‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 104 sur 185 · DES JOUES · texte numérisé non relu

DES JOUES

"Les Joues constituent les parois latérales de la bouche et les parties latérales de la face. Leurs limites, du côté de la ™^6-

(i) Les belles recherches 'de M. Velpeau sur l'embryologie confirment pleinement les résultats auxquels j'étais parvenu,

(2) Cet usage des lèvres se rapporte surtout à la lèvre inférieure, et, chose bien remarquable, jamais la division congéniale des lèvres ne se rencontre à la lèvre inférieure. Une autre particularité tout aussi inexplicable, c'est que les boutons cancéreux des lèvres, qui sont si fréquens, ne se remarquent jamais à la lèvre supérieure, mais toujours à la lèvre inférieure.

384 » SPLAXCHNOLOGIE.

cavit.2 buccale , sont déterminées par la réflexion de la membrane muqueuse sur les os maxillaires; extérieurement, leurs limites, beaucoup moins tranchées, sont établies: en dedans par le sillon bucco-labial ^ qui les sépare des lèvres ; en dehors par le bord postérieur de la mâchoire inférieure; en haut par la base de l'orbite ; en bas par la base de la mâchoire Elles corn- inférieure. Les joues comprennent donc trois régions bien prennent trois ^jjg{.jj^^,|.gg . \^ réi{ion îîialaire , la région massetérine et la

régions. o . > o

région buccale proprement dite.

Leur forme quadrilatère permet de leur considérer :

Forme qna- ■•• , . ,

driîatère. i" uweface exteviie ou cutanée qui présente en haut la sail-

Face ejfferne, ^î^ ^e la pommette , émùience malaire ; plus bas, une surface

convexe et lisse chez les personnes qui ont de l'embonpoint,

concave et ridée chez les personnes amaigries ; 2** wneface

r, . . interne ou muqueuse, libre, qui répond aux arcades alvéo-

Face interne. Tt ' -' i i

Orifice du ca- laires et dentaires : celte face interne de la joue est remarnai de Stcnon. quabîc par l'orifice du canal de Sténon, qui se voit au niveau de Tintervalle qui sépare la première grosse molaire supé-

rieure de la sQconde.

Siructare. Structure, Une charpente constituée par l'os de la pommette et la branche de la mâchoire inférieure; une couche cutanée, doublée par une grande qviantité de tissu adipeux; une couche muqueuse; une couche glanduleuse; une couche musculeuse ; une couche aponévrotique ; des vaisseaux et des nerfs ; un canal excréteur : telles sont les parties constituantes des joues proprement dites. Un mot sur ces diverses couches , en commençant par la peau.

La neau , remarquable par sa finesse et sa vascuîarité au

(>r;uclie eu- ' ' ^ *■ ^

lance. nivcau de la pommette, ainsi que par la facilité avec laquelle

elle s'injecte ou se décolore sous Tinfluence des affections morales, se couvre de ])arbe en bas et en arrière chez l'homme , à l'époque de la puberté.

Conchoiv.n- La membrane nntcjîieiise, continuation de celle des lèvres, quenr.-. présente les mêmes caractères.

CoDobcî^ian j ^.^^,^/^^, ojauduleusc est formée par des olandules ,

tiu'.ruse. O .

^landales sndvaircs huccales, tout-à-fait semblables aux

ORGANE5; DE I.A DïGLSTION. DES ÎOUES. 385

glanduîes labiales, mais moins considérables, et soulevant comme elles la muqueuse sur laquelle elles s'ouvrent par des orifices distincts. Parmi ces glandules il en est deux qui ont mérité un nom particulier , parce qu'elles ne sont pas subjacentes à la muqueuse, mais bien situées entre le buccinateur et le masseter,- on les appelle glandes molaires, p^^^^^»»»- Leurs orifices excréteurs s'ouvrent au niveau de la dernière ^"^^' dent molaire.

La couclie musculeuse est constituée , à la région masseté- Couche musrlne, par le masseter et une portion à\i peaucier; à la ré- *'"^^°''' gion malaire, par Torbiculaire des paupières ; à la région buccale proprement dite, par le buccinateur, par le grand ec le petit zygomatique.

La couche aponévrotique est formée par l'aponévrose du coucheapc buccinateur. névrotique '.

La couche adipeuse , mince aux régions malaire et mas-

setérine, est extrêmement épaisse à ;la région buccale pro- peme"'^' "^''

prement dite. Eichat a même signalé dans l'épaisseur de la

joue une boule graisseuse qui s'enfonce entre le buccina-

1 Boule ^râis-

teur et le masseter , boule graisseuse très-développée cbez seusedehjoae 1 enfant, dont on retrouve des vestiges même cbez les individus les plus émaciés et les plus avancés en âo-e.

Les arCeres de la joue viennent , d'une part, de la faciale et Artères. de la transversale de la face; d'une autre part, de la maxillaire interne : les branches venues de la maxillaire interne appartiennent aux artères sous-orbitaire, dentaire.inférieure, buccale , masseîérine et alvéolaire.

Les veines portent le même nom, et suivent le même Veia^..., trajet que les artères.

Les vaisseaux lymphatiques vont se rendre aux ganglions Vai.seanx parotidiens et à ceux du cou. lymphaiiques.

Les nerfs de la joue , comme ceux des lèvres, viennent de jy„ft deux sources : i« du facial, ce sont les nerfs buccaux et malairesj 2^ de la cinquième paire, ce sont les rameaux buecal , masseîérin, sous-orbitaire et nieiuonnier.

386 SPLANCHNOLOGIE.

La. joue est La joue est traversée par le canal de Sténon , qui se porte traversée par le horizontalement d'arrière en avant au-dessous de l'os ma-

canal de Sté- .

laire.

Développement. L'absence des dents , la présence d une meS!"^^ °^^^' grande quantité dégraisse, et surtout le développement considérable de la boule graisseuse, la brièveté de l'os maxillaire supérieur, lequel est dépourvu de sinus, l'angle obtus de la mâchoire inférieure , donnent à la joue de l'enfant l'aspect qui la caractérise. La chute des dents et l'usure des bords alvéolaires, qui diminuent l'espace intermaxillaire, donnent aux joues amaigries du vieillard une hauteur proporîionnelle trop considérable , et par conséquent une laxité qui est un des traits principaux de sa physionomie. A la puberté , les joues de l'homme se couvrent de poils.

Usages. Les joues forment les parois latérales de la bou- *^^*^* che, parois actives qui s'appliquent fortement contre les bords alvéolaires et les dents , chassent entre les dents les alimens qui s'introduisent entre elles et les bords alvéolaires, et par conséquent servent, i° à la mastication; 2' à la succion; 3"* à l'articulation des sons; 4° au jeu des instrumens à vent ; 5^ quant à l'expression des passions , elles y concourent plutôt par le coloris de la région malaire que par leurs mouvemens proprement dits.

Les joues et les lèvres constituent la paroi externe d'une

cavité buccale surnuméraire, dont les bords alvéolaires et les

dents constitueraient la paroi interne. Cette cavité , espèce

., , j de vestibule de la cavité buccale proprement dite, est suscep-

Vestibnlede ,, a • j ' '

la cavité bue- tible d'une grande dilatation : elle peut être considérée comme ^^^- une sorte de réservoir dans lequel les alimens sont déposés ,

pour être successivement soumis à l'action des organes masticateurs. Cette cavité buccale vestibulaire est pourvue de dandes salivaires labiales et buccales ; et il n'est pas sans intérêt de remarquer que les glandes salivaires les plus volumineuses, les glandes parotides, y versent les produits de leur sécrétion.

ORGANES DE LA DIGESTION. VOUTE PAtATINE ET GENCIVES. 387

VOUTE rALATINE ET GENCIVES.

La voûte palatine ou le palais forme la paroi supérieure

de la cavité buccale. C'est une sorte de voûte parabolique

que limitent en avant et de chaque côté les arcades dentai- ^^Pf^^*®*' * ^^ une voûte pa-

res, et en arrière le voile du palais, avec lequel elle se con- rabolique.

tinue sans ligne de démarcation bien tranchée.

On y remarque : i° sur la ligne médiane, un raphé antéro- Raphé. postérieur, à l'extrémité antérieure duquel est un tubercule Tubercule qui répond à l'orifice inférieur du canal palatin antérieur ; ce ^* ^*^°' tubercule a été signalé à tort par les physiologistes comme doué d'une sensibilité particulière; 2^ de chaque côtéetantérieureraentj des riigosités en forme de crêtes transversales, voùteValatine! variables suivant les individus , et qui sont le vestige des rugosités bien plus développées , et même des concrétions calcaires qui hérissent la voûte palatine de certains animaux. En arrière, la voûte palatine est parfaitement lisse.

Structure. Une charpente osseuse, une membrane fibro- structure, muqueuse, une couche glanduleuse, des vaisseaux et des nerfs, telles sont les parties constituantes de la voûte palatine.

La charpente est formée par la voûte palatine osseuse charpente

déjà décrite, voûte beaucoup plus épaisse en avant qu'en <^^^^^^"^^P*°

>y ^ ^— - . 15 > . latine,

arrière, soutenue a sa partie moyenne par 1 espèce de colonne formée par le vomer et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde , soutenue en arrière et de chaque côté par la portion verticale des os palatins et par les apophyses ptérygoïdes. Nous avons insisté sur les aspérités que présente cette voûte osseuse , aspérités qui paraissent n'avoir d'autre but que l'adhérence intime de la membrane ^bro-muqueuse aux os.

Membrane palatine <èl gingivale. C'est une membrane mu- Membrane queuse remarquable , i*' par sa couleur blanchâtre ; 2** par l'é- Ffla^i^eet ginpaisseur de son épiderme, surtout antérieurement; S'^par^^^^^' l'épaisseur et la densité de son chorion, qui le cède à peine à ""^^ celui de la peau; 4"* par son adhérence intime avec les os,

teres.

388 8PLA?;CSNOLOGtE.

auxquels le chorion envole despra]ongemensfîl:)reuxtrès-proîioncesj 5° parie grand nombre d'ouvertures dont elle est criblée, surtout en arrière. Du reste, cette grande épaisseur de la membrane palatine n'est remarquable qu'à ia partie antérieure de la voûte, et surtout derrière les dents incisives. , , Couche {glanduleuse. Sur la lig^ne médiane , la membrane

Concne gian- c> o

duifusc. palatine se confond avec le périoste des os de la voiltte* mais

de chaque côté elle en est séparée par une couche glanduleuse

Souépaissenr extrêuiemenï; épaisse, formée par des glandules quelquefois

disnosées par séries régulières dans la gouttière antéro-pos-

térieure que présente cette voûte. Ces glandules, ^/a/z^e.? sa-

Glandes sa- Hç^fj.gg palatines, tout-à-fait semblables aux crjandes labiales

nés. et buccales déjà décrites, sont beaucoup plus multipliées en

arrière qu'en avant, et s'ouvrent sur la membrane par une

foule d'orifices visibles à l'œil nu. Souvent il ^existe deux

Petttiis de la orifices OU pcrluîs beaucoup plus prononcés, qui sont placés

voûte palatine, p^j^ ^ droite , Fautrc à gauclic de l'extrémité postérieure

du raphé médian.

Gencives, A la membrane palatine se rattache la descrip-

Genclve.s. . , . • v • J^ \ - r \

tion de ce tissu particulier qui constitue les gencwes [axoy)^ et dont il a été déjà question à l'occasion des dents. On appelle o-encives la portion de la muqueuse buccale qui entoure les Leurs carac- dents. Elles se distinguent du reste de la muqueuse par leur tèies. adhérence intime au périoste , par leur épaisseur, et surtout

par une densité presque cartilagineuse qui leur permet de résister au choc des corps durs soumis à la mastication. Sous ce dernier rapport, et sous celui de leur défaut de sensibilité, les gencives ont beaucoup d'analogie avec la portion de membrane palatine qui les avoisine. Voici, du reste, leur disleursliivt-es position. EUes commencent à une ligne environ de la base de l'alvéole, et leurs limites sont établies par un relief comme

festonné.

Parvenues au ])ord libre ou base de l'alvéole, les gencives continuent leur trajet, dans l'espace d'une ligne environ au-delà de Valvéole, jusqu'au collet de la dent. Là, elles se réfléchissent sur elles-mêmes. Le lieu de cette ré-

Trvijet

des

eucives.

Loui-

ré-

fi

exion.

ORGANES DE LA DIGESTION. VOt'TE PALATINE ET GENCIVRS. 3Sg

flexion est un bord libre, semi-lunaire, image du bord dentelé et comme festonné que représentent les bases des r».

T^ ^ Disposition

alvéoles. Ces dentelures répondent aux intervalles des dents, festonnée de

1 11 1 ^" j ' • '^«. 1 r ieuf bord libre

entre lesquelles la portion de gencive qui a revêtu la lace antérieure de l'alvéole communique avec celle qui a revêtu la face postérieure.

lu^ portion réfléchie de la gencive répond, sans y adhé- Ponion rcrer, à la racine de la dent dans toute la partie de cette ra- '^^'^[^ ^^ ■*

' 1 geiicive.

cine qui déborde l'alvéole , puis s'enfonce dans la cavité de cette alvéole pou? constituer \e périoste alvéolo-dentaire , pé- Périoste alrioste que nous avons vu être un puissant moyen d'union ^*^° ^" "^^^^'^^ entre la racine et l'alvéole.

Ce tissu gingival paraît pourvu de follicules particuliers pour Foilicdeà la sécrétion du tartre. Il varie beaucoup parla coloration, par ^^^ gencives. la densité, suivant les individus. Un de ses traits les plus ca- Couleur des

, . . . , . , . , . gencives.

ractéristiques réside dans l'action spéciale qu'exercent sur lui " le scorbut et le mercure, sous l'influence desquels il se ramollit, devient fongueux, saignant, et fournit une quantité énorme de tartre. Un autre caractère, mais tout-à-fait anatomique, consiste dans des ouvertures ou pores très-développés, que l'on voit même à l'œil nu en se plaçant sous un certain jour. Presque insensible quand on le divise par un instrument tranchant, ce tissu paraît déterminer, sous l'influence , Lear défaut

' ^ ^ , , de sensibiule.

de la pression exercée par les dents lors de leur éruption, les accidens les plus graves.

t^ aisseaux et nerfs de la voûte palatine et des gencives. Les artères viennent : les unes de la maxillaire interne : ce Artères. sont les rameaux palatins postérieurs , alvéolaires , sous-orbitaires et mentonniers; les autres de la faciale; l'artère coronaire supérieure pour les gencives supérieures , la sousmentale et la sublinguale pour les gencives inférieures. Les veines portent le même nom. Les nerfs viennent tous de la Veines, cinquième paire : ce sont les rameaux palatins et dentaires IN'erfs. supérieur et inférieur. Le. nerf naso-palatin envoie ses rameaux au petit tubercule médi;;n de îa voûte palatine. Il est peu de parties où on trouve aussi peu de tissu cellulaire.

390 SPLANCHNOLOGIE.

Développe- ^développement. Suivant les auteurs les plus recommanda-

ment. bles, la voûte palatine osseuse et membraneuse se développe

par deux points latéraux qui se réunissent sur la ligne mé-

pmion es (jjjjj^g ^^ sorte que le vice de conformation , connu sous le auteurs. ' jl 7

nom de bec-de-lièvre avec division du voile du palais, serait un arrêt de développement. La division peut être simple ou double antérieurement. Dans le cas de division double, l'une et l'autre branches de la division séparent du reste de l'os la La voûte pa- portion de l'os maxillaire qui soutient les incisives. De semlatine n est bi- i^ia^gg divisions me paraissent toujours anormales: en aucun

fide que dans ^ "^

l'état anormal, temps de son développement, le fœtus bien conformé ne m'a paru présenter une semblable séparation.

Usages Usages des gencwes et de la voûte palatine. La voûte pa-

ï^dela voûte latine sépare la cavité buccale des fosses nasales. Elle sert de palatine. point d appui à la langue dans la gustation, dans la mastica-

tion, dans la déglutition, et dans l'articulation des sons. 2* Des gen- ^^^ gencives ferment complètement l'alvéole , et servent cives. d'organes immédiats de la mastication avant l'éruption des

dents; après la chute des dents, elles deviennent calleuses, et remplacent ces instrumens de la mastication.

Les gencives concourent singulièrement à maintenir solidement les dents dans leurs alvéoles, d'où l'ébranlement des dents dans le scorbut et dans le cas d'abus de mercure. On peut considérer les gencives comme la portion de muqueuse qui contient dans son épaisseur les follicules dentaires.

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