ORGANES DE LA RESPIRATION. POUMOKS
dans la composition du poumon , et dans le vide même on ne parvient pas à l'en débarrasser complètement. 2° Suwant les maladies. Les poumons infiltrés de sérosité, indurés par l'inflammation, privés complètement ou en partie de l'air qui détermine leur légèreté spécifique , doivent se rapprocher plus ou moins des organes compactes , tels que le foie , la rate.
La pesanteur absolue du poumon varie suivant les mêmes circonstances. 1° Suivant l'âge. Ainsi , bien que la pesanteur spécifique du poumon du fœtus soit beaucoup plus considé- absolue. rable que celle de l'adulte , néanmoins la pesanteur absolue Ses différen-
-, 1 ^ c ^^^^^ >i ces suivant
du poumon chez le lœtus le cède de beaucoup a la pesan- j'^„ç teur absolue chez l'adulte. Chez les enfans qui n'ont pas respiré, le poids des poumons est au poids du corps, terme moyen, comme 60 : i ; tandis que chez les enfans qui ont respiré , le rapport est comme 3o : i j d'où il résulte que la respiration détermine dans les poumons des modifications telles qu'ils doublent de poids. On conçoit aisément toute l'importance de ce fait pour la médecine légale. Ce mode d'évaluation du poids des poumons est connu sous le nom de docimasie pulmonaire par la balance. pulmonaire
1°. La pesanteur absolue des poumons varie beaucoup , P""*^ ^'^ ^^' suivant les maladies. Les poumons sains sont très-légers ; les poumons malades peuvent acquérir un poids huit à dix fois Différences plus considérable que celui qu'ils ont ordinairement , sans ^^ ^^ pesan-
, , , , tenr absolue ,
augmenter de volume : les poumons s engouant presque tou- suivant les majours à leur bord postérieur dans les derniers temps de la ladies. vie, il ne faut pas estimer leur pesanteur par celle du cadavre ordinaire. C'est sans doute sur des poumons engoués que les auteurs ont établi le poids de quatre livres comme terme moyen du poids des poumons.
Couleur. La couleur des poumons varie suivant l'âge et suivant les maladies. Chez le foetus, elle est d'un rouge brun; couleur après la naissance , sa couleur est d'un blanc rosé ; chez
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l'adulte et chez le vieillard, elle est grisâtre, azurée et pi'esque
toujours parsemée de taches noires, disposées par points, par
lignes, par plaques, qui décrivent des polygones plus ou
Taches-cou- ïïioins réguliers. Ces taches mélaniques, d'autant plus mul-
tares noires tipliées qu'on les obscrvc chez un individu plus avancé en
de la surface ^ . - • i t
du ponmon. âge , Coïncident avcc la couleur noire des ganglions bronchiques , et tiennent probablement à la même cause : elles sont subjacentes à la membrane séreuse d'enveloppe, et sont trèssuperficielles , à moins d'un état pathologique. Si la partie postérieure des poumons est ordinairement d'un brun rougeâtre, cela tient à ce qu'elle, est pénétrée de sang et de ou eur e g^p^gj^^ jj n'est pas démontré que cet état soit purement térieure des cadavérique , et la couséqucnce nécessaire du décubitus du poumons. cadavre sur la région dorsale; plusieurs faits tendraient, au contraire, à faire admettre que cet état a précédé la mort. Densité^ crépitation^ cohésion. Organe spongieux, aérien ensite. pour ainsi dire, le poumon est le moins dense de tous nos organes, et cède à la main qui le presse ; et si aucune cause n'empêche la sortie de l'air, il se réduit à un volume très-peu considérable , en le comparant à celui qu'il présentait d'abord. J'ai dit, à l'occasion de la rate, que cet organe comprimé faisait entendre un bruit, ou plutôt éprouver une sensation qu'on peut comparer au cri del'étain, et que ce bruit était le résultat de la déchirure des prolongemens fibreux qui traversent son tissu. La pression du poumon fait éprouver une sensation et entendre un bruit qui a quelque rapport avec )répitation. le précédent: ce bruit est connu sous le nom de crépitation. Il peut en effet être comparé au son qui résulte de la décrépitation du sel ou du froissement du papier. Cette crépitation ne s'observe que sous l'action d'une pression un peu forte; et si l'on se rend bien compte de ses sensations, on éprouve celle d'une résistance vaincue. Si on examine avec soin la partie du poumon qui a crépité, on trouve des bulles d'air sous la plèvre; il y a emphysème.
Malgré son peu de densité , le tissu des poumons jouit
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d'une assez grande force de cohésion ; il résiste jusqu'à un
..,,,,. . T , Cohésion,
certain point a la déchirure; toutes ses parties sont liées
entre elles avec une assez grande solidité.
Résistance à la distension. Le poumon qui se déprime sous
, . X • ' • Tlesistance
le doigt sans revenir sur lui-même , ou qui n y revient que a la distension. très- incomplètement, est cependant doué d'une grande élasticité, mais d'une élasticité en harmonie avec ses fonctions. Il oppose également une très-grande résistance aux causes de distension.
Ainsi, adaptez un robinet à la trachée d'un cadavre; in- ^.„ , ,
' ^ ^ Difficultés
sufflez les poumons à l'aide d'un soufflet à double soupape , qu'on éprouve il acquiert une tension et une dureté extrêmes'; et vous serez ^, Pyoû^^'^e des
■■• '^ déchirures par
étonné de l'effort qu'il faudra exercer pour déchirer quelques l'insufflation. cellules et produire l'emphysème. En opposition avec les auteurs qui parlent des dangers de l'insufflation artificielle dans les poumons des asphyxiés, j'ai vainement épuisé tout l'effort de ma puissance expiraîrice pour produire une déchirure des cellules pulmonaires : et comment, sans une résistance très-grande à tout effort qui tend à les dilater outre mesure , les poumons pourraient-ils résister dans le mécanisme de l'effort ?
Elasticité. Les poumons sont très-élastiques, c'est-à-dire qu'ils ont une tendance continuelle à revenir sur eux-mêmes, ,
••■ ' des poumons,
et à se débarrasser d'une partie de l'air contenu dans leurs cellules. C'est cette élasticité qui maintient la voussure du diaphragme, lorsque l'abdomen a été ouvert ; c'est par elle que le poumon revient brusquement sur lui-même après l'ouverture des parois thoraciques : car avant cette ouverture, la pression atmosphérique qui s'exerçait par la trachée ne permettait pas à l'élasticité des poumons d'être mise en jeu. Cette élasticité se manifeste encore par le retrait brusque des poumons insufflés. J'ai coutume de montrer à mes leçons les poumons parfaitement sains conservés dans l'alcool. Après avoir démontré jusqu'à quel point l'insufflation peut être portée, je fais ouvrir le robinet qui sert à l'expérience, et