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DES LÈVRES

Les léeres, paroi antérieure de la bouche, sant deux

voiles mobiles, extensibles, contractiles, qui circonscrivent l'ouverture de cette cavité. |

On les distingue en superieure et énferieure. Leur direc- La iiéñéh tion est verticale comme les arcades alvéolaires et dentaires des lèvres est sur lesquelles elles sont appliquées. Cette direction est pro- pen pre à l’espèce humaine et plus particulièrement à la race caucasique ; des lèvres déjetées en avant, comme chez les animaux, et non placées sur le même plan vertical, donnent à la physionomie un caractère bas. Leur hauteur est mesurée par celle des arcades alvéolaires et dentaires. La lèvre supérieure a une plus grande hauteur qne la lèvre inferieure.

Les deux lèvres présentent à considérer une face antérieure ou cutanée, une face postérieure ou muqueuse, un bord adhérent, un bord libre et deux commissures,

Face antérieure. Elle offre à la lèvre superieure, 1° sur la . Face anté-

rieure de la lèligne médiane, une rainure verticale, sillon sous-nasal, qui vre supérieure.

naît de la sous-cloison du nez et se termine en bas à un tu- Sillon sous. bercule plus ou moins proéminent, suivant les individus. A

. Gette rainure est le vestige d’une division de la lèvre qui

est naturelle à plusieurs mammifères. Le vice de conforma-

üon connu sous le nom de bec-de-lièvre occupe toujours

lun des bords de la rainure quand il est simple, et les

deux bords quand il est double.

. 2° De chaque côté, la lèvre supérieure est convexe, couverte

d’un léger duvet chez la femme et chez l’homme impubère, et, à l'époque de la: puberté chez l’homme, de poils longs et raides qui se dirigent obliquement en dehors. En avant, la vre inférieure regarde un peu en bas » etse Face antécouvre de poils seulement à sa partie moyenne, qui n'offre ter: pas de dépression médiane, Fe Face postérieure. En arrière les deux lèvres sont libres sa es né sur la ligne médiane, où se voit un petit repli Mu: jeure. das queux appelé frein ou filet de la lèvre, plus prononcé Frein on fpour {la supérieure q'1e «pour l'inférieure; cette face est let de la lèvre,

378 SPLANCHNOLOGIE.

Défunt d'a. humide et en rapport avec les arcades alvéolaires: et dendhérence des taires. L'indépendance complète des lèvres, par rapport au:

X OS SATA nl os maxillaires, rend raison de l'extrème mobilité (x) de ces

voiles membraneux. |

Limite des Bords adhérens des lèvres. Les lèvres sont limitées à leur

lèvres en ar- face postérieure par la réflexion de la muqueuse qui de la

me lèvre se porte sur la mâchoire, en sorte qu'il existe ent |

les lèvresetles os maxillaires an sillon profond et fort remar-

Yestibule de quable, qu’on peut considérer comme une cavité buccale anla bouche. sérieure, ou le vestibule de la bouche. aug

ee En devant, la lèvre supérieure est limitée par la base du

Limites des

res en avant nez 4vet idé RES côté elle est distincte des joues par la

saillie du bord interne du muscle releveur commun dù nez

et de la lèvre supérieure : la lèvre inférieure est limitée sur

la ligne médiane par une dépression transversale qui la sépare

du menton, sillon mento-labial dépression remarquable par Sillon mento-

RU) les poils érpet dde lobes: qui en naissent : de chaque côté, | elle est distincte des joues par la saillie du bord interne du muscle triangulaire des lèvres. + AN dé: |

. La ligne ou sillon qui sépare les lèvres des joues com: er. mence à l'aile d lée -labiale

Mer tal ile du nez et est appelée /igre naso-labiale (2):

labial. elle serait mieux nommée ligne ou st/lon bucco-labial.

On voit que la limite entre les lèvres et les; joues e ‘est puré-

ment artificielle, et que les deux lèvres, prises | collective.

ment, représentent une ellipse dont le grand diamètre sl BLEU ur

Bords libres des lèvres. Les bords libres des lèvres sont arrondis , recouverts par un tégument rosé qui tient le milieu

(x) Les mammifères seuls sont doués de lèvres mobiles, in dépendantes des mâchoires ; mais cette indépendance est encor bien plus prononcée chez l’homme.

(2) On attache en séméiotique beaucoup d'importance à ce sillon:

C'est la ligne abdominale, parce que ce sillon devient très-prononcé dans les maladies de l'abdomen. 4

entre le tissu cutané et Le tissu muqueux , coupés par des pis ou rides plis ou rides perpendiculaires à la longueur des lèvres, qui du bord libre sont la trace des plis que détermine la contraction du mus- Ce cle orbiculaire. Ces bords libres, qui sont comme renver-

‘sés en dehors, surtout à la lèvre inférieure, présentent en

‘avant une ligne qui établit une démarcation bien tranchée

‘entre la peau et les membranes muqueuses. Ces bords dé- Ligne onducrivent une ligne ondulée qui a fixé l'attention du peintre lée de ce bord. bien plus encore que celle de l'anatomiste.

Une saillie médiane légère ; de chaque côté une légère dé- Dobeription pression pour la lèvre supérieure : une dépression médiane succincte de ce £ . . è 2 \ ° # + °71 b d.

et deux saillies. latérales pour la lèvre inférieure: voilà les traits les plus remarquables de ces bords libres, qui sont contious l'un à l’autre dans leur rapprochement, et ferment complétement l'ouverture de la bouche.

Du reste, les bords libres des lèvres sont la partie la plus Fe A à L à enlAg: Inégalité épaisse de ces voiles mobiles, et l'épaisseur de ces bords d'épaisseur du libres va en diminuant de leur partie moyenne à leurs extré- RE ser mités. Cette épaisseur varie d’ailleurs beaucoup, suivant les sujets. En général, on regarde des lèvres épaissés commele Distinction | hou: dé Vaffs ; ful ne d Von d: importante recachet de l'affection scrofuleuse ; mais, dans l'apprécias tive à cette tion de cette épaisseur, il faut bien distinguer le volume qui épaisseur. dépend de la prédominance de la couche musculaire de celle qui dépend de la prédominance de la peau et du tissu cellulaire. Dans la race éthiopienne, le volume des lèvres tient exclusivement aux muscles.

Commissures. Les extrémités des bords libres des lèvres Commissusont minces, et constituent par leur réunion les angles ou %*° °® angles

* $ \ à des lèvres.

commissures des lèvres (commissure, de cum miscere ). sie

Ouverture antérieure de la bouche. Les bords libres des lè- … Ouverture vres interceptent une fente transversale ; c’est l'ouverture: an- antérieure {de

ne s “0 é la bouche.

térieure de la bouche, dont les dimensions, variables chez l'homme, ont motivé la distinction de la bouche en moyenne, grande ; petite; distincüon qui ne porte nullement sur la cavité buccale proprement dite, mais bien sur son orifice. Au

380 SPLANCHNOLOGIE.

reste, l'ouverture antérieure de la bouche est éminemment dilatable, se prête à l'introduction de corps très-volumineux, et rend facile l'exploration detous les recoins de la cavité

Sa dilatabilite.

Structure buccale.

des lèvres. : Structure des lèvres. Deux couches tégumentaires, une

cutanée, une muqueuse ; une couche musculeuse ; une couche glanduleuse ; des vaisseaux , des nerfs et du tissu cellulaire : telles sont les parties constituantes des lèvres.

Couche cutanée. Remarquable par sa densité, par son épaisseur, par le volume des follicules pileux qui sontilogés en partie au-dessous d'elle, par l'intimité de son adhérence avec la couche musculaire; si bien qu’il est impossible de la disséquer sans empiéter soit sur elle, soit sur les fibres char- "esi tan- e , .

Sa résistan- Les, On peut la considérer comme constituant la charce et sa sensibilité. pente de la lèvre. Sa sensibilité est exquise; et chez plusieurs animaux elle jouit d’un tact si délié, que le moindre mouvement imprimé à l'extrémité des longs poils dont elle est & pourvue avertit ces animaux de la présence des objets. ouche mu: : ; »

queuse, © Couche muqueuse. Remarquable par la présence d'un épiderme très-facile à y démontrer. Cette membrane revêt le ‘bord libre des lèvres , en sorte que, par une exception rare dans l’économie, une partie de cette muqueuse est en contact habituel avec l'air extérieur. Son adhérence n’estintime qu’au niveau du bord libre. | Coucheglan- : ; Dai SE | ee PTE Couche glanduleuse. Couche épaisse, située entre la muqueuse , qu'elle soulève, et la couche musculeuse. Elle est constituée par de petites glandes sphéroïdales, de volume inégal, juxta-posées, bien distinctes les unes des autres, qui, Elle est cons- sécher 1 y : :

bitnéé-pet fe PIERRE représentent de petites glandes saliglandes,et non vaires, dont chacune est pourvue d’un conduit excrépar des folli- 1 QE 2 “. à 1 cules.. teur, lequel vient s'ouvrir à la face postérieure de la muqueuse par un orifice bien distinct (r). Ce sont des glandes salivaires labiales , et non point des follicules mucipares.

Couche cutanée.

(1) Lorsque ces orifices s’oblitèrent, les conduits excréteurs dilatés se transforment en des kystes salivaires , qui peuvent acquésir de très-grandes dimensions.

ORCANES DE LA DICFSTIOZ. DES LÈVRES. 38

Couche musculeuse. Elle est essentiellement constituée par un muscle intrinsèque, c’est l’orbiculaire des lèvres, auquel viennent aboutir la plupart des muscles de la face, savoir , 1° pour la,lèvre supérieure : l'élévateur commun, Télévateur propre, l’abaisseur de l'aile du nez, le naso-labial et le petit zygomatique , lorsqu'il existe ; 2° pour la lèvre inférieure : les muscles carrés et les releveurs du menton; 3° pour les deux lèvres : le buccinateur que nous avons considéré comme constituant le muscle orbiculaire par sa bifurcation; 4° pouriles commissures, le grand zygomatique, le triangulaire , le canin, et le risorius de Santorini, quand

Couche musculeuse.

il existe ; en tout vingt-cinq muscles, y compris l'orbiculaire

des lèvres. Les différences que présente le bord libre des levres chez les divers individus tiennent à l'épaisseur plus ou moins considérable de la zone de l'orbiculaire qui répond à ce bord libre.

On voit que rien de fibreux n'entre dans la composition des lèvres et de leurs commissures, lesquelles sont exclusivement formées par des fibres charnues; disposition qui leur permet une extension considérable, que le chirurgien utilise ‘pour pratiquer des opérations dans la cavité buccale et dans Je pharynx. |

Vaisseaux, nerfs, cellulosité. 1 est peu de parties aussi abondamment pourvues que les lèvres de vaisseaux et de nerfs. Les crteres des lèvres viennent de deux sources principales : 1° de la faciale, ce sont les coronaires ; 2° de l'artère maxillaire interne, ce sont les artères buccales, sous-orbitaires , alvéolaires pour la lèvre supérieure et mentonnières pour la lèvre inférieure. L’artère sous-mentale, branche de Ja faciale, et l'artère transversale de la face, branche de la temporale, y envoient aussi quelques rameaux.

Les veines portent le même nom et suivent le même trajet: les vaisseaux lymphatiques peu connus vont s'ouvrir dans les ganglions lymphatiques de la base de la mâchoire. Les nerfs viennent de deux sources bien distinctes: 1° de la cinquième ; 2° de la septième paires. |

Aucun tissu fibreux n'entre ans la structure des lèvres

Artères.

Veines.

Nerfs.

382 sPLANCHNOLOGIE. |

Le tissu cellulaire contenu dans l'épaisseur des lèvres est

Pissu cella- 1 peut s'infiltrer d’une grande quan-|

essentiellement séreux.

laire.

Sité de sérosité; tandis que chez les individus pourvus du plus| gros embonpoint il ne se pénètre jamais que d'une très-pe-| tite quantité de graisse. | Développe- Développement. Suivant Blumenbach et la plupart des!

ment. anatomistes modernes, la lèvre supérieure se développerait par trois points, où trois parties distinctes, dans le principe, savoir, une médiane et deux latérales. Quelques-uns ont encore renchéeri sur cette manière de voir, et prétendu que le point médian se forme primitivement par deux moîitiés! latérales, dont la réunion serait excessivement hâtive.

Hypothèse Cette hypothèse repose en partie, 1° sur l'observation dul nee 4 "bec-de-lièvre simple et double, division qu'on a gratuite-| ment supposée n'être qu'un arrêt de développement ; |

» Surle mode de développement des os maxillaires supérieurs, dont le bord alvéolaire serait, dit-on, composé de | quatre pièces, deux médianes ou incisives et deux laté-! rales; |

3° Sur l'existence permanente de ces divisions chez quelques animaux. |

Raisons qui Mais cette manière de voir est infirmée,. 1° par le défaut LE see de séparation des pièces osseuses dites incisives Chez le fœtu | humain ; tout ce qu’on peut voir (voyez développement dé

l'os maxillaire supérieur, OsréoLoere ), c’est une scissure qu!

est le vestige de cette séparation ; | : À . » . ; : \ / ‘|

2° Une raison péremptoire, c'est qu à aucuñe époque de la vie fœtale, on ne peut démontrer l'existence de parties dis tinctes dans la lèvre supérieure. La lèvre supérieure m'el toujours paru fermée d'une seule pièce, dés Je premiel| moment de son apparition. | +] Il en est de même de la lèvre inférieure, qui, suivant le auteurs, se développerait par deux moitiés latérales ; mais { aucune époque de la vie fœtale'on ne peut reconnaître uni

semblable division (r). Je ne connais même pas d'exemple de cas anormal dans lequel une semblable disposition ait existé. ” La longueur des lèvres chez l'enfant nouveau-né, lon- Lénpe gueur qui est si éminemment favorable à la succion , tient des lèvres chez à l'absence des dents, C'est à la même cause, jointe à l’ab- a HU sence des bords alvéolaires, qu'est due la longueur des lè- le vieillard. vres chez le vieillard. !

Usages. Les lèvres, paroi antérieure de la bouche, forment au-devant des arcades älvéolaires et dentaires une espèce Usages. de chaussée qui retient la salive, Leur importance comme obstacle à l'émission continue de la salive est telle, que, dans le cas où elles sont détruites, cet écoulement peut devenir une cause d'épuisement et de mort (2). Elles servent à la préhension des liquides, à la succion, à l’action de siffler, au jeu des instrumens à vent, à l'articulation des sons. Elles jouent un trés-grand rôle dans l'expression des passions que nous avons vues se partager pour ainsi dire les muscles de la face. | La fierté, le dédain, la joie, la douleur , la colère, toutés les nuances dont les passions sont susceptibles, se peiÿnent d’uné manière frappante sur le pourtour des lèvres. La bouche est plus particulièrement le siége des grimaces,

qui ne sont autre chose que l'expression des passions ridiculement exagérée. |

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