‹ Anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 110 sur 185 · ORGANES DE LA DIGESTIOIV. PHARYNX · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA DIGESTIOIV. PHARYNX

plus grand raccourcissement possible , et ce raccourcissement est mesuré par le contact de la base de la lang^ue et . ,

A o Le pharynx

du voile du palais devenu horizontal ; d'où il résulte que le peut piésentei-

1 ^ ' ^ 1 1 jTf dans sa lon-

pharynx peut présenter tians sa longueur une ditrerence ^^^^ ^^^ ^jj, de quatre pouces environ; résultat aussi prodigieux qu'inat- férencedeqaa-

1 tre pouces.

tendu. ^

Or, le pharynx parcourt ces limites extrêmes dans la déglutition , dans les modulations de la voix, pour laquelle le pharynx fait l'office d'un tuyau de clarinette ou de flûte. Sous ce rapport, on peut diviser la longueur du pharynx en trois portions : i° une portion nasale j 2° une portion buccale ou gutturale ; 3** une portion laryngienne. 11 est aisé de voir . laccour-

~ ' A . cissemcnt por-

quela différelice dans les dimensions en longueur porte uni- te exclusivecfuement sur la portion buccale, c'est-à-dire sur la portion ™^"^ ^'^^

^ '■ ' '■ portion buc-

qui reçoit l'air à sa sortie du larynx. cale.

Or, ces différences dans la longueur du pharynx ont sur l'étendue de l'échelle diatonique de la voix humaine la même dTceT^drfinfluence que la différence de longueur dans les tuyaux des férencesdeloninstrumens à vent exerce sur les sons produits par ces ins- ^ truniens.

Les dimensions en largeur de la partie supérieure ou na- Dimensions

,11 / 1-. 1, . , en larireui' :

saie du pharynx sont mesurées par Imtervalle qui sépare les bords postérieurs des ailes internes des apophyses ptéry- . ^"^ «por-. goïdes. Ce diamètre est invariable : il est d'un pouce environ. Dans la portion buccale, ce diamètre ett mesuré par l'inter-

, . , , . Dans la por-

valle qui sépare les extrémités postérieures des bords alvéo- tlou buccale; laires : il est de deux pouces environ. Ce diamètre transversal peut être ramené , par la contraction des muscles constricteurs, au diamètre de la partie supérieure, c'est-à-dire à un. pouce.

Dans la portion laryngée , ce diamètre est mesuré successi- Dansia porvenient , 1° par l'intervalle qui sépare les sommets des grandes ^'*^" laryngée . cornes de l'os hyoïde : il est d'un pouce une à deux lignes ;

1" Par l'intervalle qui sépare les cornes supérieures du cartilage thyroïde : il est d'un pouce deux à trois ligi'ncs,- 2. 28

■ 434 SPLAÎSfCHNOLOGIE.

3" Par l'intervalle qui sépare les cornes inférieures de ce . même cartilage : il est de onze à douze lignes. Le rétrécisse-

ment de cette partie laryngée peut être porté jusqu'à Feffacement complet de la cavité.

Le rétrécis- Ainsi le rétrécissement porte sur la portion buccale et sur sèment porte j^ portion laryngée : ce rétrécissement a lieu dans la dé^lu-

sur les por- ^ J ^ o

tions buccale tition , pour chasser le bol alimentaire , qui se trouve ainsi et laryngée. comprimé.

Le rétrécissement de la portion buccale doit encore avoir lieu dans la modulation des sons; il exerce sur réclielle diatonique de la voix la même influence que le rétrécissement des tuyaux de flûte ou de clarinette exerce sur les sons produits par ces instrumens.

„. . Les dimensions suivant le diamètre ant'ero - postérieur ne

Dimensions ^

suivant le dia*sont pas sujettes aux mêmes variations que les dimensions

mètre antero- gy-^^j^j. |gg diamètres' transverse et vertical, vu la présence postérieur. ' i

de la colonne vertébrale. L'ampliation du pharynx d'avant en

arrière a lieu dans ce temps de la déglutition où le larynx et l'os hyoïde sont portés en avant et en haut. Son rétréciosement a lieu dans cet autre temps où le larynx et Tos hyoïde sont portés en haut et en arrière. Le diamètre antéro-postérieiir du pharynx est mesuré par celui de l'apophyse basilaire de l'oc-

,.. cipital.

rigure. r

Figure. Le pharynx ne forme pas une cavité complète à

parois distinctes et isolées , mais bien un demi-canal ou les

deux tiers d'un canal , que complètent en avant divers orga-

Tension ^^^^ , étrangers, du i^este, à la composition du pharynx.

habituelle du Du reste , le pharynx est dans un état de tension et de

p arynx. béance habituelle, depuis sa voûte jusqu'au larynx; en

aucune circonstance on ne rencontre ses parois revenues

sur elles-mêmes; disposition importante qui est en rapport

avec le passage continuel de l'air dans les portions nasale

et buccale du pharynx. Il doit cette tension à l'apophyse ba-

silaire et aux points fixes qui servent d'attache à ses bords,

ainsi qu'à la sîrucîui'e aponévrotique de sa partie supérieure.

Au niveau du larynx, la tension n'existe plus. On considère

ORCAWES DK LA DIGESTIOBT, PHARYNX. ^$S

au pharynx, comme à tous les organes creux, une surface extérieure et une surface intérieure.

A. Surface extérieure. FÀ\e repond, en arrière j^&v une Rapports: face plane, à la colonne cervicale, dont elle est séparée par ^„ ^^ ^^ les muscles longs du cou , grand et petit droits antérieurs rîère.

de la tête. Cette surface glisse , à l'aide d'un tissu cellulaire très-lâche, sur l'aponévrose qui revêt les muscles de cette région; et, lorsque cette laxité du tissu cellulaire n'ôxiste plus , par le fait de l'inflammation , les mouvemens nécessaires pour la déglutition ne peuvent plus s'accomplir : il y a dysphagie. Les rapports du pharynx avec la colonne vertébrale expliquent pourquoi les abcès par congestion cervicaux se sont ouverts quelquefois dans le pharynx.

Sur les côtés j le pharynx est séparé du muscle ptérygoï- 20. gur les dien interne par im espace triangulaire, large en bas, étroit cotes, en haut, que remplissent, entourés d'un tissu cellulaire séreux fort lâche, la carotide interne, la veine jugulaire interne, les nerfs pneumo-gastrique, glosso-pharyngien, grand hypoglosse et accessoire de Wilîis : les parties latérales du pharynx répondent médiatement à la glande parotide et aux muscles styliens. Plus bas, le pharynx répond à un grand nombre de ganglions lymphatiques, à l'artère carotide externe et à ses branches.

B. Surface intérieure. VoxivVéiuûier, il faut diviser vertica- Surface în-

lenient la face postérieure du pharynx : on voit alors que cet '^'■'«"'^^•

organe n'existe qu'en arrière et sur les côtés, et au en avmit Région ante- M ' 1 11' 1 M 1 ricnre da pha-

il présente un grand nombre d ouvertures , dont il est du rynx.

plus grand intérêt de connaître la disposition. Ces ouvertures sont de haut en bas :

i'^. Les deux orifices postérieurs des fosses nasales, ori- orîfîcesposfices quadrilatères, dont le grand diamètre est vertical, sépa- téiiears des rés l'un de l'autre par le bord postérieur de la cloison. En plongeant la vue dans les fosses nasales, on voit près de ces orifices l'extrémité postérieure des cornets et des méats.

2°. La face supérieure du voile du palais formant un plan

436 APONÉVROLOGIE.

Face sapé- incliné qui conduit les mucosités nasales dans l'arrière-

rîeuie du voile i i

.1,, „,T,- bouche.

uu palais.

3°. L'isthme du ^osier, de forme demi-circulaire, divisée Isthme «lu i i m- i. • , ,•

gosier. en deux arcades; les pîhers; I excavation amygdalienne: la

saillie des amygdales.

Orifice du 4°- L'orifice supérieur du larynx, dont le plan est ohli-

larjiix. quement dirigé de bas en haut et d'arrière en avant. L'épi-

glolte , habituellement relevée , recouvre cet orifice , en

s'abaissant à la manière d'une soupape.

, 5°. La face postérieure du larynx, ses deux gouttières laté-

Face poste- ^ j ' o

rieure du la- rales et triangulaires, larges en haut, ét-oites en bas, qu'on '^°^' a considérées comme servant spécialement à la dégUuition

des liquides, lesquels passeraient ainsi sur les côtés de l'ouverture du larynx.

Rien de plus curieux , rien de plus important que l'étude de tous ces objets qui nous révèle en un instant le méca- Conséqnen- nisme si compliqué de l'arrière-bouche ; qui nous explique dîsDosition "^ Comment l'air pénètre des fosses nasales et de la cavité bucde l'arrière- cale dans le pharynx, et de là dans le larynx, où il est attiré par la raréfaction qui s'opère dans le thorax, sans pénétrer, jamais dans l'œsophage; comment les mucosités nasales, comment le sang peuvent pénétrer des fosses nasales dans la bouche, dans l'œsophage; comment des instrumens peuvent être introduits des fosses nasales et de la cavité buccale dans l'œsophage et le larynx, ou bien ramenés des fosses nasales dans la bouche; comment le bol alimentaire et les liquides peuvent pénétrer dans l'œsophage sans s'insinuer dans les voies aériennes, et comment elles s'y insinuent quelquefois. La paroi postérieure du pharynx , plus large au niveau rieure du pha- de la région buccale qu'au-dessus et au-dessous , peut être ^°^' aperçue en partie au niveau de l'isthme du gosier chez un ;

individu qui se prête à cet examen. Cette paroi ne présente aucun plissement; on y remarque seulement la saillie de quelques glandules que soulève la membrane muqueuse. Les parois latérales présentent l'orifice évasé des trompes

ORGaNKS DK la DIGiS'flOK. PHARINX. 4^7

d'Eustachi , orifice que précède une gouttière dirigée de Parois laiéhaut en bas et de dehors en dedans. Cet orifice répond *" précisément au niveau de l'extrémité postérieure du cornet inférieur; rapport très-important à connaître , puisqu'il peut diriger dans le cathétérisme , si usité de nos jours , de la trompe d'Eustachi.

La voûte du pharynx répond à l'apophyse basilaire. Il n'est Voûte, pas impossible de l'atteindre à l'aide du doigt introduit dans la cavité buccale, et fortement dirigé de bas en haut.

Aucune ligne de démarcation bien rigoureuse, soit à Fin- Limites da térieur , soit à l'extérieur , ne sépare le pharynx de l'œso- P^3''yn^ «t de

1 j \ œsophage.

phage. Leuïs limites sont établies; i° par un rétrécissement brusque ; 2" par un changement de couleur dans la membrane interne; 3° enfin par le changement de direction et de couleur des fibres charnues, rouges au pharynx, décolorées à l'œsophage.

Structure du pharynx.

Le pharynx est constitué , 1° par une partie aponëvrotique; 2° par des rriuscles; 3° par des vaisseaux et des nerfs ; 4° par une membrane muqueuse qui tapisse sa cavité.

Aponévroses du pharynx.

La partie aponévrc lique qui constitue la charpente du pharynx se compose, 1" de l'aponévrose céphalo-pharyngienne j 2" de l'aponévrose pétro-pharyngienne.

\]aponévrose eêphalo -pharyngienne , ou aponévrose posté- Aponévrose rieure du pharynx, naît de la face inférieure de l'apophyse ccphalo-phabasilaire , de la trompe d'Eustachi et de la partie voisine du ^7°S'*°°®* rocher ; elle se continue avec la couche périostique trèsépaisse qui revêt l'apophyse basilaire, se prolonge verticalement en bas en diminuant d'épaisseur , «t se perd après un pouce et demi deux pouces de traj'^t. Test à cette membrane que se terminent les muscles cons ricteurs du pharynx.

as

iJI'J.A^'CH.I^'OLOGiE.

Aponévrose L'apotiépj^ose pétru-pkarjngienne ^ ou aponévrose latérale petro-pharya-jj^ pharynx, naît de l'apophyse pétrée, en dedans de l'orifice inférieur du canal carotidien , par un faisceau aponévrotique très-épais, continu, à angle droit (i) avec l'aponévros«i céphalo-pharyngienne, descend le long de la partie latérale du pharynx, s'épanouit en faisceaux qui vont s'insérer dans la fosse ptérygoïde, entre le ptérygoïdien interne et le péristaphylin externe, qu'ils séparent. Elle envoie un prolongement à l'extrémité la plus reculée du bord alvéolaire inférieur, et dans l'intervalle qui sépare ce prolongement du reste de l'aponévrose, donne attache au muscle buccinateur. Cette aponévrose recouvre immédiatement l'amygdale, à laquelle elle est intimement unie. Elle se prolonge en bas jusqu'au bord supérieur de l'os hyoïde, pour former la charpente de la partie latérale et inférieure du pharynx.

Muscles du pharynx.

Les muscles du pharynx se divisent en intrinsèques et en extrin»èques.

A. Muscles intrinsèques.

Les mnscles I^es muscles intrinsèques présentent une form'e membraintnnseqaes j,euse, et sont disposés par couches successives, comme imconcbes imbrî- briquées.

™* * Prodigieusement multipliés par Santorini, à raison du

grand nombre de leurs attaches, ces muscles ont été réduits par Albinus à trois paires, sous le titre êe constricteurs^ distingués en inférieur, moyen et supérieur. Ghaussier désignait collectivement sous le nom de stylo-pharyngiens tous les muscles qui centrent dans la composition du pharynx. La division d' Albinus est à juste titre généralement préférée.

(i) C'est sur l'angle que forment ces deux aponévroses qu'est accolé le ganglion cervical supérieur du grand syropalhique.

OFiUANES ])E LA DIGESTION. PHARYNX. (^'i^

Du constricteur inférieur. '

Muscle membraneux, îosangique ou plutôt trapezoïde, le gj. ^j. plus superficiel et le plus épais des muscles du pharynx, situé Figure, à la partie inférieure de cette cavité membraneuse.

îl s'insère, d'une part ^ au cartilage cricoïde et au carti- Insertions; lage thyroïde;

D'une autre part^ au raphé fibro-celluleux qui occupe la ligne médiane du pharynx {crico-pharjngien et thyro-phalyngien de Valsalva, Winslow et Santorini). On peut l'appeler crico-thyro-pharyngien.

Ses insertions cricoïdienne^nt lieu sur la partie latérale insertions du cartilage cricoïde, dans un espace triangulaire borné en Cricoïdiennes avant par le crico-thyroïdien , qui lui envoie souvent quelques fibres, et en arrière par le crico-arythénoïdien postérieur.

Ses insertions thrrcldiennes . beaucoup plus étendues, ,

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