‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 6 sur 185 · DES MUSCLES EN GENERAL. II · texte numérisé non relu

DES MUSCLES EN GENERAL. II

musculaire. Il résulte de cette disposition, i** un développe- insertion des ment considérable de surface pour l'insertion des fibres mus- fibres muscn-

• • j • ri ïaires aux ten-

culaires, que le tendon recuedie, pour ainsi au-Cj^aîm de ^o^^et aponéconcentrer leurs efforts sur un même point. 2°.#De cette vroses. disposition résulte encore Tobliquité d'insertion des fibres Conséquences, musculaires^ par rapport à l'axe du muscle, qui représente la direction de la puissance : on conçoit que cette obliquité est du plus grand intérêt sous le rapport dynamique ou de la force d'action des muscles (i).

Une des circonstances les plus curieuses de la continuité Union întîdesfi-bres tendineuses ou aponévrotiques avec les fibres mus- ™® ^^. *^"^

^ , ^ . . musculaire et

culaires, c'est l'union intime du tissu musculaire et du tissu du tissu fîfibreux. Cette union est telle, que les violences extérieures ne ^^^^^* la détruisent presque jamais, et quelles triompbent plutôt de la cohésion des fibres musculaires que de celle des fibres tendineuses. C'est un fait bien digne de remarque, et que nous avons déjà eu l'occasion de signaler plusieurs fois, que les adhésions de deux tissus organiques sont plus fortes que la cohésion respective de ces tissus ; de telle sorte que ces tissus se brisent plutôt que de se séparer.

B. liinseriioji des aponévroses et des tendons au système osseux , donne lieu aux considérations suivantes :

Les tendons et les aponévroses constituent des espèces de ligamens , au moyen desquels l'effort d'une masse charnue très-volumineuse se transmet au levier qu'elle doit mouvoir par un cordon fibreux ou une lame aponévroîique d'un vo^ lume peu considéra})le. îl en résulte un grand avantage,

(i) En cfi^t, le tendon elles aponévroses par lesquelles il se continue dans le corps du muscle, représerAÎant la direction de la puissance, les fibres charnues ne peuvent se fixera la surface de ce tendon , sans offrir, par rapport à lui, une incidence plus ou moins oblique. Nous n'avons point à examiner ici les conséquences importantes qui résultent de cette disposition, sous le rapport de la dé^ perdition de force qu'elle entraîne.

12 MYOLOGIE.

Âvantagesde SOUS le rapport de l'e'conornie des surfaces osseuses destîl'insertion des p^^gg ^^x insertions musculaires. Malfi^ré l'étendue que donne

muscles aux os ^ ^ V . ,

par des teu- ^ CCS surfaces le renflement des extrémités osseuses et Texisdons. tence de^éminences et des crêtes dont est hérissée la superfi-

cie des os, cette superficie est évidemment disproportionnée Economie des ii • • ' • v > % n\

surfaces ûsseu- ^vec celle qui Serait nécessaire a 1 insertion des libres musses, culaires proprement dites.

Il résulte encore de Texisience des tendons et des aponévroses cette conséquence remarquable, que les insertions musculaires sont d'une solidité beaucoup plus grande que si les fibres charnues se fussent insérées directement aux Solidité de OS. Le lissu aponévroticjue joue le rôle d'un tissu de tran- 1 insertion. sition, qui tient, par quelques points de son organisation, du système osseux, tandis que , par d'autres attributs , il se rapproche du système musculaire. L'analogie qui existe entre le tissu osseux et le tissu fibreux est confirmé, et par la fréquence des ossifications du tissu fibreux dont quelques portions s'ossifient normalement, ainsi qu'on le voit pour les sésamoïdes, et par le mode même suivant lequel s'effectue l'insertion des tendons. On remarque, en effet , qu'il existe dans le Fasion des point de jonction des tendons aux os une sorte de fusion

tendons et des ^e§ (]eiix tissus, d'où résulte une connexité tellement intime,

os. ' . . '

que toujours les tendons se rompent dans leur continuité

plutôt que de se détacher des surfaces osseuses, et que la macération ne détruit que difficilement les adhérences des tendons à la surface des os.

Des différens os auxquels se fixe un muscle qui se contracte, les uns restent immobiles; les autres sont mis en mouvement : de là la distinction des insertions en insertions fixes et insertions mobiles. Mais cette distinction émi-

ç^ nseriions j^^jjiment Utile ne doit point être prise dans un sens absolu ;

les. elle ne s'applique, d'une manière rigoureuse, qu'à un petit

nombre de muscles qui , comme quelques-uns de ceux qu'on trouve à la face, se fixant d'une part à la peau, et d'une autre part à lu charpente osseuse de la tête , ne peuvent

Î3ES MUSCLES EN CÉNliRAL. l3

Imprimer de mouvemens qu'à leurs insertions cutanées.

Pour la plupart des muscles, au contraire , bien qu'ils aient

le plus habituellement une de leurs insertions fixe, et l'autre j^ç^ j^ge^.

mobile , ces insertions peuvent changer de rôle les unes tions habltael-

,^ P A i ' lement fixes

par rapport aux autres, et devenir tantôt hxes , tantôt mobi- peuvent develes: il faut donc établir avec soin, dans l'exposé de l'action uir mobiles. d'un muscle, l'état respectif de mobilité ou de fixité dans lequel on suppose les diverses insertions.

Nous ferons remarquer, à l'égard des insertions habi" tuellement fixes , comparées aux insertions habituellement Différences mobiles, que pour les premières, il existe des inser- ^'^^''^^^^i^^ser-

. tions fixes et

tions multiples ou disséminées , c'est-à-dire présentant la i^^ insertions forme membraneuse ou aponévrotique ; tandis que , pour mobiles. les insertions habituellement mobiles^ on trouve un tendon bien nettement circonscrit. C'est à cette disposition que se rapportent les expressions métaphoriques de tête et de L'attache mo^ aueue . qui ont été données aux extrémités des muscles.. ^ «t tou-

■^ , , , , jours isolée.

Ordinairement^ l'attache fixe d'un muscle se confond avec

l'aitache fixe de plusieurs autres, tandis que l'attache mobile Origine, ter- . . ■• • 5 ' T» c r* 1 J ' v' 1' *^ 1, minaison d'un

est toujours isoiee. Four taciiiter la description, 1 ^^ttacne j^^^ . habituellement fixe sera désignée sous le nom à origine^ et l'attache mobile, sous celui de terminaison,

Stracture des muscles.,

Les muscles se composent de Jeux ordres défibres : i° de fibres jvuges ou contractiles qui constituent la fibre muscu- Fibres roulaire proprement dite j 2° défibres blanches , albuglnées ^ résis- ^^^ .?". *^°"' tantes j non contractiles, qui constituent les tendons et les apo- p'jbres alb liévroses. Nous avons déjà indiqué, à l'article des ligamens, les ?^^îi(i!i , résis-

• '^'1 I ''1 1^1 ^1 ' tantes^noncon-

proprietes les plus générales des tendons et des aponévroses, tractiles appartenant comme eux au tissu fibreux: un mot sur les attributs particuliers de la fibre musculaire.

i". Couleur. La fibre musculaire offre une coloration roupie, dont l'intensité varie dans les diffcrens muscles , et dans les

T4 MYOLOGIE.

Couleur de différens individus. Cette couleur n'est un attribut essentiel

la fibre muscu- ^g |j^ fibre musculaire ni cbez l'homme, chez lecfuel les laue. . . , ^ ^ .

fibres contractiles du canal intestinal sont blanchâtres, ni surtout chez les animaux , dont quelques-uns ne présentent que des muscles à fibres blanches. La coloration rouge de la fibre musculaire est indépendante du s?ng qui est contenu dans les vaisseaux du muscle.

2". Consistance. I^a fibre musculaire présente une consis- Sa consîs- tance variable chez les différens sujets: chez les uns, elle est molle et se déchire avec facilité; chez d'autres, elle est plus ferme, plus résistante, et conserve, pendant un certain temps, après la mort, une rigidité qui ne lui permet de céder que difficilement aux tractions qu'on exerce sur elle. 3°. Volume. Sous le rapport de son volume ou de son épais- Son volume, sei^r, lafibre musculaire a été le sujet d'un grand nombre d'hypothèses qui ne doivent point trouver place ici. Nous dirons seulement que tous les muscles sont divisibles en faisceaux de divers ordres, ces faisceaux en fibres distinctes, visibles à l'œil nu , et qu'on peut rendre très -apparentes, soit en les isolant par le secours de la dissection , soit en les faisant se crisper par l'action de l'alcool, de l'acide nitrique étendu d'eau, et même de l'eau bouillante. Leur forme est variable, et représente un Sa forme, prisme, tantôt à trois pans, tantôt à quatre, cinq ou six pans ; jamais elle n'est cylindrique. Quant à la longueur des fibres Sa longueur, charnues, elle varie dans les différens muscles. Il n'est qu'un petit nombre de muscles dans lesquels ces fibres, étant parallèles entre elles, ont toute la longueur du corps charnu.

Les fascicules charnus se présentent partout entourés de tissu cellulaire séreux qui , après avoir enveloppé chaque muscle comme dans une espèce de gaine, pénètre dans son épaisseur , et constitue une gaîne semblable pour Tissu cel- (»i^aque faisccau et pour chaque fibre. Ce tissu cellulaire per-

lulaire d cnve- ^ ^ *■ ^ ^ ^ ^ ^

loppe de» fi- niet le glissement facile des faisceaux de divers ordres les brca musculai- ^^^ g^j, j^g autrcs, et constitue autour d'eux une sorte d'at-

res, '

mosphère qui les isole en même temps qu'elle les unit.

DES MUSCLES EN GÉNÉRAL, l5

Soumise à l'analyse chimique , la fibre charnue des mus clés, donne pour résultat.

Acide lactique libre en petite quantité (Berzélius). Analysechi-

Gélatine; quelques sels. mique.

Osmazome , en quantité d'autant moins considérable, que le muscle appartient à un sujet moins avancé en âge.

Leucine. Substance qui a été extraite de la chair musculaire , en traitant colle-ci par des procédés décrits par M. Praconnot. (^Annales de chimie et de physique ^ tom. VlII.)

Indépendamment de la fibre albuginée et de la fibre charnue j il entre encore dans la composition des muscles, des "vaisseaux, des nerfs et du tissu cellulaire. La part que - *

prend ce dernier tissu dans la composition des muscles, vient d'être indiquée. Le mode de distribution des nerfs et des vaisseaux aux muscles, trouvera naturellement sa place dans la description des appareils vasculaire et nerveux (i).

Usages des muscles.

Les muscles sont les organes actifs du mouvement; ils Les muscles

^'^ , y ' !• ' 1 • ' sont la puîs-

constituent ia puissance apphquee aux leviers que represen- ^^^^^ appli-

tent les diverses pièces du squelette. q«ée aux le-

viers. ^ Les mouvemens sont une conséquence de la propriété

qu'ont les muscles de se raccourcir, propriété connue sous

le nom de contractilité musculaire ou niyotilité. Le raccourcis-

., ^, ,, . ,,, ^ ,, Conti'actîon,

sèment d un muscie s appelle contraction'^ l état oppose s ap- relâchement

pelle relâchement. da muscle.

Phénomènes de la contraction musculaire. Pendant leur contraction , les fibres musculaires se plissent en zig-zag sui-

(i) "Notre intention étant de réunir à la fin delà myologie l'histoire des aponévroses, nous nous contenterons, pour le moment, des notions générales qui ont été exposées plus haut sur cette dépendance importante du tissu fibreux.

j6 MYOLOGIE.

Etat de la vant leur longueur: le muscle durcit, et présente une augfibre mnscalai- mentation en lar^^eur et en épaisseur qui est proportionnelle

re peadaut sa ti - • t -n • i i nu

contraction, au raccourcissement. 11 n y a point d oscillation dans la tbre musculaire pendant une contraction normale. Passivité de Les aponévroses et les tendons ne prennent aucune part la portion ten- ^^ |jj contraction ; leur rôle est entièrement passif.

dinease. . •> i n i ♦

^ , , Le désiré de raccourcissement dont la libre musculaire

Degi'e de C> i » • / i> • '

raccourcisse- est susceptible , ne saurait être détermine d une manière "'^°^* ric^oureuse : ce que nous savons, c'est que le raccourcis-

sement de la libre , et par conséquent l'étendue des mouvemens, est proportionnel à la longueur de cette fibre. On distinoue dans la contraction musculaire la force et

Force. o >i • > ^ ■ i*

Vitesse ia "Vitesse : la vitesse ou la vélocité de contraction est bien Etendue du distincte de Xétejidue du mouvement. Celle-ci se mesure mouvement, par la longueur des fibres musculaires; celle-là ne s'explique pas. Variable suivant le sujet, elle tient probablement à la rapidité plus ou moins grande de l'influx nerveux.

Force musculaire, La force musculaire se compose d'un Force mus- ^ . , , . , . . j

culaire. grand nombre d'élémens. Depuis Borelli, on distingue dans

, . . ^ chaaue muscle une force intrinsèque et une force efficace.

ïntnnseque. '-i^^*^'-^^ *^^ J i m i •

Efficace ^^ ^^^'^^ intrinsèque est celle que des fibres musculaires déploieraient si elles étaient dans les conditions les plus favorables pour leur contraction; la force efficace est mesurée par l'effet produit.

L'aT3préclalion de la force d'un muscle suppose la connaissance, i" du nombre des fibres; i"" de la qualité, de la ccfsirerpou^- constitution de la fibre; 3^ de la disposition an levier sur lerappréciatioa y^ le musclc acrlt ; 4'^ de l'angle d'incidence du muscle suF

de la force 1' '^ . , "" i /^i i •

musculaire. je levier; 5° de l'an-le d incidcnc^es nbres musculaires par

rapport à Taxe fictif du muscle.

InHuence, i° Cba que fibre musculaire étant bien distincte des fibres

l'.Dunom- ^Q^giries, et pouvant être considérée comme une petite puis-

bre des fib.es ^^^^^ ^ ^^^ couçoit que plus il entrciu de fibres dans un

muscle, et plus la contraction de ce muscle sera énergique.

:>.« La qualité, la constitulion de la fibre, i'inîensité du

DES MUSCLES EN CÉnÉSAL. I7

Stimulant, n'influent pas moins sur la force de contraction ^ ,

' ^ ^2°. Delaqua-

d'un muscle que le nombre de ses fibres. Pour s'en con- Uté de la fibre

vaincre, on n'a qu'à comparer l'énerfi^ie de mouvement d'un *' /*®, rmien- , . ,,.,.. . site du stiina-

individu qu'anime la colère avec celle d un individu pai- lant.

sible.

3° La détermination de l'espèce de levier (i), que repré- 30 jy^ j'^g, sente l'os sur lequel agit le muscle, est un point fonda- P^<^^ ^« l^^'^^* mental dans l'action musculaire. On démontre en mécanique que la puissance agit avec d'autant plus d'efficacité, que son bras de levier l'emporte davantage sur celui de la résistance. Or, le levier le plus répandu dans l'économie est celui du troisième' genre, c'est-à-dire celui dans lequel la puissance, s'insérant entre le point d'appui et la résistance, agit par le bras de levier le plus défavorable.

4** Sous le point de vue de l'énergie du mouvement , îe le- 4". Brièveté

I I . • l 'f 11 «Il <î« l^ras du le-

vier clc la puissance est aussi deiavorable que possible, car ^j^^. ^^ 1^ -g,

les muscles s'insèrent en général à côté du point d'appui, «ance.

Mais par une sorte de compensation , qui est toute à Tavan- Vitesse et

tas^e de la mécanique animale , les mouvemens feaofnent ^^^'^"^ ""

^ ^ ■• ^/ 00 mouvement en

en vitesse et en étendue ce qu'ils perdent en force. Or^, la raison inverse

(i) Rappelons ici les notions les plus générales du levier. On entend par ce mot en mécanique une verge inflexible qui peut tourner autour d'un point. Le point sur lequel tourne le levier s'appelle point d'appui; le moteur s'appelle /?«^>^<2«6'e; l'obstacle à surmonter s'appelle résistance ; l'espace compris entre le point d'appui et la puissance s'appelle bras de levier de la puissance; l'espace compris entre îe point d'appui et la résistance est le bras de levier de la résistance.

On a distingué les leviers en trois genres , eu égard à la situation respective des trois élémefis : 1" levier du premier genre ou inter-mobile, lorsque îe point d'appui se trouve entre la puissance et îa résistance; 2" levier du second genre ou inler résistant, quand la résistance se trouve entre îe point d'appui et la puissance; 3 levier du troisième genre ou interpuissant , quand la puissance se trouve entre la résistance et le point d'appui.

■ic, %

de la longueur du bras de levier.

î8 MYOLOGIE.

force pouvait s'obtenir par la multiplication des muscles et par

Emploi des ^^^^^ ^^^s fibres cbarnuos de chaque mnscîe.Toutefois les leviers

leviers les plus et les dispositions de levier les plus favorables à la puissance,

favorables à la i i ' • ... i i '

^«î..,,,..» se rencontrent dans les restions qui exicfeaient un grand deploiement de force : tel est le pied dans son articulation avec la jambe, qui offre un exemple de levier de second genre; telle est la tête dans son articulation avec la colonne vertébrale, qui ofFre un exemple de levier du premier genre. 5*. De fin- ^** Uiucidence la plus favorable à la puissance est Tinci-

cîdence de la deUce perpendiculaire. Or, dans l'économie, les muscles étant

puissance. i / . "i i • ^ • '• » .

*^ couches sur les os quils doivent mouvoir, s insèrent, pour

la plupart, à ces leviers sous un angle extrêmement aigu. Leur incidence serait bien plus défavorable encore, sans les renflemens que présentent les extrémités articulaires des os, renflemens qui éloignent les muscles du parallélisme: Elle êâi quel, d'ailleurs, rincidence s'approche plus ou moins de la per-

qaefois per- pgyi Jicuîaire , elle devient même î3erpendiculaire, et se

pendiculaire. * ^ ^ ' *^

trouve combinée avec un levier extrêmement avantageux,

lorsque les besoins de l'économie réclament cette double

disposition : exemple, le pied dans son articulation avec

la jambe.

Une remarque importante à faire dans la détermination Uincîdence ,,,.,, , , . . , . ,

d'un muscle de i action d un muscle, c est que son incidence varie dans

varie dans les |gg cliffércns teuiDS de son action : tellement qu'un muscle,

divers temps . i,M i • i -i

de son action, qui est presque parallèle au levier, lorsqu il commence a

se contracter, lui devient perpendiculaire dans un temps

Momentd'un *^<^""^ de SOU acîion. J'appellerai moment d'an muscle ce

muscle. temps de l'action de ce muscle, où son incidence perpendi-

culaire lui donne tout le degré d'énergie dont il est susceptible : ainsi le moment de l'action du biceps fémoral a lieu lorsque la jambe fait un angle droit avec la cuisse. Il est un certain nombre de n»uscles dont le moment coïncide avec le commencement de leur action : teîs sont les jumeaux et soléaire. 11 est quelques muscles dont fincidence est la même dans tous les temps de leur action , et qui ,

DES MUiCLF.S KN GïtNJ<:RAfc, ig

par conséquent, n'ont pas de moment : tel est le muscle deltoïde.

6" Quant à l'angle d incidence des fibres musculaires f>'. incidenpar rapport à Taxe fictiî d'un muscle, ou au tendon de ter- ^^ *^^* ^*^'^*f

. ^ . par rapport a

minaison, il est une cause de déperdition de forcé, d'autant l'axe fictif d'un plus que cet angle est lui-njeme plus considérable. Pour un °*'*'^^®' certain nombre de muscles, les fibres aponévrotiques font suite aux fibres charnues; pour d'auîrCs, Tangle d'incidence cîe la fibre musculaire est tellement aigu qu'on peut Je négliger.

yippréciation de r action ou des usages des muscles. Puisque Règles pour'

la contraction d'un muscle consiste dans le raccourcissement l'^PPi^êciatioa , , .. , . de 1 action des

de ce muscle, il s ensuit que, pour déterminer h priori son ac- mascics.

tion, il suffit de connaître les attaches d'un muscle et sa direction. On pourra expérimentalement Tapprécier, en plaçant le membre dans une position telle , que le muscle soit dans le relâchement le plus complet.

Or, comme un muscle remplit d'ordinaire plusieurs usages à la fois, il convient de placer le membre dans plusieurs L'actiotid'un positions, afin de noter auelles sont celles de ces positions "^"""'l^*' " ^^ pendant lesquelles le muscle tombe dans le relâchement. Prenons, pour exemple, le grand fessier. Veut-on obtenir le relâchement complet de ce muscle? il faut, i*^ étendre le « i

"-^ ' 1 . Jrar le re-

feraur sur le bassin; i"" le porter dans l'abduction, 3** lui lâchement de

imprimer un mouvement de rotation de dedans en dehors; ^^""**^'^

donc le grand fessier est à la fois, i** extenseur de la cuisse

sur le bassin, 2"^ abducteur, 3* rotateur en dehors.

Pour contre-épreuve, il faut placer le meiribre dans une ^o, par sa position telle que le muscle soit dans letat de tension le tension, plus complet. Les attitudes successives dans lesquelles le muscle sera tendu seront l'opposé de celles que prend le membre pendant la contraction de ce muscle: ainsi, le grand fessier relâché éprouvera, i"" un commencement de tension par la rotation de dehors en dedans ; "f un second derré

20 aiYOLOGIE,

de tension dans l'adduction ; 3" un troisième et dernier degré dans la flexion de la cuisse sur le bassin. RMe ponr Lorsqu'un muscle se réfléchit, il faut, pour déterminer les muscles ré- son action , faire abstraction de toute la portion démuselé qui est en deçà de la réflexion, et supposer la puissance transportée au point même de la réflexion. Action des L'action des muscles disposés en sphincter est de ressphincters. serrer les ouvertures autour desquelles ils sont placés.

Des muscles Lorsqu'un muscle est curviligne, îe premier temps de curvilignes. g^^ action a pour effet de ramener le muscle à la direction rectill^ne.

Les insertions d'un muscle ne sont m également fixes, ni Point fixe également mobiles. On appeUe point fixe d'un muscle l'exd'nn muscle, trémité du muscle qui reste immobile pendant sa contraction; mais le point fixe peut devenir bo//7^ mobile dans cer-

Point mo- ' ^ t, ^ i ' ■ ' 1

bile. taines circonstances : d'où la nécessite de supposer, dans la

détermination de l'action du muscle , que le point fixe deviendra point mobile, et réciproquement.

Le point fixe le plus habituel est i'atrache la plus voi-

Contractions . -, >-^ > i? ' ^i'*.

nécessaires ^'^"^ ^^^ ti'onc. Or, comme, a peu d exceptions près, le point

pour mainte- £xe n'cst jamais parfaitement fixe, et comme, d'une autre

fixe d'un mû"- P'"^^^^ ? l'action d'un muscle partagée entre le point fixe et

cle. le point mobile, serait singulièrement affaiblie, il importe

que le point fixe soit maintenu par la contraction d'autres

muscles dans un état de fixité aussi complet que possible.

Cette succession de contraction , qui peut avoir lieu dans'

un rayon très-étendu , doit être connue du médecin et du

physiologiste.

Lorsqu'un muscle passe sur plusieurs articulations, il meut successivement toutes ces articulations, en commençant par celle de ces articulations qui avoisine le point d'insertion mobile.

Muscles cou- L^s muscles qui concourent au même mouvement sont géiureji. appelés congénères ; ceux qui font exécuter des mouvemens

Antagouistes. opposés sont appelés antagonistes : ainsi, tous les muscle^

con*

DES MUSCLES EN GEKERAiL. ai

fléchisseurs sont congénères; les muscles fléchisseurs sont antagonistes des extenseurs.

Deux muscles peuvent être congénères sous certains rap- Mascles ports et antagonistes sous d'autres. Lorsque ces deux mus- génères sous

, . *' 1 1 ^ rc ' 1 ' • certains rap-

cles agissent ensemble, les eiiets opposes se détruisent, et ports et antal'effet commun reste : ainsi, lorsque le muscle cubital anté- go"'stes sous

, , n ' 1 • d'autres.

rieur, qui est adducteur et liechisseur, se contracte en même temps que le cubital postérieur, qui est adducteur et extenseur, la main n'est portée ni dans la flexion ni dans l'extension, mais bien dans l'adduction. Nous retrouverons, poiir^ ainsi dire à chaque instant, cette disposition qui me paraît donner aux mouvemens une bien plus grande précision, que si ces mouvemens avaient été produits par deux muscles congénères de tout point.

Il y a encore des mouvemens combinés qui sont comme

1 ' 1 11 ïT/" Mouvemens

les résultantes de deux mouvemens differens : ainsi, quand combinés les fléchisseurs et les adducteurs du fémur se contractent simultanément, le fémur suit la direction intermédiaire. C'est de cette combinaison que résultent les mouvemens en fronde ou de circumduction , lesquels sfmt ie produit de quatre ordres de muscles situés aux extrémités des deux diamètres antéro - postérieur et transverse qui traversent l'articulation. Ces quatre ordres de muscles sont désignés sous les noms Aq fléchisseurs^ di extenseurs^ di adducteurs et à!abducteurs.

Enfin, les muscles peuvent se contracter sans faire exe- immobilité cuter de mouvemens : c'est lorsque les muscles antago- a^^îve. nistes se contractent avec une égale énergie. Il résulte de cette contraction simultanée une immobilité active y un. mouvement tonique^ cqmme le disaient les anciens, qui mérite de fixer toute l'attention.

%2 MYULOCIE.

Préparation des muscles.

Pré ar i* '^' ^''4^^'*''^^^^^ extejnporaiiéc. Le but qu on doit se proposer

d'on muscle, clans la préparation d'un nniscle, c'est de l'isoler exactement

desparties qui l'entourent, en laissant subsister tous ceux de

ses rapports, dont la conservation est compatible avec son

isolement.

Comme il est parfois impossible de concilier ces deux choses , la conservation des rapports et l'isolement du muscle 5 il devient alors nécessaire d avoir deux préparations TDour la démonstration ou pour l'étude d'un seul musclts,

,, , . Pour isoler un muscle, il faut le dépouiller du tissu cel-

Refile a sui- ' ^

xredansia pré- lui aire qui l'environne de toutes parts, et qui lui constitue ptratioa uii ^^^^ gaine, souvent très-adhérente. Or, pour enlever complètement le tissu cellulaire , il faut :

i'*. Faire à la peau une section dirigée parallèlement à la longueur des fibres du muscle, et pénétrer par cette incision jusqu'au corps même de ce muscle , en y comprenant la gaîne»

2''. Dèsquon peutsaisir le lanibeau cutané avec la main, on doit le tendre largement et l'écarter, en portant le bistouri dans l'angle qui se forme entre le muscle et les tégumens.

5°. Dès que la face superficielle est mise à découvert, on sépare avec précaution la face profonde, en conservant^ aa*^ tant que possi!)le, les rapports importans.

4". On dissèque ensuite iesinsertions, en les circonscrivant av<^c la plus grande exactitude.

5". On doit attacher, pour l'étude du système musculaire, une grande importance au choix cjes sujets. Les muscles des sujets robustes, et pourvus d'un médiocre embonpoint, sont ceux qui se prêtent le mieux à l'étude de l'appareil musculaire.

B. Conservation des muscles dans les liquides. L'alcool , l'huile esseitielie de térébenthine, un mélange à parties égale»

DES MUSCLES EN GÉNÉRAL. ij

de ces deux liquides, les solutions de deutochlorure de mercure, de persulfate de ^ev, peuvent être employés pour la conservation des muscles, dont ils allèrent toutefois plusieurs propriétés, teî!e que la couleur, la consistance, etc.

C. Préparations par dessiccation. -— Ce genre de pi e'paration exigeant des procédés particuliers , nous renvoyons pour ce sujet aux traités spéciaux de préparations, Fo)', les ouvrages de MM. Marjolin, Lauth.

Ordre de description des muscles.

Avant de passer à la description des muscles , en particulier, il se présente une question importante : celle de savoir dans auel ordre seront étudiées les diverses réffions du svstème musculaire.

Galien,pour décrire les muscles, divisa le corps en régions, Ordre top dans chacune desquelles il décrivit les muscles d'après l'or- ^ "i* ^ " dre de leur superposition. A l'ordre deGalien, qui est entièrement topograpliique, Vésale substitua un ordre fondé ordre phvsur la considération des usages des muscles, c'est à-dire un siologîqae. ordre physiologique.

C'est cet ordre physiologique qui fut adopté par Winslow, qui désignait les diverses régions musculaires par les dénominations suivantes : Muscles qui meuvent C épaule sur le tronc, muscles qui meuvent le bras sur V omoplate. Albinus, oui AîLinnsafait

f> ' 1 • \ \ \ r* \' i''i 1 ^ revivre Tordre

lit revivre ia metliode de (jalien, divisa les muscles en qua- topograpîiique rante-huitrégions pour l'homme, quarante-six régions pour îa femme. Cet ordre fut exclusivement suivi par Sabatier. Vicq-d'Azyr le perfectionna, en établissant quelques subdivisions dans les groupes qui avaient été formés par Albinus. C'est cet ordre ainsi modifié qui a été adopté par presque tous les anatomistes modernes.

Cet ordre est évidemment préférable à beaucoup d'é- Avantages de gards , en ce qu'il est essentiellemezit snatomique j et qu'il *^* ®'^''*'

24 MVOLOGIE.

est le plus propre de tous à faire bien apprécier les rapports tles muscles entre eux.^ et des diverses régions entre elles. Il a, sous le rapport de Féconomie des sujets et de la facilité des préparations, un avantage incontestable sur Tordre physiologique , avec lequel il peut du reste se concilier pour un assez grand nombre de régions. C'est donc celui que nous adopterons, en lui faisant toutefois subir quelques modifications qui permettront de faire toute la myologie sur le même sujet. Du reste, après avoir exposé l'histoire des muscles en particulier dans Tordre de leurs i^apports topographiques, nous en présenterons un tableau général où ils seront groupés dans un ordre physiologique.

DES îvîUSCLES EN PARTICULIER.

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