ORGANES DE LA RESPIRATION. BU LARYNX EN GÉNÉRAL
le plus grand diamètre transversal est de 3 à 4 lignes j chez la femme , il est de 2 à 3 (i).
On conçoit d'après ces dimensions, comment un louis d'or a pu traverser la glotte, en présentant sa circonfé- a^pu'ravVl:: rence , et descendre jusque dans la trachée. Dans ce cas, ^^ s'°'*^* la plupart des consultans appelés repoussaient l'idée de la présence de ce corps étranger dans les voies aériennes , parce que disaient-ils, la glotte ne pouvait pas permettre son introduction. Le malade mourut au bout d'un an : on trouva le louis d'or dans la trachée.
Ventricules du larynx. Entre la corde vocale supérieure et la corde vocale inférieure et de chaque côté , se voit une du ]arynx° "' cavité appelée ventricule , ou sinus du larynx , cavité oblon- Sue d'avant en arrière comme les cordes vocales , dont elle mesure la longueur. La profondeur des ventricules est déterminée par i intervalle qui sépare les cordes vocales du cartilage thyroïde , ou plutôt des muscles thyro - aryténoïdiens, qui forment le fonds de ces ventricules. Leur orifice, un peu plus étroit que le fond, est elliptique dans le sens de la longueur, et a pu permettre l'introduction d'un corps étranger dans leur cavité. Dans le ventricule existe une arrière cwité Arrière <a quon trouve parfaitement décrite et représentée dans l'ou- ^'.'^ ^^^ '^^ vrage de Morgagni- celte cavité, à base large ouverte dans le ventricule, à sommet étroit, représente issez bien un bonnet phrygien ; elle se voit à la partie an:érieure des ventri-
(i) Ces mesures sont prises au niveau de cordes vocales inférieures, le diamètre transversal est un peu plus considérable au niveau des cordes vocales supérieures.
(2) J'ai vu pour la première fois celte arrière- cavité chez un individu affecté de phtliisie laryngée, où elle était très-développée. .Te fis des recherches sur le larynx d'autres individus, et je trouvai que cette disposition était constante. Je ne savais pas alors que Morgagni avait indiqué et fait représenter la même disposition. Advers.i, Epist. anat. viii.
gr.3 SPLANCHNOLOGIE.
cules, se prolonge en dehors de la corde vocale supérieure, entre cette corde et le cartilage thyroïde, sur les côtés de réniolotte. Ses dimensions varient beaucoup. Dans un cas, son diamètre vertical était de 6 lignes ; elle était divisée en deux parties par une bride transversale.
Circonférences du larj^nx.
Bord supé- "^
îare'tltoSr Circonférence supérieure. Beaucoup plus évt^sée que l'inférieure, elle présente : i*^ le bord supérieur anguleux du cartiiage thyroïde et les grandes cornes qui le terminent. 2° Derrière le cartilage thyroïde est l'épiglotte, et entre le cartiiage et lépiglotte, un petit espace triangulaire rempli par Epiglotte. ^^^ ^^^ggg adipeuse serrée , qu'on décrit à tort sous le litre de glande épigloUiqve : j'ai déjà dit que cette masse odipeusè était hmilée supérieurement par une membrane peu't%%îo;: fibreuse, étendue de l'épiglotte au bord postérieur de l'os tùiuc. hyoïde. ,
3° Derrière l'épiglotte, est V orifice supérieur du larynx qu d ,,^lX.nefmtpasconfondrea.eclagloUe,^^^^^^^^ rynx. d'avant en arrière et de haut en bas, ayant la forme dun
triangle dotit la base est en avant et le sommet en arrière, par conséquent en sens inverse de la glotte. Cet orifice est formé en avant par le bordlibre légèrement échancré de 1 epiglotte, et sur les côtés : i« par la partie supérieure des bords latéraux de l'épiglotte; a^par le bord libre des replis muqueux étendus de l'épiglotte aux cartilages arythénoïdes {replis épigîotti-arjténoMîens)', en arrière par les cartilages corniculés, et les sommets dés cartilages aryténoïdes que sépare une échancrure profonde, intermédiaire.
Lorifice su- L'orificc supérieur csl la partie la plus évasée du larynx, et périeur est la permet l'introductiou de corps étrangers qui ne peuvent pas ZZ da'la- traverser le reste de ce conduit. L'épiglotte , par son abais- » vnx, sèment , le recouvre en général complètement et peut même
le déborder sur les côtés.
ORGANES DE LA RESPIRATION. DU LARYNX EN GÉNÉRAL. S'JfJ
lL?i circonférence inféiieure du larynx parfaitement circu- r' ,-^ laire, est formée par le cartilage cricoïde et se continue avec rence inférieur la trachée. ^^'
Muqueuse et glandes du larynx.
La membrane muqueuse du larynx est la continuation de
kl 1 ^ 1 . r\ Membrane
muqueuse buccale et pharyngienne. On a vu que par une muqueuse.
exception unique dans l'économie, une partie de la surface Le larynx
externe du larynx , sa face postérieure était recouverte ^^ lecouveit
J ' r par une meni-
par une membrane muqueuse ; cette exception est motivée branemuqueusur cette circonstance que la face postérieure du larynx fait partie^"^de "°a paroi dans le pharynx. surface exter-
Voici d'ailleurs comment se comporte la muqueuse laryngée : en la supposant partir de la base de la langue, elle se réfléchit sur la face antérieure de l'épiglotte, et dans cette laryneée. réflexion forme les trois replis muqueux glosso-épiglottiques déjà décrits, un médian et deux latéraux ; elle adhère assez intimement à l'épiglotte , se réfléchit sur son bord libre, revêt sa surface postérieure , et pénètre dans le larynx j de chaque côté, elle se porte de l'épiglotte aux cartilages aryténoïdes, pour se continuer avec la membrane pharyngienne qui revêt la face postérieure du larynx. Au niveau de l'ouverture supérieure du larynx , elle se réfléchit sur elle-même pour former les replis muqueux épîglotti-aryténoïdiens, lesquels constituent les parois latérales de la région sus-glottique du larynx, recouvre la corde vocale supérieure , s'enfonce dans le ven- —
tricule et envoie un prolongement dans son arrière- cavité. Dans ce ventricule, elle est remarquable par son peu d'adhérence aux parties qu'elle revêt ; du ventricule elle se réfléchit sur la corde vocale inférieure. Là, de même qu'au niveau 'de îa corde vocale supérieure elle est si mince qu'elle ne voile nullement l'aspect nacré de ce ligament et si adhérente qu'il est difficile de l'en séparer. Enfin , elle recouvre la surface interne du cartilage cricoïde et les membranes crico-thyroïdiennes moyenne et latérales.
68o SPLANGHNOLOGIE.
La membrane muqueuse laryngienne est remarquable par Ténuité et sa ténuité, par son adhérence aux parties qu'elle revêt, et par
adhérence de , ^, t-,,, i i ' p
la muciueQse ^^ couleur rose-paie. iille est ciibiee a ouvertures qui ne sont laryngienne, autre chose que des orifices muqueux. On connaît son exquise sensibilité, surtout à l'orifice supérieur, et dans la partie sus-glottique du larynx (i). Les replis muqueux épiglottiaryténoïdiens , qui contiennent dans leur épaisseur un ligament du même nom et chez les grands animaux des fibres musculaires, sont remarquables par la grande quantité et par la laxité du tissu cellulaire séreux qu'on y rencontre. Cette disposition anatomique les expose à cette infiltration séreuse si rapidement mortelle qui est connue sous le nom à'ajigine \ œdémateuse.
Glandes du larynx, hes glandes du larynx sont les glandules épi^îottiques et les gîandules aryténoïdes. La glande ou corps thyroïde ne saurait être considérée comme appartenant au larynx : si elle appartenait à quelque organe, ce serait à la trachée.
Glandes épi- i*". Glandules épiglottiques. On appelle ordinairement i:}ottiqnes. glande épiglottiquc la masse adipeuse que j'ai dit être placée entre le corps thyroïde et l'épiglotte : on a même prétendu qu'elle s'ouvrait à la face postérieure de l'épiglotte par des conduits particuliers. Il n'y a de glande épiglottiquc que les glandules placées dans l'épaisseur de l'épiglotte, laquelle est criblée d'une ipfinité de trous pour les contenir dans son épaisseur: ces glandules, qui sont tellement multipliées que Morgagni (i) les a considérées comme constituant une seule glande , s'ouvrent toutes sur la face laryngée de l'épiglotte
(i)La sensibilité de la partie sous-glottique du larynx est beaucoup moins développée, ainsi qu'on l'observe dans les expériences sur les animaux et dans l'opération de la laryngotomie, lors de l'introduction de la canule.
^ \) Advers. I , page 2 j advers. Y, page 68.
ORGANES DE LA RESPIRATION. DU LARYNX EN GÉNÉRAL. ^)Sl
par des pertxiis très-manifestes, à travers lesquels on peut exprimer un mucus assez abondant.
2°. Glandules arrtenaides. Parfaitement décrites par Mor- ,., ,
•^ 1 Glaudes aiy
gagni , qui les considère avec raison comme un seul et ténoïdes. même corps glanduleux, situées dans l'épaisseur du repli muqueux épiglotti-aryténoïdien, elles sont disposées suivant deux lignes réunies à angle, à lu manière de la lettre L (i) ; Lcm dispola branche verticale longe la face antérieure du cartilage *^°" anguleuse aryténoïde et du cartilage corniculé, et fait une légère saillie Bien distincte de celles de ces cartilages; la branche horizontale, moins saillante, est logée dans l'épaisseur de la corde vocale supérieure. Lesglandules arytéuoïdes s'ouvrent isolément à la surface interne du larynx.
Vaisseaux et nerfs.
Les artères viennent de la thyroïdienne supérieure , Arièies branche de la carotide externe, et deda thyroïdienne inférieure, branche delà sous-clavière. Les i'^/«e5 vont se rendre ^"''^^* dans les troncs veineux correspondans. Les 'vaisseaux lyni- Yiusseaus
, . 1-11 lyiHpha'iques.
phatiques^ peu connus, vont en grande partie dans les ganglions lymphatiques de la région sus-hyoïdienne, si j'en juge par l'inflammation de ces ganglions, qui est si fréquente dans la laryngite aiguë , etc.
Ses jierfs lui sont fournis par les nerfs pneumo-gastriques : ce sont les laryngés supérieurs et les laryngés inférieurs ou ré- î^erfs, cujTens.hes laryngés supérieurs ne sont pas exclusivement affectés aux muscles dits constricteurs (aryténoïdien et cricothyroïdien); ni les laryngés inférieurs aux muscles dits dila tateurs (cricoaryténoïdiens postérieurs et latéraux, thyroaryténoïdiens), ainsi que l'a avancé un physiologiste célèbre. Le-s mouvemens de bascule des cartilages ary ténoïdes pourraient bien déranger un peu la classification des muscles du larynx en dilatateurs et constricteurs.
(i) Gnomonis , sed obtusanguU figuram utervis acervus liabet (Haller).
682 SPLANCHNOLOGIE.
Développement.
Point de L'évolution du larynx présente ceci de remarquable, que
changemeut dcDuis le moment où il est formé jusqu'à l'époque de la punotable jus- , , ., , , ^ ^ , 1 T •
quà l'épo- Inerte, il ne présente aucun changement notable. Les ventrique de la culcs sout si pcu développés, qu'on en a nié l'existence. La
puberté. 'ii» i t i i
saillie de 1 os hyoïde eiiace en quelque sorte celle du larynx. Il n'existe , comme l'a très-bien prouvé M. Richerand (i) , aucune différence bien remarquable entre le larynx d'un enfant de trois ans, et celui d'un enfant de douze ans; en outre, le larynx n'offre aucun vestige des différences sexuelles qui deviendront si remarquables plus tard. En regard de ces donnée anatomiques, nous devons placer le timbre grêle de la voix et l'uniformité des sons vocaux dans les deux sexes.
A l'époque de la puberté, en même temps que les organes
génitaux, le larynx se développe si rapidement, que dans
.,,.*' 1 1 espace dune année son évolution est terminée : alors,
a l époque ue r J
a puberté. d'unifomie qu'elle était chez les enfans, la voix acquiert et son timbre et sa qualité; alors aussi les différences sexuelles de l'appareil vocal se prononcent.
Serait-ce parce que le développement ne se fait pas d'une manière égale dans les diverses parties du larynx, ou bien par le besoin d'une certaine éducation, que la voix présente alors ces sons discordans, bien sensibles surtout dans le chant, et qui caractérisent ce qu'on appelle mue de la voix ?
, j, , La coïncidence du développement de l'orjgfane delà voix.
Le dcvelop- l r & '
j cmeni du la- et du développement des organes génitaux, a fait admettre lynx es sous ç,^^^^ ^^^ orpanes une relation de cause à effet, et l'observa-