DES INTESTINS EN GÉNÉRAL
Le mot intestin , pris dans sa plus grande généralité a une ,^ . . acception aussi étendue que celui de canal alimentaire : dans un sens plus limité , il comprend ce long canal replié un grand nombre de fois sur lui-même, étendu du pylore à l'anus, et qui remplit la presque totalité de rai)domen. 2. 3i
^Sa SPLANCHNOLOGIE.
^. . . Les intestins ont été divisés à raison de leur calibre , en
Division ^ ,. . . 1- i 1 ^ 1
des intestins gréles et en gros, et celte distinction, applicable au plus grand en grêles et en jjQj^bre dcs animaux , est établie anatomiquement chez l'homme : i*^ par la différence de volume; a" parla disposition bosselée des gros intestins ; 3* par la différence de direction; 4^ parla présence d'une valvule; 5^ par l'existence d'un cœcum; 6° par celle d'une appendice vermiculaire, 7** par une différence de texture qui porte principalement sur la tunique niusculeuse et sur la tunique muqueuse. La physiologie établit cette distinction sur des bases non moins positives , car l'intestin grêle est essentiellement l'organe de la chylification et de l'absorption du chyle, le gros intestin l'organe de la défécation (i).
Ces différences ressortiront de la description que nous allons donner de ces deux portions importantes du canal alimentaire.
DE î.'ïNTKSTIK GRELE.
L intestin grêle comprend toute cette portion de l'intestin
Le daodé- . . ,» , • • o i
num fait partie ^^1 ^st Comprise entre 1 estomac et le gros intestin, belon de^ l'intestin Hallcr, Bicliat et ceux qui les ont suivis, la partie supérieure de cet intestin siji^elée duodénum ^ devrait en être distraite, en sorte que, d'après eux , l'intestin grêle ne commencerait qu'à la fin du duodénum. La première acception me paraît devoir être maintenue, vu i° l'absence d'une démarcation réelle entre le duodénum et le reste de l'intestin grêle ^ 2^° la communauté de structure et d'usages.
(i) lia distinction de l'intestin en grêle et en gros est applicable à tous les animaux vertébrés. Mais aucun animal, à l'exception des orangs et du phascolonie,ne présente à la fois un cœcum et une appendice. Chez quelques animaux, on trouve un ou plusieurs cœcums; chez d'autres, une ou plusieurs appendices vermiculaires ; ailleurs , il y a absence de cœcum et d'appendice ; mais un repli \alvulaire et un changement notable dans le diamètre établissent la limite. Chez quelques-uns enfin, toute la différence consiste dans un changement dans îe diamètre.
OE6ANES DE LA DIGESTION. DE L'iNTESTIN GRÊLE. 483
On divise l'intestin grêle en trois portions : le duodénum , ■^. . , ,
«' A ^ j Division de
le jéjunum et Vileon, La distinction établie entre le duodé- l'intestin grêle num et le reste de l'intestin s^rêle est légitime: mais celle aui *." ^^^^^ ^°'^* sépare le jéjunum de l'iléon est tout-à-fait arbitraire : aussi, à l'exemple de Haller , Sœmmering et autres^ décrirons - nous simultanément le jéjunum et l'iléon sous le titre d'intestin grêle proprement dit.
Duodénum.
Préparation, En ouvrant Tabdomen , on ne voit que la première portion de cet intestin. La seconde est masquée par le colon ascen^ dant. La troisième se voit dans l'arrière cavité épiploïque. On met à découvert la deuxième en renversant le coîon. La troisième , qui est la plus difficile à démontrer, peut être mise à découvert de deux manières , ou en incisant le feuillet inférieur du mésocolon transverse, ou en renversant l'estomac en haut, après avoir divisé Ie§ lames du grand épiploon qui s'insèrent à sa grande courbure.
Le duodénum {^^ûèix.aêci,>tlvXcy)^ nom donné par Hérophyle(i), à la première portion de l'intestin grêle , à raison de sa longueur qu'il a estimée à douze travers de doigt, Les limites commence au pylore et finit sans ligne de démarcation pré- ^^ daodenum
n 1 1 1 .r , . sont arbitrai-
cise, à gauche de la deuxième vertèbre lombaire au mo- res. ment où il entre dans l'épaisseur du mésentère, ou mieux encore au niveau de l'artère et de la veine mésentériques supérieures qui passent au-devant de lui. Sa fixité, sa structure et ses courbures motivent sa description isolée (2).
Sa situation précise par rapport aux parois abdominales , . est difficile à déterminer. Il n'appartient exclusivement à aucune région de l'abdomen, mais il occupe successivement les limites : i° de l'hypocondre droit et de l'épigastre; 2** du flanc droit et de la région ombilicale ; 3® de l'épigastre et de la région ombilicale.
(1) Galen., Administr. anat.^ lib. VI, c^ g.
(2) Glisson avait établi pour limite inférieure du duodénum , Tin* scrtion du canal cholédoque.
4^4 SPLANCHNOLOGIE.
Sa situation est d'autant pius profonde qu'on s'éloigne
davantage du pylore : d'où la difficulté de l'exploration du
duodénum à travers les parois abdominales.
Il est fixé solidement dans la place qu'il occupe par le Moyens de , . . , . -, ' ^ ' •
fixité, peritome, par les vaisseaux et plexus nerveux mesenteriques
qui le brident et par le pancréas.
Cette fixité, qui forme un de ses caractères principaux, était indispensable , vu les rapports du duodénum avec le canal cholédoque : on conçoit en effet que des obstacles au cours de la bile auraient eu lieu incessamment, si le duodénum eût partagé la mobilité du reste de l'intestin grêle. Il suit de là que le duodénum ne peut jamais entrer dans Il n'est point la formation des hernies. S'il se déplace quelquefois, c'est exposé aux dé- jans sa première portion, dont la fixité est moins grande
placemens. ni ^it ^«^^a'
que celle du reste de l organe , et qui est entraînée par la portion pylorique de l'estomac, dans le cas de déplacement de ces deux viscères.
Dimensions. Sa longueur est de huit à neuf pouces : son
Diruensious. . , . ,. •
calibre, un peu plus considér^d^le que celui de l'intestin grêle qui lui fait suite , a été exagéré, lorsqu'on a donné à cet organe le nom de secojicl estomac ^ uentriculus succenturiatus. J'ai même rencontré des sujets chez lesquels le duodénum, médiocrement distendu, avait cinq pouces de circonférence, tandis que l'intestin grêle, qui lui faisait suite, avait six pouces. On suppose que cet intestin est plus dilatable que le reste de l'intestin grêlej ce qui s'explique, dit-on , par l'absence du péritoine. Le fait et l'explication sont également sans fondement. C'est la membrane aponévrotique, et non la tunique péritonéale qui s'oppose à la dilatation des intestins.
Direction, Elle est fort remarquable. A partir du pylore, Direcuon. j^ Juodénum se porte en haut , à droite et en arrière ; parvenu au col de la vésicule biliaire, il change brusquement de direction , pour devenir vertical et former avec la pre- Premîère mière portion un angle aigu {^première courbure^ puis, après oonrbnre. ^^ trajet plus OU moins long dans le sens vertical, il se porte
ORGANES DE LA DIGESTION. DE l'iNTESTIN GRELE. ^85
transversalement de droite à gauche, pour se continuer
avec l'intestin grêle. Le lieu de ce changement de direction,
qui se fait à angle droit , et par conséquent d'une manière
-I 1 • ^ 1 1 T Deuxième
moms brusque que la première, porte- le nom de ^eco/iâ^e courbure. courbure.
Il suit de là que le duodénum décrit une double courbure, ou mieux une courbe dont la concavité est à gauche et la convexité à droite. Haller compare ingénieusement le duodénum à deux parallèles coupées par une sécante perpendiculaire.
Ce double changement de direction du duodénum , qui a ^^* *'*^^'"'
1 ! • 1 1 ^ portions du
probablement pour usage de ralentir le cours des matières duodénum, alimentaires, a permis de lui considérer trois portions y distinguées par les noms numériques de première ^ deuxième et troisième.
Rapports. Ils doivent être étudiés dans chacune des trois portions.
r» 77 •' • n j ip-i Rapports de
ixapportsde ta première portion, hn naut^ avec le loie et la la première vésicule du fiel , au col de laquelle cette portion est unie par po'^tion. un repli du péritoine. Il n'est pas rare de voir la vésicule du fiel et le duodénum, unis par des adhérences intimes, et de voir des calculs biliaires s'ouvrir un passage à travers ces adhérences, dans le duodénum.
En avant ^ il est en rapport avec l'épiploon gastro-colique et les parois abdominales.
En arrière , avec les vaisseaux hépatiques et l'épiploon gastro*hépatique.
La première portion du duodénum , qui pourrait être appelée sa portion hépatique , a deux pouces environ de longueur.
Rapports de la seconde portion. En avant ^ avec l'extrémité droite de l'arc du colon , qui la coupe perpendiculaire-^ ment.
En airière , avec le bord concave du rein droit, le long Rapports de duquel il descend plus ou moins, avec la veine-cave abdo- ^^ deuxiem*
. A ' ^ portion.
minale et le canal cholédoque. Quelquefois la deuxième por-
486 SPLAIN^CHÎÎOLOGIE.
tion n'affecte pas de rapports avec le rein^ mais bien avec la colonne vertébrale.
C'est à la partie postérieure et interne àe la deuxième Dortion , au dessous de sa partie moyenne, que les canaux cholédoque et pancréatique traversent les parois de Tintestin. Les rapports du duodénum en arrière sont immédiats; c'est-à-dire sans l'intermédiaire du péritoine.
A droite, la deuxième portion répond au colon ascendant ; à gauche au pancréas , qui lui est intimement uni , et qui l'embrasse dans une sorte de demi-gouttière.
Cette deuxième portion a de deux à trois pouces de longueur. On pourrait l'appeler portion rénale du duodénum.
Rapports de la troisième portion. La troisième portion
est située dans l'épaisseur du bord adhérent du méso- Rapports de la troisième colon transvcrsc.
portion. j^j^ })^g ^ g]|g appuie sur le bord inférieur de ce repli ;
En haut, elle est longée par le pancréas qui lui adhère;
En avant , elle répond à l'estomac, dont la sépare le feuillet péritonéal qui tapisse l'arrière-cavité des épiploons;
En arrière^ elle répond à la colonne vertébrale, dont la séparent l'aorte , la veine-cave et les piliers du diaphragme (i),
La surface interne et la structure du duodénum ayant beaucoup d'analogie avec la surface interne et la structure du jéjunum et de l'iléon, je renvoie leur description après celle de la conformation extérieure du reste de l'intestin grêle.
De l'intestin grêle proprement dit, ou du jéjunum et de Filcon
des anciens.
V intestin grêle proprement dit ou le jéjunum et V iléon ^ est cette partie du canal alimentaire qui remplit la presque totalité de l'abdomen, occupe les régions ombilicale, hypo-
(i) Chez ur sujet , j'ai trouvé une quatrième portion qui se portait de bas en haut, et avait un pouce de longueur : en sorte que le duodénum décrivait une troisième courbure, à concavité dirigée à droite.
Limites.
ORGANES DE LA DIGESTION. DE l'iNTESTIN GRÊLE. ^87
gastrique, iliaques, lombaires, et que circonscrit plus ou Définition, moins complètement, comme dans une limite circulaire, le gros intestin.
Par son extrémité supérieure, il se continue sans ligne de démarcation avec le duodénum. L'angle que forme le mésentère avec le mésocolon, ou mieux encore le point où les vaisseaux mésentériques supérieurs coupent l'intestin grêle, établit cette ligné de démarcation.
Par son extrémité inférieure , il s'ouvre perpendiculairement dans le gros intestin.
La distinction surannée de l'intestin grêle proprement dit ^w jéjunum et en iléon doit être reléguée parm.i les subtilités anatomiques, car elle ne repose que sur des fondemens fu- ^^j^ ^^ .^. J tiles; et, s'il est vrai de dire que la partie supérieure diffère num et de l'ià beaucoup d'égards de la partie inférieure de cet intestin , les ^^^ différences qu'elles présentent ont lieu graduellement et comme par nuances insensibles (r). Aussi Winslow, en désespoir de cause, avait-il établi une limite de pure convention, en proposant d'appeler jéjunum le deux cinquièmes supérieurs, et iléon les trois cinquièmes inférieurs de l'intestin grêle.
Aucune partie du canal alimentaire ne présente une aussi grande mobilité que l'intestin grêle proprement dit. Fixé d'une manière très-lâche , et comme suspendu à la colonne vertébrale par un grand repli du péritoine, qu'on appelle m{?Wiièr^ , repli qui, étant plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités , donne une inégale mobilité aux diverses parties qu'il soutient , l'intestin grêle se déplace avec la plus grande facilité.
Ainsi la limite circulaire que décrit autour de lui le gros Mobilité exintestin n'est exacte que supérieurement, où le mésocolon et *^'^™® '^®/*^'
^ A ' testm grêle.
l'arc du colon isolent l'intestin grêle de l'estomac, du foie ,
(i) La partie supérieure de l'intestin est appelée jéjunum , parce qu'on la trouve habituellement vide; la seconde, iléon, soit parce qu'on a supposé qu'elle occupait principalement les régions iliaques, soit à cause de sa disposition entortillée, qui lui est d'aiU leurs commune avec le jéjunum (g<Agiy, tourner, entortiller).
Conséquences de cette mobilité.
Direction.
Les rircon»
Tolotions,
de la rate et du duodénum. Mais en bas, entre le cœcum et Ys iliaque du colon , l'intestin grêle plonge dans le bassin, s'étale de chaque côté, et se porte au-devant des colons lombaires droit et gauche.
Cette excessive mobilité est un des traits les plus caractéristiques et les plus importans de l'intestin grêJe, qui flotte en quelque sorte dans la cavité abdominale , obéissant au moindre choc, au moindre ébranlement ; de tous les viscères, c'est celui qui entre le plus souvent dans la formation des hernies : il est susceptible d'invagination, c'est-à-dire que la partie supérieure de cet intestin peut être reçue comme dans une gaine dans la partie placée immédiatement au-dessous. Lorsqu'un des organes contenus dans l'abdomen augmente de volume, l'intestin grêle lui cède sa place, et se porte dans le sens qui lui offre le moins de résistance ;il semble partager la mobilité des liquides ; il se ramasse , il s'éparpille , se moule sur les parties environnantes, remplit tous les vides, de manière à éluder les causes de compression; et c'est par cet admirable mécanisme que l'abdomen peut se prêter sans inconvénient à un développement quelquefois si prodigieux , normal ou morbide , des organes situés dans sa cavité.
Direction. Nous avons vu que la partie supérieure ou susdiaphraomatique du canal digestif était rectiiigne. L'estomac nous a présenté une légère incurvation. Le duodénum deux courbures très-prononcées. Le reste de l'intestin grêle va nous offrir une disposition non moins flexueuse que le duodénum.
La direction de cet i ntestin est la suivante : à partir du duodénum, se porte d'arrière en avant et de droite à gauche, se replie ensuite un grand nombre de fois sur luimême , et parvenu à sa partie inférieure , il se porte transversalement de gauche à droite et un peu de bas en haut, pour s'ouvrir perpendiculairement dans les gros intestins.
Les replis ou contours nombreux (gyri) que l'intestin grêle décrit sur lui-même, ont été désignés sous le nom de circo/wolutions {circunwohere) ; ils se moulent les uns sur les autres ,
ORGANES DE LA DIGESTIOK. 1>E I.'jr>Ti'STlN GRELE. /|8()
sans seniêlerj sans s'entortiller, deinamère à former une seule masse dont l'aspect ressemble tellement à la surface du cerveau qu*on a donné le nom de circonvolutions aux éminences sinueuses que présente la surface de ce dernier organe.
Chaque circonvolution représente un cercle à peu près complet. Dans l'espèce de confusion où se présentent les nombreuses sinuosités que décrit l'intestin grêle , il paraît bien difficile de lui assigner une direction générale : cependant si l'on considère que l'intestin prêle commence à gfauche de la , , ^^^""^^^t^^^
-i ^ ^ ^ ^ ° ^ générale de
seconde vertèbre lombaire et finit à droite dans la fosse ilia- l'ensemble des que/on verra que la direction générale de l'intestin est tracée ^."'^o^^^^'*par celle du repli membraneux qui la soutient , c'est-à-dire exprimée par une ligne oblique de haut en bas et de gauche à droite. Si maintenant l'on veut examiner la direction particulière des circonvolutions, on verra que toutes offrent la Chaque cir-
" . / A / convolution
concavité du côté du mésentère et la convexité du côté des représente une parois abdominales, et que chacune d'elles représente une ^°^*^?^^ ^^'^''^ moitié de huit de chiffre.
Cette disposition en demi-huit de chiffre, qui permet à l'intestin de se replier, sans aller ni en avançant ni en reculant, explique'comment un si grand nombre de replis intestinaux ont pu se placer entre deux points aussi peu distans que la partie latérale gauche de la seconde vertèbre lombaire et la fosse iliaque droite, points que sépare tout au plus un intervalle de quatre pouces.
Dimensions, La longueur de l'intestin grêle proprement dit a paru de tout temps curieuse à déterminer : Meckel dit que cette longueur varie de treize à vingt-sept pieds, y compris le duodénum. D'après mes observations, elle varierait de dix à vingt-cinq pieds chez l'adulte (i). Le rapport de lin '
(i) La longueur moyenne de l'intestin grêle, y compris le duodénum, est de 20 pieds. J'ai fait mesurer dernièrement plusieurs intestins grêles. Chez une femme affectée de péritonite chronique, Tintestin grêle n'avait que sept pieds de longs; chez une autre, quatorze pieds; une troisième, dix-huit pieds; une quatrième, vingt, luie cinquième , vingt-deux.
^pO SPLANCHNOLOGÎE.
Dimensions testiïi grêîe au gros intestin , sous ceîai de la longueur, en ongueur. ^^^ ^^ o-énéral, comme cinq est à un. La diversité dans les lougu^uir ^ résultats s'explique en partie par des différences individuelles, en partie par la manière dont on procède à la mensuration. Ainsi, suivant au'on isole plus ou moins complètement l'intestin des reolis membraneux c[ui le soutiennent, on obtient des résultats divers. Une cause moins bien appréciée de différence dans la longueur de l'intestin, c'est l'influence qu'exerce sur la longueur le calibre du conduit. Le calibre et la lon^rueur sont constamment en raison inverse l'un de la longueur poutre. Pour s'en convaincre , on n'a qu'à insuffler forte-
et le calibre ,,. 'iii ,,.,,
sont en raison ment l'intestin après 1 avoir préalablement mesure, J ai ete inverse lune gQ^y^jj^ frappé de la brièveté de l'intestin çrêle dans le cas
de l'autre. ^^ , .^ ^ i iw
de hernie avec rétention des matières au-dessus de l étranglement.
On a cherché à établir un rapport entre Tintestin et la sta-
Rapports ture de l'individu, et on a dit que la longueur de l'intestin
entre la stature ^^y^jy^i^it à guatre à cinq fois la hauteur du corps : mais les
et la longueur t. tl a *
de l'intestin différences de stature n'ont aucun rapport constant avec la
^^^** longueur du canal alimentaire.
Au reste, les différences individuelles de longueur dans
l'intestin sjrêle ne paraissent influer nullement sur l'activité
des phénomènes digestifs.
Calibre. Le calibre de l'intestin grêle proprement dit n'est
Calibre. pas le même dans toute sa longueur. Il est plus considérable
au commencement qu'à la fin de cet intestin : médiocrement
distendu par l'insufflation , il m'a donné une circonférence
de six pouces quatre lignes à son origine; de quatre pouces
deux lignes à sa partie mo-^^enne: et de trois pouces et demi Difterences " ^ i i i • •
de calibre. un peu au>dessus de son embouchure dans le gros intestin. Il se dilatait pour atteindre quatre pouces et demi à cette embouchure elle-même. Nous trouvons donc dans l'intestin grêle une disposition infundibuiiforme qui doit favoriser la rapidité du cours des matières, en les faisant passer d'un espace plus large dans un espace plus étroit.
ORGANES DE LA DIGESTION. DE l'ïNTESTIN GRÊLE. 49I
Du reste, îe calibre de l'intestin grêle présente beaucoup de variéîe's. Dans le cas d'obstacle au cours des matières, il peut atteindre le calibre du gros intestin. Dans certains cas de marasme, quand il est privé de gaz, il se resserre à tel point que son calibre s'efface complètement.
Figure et rapports. L'intestin grêle a la forme d'un cy- Rapports: lindre; sa coupe est à peu près circulaire: on lui considère 1° un bord postérieur concave, auquel s'attache le mésentère, térieur- ^ Ce bord est légèrement plissé sur lui-même, comme il arri-^ verait pour tout cylindre droit auquel on aurait voulu imprimer une forte courbure.
!i°. Un bord aniériear convexe, libre, qui répond aux Du bord anparois abdominales, dont il est séparé par le grand épiploon, *^^^®°'^lequel semble destiné à contenir la masse des circonvolutions intestinales.
Dansle cas d'absence de l'épiploon, comme chez le fœtus, ou dans les cas de déviation , de disposition en corde de cette toile membraneuse, les rapports de l'intestin grêle avec les parois abdominales sont immédiats.
3°. Par leurs y«c5.y latérales ^ les circonvolutions de lin- Rapports
.•Al /i Ti n ^ des circorivo-
testin grêle se repondent entre elles ; et comme elles sont i^jq^s e^tj-e convexes, il en résulte qu'elles interceptent en avant et en elles. arrière des espaces triangulaires dans lesquels s'amassent, tantôt le sang épanché dans l'abdomen, tantôt la sérosité, le pus et les pseudo-membranes.
L'intestin s^rêie répond à toutes les régions de l'abdomen , Rappoitsde
. , , , . > •! l'intestin grêle
à 1 exception de la zone supérieure : encore n est-il pas rare a^ec les parois de voir cet intestin se dégager de dessous l'épiploon pour abdominales, venir se placer entre le foie et les parois abdominales, ou pour se porter dans Ihypocondre gauche. 11 se précipite en quelque sorte partout où une voie lui est ouverte (i).
(i) On trouve l'intestin grêle dans les hernies diaphr?gmatiques; il forme les hernies périnéales; c'est lui qui sort du Lassin lorsque la paroi inférieure de cette cavité a été divisée.
492 SPLANCHNOLOGIE.
On voit constamment une quantité plus ou moins considérable d'intestin grêle dans l'excavation pelvienne, i" chez l'homme entre la vessie et le rectum, 2° chez la femme, d'une part, entre la vessie et l'utérus, d'une autre part, entre l'utérus et le rectum.
Chez plusieurs individus épuisés par les maladies chroniques^ et chez lesquels on sentait parfaitement la colonne vertébrale à nu sous les parois abdominales, j'ai trouvé dans L intestin jg ]^^ggjj^ ]^ prescfuc totalité et même quelquefois la totalité
grele est con- ^, . ^ *" , , . .,
tenu en partie de Fintestin grêle retrecie et presque entièrement vide d'air. ou en totalité Lorsqu'il n'y a qu'une partie de l'intestin grêle dans l'ex-
dans le petit t . , . ..,.
tassîn. cavation pelvienne, cest toujours la partie inférieure.
Dans le cas de tumeur développée dans l'abdomen ; ex. : dans la grossesse, dans l'hydropisie enkystée de l'ovaire, l'intestin grêle se porte en haut et sur les côtés, s'éparpille, remplit les vides, et échappe presque toujours de la manière la plus admirable aux causes de compression.
11 n'est pas rare de voir dans l'intestin g^rêle des espèces
Appendices ^ ^ ^ ^ .
ou diverticules d'appciidices OU diverticules en forme de doigt de gant, de ] intestin ^^j ^^j^^ quelquefois de deux à trois pouces de longueur, et qu'on a vus entrer dans la formation des hernies. Ces diverticules sont en général beaucoup plus rapprochés de la partie inférieure que de la partie supérieure de l'intestin grêle. Ces diverticules, dans la composition desquels entre toute la tunique de l'intestin, sont bien différens de la hernie de la membrane muqueuse à travers la membrane musculeuse, hernie dont j'ai vu un exemple dans le duodénum, et plusieurs dans le reste de l'intestin grêle. Chez un sujet récemment soumis à mon observation , l'intestin grêle présentait une cinquantaine de tumeurs sphéroïdales , de volume inégal, toutes situées le long du bord mésentériqne de l'intestin, et formées par la hernie de la membrane muqueuse, à travers les fibres musculaires.
Surface interne de l'intestin grêle.
Préparation. Il faut étudier cette structure, 1" sur une por-
ORGANES DE LA DIGESTIOTf. IVE I/iNTESTIN GRÎ;LE. /jô^
tion d'intestin distendu et non desséclié ; 2.* sur une portion d'intestin desséché; 3^ sur l'intestin retourné et distendu. Il importe encore d'étudier la membrane muqueuse sous l'eau , à l'aide d'une forte io ,:pe. Des injections, poussées par les veines d'abord puis dans les artères, sont utiles pour approfondir la structure.
La surface interne de Vintestin grêle nous occupera à l'occasion de la membrane muqueuse.
Structure.
De même que l'estomac, l'intestin grêle est constitue par quatre tuniques ou membranes, qui sont, en procédant de dehors en dedans, une tunique séreuse^ une tunique musculeuse, une tunique fibreuse et une tunique muqueuse.
Tunique séreuse. Sa disposition n'est pas la même sur le ^ » duodénum et sur l'intestin grêle proprement dit. rause.
1° Sur le duodénum^ le péritoine se comporte à l'égard Sadisnoside la première portion du duodénum comme à l'égard de tioasurle duol'estomac, c'est-à-dire qu'elle la revêt en entier, excepté en
. , , . . , . . Sur la pre*
avant et en arrière, ou se voit un espace triangulaire qui mièt-e portion, est dépourvu de cette membrane. De même que l'estomac, cette première portion donne attache en avant au grand épiploon, et en arrière au petit. On a appelé improprement ligament hépatique du duodénum le repli que forme le péritoine en se portant du foie sur le duodénum. , , ,
^ . ^ , ^ Sur la. dett-
Quant à la deuxième et à la troisième portions, le péritoine xième et sur la ne fait que passer au-devant d'elles sans leur former de repli; ^y^^'^^^"^^ P*^^" en sorte que l'intestin répond immédiatement en arrière aux parties avec lesquelles il est en rapport, et présente une trèsgrande fixité. ^ ,.
T ' • • p A \ -, A disposi-
Le péritoine forme une gaîne complète à Yintesiin grêle tioa sm l'inproprement dit, excepté à son bord concave , où les deux *^1^'^ ^^'^^?.
. , . . . . p propremeutcut
feuillets du péritoine qui constituent le mésentère s'écartent l'un de l'autre pour recouvrir l'intestin; là, se voit un espace triangulaire celluleux tout-à-fait semblable à cekii que nous avons remarqué le long des courbures de l'estomac, et qui remplit le même usage, c'est-à-dire qu'il supplée au défaut
494 SPLANCHNOLOGÏE.
d'extensibilité du péritoine, et permet à l'intestin d'acquérir subitement un grand volume. On aurait toutefois une fausse idée de la dilatabilité de l'intestin si on pensait que ses limites sont marquées par celles de l'espace triangulaire de sa concavité; car, dans les grandes dilatations de l'intestin , le mésentère lui-même se dédouble pour servira l'ampliaîion de cet intestin, ainsi que je m'en suis assuré en mesurant le diamètre antéro-posîérieur du mésentère, soit avant, soit après l'insufflation du canal intestinal.
Du reste , le tissu cellulaire qui unit la tunique périto-
Ténnité dn , , , , . , ^ i -t /
tissu eellulaire ïicalc a la tunique muscuieuse est extrêmement délie, et
sous - périto- gQj^ adhérence à cette dernière tunique va en augmentant à mesure que du bord concave on s'approche vers le bord convexe.
Bien que sa ténuité soit extrême, et permette de
voir à travers sa transparence les fibres musculaires , la tuni-
. que péritonéale jouit d'une assez grande force de résistance.
muscuieuse. Tunique muscuieuse. Elle est composée de deux plans de
fibres : l'un superficiel, l'autre profond. Le plan superficiel
Fibres Ion- q^i est le plus mince, est formé de fibres disposées suivant
** la longueur de l'intestin ou àe fibres longitudinales qui en-
tourent l'intestin de la manière la plus régulière, et forment un plan continu. Je n'ai pas vu que ces fibres fussent plus multipliées du côté du bord mésentérique que du côté du bord convexe. Cette couche de fibres s'enlève presque toujours avec la tunique péritonéale , à laquelle elle adhère intimement : leur couleur blanche , l'aspect resplendissant qu'elles présentent à travers la membrane péritonéale, les a fait regarder comme étant de nature tendineuse.
11 est difficile, et d'ailleurs sans intérêt, de déterminer d'une manière rigoureuse si les mêmes fibres parcourent toute la longueur de l'intestin, ou bien si elles sont interrompues de distance en distance. On admet généralement qu'elles sont interrompues, et que leurs extrémités sont re-
^., . eues dans l'intervalle des autres fibres.
Pibres çir- *> i • i / •
culaire». La cQuche profonde de fibres musculaires, plus épaisse
ORGANES DE LA DIGESTION. DE l'iNTESTIN GRÊLE. 49^
que la précédente, est formée de fibres circulaires, parallèles, ou se coupant sous des angles très -aigus. Elles m'ont paru décrire un cercle complet , et s'insérer à elles-mêmes Membrane par leurs extrémités. Elles n'offrent point c('intersections. "tireuse.
Tunique fibreuse. Intermédiaire à la membrane musculeuse et à la membrane muqueuse , elle présente les mêmes caractères qu'à l'estomac.
Tunique muqueuse ou papiUaire, Elle présente i° une sur- Tunique muface externe adhérente par un tissu séreux assez lâche à la qpeuse ou pamembrane fibreuse , tissu cellulaire susceptible d'infiltration séreuse , sanguine , purulente : on peut très-bien simuler l'emphysème ou l'œdème sur le cadavre, en distendant l'intestin retourné, soit avec de l'air, soit avec de l'eau. La ténuité qu'elle acquiert par suite de l'emphysème ou de l'œdème artificiels a fait penser à tort que ce qu'on appelle muqueuse intestinale n'était qu'un épiderme, suite de l'épiderme cutané, et que le derme cutané était représenté par la tunique fibreuse.Sa surj ace interne ^ libre, est enduite d'une couche plus ou moins épaisse de mucosité, et remarquable, i**par des duplicatures ou valvules appelées (^ûf/(^w/e.y conniventes; 2" par àes papilles très-développées; 3** par la disposition de SQs follicules.
i" Valvules conniventes {valvulce intestinales).
Préparation. Renverser l'intestin grêle, de manière que sa face -y^^^ lescon* externe devienne interne. Plonger l'intestin renversé dans l'eau, ou niventes. bien encore se contenter de diviser l'intestin , et étudier sous l'eau sa surface interne. Étudier l'intestin insufflé et desséché.
Jusqu'à présent nous n'av^ons vu dans la membrane muqueuse du canal alimentaire que des replis destinés à favoriser EUes diffèrent l'ampliation de ce canal (ex. œsophage, estomac), replis qui àes replis de s'effacent complètement par l'effet de la distension des orga- j^ l'estomac. nés. Les replis de la muqueuse de l'intestin grêle ont une autre destination, et s'il est incontestable qu'ils ^servent en quelque chose à l'alongement et à la dilatation de l'intestin , il ne
496 SPLANCHNOLOGIE,
l'est pas moins qu'ils ne s'effacent jamais complètement, à quelque degré que soient portés cet alongement et cette dilatation. Ces replis méritent une description particulière, mencent dans On les appelle vali>ules conniventes ou valvules de Kerkrinle duodénum. ^/^^ ^ h\eTi que Fallope les eût parfaitement décrites avant cet anatomiste. C'est a Kerkringius qu'est dû le nom de conniventes [connivere ^ fermer à demi). Elles commencent dans le duodénum à un pouce et quelquefois à deux pouces du pylore : il n'est pas rare de les voir précédées de quelques plis verticaux. D'abord rares et peu considérables , elles deviennent très-nombreuses et îrès-développées à la fin du duodé- Leur dimi- num et dans le commencement de l'intestin grêle proprement nution gra- ^j^ ^ 'oartir des deux premiers cinquièmes de cet intestin ,
duelle à me- ,.^ . x t • / t,
sure qu'on s'a p- elles dimmucut peu a peu et sont d autant moins régulières proche de la ^^ d'autant moins prononcées , qu'on s'approche davantage
val\aile iléo- . . r" • i v • m ii
ccecale. de la partie inférieure de 1 intestin grêle: elles manquent
même Quelquefois dans les deux ou trois derniers pieds de
cet intestin. Dans quelques cas rares, j'ai vu des valvules con-
niventes jusqu'à la valvule iléo-cœcale : nulle part elles ne
sont assez multipliées pour qu'il y ait une véritable imbrication .
Leur direc- Ces valvules sont disposées perpendiculairement à l'axe de
tion. l'intestin et décrivent la moitié, les 2/3, les 3/4 d'un cercle. Il
Leur forme, est rare qu'elles forment un anneau complet : leur largeur est
plus considérable à leur partie moyenne , qui est de 2 à 3
lignes qu'à leurs extrémités qui sont effilées. Pour bien ap-
Leurs di- précier leurs dimensions, il faut les plonger dans l'eau, ou
naensions. ^^^ étudier sur un intestin : généralement parallèles , elles
Leur dis- s'inclinent l'une vers l'autre par leurs extrémités, se bifur-
position. , . 1 • 1 • •
quent, s envoient de petits prolongemens soit verticaux, soit obliques : on voit quelquefois de petites valvules intermédiaires aux valvules plus considérables. Quelques-unes sontbrusquement interrompues, on dirait au premier abord qu'elles ont subi une perte de substance. Plusieurs sont alternes, et semblent disposées en spirale; mais il n'y a rien de constant à cet égard, leur bord libre regarde tantôt le pylore, tantôt la valvule iléo-cop'ale : leur diFection n'a
rien de constant, elles obéissent à l'impulsion qui leur est t,.
' ^1 Direction
communiquée, et leur bord libre se porte en haut ou en bas, des valvules suivant les cas. Examinées sur un intestin desséché, elles re- ^°""'^«"*"présentent très-bien les diaphragmes de nos instrumens d'optiques.
Les valvules connlventes sont constituées par un repli de p^j^^ ^^^^ la membrane muqueuse, dans l'épaisseur duquel on trouve eonstituéespar un tissu cellulaire lâche, des vaisseaux de divers ordres et des «acux.^ ^ ™ nerfs. L'insufflation, en soulevant la muqueuse , les efface complètement. La tunique fibreuse présente im épaississement léger au niveau de la base de ces valvules.
Les valvules , malgré leur renversement facile , doivent EUe^ raie», avoir pour usage de ralentir un peu le cours des matières, tissent le ocmra
„ . , , . , des matières.
sans touteiois leur opposer une résistance notable, car ime résistance considérable aurait pu devenir une cause d'obstruction et produire des accidens. Leur usage principal est peutêtre de multiplier les surfaces. Or, elles doublent suivant Fa- piientle^surfabrice, elles triplent suivant Fallop^;, elles sextuplent suivant '^^ abserban- Kev\^, la surface de l'intestin. Sœmmering a émis l'opinion un peu hasardée, que la surface de la muqueuse intestinale surpasse en étendue la surface de la peau (i). Sans être particulières à l'espèce humaine, les valvules connlventes sont bien plus développées chez l'homme , que chez les autres animaux.
Indépendamment des valvules connlventes, la membrane pij^ irréguintestlnalô présente des plis ùrégn/icr^ qui s'effacent par la liera de k ma-
T . queuse i»testi-
clistension. ^^i^^
Des pupilles ou vi/losiles.
Préparation, i*^ Placer dans l'eau en l'exposant aux rayons solaires rintesîla ouvert, et agiter ie liquide. Un filet d'eau , préalablement reçu sur la muqueuse, hi débarrassei^a des mucosités qui forment quelquefois à chaque papille une ^mïiû tenace [1). a» On pourra
(j) Corpor. hum. Fahrica , t. YI, p, 29$,
(2) A. P.îeckeJ conseille, pour enlever le muçii^, de plonger i'inteôlln, d'abord dans lui^ ?o]u'ion arsenicale, cl cnsiijie dans v-aw a.. ;î'2
49^ SPL/VNCHNOLOeiE.
eùcore rouler sur eile-même une portion de la muqueuse détacbée, bien entendu que l'enroulement devra avoir lieu du côté de la face adhérente. 3'' Renverser une anse d'intestin; la surface péritonéale devient alors la surface interne. Placer dans la cavité un cylindre qui la remplisse, plonger la pièce dans un flacon cylindrique, et agiter l'eau pour rendre les valvules flottantes.
Les papilles ou villosités sont bien plus développées dans l'intestin grêle que dans les autres parties du canïil alimentaire, la langue exceptée. Faliope a la gloire de les avoir découvertes. Bien décrites par Helvétius, Hewson et Lie- Aspect des berkuhn, elles Font été bien mieux encore dans ces derniers
papilles imes- temps par Albert Meckel. Examinée à Toeil nu et à la loupe , tînales. ^. ,., ,
la surface interne de l'intestin paraît hérissée d'une foule d'é-
minences ou de papilles; on dirait d'un gazon bien touffu ou d'une chenille très-velue. Chez quelques animaux, chez le chien, et surtout chez l'ours, les papilles sont si multipliées et tellement longues, qu'elles représentent en quelque sorte une racine chevelue.
Ces papilles occupent toute la longueur de l'intestin grêle , hérissent les valvules conniventes , aussi bien que les intervalles qui les séparent.
Leur longueur varie : d'après Lieberkuhn, elles ont un cinquième de ligne de longueur; le maximum de leur longueur m'a paru être de quatre cinquièmes de ligne , et même quelques papilles duodénales redressées m'ont offert une ligne de NomJbre. longueur. Leur nombre est très-considérable; on a cherché à le déterminer. Lieberkuhn a porté ce nombre à 000,000. Plusieurs Allemands ont repris ce travail. 4)000 sur un pouce carré font, d'après un calcul dont je ne suis pas tenté de vérifier Texactitude; un million de papilles. Du reste, je n'ai pas observé de différence notable quant au nombre des papilles entre le commencement et la fin de l'intestin grêle. Il m'a paru que, sous le rapport du nombre et de la longueur des papilles, les carnivores l'emportaient de beaueau chargée de gaz hydrogène sulfuré f ^uais l'action continue du jet d'eau est infiniment préférable.
Longueur.
ORGANES DE LA DIGESTION. INTESTIN GRELE. 4gg
coup sur ies herbivores. On signale la loutre comme l'animal qui présente les villosités les plus considérables.
Leur forme varie beaucoup. Dans la plupart des animaux
.1 . . , , . , ,, ■ forme.
que j ai examines, chien , chat, veau, ours, elles sont filiformes. C4hez l'homme, elles sont toutes lamelleuses ou foliacées, mais avec beaucoup de variétés. Au duodénum, Yariétés de elles sont recourbées sur elles-mêmes, présentantla disposition for»ne. d'un calice ou d'une corolle, quelquefois adhérentes les unes aux autres par leurs extrémités. Dans Fintestin grêle proprement dit , elles sont rectilignes , flottantes, cylindroïdes, conoïdes, terminées en massue, étranglées et quelquefois coudées à leur partie moyenne. Au voisinage des ulcérations intestinales, elles sont comme ébarbées, tronquées, sans présenter la moindre altération dans leur structure.
Structure, Brunner les appelle des tubes membraneux; 4t t Leuwenoeck les rapporte à la fibre musculeuse. Helvétius et Hewson les appelaient des valvules en petit, idée qui a été reproduite et développée dans ces derniers temps par Albert Meckel. Cet anatomiste , qui a fait représenter (i) les villosités observées chez un grand nombre d'animaux, les considère comme formées de petits feuillets tantôt contournés sur leur axe, à la manière de la première feuille d'un grain de blé en germination, tantôt repliés en demi -canal ou gouttière; mais il considère toutes ces formes comme pouvant être rapportées à celle d'un feuillet large à sa base, étroit à son sommet, forme fondamentale qu'on parvient toujours à démontrer avec la pointe d'une épingle (i).
(i) Journal complément., t. VII, p. 209.
(1) Suivant le même auteur, il n'y a pas seulement identité de forme, mais encore identité de strèéture entre les feuilles des graminées et les villosités. Des stries celluleuses, auxquelles on peut donner le nom de vaisseaux, disposées suivant la longueur des villosités et des feuilles des graminées , constitueraient les uns et les autres.
5oO âPLANCHNOLOGIE,
Lieberkuhn admet à la base de chaque villositë une
Ampoule de i • , i -n • '
Lieberkuhn. ampoule qui S ouvre au sommet de cette villosite par une ouverture unique. Suivant cetanatomiste, cette ampoule et cette ouverture appartiendraient à l'origine des vaisseaux lactés. Autour de cette ampoule se ramifient les vaisseaux artériels et veineux. Il y a pour chaque villosité un vaisseau artériel afférent et un vaisseau veineux efférent. Suivant Mascagni, Opinion ae j papilles sont composées d'un lacis de vaisseaux sanguins
Mascagni sur v r "^ ^ ^
la structure des et de petits vaisseaux lymphatiques , et recouvertes
papilles. ^^ ^^^^ membrane extrêmement ténue, composée de
vaisseaux lymphatiques. Voici ce que mes observations m'ont
démontré. Ayant eu occasion de rencontrer un sujet dont
OLservations les vaisseaux lymphatiques étaient remplis de matière tuber-
propres u ser- j^ujg^se, î'ai pu suivre dans chaque villosité un radicuîeJvm-
vir a la de- 7 j i a ^ 'f
termination de phatique tubcrculeux (i), qui en parcourait toute la Ioncette structure g^g^j. . qq q^{ coïncide parfaitement avec le travail de Lieberkuhn. — D'une autre part, j'ai injecté du mercure dans une veine mésentérique ; par-dessus le mercure , j'ai fait pousser une injection noire, grossière. Le mercure et une partie de la matière injectée ont pénétré dans la cavité intestinale , un globule de mercure apparaissait au sommet des villosités noires d'injection. J'en ai conclu que les villosités étaient perforées à leur sommet. Je reviendrai ailleurs sur ce sujet.
Glandiiles duodénales et follicules.
Préparation. Il est des intestins qui ne se prêtent nullement à l'étude des follicules, et dans lesquels on dirait qu'ils n'existent pas. Il en est d'autres qui sont très-favorables à leur observation. On les rend plus apparens en plongeant l'intestin dans de l'eau acidulée. Il faut étudier ces follicules, et par la surface interne de la membrane muqueuse, et par la surface externe, en enlerant les membranes séreuse, musculeuse et fibreuse qul^s recouvrent. L'étude des glandules duodénales exige impérieusement ce dernier mode de préparation.
(i) Yoyez Anat, pathoL, avec p!anches, a** livraison.
ORGAPÎES UE LA DIGESTION. IKTESTIK GIvÈlF,. 5oI
On divise les follicules en deux espèces , les follicules simples ou solitaires et \es> follicules agminés^ nous y ajouterons les gJandules duodénales,
Glandules duodénales. Elles constituent à proprement parler les glandes de Brunner. Cet anatomiste qui avait déjà duodénales. fait sur le pancréas des expériences curieuses , dit qu'ayant soumis le duodénum à une coction incomplète, il vit sur sa membrane interne des granulations qu'il a fait figurer, de même que les follicules isolés de la portion d'intestin voisine. Il appela cette réunion de glandules second pancréas. esontete i r o r appelées se-
Or, voici ce que l'observation apprend à cet égard : il existe cond pancréas, dans la moitié supérieure ou les deux tiers supérieurs du duodénum une couche de granulations aplaties, parfaitement distinctes les unes des autres, quelque pressées qu'elles soient; couche qu'il ne faut pas confondre avec la disposition glanduliforme des papilles du duodénum, et qu'on ne voit bien qu'après avoir enlevé les trois membranes extérieures. Ces g,, „ granulations ne sont autre chose que des petits grains glan- les caractères duleux qui, vus à une forte loupe, offrent tous les caractères ^l ? ^^ " ^^