‹ Anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 200 sur 223 · UTÉRUS · texte numérisé non relu

UTÉRUS

+. L'atérus (utriculus, outre), où matrice (mater, mère), est. l'organe de la gestation. | BAL 1 Situation. I ést: situé dans l'excavation du bassin sur la ligne médiane, entre la vessie et le rectum, maintenu dans sa position, de chaque côté, par les ligamens ronds et les lgamens larges, inférieurement par le vagin, au-dessus duquel il est placé. ; | | Sa mobil La nature de ses connexions qui sont lâches et extensibles, lui permet de flotter pour aïnsi dire dans l’excavation du.

bassin, et d'y exécuter des mouvemens plus ou moins éten-

dus. La facilité avec laquelle on peut l'attirer vers la vulve

dans certaines opérations chirurgicales, et le déplacement

qu'il présente durant la grossesse , où on le voit s'élever dans l'abdomen, prouvent la grande mobilité de ce viscère.® :

ORGANES GÉNITO-URINATRES. UTÉRUS. q9i

Direction. Son axe est obliquement dirigé de haut en bas : et d'avant en arrière, c’est-à-dire quil se rete avec celui du détroit supérieur ie bassin, Cet axe présente de fréquentes déviations dont l’histoire se rattache à l'accouchement; maïs parmi ces déviations , il en est une oblique de haut ëx Obliquitéde bas et de droite à gauche, que l'on considère, à cause de sa aus Me fréquence , comme étant normale: elle paraît dépendre , suivant quelques anatomistes, de la présence du rectum sur le

côté gauche du bassin. Dans f grossesse, cette inclinaison est

à peu près constante ; elle est en rapport avec la position la

plus ordinaire du fetis, celle dans hiquelle l'occiput. cor-

respond à la cavité is gauche de ia mère.

Nombre. L'utérus est unique dans l'espèce humaine; il Les cas d'uest double dans le plus grand nombre des animaux. Les cas va MAC d’utérus double, observés dans l'espèce humaine, ne sont d'utéms bifque des cas de matrices bifides ou cloisonnées. La bifidité “Aie goss peut exister, ou seulement dans le Carpe de l'utérus, ou bien à la fois dans le corps, le col, et même dans le vagin.

Volume. Le volume de Néons est variable suivant l'âge, Volume, et suivant certaines conditions physiologiques qui sOût pros pres à cet organe. Réduit à de très-petites dimensions jusqu'à la puberté, il acquiert à cette époque le volume qu'il doit présenter dans la suite. Chez les femmes qui ont eu de enfans il ne revient jamais à son volume primitif; par l effet à de la grossesse ou du développement de certaines tumeurs son volume s'accroît énormément. Dans la vicillesse, il s’atrophie, au point d'être réduit quelquefois au soliint qu'il offre chez les enfans nouveau-nés. Voici, du reste , la mesure des dimensions de l'utérus après la puberté :hau Lu teur, deux pouces et demi à rois pouces ; dimensions trans+ déterminées versales ou largeur : 1° au fond, seize à dix-huit lignes; »° au np à col, six lignes : dimension antéro-postérieure ou épaisseur; six pat

«Poids. Le poids de l'utérus est de six à dix gros chez les pig filles pubères, d'une once et demie à deux onces chez les

Direction.

Ses différens suivant l’a -

772 SPLANCHNOLOGIE.

femmes qui ont eu des enfans; je l'ai trouvé d'un à deux gros chez de vieilles femmes dont l'utérus était atrophié. Au terme de la grossesse, le poids de l'utérus est d une livre et demie à trois livres.

Forine de

nm . L] , . 0 .

l'utérus. poire aplatie d'avant en arrière. On le divise en corps et en

col ; un rétrécissement plus ou moins prononcé établit la limite respective de ces deux parties de l'utérus.

Rapports, Rapports. Is doivent être étudiés en avant, en arrière, sur les côtés, au bord supérieur ou fond de l'utérus et à l'extrémité inférieure ou vaginale.

LA . O , e LC] ” 1° Face anterieure. 1° Recouverte par le péritoine dans

Face ante- ; nn pren

rieure ses trois quarts supérieurs, elle est en rapport médiat avec la face postérieure de la vessie dontelle est souvent séparée par des circonvolutions de l'intestin grêle ; 2° dans le quart

inférieur de sa hauteur, elle est en contact immédiat avec le bas-fond de la vessie, et lui est unie par un tissu cellulaire |

assez lâche. Ce dernier rapport explique la fréquence avec laquelle les affections cancéreuses de l'utérus se propagent au bas-fond de la vessie.

Face postée 2° Facepostérieure. Recouverte-par le péritoine dans toute.

rieure son étendue, elle est en rapport médiat avec la face anté-

fieure du rectum dont la séparentsouvent les circonvolutions de l'intestin grêle. Cette face, beaucoup plus convexe que’

l'antérieure, peut être explorée à travers le rectum.

Bords law 3° Ses bords latéraux dates concaves, donnent atta

Taux. che aux ligamens large

‘igaloins Ligamens larges. ee sont deux replis quadrilatères formés

larges. par le péritoine, et transversalement étendus des bords de l'utérus aux parties latérales dél’excavation du bassin. Leur

bord supérieur se divise en trois replis ou reliefs, for- |

més, l'un en arrière par les ovaires et leurs ligamens,

l’autre en avant par le ligament rond et le troisième ou Leurs trois

As moyen par les trompes. C'est cette disposition qui a fait | considérer au ligament large trois ailerons (ailes de chauve-

souris, vespertilionts alæ.)

Forme. L'utérus a la forme d'une petite gourde ou d’une

Les ligamens larges peuvent être considérés comme for- Les ligamens Ab ? è : * S larges divisent :

mant dans l'excavation du bassin une cloison transversale, percavation dans l’épaisseur de laquelle se trouve contenu l'utérus avec du bassin en ses annexes; cloison qui divise l’excavation en deux moitiés: D 2 une antérieure, qui contient la vessie; une postérieure, dans laquelle est contenu le rectum et presque toujours avec lui des anses intestinales. |

Indépendamment des ligamens larges, on voit encore partir des bords de l'utérus, les ligamens de l'ovaire et les ligamens ronds.

Les ligamens ronds, cordons sus-pubiens, sont des liga- A mens d'apparence fibreuse, mais qui se continuent manifes ronds. tement avec le tissu de l'utérus. Naissant du bord latéral de l'utérus au-dessous et en avant de la trompe, ils se portent en bauteten dehors ensoulevantle feuilletantérieur du ligament large , viennent gagner l'orifice abdominal du trajet inguinal, dans lequel ils s'engagent, et où ils sont accompagnés par un prolongement péritonéal qui leur forme une gaïîne cylindroïde, désignée sous le nom de canalde Nuck. On peutsuivre Du canal de cette gaîne jusqu’à l’otifice externe du canal inguinalmême, Na*: chez les femmes les plus avancées en âge.

Indépendamment des fibres utérines qui entrent dans sa CRDP | composiuon, le ligament rond contient un grand nombre de des ligamens veines qui peuvent devenir variqueuses surtout au niveau de on

l'orifice externe du canal inguinal où elles ont quelquefois 5 veines.

simulé une hernie.

F Bord supé-

4° Le bord superieur ou fond de l'utérus convexe, regarde en rieur ou fond.

haut et en avant; il est recouvert par les circonvolutions de

J'intestin grêle; il n'atteint jamais dans l'état de vacuité le

niveau du détroit supérieur du bassin : aussi n'est-il pas pos-

siblé de le sentir avec les doigts dans la région hypogastrique. Extrémité b° L’extrémité inférieure où vaginale de Yutérus, nommée *'8nale.

aussi #7useau de tanche, à raison de sa forme, reyarde en

bas et en arrière ; elle est embrassée par le vagin dans léquel

elle fait une saillie divisée par une fente transversale en deux

lèvres: l'une antérieure, l'autre postérieure.

174 | SPLANCHNOLOGIE. | Moseae de Le museau de tanche (os sincæ) est petit, percé d'un oritanche. : fice presque circulaire chez les femmes qui n'ont point eu

Son orifice. d’enfans ; chez les femmes qui ont été mères, au contraire, il fait unesaillie plus considérable ; sa fente est plus prononcée et plus alongée dans le sens transversal (x 1). Chez quelques femmes, le museau de tanche offre une longueur assez considérable et une espèce d’ hypertrophie qui se. concilie avec l'état sain de l'utérus,

Ses saillies.

pds régi

à ni grue 7 ae

Ses lèvres La lèvre antérieure est plus épaisse que Ja postérieure qui 1

est un peu plus alongée. Il arrive fréquemment que chez les vieilles femmes toute trace de lèvre disparait dans le museau de tanche:; l'orifice subsiste seul; dans quelques cas, cet orifice est même oblitéré. Le vagin se termine alors par un culde-sac , au fond duquel on sent au tact un point arrondi dépressible, Cette disparition des lèvres est bien plus fréquente que l'alongement du col utérin , signalé par mon vénérable

collèsue M. Lallemand, chirurgien en chef de la Salpétrière. L]

Cavité de l’utérus.

L'utérus est creusé d’une cavité extrèmement petite, proportionnellement au volume de l'organe; cette cavité, dont les parois sont contiguës, lisses et enduites d’une couche de mucus, forme un triangle curviligne, Nous l'examinerons

ee

dans le corps et dans le Ex

Lacavii du À. Cavité du corps. Elle présente la forme d’un triangle à P P $

opus de PRE chacun des angles duquel se voit un orifice : 1° un infé-

À. SL, ,trlanir

gulaire, rieur qui établit une lqrge communication entre la cavité du corps et celle du col: il n’est pas rare de trouver cet orifice

oblitéré chez les vieilles femmes (2).

(x) J'ai vu des orifices utérins déchirés et comme fendillés en

divers sens à la suite de l'accouchement. | (>): Cette oblitération qui détermine la rétention du mucus et du sang, et par suite la distension et le ramollissement du corps de l’u«

térus est tellement fréquente. que M. Mayer la regarde come nor- À

male chez les vieilles femmes. À + } SU 1 : #97YO!

5° Les deux autres orifices sont ceux des trompes. À Orifices tu- ’'baires de l’u-

péiné visibles à l'œil nu, ils occupent le fond des cavités in- Et

fundibuliformes que présentent les angles supérieurs de l’utérus, cavités infundibuliformes qui sont le vestige de la di- Cavités in. vision du corps de l'utérus en deux moïtiés où cornes. Cette nt 2 division, qui est normale chez les animaux, s’observe quel-

quefois chez la femme.

L'absence congéniale de la cavité du corps de l'utérus est ‘Absence extrêmement rare; il n'en existait pas de trace dans un uté- Hs ha, rus qui m'a été obligeamment adressé par mon collègue le corps. professeur Rostan, bien que la cavité du col persistät. La femme à laquelle il appartenait n'avait jamais été réglée. Il n’est pas besoin de dire qu’elle avait été stérile.

B. La cavité du col est cylindroïde, aplatie d'avant en arrière et présente sur 5es parois antérieure et postérieure, des ru-.col. gosités qui forment un ensemble assez régulier et constituent pour chacune de ces parois une colonne verticale médiane, Ses colonnes. occupant toute la longueur du col et de laquelle partent, sous desangles plus où moïns aigus, un certain nombre de colonnes (1) plus petites, qui font un relief plus où moins pronôncé, et représentent par leur ensemble une feuille de fougère. Ce sont ces rugosités qui ont reçu le nom d'arbre

Cavité da

ci RTE : A ÿ ..42 Arbre devie de vie. Elles disparaissent le plus souvent après un premier du col.

accouchement, ou du moins il n'en reste que quelques débris. Toutefois il n'est pas très -rare. de les trouver dans leur état d'intégrité, même après plusieurs accouchemens ; circonstance qui nest pas à PÉRRIBRE pour la médecine légale. |

Du resie, la surface interne de l'utérus est beaucoup plus Direnes vasculaire dans le corps que dans lé col; cette différence dans la vascu-

: } At] s'observe surtout chez les fémiñiés qui ont succombé dans la ©" FA | a face interne dun période imenstruelle. Chez elles, en effet, on trouve un dé: corps etdu col. (x) Ces ramures variables dans leur disposition ont été décrites

avecles plus grands détails ; ‘par Haller, Boyer, etc. LioRe

776 SPLANCHNOLOGIE.

veloppement vasculaire très-marqué dans le corps, qui-est «

un peu gonflé et ramolli, tandis que le col conserve sa blancheur et sa consistance accoutumées,

Des préten- Un autre caractère de la cavité utérine, c’est de présendus œufs de 7. ë NÉS ter des vésicules transparentes en nombre plus ou moins

considérable, qui ont été prises pour des ovules par Naboth

ARR (œufs de Naboth). Ces vésicules ne sont autre chose que des les de la cavité follicules mucipares qui se rencontrent dans la cavité du nain qu corps aussi bien que dans celle du col, mais qui abondent dctlénte, surtout dans le col au voisinage de l'orifice vaginal, et ne

deviennent apparens que dans les cas où le mucus s'y

SALON accumule par suite de l’oblitération de leur orifice. Leur dans le col. développement qui est parfois considérable , a fait (role

dans certains cas, à des maladies plus graves.

ELA tr On cherche vainement au fond de l'utérus les orifices des sinus uté- es sinus utérins admis par les anciens anatomistes. Ceuxcree ci ne se voient qu'après l'accouchement et seulement dans le couchement. lieu qu ‘occupait le placenta.

| Les parois de la cavité utérine, examinées hors l'état de … Epaisseur grossesse ont de quatre à six Fos d'épaisseur. La partie la AP moins épaisse correspond à l'insertion des trompes utérines.

L'utérus n'a guère dans ce point que deux lignes d'épaisseur. Les paroïs du col sont moins épaisses que celles du corps,

Structure de l'utérus.

Un tissu propre, une membrane externe péritonéale, une |

membrane interne muqueuse, des vaisseaux et des nerfs, telles sont les parties constituantes de l'utérus. Tissu pro À. Zssu propre. Il est orisâtre, très-dense, très-résistant.

pre del'atérus. et criant sous le scalpel à la manière d’un cartilage. Si la:con-

sistance du corps paraît moindre que celle du col, celaipro:. |

vient uniquement de ce que le premier est plus fréquemment que l’autre le siége d’une fluxion sanguine, TIRER DES Le tissu propre de l'utérus est compasé de fibres ÿ c'estrèn.

dire de parties disposées linéairement. Ces fibres sont-elles

' f . . te de même nature que le tissu fbreux, sont-elles musculaires, , Ores u tissu pro-

ou bien encore doivent-elles être rapprochées du tissu jaune pre del'utérus. des artères? Les considérations suivantes répondront à ces diverses questions,

Hors l'état de grossesse, les parois de l’utérus paraissent ÿ Hors l'état composées d’un tissu fibreux que traverse un grand nombre é BRIE de vaisseaux. Pendant ja grossesse, ou par suite du déve- Pendant la loppement de tumeurs, d’accumulation de liquide dans sa ST cavité, le tissu propre revêt tous les attributs du tissu .musculaire , tel qu’on le trouve dans les appareïls de la vie organique, et possède comme lui la contractilité.

La présence d'un fœtus ou d’un corps étranger au sein de ;, RTE

l'utérus, aurait-elle donc pour effet d'opérer une transforma- pr en lumière

‘structure musculaire voifluxion si considérable 1 l'utérus devient le siége, et qui lée pendantl'é-

, tat de vacuité amène la distension et le développement de ses fibres, met à 4, Déc à

tion dans le tissu de cet organe (1). Non, sans doute; mais fui

nu une structure qui était voilée par l’état de nel een et d'atrophie, entretenu par l'inertie ou le défaut d'action. Cette manière de voir se trouve d’ailleurs pleinement sa É ' \ | Preuves de confirmée par les observations microscopiques de Rœderer, cettestructure. et parles expériences chimiques de Schwilgué; ajoutez à cela les résultats fournis par l'anatomie comparée, qui même dans l’état de vacuité, démontre dans la matrice des animaux l'existence de fibres musculaires, les unes circulaires, les autres longitudinales.

La nature des fibres de l'utérus étant une fois constatée, il s’agit d'en déterminer la direction. Or, parmi les anatomistes, Direction des 4 2 RAA UE . fibres de l’uil'en est qui admettent avec Malpighi et Monro, qu'il n'y a rien sérus.

de régulier dans la disposition de ces fibres, et que leur,entre-

(x) Je crois avoir démontré par des faits (Voy. Æssai sur l’anatomie pathologique, 1816) que trois tissus seulement, le musculaire, le nerveux et le glanduleux n'étaient jamais le produit des transformations organiques,

; | 778 . SPLANCHNOLOGIE.

lacement est inextricable. On doit avouer que dans l'état de vacuité de l’utérus, il paraît en être ainsi ; mais dans l’état de gestation, l'intrication du tissu deviuRe assez facile à débrouillér pour le plus grand nombre des fibres (1).

Direction, 1° © Dans le corps. Couche extérieure mince composée,

de la couche 1° se

un faisceau médian, vertical, qui occupe l’une et l’autre extérieure des

fibres utérines. faces de l'utérus; 2° d’un autre faisceau qui en occupe le

fond; 3° de fibres obliques, ascendantes et descendantes, qui convergent vers les trompes utérines, les ligamens ronds et les ligamens des ovaires, lesquels sont constitués par un prolongement de ces fibres, Cette première couche ou couche superficielle, appartient exclusivement au corps de l'utérus. 2° Delacou- 4° La couche profonde du COFpS est formée de fibres circuche profonde. Jires, disposées suivant deux séries concentriques. Chacune de ces séries forme un cône dont le sommet répond à la trompe , et dont la base qui regarde la ligne médiane vient

se confondre avec celle du cône opposé, Directiondes 2° Le col est exclusivement composé de fibres Pen >

fibres du col. qui s’entrecroisent, à angles très-aigus,

Les données fournies par l'anatomie comparée sont par- Concordance

des faits four- faitement en rapport avec Ja description qui précède,

nis par lanato- Ainsi l’utérus d'une truie qui venait de mettre bas, m'a déer ET montré , 1° que le col est exclusivement composé de fibres FAP HE 2° que les cornes (aduterum de M. Geoffroy St-Hilaire }, qui remplacent le corps de l'utérus de la femme, sont constituées par deux couches de fibres : l’une extérieure longitudinale, l'autre profonde circulaire. En voyant cette disposition, on est nécessairement conduit à reconnaître que le. corps de l'utérus, chez la femme, résulte évidemment de deux aduterum adossés, qui communiquent

(x) Hunter, Anatomia uteri ; FLN AE dans Schlegel, St

log. oper. minor. ad arte obstetic. Tipsiæ, tome 2, page 296. Mémoire présenté à l'Académie de médecine par Mme Boivin , 2 octobre 1821.

ALES Re ON ES

sortie des

ORCANES GÉNITO-URINAIRES. UTERUS. 779

entre eux, au lieu de s’ouvririsolément dans la cavité du col.

Etudié dans l’état de grossesse, le tissu de l'utérus est tra |. Sinus méversé par des canaux veineux, sinus utérins,extrèmement con- Qué sidérables, surtout au niveau de l'insertion du placenta, Ce CNE grand nombre de vaisseaux donne à la texture de l'utérus l'as: tile à parois pect d’un tissu érectile ou caverneux à parois musculeuses (1). ca

B. Membrane externe ou péritonéale, Le péritoine qui a re- Membrane vêtu la face postérieure de la vessie, se réfléchit sur la face Péritonéale, antérieure de l’utérus dont il recouvre les trois quarts supérieurs seulement, le quart inférieur répondant immédiatement à la vessie. Arrivé sur le fond de l'utérus , il gagne la paroi postérieure, qu'il revêt enentier, se prolonge un peu sur le vagin, et se réfléchit sur le rectum. C'est le prolonger larges. ment transversal de cette même tunique péritonéalequi CONS jisamens vétitue les Lgamens larges. Deux replis falciformes que pré- sico-utérins, sente cette membrane dans l'intervalle que sépare la vessie ao de de l'utérus, portent le nom de légaméns vésico-utérins; deux autres placés dans l’intervalle ri rectum et de la vessie, s'appellent recto-utérins.

Ligamens

Trés-lâche vers les bords de l'utérus, He Bi PÉTI ‘Adhérencs toine devient d'autant plus intime, qu on se rapproc

tage de la ligne médiane. Dans l’état de développement qu'il CAS Sen Lt la grossesse, l utérus Ss approprie le péritoine des ligamens larges, espèces de mésentéres qui se dédoublent pour prêter à l'ampliation de cet organe.

C. Membrane interne ou muqueuse, Les anatomistes qui ont M étudié la surface interne de l'utérus après l'accouchement, muqueuse ntéet en particulier Morgagni et Chaussier, en ont contesté rine. l'existence, aussi bien que ceux qui n’admettent une mu-

queuse que là où on peut la montrer séparée dans une cer-

taine étendue. Mais la présence d’une membrane muqueuse

e davan- de la tnnique péritonéale.

(2): Cette association du tissu érectile et du tissu musculaire se retrouve aussi dans la verge du Gheral, et peut-ëtre dans celle de l’homme.

780 SPLANCHNOLOGIE.

à la surface interne de l'utérus me paraît incontestable d'a- PES les considérations suivantes :

Existence de Lo Moute cavité organique communiquant avec l'extérieur

la membrane muqueuse uté- eSt tapissée par une membrane muqueuse : ‘pourquoi la cavité

rase utérine ferait-elle seule exception à cette règle ?

Preuvesana. 2° l'anatomie démontre que la muqueuse du vagin se tomiques. continue dans la cavité du col, puis dans celle du corps de l'utérus. Seulement en pénétrant dans la cavité utérine, elle s’y dépouille de son épithelium. Malgré les difficultés que font naître, pour la dissection, la ténuité de la muqueuse, et son adhérence extrême au tissu de l’utérus, la présence de cette membrane est démontrée par les observations suivantes, 1° vue à la loupe, la surface interne de l'utérus offre une dispusition papillaire, mais à papilles très-peu développées ; 2° cette surface interne est parsemée de follicules ou cryptes dont on peut exprimer le mucus par une foule de points, et qui forment de petites vésicules, quand ils sont distendus par le mucus que retient leur orifice obstrué ou oblitéré; 3°elle présente une grande vascularité et un réseau capillaire dont l’aspect est le même que celui des autres muqueuses; 4” enfin ellé est continuellement lubréfiée par des mucosités. Épagie Quant aux inductions déduites de l'observation pathologique, thologiques. on voit que la surface interne de l'utérus est sujette, comme toutes les autres muqueuses, aux hémorragies spontanées par exhalation et sans déchirure, aux sécrétions catarrhales etaux végétations nommees polypes muqueux, vésiculeux et fibreux. Or, on admet généralement que là ou il ya

identité d'affections, il y a aussi identité de nature. Dissociation Pendant la grossesse, les élémens de la muqueuse se disde np socient ; ses vaisseaux deviennent pénicillés, et prennent un pendant la grand ÉcAtoMIEREe mais à mesure que l'utérus revient à prossesse, ses premières des ein , la muqueuse se rétablit dans sa forme primitive et les élémens dissociés se rapprochent. Il semble que cette membrane ait été détruite par une véritable exfoliation et qu'elle se reconstitue de toutes pièces.

Les HA de l'utérus proviennent de deux sources: 1° les principales naissent de l'hypogastrique , et prennent le nom d’artères utérines ; 2° d’autres viennent des spermatiques ou ovariques, gagnent Îes bords de l'utérus, et se distribuent dans cet organe : les unes et les autres décrivent de nombreuses flexuosités.

Les veines sontremarquables par leur volume énorme pendant la grossesse, et après l’accouchement; on a donnélenom de sinus uterins aux grosses veines que l’on rencontre à cette époque dans le tissu de l'organe, et cette dénomination n'est pas tout-à-fait dénuée de fondement, car ces canaux veineux sont constitués par la tunique interne des veines qui adhère au tissu propre de l'utérus de la même manière que dans les sinus de la dure-mère, un prolongement de la tunique véineuse interne, adhère au tissu fibreux de cette membrane.

Les vaisseaux lymphatiques, que je n'ai bien étudiés que .

pendant la grossesse etaprès l'accouchement, époque à laquelle jeles ai souvent trouvés pleins de pus, offrent commelesveines un volume extrêmement considérable (1), ils formént divers plans dans l'épaisseur de l'utérus:les superficiels, sont les plus développés; ils vont se rendre dans les ganglions pelviens et lombaires ; quelques-uns accompagnent les veines ovariques. Nerfs. Très-bien décrits et représentés par Tiedemann, tels qu'on les voit dans l'état de grossesse, ils proviennent les uns des plexus renaux, et arrivent à l'utérus accolés aux artères ovariques ; les autres, du plexus hypogastrique : ceux-ci sont formés par quelques branches antérieures des nerfs sacrés, et par des branches provenant des ganglions lombaires.

éveloppement.

On s'accorde généralement à dire que le corps de l'uterus est toujours bifide où bicorne, chez l'embryon, jus-

(tr) Voy. Anatomie pathologique avec planches, livraison xrv.

ARR atérines.

Veines.

Sinus uté- TIns.

Vaisseaux Jymphatiques.

Nerfs.

782 | SPLANCHNOLOGIE.

Développe- AUà la fin du troisième mois ; ; et que vers la fin du quament de l’uté- trième, les deux moitiés sont réunies pour constituer une ca- AE vité unique. Je n'ai point observé cette bifidité dans les pre-

miers temps de la vie intra-utérine,

Pendant la vie fœtale, l'utérus au lieu de part la forme qu'il doit offrir dans la suite, offre une prédominance marquée du col sur le corps. À cette époque la partie la plus large de l'utérus correspond à son extrémité vaginale.

Après la naissance et jusqu’ à la puberté, le développe-

1 est sw ment de l'utérus est pour ainsi dire stationnaire, en sorte tionnaire jusqu'kla puberté. UE, d’après les observations de Rœderer, Re par

M. le professeur Dugés, il est long de douze à quatorze lignes chez l’enfant naissant ,etna qu un pouce et demi chez l’enfant de dix ans.

A l’époque de la puberté, l'utérus acquierten peu de temps les dimensions qu'il devra conserver par la suite : à la même,

ais + hp époque, il devient le siége d’une exhalation sanguine périoberté. dique, qui constitue la menstruation.

Dans la vieillesse, l'utérus s’atrophie, se déforme; un ré-

Héroube trécissement plus marqué sépare le col et le corps. Ces deux dans la vieil- parties de l'utérus semblent devenir plus indépendantes l'une D" de l’autre; les lèvres du museau de tanche s’effacent le plus. souvent chez les vieilles femmes. Le tissu du corps conserve de la mollesse', le tissu du col devient d’une extrème densité.

La situation de l'utérus présente des différences notables dans les divers âges. Chez le fœtus, il déborde le détroit supérieur, et plonge dans la cavité abdominale; après la naïs-, sance, et par suite du développement du, bassin, il parait, s'enfoncer peu à peu dans l’excavation. À l’âge de dix ans , le fond de l'utérus répond au niveau du détroit supérieur; plus tard, il répond au-dessous. Chez les vieilles femmes, on le trouve ordinairement incliné à droite ou à gauche, ou renversé en arrière sur le rectum. j

Usages.

L'utérus est l'organe de la gestation; c'est dans sa ça

LA

vité que le germe fécondé est mis en dépôt, et trouve des conditionsles plus favorables à son développement. L’utérus est encore l'agent principal de l'expulsion du fœtus.

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