‹ Anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 161 sur 223 · DÉ L'INTESTIN GRÊLE · texte numérisé non relu

DÉ L'INTESTIN GRÊLE

TRE L'intestin gréle comprend toute cette portion de l'intestin num fait partie GUL ESÉ comprise entre l'estomac et le gros intestin. Selon k 4 lines Re Bichat et ceux qui les ont suivis, la partie supérieure de cet intestin appelée duodénum , devrait en être distraite, en sorte que, d'après eux, l'intestin grêle ne commencerait qu'à la fin du duodénum. La première acception ‘me parait devoir être maintenue, vu 1° l'absence d’une démarcation! réelle entre le duodénum et le reste de l'intestin grêle, 2°

la communauté de structure et d'usages.

(r) La distinction de l'intestin en grèle et en gros est applicable à tous les animaux vertébrés. Mais aucun animal, à l'exception des orangs et du phascolome,ne présente à la fois un cœcum et une appendice, Chez quelques animaux, on trouve un ou plusieurs cœcums; chez d’autres, une ou plusieurs appendices vermiculaires ; ailleurs , il y a absence de cœcum et d’appendice ; mais un repli valvulaire et un changement notable dans le diamètre établissent la limites Chez quelques-uns enfin, toute la différence consiste dans un chan:

gement dans le diamètre. ! |

On divise l'intestin grêle en trois portions : /e duodenum ,

Division de

le jéjunum et l’ileon. La distinction établie entre le duodé: l'intestin grêle

num et le reste de l'intestin grêle est légitime; mais celle qui sépare le jéjunum de l'iléon est tout-à-fait arbitraire : aussi, à l'exemple de Haller , Sœæmmering et autres, décrirons - nous simultanément le jéjunum et liléon sous le titre d’intestin grêle proprement dit.

Duodénum.

Préparation, En ouvrant l’abdomén , on ne voit que la première portion de cét intestin. La seconde est masquée par le colon ascendant. La troisième se voit dans l'arrière cavité épiploïque. On met'à découvert la déuxième en renversant le colon. La troisième, qui est la plus difficile à démontrer, peut être miseà découvert de deux manières, ou.en incisant le feuillet inférieur du mésocolon transverse, ou en renversant l’estomac en haut, après avoir divisé les lames du grand épiploon qui s’insèrent à sa grande courbure.

Le duodénum (dodixad xlvroy), nom donné par Hérophyle(r1), à la première portion de l'intestin grêle, à raison de sa longueur qu'il a estimée à douze travers de doigt, commence au pylore et finit sans ligne de démarcation précise, à gauche de la deuxième vertèbre lombaire au moment où il entre dans l'épaisseur du mésentére, ou mieux encore au niveau de l'artère. et de la veine mésentériques supérieures qui passent au-devant de lui. Sa fixité > Sa Structure et ses courbures motivent sa description. isolée (ads

Sa situation précise Par rapport aux parois abdominales, est difficile à déterminer. Il n'appartient. exclusivement à aucune région de l'abdomen, mais il oCCupe successivement les limites: 1° de l'hypocondre droit et de l'épigastre; 2° du flanc. droit et de la région ombilicale; 3° de l'épigastre et de la résion ombilicale,

(x) Galen., Administr. anat., lib. VI, @'o: | (2) Glisson avait établi pour limite inférieure du duodénum » line sertion du canal cholédoque.

en trois portions.

Les limites du daodénum sont arbitraires.

484 SPLANCHNOROGIE,

Sa situation est d'autant plus profonde qu'on niséloigne davantage du pylore : d’où la difficulté de l'exploration du duodénum à travers les paroïs abdominales.

IL est fixé solidement dans Ja place qu'il occupe par le péritoine, par les vaisseaux et plexus rierveux mésentériques qui le brident et par le pancréas.

Cette fixité, qui forme un de ses caracteres principaux, était indispensable, vu les rapports du duodénum avec le canal cholédoque : on concoit en effet que des obstacles au cours de la bile auraient eu lieu incessamment, si le duodénum eût partagé la mobilité du reste de l'intestin grêle,

Il suit de là que le duodénum ne peut jamais ‘entrer dans

Il n'est point l2 formation des hernies. S'il se déplace quelquefois, c'est exposé aux dé- dans sa première portion, dont la fixité est moins grande

Moyens de fixité,

placemens.

que celle du reste de l'organe, et qui est entrainée par la portion pylorique de l'estomac, dans le cas de déplacement de ces deux viscères.

$ à Dimensions. Sa longueur est de huit à neuf pouces; son Dimensions.

calibre, un peu plus considérable que celui de l'intestin grêle qui Jui fait suite, a été exagéré, lorsqu'on a donné à cet organe le nom Ft second estomac, ventriculus succenturiatus. J'ai même rencontré des sujets chez lesquels le duodénum, médiocrement distendu, avait cinq pouces de circonférence, tandis que l'intestin grêle, qui lui faisait suite, avait six pouces. On suppose que cet intestin est plus dilatable que le reste de l'intestin grêle; ce qui s'explique, dit-on, par l'absénce du péritoine. Le fait et l'explication sont également sans fondement. C’est la membrane aponévrotique, et non la tunique péritonéale qui s'oppose à la dilatation des intestins.

Direction. Elle est fort remarquable. A partir du pylore, Direction. Je duodénum se porte en haut, à droite et en arrière ; parvenu au col de la vésicule biliaire, il change brusquement | de direction, pour devenir vertical et former avec la pre- Première mière portion un angle aigu (premiére. courbure), puis, après: courbure. un trajet plus ou moins long dans lesens vertical, ilse porte

transversalement de droite à gauche, pour se continuer avec l'intestin grêle. Le lieu de ce changement de direction, qui se fait à angle droit, et par conséquent d’une manière moins brusque que la première, porte le nom de seconde courbure. |

Il suit de là que le duodénum décrit une double courbure, ou mieux une courbe dont la concavité est à gauche ét la convexité à droite. Haller compare ingénieusement le duodénum à deux parallèles coupées par une sécante perpendiculaire. |

* Ce double changement de direction du duodénum, qui a probablement pour usage de ralentir le cours des matières alimentaires, a permis de lui considérer {rois portions, distinguées par les noms numériques de première, deuxième et troisième.

Rapports. Ils doivent être étudiés dans chacune des trois portions.

Rapports de la premiere portion. En haut, avec le foie et la vésicule du fiel, au col de laquelle cette portion est unie par un repli du péritoine. Il n’est pas rare de voir la vésicule du fiel et le duodénum, unis par des adhérences intimes, et de voir des calculs biliaires s'ouvrir un passage à travers ces adhérences, dans le duodénum.

. En avant, il est en rapport avec l’épiploon gastro-colic ue et les parois abdominales, | Fr

En arrière, avec les vaisseaux hépatiques et l’'épiploon vastro-hépatique. |

La première portion du duodénum, qui pourrait être apelée sa portion hépatique, a deux pouces environ de lonzueur. ;

Rapports de la seconde portion, En avant, avec l'extrémité Iroite de l'arc du colon, qui la coupe perpendiculairenent.

En arrière , avec le bord concave du rein droit, le long luquel il descend plus ou moins, avec la veine-cave abdoninale et le canal cholédoque, Quelquefois la deuxième por.

Deuxième courbure,

Des trois portions du duodénum.,

Rapports de la première portion.

Rapports de la deuxième portion.

486 SPLANCHNOLOGIE,

tion n'affecte pas de rapports avec le rein, mais bien avec la colonne vertébrale.

C'est à la partie postérieure et interne de la deuxième portion, au dessous de sa partie moyénne, que les canaux cholédoque et pancréatique traversent les parois de l’intestin, Les rapports du duodénum en arrière sont. Aorhéints ; c'est-à-dire sans l'intermédiaire du péritoine.

A droite, la deuxième portion répond au colon ascendant ; à gauche au pancréas, qui lui est intimement uni, et qui l'embrasse dans une sorte de demi-gouttière.

Cette deuxième portion a de deux à trois poucés de Jongueur, On pourrait l'appeler portion rénale du duodénum.

Rapports de la troisième portion. La troisième portion

ie re est située dans l'épaisseur du bord adhérent du mésola troisième Colon transverse. 2, portion. En bas , elle appuie sur le bord inférieur de ce repli ; En haut, elie est longée par le pancréas qui lui adhère; ‘En avant , elle répond à l'estomac, dont la sépare le feuillet péritonéal qui tapisse l'arrière-cavité des épiploons;

En arrière, elle répond à la colonne vertébrale, dont la séparent l'aorte, la veine-cave et les piliers du diaphragme (x).

La surface interne et la structure du duodénum ayant beaucoup d’analogie avec. la surface interne et la structure

du jéjunum et de l'iléon, je renvoie leur description après celle la conformation extérieure dureste de l'intestin grêles

De Fintestin grêle proprément dit, ou, du jéunum. et de Fées des anciens.

L'intestin gréle proprement bi nil Jejunum et Pileon, ést cette partie du canal alimentaire qui remplit la presque totalité de l'abdomen; occupe les régions ombilicale,; hypo-

(1x) Chez un sujet, fai trouvé une quatrième portion qui se por tait de bas en haut, et avait un pouce de lenguenys : en sorte que le düodénum décrite une troisième courbure, à concavité dirigée

droite. é

ORGANES DE LA DIGESTION. DE L'INTESTIN GRÈLE. 487 gastrique, iliaques, lombaires , et que circonscrit plus ou moins complétement, comme dans une limite circulaire, Je gros intestin,

Par son extrémité supérieure, il se continue sans ligne de démarcation avec le duodénum. L’angle que forme le mésentére avec le mésocolon, ou mieux encore le point où les vaisséaux mésentériques supérieurs coupent l'intestin grêle, établit cette ligne de démarcation. s

Par son extrémité inférieure, il s'ouvre perpendiculair ement dans le gros intestin.

La distinction surannée de l'intestin grêle proprement dit en jéjunum et en iléon doit être reléguée parmi les subtilités anatomiques, car elle ne repose que sur des fondemens futiles; et, s'il est vrai de dire que la partie supérieure diffère usoes d’égards de la partie inférieure de cet intestin, les différences qu'elles présentent ont lieu graduellement et comme par nuances insensibles (1). Aussi Winslow, en désespoir de cause, avait-il établi une limite de pure convention, en proposant d'appeler jéjunum le deux cinquièmes supérieurs,etiiéon les trois cinquièmes inférieurs de l'intestin grêle,

Aucune partie du canal alimentaire ne présente une aussi grande mobilité que l'intestin grêle proprement dit. Fixé d'une manière trés-lâche, et comme suspendu à la colonne vertébrale par un grand repli du péritoine, qu'on appelle mésentére ,repli qui, étant plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités, donne une inégale mobilité aux diverses parties qu'il soutient, l'intestin grêle se déplace avec la plus grande facilité.

Ainsi la limite circulaire que décrit autour de lui le gros intestin n'est exacte que supérieurement, où le mésocolon et l'arc du colon isolent l'intestin grêle de l'estomac, du foie ,

(1) La partie supérieure de l'intestin est appelée jejurum, parce qu'on la trouve habituellement vide ; la seconde, i/éon, soit parce qu'on à supposé qu'elle occupait principalement les régions ‘iliaques, soit à cause de sa disposition entortillée, qui lui est d’ailleurs commune avec le jéjunum (si, tourner, entortiller).

Definition,

Limites.

La distinc:

tion du jéjue num et de l’iiéon est surannée,

Mobilité exe trême de l’intestin grêle,

188 SPLANCHNOLOGIE.

de la rate et du duodénum. Mais en bas, entre le cœcum et Ys iliaque du colon, l'intestin grêle plonge dans le bassin, s'étale de chaque côté, et se porte au-devant des colons lombaires droit et gauche. |

Conséqnen- Cette excessive mobilité est un des traits les plus caracté-

Era caps ristiques et les plus importans de l'intestin grêle, qui flotte en quelque sorte dans la cavité abdominale, obéissant au moindre choc,au moindre ébranlement ; de tous les viscères, cest celui qui entre le plus souvent dans la formation des hernies : il est susceptible d'invagination, c'est-à-dire que la partie supérieure de cet intestin peut être recue comme dans une gaine dans la partie placée immédiatement au-dessous. Lorsqu'un des organes contenus dans l'abdomen augmente de volume, l'intestin grêle lui cède sa place, et se porte

. dansle sens qui lui offre le moins de résistance ;il semble partager la mobilité des liquides ; il se ramasse, il s'éparpille , se moule sur les parties environnantes, remplit tous les vides, de manière à éluder les causes de compression; et c'est par cet admirable mécanisme que l'abdomen peut se prêter sans inconvénient à un développement quelquefois si prodigieux, normal ou morbide, des organes situés dans sa cavité.

Direction. Direction. Nous avons vu que la partie supérieure ou susdiaphragmatique du canal digestif était rectiligne. L’estomac nous a présenté une légère incurvation. Le duodénum deux courbures très-prononeées. Le reste de l'intestin grêle va nous offrir une disposition non moins flexueuse que leduodénum.

La direction de cet intestin est la suivante : à partir du duodénum, se porte d’arrière en avant et de droite à gauche, se replie ensuite un grand nombre de fois sur luimême, et parvenu à sa partie inférieure , il se porte transversalement de gauche à droite et un peu de bas en haut,

pour s'ouvrir perpendiculairement dans les gros intestins. nr HE Les replis ou contours nombreux (#yri) que l'intestin grêle décrit surlui-même, ontété désignés sous le nom de cérconvolutions (circumvolvere) ; ils se moulent les uns sur les autres,

ORGANES DE LA DIGESTION, DK L'INTISTIN GRÈLE. 18g sans se mêler, sans s’entortiller, de manière à former une seule masse dont l'aspect ressemble tellement à la surface du cerveau quon à donné le nom de circonvolutions aux éminences si- | nueuses que présente la surface de ce dernier organe.

Chaque circonvolution représente un cercle à peu près complet. Dans l’espèce de confusion où se présentent les nombreuses sinuosités que décrit l'intestin grêle , il paraît bien difficile de lui assigner une direction générale : cependant si l'on considère que l'intestin grêle commence à gauche de la . seconde vertèbre lombaire et finit à droite dans la fosse ilia-

que, on verra que la direction générale de l'intestin est tracée

Direction générale de l’ensemble des circonyolu-

par celle du repli membraneux qui la soutient, c'est-à-dire

exprimée par une ligne oblique de haut en bas et de gauche à droite. Si maintenant l’on veut examiner la direction particulière des circonvolutions, on verra que toutes offrent la Concavité du côté du mésentère et la convexité du côté des parois abdominales , et que chacune d'elles représente une moitié de huit de chiffre.

Cette disposition en demi-huit de chiffre, qui permet à l'intestin de se replier, sans aller ni en avançant ni en reculant, expliquecomment un si grand nombre de replis intestinaux ont pu se placer entre deux points aussi peu distans que la partie latérale gauche de la seconde vertèbre lombaire et la fosse iliaque droite, points que sépare tout au plus un intervalle de quatre pouces.

Dimensions, La longueur de l'intestin grêle proprement dit a paru de tout temps curieuse à déterminer : Meckel dit'que cette longueur varie de treize à vingt-sept pieds, y compris le duodénum. D'après mes observations, elle varierait de dix à vingt-cinq pieds chez l'adulte (x). Le rapport de l’in-

(1) La longueur moyenne de l'intestin grèle, y compris le duodénum, est de 20 pieds. J'ai fait mesurer dernièrement plusieurs intestins gréles. Chez une femme affectée de péritonite chronique, l’intestin grêle n'avait que sept pieds de longs; chez une autre, quaorze pieds ; une troisième, dix-huit pieds; une quatrième, vingt, une tinquième, vingt-deux.

Chaque circonvolution représente une moitié de huit de chiffre.

490 SPLANCANOLOGIE.

Se Pa testin grêle au gros intestin, sous celui de la longueur, en longueur. à àe : } Da, 7

est, en général, comme cinq est à un. La diversité dans les résultats s'explique en partie par des différences individuelles,

en partie par la manière dont on procède à la mensuration.

Variétés de lougueur.

Ainsi, suivant qu'on isole plus ou moins complètement l'intes-

tin dés replis membraneux qui le soutiennent, on obtient

des résultats divers. Une cause moins bien appréciée dé

différence dans la longueur de l'intestin, c'est l'influence

qu'exerce sur la longueur le calibre du conduit. Le calibre

| et la longueur sont constamment en raison inverse l’un de Partir l’autre. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à insuffler forte-

sont en raison ment l'intestin après l'avoir Ré aMIURERE mesuré, J'ai été inverse l'une

de l'antre. Souvent frappé de la brièveté de l'intestin grêle dañs le cas

de hernie avec rétention des matières au-dessus de l’étranglement.

On a cherché à établir un rapport entre l'intestin et la sta-

Rapports ture de l'individu , et on a dit que la longueur de l'intestin entre la stature , la; t Loi ] h t d Il “bia lébatbA équivalait à quatre à cd ois la hauteur du corps : mais les a l'intestin différences de stature n’ont aucun rapport constant avec la

rêle, | ô Jongueur du canal alimentaire.

Au reste, les différences individuelles de longueur dans l'intestin grêle ne paraissent influer nullement sur l'activité des phénomènes digestifs.

Calibre. Le calibre de l'intestin grêle proprement dit n’est Calibre. pas le même dans toute sa longueur. [l'est plus considérable

au commencement qu'à la fin de cet intestin : médiocrement distendu par l'insufflation, il m’a donné une circonférence de six pouces quatré lignes à son origine; de quatre pouces Dites deux lignes à sa partie moyenne; et de trois POUCES" CE demi de calibre, un peu au-dessus de son embouchure dans le gros Intestin. Ilse dilatait pour atteindre quatre pouces et demi à cette embouchure elle-même. Nous trouvons donc dans l'intestin: grêle-une disposition infundibuliforme qui doit favoriser!

apidi cou matieres. en les fais Ja rapidité du cours des matières, en les faisant passer d'un

espace plus large dans ur espace plus étroit,

Du reste, le calibre de l'intestin grêle présente beaucoup de variétés. Dans le cas d'obstacle au cours des matières, il peut atteindre le calibre du gros intestin. Dans certains cas de marasme, quand il est privé de gar, il se resserre à tel point que son calibre s'efface complétement.

Figure et rapports. T’intestin grêle a la forme d'un Cy- Rapports: lindre; sa coupe est à peu près circulaire : on lui considère 1° un bord postérieur concave, auquel s'attache le mésentére. té Ce bord est légèrément plissé sur lui-même, comme il arriverait pour tout cylindre droit auquel on aurait voulu imprimer une forte courbure.

Du bord pos-

rieur ;

2°. Un bord antérieur convexe, hbre, qui répond aux - Du bord an: parois abdominales, dont il est séparé par le grand épiploon, térieur. lequel semble destiné à contenir la masse des circonvolutions intestinales. | ÿ Not

Dansle cas d'absence de l’'épiploon, comme chez le fœtus, ou dans les cas de déviation, dé disposition en corde de cette toile membraneuse, les rapports de l'intestin grêle avec les paroïs abdominales sont immédiats.

3, Par leurs faces latérales, ls circonvolutions dé l'in: Rapports testin grêle se répondent entrekelles; et comme elles sont + ie convexes, il en résulte qu'éllesinterceptent en avant et en elles. arrière des espaces triangulairés dans lesquels s’amassent, tantôt le sang épanché dans l’aldomen, tantôt la sérosité k le pus et les pseudo-membranes.

L'intestin grêle répond à touté les régions de l'abdomen, FU shit à l'exception de la zone supérietre : encore n'est-il pas rare vec les ne devoir cet intestin se dégager d dessous l’épiploon pour abdominales, venir se placer entre le foie et és parois abdominales, ou pour se porter dans l'hypocondré gauche. Il se précipite en quelque sorte partout où une voe lui ést ouverte (r).

(1) On trouve l'intestin grêle dansles hernies diaphragmatiques; il forme les hernies périnéales; c'est lui qui sort du bassin lorsque la paroi inférieure de cette cavité a ét divisée.

492 SPLANCHNOLOGIE,

On voit constamment une quantité plus ou moins considérable d'intestin grêle dans l'excavation pelvienne, 1° chez l’homme entre la vessie et le rectum, 2° chez la femme, d’une part, entre la vessie et l'utérus, d’une autre part, entre l’utérus et le rectum,

Chez plusieurs individus épuisés par les maladies chroniques, et chez lesquels on sentait parfaitement la colonne vertébrale à nu sous les parois abdominales, j'ai trouvé dans

Un le bassin la presque totalité et même quelquefois la totalité tenu en partie de l'intestin grêle rétrécie et presque entièrement vide d'air. ou en totalité Lorsqu'il n'y a qu’une parte de l'intestin grêle dans l'exdans le petit : à ï ia Pre AR 2 é

bassin. Cayation pelvienne, c'est toujours la partie inférieure.

Dans le cas de tumeur développée dans l'abdomen; ex. : dans la grossesse, dans l'hydropisie enkystée de l'ovaire, l'intestin grèle se porte en haut et sur les côtés, s'éparpille, remplit les vides, et échappe presque toujours dé Ja manière la plus siiniable aux causes de compression.

a ets Îl n'est pas rare de voir dans l'intestin grêle des espèces ou diverticules d'appendices ou diverticules en forme de doigt de gant, ge Pintestin qui ont quelquefois de deux à trois pouces de longueur, et MU qu'on a vus entrer dans la formation des hernies. Ces diver-

ticules sont en général beaucoup plus rapprochés de la partie inférieure que de la partie ‘upérieure de l'intestin grêle. Ces diverticules, dans la composition desquels entre toute la tunique de l'intestin, sont bien différens de la hernie de la membrane muqueuse à tavers la membrane musculeuse, hernie dont j'ai vu un exenple dans le duodénum, et plusieurs dans le reste de l'intstin grêle. Chez un sujet récemment soumis à mon obser'ation, l'intestin grêle présentait une cinquantaine de tumeurs sphéroïdales, de volume iné. gal, toutes situées le long cu bord mésentériqne de l'intesun, et formées par la hernk de la membrane muqueuse, à travers les fibres musculaires.

Surface interre de l'intestin grêle.

Préparation. I faut étuder cette structure, 1° sur une por-

ORGANES DE BA DIGESTION. DE L'INTESTIN GRÊLF. 493 tion d’intestin distendu et non desséché; 20 sur une ‘portion d'intestin desséché; 3° sur l'intestin retourné et distendu. Il importe encore «étudier la membrane n:uqueuse sous l’eau, à l’aide d’une forte lo:pe. Des injections, poussées par les veines d’abord ) puis dans les artères, sont utiles pour approfondir la structure.

La surface interne de l'intestin gréle nous occupera à l'occasion de la membrane muqueuse. ê

Structure.

De même que l'estomac, l'intestin grêle est constitué par quatre tuniques ou membranes, qui sont, en procédant de dehors en dedans, une {unique séreuse, une lunique musculeuse, une tunique fibreuse et une tunique muqueuse. Tunique séreuse. Sa disposition n’est pas la même sur le Tabohe sé duodénum et sur l'intestin grêle proprement dit. | reuse. | 1° Sur le duodeénum, le péritoine se comporte à Légal | sa disposide la première portion du duodénum comme à l'égard de tionsurle duol'estomac, c'est-à-dire qu'elle la revêt en entier, excepté en genes avant et en arrière, où se voit un espace triangulaire qui Rs Er a est dépourvu de cette membrane, De même. que l'estomac, cette première portion donne attache en avant au grand épiploon, et en arrière au petit. On a appelé imiproprement digament hépatique du duodenum le repli que forme le péritoine en se portant du foie sur le duodénum. dei Quantà la deuxième et à la troisième portions, le péritoine xième et sur la ne fait que passer au-devant d'elles sans leur former de repli; Lee je en sorte que l'intestin répond immédiatement en arrière aux parties avec lesquelles il est en rapport, et présente une trèsgrande fixité, ge “fpod

Le péritoine forme une gaine complète à l'éntestin gréle tion sur l'in. testin grêle

proprement dit, excepté à son bord concave, où les deux | propremeutdit

feuillets du péritoine qui constituent le mésentère s’écartent l'un de l'autre pour recouvrir l'intestin ; là, se voit un espace triangulaire celluleux tout-à-fait semblable à celui que nous avons remarqué le long des courbures de l'estomac, et qui remplit le même usage, c'est-à-dire qu'il supplée au défaut

d’extensibilité du péritoine, et permet à l'intestin d’acquérir subitement un grand volume. On aurait toutefois tune fausse idée de la dilatabilité de l'intestin si on pensait que ses limites sont marquées par celles de l'espace triangulairé de sa concavité; car, dans les grandes dilatations de l'intestin, le mésentère lui-même se dédouble pour servir à l'ampliation de cet intestin, ainsi que je m'en suis assuré en mesurant le diamètre antéro-postérieur du mésentère, soit avant, soit après l'insufflation du canal intestinal,

AP Du reste, le tissu cellulaire qui unit la tunique péritotissu cellulaire néale à la tunique musculeuse est extrêmement délié, cé 7 « périto- son adhérence à cette dernière tunique va en augmentant à

: mesure que du bord concave on s'approche vers le bord convexe.

Bien que sa ténuité) soit extrême, et permette de

voir à travers sa transparence les fibres musculaires, la tuni-

. Tunique TUE péritonéale jouit d’une assez grande force de résistance. musculeuse, Tunique musculeuse. Me est composée de deux plans de

fibres : lun superficiel, l'autre profond. Le plan superficiel ane Box qui est le plus mire, est formé de fibres disposées suivant la longueur de l'intéstin ou de fibres longitudinales qui entourent l'intestin de la manière la plus régulière, et forment un plan continu. Je n'ai pas vu que ces fibres fussent plus multipliées du côté du bord mésentérique que du côté du bord convexe, Cette couche de fibres s'enlève presque toujours avec la tunique péritonéale, à laquelle elle adhère intimement : leur couleur blanche ,' l'aspect resplendissant qu’elles présentent à travers la membrane péritonéale; les a fait regarder comme étant de nature tendineuse. | Il est difficile, et d’ailleurs sans intérêt, de déterminer d'une manière rigoureuse si les mêmes fibres parcourent toute la longueur de l'intestin, ou bien si elles sont interrompues de distance en distance. On admet généralement qu'elles sont interrompues, et que leurs extrémités sont re-

Fibres çi. $Ues dans l'intervalle des autres fibres. |

culaires, La couche profonde de fibres musculaires, plus io

ORGANES DE LA DIGESTION, DE L’INTESTIN GÈLE, 49ÿ

que la précédente, est formée de fibres circulaires, parallèles, ou se. coupant sous des angles très-aigus. Elles m'ont “paru décrire un cercle complet, et s'insérer à elles-mêmes : par leurs extrémités. Elles n’offrent point d'intersections, Tunique fibreuse, Intermédiaire à li membrane musculeuse et. à la membrane muqueuse, elle présente les mêmes caractères qu'à l'estomac.

Tunique muqueuse où papillaire, Elle présente 1° une surface externe adhérénte par un tissu séreux. assez lâche à la membrane fibreuse, tissu cellulaire susceptible d'infiltration séreuse, sanguine, purulente : on peut très-bien simuler lemphysème ou l'œdème sur le cadavre, en distendant l'intesiin retourné, soit avec de l'air, soit avec de l’eau. La té-

nuité qu'elle acquiert par suite de l’emphysème ou de l'œdème artificiels a fait penser à tort que ce qu'on appelle muqueuse intestinale n'était qu'un épiderme, suite de l'épiderme cutané, et que le derme cutané était représenté par la tunique, fibreuse.Sa surface interne, libre, est enduite d’une couche plus ou moins épaisse de mucosité, et remarquable, 1° par des duplicatures ou valvules appelées va/vules conni-

ventes; 2° par des papilles très-développées; 3° par la ARpO" sition de ses follicules.

1° Valvules conniventes (valvulæ intestinales).

Préparation. Renverser l'intestin grêle, de manière que sa face externe devienne interne. Plonger l'intestin renversé dans l’eau, ou bien encore se contenter de diviser l'intestin, et étudier sous l’eau sa surface interne. Étudier l'intestin insufflé et desséché.

Jusqu'à présent nous n'avons vu dans la membrane muqueuse du canal alimentaire que des replis destinés à favoriser Pampliation de ce canal (ex. œsophage, estomac), replis qui s'effacent complétement par l'effet de la distension des organes. Les replis de la muqueuse de l'intestin grêle ont une autre destination, et s’il est incontestable qu ie servent en quelque chose à l'alongement et à la dilatation de l'intestin, il ne

‘Membrane fibreuse,

Tunique mu- ‘ré ou papillaire.

Valvales con:

niventes.

Elles diffèrent des replis de l'œsophage et de l'estomac.

496 | SPLANCHNOI.OGIE. 6 l'est pas moins qu'ils ne s’effacent jamais complétement, à quelque degré que soient portés cet alongement et cette! pes dilatation. Ces replis méritent une description particulière, mencent dans On les appelle valvules conniventes où valyules de Kerkrin-| le duodénum, ys , bien que Fallope les eût PNA décrites avant cet anatomiste, C’est à Kerkringius qu'est dû le nom de conniventes (connivere, fermer à En Elles commencent dans Je duodénum à un pouce et quelquefois à deux pouces du pylore: il n'est pas rare de les voir précédées de quelques plis verticaux. D'abord rares et peu considérables, elles devien-| nent très-nombreuses et très-développées à la fin du duodé- Leur dimi- num et dans le commencement de l'intestin grêle proprement ré < gra dit. À parur des deux premiers cinquièmes de cet intestin , surequ’ons’ap- elles diminuent peu à peu et sont d'autant moins réculières | Aer fs. ke et d'autant moins prononcées, quon s ‘approche band) cœtale: de la partie’ inférieure de l'intestin grêle : elles manquent même quelquefois dans les deux ou trois derniers pieds de cetintestin. Dans quelques cas rares, j'ai vu des valvules con: | niventes jusqu'à la valvule iléo-cœcale : nulle part elles ne sont assez multipliées pour qu'il yaitune véritable imbrication. Leur direc- Ces valvules sont disposées POMPES à l'axe de tion l'intestin et décrivent la moitié, les 2/3, les 3/4 d'un cercle. Il! Leur forme. est rare qu’elles forment un anneau complet : leur largeur est. plus considérable à leur partie moyenne, qui est de 2 à 3, lignes qu’à leurs extrémités qui sont effilées. Pour bien ap-.

Leurs” dit Drécier leurs dimensions, 1l faut les plonger dans l’eau , ou

mensions. |

les étudier sur un intestin : généralement parallèles, elles REPAS dis- s’inclinent l'une vers l'autre par leurs extrémités, se bifur- ; f quent, s’envoient de petits prolongemens soit verticaux, soit obliques : on voit quelquefois de petites valvules intermédiaires aux valvulès plus considérables, Quelques -unes sont brusquement interrompues, on dirait au premier abord! qu’elles ont subi une perte de substance. Plusieurs sont al ternes, et semblent disposées en spirale; mais il n'y a rien, de constant à cet égard, leur bord Libre regarde tantôt le pylore, tantôt la valvule iléo-cœcale : ET direction ‘n'a

D NÉS RES. IR ee

SROANES DE LA DIOESTLON. INTESTIN GRÈLS. 49°

rien de constant, elles obéissent à l'impulsion qui leur est Direltion communiquée, et leur bord libre se porte en haut ou en bas, des valvales

suivant les cas. Examinéessur un intestin desséché, elles rez ‘°Pniventes. présentent très-bien les diaphragmes de nos instrumens d'optiques.

Les valvules conniventes sont constituées par un repli de :j sont

la membrane muqueuse, dans l'épaisseur duquel on trouve constituées par un tissu cellulaire lâche, des vaisseaux de divers ordres et des dust es ET nerfs. L'insufflation, en soulevant la muqueuse , les efface complétement. La tunique fibreuse présente un épaississe-

ment léger au niveau de la base de ces valyules.

Les valvules, maloré leur renversement facile » doivent plles rélex. avoir pour usage de ralentir un peu le cours des matières, Mgr pe” sans toutefois leur opposer une résistance notable, car une | résistance considérable aurait pu devenir une cause d’obstruction et produire des accidens. Leur usage principal est peut- x F' sn ÿ Elles muitiêtre de multiplier les surfaces. Or, elles doublent suivant Fa- plient les surfabrice, elles triplent suivant Fallope, elles sextuplent suivant #5 abserban- Kew, la surface de l'intestin. Sœmmering à émis l'opinion un peu hasaärdée, que la surface de la muqueusé intestinale surpasse en étendue la surface de la peau (1). Sans être particulières à l'espèce humaine, les valvules conniventes sont bien plus développées chez l’homme, que chez les autres animaux, |

‘Indépendamment des valvules conniventes, la membrane Plis irréguintestinalé présente des plis irréguliers qui s'effacent par .la liers de la mu-

. : queuse intestidistension. ro

Des papilles on villosités.

Préparation, 1° Placer dans l’eau enl'exposantaux rayonssolaires l'intestin ouvert, et agiter le liquide. Un filet d’eau , préalablement reçu sur la muqueuse, la débarrassera des mucosités qui forment quelquefois à chaque papille une gaine tenace (2). ao On pourra

(1) Corpor. hum. Fabrica »t. VI, p, 295.

(2) À. Meckel conseille, pour enlever Îe mucus, , de plonger l'intestin, d’abord dans une solution arsénicale; et ensuite dans unie

498 | SPLANCHNOLOBGIE.

encore roulersur elle-même une portion de la muqueuse détachée,

: bien entendu que l’enroulement devra avoir lieu du. côté de la face adhérente. 3° Renverser une anse d’intestin; la surface péritonéale devient alors. la surface interne. Placer dans la cavité un cylindre qui la remplisse, plonger la pièce dans un flacon criinariquen et:

agiter l'eau pour rendre les valvules flottantes.

Les papilles ou2rllosités sont bien plus développées dans. md intestin grêle que dans les autres parties du canal alimenjs ‘taire, la langue exceptée. Fallope a Ja gloire de les avoir découvertes. Bien décrites par Helvétius, Hewson et Lie- Aspect des berkuhn, elles l'ont été bien mieux encore dans ces derniers Sa SA temps par Albert Meckel. Examinée à l'œil nu et à la loupe ÿ QC ee ‘Ja surface interne de l'i intestin paraît hérissée d’une foule d'é-

+ 1hee wminences ou de papilles; on dirait d'un gazon bien touffu ou d’une chenille très-velue. Chez quelques animaux, c chez le

chien, et surtout chez l'ours, lés papilles sont si multiphiées.

“ia et a Ro longues, qu ‘elles en di en quelque sorte

8 lune racine chevelue.

R Ces papilles occupent toute la longueur de Tntestin grêle, hérissent les valvulés conniventes , aussi bien,que les intervalles qui les séparent. .

Leur longueur varie : d'après Lieberkuhn, ellesontun cinquiéme de ligne de longueur; L le maximum de leur lengieur m'a paru être de quaire SU NE de ligne, et même quelques papilles duodénales redressées m'ont, offert une ligne de 4 "qh longueur. Leur nombre est très-considérable; on a cherché à à Ju sesss: Je Re Lieberkuhn a porté ce nombreà 500,000. Plu- ‘sieurs Allemands ont repris ce travail. 4,000 sur un pouce

carré font, d'après un calcul dont j je ne suis pas tenté de

vérifier, l PONT , ui million de papilles. Du restè, je n'ai pas observé de différence notable quant, au nom-, bre des papilles entre le commencement et la fin de l'intestin, grêle. Ïl m'a paru que, sous le rapport du nombre et de la. longueur des papilles; les carnivores l'emportaient de beau-

Longueur.

eau j chargée deu gaz hydrogène sulfuré ; mais l'action continue du jet d’eau estrinfiniment préférable.

coup sur les herbivorés. On signale la loutre comme l'animal qui présente les villosités les plus considérables,

Leur forme varie beaucoup. Dans la plupart des animaux que j'ai examinés, chien, chat, veau, ours, elles sont filiformes. Chez l’homme , €lles sant toutes lamelleuses ou foliacées, maïs avec béaucoup de variétés. Au duodénum + elles sontrecourbéessur elles-mêmes, présentantla disposition d’un calice ou d'une corolle, quelquefois adhérentes les unes aux autres par leurs extrémités. Dans l'intestin grêle proprement dit, elles sont rectilignes, flottantes, cylindroïdes, conoïdes, terminées. en massue, étranglées et quelquefois coudées à leur partie moyenne. Au voisinage des ulcérations intestinales, elles sont comme ébarbées, tronquées, sans présénter la moindre altération dans leur structure.

Structure. Brunner les appelle des tubes membraneux ;

Leuwenoeck les rapporte à la fibre musculeuse. Helvétius et Hewson les appelaient des valvulés en petit, idée qui a été

reproduite et développée dans ces derniers temps par Albert

Meckel. Cet anatomiste, qui a fait représenter (1) les villosités observées chez un grand nombre d'animaux, les considère comme formées de petits feuillets tantôt contournés sur leur axe, à la manière de la premiére feuille d’un grain de blé en germination, tantôt repliés en demi -canal ou gouttière ; mais il considère toutes ces formes comme pouvant être rapportées à celle d’un feuillet large à sa base, étroit à son sommet, forme fondamentale qu’on parvient toujours à démontrer avec la pointe d’une épingle(1).

(1) Journal complément. st. VIT, p. 200. PR

{:) Suivant le même auteur, il n’y, a pas seulement identité de forme, mais encore identité de structure entre les feuilles des graminées et les villosités. Des stries celluleuses, auxquelles on peut donner le nom de vaisseaux, disposées suivant la longueur des villosités et des feuilles des graminées, constitueraient les uns et les autres.

Forme.

Variétés de forme.

Structure.

Ampoule de Lieberkuhn.

Opinion de Mascagni sur Jastructure des papilles.

Observations propres à servir à la détermination de cette structure

5oG SPLANCHNOLOGILZ.

Lieberkuhn admet à la base de chaque villosité une ampoule qui s'ouvre au sommet de cette villosité par une ouvertureunique. Suivant cetanatomiste, cette ampoule et cette ouverture appartiendraient à l'origine des vaisseaux lactés. Autour de cette ampoule se ramifient les vaisseaux artériels et veineux. Il y a pour chaque villosité un vaisseau artériel afférent et un vaisseau veineux efférent. Suivant Mascagni, les papilles sont composées d'un lacis de vaisseaux sanguins

et de petits vaisseaux lymphatiques ; et recouvertes.

par une membrane extrêmement ténue, composée de vaisseaux lymphatiques. Voici ce que mes observations m'ont

démontré. Ayant eu occasion de rencontrer un sujet dont

les vaisseaux lymphatiques étaient remplis de matière tuberculeuse, j'ai pu suivre dans chaque villosité un radicule lymphatique tuberculeux (:), qui en parcourait toute la longueur ; ce qui coïncide par faitement avec le travail de Lieberkuhn. — D'une autre part, j'ai injecté du mercure dans une veine mésentérique ; par-dessus le mercure, j'ai fait pousser une injection noire, grossière, Le mercure et une partie de la matière injectée ont pénétré dans la cavité intestinale, un globule de mercure apparaissait au sommet des villosités noires d'injection. J'en ai conclu que les villosités étaient perforées à leur sommet. Je reviendrai ailleurs sur ce sujet.

Glandules duodénales et follicutes.

Préparation. 1 est des intestins qui ne se prêtent nullement à l'étude des follicules, et dans lesquels on dirait qu’ils n’existent pas. Fl en est d’autres qui sont très-favorables à leur observation. On les rend plus apparens en plongeant l'intestin dans de l’eau acidulée. Il faut étudier ces follicules et par la surface interne de la membrane muqueuse, et par la surface externe, en enlevant les membranes séreuse, musculeuse et fibreuse qui les recouvrent. L'étude des glandules duodénales exige impérieusement ce dernier mode de préparation. |

$ (x) Voyez Anat. pathol., avec planches, 2° livraison.

ORGANES DELA DIGESTION, INTESTIN GRÈLE, 5o1

On divise les follicules en deux espèces, les follicules

simples ou solitaires et les Jotlicules agmines ; nous y ajouterons les glandules duodénales.

Glandules duodénales. Klles constituent À proprement

parler les glandes de Brunner. Cet anatomiste qui avait déjà

fait sur le pancréas des expériences curieuses , dit qu'ayant

“soumis le duodénum à une coction incomplète, il vit sur sa

membrané interne des granulations qu'il a fait figurer, de même que les follicules isolés de la portion d’intestin voisine. Il appela cette réunion de glandules second pancreas. Or, voici ce que l'observation apprend à cet égard : il existe dans la moitié supérieure ou les deux tiers supérieurs du duodénumune couche de granulations aplaties, parfaitément

distinctes les unes des autres, quelque pressées qu'elles soient;

couche qu'il ne faut pas confondre avec la disposition glan-

duliforme des papilles du duodénum , et qu’on ne voit bien >etq

qu'après avoir enlevé les trois membranes extérieures. Ces

granulations ne sont autre chose que des petits grains glan-

duleux qui, vus à une forte loupe, offrent tous les caractères des glandules salivaires. Ces glandules ne cessent pas brusquement , mais deviennent rares et éparses vers la fin du duodénum ; en sorte qu'il ne répugne nullement d'admettre que les follicules solitaires du reste du canal intestinal soient de la même nature. |

Les follicules solitaires sont généralement connus de nos jours sous le nom de glandes de Brunner (x), bien que cet anatomiste n'ait décrit que Îes glandules ou follicules du duodénum, lesquels, dit-il, vont en diminuant à mesure

qu'on s’en éloigne et finissent par disparaître dans le jé-

junum, C'est donc par extension qu'on parle de glandes de

Brunner occupant la fin de l'intestin grêle, l'estomac, et

même le gros intestin.

Les follicules solitaires se présentent sous l'aspect de pe-

(1) Disput. de gland, duoden. Heidelberg, 16898 715.

Glandules duodénales.

Elles ont été appelées second pancréas,

Elles offrent les caractères des glandules salivaires.

Follicules 50.

litaires, improprement nommées glandes de Branner.

5o2 SPLANCHNOLOGIE.

Caractères ttes granulations, semblables à des grains de mil, arrondis , des follicules saillans à la surface interne de la muqueuse, sans'ouversolitaires. {ure distincte, et recouverts de papilles: on les-lobserve sur les valvules conniventes aussi bien que dans leur intervalle. Leur nombre est extrêmement considérable: tellement que dans certaines maladies, où ces follicules étaient plus proéminens que de coutume, on a pu les prendre pour.une éruption confluente, C’est une erreur de dire qu'ils vont en diminuant de la partie supérieure à la partie inférieure de l'intestin grêle ; ils vont plutôt en augmentant. Vus au microscope simple, ils m'ont paru: creux et remplis de mucus, |

Follicuies Les Jfollicules agminés, ou ue glanduleux, sont plus it à fe généralement connus sous le nom de glandes de Peyer, Peyer. | bien que cet anatomiste ait décrit à Ja fois et les follicules

solitaires et les follicules agminés. Pechlin les avait indiqués sous le titre de vesicularum agmina. Wallis, Glisson, Malpighi, Duverney, Wepfer en avaient donné des descriptions plus ou moins complètes; mais Peyer (x), jeune encore, sans connaitre le iravail de Pechlin, les a décrits et fait représenter avec une exactitude qui ne laisse rien à désirer,

sous le titre de glandulæ agminateæ.

Ces follicules agminés se présentent sous la forme de :

plaques généralement elliptiques dont le grand diamètre est dirigé suivant la longueur de l'intestin, criblées de trous ou

de petites dépressions, ce qui leur donne un aspect gaufré, d'où le nom de plaques gaufrées, sous lequel je crois les : avoir le premier décrites ; toutes sont situées du côté opposé

Aspect gaufré des plaques

Elles occu- au mésentere, Lost line le long du bord convexe de l'inpent le bord

convexe de téstin, jamais du côté du bord concave, ni même sur l'une.

l'intestin, et l’autre faces de l'intestin. On les rencontre principalement | Leur siége, vers la fin de l'intestin grêle; elles deviennent de‘plus en plus ”

(1) De glandulis intestinorum, J. Conradus Peyer, 1667-1673. æ | |

ORGANES DE LA DIGESTION. ANTESTIN CRÈÊLE. bo3

rares à mesure, qu'on s approche.du duodénum ; cependant Peyer lui-même en a rencontré une dans le duodénum. Leur nombre varie beaucoup : on en compie quelquefois ViBpt à volé d’autres fois trente et même davantage. Peuvent-elles man- messe quer entièrement ? La difficulté de ji M à chez quel- j ques sujets les a fait rejeter ou considérer e ele résultat

d'un état pathologique, manière de voir Sen est en contra-

diction manifeste avec l'observation.

Du reste, rien de constant ni dans la situation, nidans ja Nail AU forme, ni dans les dimensions des plaques vaufr éd On les la forme des voit se présenter sous la forme de loisies bandelettes dé PlTesdeux à tfois pouces de longueur ; quelquefois elles forment un groupe circulaire ou irrégulier. C’est au voisinage de la vaivule iléo-cœcale que se rencontrent les plaques A les plus considérables. Il n ‘est pas rare de voir la fin de l’intestin grêle entourée par une plaque circulaire ; dans d'autres, cas, les plaques cessent à quelques pouces au-dessus de la valvule iléo-cœcale, et sont remplacées par des follicules simples.

Ces plaques gaufrées sont en acte mani dans lé Elles ne paisseur de la muqueuse, à laquelle elles donnent une plus contenuesdans grande densité , Si bien qu'à leur niveau cette. mem- ne brane résiste à l'action, du grattoir ; dans quelques cas, elles semblent implantées au milieu de la tunique fibreuse. On doit les étudier et par la surface externe et par la surface interne de la muqueuse. Lorsqu’ elles sont remplies du liquide qu ‘elles sécrètent, et quon les examine à travers le j jour, elles représentent trés-bien les vésicules de la peau d’une orange. Cette observation est surtout facile chez le chien. Ces plaques gaufrées sont évidemment des agglomérations de follicules, tout-à-fait semblables aux follicules simples. ce des follicu- Chaque dépressiô paraît être l'orifice d’un follicule, et ces ia follicules-sont tout-à-fait indépendans les uns des autres. Aussi voit-on quelquéfoïs deux ou trois follicules altérés au milieu d'une plaque parfaitement saine d'ailleurs. Du reste,

Leurnombre

do; SPLANCHNOLOGISE.

les papilles ne manquent pas au niveau desplaques agminées;

elles occupent les intervalles qui séparent les dépressions. Follicules er. F'olicules ou corpuscules de Lieberkuhn. Lieberkuhn parle corpuscules de en outre de follicules intestinaux, innombrables, arrondis, Licberkubn. JJanchâtres, qui se voient entre les villosités, et de corpuscules qui se | à entre ces follicules, Il admet quatre-vingts follicules pour dix-huit villosités, et huit corpuscules pour un seul follicule. Je suis porté à penser que ces follicules et ces.corpuscules, qui n'ont été aperçus qu’à l'aide du microscope, doivent être rapportés aux globules que les instru-

mens grossissans démontrent dans tous les tissus: ë

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