DU CANAL DIGESTIF
Sous, ce titre, nous comprendrons le foie, le pancréas, organes glanduleux, qui versent les produits de leur sécrétion dans le duodénum, et la rate, qu'on peut considérer comme annexe du foie.
DÜ FOIE.
Le foie est un organe glanduleux destiné à la: sécrétion de la bile; il est en outre l’aboutissant du système veineux abdominal chez l'adulte, et d’un double système veineux chez le fœtus.
Il est situé à côté de la portion du canal intestinal dans laquelle la bile doit être versée (le duodénum); il occupe l’hypochondre droit, qu'il remplit entièrement, s'avance dans l’épigastre et jusque dans l'hypochondre gauche. Il est protégé par les sept à huit dernières côtes droites qui le garantissent contre l’action des corps extérieurs, et séparé des organes thoraciques par le diaphragme.
Il est soutenu, 1° par les replis du péritoine, qui l'attachent au diaphragme, replis que l’on considère comme des espèces de higamens suspenseurs ; 2° par l'estomac et les intestins, qui lui forment une sorte de coussinet élastique ; 3° par la veine-cave, qui lui adhère intimement.
Ces moyens de fixité lui permettent des mouvemens d’oscillation et même de légers changemens de position sans déplacement proprement dit. Ainsi, il s’abaisse dans l'inspiration , et déborde un peu le rebord cartilagineux des côtes ; il s'élève dans l'expiration ; il se porte en bas dans la station verticale, en arrière dans la position horizontale, et se dirige dans les divers décubitus, du côté où l'entraîne son céntre de gravité : les tumeurs abdominales le refoulent en haut, et les épanchemens thoraciques en bas. On a attribué au foie, qui pèse sur l'estomac, dans le décubitus gauche, le som-
Changemens légers de position.
meil pénible que détermine chez un grand nombre d'indi-
vidus le décubitus sur ce côté. On a également fait jouer un rôle au tiraillement qu'exercerait le foie sur le diaphragme, pour se rendre compte du sentiment de la faim et du soulagement que détermine dans ce cas une constriction circulaire exercée sur l'abdomen. Mais tout cela est hypothétique; et, en général, dans la solution de toutes ces questions, on'n'a point tenu un comptesuffisant dela plénitude exacte del'abdomen, et de l’action et réaction réciproques des parois et des viscères. Du reste, les déplacemens proprement dits du foie sont excessivement rares, et l’hepatocèle (hernie du foie) estle résultat d'un défaut de développement dés parois abdominales. | |
Volume. Le foie est le plus volumineux et le plusipesant de tous les organes; bien plus, à lui seul, il l'emporte en poids et en volume sur la totalité des glandes du corps humain réumes. [l est faux que le foie soit plus volumineux chez l'homme
que chez tous les autres animaux, ainsi que le disaient les an- :
ciens. Y aurait-il dans l'échelle animaleun rapportinverse entre le volume du foie et le développement des organes de la respiration, en sorte qu'il serait beaucoup plus considérable chezles reptiles et les poissons qui respirent peu, que chez les animaux qui respirent beaucoup, tels queles mammifères et les oiseaux ? Cette opinion, soutenue par plusieurs naturalistes n’est pas dénuée de fondement.
Explications physiologiques fondées sur ces dépla-
cemens.
Les déplacemens :proprement dits dn foie sont trèsrares,
Volume et pesanteur du foie,
55o sPLANCHNOLOGIE.
Le foie, dont le poids est de 3 à 4 livres, forme la 36° partie de celui du corps, d'après Bartholin, la 25° suivant d’autres. Ses dimensions sont de 10 à 12 pouces
Re dans son plus grand diamètre, qui est transversal, de 6 à du foie. 7 pouces d'avant et arrière, de 4 à 5 pouces dans son diamètre vertical, au niveau de sa grosse extrémité, Au reste, rien n’est plus variable que ces dimensions qui sont toujours en raison inverse l'une de l’autre. Il est un grand nombre de foies dont le diamètre transversal est le plus petit, et dont le diamètre vertical est le plus grand. Différences Au reste, il.est bien peu d'organes dont le volume et le sé et poids présentent plus de différences individuelles que le foie. Je me suis assuré que le rapport entre les foies de divers individus était de 1 à 3, en l'absence de toute lésion morbide. On pense assez généralement qu'un foie volumineux imprime à ;toute l'économie des modifica- PO tions telles qu'on a cru y trouver la source d'un tempétribuce à nn laMeni particulier, Mais est-il bien constant que le tempérasp volumi- ment bilieux, le tempérament mélancolique, soient caractésurtoule , , ; : Û l'économie. Tisés par un foie volumineux, que lhypochondrie en part culier {1) soit le résultat d’une prédominance relative du foie? La précision anatomique ne s'accommode guère de semblables idées, qui sont plutôt le résultat d'idées pré° concues sur les usages du foie et sur l'influence de la bile: que le fruit d’une observation bien positive. Le volume du foie varie beaucoup suivant l’état de la cr-
Influence 4 L exercée sur le Culation de cet organe : lorsque les vaisseaux du foie, etsurvolume du foie par la pléni- ., Lo 13 tude on la va. | Organe est affaissé, sa surface est comme ridée. Lorsqu'au cuite de ses vaisseaux.
tout les divisions de la veine-porte, sont vides, le tissu de
contraire les vaisseaux sont injectés, le foie est dans une sorte de turgescence. J'ai été plusieurs fois surpris de l'augmentation de volume qu'une injection, poussée avec force et d'une
(1) Hippocrate donne quelquefois au foie le nom d'Aypochonires d’où sans doute la dénomination d’hypochondriaque.
ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. FOIE. Dh manière continue dans la veine-perte , peut donner au foie.
Le volume du foie , considéré sous le rapport des âges et des maladies, mérite de fixer toute notre attention. J'indi-
Différence
de volume re-
querai l'influence des âges à l'occasion du développement. luivsanxäges.
Nous verrons, 1° que c’est pendant la vie intra-utérine que le volume du foie est le plus considérable; 2° que ce volume est proportionnellement d’autantmoins considérable qu'on l’examine à une époque moins éloignée de la conception: d'ou il résulte que le volume le plus considérable du foie coïncide avec l’époque à laquelle la bile est sécrétée en moindre quantité ; d’où l'on pourrait conclure que le foie a quelqueautre destination que celle de secreter la bile.
Les maladies donnent au foie un tel accroissement, qu'on
a vu cet organe présenter un poids de 50 à 4o livres ; mais il est rare que dans ce cas le volume énorme du foie ne soit pas dû au développement de tissus accidentels. On cite cependant quelques cas d'hypertrophie simple du foie sans lesion organique, et dans lesquelles ce volume était prodigieux. En opposition avec l’hypertrophie, nous devons mentionner latrophie (x), dans laquelle le foie, comme ratatiné ; présente le tiers, le quart, la sixième partie de son volume naturel ; le foie ne pesait qu'une demi-livre environ chez un individu qui nous a offert une persistance de la veine ombilicale avec dilatation variqueuse des veines sous-cutanées abdominales.
La pesanteur spécifique du foie est à celle de l'eau dans le rapport de 15 à ro.
Figure. Organe impair et non symétrique, le foie presente une forme irrégulière qui échappe à toute description. Nous le comparerons avec Glisson à un segment d'ovoide obliquement coupé suivant sa longueur, épais à son extrémité droite, et qui va progressivement en diminuant à mesure
(1) Je ne saurais admettre cette proposition de Sæœmmering : Quo sanior homo , eo minus ejus hepar est.
Pesanteur spécifique.
Figure.
559 SPLANCHNOLOGIE.
qu’on approche de son extrémité gauche qui se termine en languette : la forme du foie est représentée par l'espèce de moule que forme la moitié droite du diaphragme, et que limiterait inférieurement un plan oblique dirigé de bas en haut et de droite à gauche.
Aucun 0r+ : Du reste, aucun organe ne se moule plus exactement que Né ne dns le foie sur les parties environnantes , et ne subit plus impugrandes varié: nément que lui des changemens de forme, par le fait, soit de ete à pressions extérieures, soit de pressions exercées par les autres
viscères : on pourrait même dire qu'il est comme ductile ou Malléabilité, malléable sous l'influence d'une pression lentement exercée. ductilité du C’est PHRASE sur le foie que l'usage des corsets fortefoie sous l’action d'anie pres MENT serrés exerce son influence. Un étranglement circulaire sion lentement et un épaississement fibreux au niveau de la base du. thorax, MRFRÈE attestent quelquefois cette compression : le diamètre transversal et le diamètre antéro - postérieur, du foie sont diminués ; son diamètre vertical est augmenté : il déborde plus ou moins la base du thorax, descend jusque. dans la fosse iliaque droite, et même atteint le détroit supérieur, sans, lésion aucune de sa substance. Alors sa face supérieure devient antérieure, et sa face inférieure postérieure.
Il est bien peu de cadavres de femmes qui ne présentent une déformation plus ou moins considérable du foie : c'est donc chez l'homme qu'il faut chercher le type de la conformation de cet organe (1).
Aucune conséquence pratique ne saurait donc repo-
Le foie va. ser Sur la forme du foie, et je serais tenté de dire avec Vésale commode aux que le foie n’a pas de forme déterminée , mais s’accommode ST ARE à celle des parties voisines.
Ce, n’est que dans quelques cas exceptionnels qu'on a trouvé:le. foie de l’homme divisé en lobules par des scissures
(1) Sœmmering, sans en indiquer la raison dit ( Corpor. hum. Jabric.; tom. 6, pag: 163). 7n sexu PUSERIOM mag Bis, minus in ferni-
[ss
neo, costis istis tectum latet.
profondes, comme chez un grand nombre d'animaux. Les erreurs qui ont long-temps régné dans la science à ce sujet, même après Vésale, viennent d’un respect aveugle pour les anciens, qui, ayant disséqué peu de cadavres hümains, avaient coutume de confondre dans leur description la disposition observée chez l’homme avec celle observée chez les animaux.
: On considère au foie une face supérieure ou convexe, une face inférieure ou plane, un bord antérieur, un bord postérieur , une base et un sommet, Face supérieure (pars gibba), convexe, lisse | contiguë au diaphragme qui se moule exactement sur elle; sa convexité, peu régulière , est beaucoup plus considérable à droite qu'à gauche, où la surface est presque plane. Cette face est divisée en deux parties inégales , par un repliibéritonéal falciforme, appelé ligament falciforme ou ligament suspenseur du foie, igament qui parait savoir pour destination principale de protéger da veine ombilicale, et qui ne saurait être tiraulié dans l’état de-plénitude où se trouve habituellement & cavité abdominale. Il n'est pas rare de voir sur la ace convexe du foie une ou plusieurs scissures dirigées l'arrière en avant. Je me suis assuré que ces scissures, pour “explication desquelles Glisson et Fernel avaient émis des )pinions singulières, sont dues, au moins dans quelques cas, : des replis saillans du diaphragme qui s'impriment en quelue sorte sur cet organe. Ge Hgament établit supérieurement a ligne de démarcation entre le lobe droit et le lobe gauche lu foie, distinction purement nominale, que je ne conserveai que pour me conformer à l'usage généralement adopté, tqui est une suite de l'habitude ancienne d'admettre pluïeurs lobes dans le foie. La partie du foie qui est à sauche lu ligament suspenseur est toujours plus petite que celle qui est à droite. t
La face convexe du foie est limitée en arrière par la relexion du péritoine qui se porte du diaphragme sur le foie.
Division du foieenlobales.
4 f Face SUPÉe rieure.
Li gament falciforme.
La distinction du lobe droitet du lobe gauche est purement nominale.
Rapports:
ÂAvec le poumon.
Conséquences.
Avec les côtes,
Conséquences,
Avec les parois abdominales.
554 SPLANCHNOLOGIE.
Cette face est séparée par le diaphragme du cœur , des côtes et de la base du poumon droit. Ses rapports avec la base du poumon droit sont très-étendus : la base du poumon et la convexité du foie sont exactement configurées l’une par rapport à l'autre, ainsi quon peut s'en assurer en examinant une coupe verticale faite d'avant en arrière, sur la partie latérale droite du tronc. On voit alors que le foie est comme recu dans l'excavation profonde de la base du poumon. Ce rapport explique pourquoi des abcès ou des kystes du foie se sont ouverts dans le poumon ; pourquoi des abcès dupoumon se sont dirigés vers le foie ; pourquoi le foie peut augmenter de volume du côté du thorax, et refouler le poumon jusqu’au niveau de la troisième ou même de la deuxième côte; pourquoi les épanchemens de la plèvre peuvent refouler le foie dans lbdomen ; pourquoi les péritonites circonscrites à la région du foie sont quelquefois prises pour des pleurésies de la base de la poitrine ; etc. |
Les rapports du foie avec les sept et huit dernières.côtes expliquent les empreintes que présente si souventle foie dans la direction des côtes ; ils expliquent encore pourquoi dés coups violens donnés sur les dernières côtes ont pu contondre le foie; pourquoi des instrumens piquans portés dans les espaces intercostaux du côté droit, ont pu intéresser ce viscère y pourquoi des abcès du foie se sont ouverts entre Îles côtes,
Les rapports de la face convexe du foie avee les parois abdominales, si étendus chez l'enfant nouveau né, etsurtout chez le fœtus, sont le plus souvent circonscrits chez l'adulte : 1° à l'épigastre, dans une étendue variable ; 2° au-dessous du rebord des côtes droites. Dans certaines conformations (pres. que toujours acquises) du foie, et dans les maladies qui augmentent le volume de cet organe, ces rapports deviennent beaucoup plus étendus, et il n’est pas rare de voir, en l'absence de toute lésion organique, le foie atteindre le voisinage de la région ombilicale, et même la région iliaque droite.
Dans l'attitude verticale, le foie tend à déborder les côtes ; aussi est-ce dans l'attitude verticale assise, la partie superieure du corps étant inclinée en avant et appuyée, qu'il convient de faire l'exploration de cet organe (r).
Il n’est pas rare de voir des adhérences accidentelles établies entre le foie et le diaphragme, soit par des filamens celluleux, en forme de brides , soit par un tissu cellulaire plus ou moins serré. |
Face inférieure ou plane (pars sima). Beaucoup plus compliquée que la précédente, c'est par elle que pénètrent et que sortent les vaisseaux hépatiques. On y rencontre des éminences et des sillons ou scissures plus ou moins profonds , qui ont motivé la division du foie en plusieurs lobes; mais cette division, qui, chez les animaux, paraît destinée à permettre au foie de s’'accommoder. à la forme des viscéres de l'abdomen, et qui peut-être a des rapports avec la conformation du cœur, n'existe en aucune facon dans l'homme (2). Cette face. inférieure, qui regarde en bas et en arrière et quelquefois directement en arrière, présente à considérer : 1° un si//on antéro-postérieur où sillon de la veine ombilicale, nommé aussi sillon longitudinal, sillon horizontal, qui mesure tout l'intervalle, existant entre le bord antérieur et le bord postérieur du foie , et qui est divisé perpendiculairement en deux moitiés, une antérieure , une postérieure, par le sillon transverse. La moitié antérieure loge la veine ombilicale chez le fœtus,ou le cordon fibreux qui la
(1) Chez une vieille femme dont le foie déformé, mais sain, dé- » bordait les côtes, j'ai pu diagnostiquer par la percussion inédiate ‘une anse intestinale placée entre le foie et les parois abdominales. Tout dernièrement, j'ai trouvé une anse considérable du colon transverse entre le lobe droit et les parois abdominales, et une anse d'intestin gréle entre le lobe gauche et ces mêmes parois.
(a) Les anciens admettaient dans le foie quatre lobes qu'ils distinguaient par les noms singuliers de mensa, porta, gladius, uUnguis,
Adhérences accidentelles,
Face inferieure.
Sillon antés ro-postérieur,
… remplace chez l'adulte; la moitié postérieure loge le cang A LU veineux du fœtus, ou le cordon fibreux qui le remplace lonantéro-pos- après la naissance. La moitié antérieure du sillon dé la vein PRE ombilicale est beaucoup plus profonde que la moitié posté rieure, et souvent convertie en canal complet par un
espèce de pont formé par un prolongement de Ïà substance
du foie; quand ce pont est incomplet, il avoisine toujour le sillon transverse : souvent il est formé par une languettl
fibreuse. Quelque complet qu'il soit, il présente toujour!
une échancrure au voisinage du bord antérieur.
La moitié postérieure du sillon antéro-postérieur s'incline
Moitié pos- Plus où moïns obliquement à gauche du lobe dé Spigel | Ve du sil- donne attache, comme le sillon transverse, à l'épiploon gas ON anterG- à : ; : « | postérieur. ilrO-hépatique, ét va communiquer en arrière du lobe de
e . 2 e # | Spigel avec le sillon de*la veine-cave inférieure.
C'est surtout eu égard au sillon antéro-postérieur que Division du le foie a été divisé en Zobe droit, grand lobe, et en lobe foie en trois y ‘ . | Jan gauche, appelé aussi lobe moyen par ceux qui admettent, comme troisième lobe, un petit lobe, le lobule ou lobe de Spigel. Nous avons vu cetté même division en deux lobes ; établie à la face supérieure par la présence du ligament suspenseur du foie. De ces lobes, le droit est beaucoup plus con- PE LEE sidérable que le gauche. Le premier occupe lhypochondre les deux lobes, droit; le deuxième occupe l'épigastre et l'hypochondre gauche. La proportion entre le lobe droit et le lobe gauche ne saurait être rigoureusement établie. Le lobe gauche est quelquefois réduit à une languette mince, tandis que d’autres fois son volume égale à peu près la moitié du lobe droit. Généralement, le rapport entre ces lobes est : : 6 : 1. Au reste, cette proportion importe peu, car la distinction entre le lobe droit et le lobe gauche étant purement fictive, ia substancé qui appartient au lobe gauche peut, sans le moindre inconvénient, être refoulée dans le lobe droit, et réciproque
ment.
Sillon trans. 2°, Le sillon transverse, sillon de la vetne-porte , est le Verse.
ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. FOI. 659 éritable Aile du foie, car c’est par ce sillon que pénètrent t qu émergent tous les vaisseaux hépatiques. C'est une trèswge scissure transyersale de quinze à dix-huit lignes de »ng, occupant à peu près la partie moyenne de la face in- ‘rieure du foie, un peu plus rapprochée du bord postérieur ue de l’antérieur, de l'extrémité gauche que de l'extrémité roite. Cette scissure est limitée à gauche par le sillon antéroostérieur, avec lequel elle se confond ; à droite de la vésiule, elle se prolonge obliquement en avant par une scissure troite et profonde. Dans le sillon transverse, se voient : la eine-porte hépatique ou sinus de la veine-porte, l'artère épatique, les racines du conduit hépatique, un grand nomre de vaisseaux lymphatiques et de nerfs, une assez grande uantité de tissu cellulaire. De cette scissure part l’épiploon astro-hépatique. Le sillon transverse est situé entre deux minences , que les anciens ont appelées éminences-portes. Lux sillons antéro-postérieur et transverse, il est facile de allier toutes les particularités que présente la face inférieure u foie.
Ainsi, a gauche du sillon antéro-postérieur, se voit la face iférieure du lobe gauche, légèrement concave en arrière our s'appliquer sur le lobe de Spigel, dont elle est séparée
Vaisseaux qui occupent 1e sillon transverse,
Eminences-
portes.
Empreintes situées à gauche du sillon antéro - posté-
ar l’épiploon gastro-hépatique; concave en avant, pour s’ac- rieur.
ommoder à la convexité de l'estomac, sur laquelle elle e prolonge plus ou moins. Ce rapport du foie et de l'estonac est extrèmement important. Ainsi, l'estomac distendu efoule le foie en haut, et le renverse de telle manière que sa ace inférieure regarde un peu en avant. Dans l’ulcére chroique de l'estomac, il n’est pas rare de voir le tissu du foie emplacer l'estomac détruit, et cela dans une grande étenlue. Cette face inférieure du lobe gauche du foie affecte ouvent des rapports avec la rate, qu'elle enveloppe quelqueois à la manière d’un casque.
| À droite du sillon antéro-postérieur et au-devant du sillon
Fossette de la vésicule.
Eminenceporte antérieure.
Lobule où iobe de Spigel.
Sa situation.
Sa forme,
Prolongeinens du lobule
558 SPLANCHNOLOGIE.
transverse, se voit la face inférieure du lobe droit, qui comprend :
La fossette de la vésicule, fossette plus ou moins profonde, oblongue, dirigée d'avant en arrière, de bas en haut et de droite à gauche, comme la vésicule à laquelle elle est destinée. Cette fossette ne se prolonge pas toujours jusqu’au bord antérieur du foie.
2°. Entre la fossette de la vésicule et le sillon antéro-postérieur, est une surface quadrilatère, lobe carre, éminence: porte antérieure, lobule antérieur. Gette éminence se termine quelquefois en arrière par un mamelon bien détaché, qui jus: tifie le nom d’éminence qui lui a été donné; d'autres fois, au contraire, cette portion du foie est aplatie.
3. Derrière le sillon transverse se voit l'éminence-porte POSTÉE, ou petit lobe du foie, lobule postérieur , lobule. nominé aussi lobe de Spigel , du nom de l'anatomiste qui s ‘en est attribué la découverte, bien qu'il eût été décrit et même représenté avant lui par Vésale, Sylvius et Eustachi. Ce lo. bule, de volume et de forme auf est situé entre le sillon transverse et! le bord postérieur du foie, entre le sillor du canal veineux, qui est à gauche, et le sillon de la veine cave inférieure qui est à droite, Il est situé à droite de lo: rifice œsophagien , au niveau de la petite courbure de l'es tomac qui l'embrasse; sa forme est celle d’une languette apla tie, semi-lunaire, convexe par son bord libre inférieur. qui répond au Fo supérieur du pancréas, et présente : à sa partie moyenne une espèce de mamelon qu entoure un cer: cle artériel formé. par l'artère coronaire stomachique, Var. tère splénique et Partère hépatique. C'est ce mamelon. qui est désigné par Haller sous ce titre: Major colliculus tr magnæ papille similitudinem, Haller ; éminence triangulaire de Winslow. De son extrémité postérieure part une languette située au niveau du bord postérieur du foie, languette qui
convertit en canal , quelquefois complet, la gouttière de la
veine-cave inférieure. De son extrémité antérieure part un prolongement (prolongement droit du lobule), ou crête saillante, qui se porte à droite du sillon transverse, se dirige obliquement en avant, et sépare la dépression rénale de la dépression colique.
Ce prolongement , décrit avec un soin minutieux par les anatomistes anciens, a été désigné par Haller sous le nom de colliculus caudatus. À sa jonction avec le lobule, ce prolongement est creusé en avant par une gouttière (gouttiere de la porte ventrale) assez profonde pour loger la veineporte et l'artère hépatiques, tandis qu’en arrière le lobule est creusé plus profondément pour loger la veine-cave inférieure ( gouttière de la veine-cave inférieure),
Quelquefois le bord droit de la gouttière de la veineporte ventrale présente un mamelon analogue à celui du lobe de Spigel : dans ce cas, on dirait qu'il y a deux lobes de Spigel. Au niveau de sa gouttière, la veine-porte ventrale
n’est séparée de la veine-cave que par une languette trèsmince.
Le petit lobe présente d'assez grandes lvariétés quant à son volume; mais ces variétés ne vont jamais jusqu’à permettre de le sentir à travers les parois abdominales , à moins de développement morbide de ce lobule. Ce ne sont pas des médecins anatomistes qui ont prétendu reconnaître par le
tact l'embarras, l’empâtement du lobe de Spigel (1). 4. Toujours à droite du sillon antéro-postérieur , la face inférieure du foie présente en arrière une excavation plus ou moins profonde et plus ou moins étendue, suivant les sujets; empreinte rénale, qui correspond au rein, sur lequel
{1) Meckel et autres considèrent comme constituant un sillon an. téro-postérieur ou longitudinal droit, la fossette de la vésicule du fiel et le sillon de la veine-cave inférieure, sillon qui est creusé en partie sur le lobe de Spigel, en partie sur la portion contigué au lobe droit, et qui se prolonge sur la face inférieure du foie.
Gouttière de la veine-porte ventrale.
Gouttière de la veine-cave inférieure,
Variétes de volume du petit lobe.
Empreinte rénale.
Empreinte colique.
Gouttière de la veine-cave inférieure,
Résumé de la description de la face inférieure du foie.
550 SPLANCHNOLOGIE.
elle se moule exactement, et auquel le foie est uni d'une manière lâche, et à la capsule surrénale, à laquelle il adhère moins lâchement. Quelquefois l'empreinte de la capsule est distincte de la facette rénale. On conçoit que l'empreinte ré-, nale doive présenter des variétés suivant que le foie répond au tiers supérieur, à la moitié supérieure, ou à la totalité du rein droit. Cette empreinte est toujours dirigée en arrière. |
5°. Au devant de l'empreinte rénale est une dépression légère, empreinte colique, qui répond à l'angle de réunion du colon ascendant avec l'arc du colon, à cet arc du colon lui-même, et quelquefois à la première portion du duodénum.
6°. En arrière, la gouttière de la veine-cave inférieure qui anticipe un peu sur la face inférieure du foie, en dedans de l'empreinte rénale et capsulaire. Lorsqu'on enlève cette veine, on voit qu’elle reçoit des rameaux veineux dans toute l'étendue de la gouttière.
7°. Quant aux scissures accidentelles que la face inférieure du foie présente quelquefois, elles sont le vestige des divisions qui existent chez un grand nombre de mammiferes. :
Ainsi, en résumant les objets nombreux que présente la face inférieure du foie, nous trouvons le sillon antéro-postérieur coupé perpendiculairement par le sillon transverse; à gauche du sillon antéro-posterieur , la face inférieure du lobe gauche qui présente l'empreinte du lobe de Spigel, PARU EU gastrique, et quelquefois l empreinte splénique; à droite et au-devant du sillon transverse, la fossetté biliaire , l'éminence-porte antérieure; derrière le sillon transverse, l’'éminence-porte, postérieure ou lobule, son prolonsement droit, la gouttière de la veine-porte nl: plus à droite, l'empreinte rénale et l'empreinte colique, la goutère de Ja veine-cave inférieure,
Circonférence du foie.
1°. En avant, cette circonférence présente un bord trèsmince et comme tranchant, obliquement dirigé de bas en Circonférence. haut et de droite à gauche, répondant à droite au niveau de la base du thorax; et débordant cette base au niveau de l'échancrure sous-sternale, Ce bord présente: 1° une échancrure dé profonde pour la veine ombilicale; elle “est constante; Echancrures : 2° plus à droite, une autre échancrure, souvent plus large 1°. De la veique la précédente, au niveau du fond de la vésicule du fiel. ?* De Cette échancæure n’est souvent qu'indiquée ; d’autres fois ra LE elle manque entièrement. Chez quelques sujets il n’existe qu'une très-grande échancrure commune à la vésicule du fiel et à la veine ombilicale, échancrure à bords sinueux ou coupés par d’autres petites échancrures. Il est presque toujours possible, lorsque les'parois abdominales sont relâchées, d'insinuer les doigts entre les côtes et le foie.
2°. En arriere, le foie présente un bord très-épais dans toute la portion qui répond au côté droit, et s’amincit à mesure qu'il approche de l'extrémité gauche. Ce bord ) Œui est court, arrondi, comme curviligne, pour s'accommoderàla convexité de la colonne vertébrale, adhère immédiatement au diaphragme, par un tissu cellulaire assez dense. C’est, en effet » au-dessus et au-dessous de ce bord que le péritoine se réfléchit du diaphragme sur le foie, pour constituer ce qu'on appelle le ligament coronaire du foie. L'espace celluleux compris entre Ligamen ces deux lames du péritoine, est peu régulier et plus ou RAR je moins considérable, suivant les sujets. Ce bord est divisé en deux parties, par une échancrure profonde qui forme les deux tiers, les trois quarts d'un Canal, dans lequel est TE AIN reçue la veine-cave inférieure, L'échancrure est convertie de la veine en canal complet, tantôt par une espèce de pont fibreux, EH Me tantôt par une languette fournie par l’extrémité postérieure du lobe de Spigel. Pour avoir une bonne idée de la disposition du foie au niveau de l’échancrure destinée à Ja veine-
562 SPLANCHNOLOGIE.
Cavité cree Cave, il faut diviser-cette veine suivant sa longueur : on voit se me Ps alors au fond d’une échancrüre profonde, une grande cavité vir de con- qui est le confluent de toutes les veines hépatiques. On voit, sn pen en outre, que le sillon antéro-postérieur se continue avec le patiques. sillon de la veine-cave, derrière le lobule de Spigel. Vu par
derrière, ce lobule se présente sous la forme d’une languette détachée du reste du foie par des sillons et des gouttières
Lu qui la circonscrivent.
® 3°. 4 droite, le foie présente une grosse extrémité lisse, base de la pyramide à laquelle on a comparé cet organe. Un re-
SA pee pli triangulaire du péritoine, qu'on appelle liggment triangu-
droit. laire droit, est étendu de la partie moyenne de cette grosse
extrémité au diaphragme.
4°. À gauche, le foiese termine par une languette angulaire ou obtuse, plus où moins prolongée, qui atteint assez souvent la rate, à laquelle je l'ai vue adhérer étroitement. Cette languette, qui tient au diaphragme à l’aide d'un repli Let triangulaire du péritoine, qu'on appelle ligament trianguiriangulaire laire gauche, est légèrement échancrée en arrière pour regelé cevoir l'extrémité inférieure de l’œsophage, qu'elle circonscrit à gauche. Chez un sujet, j'ai vu cette languette complétement séparée du reste du foie, avec lequel elle ne se continuait que par un pédicule vasculaire de quatre lignes de longueur. Cette disposition était peut-être due au tiraillement exercé sur le corps du foie par la rate, à laquelle la
languette était fortement unie. .
Couleur.
Couleur.La couleur du foie est d’un rouge brun, plus où moins foncé suivant les sujets. Sa surface, de même que les di- La coupe da
foie présente VÉTSES COUPES re on le soumet, présente l'aspect d'un l'aspect d’un granit à deux espèces de grains : l’un brun foncé, l'autre
granit à deux .
espèces de Jaunâtre, d'où la atcubn des deux substances du foie. grains, Aucun tissu ne présente, d'ailleurs, plus de variétés que le foie, sous le point de vue de sa coloration. indépendamment
des nuances si diverses qu'il peut offrir, et qui échappent
à toute description, le foie est quelquefois d’une couleur Variétés Jaunätre, jaune-serin, jaune chamois (d'où le, nom de cér- coloration du rhose , donné à une maladie du foie); quelquefois d'un vert lie:
olive plus ou moins foncé; d’autres fois, d’une couleur ar-
doisée. Ces différences de couleur, qui n’ont veut-être pas
été assez étudiées, sont liées à des altérations.de texture plus
ou moins profonde. La couleur Jaune chamoiïs suppose pres-
que toujours la transformation graisseuse du foie,
Fragilité du foie.
La fragilité du foie est un des traits les plus importans de son histoire. Compacte et fragile, il ne saurait être comprimé avec quelque force sans déchirure, d’où le danger des contusions Fragilité da sur la région du foie, d’où les préceptes donnés par les accou- fic: cheurs, pour garantir de toute compression l'abdomen du fœtus pendant les manœuvres d’un accouchement laborieux.
La fragilité et le poids du foie expliquent pourquoi les commotions et les contusions par Sontre-coup de cet organe sont la suite d'une chute d’un lieu élevé. Dans l'état graisseux, le foie recoit et conserve l'impression du doigt. Il a perdu en grande partie sa fragilité. Les foies vert-olives et ardoisés & sont denses; leurs molécules sont beaucoup plus solidement hées entre elles ; ils se lacèrent difficilement.'
Conséquences.
Texture.
Avant les beaux travaux de Glisson et de Malpighi, on disait d’après Erasistrate, que le foie, comme d'ailleurs fo: tous les organes à structure compliquée, était un parenchyme, mot vague qui veut dire épanchement d’un suc HAT Vague /du ticulier autour des vaisseaux. Mal ighi démontra contradic- mot parenchy. oirement à l'assertion de Warthon, que le foie est une
Texture da €.
slande conglomérée , et étudia les grains glanduleux que plus tard Ruysh sembla convertir en vaisseaux par ses belles njections : les anatomistes se partagent encore entre ces deux rands observateurs, relativement à la structure intime du oie , comme d’ailleurs pour celle de toutes les glandes ; les
564 SPLANCHNOLOCGIE.
uns admettant que la structure intime du foie est granuleuse, et les autres qu’elle est vasculaire, Le foie présente à considérer, 1° des enveloppes; 2° un tissu propre.
Des enveloppes du foie.
Les enveloppes du foie sont au nombre de deux : 1° la tunique péritonéale; 2° la membrane propre fibreuse. La tunique péritonéale forme au foie une enveloppe pres- ‘que complète. Le bord postérieur de cet organe, le sillon trans- SR Pé- verse, lagouttière de la veine-cave et la fossette de la vésicule du fel, en sont seuls dépourvus. | C’est le péritoine, qui, en se réfléchissant du foie sur Île diaphragme, constitue ces replis appelés ligament falciforme, ligament coronaire et ligamens triangulaires, dont nous avons parlé. Par la tunique péritonéale, le foie, toujours humide, glisse sans frottement sur les parties voisines. Il est fréquent de voir des adhérences celluleuses attacher le foie aux organes environnans, sans nuire positivement à ses fonctions. La membrane‘'péritonéale adhère intimement à la mem brane propres NE ,
RATE Membrane propre ou fibreuse. On voit très-bien cette mempropre ou fi- brane dans les régions du foie qui sont dépourvues de péribreuse. - toine.Il devient ensuite facilede la démontrer dans toutlereste
de la surface de cet organe. Elle constitue l'enveloppe immé-
diate du foie : adhérente à la tunique péritonéale ‘par sa face
externe, elle adhère, par sa face interne, au tissu du foie à
l'aide de prolongemens fibreux qui s’interposent aux granula-
tions, et forment à chacune d'elles une enveloppe distincte.
Parvenue dans la scissure transverse, cette mernbrane
la tapisse, et envoie autour des divisions dela veine-porte,
Made de de l'artère hépatique. et des canaux biliaires correspondans, des prolongemens qui forment à ces groupes de vaisseaux , des espèces de gaînes cylindriques, lesquelles se divisent et sesubdivisent comme eux. Ce sont ces gaines qui con-
stituent la capsule de Glisson,que nous devons par conséquent considérer comme une dépendance de la membrane propre
La surface interne de ces gaines n’est unie aux vaisseaux que
par un tissu cellulaire séreux très-lâche. Leur surface externe
adhère intimement au tissu du foie à l'aide de prolongemens se fibréux qui s'entrecroisent sous toutes sortes de directions, mens ans forment aux granulations profondes une enveloppe ana- Ps re. logue à celle que nous avons vue émaner de la membrane J: capsule de propre. Il en résulte que le foie est traversé dans toutes les Glisson. directions par des proloñgemens fibro-ceilulaires très-déliés,
vaste réseau dans lequelles granulationssont contenues. Cette
membrane propre est d’ailleurs de nature fibreuse et nulle-
ment de nature musculeuse, ainsi que l'avait admis Glisson.
T2 membrane propre est véritablement la charpente du é foie. 1° Elle fournit à cet organe une enveloppe générale; : 2° elle envoie un prolongement autour de la veine-porte, de pre dans ‘la l'artère hépatique et des canaux biliaires; 3° elle fournit, à ane chaque granulation du tissu propre du foie, une enveloppe En AO fibreuse ou cellule. Ces cellules fibreuses deviennent trés- brenses des manifestes dans certains cas de maladies du foie. Il n’est pas FR Rens rare, en effet, de voir ce tissu fibreux acquérir une grande épaisseur , à tel point! queles grains glanduleux sont comprimés, atrophiés; c’est dans des cas semblables qu'on voit des portions plus ou moins considérables de foie transformées en tissu fibreux réticulé. La disposition du tissu fibreux du foie estaussi très-manifeste dans le cas de ramollissement des grains glanduleux : alors, les granulations peuvent être facilement retirées de leurs cellules, enlevées par l'action de racler, et la surface de la coupe , réduite aux cellules fibreuses, se présente sous l'aspect des alvéoles d’un FRYP de miel. ;
Du tissu propre du foie.
La première chose qui frappe dans l'étude du foie, considéré sous le rapport de sa texture, c'est l'aspect lisse de sa sur-
face.extérieure, qui ne présente en aucune manière la disposition lobuleuse de la plupart des autres organes glanduleux, Si Dperrne } granu:cuse,
on examine avec attention cette surface, soit avant, soit après
Des deux substances du foie.
La distines tion des deux substances est mal fondée.
566 | SPLANCHNOLOGIE.
l'ablation des enveloppes, la disposition granuleuse apparait de la manière la plus manifeste. Cette même disposition se voit dans les coupes qu’on fait à cet organe, et dans les lacé rations auxquelles on le soumet. Il est vrai que la disposition granuleuse, quand on déchire le foie, a été considérée comme le résultat même de la lacération.
L'aspect granitique, à deux grains, a fait admettre deux substances, ou plutôt deux ordres de granulations dans le foie: des granulations rouge- brun et des granulations
Jaunes. C'est à Ferrein (1) qu'est due cette distinction qui
est aujourdhui généralement adoptée , et qui à même servi de texte à plusieurs explications plus ou moins ingénieuses, Cet anatomiste a donné le nom de moelle à la substance brune, et celui d'écorce, à la substance jaune; dénominations évidemment déduites d'une analogie grossière avec la substance médullaire et la substance corticale de l’en- Céphale. D'autres, et cela importe fort peu, ont donné à ces mots une acception opposée. Ces deux substances, dit Meckel, ne sont pas placées comme dans l’'encéphale, l'une à l’extérieur, l'autre, à l'intérieur; mais elles alternent dans toutel'épaisseur du foie, la substance jaure formant la masse du foie, la substance brune remplissant les intervalles.
Cette distinction des deux substances me paraît mal fondée. L'erreur vient, de ce qu'on a pris pour unique base une double coloration qui, du reste, est loin d’être sensible chez tous les sujets. Les deux couleurs jaune et brune, quand elles existent, n’appartiennent pas à deux granulations distinctes, mais bien à la même granulation , qui est jaune au centre , où se trouve la bile, et rouge-brun à la circonférence, où se trouve le sang. d
Le foie humain, excepté dans le cas de développement considérable des granulations, se prête difficilement à leur étude, vu leur petitesse, Le foie de porc, dont les grains sont natu-
(x) Hist. acad. des Sc., 1735
rellement très-considérables, m'a paru aussi favorable que possible pour cg genre de recherches. J'ai coutume de diviser le foie dans divers sens, et sur celles des coupes qui présentent des vaisseaux veineux, divisés suivant leur axe, d’enlever ces veines, et d'étudier les granulations dans les espèces de demi-cagaux où elles étaient contenues. Alors on isole avec la plus grande facilité les granulations , qui se présentent sous la forme de petits corps ovoïdes, eilipsoides, ou plutôt polyèdriques, à cinq ou six facettes, configurées de manière à se mouler sur les facettes des grains environnans sans laisser le moindre vide.
On voitalorsde la manière la plus manifeste, 1° qu'iln'existe 2 Li pans qu'un seul ordre de grantlations; 2° que ces granulations dre de granune sont pas disposées en lobules , comme le disait Malpighi, Htions. mais bien juxta-posées; 3° que chacune d'elles a sa cellule propre, formée par les prolongemens de la membrane fibreuse.
Du moment qu'on peut les isoler, les détacher de l'espèce d’alvéole dans laquelle elles sont logées sans yadhérer, excepté dans le point par lequel elles reçoivent et émettent leurs vais seaux, il suit que les granulations du foie sont indépendantes Indépendanles unes des autres , que l’altération d’une granulation , d'un ce réciproque certainnombre de granulations, peut à être portée au plus haut ire degré, sans que les granulations voisines ou intermédiaires aux granulations affectées, y Par ticipent en aucune manière,
à moinsque l’altération ne s'y DiGRÉeS par continuité de tissu.
Du reste, le volume des grains glanduleux présente beau- Volume des coup de variétés , suivant les divers individus, et ce volume ae est tout-à-fait indépendant du volume du foie lui-même. Les
médecins qui s'occupent d'anatomie pathologique ont sou-
"TH , F * 4 Hepar acivent note ce développement, sous le titre d’Lepar acinosum.
nosum, Il est une maladie caractérisée par la coincidence de l’atro-
phie du foie, qui est réduit à la moitié, au tiers de son volume, et du développement considérable'des grains glanduleux. Eh bien! dans ce cas appelé cirrhose, il y a
Disposition des granulations les unes par rapport aux auires.
‘Le tissu du foie se compose de petites granulations appendues aux branches vasculjai-