‹ Anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 63 sur 185 · RÉGION INTERNE DI£ LA CUISSE · texte numérisé non relu

RÉGION INTERNE DI£ LA CUISSE

Les muscles de la région interne de la cuisse sont le droit interne et les adducteurs, parmi lesquels je range le pectmé.

Droit interne.

Ce muscle est le plus superficiel de ceux qui occupent la région interne de la cuisse ; il est long, droit et grêle {graciL/Splgel ; grêle interne , Winslow ).

Insertions. Il s'insère, d' une part, sur le côté de la symphyse du pubis, depuis l'épine pubienne jusqu'à la branche ascendante de l'ischion.

D'une autre part, k la crête du tibia {sous-puhioprétibial,

Chauss. ).

L'insertion supérieure se fait par des fibres aponévrotiinsertions i^^^ues , resplendissantes et parallèles, que bride unr

pe..ennes. c^ues^io .^^^^^ , ^ ^^^^^^^^,^^,^,,^ ^^^^,, ,, dedans de cette

lione d'insertion. Aux fibres aponévrotlques succèdent les

nétuieT' fibres charnues, parallèles d'abord, formant un faisceau

Fibres cbar. mince et large , puis convergentes ; disposition qui donne au

nues convex- droit interne la forme d'un triangle isocèle ires-alonge l.(

^'°''" muscle s'arrondit en bas pour se terminer par un tendoi

long et grêle , qui règne long-temps sur son bord postérieur

et reçoit successivement toutes les fibres charnues, les

quelles sont épuisées immédiatement au-dessus de larticu

Tendon ter- latiou du genou : devenu libre, ^ce tendon se ^^ce si^ 1

minai. partie postérieure de la tuberosite interne du temur, qu.

contourne, ainsi que la tubérosité correspondante du tibia,.

Sa réflexion. ^.^^^ ^,.^^^^^^ ^ ^^ ^^ .^^ ^^ ^^ j^^^i^^ OS , derrière le tendo

Son inser. du couturier, et au-dessus du tendon du demi-tendmeu. tion à la crête ^ j^ il g'^^it pour çoustituer cet entrelacement tei

tihiale. ^

MUSCLES DE LA CUISSB. ADDUCTEURS. 24^

dineux à trois branches , connu sous le nom de patte doie.

Rapports, Le droit interne est recouvert par l'aponévrose Rapports, fémorale, et un peu en bas par le couturier; il recouvre les trois adducteurs, le côté interne de l'articulation du genou et le ligament latéral interne , dont il est séparé par une synoviale qui lui est commune avec le demi-tendineux: la veine saphène interne croise obliquement la face interne de ce muscle, près de son extrémité inférieure.

Action. Fléchisseur de la jambe, il la porte en même Action. temps un peu en dedans, à cause de la réflexion qu'il éprouve autour de l'articulation du genou; il est congénère du couturier dans cette partie de son action : il est en même temps adducteur de la cuisse. Dans la stati< n sur les pieds, il prend son point d'insertion mobile sur le bassin.

Muscles adducteurs de la cuisse.

Il existe à la région interne de la cuisse trois muscles qui portent le nom àiaddacteurs , que les anciens connaissaient sous le nom collectif de triceps^ et que les modernes distinguent dans l'ordre de leur superposition , en premier^ second et troisième , ou dans l'ordre de leur volume , en mojen, petit et grand. Ces dénominations vagues sont une source de confusion, le moyen pour le volume élant le premier dans l'ordre de superposition. J'ai donc cru devoir modifier ces noms , en même temps que j'ai rangé le pectine parmi les adducteurs. Ainsi j'admets quatre adducteurs, que je diviserai en superficiels et en profonds: les deux superficiels adducteurs à la sont le pectine et le premier adducteur: ie les appellerai cmsse, deux

^ ^ ' J i 1 superficiels et

premier et second adducteurs superficiels \ les deux adduc- deux profouds teurs profonds sont le petit et le grand adducteur, que j'appellerai /?eî«Z adducteur profond et grand adducteur préfl^ fond. A la rigueur, on pourrait n'admettre que deux adducteurs , l'un superficiel^ Vautre profond; et cette dernière division serait peut-être préférable.

Situaîîoa, Figure.

Î244 MYOI.OGIE.

Préparation. Elle est commune à tous les adducteurs. Placer la cuisse dans l'abduction pour tendre ces muscles. Diviser les tégumens suivant une ligne dirigée du milieu de l'arcade fémorale à la rotule ; faire une incision demi-circulaire aux deux extrémités de cette incision longiludinale; respecter les vaisseaux et les nerfs pour pouvoir étudier leurs rapports; couper la veine saphène à son insertion dans la veine fémorale ; diviser l'aponévrose fémorale; disséquer les muscles qui se présenteront.

Du pectine ou premier adducteur superficiel.

he pectine [pectcn.^ ^\xh\%\ premier adducteur superficiel, est un muscle quadrilatère situé à la partie supérieure, antérieure et interne de la cuisse , en dedans du psoasiliaque.

.^^ . Inserlions. Il s" nsère, c^We^odr/, supérieurement, i° à

l'épine du pubis ; a* à la crête pectinéale ; 3" à la surface triangulaire qui est au-devant de cette crête ; 4" à la face inférieure d'une arcade aponévrotique très -forte, qui fait suite au ligament de Gimbernat, s'insère à la crête pectinéale, et se continue avec la lame aponévrotique qui revêt !e muscle pectine.

D'une autre part ^ inférieurement, îe pectine s'insère audessous du petit trochanter, à la crête qui s'étend de cette éminence à la ligne âpre du fémur [sus-pubio-Jeinoral, Chauss. ).

Les insertions pubiennes ont lieu directement par les libres charnues, excepté à l'épine du pubis, où se voient des iibres aponévrotiques très-prononcées ; de là , les fibres du pectine se portent en bas , en arrière et en dehors , et constituent un faisceau aplati d'abord d avant en arrière , puis înseitlon de dehors en dedans, dont les fibres tiennent, après un pabicuns. -court trajet et en convergeant, s'insérer à la bifurcation

interne de la ligne âpre, les unes directement, les autres Direction. , . , , , . ,

par une aponévrose qui occupe la face antérieure du muscle.

MUSCLBS DB LA CUISSE. ADDUCTEURS. a4S

Rapports. i° Le pectine est recouvert par le feuillet profond de Taponévrose fémorale et par les vaisseaux fémoraux; 2® il recouvre la capsule orbiculaire, le petit adducteur profond et l'obturateur externe, dont il est séparé par les vais- Rapports de seaux et nerfs obturateurs. Son bord externe longe le bord ^-^^J^^ interne du psoas-iliaque, dont il est séparé par une ligne celluleuse, au niveau de laquelle répond l'artère fémorale ; en posténeure. sorte que, sans la saillie de ce bord externe, l'artère touche- ^ , rait los immédiatement. Son bord mterne repond au extsme, deuxième adducteur superficiel, avec lequel il est quelquefois confondu , excepté en bas, où il en est séparé par un intervalle dans lequel on voit le petit adducteur profond. Un du bord rapport important de ce muscle est celui qu'il affecte avec interne. l'orifice antérieur du canal sous-pubien, qui répond à sa

face postérieure. Il suit de là que dans la hernie sous-pu-

. 1 • 1 • 1 ' 1 ' Rapports atcc

bienne ou ovalaire, les parties déplacées sont recouvertes le canal souspar le pectine. pubien.

Du deuxième adducteur superficiel (premier adducteur, Boyer ; moyen adducteur, Bichat. )

Aplati , triangulaire , il est situé sur le même plan que le pectine, qu'il semble continuer en bas, et avec lequel il confond souvent ses insertions supérieures. Aussi Vésale fait-il de ces deux muscles sa huitième paire des muscles de sitnatîon la cuisse, sous le titre de jjars octnva fémur moventium. Ce Fjoure. qu'il y a de certain , c'est qu'il existe une sorte de solida- h semble rite entre ces deux muscles : et qu'un pectine ou premier «^o^^'i^^e^" *«

* . . pectmc en bas.

adducteur superficiel petit se rencontre toujours coïncidemment avec un deuxième adducteur superficiel considérable.

Insertions. Le deuxième adducteur superficiel s'insère: 1° d'une part^ à l'épine du pubis;

1° Uune autre part^ au tiers moyen de la ligne âpre du fémur (^puhio-fémoral ^ Chauss.). Insertions.

L'insertion supérieure ou pubienne se fait par un ten-

246 MYOLOGIE.

don étroit et aplati qui s'épanouit en avant, donne naissance à un corps charnu , épais et large, qui se porte en bas, • Insertion en arrière et en dehors , pour venir se terminer au tiers pubienne. moyen de la ligne âpre du fémur , entre le triceps fémoral Direction. ^^^ gg^. gj^ ^vant et le grand adducteur profond qui est en arrière, et avec lequel il confond ses insertions. Son attache a lieu au moyen de deux lamelles aponévrotiques, entre

Insertion fe- lesquelles sont reçues les fibres charnues. Des trous nommoitié. Il-'' 1 « ,-

, , , Dreux, destmes au passage des artères pertorantes, se voient

melle aponé- au niveau de cette attache.

vrotique par- , , , . , .

forée. Rapports, hous-aponevrotique a sa partie supérieure, ce

muscle devient de plus en plus profond à mesure qu'il est plus inférieur : il répond au couturier, dont il est Rapports, g^p^j.^ pj^j. l'artère et la veine fémorales. Ce dernier rappoit est d'une grande importance; j'aurai occasion de le rappeler ailleurs.

§. II. Du petit adducteur profond (second adducteur, Boyer; petit adducteur, Bichaî).

De même forme que le précédent, il est le second dans

l'ordre de superposition et le plus petit pour le volume. Il

naît au-dessous de l'épine du pubis, en dehors du muscle

Figure. droit interne, en dedans du muscle obturateur externe,

Sitaation. dgiis Une étendue variable ; de là ses fibres se portent en

nsertion jgj^Q^g ^^ j^j^g g^ ^^ pg,^ gj^ arrière, forment un faisceau

pubienne. ' ' ^ '

épais, aplati d'abord de dedans en dehors, puis d'avant en Direction. ., . , ,, . . . .1

arrière, qui va s élargissant et vient se terminer a la partie

moyenne de la ligne âpre du fémur , au-devant de l'adducteur profond , et derrière les adducteurs superficiels , avec Insertion lesquels il confond ses insertions (^ sous - pubio - fémoral j

fémorale. ChauSS. ). '

Rapports. Recouvert par les adducteurs superficiels , il recouvre le grand adducteur profond ou troisième adducteur: Rapports, " ^

il est en rapport, par son bord externe, avec l'obturateur

MUSCLES DE tA CUISSE. ADDUCTEUBS. a47

externe et le muscle psoas-iliaque: son bord interne j qui répond d'abord au droit interne, s'applique ensuite contre le grand adducteur profond , dont il est quelquefois difficile de le séparer.

Grand adducteur profond (troisième adducteur, Boyer; grand adducteur, Bicnat).

Préparation. Pour bien voir ce muscle, il neisuffit pas de i'étudier par sa face antérieure, qui se trouve préparée lorsqu'on a divisé les muscles précédens: il faut encore l'étudier par sa faee postérieure , et pour cela enlever les trois muscles de la région postérieure de la cuisse, savoir: le biceps, le demi-tendineux et le demi-membraneux.

Le grand adducteur profond ( troisième adducteur) est un muscle très-vol utnineux , triangulaire, fort épais en dedans, où il forme presque à lui seul toute l'épaisseur de la partie interne de la cuisse.

Il s'insère, d'une part, x^ à la branche ascendante de l'ischion, dans toute sa longueur, et un peu à la branche descendante du pubis- 2" au sommet, c'est-à-dire à la portion la plus inférieure de la tubérosité de lischion.

D'une autre part, 1° à l'interstice de la ligne âpre du fémur, dans toute sa longueur; 2° à un tubercule très-prononcé, qu'on remarque sur le condyle interne du fémur, au-dessus de la dépression destinée au tendon du jumeau interne (^ischio-fémoral , Chauss. ).

Les insertions pelviennes , et surtout les insertions ischiatiques , qui sont les principales , ne peuvent être bien vues pelviennes. que par la face postérieure du muscle: elles ont lieu par des faisceaux aponévrotiqnes qui donnent immédiatement

Figure, Situation.

Insertions.

Insertions

lescîuelles constituent une

naissance aux fibres charnues,

masse extrêmement épaisse, dirigée en bas et en dehors 5

Division du muscle en deux

et présentant de gros faisceaux presque aussi volumineux

et aussi facilement séparables que ceux du grand fessier. Ce corps charnus.

muscle ne tarde pas à se diviser en deux portions, ou plutôt

24* MYOLOGIE.

^ p . en deux corps de muscles bien distincts; savoir; une ininterne, terne , une externe.

1"* La portion interne forme le bord interne du muscle grand adducteur, qu'il continue en suivant son trajet prison inser- mltif. Arrivées au tiers inférieur de la cuisse , ses fibres sont tion an con- reçues dans un demi-cône aponévrotique , ouvert en de-

dyle interne. " * i i-

hors, auquel succède un tendon resplendissant qui va

s'insérer au tubercule très-prononcé qu'on remarque à la

i". Portion partie postérieure et supérieure du condyle interne. Dans

externe. ^^^^ ^^^ ttajet, cc tendon reste accolé à l'aponévrose du

Son inser- vaste interne, tiona 1 fnters- ^o j^^ portion extemc , abandonnant la direction primitive

tice de la ligne ' *^

âpre. du muscle, se dirige de dedans en dehors et s'épanouit

en quelque sorte en gros faisceaux qui vont s'insérer dans

Aponévroses toute l'étendue de l'interstice de la ligne âpre du fémur,

disposées en -gj, ^^^ aponévrose très-considérable, intimement unie aux

arcades. * ^ ^ ' ^

. aponévroses des autres adducteurs, et disposée en arcades portions sont multiplcs pouT le passagc des artères perforantes, parées da.iS Ccs dcux divisions du grand adducteur profond , séparées tonte la Ion- gj, {j^g p^j. l'artère et la veine fémorales , et par le canal

gn«ar du mris- , . . t- -

c]e^ aponévrotique qui les accompagne , sont ordinairement

Délimitation distinctes dans une grande étendue, et même quelquefois

des insertions dans toiite leur longueur. J'ai rencontré ce dernier cas.

supérieuresqui , >• i • • i • ^' i i ^' j i

appariieuuent *-" implantation iscniatique de la portion du muscle qui va

à chaqne por- au condyle interne, a lieu tout-à-fait au sommet de la

tubérosité de l'ischion. L'implantation de celle destinée à

la ligne âpre a lieu en dehors de cette tubérosité à une

Faisceau ho- Saillie déjetée en dehors, qu'on y remarque. La même por-

montal radie, jj^^j^ s'insère encore à toute la longueur de la branche

anierieur aux ,. .

antres fibres, ascendante de l'ischion, et à la branche descendante du pubis, en dehors du muscle droit interne. I^es fibres les plus supérieures, horizontales , forment un faisceau distinct, comme radié, antérieur aux fibres suivantes, au-devant desquelles il se contourne, et va s'insérer à la ligne étendue

MUSCLES DE lA CUISSE. ADDUCTEURS. a/ig

du grand trochanter à la ligne âpre, en dedans du muscle grand fessier.

Rapports. Le grand adducteur profond est recouvert par les adducteurs superficiels, et par le petit adducteur profond; Rapports. il recouvre le demi-tendineux, Qe biceps, le demi-membraneux et le grand fessier. Son bord interne est longé par le droit interne en haut , par le couturier en bas : son bord ^^'^^^ '*fJmosupérieur répond à l'obturateur externe en dedans, et au raux. carré en dehors. Le plus important de tous ses rapports est celui qu'il affecte avec l'artère et la veine fémorales, qui le traversent avant de devenir poplités. Une arcade , ou mieux un canal aponévrotique , auquel s'insèrent des fibres charnues , se voit au niveau de ce passage comme d'ailleurs au niveau du passage de toutes les artères perforantes.

Action des muscles adducteurs. Les muscles que nous ve- Rotateurs en

1 !/• ^l^•n'1• dehors,

nous de décrire, sont a la lois rlechisseurs et rotateurs en dehors; mais leur usage principal, ainsi que leur nom lindique, est l'adduction , mouvement extrêmement énergique, vu la force des muscles destinés à le produire. Voyez en ef- pQj.^^ ^^ fet, d'une part, la ligne des insertions pelviennes de ces mus- ces mnscles. clés, étendue depuis l'éminence ilio-pectiné, jusques et y II* agissent compris la tubérosité de l'ischion; d'une autre part, les ^j^°* *^^ insertions fémorales occupant toute la longueur delà ligne ^esdeuxadâpre, les deux branches de sa bifurcation supérieure et le ductenrs sn-

ji'^ If' /-« 1 • ^ ' ' perficiels et le

condyle mterne du temur. Les muscles agissent énergique- ^^^j^ adducment dans l'équitation : c'est par eux qu'on serre fortement lem- profonds le cheval entre les genoux. Les deux adducteurs superficiels, ^ et le petit adducteur profond , ayant leur insertion fémorale postérieure à leur insertion pelvienne , sont en même temps fléchisseurs; tous s'enroulent pour ainsi dire autour du fémur dans la rotation en dedans.

Page 1