‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 112 sur 185 · PHARYNX · texte numérisé non relu

PHARYNX

DéfinUion ^'^ pharynx (i) {çàfvy^, arrière-bouche), long-temps

confondu avec l'œsophage , sous le nom commun de gala ,

œsophagus , est un demi-canal musculeux et membraneux ,

parfaitement symétrique, situé sur la ligne médiane ; c'est une

espèce de vestibule, commun aux voies digestives et aux voies

respiratoires, intermédiaire aux cavités buccales et nasales,

d'une part; à l'œsophage et au larynx, d'une autre part.

Profondément situé au-devant de la colonne vertébrale , il Situation. T -i • 1 T • • 1 • '•

s'étend depuis l'apophyse basilaire de i occipital jusqu a

la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale. Il répond , par conséquent , aux régions parotidienne et sus = hyoïdienne.

. Le pharynx présente des dimensions sur lesquelles je crois

devoir appeler toute l'attention.

Moins considérable que celle de la bouche , la capacité

Capacité ^ n j r \

pîasgrandeque du pharyux l'cst beaucoup plus que celle de J œsophage, qui

celle de l'ceso- jjjble , par rapport au pharynx, à la partie rétrécie d'un

entonnoir. Il résulte de là que des corps étrangers qui ont

pu traverser la bouche et le pharynx peuvent s'arrêter dans

l'œsophage.

La longueur du pharynx est de quatre pouces à quatre pouces et demi; mais cette longueur peut être portée jusqu'à cinq pouces et demi et même six pouces et demi, par l'eifet de la distension , et réduite à deux pouces et demi par l'ef " t du

(i) Le mot pharynx n'avait pas d'acception bien délerminée chez les anciens. Ils désignaient ainsi tantôt le pharynx proprement dit, tantôt le larynx.

Longueur,

plus grand raccourcissement possible , et ce raccourcissement est mesuré par le contact de la base de la langue et du voile du palais devenu horizontal ; d'où il résulte que le pemVr^Zl r pharynx peut présenter dans sa longueur une différence '^^"'* '''' '°"" de quatre pouces environ j résultat aussi prodigieux qu'inat- SrnceTe'qut

tendu. tre pouces.

Or, le pharynx parcourt ces limites extrêmes dans la déglutition , dans les modulations de la voix, pour laquelle le pharynx fait Tofiice d'un tuyau de clarinette ou de flûte. Sous ce rapport, on peut diviser la longueur du pharynx en trois portions : i° une portion nasale; 2^ une portion buccale ou gutturale ; y une portion laryngienne. Il est aisé de voir ^'^ laccourque la différence dans les dimensions en longueur porte uni- tt'^eTdusWe" quement sur la portion buccale, c'est-à-dire sur la portion "'®"' *"'" ^^ qui reçoit l'air à sa sortie du larynx. ^^"^f ""^ ^"''"

Or, ces différences dans la longueur du pharynx ont sur l'étendue de l'échelle diatonique de la voix humaine la mêm.e ^^nséquenmfiuence que la différence de longueur dans les tuyaux des U^J^.^^^ mstrumens à vent exerce sur les sons produits par ces ins- ^"''''* trumens.

Les^ dimensions en largeur de la partie supérieure ou na- Dîmcnsîons saie du pharynx sont mesurées par l'intervalle qui sépare '''' ^'''^^"'' '* les bords postérieurs des ailes internes des apophyses ptéry- . I^^^^'^por. goïcies. Ce diamètre est invariable : il est d'un pouce environ. '''"' "''''"'

Dans la portion buccale, ce diamètre est mesuré par l'intervaile qui sépare les extrémités postérieures des bords alvéo- tioaTuccaLT laires : il est de deux pouces environ. Ce diamètre transversal peut être ramené, par la contraction des muscles constricteurs, au diamètre de la partie supérieure, c'est-à-dire à un pouce.

Dans la portion laryngée, ce diamètre est mesuré s uccessi- Danslaporvemenî , i" par l'intervalle qui sépare les sommets des c^randes ^^°" laryngée . cornes de l'os hyoïde : il est d'un pouce une à deux'lignes ;

2° Par l'intervalle qui sépare les cornes supérieures du' cartilage thyroïde : il est d'un poure deux à trois lignes;

434 SPLANCHNOLOGIE.

3^ Par rintervaile qui sépare ies cornes inférieures de ce même cartilage : il est de onze à douze lignes. Le rétrécissement de cette partie laryngée peut être porté jusqu'à l'effacement complet de la cavité. * Le rétrécis* Ainsi le rétrécissement porte sur la portion buccale et sur sèment porte j^ portion laryngée : ce rétrécissement a lieu dans la déoflu-

sui" les por- ^ j a -,. . . , .

tions buccale tition , pour chasser le bol alimentaire, qui se trouve ainsi et laryngée. comprimé.

Le rétrécissement de la portion buccale doit encore avoir lieu dans la modulation des sons ; il exerce sur l'échelle diatonique de la voix la même influence que le rétrécissement des tuyaux de flûte ou de clarinette exerce sur les sons produits par ces instrumens.

Les dimensions suivant le diamètre antéro - postérieur ne Dimensions -* .

suivant le dia- sont pas sujettes aux mêmes variations que les dimensions mètre atitero- g^j^yant les diamètres transverse et vertical, vu la présence

postenenr. ^ , . . ,

de la colonne vertébrale. L'ampliation du pbarynx d'avant en

arrière a lieu dans ce temps de la déglutition où le larynx et l'os hyoïde sont portés en avant et en haut. Son rétrécissement a lieu dans cet autre temps où le larynx et Fos hyoïde sont portés en haut et en arrière. Le diamètre antéro-postérieur du pharynx est mesuré par celui de l'apophyse basilaire de l'occipital.

Figure, Le pharynx ne forme pas une cavité complète à

parois distinctes et isolées, mais bien un demi-canal ouïes

deux tiers d'un canal , que complètent en avant divers orga-

Tension "^^ ' étrangers, du reste, à la composition du pharynx.

habituelle du Du reste , le pharynx est dans un état de tension et de

p arynx. héance habituelle , depuis sa voûte jusqu'au larynx ; en

aucune circoffetance on ne rencontre ses parois revenues

sur elles-mêmes; disposition importante qui est en rapport

avec le passage continuel de l'air dans les portions nasale

et buccale du pharynx. Il doit cette tension à l'apophyse ba-

silaire et aux points fixes qui servent d'attache à ses bords,

ainsi qu'à la structure aponévrotique de sa partie supérieure.

Au niveau du larynx, la tension n'existe plus. On considère

Figure.

au pharynx, comme à tous les organes creux, une surface extérieure et une surface intérieure.

k. Surface extérieure, "EXle répond, eij, arrière, ipuT une Rapports: face plane, à la colonne cervicale, dont elle est séparée par „ ^ ^^^ les muscles longs du cou , grand et petit droits antérieurs rière. de la tête. Cette surface glisse , à l'aide d'un tissu cellulaire très-lâche , sur l'aponévrose qui revêt les muscles de cette région -, et , lorsque cette laxité du tissu cellulaire n'existe plus, par le fait de Finflammation , les mouvemens nécessaires pour la déglutition ne peuvent plus s'accomplir : il y a dysphagie. Les rapports du pharynx avec la colonne vertébrale expliquent pourquoi les abcès par congestion cervicaux se sont ouverts quelquefois dans le pharynx.

Sur les côtés, le pharynx est séparé du muscle ptérygoï- a». 5^^ \^ dien interne par un espace triangulaire, large en bas, étroit »'^^®*' en haut, que remplissent, entourés d'un tissu cellulaire séreux fort lâche, la carotide interne, la veine jugulaire in* terne, les nerfs pneumo-gastrique , glosso-pharyngien, grand hypoglosse et accessoire de Yfillis : les parties latérales du pharynx répondent rnédiatenienl à la glande parotide et aux muscles styliens. Plus bas, le pharynx répond à un grand nombre de ganglions lymphatiques , à l'artère carotide externe et à ses branches.

B. Surface ïtitérieure.VowvXélxiàïeT, il faut diviser vertica- Surface îî4« lement la face postérieure du pharynx : on voit alors que cet *^i^"re. organe n'existe qu'en arrière et sur les côtés, et an en aidant ïtégion aiiléîl présente un grand nombre cl ouvertures, dont il est du a^nx. plus grand intérêt de connaître la disposition. Ces ouvertures sont de haut en bas :

i". Les deux orifices postérieurs des fosses nasales, ori- ^^&.^^i%ij> fices quadrilatères, dont le grand diamètre est vertical, sépa- îérîéafi âe» rés l'un de l'autre par le bord postérieur de la cloison. Ere ^s" "«•»»»€», plongeant la vue dans les fosses nasales, on voit près de ces orifices l'extrémité postérieure des cornets et des méats.

2^. La face supérieure du voile du pahds forniant un plan

436 APONÊVROLOCIE.

Fac€ sapé- incliné qui conduit les mucosités nasales dans l'arrière-

rîenre du voile i i

i„ , . bouche.

au palais.

3°. L'isthme du Êfosier, de forme demi-circulaire, divisée

Isthme da i i -t . • i i-

gosier. en deux arcades; les piliers; l'excavation amygaalienne ; la

saillie des amygdales.

Orifice da ^^ * L'orifice supérieur du larynx, dont le plan est oblilarynx. qucment dirigé de bas en haut et d'arrière en avant. L' épi-

glotte , habituellement relevée ,^ recouvre cet orifice, en s'abaissant à la manière d'une soupape.

^ ,5°. La face postérieure du larynx, ses deux gouttières laté-

Face poste- , "^ , , .

lieure da la- ralcs et triangulaires, larges en haut, étroites en bas, qu'on ^^°^" a considérées comme servant spécialement à la déglutition

des liquides, lesquels passeraient ainsi sur les côtés de l'ouverture du larynx.

Rien de plus curieux , rien de plus important que l'étude

de tous ces objets qui nous révèle en un instant le méca-

Conséqnen- nisme si compliqué de l'arrière-bouche ,• qui nous explique

ces e cette (.Qjjjjjjgi^|. p^ir pénètre des fosses nasales et de la cavité buc-

dtsposition t

de l'arrière- cale dans le pharynx , et de là dans le larynx , où il est attiré par la raréfaction qui s'opère dans le thorax, sans pénétrer jamais dans l'œsophage ; comment les mucosités nasales, comment le sang peuvent pénétrer des fosses nasales dans la bouche, dans l'œsophage; comment des instrumens peuvent être introduits des fosses nasales et de la cavité buccale dans l'œsophage et le larynx, ou bien ramenés des fosses nasales dans la bouche; comment le bol alimentaire et les liquides peuvent pénétrer dans l'œsophage sans s'insinuer dans les voies aériennes, et comment elles s'y insinuent quelquefois.

^ . , La paroi postérieure da pharynx . plus large au niveau Paroîpotsté- , l ^ ' r rt

Heure da.yha- de la région buccale qu'au-dessus et au-dessous, peut être

^°^' aperçue en partie au niveau de l'isthme du gosier chez un

individu qui se prête à cet examen. Cette paroi ne présente

aucun plissement; on y remarque seulement la saillie de

^ quelques gland ules ({\\q soulève la membrane muqueuse.

Les parois latérales présentent l'orifice évasé des trompes

ORGANKS DK LA DlGKSTlON. 1>HAR\KX. l^^'J

d'Eustachi, orifice que précède une gouttière dirigée de Parois laiéhaut en bas et de dehors en dedans. Cet orifice répond ^*^"' précisément au niveau de l'extrémité postérieure du cornet inférieur j rapport très-important à connaître , puisqu'il peut diriger dans le cathétérisme , si usité de nos jours , de la trompe d'Eustachi.

La TJoûte du pharynx répond à l'apophyse basiîaire. Il n'est Voûte, pas impossible de l'atteindre à l'aide du doigt introduit dans la cavité buccale, et fortement dirigé de bas en haut.

Aucune ligne de démarcation bien rigoureuse, soit à l'in- Limites da térieur , soit à l'extérieur , ne sépare le pharynx de l'œso- P^^'^y^^ et de

,. ,,. 1 œsophage.

phage. Leurs limites sont établies; i® par un rétrécissement brusque; 2° par un changement de coideur dans la membrane interne; 3° enfin par le changement de direction et de couleur des fibres charnues, rouges au pharynx, décolorées à l'œsophage.

Structure du pharynx.

Le pharynx est constitué, 1° par une partie aponévrotique; a'* par des muscles; 3° par des vaisseaux et des nerfs ; 4" par une membrane muqijjpuse qui tapisse sa cavité.

Aponévroses du pharynx.

La. partie aponéi>rotique qui constitue la charpente du pharynx se compose, 1° de l'aponévrose céphalo-pharyngienne; 2° de l'aponévrose pétro-pharyngienne.

Uaponéwrose céphalo-pharyngienne , ou aponévrose posté- Aponévrose rieure du pharynx, naît de la face inférieure de l'apophyse céphalo-phabasilaire , de la trompe d'Eustachi et de la partie voisine du ^"S*®"^"®* rocher ; elle se continue avec la couche périostique trèsépaisse qui revêt l'apophyse basiîaire, se prolonge verticalement en bas en diminuant d'épaisseur , et se perd après un pouce et demi deux pouces de trajet. C'est à cette membrane que se terminent les muscles constricteurs du pharynx.

43^8 SPLANCHKOLOGIE.

Aponêtrfose U aponévrose pétro-pharpiglenne ^ ou aponévrose latérale pétro-pharyn- ^q pharynx, naît de Fapopliyse pétrée, en dedans de Forifice inférieur du canal carotidien , par un faisceau aponévrotique très-épais, continu, à angle droit (ï) avec l'aponévtose céphalo-pharyngienne, descend le long de la partie latérale du pharynx, s'épanouit en faisceaux qui vont s'insérer dans la fosse ptérygoïde, entre le ptérygoïdien interne et le péristaphylin externe , qu'ils séparent. Elle envoie un prolongement à l'extrémité la plus reculée du hord alvéolaire inférieur, et daiis l'intervalle qui sépare ce prolongement du reste de l'aponévrose, donne attache au muscle buccinateur. Cette aponévrose recouvre immédiatement l'amygdal^ à laquelle elle est intimement unie. Elle se prolonge en fcas jusqu'au hord supérieur de l'os hyoïde, pour former la charpente de la partie latérale et inférieure du pharynx.

Muscles du pharynx.

Les muscles du pharynx se divisent en intrinsèques et en extrinsèques.

A. Muscles intrinsèques.

L€s muscles Les muscîes intrinsèques présentent une forme membraintnnseques jjguse, et sont disposés par couches successives, comme im-

forment trois . , coaches imbri- briquéeS.

qnces. Prodigieusement multipliés par Santorini, à raison du

grand nombre de leurs attaches, ces muscles ont été réduits par Albinus à trois paires, sous le titre de constricteurs^ distingués en inférieur, moyen et supérieur. Chaussier désignait collectivement sous le nom de stflo-pharyngieîis tous les muscles qui entrent dans la composition du pharynx. Là division d'Albinus est à juste titre généralement préférée.

(i) C'est sur l'angle que forment ces deux aponévroses qu'est accolé le ganglion cervical supérieur du grand sympathique.

Du constricteur inférieur.

Muscle membraneux, losangique ou plutôt trapezoïde, le gua ti n plus superficiel et le plus épais des muscles du pharynx, situé Figure, à la partie inférieure de cette cavité membraneuse.

il s'insère, d! une part ^ au cartilage cricoïde et au carti- insertion»; lage thyroïde;

D'une autre part^ au raplié fibro-celluleux qui occupe la ligne médiane du pharynx {cîico -pharyngien et thyro-pharyngien de Valsalva, Winslow et Santorini). On peut l'appeler crico-thyro -pharyngien-

Ses insertions cricoïdiennes ont lieu sur la partie latérale in«ertions du cartilage cricoïde, dans un espace triangulaire borné en Cricoïdiennes avant par le crico-thyroïdien , qui lui envoie souvent quelques fibres, et en arrière par le crico-arythénoïdien postérieur.

Ses insertions thyroïdiennes ^ beaucoup plus étendues, ,

VIT \ \- 11^ 1 -1 Thyroïdiennes

ont lieu a la ligne oblique de la face externe de ce cartilage, aux deux tubercules qui terminent cette ligne , à toute la surface qui est en arrière de la ligne obhque, au bord supérieur, au bord postérieur , et aux petites cornes du même cartilage.

Nées de cette double insertion par deux digitations bien

d. . 1 ri 1 1 T T Direction

isîmcteSjîesnbres charnues se portent dans diverses direc- des fibres cUar-

tiorjs : les inférieures, courtes et horizontales, en dedansj les ^«i"supérieures d'autant plus obliques de bas en haut, et d'autant plus longues , qu'elles sont plus supérieures, viennent se terminer par un bord épanoui, beaucoup plus étendu

que le bord externe, et dont l'extrémité supérieure s'élève „, . .

. Xernjiijaisotfej rarement au-dessus de la partie moyenne du pharynx. La direction transversale et la brièveté des fibres inférieures de ce muscle leur ont fait donner le nom de muscle œsophagien, (Winslovr, Santorini.)

Rapports. Revêtu par une membrane celluleuse dense, qui environne tout le pharynx, et qu'on peut comparer à la

/|40 SPLA^Cil-VOLOGlli.

Rapports gaine propre des muscles, le constricteur inférieur affecte en arrière les mêmes rapports que le pharynx. Il est recou-

Snnerfîciels, ,. . .* i-t i

vert en aehors par le muscle sterno-thyroidien et par le corps thyroïde. ^

Profonds ^' recouvre le constricteur moyen, les muscles stylo-pha-

ryngien, pliaryngo-staphylin , et, dans une assez grande étendue, il est en rapport avec la membrane muqueuse du pharynx.

Rapports: C'est SOUS le bord Injerieur de ce muscle, au voisinage de pabordîn-son insertion cricoïdienne , que le nerf récurrent s'engage

férieur avec le ,, iii c77 '• t-'

nerf récurrent* po^^ pénétrer dans le larynx, bon bord supérieur se distmgue Du bord su- des autres constricteurs : i° par une saillie assez prononpeneuravecle ^^^ . ^o ^^^ |g jjgj.£ laryngé Supérieur, qui pénètre sous ce supérieur. bord,

Winslow dit avoir vu quelques fibres de ce muscle provenir de la glande thyroïde; Morgagni, du premier anneau de la trachée.

Action. Constricteur pur et simple du pharynx par ses fibres inférieures, constricteur, abaisseur et extenseur de la paroi postérieure du pharynx par ses fibres supérieures, il peut élever le larynx en le portant en arrière.

Constricteur moyen.

Situation. Muscle membraneux , triangulaire , situé à la partie Figure. moyenne du pharynx , sur un plan antérieur au précédent ; il s'insère, (Tujie part^ à Fos hyoïde; cruiie autre part ^ au raphé médian du pharynx {hyo-pharyngien).

Ses insertions à l'os hyoïde ont heu : i° à la grande corne inperiîons dans toute la longueur de sa face supérieure, au-dessous de yoirtieunes j'ijyo g|osse , dont il est séparé par l'artère hnguale. Les fibres qui naissent du sommet de la grande corne sont nombreuses, et s'implantent par des fibres aponévrotiques. 2° Ce muscle s'insère encore à la petite corne de l'os hyoïde et à la partie voisine du ligament stj^lo-hyoïdien.

Nées de ces diverses insertions , qui constituent l'angle ex-

Action.

OîlGAZ'^iiS 1)1.: LA OiGKSTlOX, l'KAUilN.X. /j /| 1

terne tronqué du muscle, les fibres cluirnues se portent en Direction

, . ^ , . -, , . 1 1 ». } ^ des fibres.

aivemeant: les inierieures de haut en bas, les moyennes

Le 111' Qi ver*

transversalement 5 les supérieures de ba\en haut; celles-ci, ^^rn^e. beaucoup plus obliques et plus nombreuses que les infé- Leur termirieures, se terminent par une extrémité pointue qui n'at^ ^^^l'o»teint jamais l'apophyse basiiaire.

Rappoîis. Sa surface externe , en grande partie superfi- Rapports, cielle, répond, par rinîermède de la gaîne celluleuse du pharynx, aux muscles de la région pré vertébrale. Elle est recouverte, dans le reste de son étendue, par le constricteur inférieur et par ie muscle hyo-glosse.

Il recouvre la meml)rane muqueuse du pharynx, les muscles constricteur supérieur, stylo-pharyngien et pharyngostaphylin.

Son bord sunérieur se distingue du constricteur supé- Limites su-

11/% -iv 'Mr *^ 1 périenres lîç ce

rieur, et par la légère saillie quii forme en arrière de ce ^^^^^^^^ muscle, et par le muscle stylo>pharyngien, qui soulève ce bord pour pénétrer dans le pharynx.

Action. Constricteur du pharynx , il peut élever l'os Action, hyoïde en le portant en arrière.

Constricteur supérieur.

Plan musculeux, quadrilatère, occupant la partie supérieure du pharynx, s'insérant, iV une part ^ à l'apophyse pté- Fi^me. rygoïde, à la ligne myloïdienne et à la base de la langue; insertions. (Vune autre part^ au raphé médian du pharynx (jjtétjgopharynglen^ huccinato-pharyngien^ mylo-pharyngien et glosso^ \ pharyngien ^ de Santorini.)

Ces insertions ont lieu : i** par des libres aponévrotiques, au tiers inférieur du bord de l'aile interne ptérysfoïdienne, ,, Insertions

i- 'J o ' ii5.es tres-mul-

et au crochet qui la termine ; 2" quelques fibres vien- tipilées. nent de la partie voisine de l'os du palais, et du tendon réfléchi du péristaphyîin externe; 3° d'autres fibres naissent fie l'aponévrose buccinato - pharyngienne, qui s'étend de

Direction.

l\t\1 SPLAKCHIvOLOC-lE.

i'apoplivse pteryooïcîe à rextréiiiité poslërieure de l'arcade alvéolaire inférieure (i ); 4" à l'extrémité postérieure de la ligne myloïdienne ; 5° les fibres qu'on dit naître de la base de la langue ne sont autre chose que ces fibres du génioglosse que Winslo\Y a désigne'es sous le nom de génio-pharyngien. Ce sont ces mêmes fibres, difficiles à démontrer, que Vaîsalva et Santorini ont considérées comme formant un muscle particulier sous le titre de giosso-phaijngien.

De ces diverses insertions, îes fibres charnues se recourbent d'avant en arrière , se portent transversalement de dehors en dedans : les supérieures forment une espèce d'arcade à concavité supérieure, et s'iî>sèrent à l'aponévrose céphalo-pharyngienne.

Les fibres Ce sont ces faisceaux supérieurs qui constituent le muscle supeueiires céplialo-pharynmeiz de quelques auteurs. On dirait qu'il y

constilnent \ç, i i J Q li t.j

muscle cépha- a continuité d'un côté à l'autre sans raplié intermédiaire. Ce

o-p aryngi^n. j^^^g^jg constitue UD Dian très-mince, dont les faisceaux sont

plus pâles et moins distincts que ceux des autres constricteurs.

Rapports. Rapports. Recouverte en partie par le muscle précédent, la face externe de ce muscle affecte en arrière et latérale- II limite en ment Ics mêmes rapports que le pharynx. Ce muscle forme ma luo -^^ha" ^^ ^^^^ interne de,^'espace triangulaire déjà décrit, dont ryngien. la branche de la mâchoire inférieure, doublée par le ptéry-

goïde interne, forme le côté externe, espace maxillo-pharjngien ^ que remplissent l'artère carotide interne, la veine jugulaire interne, les nerfs Dueumo-gastrique, liypo-glosse et spinal.

Sdi face interne est en rapport avec la muqueuse pharyngienne, avec le muscle périsîaphylin interne, que le constricteur supérieur sépare de l'externe, et avec le muscle pharyngo-staphyîin.

(i) Cette même aponévrose donnant insertion au muscle buccinateur, on conroit que la contraction de ce muscle ne doit pas être toul-à-fail cîrangère à celle du pliarynx.

ORGANES DE LA UÎGESTION. PHARÏiN'X. /j .'j 3

Action. Constricteur, Action.

Remarques. Il suit de ce qui précède : i° que les constiic- iiemarques leurs du pharynx forment trois plans muscuieux supeiposés, fjs"^'^^',^,„j.(fl"'' ou mieux, imbriqués. L'imbrication ou l'emboîtement a lieu constricteurs, de telle manière, que le relief (peu considérable, il est vrai) des bords des constricteurs a lieu en dehors et non en dedans ; disposition qui a peut-être quelque rapport avec la direction dans laquelle se fait la progression du bol alimentaire (i) ; 2° que la partie la plus épaisse de la couche musculaire formée par les constricteurs répond à la portion buccale; car là se trouvent superposés le constricteur inférieur et le constricteur moyen; que la partie la plus ténue répond à la portion nasale, et se trouve formée par le constricteur supérieur ; 3" que les insertions pharyngiennes du constricteur ont lieu sur une seule ligne, sûr la ligne médiane, tandis que les insertions latérales de ces muscles , très-multipliées, sont de bas en haut: ï° le cartilage cricoïde; 2^ le cartilage thyroïde; 3° les grandes et les petites cornes de l'os hyoïde; 4" la base de la langue; ^5" la ligne myloïdienne; 6" l'aponévrose buccinato-pharyogienne ; 7° l'apophyse, pté-

rygoïde.

B. Muscles extrinsèques.

Les muscles extrinsèques du pharynx sont généralement

trmscqaes.

au nombre de deux : le stylo-pharyngien et le staphylo-pha-

ryngien. Ce dernier a déjà été décrit à l'occasion du voile du palais. Il n'est pas rare de voir plusieurs muscles surnuméraires.

Stjlo-pîîaryiigieR.

Ce muscle, arrondi supérieurement, large et mince inférieurement, s'insère, par des fibres aponévrotiques et char-

(1) Dans tous les aquedtîcs.ou tuyaux de conduite, la pièce inférieure emboîte la supérieure ; une disposition contraire favoriserait l'engorgement de ces tuyaux.

Mx

4 SPLANCH^'OLOGlE.

inseition nues, en dedans de la base de l'apophyse st^ioïde, ou plutôt

stylieniic. . i, . • t> %

a i apophyse vaginale qui la soutient. De la ce muscle se porte en dedans et en bas , s'aplatit dans le même sens, s'ëlargit pour pénétrer dans le pharynx, entre le constricteur moyen et le constricteur supérieur, et s'épanouit sous la Direciion niuqueuse. Ses libres supérieures sont ascendantes ; ses deslibrescLar- fij^^es moyennes, transversales: ses fibres inférieures, descen-

nues. 1 . . .

dantes. Celles-ci vont se terminer au bord postérieur du cartilage thyroïde (i). Ces fibres musculeuses, unies à celles du staphylo-pharyngien , constituent la quatrième couche musculeuse du pharynx.

Rapports : Rapports, Hors du pharynx^ le stylo-pharyngien répond o H d ^'^ dehors au muscle stylo-glosse, à l'artère carotide externe pîiarynx, et à la glande parotide; en dedans, à l'artère carotide et à la veine jugulaire internes. Son rapport le plus intéressant est celui qu'il affecte avec le nerf glosso-pharyngien , qui longe son côté externe. Souvent ce muscle est traversé par des branches de ce nerf.

2^. Dans Dans T épaisseur du pharynx , recouvert par le constricbai-vnx "^' moyen, il recouvre le constricteur supérieur, le sta-

phylo-pharyngien et la membrane muqueuse.

Action. Elévateur du larynx et du pharynx.

Muscles surnuméraires du pharynx.

Je noterai, parmi les muscles extrinsèques surnuméraires Musclfissnr- du pharynx, i" un faisceau indiqué par Albinus, et que j'ai

numéraires: '^, , . r • -i a^ i v i '^ ' J

rencontre plusieurs rois : li naît de 1 apophyse petree du Petio-pha- j^j^^ .^1 ^^ gg porte dans l'épaisseur du pharynx: c'est

ryugien. i > i i \. j

\(è pètro-pharyngien de quelques auteurs.

Occîpito- ^''' Un autre faisceau très-fort, né de l'apophyse basilaire pliaryn^ien. au-devant du trou occipital, se portant en bas et en dedans, et s'entrecroisant sur la ligne médiane avec celui du côté opposé: on ^ii\\l\\\Y^^ei: occipiio-pharyngien,

(i) Quelques anatouiistes disent avoir vu les fibres de ce muscle grtgncr la bat-e de la hniguc, l'cpiglolte, l'os hyoïde.

ORGANES DE h\ DIGESTION, PIIAIWNX. /,/,5

3°. Un petit muscle que j'ai vu s'insérer , par des fibres apo- Ptéiygonévrotiques très-prononcées, au sommet du crochet de l'aile P'*^^'y",e"^"

, ^ . extiinsèqiie

interne pterygoïdienne, se porter très -obliquement en dedans et en bas, pour s'épanouir dans l'épaisseur du pharynx : on peut V ap-peler ptérjgo-pka /y ngieii'eoJtrinsèque,

4". Enfin, lliolan a décrit un sphéno-pharjng'.eii naissant de Sphénol'épine du sphénoïde; Santorini e£ Winsiov^, un salplngo- pli'"y'«gîen. pharynmen^ naissant de la portion cartilagineuse de la , ^"'P^^S'trompe d'Eustachi et de la portion osseuse voisine, et venant se rendre dans le pharynx , en se confondant avec le staphylo-pharyngien.

Tels sont les muscles du pharynx. On voit que ces musdes sont tous constricteurs; tous sont en ^meme temps ele- aénéraîes sur vateurs, à cause de la direction de leurs fibres, qui sont ^'"cticn tk-s plus élevées en dedans sur la ligne médiane, qu'en dehors; pbarvnL le slyîo-pharyngien seul peut être considéré comme dilatateur. La dilatation est confiée surtout aux muscles de l'os hyoïde, à l'aide desquels le larynx est porté en haut et en avant : aussi peut-on, avec Haller, les considérer comme faisant partie des muscles extrinsèques.

Membrane muqueuse.

Le demi-canahnusculeux formé par le pharynx est tapissé Memlu^ie par une membrane muqueuse qui se continue, d'une part, maïueuse. avec la muqueuse huccale et nasale, et, d'une autre part, avec la muqueuse laryngienne et œsophagienne.

Cette membrane, de couleur rosée, présente auelaues o ,-,-

' ^ A 11 Ses rnouiîii-a-

modifications dans les divers points de sa longueur. Supé- tîons dans les

. • 11' 1 1 'I • 11 divers ooinls

rieurement, au niveau de 1 apopoyse basilaire, elle t'sB jg^^lQjj'^^,,,,^. épaisse et comme fongueuse , intimement imie au périoste, dont elle ne peut être séparée; dans cette région, elle est Portion Laextrêmement sujette aux polypes fibreux. Elle présente, à ''^''^"■^• quelques égards, les caractères de la membrane pituitaire, ^ . au voisinage de l'orifice postérieur des fosses nasales et des sale, trompes d'Eustachi. Là elle entoure le pavillon de cette

^/j5 SPÎ.MS'CHNOLOOIE.

trompeà la manière à\in bourrelet, etenvoie uriproiongemeiit Pioîouge- tj.^.g.j,ejnarquabie dans l'intérieur de cette trompe, proion»

XUcTlC ^ Cil'" X

voie la iiiu- o-ement qui va en s'amincissant graduellement, et se continue tTompe d'Eu!- avec la membrane interne de la caisse du tympan. Cette contaclii. tinuitë de la membrane pharyngienne avec la membrane de

la trompe explique les rapports intimes qui existent entre ces deux membranes, et la surdité qu entraîne l'obstruction de la troniae sui te frécuienîe des angines et des coryzas chroniques. Dans sa portion buccale, elle ressemble exactement a la ^J^'^'^'°"^''''" muqueuse qui revêt la face inrerieure du voile du palais: elle est pâle et plissée sur elle-même dans la portion qui revêt la face postérieure du larynx.

La muqueuse pharyngienne n'adhère aux plans muscudhérencrauxlaires subjaceus qu'à laide d'un tissu cellulaire assez lâche, muscles subja- ;p.yj^ais crraisseux , jamais infiltré de sérosité. Elle adhère

cens. ' \ 1 r ' ' "îi

bien moins encore a la iace postérieure du larynx.

La muqueuse pharyngienne est soulevée par un grand

Glandules ^^ombre de gland ules qui occupent principalement la partie

p aiyngiennes ^^^p^^-^^^g du pharynx, au niveau de Fouverture postérieure

des fosses nasales : nous les diviserons en agglomérées et en

Glandules , , , ^ r > ^ ^

agglomérées et isolées. Deux glaudulcs agglomérées occupent constamment isolées. jg pourtour de la trompe d'Eustachi. Elles s'ouvrent sur la

muqueuse, tantôt par des orifices isolés, tantôt par des orifices communs. On rencontre quelquefois ces glandules disposées linéairement, quelquefois même plusieurs séries de glandules parallèles. Haller croit que le muscle salpingo- pharyngien de Santorini et de Winslow n'est autre chose qu'une série de o-landules unies entre elles par du tissu fibreux. Les glandules isoles sont disséminées dans toute l'étendue du pharynx.

Durçste, la muqueuse pharyngienne est pourvue d'un épiderme mince , mais facile à démontrer par la macération et l'action des acides.

Vaisseaux et nerfs* Artères. î.e pharynx reçoit de chaque côté une arlère

principale: la pharyngieDRC inférieure, i3ranche de la caro- Artères. tide interne. La pliaiyngienne supérieure, branche de la maxillaire inîerne, quelques ramuscules provenant de l'artère palatine et de îa thyroïdienne supérieure complètent le système artériel de l'organe.

Les veines forment autour du pharynx un plexus très- Veines, considérable, /^/^j(?i£.9 ^eineucc pharyngien^ qui va s'aboucher dans les veines jugulaires internes et les thyroïdiennes supérieures.

Les vaisseaux lymphatiques peu connus vont s'ouvrir Vaîsseanx dans les ganglions qui longent la veioe jup-ulaire in- ^y^'^P^atiques. terne.

Les nerfs sont îrès-multipliés et constituent un plexus ^'^-^^• fort remarquable , plexus nerveux vharrn^ien , Gue ie regarde comme un des plus grands plexus m-veux de l'écononiie.

Ces nerfs viennent de deux sources: i° de l'axe cérébro- , ^^J ^^"'^^«^'

ue deux sour«

spinal: ce sont le nerf pharyngien^ brassclie du pneumo-gas- ces. trique, qui parais se distribuer plus spécialement dans la couche musculeuse; le hqtî glosso-pharyngien^ qui paraît plus particulièrement destiné à la muqueuse; enfin, quelques rameaux du laryngé supérieur et de l'accessoire de Wilhs. 2" Du système des ganglions. Ainsi, plusieurs grosses branches grisâtres et molles , détachées du côté interne du : ganglion cervical supérieur, viennent se rendre au pharynx. Cette grande quantité de nerfs, d'une part; les sources de ces nerfs, d'une autre part, expliquent, i^ la grande sensibilité du pharynx: c'est à lui que se rapporte le sen- Conséquentiment de la soif, qu'on a proposé d'appeler sens pharyn- ces qui résulgien ; 2*^ le rôle que joue le pharynx dans la perception des q^J'antité^et de saveurs : c'est le pharynx qui appréci.fe certaines saveurs, les la qualité des saveurs acres: 3Ma sympathie qui lie. le pharynx à îa base de gf^'^g, P^^^^* iJa langue, à l'estomac; 4° les sentioieos de consîriction , de ^strangulation, si communs dans le pharj^nx ; 5° les spasmes

ment

f^[^ SPÎ.ANCHNOLOCÎF.

qui s'en emparent dans le tétanos, la rage; G"" la boule hystérique, etc. (i).

Dévelo ne- Déi>eloppement. Rien de particulier pour ce développement , qui est encore en opposition avec la loi de formation par deux moitiés latérales, admise par quelques anato-

mistes.

Usages du pharynx. Le pharynx est un des organes principaux de la déglutition. 11 sert en outre de passage à l'air dî;ns la respiration , et de tuyau vocal pour les modulations de la voix. L'importance du pharynx sous ce dernier rapport, l'influence qu'exercent ses divers degrés de raccourcissem.ent et de constriction sur l'échelie diatonique, ne me paraissent pas avoir fixé suffisamment l'attention des physio-

Usages,

iooistes.

FHAGE.

Dcfinitîon.

Slluatîon.

Da-ectioii.

Uœsophage, de «;«, je porte; ^âyo^, je mange : portemanser^ est un conduit musculo-membraneux, organe de déglutition , destiné à porter les alimeos du pharynx dans

l'estomac.

11 occupe la partie inférieure de la région cervicale , toute la région thoracique, et traverse le diaphragme, pour s'ouvrir dans l'estomac.

Direction. Situé sur la ligne médiane , appuyé contre la colonne vertébrale, rectiugne, car l'œsophage n'est qu'un Heu de passage, il subit quelques légères inflexions: médian à son origine, il s'incUne un peu à gauche, au col; un peu à droite, dans la partie supérieure du thorax, pour se replacer sur la ligne médiane, et s'incliner à gauche, à la partie inférieure de cette cavité , où il traverse le diaphragme.

La direction rectili£;ne de l'œsophage permet Tintroduc-

(i) Nous ne saurions expliquer pourquoi le vh'us véncnen affecte une si facîiear.o pivdiiec'.ion pour la muqueuse du pharvn\.

tion de sondes droites jusque dans l'estomac. L'inflexion qu'il subit en pénétrant dans le thorax explique pourquoi les sondes œsophagiennes s'arrêtent quelquefois au niveau de la première côte.

Dimensions- La longueur de l'œsophage est mesurée par Longoear. l'intervalle qui sépare le pharynx de l'estomac, c'est-à-dire par l'intervalle qui sépare la cinquième vertèbre cervicale de la dixième dorsale.

Sous le rapport de son calibre ou de ses diamètres, l'œso-

, 1-11 / ' • 1 1 v • Diamètres.

pnage est la partie la plus retrecie du canal anmentaire, et en rapport avec le pylore et la valvule iléo-cœcale. Ce calibre

, .f, , 1-1 ' 1 T ^^^ calibre

n est pas unitorme dans tous les pomts de son étendue. JLa n'est pas uniportion la plus étroite est certainement la portion cervicale, forme. Aussi , est-ce presque toujours au cou que s'arrêtent les corps étrangers trop volumineux pour traverser les voies alimentaires.

La portion la plus large de l'œsophage est sans contredit son extrémité inférieure.

Du reste, l'œsophage est susceptible d'une certaine dilatation , ainsi que l'attestent les corps étrangers volumineux qui se sont quelquefois engagés assez loin dans ce conduit (i), et qui sont même arrivés jusque dans l'estomac.

Toutefois son extensibilité est très-limitée, ainsi que l'ai- Soncxtensitestent et la douleur causée par le passage d'un bol alimentaire trop volumineux , et l'arrêt des corps étrangers dans l'œsophage. Cependant, dans quelques cas de compression extérieure ou de rétrécissement considérable dans un point de l'œsophage , ce conduit se dilate beaucoup au dessus de l'obstacle, et forme une espèce d'ampoule ou de dilatation analogue au jabot des gallinacés. Dans un cas, j'ai trouvé à l'œsophage une espèce de poche ou diverticule assez considérable formé par la muqueuse, faisant hernie à travers les

(1) Mém, d'Hévin , Acad. roy. de Chirurgie.

45o SPLANCHNOLOGIE.

fibres musculeuses écartées, et représentant au premier abord le jabot des gallinacés. On cite un exemple d'accidens très-graves de suffocation occasionés par la présence des matières alimentaires dans une cavité de cette espèce.

Figure. Figure, L'œsophage est cyllndroïde, et diffère du reste

du canal alimentaire , en ce qu'il est vide d'air et contracté sur lui-même. Un p|^ aplati et comme affaissé à sa partie supérieure, il présente toujours inférieurement l'aspect de cylindre plein, de cordon dur, résistant, qu'il offre dans toute son étendue chez certains animaux , le cheval par exemple.

Comme à tous les organes creux , nous distinguerons à l'œsophage une surface extérieure et une surface intérieure.

Saiface ex- Surface extérieure. Dans le trajet fort étendu qu'il parteneure. court, l'œsophage a des rapports nombreux, et qui sont pres-

que tous d'une grande importance. Nous les étudierons au cou , au thorax , à l'abdomen.

Portion cer- A. Dans saportioji cervicale^ l'œsophage répond ;

i*^. En avant ^ à la portion membraneuse de la trachée, apports: ^^.-j jgi3Qy(]g yj^^ pg^ ^ gauchc. Le tissu cellulaire qui l'unit

i". En avant; v i .. t ^ ^ i. i ' v • i '

a ce canal est d autant plus dense qu on 1 examine plus supérieurement.

Dans toute la portion qui déborde la trachée , il répond au muscle sterno-thyroïdien gauche, au corps thyroïde, au nerf récurrent gauche, aux vaisseaux thyroïdiens inférieurs, qui le coupent perpendiculairement.

ces de*cet*rap- ^® rapport de l'œsophagc avec la trachée explique comports. ment un corps étranger engagé dans l'œsophage peut, en

comprimant la trachée, gêner et même intercepter la respiration.

La déviation de l'œsophage à gauche explique pourquoi c'est de ce côté qu'il convient de pratiquer l'opération de l'œsophagotomie.

a'.EnaiTiere. ^o^ p^^ njriere ^ il répond à la colonne vertébrale, ù lu-

OUGANKS DE fcA DlCrSÏTOTC. Oî S-îirîf *,C£. /î5l

quelle il est uni par un tissu cellulaire hlclie, et sur laquelle il peut exécuter les mouvemens ne'cessaires à Taccomplissement de ses fonctions.

3". iSur les côtés ^ il ro'poncî au corps thyroïde, aux artères sur le» cùté'i. carotides primitives, aiix veines jugulaires internes; mais ces rapports sont un peu modifie'» à droite et à gauche par la déviation de Tœsophage. Ainsi les rapports de l'œsophage avec l'artère carotide primitive gauche sont plus immédiats que ceux avec la carotide primitive droite. Le nerf récurrent gauche se trouve en avant de lœsophage, et le droit un peu en arrière,

Poitionllio-

B, Dans sa portion thoracique , placé dans l'épaisseur du racique. médiastin postérieur, il répond :

* ' * Rapport» :

l'^.^/i af'^w^et de haut enbas, à la trachée, puis à sa bi- i^.Euayaut; furcation et un peu à la bronche gauche j qui le coupe obliquement, et à laquelle il peut transmettre la compression qui résulte de la présence d'un corps étranger, ainsi qu'Habicot en a rapporté un exemple : il répond enfin à l'origine de la crosse aortique, à la base et à la face postérieure du cœur, dont il est séparé par le péricarde.

a®. En arrière , il répond à la colonne vertébrale, sur la- *** ^-"*'»''^"» quelle il n'est pas aussi immédiatement appliqué qu'au cou , dont il ne suit nullement la courbure dorsale, et dont il est séparé par un espace rempli de tissu cellulaire, par des ganglions lymphatiques, par la veine azygos, parle canal thoracique, lequel , placé en bas, à droite de ce conduit, lui devient postérieur à la partie supérieure du thorax, pour se porter ensuite à sa gauche.

En bas, au moment où il est dévié à gauche, pour gagîier l'orifice du diaphragme , l'œsophage répond en arrière à l'artère aorte.

3°. Sur les côtés ^ il soulève la lame correspondante du „, ,, , médiastin , et répond médiatement au poumon; il proémino côtés, beaucoup plus à droite qu'à gauclic,

45a SPLANCHNOLOGIE.

A ganche. ji gauche , il répond en outre , dans toute sa longueur , à l'aorte thoracique , qui est situe'e sur un plan un peu postérieur. En haut, il affecte des rapports immédiats avec la crosse de l'aorte, au moment où elle se porte d'avant en arrière et de droite à gauche , pour gagner le côté gauche de la colonne vertébrale. C'est surtout dans ce point qu'on voit les anévrismes de l'aorte s'ouvrir dans l'œsophage.

Dans toute cette région , l'œsophage est enveloppé par un tissu cellulaire séreux, extrêmement lâche et très-abondant: il est environné par un grand nombre de ganglions lymphatiques qu'on a appelés improprement glandes œsophagiennes. Ces ganglions , engorgés , compriment quelquefois l'œsophage au point de rendre la déglutition impossible. « Enfin , l'œsophage est iongé de chaque côté par les deux

avec les nerfs ucrfs pneumo-gastriques, lesquels se placent inférieurement, triaur^"^^^' 1^ gauche en avant, le droit en arrière de ce conduit, et communiquent entre eux dans toute leur longueur par des anses ou arcades qui expliquent peut-être la douleur que Portion ab- cause la distension de l'œsophage pendant la déglutition d'un dominale. corps trop volumincux.

C. Dans sa portion abdominale (si toutefois on doit admettre une portion abdominale ), l'œsophage est en rapport avec l'ouverture œsophagienne du diaphragme, au-dessous de laquelle ce conduit est enveloppé par le péritoine dans toute sa circonférence. A droite et en avant, il est embrassé par l'extrémité gauche *du foie; en arrière, par le lobe de Sarface in- Spigel. Chez quelques sujets, la portion abdominale de ^^^^* l'œsophage avait un pouce d'étendue,- mais cette disposition

m'a paru supposer un abaissement de l'estomac.

Surface interne. Remarquable i° par sa couleur blanche , qui contraste avec la couleur rosée de l'estomac et celle de la partie supérieure du pharynx, 2** par le froncement de ses parois, dont les divers points se touchent, 3<* parles pHs longitudinaux qui sont en rapport avec le besoin d'une diîa-

ORGANES DE lA DIGESTION. OESOPHAGE. 453

tatîon instantanée, l'œsophage n étant qu'un lieu de passage.

Structure. -

Structure.

L'œsophage est essentiellement constitué par deux membranes cylindriques, dont l'une interne, muqueuse, est contenue dans l'autre, externe, qui est musculeuse.

I^ Membrane musculeuse^ remarquable par son épaisseur qui surpasse de beaucoup la tunique musculeuse des autres mus^Sr"'' parties du canal alimentaire. Il fallait en effet que le bol alimentaire fût rapidement et énergiquemenî porté du pharynx Son épaisdans î'estomaCi «eur.

Elle est susceptible d'hypertrophie, comme on l'observe chez les individus qui ont «n rétrécissement de la partie inférieure de l'œsophage. Je l'ai vue présenter, dans ces cas, cinq à six lignes d'épaisseur. Chez les herbivores, dont l'œsophage travaille en quelque sorte incessamment, et chez lesquels le ' bol ahmentaire remonte contre son propre poids, dans l'acte de la déglutition, chez le cheval, chez les ruminans, la tunique musculeuse est encore bien plus développée que chez l'homme.,

Sa couleur, rouge immédiatement au-dessous du pharynx. Couleur de est rosée dans tout le reste de sa lons^ueur, mais moins pâle ^^ niembrane

Il «1 1 T . musculeuse.

que dans la partie du canal alimentaire qui lui fait suite. Cette couleur est d'un rouge vif chez les herbivores.

La membrane musculeuse présente deux plans de fibres Ses deux bien distinctes : l'un , extérieur , est formé de fibres longitu- P^"*"' *^* ^^"^^ dmales régulièrement disposées tout autour de l'œsophage; ^''^^^^^ ïo»»- ! l'autre, intérieur, formé de fibres circulaires où l'on cherche ^^*'''*^""^''vainement la [disposition en spirale admise par quelques j^^^'*''^^"* anatomistes chez les animaux et chez l'homme. Les fibres longitudinales semblent naître, au moins en partie, de la face postérieure du cartilage ciicoïde, sur la ligne médiane, entre les deux muscles crico-arythénoïdiens postérieurs. Elles s« continuent bien manifestement avec les fibres

454 SPL4NCHN0L0G1E. ' *

Premier .in- musculaircs longitudinales de î'estomac. Le premier anneau

ncau mnscu- i • i v i i i a i -i •

laire de l'œso- "^"sculaire (Ic I œsophage semble naître du cartilage enphage. coïde j on Ta désigné sous le nom de muscle crico-œso-

phogien. On cherche vainement le sphincter , admis par

quelques anatomistes, autour de l'extrémité inférieure de

l'œsophage, Membrane ^^- Membrane muqueuse» D'après la remarque de Bichat, muqueust. ]jj muqueuse œsophagienne est peut-ctre après la buccale ,

la portion la plus épaisse de la muqueuse alimentaire. Par

Son épais- une exception remarquable que nous rencontrerons encore au senr. .

rectum, sa surface externe est unie à la membrane subjacentô

par un lissu cellulaire fort lâche; en sorte qu'on peut retirer

Lasîté de son i i • • • i i > « i *

adhércnceavec ^^ cylmdre muqucux tout entier de 1 espèce de gaine muscula membrane leuse dans laquelle il est contenu. On dit même avoir vu la

mtuculense. . , . . .

membrane musculeuse pousser dans sa contraction la muqueuse en bas, et l'exprimer en quelque sorte à la manière d'un bourrelet à travers l'orifice supérieur de 1 estomac , à peu près comme la muqueuse du rectum dans la maladie

Pourquoi des connue sous le nom de chute du rectum, hesplis longitudiplis longitndi- naux de la muqueuse ne sont pas dus à la contraction ou à l'élasticité des fibres circulaires de la tunique musculeuse, mais ils tiennent à l'organisation. Dans la première hypothèse, pourquoi la muqueuse ne présenterait-elle pas de plis transversaux en rapport avec les fibres musculaires longitudinales? la fixité des extrémités de l'œsophage, la tension de ce conduit membraneux ne sont pas telles que le raccourcissement ne dût s'effectuer sous l'influence de ces fibres longitudinales.

Il y a dans l'œsophage , indépendamment des plis longi - Rides oeso- ^^^'"^^•'^ï ^^^ rides aualogucs à celles de la peau, et par

phagiennes. conséquent irrégulières , qui me paraissent dues à l'élasticité des fibres musculaires, i^.pidermc La muqueuse œsophagienne est pourvue d'un cpiderme

cesophagien. ^p^is, facile à démontrer par la macération , l'action des acides et même sans préparation , et qui se termine à l'orifice

Aspect réti

ORGANES DE LA DIGESTION. OFSOPHAGE. /|j5

cardiaque de i'estomac par un bord très-inéguîièremeut frangé ou festonné.

En examinant à l'aide d'une forte loupe la surface libre de la muqueuse, on voit qu'elle présente de petites saillies linéaires verticalement dirigées, unies entre elles par d'au- culé ^ de la très saillies obliques, ce qui donne à la surface interne de "'^^^"^« *^^^«* l'œsophage un aspect réticulé. Ces saillies sont formées par les papilles ou villosités dont Bleuland a parfaitement figuré les vaisseaux artériels et veineux.

La muqueuse est soulevée çà et là par de petites glandu- cianduiea les oblongues, déprimées , disséminées le long de l'œsopha- œsophagienge. Ces petites glandules, décrites par Sténon, doivent être bien distinguées des ganglions lymphatiques œsophagiens ; ganglions extérieurs à l'œsophage qui chez certains animaux sont fréquemment remplis de petits entozoaires, et qu'on avait supposés s'ouvrir dans l'œsophage, pour y verser en même temps qu'un liquide des animalcules qui auraient été, d'après quelques physiologistes, l'agent principal delà digestion : mais la communication de ces ganglions avec la cavité œsophagienne est tout-à-fait accidentelle. Les glandules œsophagiennes sont très«multipliées.

La membrane fibreuse que nous verrons constituer la char- Membrane pente du canal ahmentaire, n'est ici qu'à l'état de vestige; ^^^"^''* elle adhère à la membrane musculeuse, et par conséquent elle est lâchement unie à la membrane muqueuse.

Point de feuillet séreux à l'extérieur : une membrane se- p^.^^ ^j^ reuse ne se serait pas prêtée à la dilatation instantanée de membrane st» l'œsophage. On peut considérer comme un rudiment de séreuse les deux lames du médiastin que nous avons dites répondre aux côtés de cet organe.

3°. Vaisseaux et nerfs. Les artères œsophagiennes sont nombreuses et viennent de plusieurs sources. On peut les distinguer en cervicales , qui viennent de l'artère thyroïdienne inférieure; en thoraciques^ qui viennent, i° directement de l'aorte; a* désaltères bronchiques; 3^ des intor-

reuse.

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