DU GROS INTESTIN
Considérations générales.
Le gros intestin est cette partie du canal alimentaire qui j)^gjiit
ion.
s'étend de la fin de l'intestin grêle à l'anus.
Il commence dans la région iliaque droite, se porte de Etendue et bas en haut jusque dans l'hypocondre droit. Parvenu au- ^'^^J^' S^^"^»^®^' desso'ds du foie, il se recourbe brusquement pour se porter transversalement de droite à gauche (^courbure droite ^ courbure hépatique). Parvenu dans l'hypocondre gauche audessous de la rate , il se courbe de nouveau brusquement pour redevenir vertical (^courbure gauche, courbure spléniquê). Dans la région iliaque gauche, il s'infléchit deux fois sur lui-même en manière d'S romaine (S romaine, S iliaque, courbure iliaque) , pour s'enfoncer dans le bassin et se terminer à l'anus.
M suit de là que îe gros intestin, i*' décrit dans l'abdomen
5o6 SPLANCHNOLOGIE.
Situation ^^^ cercîe presque complet qui circonscrit la masse des
générale. circonvolutions de l'intestin grêle; 2° qu'il occupe les re'-
gions iliaques droite et gauclie, lombaires droite et gauche,
le bas des hypocondres et les limites de la région épigas-
trique et de la région ombilicale.
Bien qu'il soit plus solidement fixé dans la place qu il occupe que l'intestin grêle, et qu'il soit par conséquent moins susceptible de déplacement, le gros intestin présente des variétés de longueur et de courbure qui influent beaucoup sur sa situation.
Le gros intestin est plus profondément situé que l'intestin grêle dans une partie de son trajet; dans une autre partie il est pour le moins aussi superficiel. Divisions. ^^ long^rajct que parcourt le gros intestin, la différence des rapports qu'il présente dans les divers points de son étendue , Fa fait diviser en cœcum , colon subdivisé luimême en plusieurs portions , et rectum.
T^• • Dimensions. La longueur du ptos intestin est àe A k
Dimensions. c? to ^
5 pieds. Sous ce rapport il est à l'intestin grêle comme Longueur. I à 4- Cette longueur présente d'ailleurs un grand nombre de variétés qui me paraissent tenir moins à une disposition congéniale qu'à des distensions répétées de l'intest tin : on conçoit en effet que l'intestin ne peut être distendu suivant ses diamètres transverses sans perdre un peu de sa longueur, et qu'une fois revenu sur lui-même il doit présenter un alongement proportionnel à la dilatation qu'il a subie. Aussi m'a-t-il paru généralement plus long chez les individus avancés en âge que chez les adultes.
Diamètres. 1^6 calibre OU les diamètres du gros intestin, généralement plus considérable que celui de l'intestin grêle, peut être tellenjent réduit, que le gros intestin ressemble à un cordon dur du volume du petit doigt. Dans d'autres cas, il est tellement considérable, qu'il remplit la plus grande partie de la capacité abdominale. C'est ce qu'on observe dans la tym-
ORGANES DE LA DIGESTION. GROS INTESTIN. 5o7
Son calibre
panite par distension du eros mtestm. Son calibre n'est nas unirorme dans les divers points de sa longueur. forrac.
Voici quelques mesures qui établissent les différences de calibre observées dans la longueur du gros intestin.
La circonférence du cœcum, médiocrement distendu, prise immédiatement au-dessous de la valvule iléo-cœcale,
, . -, • T 1 ' o Mesures du
était de onze pouces trois lignes chez un sujet, neuf pouces cœcometdeia et demi chez un autre ; celle du colon lombaire droit et de "^^i^ié droite
1 ••'1-11» 1 T /'11' /> ^'^ colon.
la moitié droite de 1 arc du coion était de huit pouces neuf lignes chez le premier et de cinq pouces quelques lignes chez le second.
Celle delà moitié gauche de l'arc du colon et du colon De la moitié lombaire gauche était de six pouces chez le premier et §^^<^^e du co-
I • 1 . , 1 1 ionde cmq et demi chez le second.
Celle de l'S iliaque était de cinq pouces un quart. -^^ ^'^ ^i'^"
Celle du rectum était de trois pouces jusqu'à sa termi-
'\ ' ^ • 11 ^ 1 Du rectum.
naison , ou il présentait une ampoule de quatre pouces chez l'un , de cinq pouces che2 l'autre.
Il suit delà, i° que, de même que l'intestin gfrêle, le
. , T .. . r ,., ^..p Disposition
gros intestin présente une disposition mrundibuhforme. infnndibnlifor-
II y a un double entonnoir : 1a base du premier répond °^® *^^ S'^^* *°"
, . . *■ testi».
au cœcum et le sommet à l'S iliaque; la base du second répond à Fampouie du rectum, et le sommet est adossé au précédent, il est probable que cette disposition infundibulifprme a quelque rapport avec la circulation des matières fécales.
2°. Qu'il n'existe pas de rapports constans dans les diamètres des diverses portions du gros intestin : ainsi un cœcum et un colon ascendans très développés peuvent coexister avec un colon descendant d'une capacité peu. considérable. Dans quelques cas on rencontre dans le gros intestin des ampoules considérables séparées par des rétrécissemens tels qu'à leur niveau le calibre de l'intestin est effacé. Ces étranglemens par resserrement des fibres circulaires bien distincts des rétrécissemens par vice organique, ont probablement
SPLAKGHNOLOGIE.
Nonn
Ligne de dé xnarcation ea tre le gros in testin et Vin testin grêle.
Limites.
Jieu pendant la vie, et pourraient rendre compte de la maladie connue sous le nom de coliques venteuses. Dans certaines inflammations chroniques avec dëvoiement, le gros intestin revenu sur lui-même et privé de gaz, n'est pas aussi volumineux que l'intestin grêle.
Du cœcum.
Ainsi nommé parce qu'il représente une espèce de cul-desac, le cœcum est la première partie du gros intestin.
La présence d'un cœcum est une àes nombreuses dispositions qui établissent la ligne de démarcation entre le gros intestin et l'intestin grêle.
Ses limites supérieures sont tout-à-fait arbitraires et déterminées par un plan horizontal qui passerait immédiatement au-dessus de l'insertion de l'intestin grêle.
Unique dans l'homme, il est double dans un certain nombre d'espèces.
Il est situé dans la fosse iliaque droite, qu'il remplit presque entièrement. Le cœcum est une des parties les plus fixes du canal intestinal, il doit cette fixité à la disposition du péritoine, qui ne fait que passer au-devant de lui, et qui l'applique contre la fosse iliaque.
Du reste, sa situation n'est pas également fixe chez tous les sujets : souvent enveloppé de tous côtés par le péritoine, il flotte, pour ainsi dire, dans la région qu'il occupe, et sa mobilité est mesurée par la laxité du mésocolon lombaire droit. Cette disposition du péritoine n'est même pas nécessaire pour expliquer le déplacemenf considérable que le cœ- Conséquences4 cum subit dans quelques cas. Ainsi il n'est pas rare de le voir plonger dans l'excavation du bassin; il entre quelquefois dans la formation des hernies, et une chose assez singulière, c'est qu'il a été trouvé au moins aussi souvent I dans les hernies du côté gauche que dans celles du côté
/ droit.
/ Sa direction^ qui est en général celle du colon ascen-
/ dant , n'est pas toujours verticale , ainsi qu'on peut
Sitnalion.
Fixité vîxûable.
ORGANES DE LA DIGESTION. GROS INTESTIN, SoCj
s'en assurer sur un intestin niëdiocremeni distendu, mais sa direction oblique de bas en haut et de gauche à droite, si bien qu'il <^st quelqueforme avec le colon un angle obtus saillant à droite, rentrant °^* " "^'^^' à gauche; je Tai même vu former un angle droit avec le colon. Cette disposition jointe à l'obliquité du plan delà fosse iliaque, explique pourquoi, lorsque ses moyens de fixité' ont été relâchés, il tend peut-être moins à se déplacer du côté de lanneau et de l'arcade fémorale droits que du côté de l'anneau et de l'arcade fémorale gauches; chez quelques sujets, le cœcum et son appendice vermiculaire sont appliqués contre la partie inférieure de Fintestin grêle, en sorte que le cœcum et la partie voisine du colon décrivent un arc de cercle dont la concavité embrasse la fin de l'iléon.
Son volume est généralement plus considérable que la portion dmtestm qui un tait suite; ce qui tient peut-être gij^^r,,]^!^^ moins à une disposition primitive qu'à la stagnation des matières fécales qui est une conséquence de la position déclive de cet intestin et de la direction du cours des matières fécales. On peut dire généralement qu'après l'estomac, le cœcum est la partie la plus volumineuse du canal alimentaire. Il existe beaucoup de variétés individuelles dans la longueur et dans la capacité de cet intestin, qui est sujet à des rétentions de matières fécales, rétentions douloureuses, bien étudiées dans ces derniers temps, et qui en ont souvent imposé pour des inflammations. Très-peu développé chez les carnivores, le cœcum est au contraire très-considérable chez les herbivores.
, -i. Figure.
Figure. Le cœcum est une sorte d'ampoule arrondie, dont tous les diamètres sont à peu près égaux , il est d'ailleurs bosselé comme le reste du gros intestin. Il présente à étu- Brides londier, i° le commencement des trois brides longitudinales S^^'^^"^^-^^dont j'ai déjà parlé, brides dont l'antérieure est, au niveau Appendices du cœcum , deux fois plus large que les postérieures; 2^ des S"^'^^^"'*^^' replis du péritoine chargés de graisse, qu'on appelle appen- ;Bas«-lures dices graisseuses ; 3" des bosselures que séparent des enloncemens parallèles, disposition qui lui est c?unnir*ne aver le
5lÔ SPLANCENOLOGIE.
colon, et qui est due à la présence des brides longitudinales.
R t) rts • Rapports, 1° En auant, le cœcum répond aux parois ab- En avant dominales, à travers lesquelles il peut être senti lorsqu'il est Parois abdo- distendu soît par des gaz, soit par des matières fécales. Dans minales; le cas où il est revenu sur lui-même , ii arrive souvent que
l'intestin grêle s'interpose entre les parois de l'abdomen et cet intestin.
En arrière s°» En arrière ^ il est appliqué sur le muscle iliaque, dont
Muscle ilia- ln sépare Taponévrose lombo-iiiaque. Le tissu cellulaire qui que; l'unit à celte aponévrose est extrêmement lâche, eii
sorte qu'il ne s'oppose nullement aux déplacemens de l'intestin. Lorsque le péritoine forme une enveloppe complète au cœcum , les rapports de cet intestin avec le muscle iliaque sont nécessairement médiats; souvent l'appendice vermiforme est renversée sur la face postérieure du cœcum.
En dedans , 3°. En dedans , le cœcum reçoit l'intestin grêle : l'angle Intestin grêle ; de réunion, a7îgle iléo-cœcal^ varie beaucoup. Quelquefois l'intestin grêle tombe perpendiculairement sur le gros intestin; plus souvent l'aogle d'incidence est obtus en liaut, aigu en bas; quelquefois l'iléon, au lieu de se porter de bas en haut, se dirige de haut en bas, et alors l'angle d'incidence est chaiigé. Une dépression circulaire indique la limite des deux intestins. *
En bas ^^ ' ^^ has ^ l'extrémité libre ou le cul-de-saû du cœcum
Appendice Présente en arrière et à gauche , à quelques lignes au-desvermiforme. so^s cle l'angle iléo-cœcaî, l'appendice vermiforme.
Surface interne.
^. . . La surface interne ou muqueuse du cœcum présente une
Disposition ....
de la surface disposition qui est en harmonie avec celle de la surface ex-
n erne, terne; aux trois dépressions longitudinales répondent trois
saillies aux bosselures, des cavités ou poches; aux enfonce-
mens parallèles, des replis ou saillies transversales, espèces
ORGANKS DE LA DIGE;ÏTÎON. GROS IKTESTIN ^1 I
de cloisons incomplètes très -faciles à voir sur un intestin desséché.
Cette surface interne présente en outre, à gauche et un peu en arrière, i« la valvule iléo-cœcale j 2*^ iorifice de l'appendice vermiforme.
Valvule iléo-cœcale.
Elle est aussi nommée valvule de Bauhin , du nom de l'aaiatomiste qui s'en est attribué la découverte, bien qu'elle cœTalr^' '^''" €Ût été décrite avant lui. Pour en avoir une bonne idée, il faut l'étudier non-seulement sur une pièce fraîche et sous l'eau , mais encore sur un intestin distendu par l'insufflation «t desséché.
A. Sur une pièce fraîche ^ elle se présente, 1° du côté du cfôcam , sous l'aspect d'un bourrelet saillant, oblonx>- d'avant }'''V^^ ^^ ^*
• ^ f j 1 1 \ ^ valvule.
en arrière, tendu dans le même sens; bourrelet membraneux
et mobile que Rioîan comparait à tort à la valvule pylorique,
et présentant deux lèvres et une commissure,- les deux lèvres
sont appliquées l'une contre l'autre, excepté au moment du
passa -ge des matières. De l'une et de l'autre commissure, qui Coaite^itir^
sont 1 une antérieure, l'autre postérieure, on voit partir un «'^freins de la
repli q m va se perdre, sur les parois opposées du cœcum. Ce
sont ce s rephs dont le postérieur est beaucoup plus long que
l'antéri eur, que Morgagni a désignés sous le nom àe freins de
la valvu. le.
2"* Du côté de l'iléon , on voit une espèce de cavité iliifundibul Iforrae, dirigée de bas en haut et de gauche à droite.
B. Sur Un intestin de.^séc/ié, la valvule iléo-cœcale se présente SOI x& l'aspeet de deux valvules saillantes du côté du cœ- valtafe^li^ cum ou elles forment xm relief anguleux. La supérieure ou ^^ée: ileo-coli qm est horizontale; l'inférieure ou iléo-ccecale tqpresent e un plan incliné de 45** environ : toutes deux ont du cœcum.'^'**^ une for me parabolique. La supérieure est fixée par son bord
5 12 5FL.4.NCHNÛLOO.iE:.
adhérent, convexe, au demi-anneau qui unit la moitié sup^ rieure delà circonférence de î'iîéon au colon; l'inférieure, par son bord adhérent, qui est également convexe, est continue au demi-anneau qui unit la moitié inférieure de l'iléon formées parles ^^ cœcum. Les bords libres de ces valvules regardeni à droite bords libres, et sont scmi - luTiaircs. Réun s à leurs extrémités, ces bords libres interceptent à leur partie moyenne une ouverture ou fente en forme de boutonnière, d'autant plus étroite que l'intestin est plus fortement distendu. Le diamètre de cette boutonnière est en rapport avec celui de l'intestin grêle. La lèvre de boutonnière qui appartient à la valvule inférieure est plus éehancrée que celle qui appartient à la valvule supérieure.
Vue du côté de liléon , la valvule présente une excavac6tédelîéon^ ^^*^^ anguleuse qui est la représentation fidèle de la saillie formée dans la cavité du gros intestin. La face inférieure de la valvule supérieure est légèrement concave, la facecorrespondante de la valvule inférieure légèrement con-vexe.
Bien différente de l'anneau pylorique, la double vab^ule
Mécanisme , ^ , , , , . . ,
<le la valvule. ïieo-cœcaie n oppose aucun obstacle au passage des mat leres' de l'intestin grêle dans le gros intestin, mais ne s: iiin\it permettre cfans les cas ordinaires le passage des matiè res du
oTos intestin dans l'intestin <yrêle. La valvule infériei .ire ou
fi «
iléo-cœcale, en se relevant, intercepte le reflux desr matières contenues dans le cœcum; d'une autre part la valvi jle iléocolique, en s'abaissant, intercepte le reflux des matières
contenues dans le colon.
Elle permet Cependant il résulte d'une foule d'expériences qi le j'aliaile retour des tes à cct égard que, d'une part, Teau injectée du gro s intestin
saz et des li- i i i i, t • • n ' i i * r
qnides ^'^^^ '^ valvule j d'uue autre part, 1 air msuirie dans la i rieir;e cti-
Elle s'oppose rection , triomphèni; le plus souvent, mais avec plus ou
d'une manière i^joins dc facilité suivaut les sujets, de la résistance opposée
absolueaupas- i , i ^ ni • • i v • "1
sage des ma- parla valvule. Le reflux du gros intestin dans 1 mtest ui grêle titres fécales, j^g serait possiblc que pour les Paz et pour les liquide* S J d nç
OKGANES DE LA DIGESTION. COECTIM. 5,3
saurait l'êtrepourles matières qui ont un certain degré de consistance. Le reflux des matières fécaies est donc impossible (i).
Structure. La structure de la valvule iléo-cœcale a été par- *™""'' ^' faitement démontrée par Albinus. Si, à son exemple ,o„ L«l™'^ "'"■ enlevé sur un intestin distendu, la membrane péritonéale dans le pomt précis où l'intestin grêle s'abouche dans le gros intestin , on voit de la manière la plus évidente que 1 .ntestm gréle semble sy enfoncer; et si , par une traction ~ ménagée et graduellement exercée sur cet intestin grêle, on cherche à le dégager du gros intestin, on voit l'intestin ,.. . grêle sorfren quelque sorte du colon, s'alonger d'un pouce, J^tS^. un pouce et demi; et en examinant ensuite ce qui s'est ^''""'°"'" pas=e du côté du gros intestin, on ne trouve plus de val- tZJ:. '"" vule , et on voit l'intestin grêle s'ouvrir par une large bouche cians ie colon et le cœcum.
Quant à sa structure proprement dite, la valvule est for- Membranes uiee, i" par les fibres musculeuses circulaires de l'iléon „„: ,1"<^7f '«=»' se prolongent clans son épaisseur jusqu'au bord libre; .« ' '' ™'™'^la membrane fibreuse; 3° par la membrane muqueus. Cette membrane muqueuse présente une disposition que nous
ensjon du gros m.est.n pour obtenir le reflux des ga^ et des "qu.des, on se demandera si le passage des gaz et des Hquid s d"
f"T """ f """'" ^^'^ -' P-'"''^ -^^ '•^- -La.
arpo^ te r ™'r "'""''"^ "" '^ ^'^'^'*°- l''^ '^ ™'™'« appoHe a ee^reflux, par l'effet de la distension. Les deux valvules sont re culées la supérieure de haut en bas, l'inférieure de bas en haut; leurs faces correspondantes deviennent con^ ve.Nes , et se pressent d'autant plus fortement que la distension es,
iri r . Vt'™;: r " "^"" '™S""<'---. "« triomphe pas ,Ie 1 obstacle. Chez le plus grand nombre . le bord libre de la
valvule .nfér,eure glisse de droite à gauche sous la valvule supé^ neure, qui reste immobile; et les gaz et les liquides passent avec une iacilite proportionnée au renversement.
5l4 SPLANCHNÔLOGIE.
avons déjà eu occasion de faire remarquer plusieurs fois
dans la description du canal digestif : c'est un changement
brusque de caractère au niveau du bord libre de la valvule.
Changement La muqueuse qui recouvre la face de la valvule dirigée
bvasque de a ^^ ^ a^^ ^^ ^^ intestin , offrc tous les caractères de la mumuqueuse au a niveau du bord qucusc du gros intestin; celle qui revêt la face dirigée vers
j l'intestin grêle a tous les caractères de la muqueuse de l'in-
Dimeusions.
libre de ia val-
testin grêle. Les maladies respectent en général cette limite.
Appendice vermîculaire.
Ainsi nommée parce qu'on l'a comparée à un ver lombric, r appendice vermiculaire naît de la partie postérieure, inférieure et gauche du cœcura, dont elle peut être considérée
Figure. comme une appendice {appendice cœcale) et se présente sous la forme d'un petit cordon creux , excessivement étroit, duodecies nascente colo angustior ^ dit Haller. Sa longueur et sa direction présentent beaucoup de variétés ; sa longueur varie d'un à six pouces. Son calibre, un peu plus considérable à son point de jonction avec le cœcum que dans le reste de sa longueur, est en général celui du tuyau d'une plume d'oie.
Diiecrion. Sa direction est tantôt verticale descendante, tantôt verticale ascendante, souvent flexueuse; je l'ai vue contournée en spirale, d'autres foisparallèle à l'iléon et contenue dans l'épaisseur du mésentère, libre seulement à son extrémité. Chez quelques sujets , l'appendice vermiculaire présente une disposition infundibuliforme , pour se continuer en s'élargissant avec le cœcum, qui est alors extrêmement étroit.
Situation et Sa Situation et ses rapports ne présentent pas de moindres différences. Ainsi, le plus souvent, l'appendice cœcale occupe la fosse iliaque droite , au voisinage du détroit supérieur : elle est assujétie au cœcum et à la fosse iliaque par un repli triangulaire ou falciforme du péritoine , qui n'occupe que la moitié de sa longueur, et lui permet une mobilité
ppoït
ORGAKiSS DE LA. DlGESTlÔT?. COECUM, 5l5
plus OU moins considérable. Elle est encore plus mobile lorsqu'elle est enveloppée dans tout son pourtour par le péritoine, et dépourvue de mésentère. On conçoit d'après cela comment elle peut entrer dans la formation des hernies, Sa mobilité comment elle a pu former autour d'une anse d'intestin grêle un anneau qui est devenu cause d'étranglement. Il arrive souvent qu'elle est renversée derrière le colon ascendant, entre cet intestin et le rein : j'ai vu dans un cas de cette espèce l'extrémité libre de l'appendice toucher la face inférieure du foie. Enfin, je l'ai vue une fois renversée derrière la fin de 1 intestin grêle, une autre fois embrassant en avant cet intestin. Au reste, ces différences ne portent nullement sur le point de jonction de l'appendice avec le cœcum ; point de jonction qui a toujours lieu à gauche, en bas et en arrière du cul-de-sac cœcal, à peu de distance de la valvule de Bauhin.
Si on divise, suivant son axe, l'appendice vermiculaire, Cavité de on voit qu'elle est creusée d'une cavité si étroite, que les pa- ^ ^PP®'^'^*'^®' rois restent appliquées l'une contre l'autre; on y trouve un peu de mucosité, souvent de petites boules de matières fécales endurcies ; on y a rencontré des noyaux de cerises , des grains de plomb. Cette surface interne présente dans toute son étendue l'aspect gaufré de la fin de l'intestin grêle. Une valvule plus ou moins considérable , suivant les sujets , mais jamais assez pour obturer son orifice, se voit à son ouverture de communication avec le cœcum. La cavité de l'appendice se termine inférieurement en cul-de-sac comme le c(.ecura; c'est dans ce cul-de-sac, extrêmement étroit, que peuvent séjourner les corps étrangers; c'est là qu'ils deviennent quelquefois la cause de ces perforations spontanées de l'appendice vermiculaire, dont les exemples ne sont pas extrêmement rares. On ignore complètement les usages de cette appendice, ^ qui n'est chez l'homme que le vestige d'une partie importante chez beaucoup d'animaux .
Haller dit avoir rencontré deux fois l'appendice vermiculaire pleine, c'est-à-dire sans cavité. Je présume que ce défaut
Sîb SPLANCHNOLOGIE.
cleeavite était le résultai: d'une adhérence morbide. Dernièrement, j'ai rencontré cette appendice, du volume de l'index, longue de deux pouces. Sa cavité contenait un mucus épaissi et transparent. L'orifice de communication de sa cavité avec celle du cœcum était oblitérée.