DES LÈVRES
\a}s Icrrrs ^ paroi autéri-juve d<î la bt>uche , sont deux
ORfiANES DE LA DIGESTION. DES LÈVRES. 877
voiles mobiles, extensibles, contracdies, qui circonscrivent l'ouverture de cette cavité.
On les distingue en supérieure et inférieure. Leur direc- ^^ direction tion est verticale comme les arcades alvéolaires et dentaires des lèvres est sur lesquelles elles sont appliquées. Cette direction est pro- ^^"^ ^'"^ « c ez
lorame.
pre à l'espèce humaine et plus particulièrement à la race caucasique ; des lèvres déjetées en avant , comme chez les animaux, et non placées sur le même plan vertical, donnent à la physionomie un caractère bas. Leur hauteur est mesurée par celle des arcades alvéolaires et dentaires., La lèvre supérieure a une plus grande hauteur qne la lèvre inférieure.
Les deux lèvres présentent à considérer une face antérieure ou cutanée 3 une face postérieure ou muqueuse , un bord adhérent, un bord libre et deux commissures.
Face antérieure. Elle offre à la lèvre supérieure , 1° sur la . ^^^®, f^î^
■^ ^ rieure de la le-
ligne médiane^ une rainure verticale, sillon sous-nasal, qui vre supérieure. naît de la sous-cloison du nez et se termine en bas à un tu- Sillon sous. hercule plus ou moins proéminent , suivant les individus.
Cette rainure est le vestige d'une division de la lèvre qui est naturelle à plusieurs mammifères. Le vice de conformation connu sous le nom de bec-de-lièvre occupe toujours l'un des bords de la rainure quand il est simple, et les deux bords quand il est double.
1^ De chaque côté, la lèvre supérieure est convexe, couverte d'un léger duvet chez la femme et chez l'homme impubère, et , à l'époque de la puberté chez Thomme , de poils longs et raides qui se dirigent obliquement en dehors.
En avant, la lèi^re inférieure regarde un peu en bas, et se Face anté-
-, ., , ^ . • ' rr rieure de la
couvre de poils seulement a sa partie moyenne , qui n onre j^^^.^ inférieupas de dépression médiane. ^^'
Face postérieure. En arrière les deux lèvres sont libres
. , ^. ,,. X . . . ï''^c8 poste'
excepte sur la ligne médiane, ou se voit un petit repli mu- rieure. queux appelé frein ou Jilet de la lèvre , plus prononcé Frein ou fipourpa supérieure q le pour l'inférieure ; cette face est ^^^ ^^^ ^^ ^^^''®'
3']S SPLANCHNOLOGIE.
Défaut d'à- biimide et en rapport avec les arcades alvéolaires et dendhérence des taires. L'indépendance complète des lèvres, par rapport aux
lèvres aux os .n . i • i i> a i -i* ' / \ i
maxillaires. OS maxillaires , rend raison de 1 extrême momiite [i) de ces
voiles membraneux.
Limite des Bords adkérens de^ lèvres. Les lèvres sont limitées à leur
lèvres en ar- f^ce postérieure par la réflexion de la muqueuse qui de la
lèvre se porte sur la mâchoire , en sorte qu'il existe entre
les lèvres et les os maxillaires un sillon profond et fort remar-
Vestibule de quable, qu'on peut considérer comme une canté buccale an-
la bouche. téricure^ ou le vestibule de îa bouche.
En devant, la lèvre supérieure est limitée par la base du lèvres en avant î^ 62 , et de chaque côté elle est distincte des joues par la saillie du bord interne du muscle releveur commun du nez et de la lèvre supérieure : la lèvre inférieure est limitée sur la ligne médiane par une dépression transversale qui la sépare du menton , sillon mento-lahial ^ dépression remarquable par Sillon mente- 1^^ p^-|g perpendiculaires qui en naissent : de chaque côté, elle est distincte des joues par la saillie du bord interne du muscle triangulaire des lèvres.
La ligne ou sillon qui sépare les lèvres des joues com-
sillo^^^"bucco- "^6"^^ ^ ^'^i^6 ^" ^^^ 6* ^^^ appelée ligne naso-labiale {%) ; labial. elle serait mieux Yiommée ligne ou sillon bucco-labiaL
On voit que la limite entre les lèvres et les joues est purement artificielle, et que les deux lèvres, prises collectivement, représentent une eUipse dont le grand diamètre est transversal;
Bords libres des lèvres. Les bords Kbres des lèvres sont arrondis , recouverts par un tégument rosé qui tient le miUeu
(i) Les mammifères seuls sont doués de lèvres mobiles, indépendantes des mâchoires j mais cette indépendance est encore bien plus prononcée chez l'homme.
(2) On attache en séméiotique beaucoup d'importance à ce sillon. C'est la ligne abdominale, parce que ce sillon devient très-prononcé dans les maladies de l'abdomen.
entre le tissu cutané et le tissu muqueux , coupés par des pij ^ • ^ plis ou rides perpendiculaires à la longueur des lèvréft, qui du bord libre sont la trace des plis que détermine la contraction du mus- livres, cle orbiculaire. Ces bords libres , qui sont comme renversés en dehors , surtout à la lèvre inférieure , présentent en avant une ligne qui établit une démarcation bien tranchée entre la peau et les membranes muqueuses. Ces bords dé- Ligne ondacrivent une ligne ondulée qui a fixé l'attention du peintre ^^^ ^^ ^® ^o'^*^* bien plus encore que celle de l'anatomiste. •
Une saillie médiane légère ; de chaque côté une légère dé- t^ • .•
o ' A o Description
pression pour la lèvre supérieure : une dépression médiane succincte de ce et deux saillies latérales pour la lèvre inférieure : voilà les traits les plus remarquables de ces bords libres, qui sont contigus l'un à l'autre dans leur rapprochement, et ferment complètement l'ouverture de la bouche.
Du reste, les bords libres des lèvres sont la partie k plus j'y' épaisse de ces voiles mobiles, et l'épaisseur de ces bords d'épaisseur du libres va en diminuant de leur partie moyenne à leurs extré- ,^^ ^ ^^ ^^
. . lèvres.
mités. Cette épaisseur varie d'ailleurs beaucoup, suivant les
sujets. En général , on regarde des lèvres épaisses comme le Distinction
, iTpr- ri • 1 T '• importante re-
cachet de i arrection scroruleuse ; mais , dans 1 apprécia- j^tive à cette
tion de cette épaisseur, il faut bien distinguer le volume qui épaisseur.
dépend de la prédominance de la couche musculaire de
celle qui dépend de la prédominance de la peau et du tissu
cellulaire. Dans la race éthiopienne, le volume des lèvres
tient exclusivement aux muscles.
Commissures, Les extrémités des bords libres des lèvres Commissu-
sont minces , et constituent par leur réunion les ans'les ou ^^^ f,"^ angles ' '^ '-' des lèvres.
commissures des lèvres (commissure,. de cum miscere).
Ouverture antérieure de la-houche. Les bords libres des le- Ouverture vres interceptent une fente transversale; c'est Youi^erture an- antérieure [de térieure de la bouche^ dont les dimensions, variables chez Ihomme, ont motivé la distinction de la bouche en moyenne^ grande ^ petite ; distinction qui ne porte nullement sur la cavité buccale proprement dite, mais bien sur son orifice. Au
38o SPLANCHNOLOGIË.
reste .Touverture antérieure de la bouche est éminemment
Sa diliitabi-
lité. dilatame, se prête à l'introduction de corps très-volumineux
et rend facile Texploration detous les recoins de la cavité
Structure buCCale.
des lèvres. Structure des lèpres. Deux couches tégumentaires, une
cutanée, une muqueuse; une couche muscuîeuse; une couche glanduleuse j des vaisseaux , des nerfs et du tissu cellulaire : telles sont les parties constituantes des lèvres.
LiQjuche eu- ^ '^
tanée. Couche cutaiiée. Remarquable par sa densité, par son
épaisseur, par le volume des follicules pileux qui sontlîogés
en partie au-dessous d'elle, par l'intimité de son adhérence
avec la couche musculaire; si bien qu'il est impossible de la
disséquer sans empiéter soit sur elle , soit sur les fibres char-
a resis an- ^j^^g^ çy^ peut la Considérer comme constituant la charce et sa sensi- ^
bilité. pente de la lèvre. Sa sensibilité est exquise; et chez plusieurs
animaux elle jouit d'un tact si délié, que le moindre mouvement imprimé à l'extrémité des longs poils dont elle est pourvue avertit ces animaux de la présence des objets.
Couche inu« ^ . ^ "^ , ,
queuse. Couche muqueusô. Remarquable par la présence d'un épi-
derme très-facile à y démontrer. Cette membrane revêt le bord libre des lèvres , en sorte que, par une exception rare dans l'économie, une partie de cette muqueuse est en contact habituel avec l'air extérieur. Son adhérence n'est intime qu'au niveau du bord libre.
duleTe^^^^' Couche glanduleuse. Couche épaisse, située entre la muqueuse , qu'elle soulève , et la couche muscuîeuse. Elle est constituée par de petites glandes sphéroïdales, de volume inégal, juxta-posées, bien distinctes les unes des autres , qui, examinées à la loupe, .représentent de p«tites glandes saliglandes, et non vaires, dont chacune est pourvue d'un conduit excrépar des folU- ^^^^ ^ lequel vient s'ouvrir à la face postérieure de la mu-» queuse par un orifice bien distinct (i). Ce sont des glandes salwaires labiales , et non point des follicules mucipares.
(i) Lorsque ces orifices s'oblitèrent, les conduits excréteurs dilatés se trojîsforriieat en des kystes salivaires , qui peuvent atxjuérir de Irès-grundes dimensions.
Elle est cons tituée par des
ORGANES DE LA. BIGÈSTIOE. DES I.ÉVRF.S. %Sl
Couche musculeuse. Elle est essentiellement constituée Couche mnspar un muscle intrinsèque, c'est Forbiculaire des lèvres , ^°^^"^^' auquel viennent aboutir la. plupart des muscles de la face, savoir, i^ pour la lèvre supérieure : l'élévateur commun, l'élévateur propre, i'abaisseur de l'aile du nez, le naso-labial €t le petit zygomatique , lorsqu'il existe ; 2^ pour la lèvre inférieure : les muscles carrés et les releveurs du menton ; 3° pour les deux lèvres : le buccinateur que nous avons considéré comme constituant le muscle orbiculaire par sa bifurcation; 4° pourfîes commissures, le grand zygomatique, îe triangulaire, le canin , et le risorius de Santorini , quand il existe; en tout vingt-cinq muscles, y compris forbiculaire <îes lèvres. Les différences que présente îe bord, libre des lèvres chez les divers individus tiennent à l'épaisseur plus ou moins considérable de la zone de forbiculaire qui répond à ce bord libre.
On voit que rien de fibreux n'entre dans la composition Aucun tîssa des lèvres et de leurs commissures, lesquelles sont excîusi- fi^reax n'entre
dans 1 "î st rjio*
Tement formées par des fibres cbarnues; disposition qui leur ture des lèvres permet une extension considérable, que le chirurgien utilise pour pratiquer des opérations dans la cavité buccale et dans le pharynx.
P aisseaux^ nerf s ^ cellulosité. il est peu de parties aussi abondamment pourvues que les lèvres de vaisseaux et de nerfs. Les artères des lèvres viennent de deux sources principales : 1° de la faciale, ce sont les coronaires \ 1^ de fartère maxillaire interne, ce sont les artères buccales, sous-orbîlaires , alvéolaires pour la lèvre supérieure et mentonnières pour la lèvre inférievsre. L'artère sous-mentale, î)rancbe de la faciale, et l'artère transversale de la face, branche de la temporale, y envoient aussi quelques rameaux.
Les vaines portent le même nom et suivent le même trajet : les vaisseaux lymphatiques peu connus vont s'ouvrir dans les ganglions l5^mphatiques de la base de la mâchoire. Les nerfs viennent de deux sources bien distinctes: î° de la cinquième; 2^ de la septième paires.
Artères.
Veines,
Nerfs,
382 SPLAWCHNOLOGIE.
Le tissu cellulaire contenu dans l'épaisseur des lèvres est
Tissa celki- ^ ?• n t
laire. essentiellement séreux. Il peut s infiltrer d ii«e grande quan-
sité de sérosité; tandis que chez les individus pourvus du plus gros embonpoint il ne se pénètre jamais que d'une très-petite quantité de graisse.
Développe- Développement, Suivant Blumenbach et la plupart des ment. anatomistes modernes , la lèvre supérieure se développerait
par trois points, ou trois parties distinctes, dans le principe, Savoir, une médiane et deux latérales. Quelques-uns ont encore renchéri sur cette manière de voir, et prétendu que le point médian se forme primitivement par deux moitiés latérales , dont la jéunion serait excessivement hâtive.
Hypothèse Cette hvpothèse repose en partie, i° sur l'observation du
surce dévelop- ,i., , -, iiit-- »
pement. bec-de-lievre Simple et double, division quon a gratuite-
ment supposée n'être qu'un arrêt de développement ;
s° Sur le mode de développement des os maxillaires supérieurs, dont le bord alvéolaire serait, dit-on, composé de quatre pièces, deux médianes ou incisives et deux latérales ;
3® Sur l'existence permanente de ces divisions chez quelques animaux.
Raisons qnî Mais cette manière de voir est infirmée, i° par le défaut renversent cet- ^^ séparation des pièces osseuses dites incisives chez le fœtus
te hypothèse. \ , . i r %
humain ; tout ce qii on peut voir ( voyez développement de l'os maxillaire supérieur, Ostéologie ), c'est une scissure qui est le vestige de cette séparation ;
2° Une raison péremptoire , c'est qu'à aucune époque de la vie fœtale , on ne peut démontrer l'existence de parties distinctes dans la lèvre supérieure. La lèvre supérieure m'a toujours paru formée d'une seule pièce , dès le premier moment de son apparition.
Il en est de même de la lèvre inférieure, qui, suivant les auteurs, se développerait par deux moitiés latérales ; mais à aucune époque de la vie fœtale ^on ne peut reconnaître une
semblable division (i). Je ne connais même pas d'exemple de
cas anormal dans lequel une semblable disposition ait existé.
La loncfueur des lèvres chez l'enfant nouveau-né, lon^
o ^ ^ ' Longueur
gùeur qui est si éminemment favorable à la succion , tient des lèvres chez à l'absence des dents. C'est à la même cause, jointe à l'ab- ^'^^^^^l ^^'
* • 7 j veau-ne et chez
sence des bords alvéolaires, qu'est due la longueur des le- le vieillard. vres chez le vieillard.
Usages. Les lèvres, paroi antérieure de la bouche, forment au-devant des arcades alvéolaires et dentaires une espèce Usages. de chaussée qui retient la salive. Leur importance comme obstacle à l'émission continue de la salive est telle, que, dans le cas où elles sont détruites, cet écoulement peut devenir une cause d'épuisement et de mort (2). Elles servent à la préhension des liquides, à la succion, à l'action de siffler, au jeu des instrumens à vent, à l'articulation des sons. Elles jouent un très-grand rôle dans l'expression des passions que nous avons vues se partager pour ainsi dire les muscles de la face.
La fierté, le dédain, la joie, la douleur , Ib colère, toutes les nuances dont les passions sont susceptibles , se peignent d'une manière frappante sur le pourtour des lèvres. La bouche est plus particulièrement le siège des grimaces , qui ne sont autre chose que l'expression des passions ridiculement exagérée.