ORGANES GÉNITO URINAÎRES. DES TESTICULES
une tumeur graisseuse, un kyste, peuvent en imposer.
Volume.
Volume. Il est variable suivant les individus et surtout suivant les âges. A l'époque de la puberté, le testicule qui jusque-là ëtait dans un état d'atrophie relativement au reste de l'individu , présente un accroissement notable dans son volume. Cette atrophie qui est normale avant la puberté , peut, chez certains individus , survenir à un âge plus avancé. Chez un sujet de vingt ans environ, remarquable par le développement de la verge et du larynx , j'ai trouvé les deux testicules atrophiés; ils pesaient moins d'un gros; lépididyme , bien qu il fût un peu atrophié, était plus volumineux que le corps même du testicule.
Les deux testicules ne sont pas parfaitement égaux en vo- Les deux lume : le gauche est ordinairement plus volumineux que le testicules ne
i". i-iiT' ' sont pas éganx
droit. Cependant la différence est assez peu marquée et assez en volume, peu constante, pour que quelques anatomistes aient cru au contraire reconnaître une prédominance légère dans le testicule droit.
Voici, du reste, les dimensions du testicule résultant d'une
. , Ses dimen-
moyenne prise entre les plus volumineux et les plus per s : sîons. i" en longueur, deux pouces; a" en hauteur, un pouce; 3° en épaisseur, huit lignes.
Poids. Le poids du testicule est, suivant Meckel, de quatre poids. drachmes, et suivant A. Cooper, d'une once.
Consistance. 11 importe extrêmement , surtout sous le rapport pratique , d'apprécier la consistance normale du testicule; le degré de cette consistance est déterminé moins par la substance propre du testicule, que par la tension de
celui du côté opposé. Mais on ne peut prononcer avec certitude en pareille matière, qu'autant qu'on s'est assuré par la dissection, de la véritable nature des prétendus testicules surnuméraires. Toutefois le genre de douleur que fait éprouver la pression du corps qu'on est porté à prendre pour tel, peut, même pendant la vie du sujet, fournir des indices assez satisfaisans.
Consislance»
732 SPLANCHNOLOGIE.
La consis- son enveloppe. Et, sous ce lappoi't, la consistance du testicale dé "endVê ^^^^'^ ^ beaucoup cVanalogie avec celle de l'oeil. Chez les vieilsou enveloppe lards , les conduits séininifères étant rides, le testicule devient mollasse et comme atiophié. Il serait bien moins consistant encore sans la sérosité qui infiltre le tissu cellulaire séreux intermédiaire à ces conduits.
Figure Figure, direction et rapports. La forme du testicule est
celle d'un ovoïde aplati sur les côtés. Cette configuration , jointe au poli et à la lubréfaction de sa surface, lui permet d'échapper facilement aux causes de compression. Le grand diamètre ou l'axe du testicule est obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrière 5 ses faces latérales, et son bord
Direction, inférieur sont convexes , libres , lisses et incessamment lubré-
Rapports. fiés par la sérosité de la tunique vaginale. Le bord supérieur est droit j il est dirigé en arrière et embrassé par l'épididyme, qui le surmonte à la manière du cimier d'un casquej il n'est recouvert par la tunique vaginale que dans une petite portion de son étendue: c'est par la partie interne de ce bord, et en arrière de la tête de l'épididyme , que pénètrent les vaisseaux testiculaires. Uextrémité antérieure de l'ovoïde regarde en haut j Pextrémité postérieure regarde en arrière et en bas.
Couleur La couleur blanche de la surface du testicule est due à
son enveloppe fibreuse, qui, à raison de sa blancheur, a reçu le nom de tunique albuginée.
Structure du testicule.
Une membrane fibreuse, un tissu propre, des vaisseaux et des nerfs, telles sont les parties constituantes du testicule.
La membrane fibreuse y tunique propre, tunique albuginée , blanche, très-résistante, inextensible , est analogue à la
J unique pio- ' ' ' "
pre ou albn- membrane sclérotique de l'œil, et comme elle, forme l'engmee. veloppc la plus extérieure ou la coque du testicule.
La tunique vaginale revêt la surface externe de la tu-
ORGANES GÉNITO-URINAIRES. DES TESTICUI.FS. 733
nique albuginée, excepté cependant au niveau de l'épidi- AdUéience dvme où une étendue assex considérable de tunique fi- întîmeentrela
J , T' Il ' 1 tuniqne albn-
breuse est dépourvue de feuillet séreux. L adhérence clés ^j^.^ ^t j^ feuillets séreux et fibreux Tun à l'autre est intime. feuillet séreux.
La tunique albuginée contient dans son épaisseur, mais beaucoup plus près de la surface interne que de l'externe, un grand nombre de vaisseaux flexueux que laisse apercevoir Y^isseaux la demi-transparence de la couche fibreuse qui les revêt, contenus <3ans
,. *,i c • ^ Jii.*^ l'épaisseur de
Ces vaisseaux proemment a la surlace interne de la tunique j^^^^^^y^ alalbuginée , en sorte qu'on les croirait au premier coup d'oeil bnginée. simplement accolés à cette membrane, et non pas creusés ou contenus dans son épaisseur (i).
La surface interne de la tunique albuginée est en rapport immédiat avec le tissu propre du testicule , auquel elle est unie : i° par un très-grand nombre de filamens vasculaires, qui le traversent dans tous les sens et qui le divisent en pe- ^j^j^*^^^"^ "â tites masses ou lobules ; 2" par la pénétration du tissu pro- substance tes-
,.A 1 1 y 1 1] 11- ticnlaire et de
pre lui-même dans des espèces de cul -de -sac obliques j^ tunique alcreusés dans l'épaisseur de la tuniqne albuginée , et dont buglnée. plusieurs ont une ligne et demie , deux lignes de profondeur. Lorsqu'on écarte avec précaution la tunique albuginée , on voit les filamens de substance propre sortir de ces petites loges ou cellules qui s'observent principalement au voisinage du bord supérieur du testicule. La résistance des filamens vasculaires qui traversent le testicule, a fait admettre q^u'ils étaient tous enveloppés par une gaîne fibreuse provenant de l'albuginée. Mais ces gaines ne m'ont pas paru exister.
(i) La présence des vaisseaux nombreux dans l'épaisseur de la tunique albuginée a porté A. Cooper à distinguer dans cette tunique deux lames : Tune externe qu'il compare à la dure-mère; l'autre, interne qu'il compare à la pie-mère. Je ne saurais admettre cette analogie. Les vaisseaux contenus dans l'épaisseur de la tunique albuginée, représentent bien mieux les sinus de la dure-mère, que le réseau vasculaire de la pie-mère.
7^4 SPLANCHNOLOGIE.
Au niveau du bord supérieur du testicule, la membrane d'Hi^lim^^i-^ albuginée présente un épaississement très-remarquable, connu sous le nom de corps dHlghmor. Pour se faire une juste idée de ce corps^il faut i" soumettre le testicule, à une coupe verticale perpendiculaire au grand diamètre de l'organe : on voit alors un noyau ou épaississement fibreux de forme triangulaire traversé par des vaisseaux sanguins , mais dans lequel on n'aperçoit pas de canaux au premier abord, en sorte qu'on serait tenté de nier sa disposition canaliculée avec Winslow , qui l'appelle noyau du testicule] ou bien de regarder avec Swammerdam les canaux qui traversent ce corps comme étant exclusivement destinés à des artères et à des veines (i).
Disposition ^" ^'j après avoîr divisé le testicule sur son bord convexe des fllamens on rcuversc la tunique albuginée, on verra qu'au voisinage
tes tien 1*1 il" *^s
dans le corps ^^** bord Supérieur, les filamens qui constituent la substance d'Hi£;bmor. ,Jn tcsticulc s'eugagcnt dans les vacuoles nombreuses dont la tunique albuginée est creusée dans cette région , se dirigent vers l'épaississement du bord supérieur, le traversent séparément d'arrière en avant, qu'ils se réunissent ensuite les uns aux autres en nombre plus ou moins considérable, et percent la tunique albuginée au niveau de la tête de l'épidldyme, L'épaississement canaliculé ou corps d'Highmor n'occupe d'ailleurs que la moitié antérieure du bord supérieur du testicule. A cet épaississement aboutissent tous les vaisseaux sanguins testiculaires, qui le traversent et se divisent en deux ordres : i° les uns se placent dans l'épaisseur de la
(i) Riolan avait décrit un épaississement fibreux dépendant de la tunique propre du testicule. La description d'Highmor est extrêmement confuse , il décrit un corps obscure aut oinnino non ca^>um, qui paraît traverser la tunique albuginée et porter le sperme à l'épididyme : il a fait en outre représenter des vaisseaux parallèles qui s'abouclient dans ce conduit , et qu'il a considérés comme étant une artère et une veine.