‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 34 sur 185 · RÉGION CERVICALE ANTÉRIEURE SUPERFICIELLE · texte numérisé non relu

RÉGION CERVICALE ANTÉRIEURE SUPERFICIELLE

Nous décrirons dans cette région le peaucier et le sterno cléido-mastoïdien.

Peaucier.

'Préparation. i° Tendre le muscle en renversant la léte en arrière, un billot étant placé sous les épaules du sujet; 2° faire à la peau une première incision horizontale de l'angle de la mâchoire

(ï) Winslow, Expos, anat.^ t, 11, pag. 36o.

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à ïa symphyse du menton; une deuxième incision de la symphyse à l'extrémité interne de la clavicule; une troisième incision le long de la clavicule. Ces incisions doivent être très-superficielles et diviser à peine toute l'épaisseur de la peau. On disséquera ce muscle avec beaucoup de précaution , en ayant soin de commencer par sa partie supérieure, de diriger le scalpel en dédolant vers la peau, et de suivre exactement la direction des fibres charnues qui sont obliques de haut en bas et de dedans en dehors.

Le peaucier^ ainsi nommé par Winslow, latlssimus coJli ^ Situaiion, d'Albinus, est un muscle large, excessivement mince, irrégulièrement quadrilatère, qui double la peau de la région Figure, antérieure du cou à laquelle il est uni à la manière du peaucier chez les animaux.

Le peaucier s'étend, de la peau qui couvre la partie anté- insertions, rieure et supérieure du thorax , jusque sur la partie latérale de la face, où il se termine, i** à la base de la mâchoire inférieure, 2** à la commissure des lèvres, 3° sur le masseter, 4^ à la peau de la face ( thovaco-faciai y Chauss. ).

A partir de l'insertion inférieure qui se prolonge presque toujours jusqu'à l'épaule, etse perd dans le tissu cellulaire sous- j^. . cutané, les fibres charnues se dirigent obliquement de bas en tles fibres, haut, et de dehors en dedans; elles constituent des faisceaux musculeux pâles, écartés les uns des autres, quelquefois fortifiés par d'autres petits faisceaux qui viennent s'ajouter au bord postérieur du muscle, et se terminent supérieurement de la manière suivante : cellesquisontlespluspostérieures se perdent sous la peau de la face, au niveau du masseter dont elles recouvrent l'extrémité inférieure ; celles qui sont plus en devant se continuent, les unes avec le muscle triangulaire des lèvres; les autres traversent ce muscle pour se continuer ?^ec le carré; les plus antérieures se terminent à la ligne qlilique externe de la mâchoire inférieure, et les plus inter nés s'entrecroisent à leur insertion avec celles du côté opposé.

Les fibres postérieures qui se perdent à la peau de la face

Insertions faciales.

98 MTfOlOGÎE.

sont le rudiment d*un faisceau remarquabie, accessoire du

Accessoires ^ ^ , '^ ^

do peaucier. peaucier, et qu'on trouve chez certains sujets. Ce muscle est

dirigé obliquement de haut en bas de la région parotidienne

à l'angle des lèvres. Santorini l'a décrit sous le nom de riso-

riiis no if us.

Rapports. Rapports. Les peauciers occupent donc toute la région an* térieure du cou, à l'exception de la ligne médiane, où ils laissent entre eux un intervalle triangulaire, à base inférieure, Espace trian- dans lequel ils sont remplacés par un tissu fibreux très-dense j gnlaire qm se- ggp^ç^ de raphé qu'on retrouve sur la îigfne médiane de tout

pare leurs r 1 1 o

hords internes le corps .* c'cst la ligne blanche du cou de laquelle partent les divers feuillets qui constituent l'aponévrose cervicale.

Ce muscle est intimement uni à la peau : mais son adlié-

Rapports J^ 7 ^

de la face eu- reucc n'cst pas la même dans tous les points : intim.e en bas, îanee. ^H^ y^^^ beaucoup moins en haut, où le tissu cellulaire qui

sépare ce muscle de la peau est constamment adipeux et peut se pénétrer d'une grande quantité de graisse , comme on îe voit chez les individus qui ont un double menton. On ne trouve jamais de ganglions lymphatiques entre îe peaucier et la peau : tous sont situés au-dessous de ce muscle.

Les rapports de la face profonde du peaucier sont extrêgénéraux de la memeut multipliés. Ce muscle recouvre les régions sus-hyoïfaceprofon e. ^jj^j^j^^^ sous-hyoïdienne et sus-claviculaire; il est séparé de toutes les parties qu'il recouvre par l'aponévrose cervicale à laquelle il est uni par un tissu cellulaire lâche , presque jamais graisseux.

Rapports à ^^ "^^^ enîroils dans le détail de ces rapports, nous verla région c!a- rous quc le peaucier revêt de bas en haut i° la clavicule, le

vicalaire. - 1 i 1 1 .• 1 o 1 • • 1 •

grand pectoral , le deltoïde ; 2 au cou , la veme jugulaire externe, les jugulaires antérieures quand elles existent, le plexus cervical superficiel, le sterno-mastoïdien, romoplat-hyoïdieii. Au coa. le sterno ou cléicîo-hyoïdien , le digastrique, le mylo-hyoïdien, la glande maxillaire, et les ganglions lymphatiques de la base de la mâchoire. Il recouvre également au-devant du

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sterno-mastoïdien, l'artère carotide primitive, la veine jugulaire interne, le nerf pneumo-gastrique ; derrière le sternomastoïdien, les muscles scalènes, les nerfs du plexus brachial, quelques nerfs inférieurs du plexus cervical; 3° à la face, l'artère maxillaire externe, le masseter, le bnccinateur, la glande parotide, etc.

Action. Vestige le plus remarquable du pannicule charnu des animaux, le peaucier imprime de légers mouvemens de plissement à la peau du cou. Son bord antérieur étant la partie la plus épaisse de ce muscle, surtout à son insertion près de la symphyse, fait saillie pendant sa contraction : le peaucier est un des abaisseurs de la mâchoire inférieure; il abaisse en outre la lèvre inférieure; et enfin il abaisse un peu la commissure. Il exprime donc les passions tristes ; mais par sa portion accessoire il devient un antagoniste de la portion principale; car il relève l'angle des lèvres, qu'il porte un peu en dehors , et conséquemment il exprime les passions gaies, d'où le nom de risorius.

A la face.

Action.

II est le vestige du pannicule charnu des animaux.

Abaisseur de la mâchoire inférieure.

De la commissure.

Acticn du risorius.

Sterno-cîéido-mastoïdien.

Préparation. Divisez la peau et le peaucier qui la double, à partir de l'apophyse mastoïde jusqu'à la fourchette du sternum, suivant une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant; renversez les deux lambeaux, l'un en avant, l'autre en arrière, en ayant soin de comprendre dans l'incision une aponévrose gssez forte qui recouvre le muscle. Pour bien voir les insertions supérieures, faites une incision horizontale le long de la ligne courbe demi-circulaire supérieure de roccipital.

Le sterno'cléldo-mastoïdien occupe la région antérieure et situation, latérale du cou; il est épais, bifide inférieurement, plus étroit Y<mve

là sa partie moyenne qu'à ses extrémités. Il s'insère, dune , ^ ^ . ^ ^ r ' , Insertions.

part^ au moyen de deux faisceaux bien distincts, i"" à l'extrémité interne de la clavicule, 2« à l'extrémité supérieure Snpéneure, du sternum, au-devant de la fourchette de cet os.

jtOp MYOLOOIÇ.

D^autre part, à l'apophyse mastoïde et à la ligne courbe Inférienre. ^ , .

occipitale supérieure.

Insertions L'inseition sternale se fait par un tendon qui se prolonge sternales. dans une étendue assez considémble , au devant des fibres charnues.

L'insertion claviculaire se fait par des fibres aponévroti-

Clavicnlaire. . •^^^^ > ^ • • j i 4

aues bien distinctes et parallèles, a la partie interne du bord

antérieur et de la face supérieure de la clavicule ,^ dans une

étendue très-variable; circonstance importante en anatomie

Intervalle chirurgicale. Souvent un intervalle celluleux considérable

ceîlaleus. q"i g^parg Tinsertion sternale de l'insertion claviculaire; dau-

rior%terraîê trcs fois cet intervalle est presque nul; mais, dans tous les

de la portion ^^^ j^ séparation des deux portions est facile. Les fibres char-

elaviculaire. ' '^ -.■.-i.. • j C '

nues, nées de cette double origine, constituent deux gros taisfaisr^Iux ^s- ccaux qui restent distincts dans une partie de leur longueur : tent distincts, aiissi plusieurs anatomistes, et Albinus en particulier, ont-ils divisé ce muscle en deux muscles distincts, qu'ils ont décrits séparément, savoir, le sterno-mastoïdien et le cléido-mastoïdien, division que l'anatomie comparée a sanctionnée. La Direction portion sternale du muscle, plus considérable, se porte de de la portion \yr^^ en haut et de dedans en dehors; la portion claviculaire sternale. ^^ ^^^^^ presque verticalement en haut, et se place derrière

clfvkufairf "" la précédente, qui la recouvre entièrement au niveau de la Ces deux partie moyenne du cou. Ces deux portions restent encore portions se distinctes , bien qu'accolées; elles finissent par se conen w!""' fondre, et viennent s'insérer à la face externe , au bord antéiieur et au sommet de l'apophyse mastoïde, ainsi qu'aux deux tiers externes de la ligne occipitale supérieure. L'insertion occipitale se fait par une aponévrose mince; l'inser- Insertîons tion mastoïdienne par un tendon très-fort qui règne quelque mastoidienne j^^ ^ ^^^ j^^^,j j^^térieur du musclc. La direction

et occipitale. r o i t j 1

Axe k\xx ou l'axe du sterno-cléido-mastoïdien est oblique de bas en muscle. haut, d'avant en arrière et de dedans en dehors.

Rapports de Connexiotis, Ce muscle a des rapports importans. S^face deUe' '"^''^" superficielle ou externe est recouverte par la peau et le

RÉGION CERVICALE A<t¥liitltjil. 8TERIfO-MASTOIDIEIf. îBt

péaucier, dont le séparent la veine jugulaire externe, et les branches nerveuses qui forment ce qu'on appelle improprement plexus cervical superficiel. — Sa face profonde De la face ou interne recouvre , i^ l'articulation sterno-claviculaire ; profonde, â** tous les muscles de la région sous-hyoïdienne, et en outre lë splenius, l'angulaire, le digastrique et lésscalènes; 3° le nerf accessoire de Willis, qui le traverse au-dessous de son tiers supérieur, le nerf pneumo-gastrique, le grand-sympathique 5 l'anse nerveuse de l'hypoglosse , les nerfs cervicaux; 4° la veine jugulaire interne ; 5® l'artère carotide primitive, dont il recouvre seulement la partie inférieure. Son bord Du bord auantérieur fait sous la peau une saillie très - importante *®'^^"''* à étudier, puisque c'est le long de ce bord que doit être pratiquée l'incision pour la ligature de la carotide primitive, et pour l'œsophagotomie. Là glande parotide appuie supérieurement sur ce bord, qui est séparé de celui dTu côté Opposé par lin intervalle triangulaire, dont le sommet est en bas et la base est en haut.— Son bord postérieur constitue Du bord poslë bord âtitétieur du triangle latéral du éoti, dont lé bord *«"*^°'*« externe du trapèze constitué le bord postérieur , et la clavièulé lë bord inférieur. j

Mciiàn. Lorsque lë âtérHB-ètlîiîo-rriâstôïdïéH â'^îi â*îih seul Action, côté, il détermine un mouvement au moyen duquel la tête est fléchie, inclinée latéralement du côté du muscle qui se contracte, et subit un mouvement de rotation en vertu duquel la faeë est tournée du côté opposé. Le sterno-cléido- g^ rotateur de mastoïdien est donc à la fois fléchisseur et rotateur de la '* tcte. tète^

Quand les deux muscles agissent si multanétncnt, ils fié» Action sichissent directement la tête sur le cou et le cou sur le thorax, ^eus musclea. Leur action n'est jamaià pltis tiianifeste que dans l'effort qu'on fait pour relever la tête, quand on est couché horizontalement sur le dos. Cependant il est une position dans laquelle le sterno-cléido-mastoïdien devient extenseur de la ^! P®°* ^®"

* ' 1 11 V A venir exten-

tete: cest celle dans laquelle la tête est fortement renversée «em- de la tète,.

lOa MTOLOGIE.

en arrière. Cet effet est dû à la disposition de l'insertion supérieure, qui a lieu un peu en arrière du point d'appui du levier représenté par la tête.

C'est dans le jeu du sterno-cléido-mastoïdien qu*on a

1^3 çQ^t^aç. surtout roccasion de signaler- la synergie ou la simulta-

tiondecemns- néité d'action de plusieurs muscles pour l'action efficace

clc peut servir ,, i a • • i . i '• i - ,. , .

de preave et ^ "" ^^^'* Ainsi, pour que le slemo-cleido-mastoidien agisse d'exemple de sur la têle avec la plus grande efficacité, il devient nécesmuscu^aTr^^** 5^^^^ *î"^ ^® Sternum, qui est, dans ce cas, le point fixe, soit , dans la plus grande immobilité possible : or , ce résultat ne peut être obtenu sans la contraction des muscles grands-droits de l'abdomen.. Ces derniers, à l.eur tour, ne peuvent remplir cet usage qu'autant qu'ils trouvent sur le bassin un point fixe; et le bassin lui-même ne saurait être fixé sans la contraction des muscles fessiers, demi-tendineux, demi-membraneux et biceps fémoral; enfin ces derniers muscles doivent trouver à la jambe une fixité qu'elle doit à faction de ses muscles extenseurs.

Cette simultanéité remarquable de contractions, que nécessite l'action d'un seul muscle, a été développée par Winslow avec une rare sagacité. Elle a en physiologie, et même en pathologie, des conséquences très-importantes.

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