‹ Anatomie descriptive / (volume 3)Chapitre 1 sur 238 · BECHET JEUNE · texte numérisé non relu

BECHET JEUNE

XXBRAZBXl DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE,

PLACE DE l’École de médkciite , n° 4.

ANGÉIOLOGIE.

L’angéiologie ( ayyiiBt , vaisseau ) est cette partie de l’anatomie qui a pour objet les organes de la circulation.

Les organes de la circulation comprennent ; i° une partie

O i A ^ Objets qua

centrale, le cœur ^ agent d’impulsion du sang; 2® les artères, comprend Tan. vaisseaux qui portent le sang du cœur dans toutes les parties du corps ; 3“ les veines , qui rapportent le sang de toutes les parties du corps dans le cœur ; 4° les vaisseaux lymphatiques, annexes des veines, qui versent dans le système veineux le liquide qu’ils contiennent.

DU COEUR

Préparation. Pour étudier la conformation extérieure du cœur, injecter, 1° les cavités droites, par l’artère pulmonaire ou parl’uue des veines-caves, en ayant soin de lier l’autre; 2“ les cavités gauches , par l’artère aorte ou par l’une des veines pulmonaires.

Le suif, la cire, la gélatine, sont les substances les plus convenables pour cette injection.

Le cœur {Kctfha), partie centrale de l’appareil circulatoire, Défmiriou est une poche musculaire à compartimens multiples , destinée à projeter dans toutes les parties du corps, par les artères , le sang qu’elle reçoit par les veines.

Le cœur est un des organes les plus importuns de l’économie. Sous le point de vue zoologique, la présence ou .

ANGEIOLOGIE.

Importance da cœur.

Son alisence congéniale,

L’homme a deux cœurs réunis en un seul.

Situation.

l’absence du cœur, la complication ou la simplicité de sa structure, méritent d’autant plus de fixer l’attention, que ces différences dans l’organe central de la circulation sont liées à de très-grandes modifications dans l’ensemble de l’organisme (i).

Les cas d’absence congénlale du cœur sont excessivement rares, et toujours liés à d’autres vices de conformation, et plus particulièrement à l’absence de cerveau. Ils sont du reste incompatibles avec la vie.

Nombre. Unique chez l’homme et chez tous les animaux vertébrés , le cœur est double et même triple chez les mol» lusques. Cette pluralité des cœurs, bien loin d’être un indice de perfection , doit être considéré comme une sorte de morcellement et d’imperfection de l’organe. Nous verrons que' l’homme, comme les mammifères et les oiseaux, a véritablement deux cœurs réunis en un seul.

Situation. Le cœur est situé à la réunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs du corps : d’où il résulte que les parties supérieures sont sous une influence plus immédiate de cet important viscère (2').

Le cœur occupe la partie moyenne de la cavité thoraci-

(1) Les vertébrés et les mollusques sont les seuls animaux qui soient pourvus de cœur.

Les mammifères et les oiseaux possèdent seuls un cœur double , c’esl-à-dhe un cœur à deux oreillettes et à deux ventricules. Les. poissons et les reptiles ont un cœur simple, c’est-à-dire un coeur à une seule oreillette et à un seul ventricule , lequel est pulmonaire chez les poissons, aortique et pulmonaire à la fois chez les reptiles.

(2) L’intervalle qui sépare le cœur du cerveau présente chez les divers individus des différences qui dépendent de la longueur du thorax et de celle du cou. Cette différence, qui peut s’élever jusqu’à deux pouces, peut exercer une certaine influence sur la circulation du cerveau. C’est en conséquence de cette observation qu’on a considéré l’extrême brièveté du cou comme une disposition à l’apoplexie.

DU COEUK.

que; il est situé dans le médiastin, au-devant de la colonne vertébrale, derrière le sternum, qui lui forme une espèce de bouclier, et qu’il déborde un peu à gauche, entre les poumons, au-dessus du diaphragme, qui le sépare des viscères abdominaux.

Il est maintenu dans sa position , i° par le péricarde, en- Moyens de veloppe fibro-séreuse, fixée elle-même au diaphragme par fixité, des adhérences intimes ; 2“ par les plèvres qui se réfléchissent de chaque côté, pour constituer les parois du médiastin J 3“ par les gros vaisseaux qui sortent de la base du cœur ou qui s’y rendent.

Ces moyens de fixité ne sont pas tels que le cœur ne

. , , •• Il . Changemens

puisse éprouver des changemens de position notables, soit déposition, dans les diverses attitudes ou secousses du tronc, soit dans les maladies des organes environnans. C’est ainsi que dans un cas d’hydrothorax du côté gauche, la pointe du cœur battait à droite, ce qui avait fait croire à une transposition des viscères.

Kolume et poids, \jevo\nme et le poids du cœur échappent , , . . . , . 1 . , , . ^ . Volame et

a toute évaluation rigoureuse , a raison des variétés indivi- poids.

duelles qu’ils présentent. Les limites qui, sous le rapport du

poids et du volume, séparent l’état physiologique du cœur

de l’état morbide sont bien difficiles à déterminer ; et un

cœur qui est dans l’état normal pour tel individu, serait

pour tel autre un cœur hypertrophié.

L’évaluation approximative du volume du cœur établie d’après Laënnec sur la comparaison de cet organe avec le volume du poing (i) du sujet, atteste par ses défectuosités la difficulté d’arriver sous ce rapport à quelque chose de rigoureux.

Aucun organe n’est plus sujet que le cœur à augmenter

(i) La main volumineuse du manonvrier ne suppose pas un cœur plus volumineux que la main grêle d’une femme ou d’un homme de cabinet.

ANGÉIOLOGIE.

Fréqaence de l’augmentation da volume du cœnr.

Moyens d’évalnation de ce volume.

Distinction

importante.

Poids moyen du cœur.

Forme et direction.

Insyinétrie.

Division du coeur en oreillettes

de volume j l’augmentation par dilatation des parois constitue Tanévrisme ; l’augmentation par épaississement de ces mêmes parois constitue l’hypertrophie. Lorsque ces deux causes d’augmentation existent simultanément , le cœur prend un volume monstrueux qui lui a fait donner le nom de cœur de bœuf.

Le volume du cœur peut au reste s’apprécier, d’une manière directe, i® par la connaissance du volume d’eau déplacé par le cœur ; 2° par la mensuration ; d’aune manière approximative, par le poids du cœur auquel le volume est proportionnel.

Dans cette appréciation , il faut bien distinguer le volume et le poids qui tiennent à l’épaisseur des parois du cœur, du volume et du poids qui tiennent au sang contenu dans ses cavités. Pour avoir des résultats comparables à cet égard, il faut peser et mesurer le cœur, 1“ dans l’état de vacuité ; 2® dans l’état de distension. Or, le poids moyen du cœur vide est de sept à huit onces. Des cœurs atrophiés ne pesaient que deux onces; des cœurs anévrismaliques et hypertrophiés, également vides, pesaient vingt-deux onces. Le poids ordinaire du cœur, distendu par du suif, est de vingtquatre onces. J’ai vu des cœurs anévrismaliques, également distendus par du suif, qui pesaient trois livres.

Quant à la mensuration , nous l’appliquerons successivement aux ventricules et aux oreillettes.

Forme ^ direction., divisions , Le cœur a la forme d’un cône aplati , dont l’axe est obliquement dirigé de haut en bas, de droite à gauche et d’arrière en avant. Cette direction, qui est particulière à l’espèce humaine (car chez les animaux j la direction du cœur est verticale), paraît eu rapport avec la station bipède. Du reste, le cœur n’est symétrique ni parrap- j port à la ligne médiane du corps, ni par rapport à son axei propre.

Le cœur est divisé en ventricules et en oreillettes. Les ventricules constituent la partie principale , et en quelque sorte*

DO COEUR

le corps de l’orffane, dont ils déterminent la forme conoîde;

, les oreillettes, especes d appendices, ne se voient bien que trknles. lorsqu’on renverse le cœur ; elles en occupent la base ; la limite respective des oreillettes et des ventricules est indiquée par un sillon circulaire.

Conformation extérieure du cœur.

A. Des ventricules considérés a V extérieur.

î Les ventricules., ou partie ventriculaire du cœur , nom-

, . , . . , . PortioUTen-

mes aussi par les anciens partie arterieuse , parce quils sont tricnlaire du

l’origine des artères, présentent à considérer une face anté-

rieure, une face inférieure, un bord droit, un bord gauche,

une base et un sommet.

1®. face antérieure ou , convexe , est divisée

en deux parties inégales, l’une droite, plus considérable, nale. l’autre gauche, plus petite, par un sillon, sillon antérieur du cœur., dirigé verticalement de la base au sommet, par- Sillon aniécouru par l’artère cardiaque antérieure , et souvent masqué par du tissu adipeux. Tout ce qui est à droite du sillon appartient au ventricule droit; tout ce qui est à gauche appartient au ventricule gauche. Le sillon lui-même répond à la cloison des ventricules.

Cette face est en rapport, i° avec le sternum , qui répond plus spécialement à la partie située à droite du sillon ;

2° avec les cartilages costaux du côté gauche; 3° avec les poumons qui la recouvrent plus ou moins complètement.

Il est à remarquer que, dans les cœurs volumineux, cette jface , ou plutôt le péricarde qui la revêt , répond immédia- Conséquen- ,ement au sternum , tandis que dans l’état naturel elle s’en 5,®* »

^ ^ ^ 1 exploration

Touve à une certaine distance. Les rapports du cœur avec la da cœur, paroi antérieure du thorax permettent l’exploration de cet organe par la percussion et par l’auscultation.

2®. Face inférieure ou diaphragmatique , plane, horizonale, reposant sur le diaphragme, qui lui forme une espèce

Rapports.

ANOÉIOLOGIE.

Face diaphragmatique.

Sillon postérieur.

Conséquences des rapports de la face diaphragmatique.

Bord droit.

Bord gauche

Base.

Premier plan

Artère pulmonaire et iniundibulum.

Second plan Artère aorte.

Troisième plan

Sillon de séparation des oreillettes et des ventricules

de plancher, et qui la sépare du foie et de l’estomac. De même que la face antérieure, elle est traversée par un sillon longitudinal, sillon postérieur du cœur ^ parcouru par des vaisseaux et masqué par du tissu adipeux. Contrairement au sillon antérieur, le sillon postérieur , parallèle à l’axe du cœur, divise la face diaphragmatique de l’organe en deux parties à peu près égales, excepté au voisinage de la pointe. Comme conséquences des rapports de la face inférieure, je noterai , i° les battemens épigastriques , lesquels sont quelquefois bien plus prononcés que les battemens contre la partie antérieure du thorax; 2® la confusion de langage, qui fait attacher la même acception aux mots scrobicule du cœur et creux de ï estomac^ ainsi qu’aux locutions mal au cœur^ mal à V estomac^ etc.

3°. Bords. Le bord droit ovL inférieur est mince, horizontal, couché sur le diaphragme ; rectiligne en approchant de la pointe , il devient convexe en remontant du côté de la base.

Le bord gauche., extrêmement épais, convexe, presque vertical , représente une face plutôt qu’un bord , et répond au poumon gauche, qui est profondément excavé pour le recevoir.

4°. La hase de la partie ventriculaire du cœur regarde en haut , en arrière et à droite ; elle présente :

1®. Sur un plan antérieur, l’origine d’une artère qui s porte aussitôt de droite à gauche ; c’est l’artère pulmonaire la portion du ventricule qui lui donne naissance proémine à droite du sillon antérieur du cœur, et se prolonge à gauche en se rétrécissant de manière à former une espèce ééinfundibulum qui déborde un peu la base des ventricules.

2°. Sur un second plan , on voit l’artère aorte , dont l’ori gine au ventricule gauche est cachée par le prolongemeni ou infundibulum dont je viens de parler.

3°. Sur un troisième plan , se trouve un sillon circulair( qui sépare les oreillettes des ventricules. Ce sillon circulaire, dont le demi-anneau postérieur est occupé par les artères etj

DU COEUR

veines cardiaques, reçoit perpendiculairement les sillons des faces antérieure et postérieure du cœur.

Le sillon circulaire de la base, qui parait superficiel au premier abord , est extrêmement profond dans sa moitié postérieure. Lorsqu’on est arrivé au fond de ce sillon par une dissection attentive, on voit que la base de chaque ventricule est comme renversée de dehors en dedans, pour répondre par une large surface à la base de l’oreillette. On voit, en outre, que la base des ventricules est coupée obliquement d’avant en arrière et de haut en bas ,• ce qui expli- ' que la prédominance de longueur de la face antérieure des ventricules sur leur face postérieure. La différence de longueur entre les deux faces est. d’environ i5 lignes pour le ventricule droit, 9 à lo lignes pour le gauche. Ainsi, sur un cœur de -volume ordinaire, la hauteur des ventricules en avant était de 3 pouces 3 lignes, et en arrière de 2 pouces 3' bgnes. Sur un cœur très-volumineux, la hauteur était en avant de 4 pouces et en arrière de 3 seulement.

Mesurée dans sa circonférence , la base d’un cœur de volume ordinaire, préalablement injecté, m’a donné 10 pouces ; et sur un cœur volumineux, i3 pouces 6 lignes.

4®. Le sommet^ ou la pointe du cœur, légèrement recourbé en arrière chez le plus grand nombre des sujets, présente une échancrure qui répond à la réunion des deux sillons longitudinaux du cœur. Cette échancrure, que masquent en partie des vaisseaux et du tissu adipeux, divise le sommet du cœur en deux parties inégales : l’une droite , plus petite , qui appartient au ventricule droit; l’autre gauche, plus volumineuse , qui appartient au ventricule gauche. Le rapport de volume entre ces deux portions de la pointe du cœur n’est pas constant. Dans quelques cas d’hypertrophie du ventricule gauche, le sommet du cœur est en totalité formé par ce ventricule; dans d’autres cas, par opposition, le sommet du cœur est presque exactement bifide.

Le sommet clu cœur, dirigé en avant, en bas et à gauche ,

Sillon circulaire de la base des yèntricules.

Coupe oblique de la base des ventricules

Différence de longueur entreles deux faces des veutrlcules.

Sommet.

Échancrure du sommet.

A.NGKIOLOGIE,

Lenr volume.

répond aux cartilages de la cinquième et de la sixième côte gauchc , et par conséquent à la région de la mamelle ; le poumon gauche est échancré au niveau de la pointe du cœur, en sorte que celle-ci vient frapper directement contre les parois thoraciques.

B. Des oreillettes considérées à ï extérieur.

^ ^ Les oreillettes ou partie auriculaire du cœur^ forment des

lettes sont des espèces de sacs ou utricules qui sont l’aboutissant des espèces de sacs veines, dont elles peuvent être considérées comme une dilatation: d’où le nom de portion 'veineuse du cœur .y sous lequel on les a désignées , collectivement, par opposition aux ventricules.

Leur. situation. Elles sont situées k la base du cœur, mais à la partie la

plus reculée de cette base.

Leur 'volume y qui est variable chez les divers individus, présente sur un cœur injecté une hauteur moyenne de 2 pouces, un diamètre antéro-postérieur qui est h peu près le même , et un diamètre transversal qui déborde de chaque côté les ventricules, lorsque les oreillettes sont distendues.

La forme de la partie auriculaire du cœur , qui ne peut être bien déterminée que par le secours d’une injection, est irrégulièrement cuboïde: cette forme permet de lui considé- Face anté- F° u^e face antérieure y située sur un plan beaucoup plus reculé que celui qu’occupe la partie, antérieure des ventricules. Elle est concave, et décrit les trois quarts d’un cercle, pour embra.sser l’aorte et l’artère pulmonaire, sur lesquelles elle se moule, et qui la masquent complètement. Celte face antérieure des deux oreillettes né présente pas à sa partie moyenne de trace du sillon antérieur.

2° Une face postérieure y convexe, faisant suite à la face inférieure des ventricules , et qui présente un sillon ver- Siiion auri- tical , Continu en bas avec le sillon postérieur des ventricules, mais déjeté à gauche, curviligne, à concavité regardant à droite, et correspondant à la cloison des oreillettes.

Leui- forme.

Fade posté- 1 icure.

ualaire.

DD COEUa.

Rapports.

1 Immédiatement à droite de ce sillon , se voit l’embouchure I de la veine-cave inférieure, et au-dessous, celle de la grande ' veine coronaire.

Cette face postérieure des oreillettes répond à la colonne vertébrale , dont elle est séparée par l’œsophage et l’aorte.

3* Face supérieure. Elle forme la partie la plus élevée du : cœur, regarde en arrière et à droite. Elle est divisée par un sillon convexe à droite, continu avec le sillon de la face postérieure et répondant comme lui à la cloison inter-auricuîaire.

Sur cette face.se voit l’embouchure de cinq veines distinctes: Embouchure

une seule à droite du sillon, c’est celle de la veine-cave su- emqvemes

' sur cette lace.

périeure; quatre à gauche., ce sont celles des quatre veines pulmonaires, lesquelles sont disposées par paires , savoir , deux à l’extrême gauche des oreillettes pour les veines pulmonaires gauches; deux avoisinant immédiatement le sillon postérieur, pour les veines pulmonaires droites.

Cette face répond à la bifurcation de la trachée, qui est comme à cheval au-dessus d’elle.

4“^. Les extrémités des oreillettes , ou auricules^ présentent la forme et l’aspect flottant et membraneux du pavillon de l’oreille dans le cfiien : de là même le nom a oreillettes. Elles sont dentelées à la manière d’une crête de coq; l’une est antérieure, c’est l’auricule droite; l’autre postérieure, c’est l’aujicule gauche.

L'auricule droite est plus large , plus courte , triangulaire, concave , pour embrasser l’aorte, quelle vient déborder en entre les aoriavant; l’auricule gauche est plus étroite et plus longue, sinueuse, recourbée deux fois sur elle-même à la manière d’une S italique; elle embrasse l’artère pulmonaire, et vient se terminer sur la partie la plus elevée du sillon antérieur des ventricules.

Tandis que 1 aurlcule droite se continue avec le reste de 1 oreillette, sans aucune ligne de démarcation bien tranchée, lauricule gauche en est parfaitement distincte, et c'est à elle que s’applique surtout la distinction établie par Boërhaave

Des auricnles

Difïérence

lO

ANGÉIOLOGIE.

Le cœnr présente quatre cavités.

Cavités droites et gauches.

Le cœur est vraiment double.

Cœur à sang hoir.

' Cœur à sang ronge.

entre les sinus et les oreillettes proprement dites : les sinus constituant le corps de l’oreillette , qu’il considérait comme une dilatation veineuse, et les oreillettes constituant les appendices ou auricules.

Conformation intérieure du cœur.

Examiné dans .sa conformation intérieure, le cœur présente quatre; cavités séparées les unes des autres par des cloisons complètes ou incomplètes ; deux appartiennent aux oreillettes, deux aux ventricules.

Il y a un ventricule et une oreillette du côté droit j un| ventricule et une oreillette du côté gauche.

Les cavités d’un même côté , oreillette et ventricule , sont séparées par des cloisons incomplètes ou valvules , et com-| muniquent entre elles.

Les cavités des côtés opposés , cavités droites et cavités gauches , sont séparées par des cloisons complètes , et ne communiquent pas entre elles.

Le cœur est donc , sous ce dernier rapport , véritablemenlj double. Le ventricule et l’oreillette droite constituent le cœu3 droit, nommé aussi cœur à sang noir^ à cause de la couleui du sang qu’il renferme, ou cœur pulmonaire ^ parce qu’i projette le sang dans les poumons.

Le ventricule et l’oreillette gauches constituent le cœuï gauche, nommé aussi cœur à sang rouge, ou cœur aortique parce qu’il projette le sang dans l’aorte.

Conformation intérieure des ventricules.

Préparation. Pour avoir une idée générale de la conformation intérieure du cœur, soumettez cet organe à des coupes successives faites perpendiculairement à sa longueur ; ou bien incisez-le parallèlement à son grand axe , le long de ses bords.

Pour avoir une idée plus exacte des ventricules , faites au ventricule droit une coupe en V, l’une des branches de la section Ion-! géant le sillon antérieur , l’autre longeant le bord droit et l’an^ gle du V répondant à la pointe du ventricule. !

DU COEUR

La meilleure coupe pour le ventricule gauche consiste à l’ouvrir par une section verticale pratiquée sur la cloison même; mais en suivant ce procédé , on est obligé de sacrifier le ventricule droit.

On peut encore , pour saisir d’un coup-d’œil l’aspect de ces cavités, les préparer par dessiccation. Pour cela, on injecte le cœur avec du suif, puis, après une dessiccation suffisante, ouvrant le cœur d’après le mode indiqué plus haut , on le plonge dans l’essence de térébenthine modérément chauffée ; celle-ci dissout le suif , et les cavités restent dilatées.

A. {Conformation du ventricule droit.

Le 'ventricule droit occupe la partie droite, antérieure et inférieure du cœur : aussi a-t-il été désigné sous les noms de 'ventricule antérieur ou de ventricule inférieur.

Sa cavité a la forme d’une pyramide triangulaire.

La paroi interne, convexe, est formée par la cloison des ventricules ; elle présente dans sa moitié inférieure une disposition réticulée très-prononcée qui cesse presque complètement dans sa moitié supérieure.

Les parois antérieure et inférieure , toutes deux concaves, sont remarquables par leur peu d’épaisseur ; aussi les trouvet-on habituellement affaissées, lorsque le ventricule est dans l’état de vacuité.

La base de ce ventricule présente une sorte de bifurcation analogue à l’angle qui sépare dans un cor de chasse la partie circulaire de l’instrument de la tige qui supporte l’emboucbure. L’ouverture auriculaire répond à l’anneau du cor , et l’infundibulum à la tige. Le diamètre transverse de cette base égale à peu de chose près la hauteur du ventricule.

Le sommet répond à la pointe du cœur.

Les parois du ventricule droit sont très-remarquables par leur disposition réticulée ou aréolaire ; on pourrait appeler toute la portion aréolaire corps caverneux du cœur, car elle présente la disposition spongieuse des tissus érectiles. Les traverses ou colonnes charnues qui constituent les aréoles s’observent, non-seulement sur chacune des parois du ventricule,

Situation du ventricule droit. '

Sa forme.

Ses parois :

1°. Interne;

Page 1