‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 126 sur 185 · DU PANCRÉAS · texte numérisé non relu

DU PANCRÉAS

Préparation. On peut l'apercevoir sans préparation à travers l'épiplpon gastro-hépatique , en portant en bas restomac.

Pour le mettre à découvert, renverser l'estomac de bas en liant après avoir divisé les deux feuillets du péritoine qui partent de sa '

grande courbure pour aller constituer le grand épiploon.

On peut encore le découvrir en renversant en haut l'arc du colon, et en divisant le feuillet inférieur du mésocolon transverse.

Le conduit excréteur occupe l'épaisseur de l'organe. Pour le préparer, il faut enlever avec beaucoup de précaution, vers le milieu et vers l'extrémité droite de la glande, les granulations qui le recouvrent. On pourrait l'injecter ^par le canal cholédoque, après avoir préalablement cerné entre deux ligatures la partie verticale du duodénum. Lorsque le duodénum est rempli de la matière à injection, le conduit pancréatique se remplit à son tour. On peut encore l'injecter par le canal cholédoque, en liant l'espèce de mamelon ou ampoule commun aux deux conduits.

Le pqncréas {TravKpicc^, tout chair) est un organe glanduleux annexe du duodénum, avec lequel il affecte des rap- Situation. ports immédiats , situé transversalement et profondément derrière l'estomac, au-devant de la colonne lombaire.

Forme et volume. Sous le rapport de sa forme, le pancréas ne ressemble à aucune autre glande , il est oblong transver- ^«'"^^^ ^ salement, aplati d'avant en arrière j volumineux à son extrémité droite , où il présente une espèce de renflement anguleux, à la manière d'un marteau, s' effilant par degré à mesure qu'on approche de son extrémité gauche; d'où la di-

Sg2. SPLANCHNOLOGIE.

vision scoîastique du pancréas en tete^ en corps et en

queue. Son grand diamètre, ou diamètre trans verse, est me-

Volame. suré par l'intervalle qui sépare la concavité duodénale de la

Poids. rate. Du reste, le volume et le poids du pancréas présentent

beaucoup de variétés. Son poids, qui est pour l'ordinaire de

deux onces à deux onces et demie , peut s'élever jusqu'à six

onces. Il n'est pas rare de voir le pancréas atrophié , et dans

un cas de ce genre, son poids n'excédait pas une once.

Rapports. Sa face antérieure , convexe , recouverte par

Rapports le péritoine, répond à l'estomac qui glisse librement sur elle.

avec 1 estomac, jj^j^g certains cas de maladie, une adhérence s'étabUt entre

^ , le pancréas et lestomac : si bien que dans 1 ulcère chronique

Conséquences. a a ^ ^

de ce dernier organe, on voit le pancréas ^remplacer de trèsgrandes portions d'estomac détruites. Lorsque l'estomac est placé plus bas que de coutume, le pancréas répond, soit au Avec les pa- f^jg goit à la paroi abdominale antérieure, donti^l est séparé

rois abdoini- ' ,,., ,,. ,

ïiales. seulement par Vepiploon gastro-hepatique j en sorte qu on

peut l'explorer avec la plus grande facilité à travers les parois de l'abdomen (i). H n'est pas rare de voir des praticiens , il'ailleurs expérimentés, diagnostiquer dans ce cas un squirrhe au pylore. Le pancréas répond encore en avant à la première portion du duodénum et à 1 angle de réunion du colon transverse avec le colon ascendant. Rapports en ^2i face postérieure ^ concave, répond à la colonne verté-

arrîère- brale , au niveau de la première vertèbre lombaire ; elle en

est séparée par la veine splénique, la veine mésentérique supérieure et le commencement de la veine - porte : ces deux dernières veines sont logées dans une gouttière profonde, ou plutôt dans un canal presque complet, que forme

(i) On peut reconnaître à priori cette disposition : c'est lorsque la colonne vertébrale peut être sentie immédiatement derrière les parois de l'abdomen. Je ne l'ai jamais rencontrée que chez les personnes amaigries , lorsqu'une grande partie de l'intestin grêle occupait l'excavation du bassin. Il est probable que c'est la traction exercée par l'intestin grêle contenu dans le bassin qui détermine l'abaissement de l'estomac.

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. PANCRiAS. SgS

le pancréas, à ces veines, à l'artère mésentërique et au plexus nerveux crui environne cette artère. Un^rand nom-

^ J^ & ii^jii» Rapports da

bre de vaisseaux et de ganglions lymphatiques, les piliers du pancréas en diaphragme, la veine-cave à droite, l'aorte à gauche, la se- ^^^^^^' parent encore de la colonne vertébrale. A gauche de cette colonne, le pancréas répond à la capsule surrénale, aux vaisseaux rénaux et au rein gauche. Le rapport du pancréas avec l'aorte est important : c'est donc à travers le pancréas qu'on sent les battemens de l'aorte à l'épigastre, chez les personnes amaigries , et que l'on comprime ce vaisseau.

Son bord supérieur^ épais, est creusé en gouttière pour loger l'artère splénique, qui souvent parcourt, dans l'épaisseur bo^d^^'^'^^- '^° de cette glande , une espèce de chemin creux qui a toute sa longueur. Ce bord répond encore à la première pordon du duodénum, au lobule de Spigel et au tronc cœliaque. L'épaisseur de ce bord avait fait dire à quelques anatomistes que le pancréas était prismatique et triangulaire.

Son bord inférieur^ beaucoup moins épais que le supérieur, Bord inféest longé par la troisième portion du duodénum, dont il e^ rieur, séparé à gauche par les vaisseaux mésentériques supérieurs.

Son extrémité droite , ou duodénale^ ou grosse extrémité^ Delà grosse répond au duodénum et au canal cholédoque. Cette ex- «^t*^«^™^*<^trémité duodénale présente une disposition fort remarquable: elle se recourbe sur elle-même de haut en bas comme le duodénum, par la concavité duquel elle est cir^ conscrite , devient transversale lorsqu'elle a atteint la troisième pjj^tion , se porte de droite à gauche derrière les vaisseaux mésentériques et forme la paroi postérieure du canal et sa'^dîsp^o^^ qui protège ces vaisseaux. Cette portion réfléchie , disposée *^°" ^° volute. en volute, se détache quelquefois du reste de la glande, ce qui lui a valu le nom de petit pancréas. Par sa grosse extrémité, le pancréas est comme attaché au duodénum, qu'il c '^^^^^^ ^^^ débbrde en avant et surtout en arrière, et qu'il suit dans tous ses déplacemens , en sorte que lorsque le duodénum est situé plus bas que de coutume; ce qui arrive dans tous le^ 2.. 38

^94 SPLANCHNOLOGIE.

dëplaceniens en bas de l'estomac , la tête du pancréas est déplacée dans le même sens.

Rapports de ^^^ extrémité gauche^ ou spUnique, ow petite extrémité rextrémîté est étroite, et vient s'appliquer contre la rate, sur laquelle elle s'aplatit et s'émousse en présentant quelquefois un léger renflement.

On voit que, sous le point de vue des rapports, il existe Traits ^'a- une grande analogie entre le pancréas et les glandes salivaires.

nalogie entre * • • i • i • • • ^ \

les rapports Auisi, des vaisseaux volummeux avoisinent et pénètrent cet du pancréas et organe; il leur forme en quelque sorte un chemin couvert,

ceux des glan- ^ •. ' i t i- i i t w

des salivaires. ^^^ ^g^^^- par leurs mouvemens. Le diaphragme, le duodénum et l'estomac sont encore pour le pancréas une source de succussion et de pression.

Structure.

Des analogies non moins multipliées existent sous lerapport Analogiesde delastructure, entre le pancréas et les glandes salivaires, et justifient pleinement la dénomination àeglande salivaire ahdominale, qui lui a été donnée par Siébold : même couleur blan ' châtre; même densité (i); même disposition en lobules susceptibles de se diviser en granulations. L'identité est telle qu'il serait impossible de distinguer une portion de pancréas d'une portion de glande salivaire. Soumis l'un et l'autre à la coction, ils présentent le même aspect et la même savein\ Point de capsule fibreuse proprement dite, mais lamelles fibreuses qui séparent les lobules et les granulations; tissu cellulaire séreux assez abondant. Il n'est pas rare de rencontrer une certaine quantité de graisse, soit à la surface,

(i) Le pancréas a quelt[uefois une densité extrême, qui a beaucoup d'analogie avec celle du squirre. Dans ce cas, il est nécessaire de s'assurer, par des coupes, de l'intégrité parfaite du tissu glanduleux. Cette dureté, comme pierreuse, coïncide le plus souvent avec l'atrophie de l'organe.

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. PANCREAS. 6q5

soit dans l'épaisseur du pancréas; j'ai même vu des cas d'atrophie de cet organe dans lesquels la graisse semblait avoir ,Î'"'^'"^P^^-

• "Il -i • ITT crcsticitic»

pris la place des grains glanduleux.

Le problème de la structure du pancréas , comme d'ail= leurs la détermination de la structure de toutes les glandes se réduit à ces deux propositions ; i° Déterminer la texture d'un grain glanduleux; 2« déterminer M disposition des vaisseaux et des nerfs dans l'épaisseur de la glande.

Pour la première question , je renvoie à ce que j'ai dit pour les glandes salivaires. Quant à la disposition des vaisseaux, elle est parfaitement connue.

Artères. De même qu'aux glandes salivaires, les artères arri» vent au pancréas par un grand nombre de points. Elles sont ^^tères. très-nombreuses et très-considérables, eu égard à la petitesse de l'organe; elles viennent de l'hépatique , de la splénique et de la mésentérique supérieure. La principale porte le nom de pancréatico-duodénale.

Les reines vont se jeter dans les veines mésaraïque supé= rieure et splénique. ^^^^es.

Les vaisseaux lymphatiques ne sont pas bien connus, il Vaisseaux est probable qu'ils se rendent dans les ganglions nombreux ^l^?^^^h^^^» qui l'avoisinent.

Les nerfs du pancréas viennent du plexus solaire.

Conduit excréteur, nommé aussi canal de Wirsung, du nom du jeune anatomiste, trop tôt enlevé à la science, qui l'a cré^euf f' ?n découvert. Par une disposition unique dans l'économie ce """^^^^ *^^' ^^^^ conduit excréteur est contenu tout entier dans l'épaisseur, '''°^* on peut même dire au centre de la glande, en sorte que' pour le mettre à découvert, il faut diviser avec précaution les couches les plus superficielles de cet organe.

Ordinairement unique, le canal excréteur est quelquefois double,^ et alors il y a un canal principal qui appartient au J[jfdoablê corps même du pancréas, et un petit canal qui appartient à la ^''' "*'' ""^^^^ portion réfléchie , ou petit pancréas.

Le canal pancréatique mesure toute la longueur de la

596 âPLANCHNOLOGïE.

plande : étroit à l'extrémité splénique qu'on peut considérer

Direction du \ * ^

conduit pan- conime son origine 5 il augmente progressivement a mesure créatiqae. ^^^'jj s'approche de l'extrémité duodénale; là, il s'infléchit en bas, pour atteindre le canal cholédoque, à gauche duquel il est placé, s'accolle à ce conduit, le perfore obhquement , Le canal et s ou^-e de la manière que j'ai indiquée, à l'occasion du j>ancrëatique foie , daus Tampoule olivaire qui précède immédiatement ?l?.r'n-,/'un l'orifice duodénal du canal cholédoque : il suit de là que le ovidce qui lui ^anal cholédoque et le canal pancréatique s ouvrent chez av'ec kTna'î l'hommc par un orifice commun. Cette disposition est cons^ cholédoque, lante , et lorsqu'il arrive de rencontrer un canal pancréatique qui perfore isolément le duodénum, on peut être assuré qu'il existe un autre canal pancréatique qui présente la disposition accoutumée : du moins cette règle ne m'a jamais trompé. Quant au siège précis de l'ouverture isolée du canal pancréatique surnuméraire, il a heu devant, derrière, au-dessous, ou au-dessus de l'insertion du canal cholédoque. Tiedemann, qui a recueilh tous les cas connus de canal pancréatique double et toutes les variétés d'insertion qui ont été rencontrées dans l'homme est parvenu à ce résultat curieux, que ces variétés ont leurs analogues dans les diverses espèces d'animaux.

Le mode d'insertion des divisions du canal pancréatique sur le tronc principal mérite d'être no té. Les radicules paner éa-

,, , ,,. tiaues ne se réunissent pas en effet en ramuscules, rameaux et Mode d m- T ^ . .

seriioo des di- brauches à la manière des veines; mais les ramuscules provisions du ca- ^ ^jg chaque lobule se rendent directement et successi-

nal pancreati- ^ • • • j ^ 1»

que sur le vemcnt au conduit général, disposition qui donne a i aptronc princi- p^^^.| cxcrétcur dcs paucréas, l'aspect de ces insectes auxquels on a donné le nom de mille-pattes.

Quant à la structure du conduit pancréatique, ses parois

sont très-minces: il est affaissé sur lui-même, d'un blanc

Structure , j j^ • t^auche sur la couleur blanc-grisâtre du tissu

du canal pan- "^ ^ a ,

créatique. propre du pancréas. Sa surface interne est extrêmement lisse, à la ijianière d'une membrane séreusej sa ténuité rend

la détermination de sa texture très-difficile; il est très-extensible.

Déveîoppement.

Le fléveloppement du pancréas ne présente d'autres particularités que celles relatives à son volume qui est propor- Développetionnellement plus considérable chez le fœtus et Fenfant nouveau-né que chez l'adulte. Les maladies du pancréas pendant la vie intra-utérine ne sont pas sans exemple. J'ai trouvé le pancréas squirreux sur un enfant à terme.

Usages.

Le pancréas est l'organe sécréteur d'un liquide particulier Ug^^^^ connu sous le nom de suc pancréatique, dont les caractères physiques et chimiques n'ont été bien connus que dans ces derniers temps. J'ai eu occasion de rencontrer deux cas de réteniion du suc pancréatique. Le canal dilaté représentait une sorte de kyste séreux transparent; le liquide contenu était extrêmement visqueux, transparent, mais d'un œil blanchâtre , à la manière d'une solution de gomme arabique ; je le goûtai , il était légèrement salé : les canaux collatéraux étaient extrêmement dilatés. Il y avait des points blancs comme du plâtre au centre d'une multitude de grains glanduleux. Cette matière , plus abondante dans quelques granulations, put être enlevée et présentait l'aspect d'un petit Analyse fiu morceau de plâtre ou de craie. Ce suc pancréatique soumis à suc pancréaul'analyse chimique par M. Barruel a donné pour résultat un mucus extrêmement pur. C'est même, m'a dit M. Barrnel, le mucus le plus pur qu'il ait eu occasion d'examiner. Il jouit au plus haut degré delà propriétéde rendre l'eau visqueuse, soit en s'y dissolvant , soit en la solidifiant. Ce mucus contient de la soude libre . une trace de chlorure de sodium et une trace trè.s-mininie de phosphate de chaux.

Il y a donc analogie entre le suc pancréatique et le suc salivaire , conséquence à laquelle 1 étude anatomique de ces glandes avait déjà conduit.

SgS SPLANCHNOLOGIE.

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