‹ Anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 147 sur 185 · ORGANES DE LA RESPIRATION. LARYNX. USAGES · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA RESPIRATION. LARYNX. USAGES

Par le développement qu'elle éprouve à la puberté, la glotte acquiert des dimensions d'un tiers en sus chez la femme, e presque doubles chez l'homme.

Après la puberté, les changemens qui peuvent avoir lieu dans le larynx sont le résultat de l'exercice , et non point du développement proprement dit.

L'ossification des cartilages du larynx n'est pas toujours Ossiii^ation l'effet de l'â^e. Je l'ai observée chez des adultes de trente ans, ^^^ cartilages. indépendamment de toute maladie. L'inflammation chronique du larynx amène une ossification précoce de ces cartilages : le thyroïde est celui qui a le plus de tendance à s'ossifier; en deuxième lieu, vient le cricoïde; en troisième lieu , les aryténoïdes. Je n ai jamais observé l'ossification de l'épiglotte.

Usages.

J^e larynx est l'organe de la voix. Une multitude d'expériences sur les animaux vivans et de faits chirurgicaux, v est dans la

, , , , . T 1 1 o ' glotte que se

démontrent que cest exclusivement oans la glotte que sepro- produit le son duit le son vocal. Les poumons , les bronches et la trachée ^ '^'^''lfont, par rapport à la voix, l'office d'un porte- ven.t élastique, susceptible de resserrement et de dilatation , d'alongeraent et de raccourcissement. Le thorax fait l'office d'un souffl'et qui chasse l'air avec une force que la volonté peut faire varier à l'infini : d'où il résulte que le volume et la rapidité de l'air qui traverse le larynx, peuvent parcourir une échelle extrêmement variée.

Quel est le mécanisme de la voix.^ S'opère-t-elle par le mécanisme du cor (Dodart), par celui d un instrument à delà vi cordes (Ferrein), par celui de la flûte (Cuvier), par celui d'un instrumenta anche (MM. Biot et Magendie), par celui de l'appeau (i) (M. Savart).'^ Y a-t-il vibration des cordes

(i) Un appeau est une cavité à parois élastiques percées sur deux faces opposées. Les cavités sont représentées par les ventricules et les ouvertures par l'intervaUe des cordes vocales. Si on adapte à l'appeau un tuyau vocal susceptible de resserrement et de dilatation, on aura des tons variés à rinfini.

fOJX.

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vocales tendues? Y a-t-il seulement vibration de l'air à son passage à travers une ouverture étroite et incapable de vibrer elle-même ? J'abandonne ces questions aux physiologistes. A laîsou II nous suffit de voir dans le jeu des muscles du larynx

des luoave- , ii- •• it m i • ^ f

mens de bas- etdansla disposition de 1 appareil vocal tout ce qui 'est necescule, les mus- gairc pour opérer, soit une dilatation , soit un rétrécissement

clés du larynx ,,, ii'- iii »• i

opèrent la ten- ^^ '^ glottc j et tel est le mécanisme de la glotte, a raison des sion des cor- înouvcmens de bascule des cartilages aryténoïdes , que les

des vocales, , , . , ,, T,,.,

cordes vocales sont toujours tendues, quelle que soit d ailleurs l'action des muscles qui se contractent.

La voix qui sort du larynx est une voix brute : le larynx est, relativement à la voix, ce qu'est l'embouchure pour la ilûte, l'anche pour le basson; elle est modifiée en traversant ' le tuyau vocal, qui se compose de l'épiglotte, du pharynx,

de l'isthme du gosier, de la cavité buccale et des fosses na sales.

L'épiglotte représenterait , suivant une théorie fort ingé

nieuse de M. Magendie , les soupapes molles et mobiles que Action de ,«^ ^ , . , 1 -, i . i,

Fépi"lotte. ■"^- ^"^l'cnie place dans les tuyaux d orgue pour permettre

d'enfler le son sans modifier le ton.

L'isthme du gosier représente le larynx supérieur des oi- Action de scaux, qu'on sait être formé par une ouverture contractile jsiime ugo- ^^^'jig peuvent rétrécir et même fermer à volonté ; et c'est en grande partie par ce mécanisme que la petite glotte des oiseaux peut parcourir une échelle de tons si étendue. En effet, on sait que, dans les tubes sonores, l'occlusion complète de l'extrémité inférieure fait baisser le ton d'une octave , et l'occlusion incomplète fait baisser le ton d'une étendue proportionnelle. Eh bien! l'isthme du gosier présente un mécanisme tout-à-fait semblable à celui du larynx supérieur des oiseaux. Voyez un homme qui veut rendre -- un son très-orave, il abaisse et fléchit légèrement la tête sur la région cervicale", afin de rapprocher le menton du thorax. Or, cet abaissement n'a d'autre but que le rétrécissement vertical de ris:thme du gosier, le larynx étant porté en haut

ORGANES DE LA RESPISATION, LARYNX. tJSAGF.S. 68 f»

dans cette attitude, et le voile du palais abaissé, on comprend, d'après cela, le rôle important que joue le voile du palais dans les modulations de la voix.

Si on rapproche de ces faits les différences de longueur et de diamètre que peut présenter le pliarynx (Yoj. phajynx). Action Ja et si on se rappelle qu'en diminuant de moitié la longueur pl»arynx. ou le diamètre du tube ou corps d'un instrument à vent, on hausse le ton d'une octave , on pourra se rendre compte comment, avec une glotte si petite, l'homme peut parcourir dans le chant une série de tons aussi considérables.

La voix est modifiée en traversant les cavités buccale et nasale.

Les fosses nasales favorisent- elles le retentissement de la voix ? Ou bi^n le passade de l'air à travers les fosses nasales . . ,

t^ n Action des

n'a-t-il lieu que pour la production de certains sons , des fosses nasales. sons nasaux.f' Cette dernière opinion , qui est celle de M. Gerdy, me paraît la plus conforme aux faits. MM. Biot et Magendie avaient déjà fait observer avec raison que la voix ne devient nasillarde que lorsqu'elle traverse les fosses nasales.

Lq voix s'articule en traversant la cavité buccale , c'est-à-

, , . Voix arti-

dire que le son vocal est coupé , modifié par la percussion cnléeplus ou moins rapide des lèvres et de la langue contre les dents et le voile du palais.

La voix articulée est bien distincte de la parole. On peut tnire articuler les 50ns a des ammaux tres-distans de 1 homme, .^ ^^ ]^ ^i^ sous le rapport de la conformation des organes vocaux , uit perroquet par exemple. L'homme seul |iarle, parce que seul il est intelligent.

em

SPr ANCHNOI.OG1E .

GLANDE thyroïde.

La glande thyroïde est un organe glanduliforme , à usages inconnus; couché , à la manière d'un croissant à concavité supérieure, au-devant des premiers cerceaux de la trachée, et sur les parties latérales du larynx.

En la décrivant, à l'occasion du larynx, j'obéis à un usage généralement reçu , qui , en l'absence de connexions directes de fonctions entre le corps thyroïde et le larynx, s'est attaché à une connexion de contiguité.

Son 'Volume présente beaucoup de variétés, suivant les in

Volume de ... - , .,, , , i-rcr • t • i

Ja «^lande tliy- dividus. il est pcu d oroaues dont les dirrerences individuelles ! oWe. jp volume soient plus multipliées. -

Les différences sexuelles de volume, comme d'ailleurs 1 eiences j^j^^j-gg celles quî sc rattachent à l'appareil vocal, sont trèsmarquées, mais en sens inverse; c'est-à-dire que le corps ' thyroïde est plus volumineux chez la femme, où il forme un relief arrondi qui concourt à diminuer la saillie déjà moins prononcée chez elle, du cartilage thyroïde.

Le climat, et plus particulièrement certaines qualités d'eaux, influent singulièrement sur ce volume, qui devient monstrueux dans plusieurs cas de goitre. ^

Au reste, ces différences de volume portent tantôt uniformément sur la totalité du corps thyroïde , tantôt sur l'un ou l'autre lobe, et quelquefois enfin sur la partie moyenne toute seule.

Le poids du corps thyroïde , qui est d'une once environ , peut être porté jusqu'à une livre et demie et même davantage.

Forme. I^e corps thyroïde se compose en général de deux lobes latéraux ovi cornes , réunis entre eux par une portion rétrécie et aplatie d'avant en arrière, qu'on appelle isthme*

De climat.

Poids.

Forme,

ORGANES DE lA RESPIRATION. GLANDE THYROÏDK. ^87

Les variétés de forme portent principalement sur l'isthme , Lobes. qui peut être très-étroit, long ou court, régulier ou irrégu- ''' ™^" lien, manquer complétehient , avoir la même épaisseur et le même diamètre vertical que les lobes eux-mêmes. J'ai vu un cas clans lequel la partie la plus épaisse de la glande thy roïde répondait à la partie moyenne: les lobes se terminent en pointe tres-étroite supérieurement.

C'est sans doute à l'étroitesse ou à l'absence de l'istlime , ou plutôt à la séparation et à l'indépendance complète des deux lobes de la glande thyroïde chez un grand nombre d'animaux, qu'est due cette opinion des anciens qu'on retrouve encore dans Vésale, savoir, qu'il y a deux glandes thyroïdes chez l'homme. La surface de la glande thyroïde est lisse, bien limitée, quelquefois divisée en lobules par des sillons superficiels.

Nous examinerons successivement ses rapports à la partie Rapports : moyenne et sur les parties latérales.

Rapports de la partie moyenne ou isthme. En avant, où ,^ ,

elle est convexe, elle est séparée de la peau par tous les mus- tie moyenne

I ] 1 ' • u •• !• ou isthme,

des de la région sous-hyoïdienne.

En arrière, où elle est concave, elle répond aux' premiers cerceaux de la trachée.

Du reste , cette partie moyenne descend plus ou moins bas, suivant les sujets, et quelquefois si bas , qu'entre elle et le sternum, il n'existe pas assez d'espace pour pratiquer l'opération de la trachéotomie.

Rapports des lobes latéraux. En açant.où ils sont convexes, ^^ . ,

^ ' ' '2" Des lobes

les lobes latéraux répondent aux muscles de la région sous- laiéraux: hyoïdienne. Je dois mentionner plus particulièrement le slerno-thyroïdien, qui les recouvre immédiatement, et dont ^'" avant , la largeur semble mesurée sur celle de; ces lobes latéraux : j'ai vu, dans plusieurs cas de goitres, ce muscle avec une largeur double ou triple de l'état naturel- ^

iiw â^e<^<3/w, les lobes latéraux sont concaves, pour embra s- t, -, -,

. , ' i En dedans,

ser les parties latérales de la trachée, du cartilage cricoïde, la

G8B SPLANCHNOLOGIE.

partie inférieure et latérale du thyroïde , la partie inférieure du pharynx et supérieui^e de l'œsophage. Ces lobes forment, , avec ia partie moyenne ou isthme , un demi-canal et (juelquefois les trois quarts d'un canal , qui embrasse toutes ces parties. Ce rapport, extrêmement important, explique comment certains goitres aplatissent la trachée latéralement , gênent la déglutition , et finissent par amener une véritable asphyxie par strangulation.

^ .. iS'/^ amè/'e, les lobes latéraux répondent à la colonne ver-

En arrière. ' i

tébrale, dont ils sont séparés en dehors par l'artère carotide

primitive, la veine jugulaire interne, le nerf pneumo-gastri-

que et le grand sympathique, lesquels, suivant le volume de

la glande thyroïde, sont tantôt recouverts par lui, et tantôt en

rapport seulement avec son côté externe.

Uextî'émité supérieuT'e de chacun des lobes latéraux, ter- Rapports des ., . l^^^^ i* • '' -i'

extrémités, mmcc en pomtc , d ou la rorme bicorne, qui a ete attribuée au corps thyroïde, répond, en dedans de l'artère carotide, à la partie latérale et postérieure du cartilage thyroïde, et s'étend quelquefois jusqu'au voisinage de son bord supérieur. Son extrémité inférieure épaisse, arrondie, descend plus ou moins bas suivant les sujets, et répond du cinquième au septième cerceau delà trachée: il est situé entre ia tracliée et l'artère carotide primitive. C'est par cette extrémité inférieure qu'arrive au corps thyroïde l'artère thyroïdienne inférieure.

Bord supé- Boj^d supérieur. Concave, échancré à sa partie moyenne ,

^"'i^r, et longé par les artères thyroïdiennes supérieures.

C'est de ce bord que part un prolongement (^Colonne) parfaitement représenté par Bidloo, et désigné par Lalouetté sous le nom de pyramide.

Prolon^'c- ^^ prolongement , qui est à peu près constant, se porte

ment ascen- perpendiculairement en haut, à droite ou à gauche de 1 a li* gne médiane, et présente de nombreuses variétés j i° sous le rapport de son origine. Il naît tantôt de l'isthme, tantôt de l'un ou l'autre lobe, sur les ôtés de l'isthme; i^ sou» jle rap-

d.int.

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