DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES EN GENERAL. Î
on, dls-je, examinée à priori , semble réunir en sa faveur Q grand nombre de probabilités.
Vlais pour admettre un fait anatomique, il faut qu’il soit inontré anatomiquement. Or, i” aucun fait ne démontre oîominunication des radicules lymphatiques avec les radi- € es veineuses. M. Tohman s’appuie sur des inductions plus 0 moins ingénieuses, mais nullement sur des faits directs, des faits anatomiques. Je suis donc forcé de me ren- &mer dans le doute à cet égard , et de ranger ces commua allons à côté des vaisseaux séreux ou veines séreuses de B lier.
La communication des vaisseaux lymphatiques avec «veines dans l’épaisseur des ganglions lymphatiques, avait ^entrevue par plusieurs anatomistes j déjà Meckel l’ancien ^it vu passer dans les veines abdominales le mercure int’.é dans les vaisseaux lymphatiques lombaires; mais ce fait fl attribué à une rupture opérée dans l épaisseur des ganjms. (Hewson , Cruiskshank.) C’était également à une rupne que Mascagni rapportait cette communication qu’il avait •>.iervée plusieurs fois.
,V1. Fohman objecte que cette communication s’effectue 41s l’influence de pressions trop peu considérables, pour |elle puisse être rapportée à une rupture ; que les extratations sont faciles à reconnaître, et qu alors le mercure n’ifiltre dans le tissu cellulaire bien plus aisément qu’il B pénètre dans les veines. Pourquoi , dans 1 hypothèse ine rupture, le mercure ne passerait-il jamais des iyrnpitiques dans les artères? Il rapporte, d ailleurs, à 1 app de son opinion, un nombre considérable de faits qui étabisent que l injection poussée dans les ganglions lymphatiues sort tantôt par les vaisseaux lymphatiques seulement, s tôt par les veines seules, tantôt.à la fois par les vaisseaux yiphatiques et par les veines. Il dit avoir vidé, sur un che- V qu’il venait de sacrifier pendant la digestion , les veines qi sortaient d’un ganglion mésentérique; ayant replacé les uestins dans l’abdomen, il trouva des stries de chyle dans
Aucun fait ne démontré la communication des radicules lymphatiques avec les 1 aJicales veineuses.
Commnnication des vaisseaux lymplxatiques avec les veines dansl'épaissenr des ganglions.
Faits et rai soniiemens invoqués à l'appui de celte communication.
ANGÉIOLOGIK.
les veines. Enfin , il a vu, chez les oiseaux , les vaisseaux lyi phatiques rénaux, qui, chez ces animaux, remplacent ganglions, s’ouvrir directement dans les veines rénales et; crées. M. Lauth a répété les mômes expériences, et a obte les mêmes résultats. Quelque imposante que soit l’autor Faits con- <^les auteurs que je viens de citer, je dois avouer que je s tra res à cette jQjfj p/ètre convaincu, et que les faits allégués par eux 1 me paraissent pas concluans. J'ai pratiqué un grand noml i d’injections lymphatiques, et, dans 1 immense majorité cl cas, le mercure a passé des vaisseaux lymphatiques aflj rens dans les vaisseaux lymphatiques el’férens, et nul ment dans les veines. Dans quelques cas, il a passé dés ga* glions lymphatiques dans les veines; mais il'rri’a semblé qu lors les ganglions lymphatiques avalent subi une altérati dans leur texture, et plus particulièrement le ramollisseme
commumca^ tîon.
Troisième mode de coranmnication
Il ne me paraît donc pas démontré que les vaisseaux lyi phatiques communiquent avec les veines dans l’épaisseur d ganglions lymphatiques.
Lippi, de Florence , rejetant les communications des lyr
phatiques avec les veines dans l’épaisseur des ganglions,élab
des v;'.isscaux qn’indépenclamment de la communication généralement ài iymphaliques \ ‘ . .
avec le sys- mise entre les vaisbcaux lymphatiques et le systemeveineux pf'
terne veineux. canal thoraciquc et parla grande veine lymphatique gaucl
il existe une foule de communications directes entre les va:
seaux lymphatiques, et la veine-porte, la veine honteusei'
terne, les veines rénales, la veine-cave ascendante et l azygc;
Déjà plusieurs anatomistes avaient rencontré des va seaux lymphatiques qui s’abouchaient directement dans système veineux ; tels étaient Walœus, Wepfer, Abraha Kaw, Hebensireit, Meckel l’ancien, Caldani, Vrolyk; ni; ces faits isiilés avaient été considérés par Haller, Mascagr Sœmméring, comme des anomalies, ou comme le résull de déchirures,
MéreoTe mémoire de M. Lippi provoqua de toutes parts i
de M. Lippi. nouvelles recherches. J’étais d’autant plus porté à abond
lÊS VAISSEAÜX LYMPHATIQUES EH GÉNÉRAL. 357
dis le sens de cet observateur, qu’en iSaS j’avais vu de ^manière la plus manifeste un gros tronc lymphatique s’abucher directement dans la veine iliaque externe; qu’il me paissait rationnel d’admettre que les communications entre ksystème lymphatique et le système vejneux ne devaient pi être restreintes à la veine jugulaire interne et à la veine sus-clavière ; que les communications admises par MM. Fohan et Lauth n’étaient pas démontrées; que la ligature du #aal thoracique ne fait pas mourir tous les animaux auxqds on pratique cette ligature, lors même que ce canal ostpas bifurqué; qu’enfin on a trouvé ce' canal, oblitéré plusieurs individus. Comment admettre, d ailleurs, que tecanal thoracique et la grande veine lymphatique droite mondent à la totalité des vaisseaux lymphatiques? Enfin , iîpugne d’admettre que deux ordres J’ôrganes soient charp de la même fonction; car si les veines absorbent, il leible que le système lymphatique soit un hors-d œuvre Jtis l’économie.
foutefois, je dois à la vérité de dire que les recherches les «Is minutieuses et les plus répétées que j’aie pu faire à cet j{rd ne m’ont conduit à aucun résultat confirmatif des trarax de ?d. Lippi ; que , ses planches sous les yeux , j’ai cherdes communications dans tous les points qu’il a indiqués, *[ue je n’en ai trouvé aucune. Je suis donc forcé de conclure l'a , MM. Rossi, f’ohman et autres, que les vaisseaux que ^ Lippi a admis comme des vaisseaux lymphatiques s’ouunt dans différents points du système veineux , ne sont nre chose que des veines.
Structure des vaisseaux lymphatiques.
)eux*membranes entrent dans la structure des vaisseaux ^iphatiques comme dans celle des veines. On démontre J^bien cette structure sur le canal thoracique de l’homme, -Milieux encore sur celui du cheval; on peut encore proun l existence de deux membranes par l’expérience de Jiikshank, qui consiste à renverser le canal thoracique, et I introduire forcément un tube ; la membrane interne, de-?
Probabilités en faveur de l’opinion de M. Lippi.
E n’est pas démontré que les vaisseanx lymjihatiqnes eoinninniquent 'lirectenient avec les veinés dans diverses partie»
dn corps.
Deux membranes, constituent les parois des vaisseaux lymphatiques.
On a admis des fibres nuis* caluires.
La tunique interne est séreuse.
Résistance , extensil)ilité , élasticité des vaisseaux lymphatiques.
Des valvules.
358 ANÜÉIOLOGIE.
venue superficielle, élant moins extensible que l’externe,
déchire.
La (unique externe est regardée comme fibreuse par uns, et comme musculeuse par les autres. Shelder dit avi| manifestement vu sur le canal thoracique /lu cheval ti fibres musculaires disposées circnlairement. 11 m’a paru q cette membrane externe devait appartenir au tissu dartoi comme la membrane externe des veines. Il n’est pas sa^ intérêt de remarquer que la surface externe des vaissea| lympbatiqties est souvent couverte d’une couche mince tissu adipeux qui en a imposé, à plusieurs anatomistes.
La tunique interne des vaisseaux lymphatiques paraît nature séreuse comme celle des veines. Des vaisseaux artéri et veineux se distribuent dans ses parois; on n’y a pas ti montré de nerfs. Des vaisseaux lymphatiques naissent pi bablement des parois de ces vaisseaux. Mascagni croit q la membrane interne est entièrement lymphatique.
Malgré leur excessive ténuité , les vaisseaux lymphatiqn sont assez résistans, moins cependant qu’on ne le dit gér râlement, car ils se déchirent assez souvent sous ia pressii, d’une assez faible colonne de mercure. Leur résistan' ne m’a pas paru supérieure à celle des veines. Ils sont bea coup moins extensibles. Lorsque le canal thoracique ( un autre vaisseau lymphatique est piqué, il revient imn édi tement sur lui-même, et chasse le liquide qui s’échappe qut quefois en jet. On y a admis la contractilité musculaire.J mouvement vermiculaire que leur imprime le resserrem® de la tunique externe doit leur suffire.
Les vaisseaux lymphatiques sont pourvus de valvules biJ plus multipliées que celles des veines. Ces valvules pîtrabof ques , disposées par paires, offrent un bord adhérent du cO] des extrémité^, un bord libre du côté du cœur : elles so généralement très- rapprochés , comme 1 indique la forii noueuse de ces vaisseaux, et présentent quelquefois une d position circulaire ou annulaire qui les a fait regarder, p quelques anatomistes comme de véritables sphincters.
DES VAISSE4HX LITMPHATIQDES EN GÉNEKAL., SSg
En général, ces valvules sont assez fortes pour s’oppo- Elle» s’op. ir au cours rétro^raile de la lymphe, et par conséauent ® l*"*
° , * . jectioii dans
ux injections. Cependant Hiinter a insuftlé tous les vais- un sens op-
. eaux lactés par le canal thoracique. Haller a rempli tous
^ ^ ^ de la ciri;ula-
is vaisseaux lymphatiques du poumon par la partie supé- tion.
• ieure de ce même canal. *Warcheltis dit avoir Injecté la toalité des lymphatiques par le réservoir Je Pecquet. Les valules sont extrêmement multipliées dans les vaisseaux lympha- 'iques; elles m’ont paru manquer dans le canaf thoracique. jCS valvules lymphatiques, comme les valvules veineuses , laraisseiit formées par un repli de la membrane interne.
Des ganglions lymphatiques.
Sylvius a, le premier, séparé ces ganglions sous le nom de 'landes conglobées^ des glandes proprement dites qu’il appellé Ganglion» vngiqÿiérées. Chaussier a désigné ces petits corps ou leraens sous le nom de ganglions Ijviphatiques ^ d’après iœmmering, qui a, le premier, signalé l’analogie qui existe ' ;ntre les ganglions nerveux et les ganglions lymphatiques.
Situés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, à l’égard lesquels nous devons les considérer comme des espèces de Lear litu»’ îenU’es auxquels aboutissent un certain nombre de vais- ’ leaux , les ganglions des membres occupent surtout la partie iupérieure de ces membres dans le sens de la flexion ; ceux Ju thorax de l’abdomen, de la tête et du cou sont couchés le long de la colonne vertébrale et des gros vaisseaux ; ils occupent l’épaisseur du mésentère, des médiastins, la racine des poumons , etc.
Leur 'volume varie depuis celui d’un grain de millet jusqu’à celui d’une grosse aveline. Les plus petits occupent l’épiploon; les plus gros, la racine des poumons. Les maladies les développent prodigieusement. Leur , généralement
d’un gris rougeâtre, est noire à la racine des poumons, lèur forme est irrégulièrement sphéro’idale ; leur texture celluleuse a été parfaitement établie par Pilalpighi. Si on examine à la loupe un ganglion lymphatique , distendu
Volnm«.
Conlear.
Forme.
Texturs
celluleuse.
ANGKIOLOGIE.
par un liquide , on voit qu’il est formé de célhdes ^ l’injection des ganglions par le mercure met d’ailleurs dat|l: tout leur jour, en même temps quelle démontre la conimi: nicalion facile des cellules, entre elles. 11 est cependant doi teux que toutes les cellules communiquent les unes avt
Chaque vais- • ‘ . ^ .
sean lyiupha- les autres. Les recherches auxquelles je me suis livré à ce si
tiqoe parait avoir dans les
jet sembleraient démontrer que chaque vaisseau lymphatiqu
ganglions iin a dans le ganglion son département bien distinct. Les m;
département distinct.
Manière dont se comportent les vaisseaux lymphatiques
ladies des ganglions lymphatiques établissent ce point d’£| natomie, en montrant qii une partie seulement du ganglioi ji peut être affectée, le reste du ganglion étant parfailemeri | intact.
Plusieurs vaisseaux lymphatiques se rendent dans 1 même ganglion ,• plusieurs en partent. Or, au moment oi il atteint la circonférence du ganglion , chaque vaisseat
lymphatique sc divise ou s’épanouit en un nombre considé ]
leur enirée et rablc de ranieaux qui rampent en divergeant un peu à liî à leur sortie '
dans le glion.
surface de ce ganglion, dans l’épaisseur duquel ils péhètren :
ensuite. Le vaisseau lymphatique efférent commence absolu '
' ment de la même manière que finit le vaisseau lymphatique ji
afférent. i
Les vaissealux lymphatiques des grands animaux parais'
Texture des propres à lever toute incertitude relativement à la tex-f
ganglions dé- turc des ganglions. Abernethy ayant injecté les artères et lesj montrée sur . . , . ,r ■ ■ ' • i •' i i” i
les grands ani- dunebaleuie, Vit la matière delin-l
maux. jection s’épancher dans des poches de la grosseur d une
orange ; il injecta de mercure les vaisseaux lac, tés, et il viti
le liquide s’épancher dans les mêmes cavités : il en conclutj
que ies artères, les veines et les lactés avaient des orifices; dans les mêmes cavités. Ce fait vient à l’appui de ceux cités | par MM. Fohinan, Lauth, relaùvëment aux communications || des vaisseaux lymphatiques avec les veines dans l’épaisseur lies giinglious. Les mêmes ohjec-tions lui sont applicables. j Du reste,^ les ganglions lymphatiques sont enveloppés par i une membéane fibreuse 5 on y cherche en vain la tunique t