : ; , |

des muscles Séparée de l’aponévrose d'enveloppe par les vaisseaux et

€ Ar nerfs sous-cutanés. On Ja cherche inutilement, 1° autour des

“articulations ; 2° à la paume de la main et à la plante des

pieds , où la peau devient adhérente aux aponévroses. |

Page 1