‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 93 sur 185 · DES APONÉVROSES EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES APONÉVROSES EN PARTICULIER

APONÉVROSE SUPERFICIELLE, OU FASCIA SUPERFICIALIS.

Ce qu'on j)g ^^^^g ^es points de la face profonde de la peau naissent

doit entendre ^ ^ ^ , ^ ^

par fascia su- des lamelles fibreuses qui, s'entrecroisant en divers sens, perficiel, constituent des mailles ou aréoles, dans lesquelles sont

déposées, la graisse dans l'embonpoint, la sérosité dans l'infiltration. C'est dans l'épaisseur de ces lames qu'est développé le peaucier des animaux, et que rampent les vaisseaux, nerfs et ganglions lymphatiques sous-cutanés : c'est l'ensemble de toutes ces lamelles qu'on est convenu d'appeler dans ces derniers tempsya6"c/a superficialis.

Signalée de la manière la plus explicite par Glisson , qui la dési<ïnait sous le nom d'enveloppe musculaire générale, et qui la faisait partir de l'épine pour recouvrir toute la surface du corps, cette couche sous-cutanée a été d'abord décrite sur l'abdomen, à l'occasion des hernies, par Camper, Cowper, Scarpa, Hesselbach, Lawrence, J. Cloquet, etc. M. Godman l'a étendue à toute la surface du corps. M. Paillard , dans sa dissertation inaugurale, l'a suivie avec plus d'exaetitude encore. MM. Velpeau et Blandin , dans leurs

FASCIA SUPERFICIEL. 3o3

traités d'anatomie chirurgicale , considèrent dans presque

toutes les régions un fascia superficialis.

Mais en donnant au mot aponévrose l'acception p^éné- ^ - .

^ . . , ^® fascia su-

ralement usitée, il n'existe de fascia superficialis, c'est-à- perficieln'exisdire de toile aponévrotique susceptible de démonstration !® P^* ^^^ *°^* anatomique, que dans deux ordres de régions : i* dans celles où la peau jouit d'une grande mobilité ; 2.^ dans celles où existe une couche de vaisseaux et de nerfs souscutanés ; dans l'un et l'autre cas , ces prolongemens fi* breux s'épanouissent en lame mince qui constitue l'enveloppe superficielle de ces vaisseaux et de ces nerfs, et qui

^ r / j 1, / T 1 1 • I^a°s quelles

est séparée de i aponévrose d enveloppe musculaire par une jugions ^^ le couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire séreux et rencontre, adipeux. Dans tous les autres points , ces prolongemens fibreux de la peau vont se continuer, soit avec les aponévroses d'enveloppe, soit avec les gaines fibro-celiuleuses propres des muscles , ou se perdre dans le tissu cellulaire sous-cutané. Cela est si vrai, que cette espèce de couche fibreuse aréolaire, que l'on sépare à grand'peine de la peau chez les personnes amaigries, disparaît chez celles dont les mailles fibreuses sont distendues par de la graisse ou de la sérosité. Cela posé , je vais décrire le fascia superficiel dans les régions seulement où son existence est bien démontrée, c'est-à-dire à la partie inférieure de l'abdomen et aux extrémités.

De l'aponévrose sous-cutanée abdominale.

Cette aponévrose , en formant la première enveloppe £1 '11- i/r^ T 1 Aponévrose

nbreuse sous-cutanee des hernies , a du nxer 1 attention des gous - cutanée

auteurs qui se sont occupés ex professa de Fanatomie patho- abdominale, logique de ce genre de maladies.

Elle devient manifeste au voisinage de la région ombilicale, d'autant plus évidente qu'on s'approche davantage du pli de l'aine , et là se divise en deux lames, dont l'une se fixe g^ division à l'arcade fémorale, et dont l'autre se prolonge sur le en deux lames.

bon

3o4 APONKVROLOGIE.

« ,. . merôbre abdominal. Ses limites sont en dedans la li^ne m«-

Sa disposi- o

ion sur l'an- diane ; en dehors une perpendiculaire élevée de l'épine neau ingmna . yj^^q^g antérieure et supérieure. Elle se prolonge sur l'anneau inguinal et le cordon des vaisseaux spermatiques chez l'homme.

On a dit que chez le fœtus , avant la descente du testicule , ce fascia s'enfonce dans le canal inguinal pour former un prolongement intundibuliforme, lequel atteint l'extrémité inférieure de cet organe, et on suppose que 4e dartos est le résultat de l'épanouissement du fascia superficialis 5 mais une pareille description ne peut être considérée que comme une vue ingénieuse de l'esprit , et n'a pas été faite le scalpel à la main.

Du reste, la face superficielle de l'aponévrose sous-cuta-

Rapports. ^ ; ^ ^ *■

née abdominale répond à la peau , dont elle est séparée par une couche plus ou moins épaisse de tissu adipeux; c'est dans ce tissu cellulaire adipeux que rampent les vaisseaux et les nerfs sous-culanés de l'abdomen. Sa face profonde répond à l'aponévrose du grand oblique, et en partie au corps charnu de ce muscle, dont elle est séparée par une couche de tissu cellulaire séreux qui lui permet de glisser aisément sur ce muscle et sur les vaisseaux et nerfs sous-cutanés.

aponévrose sous-cutanée des membres îhoraciques et abdominaux*

C'est une gaîne fibreuse, mince, séparée de la peau Aponévrose par une couche plus ou moins épaisse de tissu adipeux,

sous - cutanée / / i i, / ni i

des muscles Séparée de 1 aponévrose d enveloppe par les vaisseaux et thoraciques et nerfs sous-cutanés. On la cherche inutilement, i" autour des

abdominaux. ... ^, ,, . ^ii i

articulations ; 2** a la paume de la main et a la plante (X^s^ pieds, où la peau devient adhérente aux aponévroses.

APOTrèVROsÉs DU CRANE.

1°. Aponévrose occipito-frontaley ou aponévrose épicranienne. Calotte apo- v i i / • ;

ncvroti^e. G est uoc cspcce de calotte aponevrotique ^galea capUis^ on

APONÉVROSES KPICRANTFNNE ET TEMPOR AT,E. ^o5

fïutanée, étendue des deux muscles frontaux aux deux muscles occipitaux. Par s^ face superficielle ^ elle adhère intimement à la peau à l'aide de prolongemens fibreux très-courts et trèsrésistans, dans les intervalles desquels s'amasse du tissu adipeux : les vaisseaux et nerfs frontaux, occipitaux, temporaux et auriculaires rampent dans l'épaisseur de ce tissu adipeux. Par sa face profonde^ elle glisse sur le périoste du crâne Facepérîoa- [péricrânè)^ à l'aide d'un tissu cellulaire séreux très-délié, dans lequel il ne s'amasse jamais de graisse. Son bord antérieur reçoit les fibres des muscles frontaux et remplit l'intervalle qui sépare ces deux muscles, entre lesquels elle forme une pointe triangulaire. Son bord postérieur reçoit les fibres des Les muscles

muscles occipitaux, et remplit Fintervalle de ces muscles : occipital et

1 1 r 1? rp 1 '1' ' frontal sont les

ces deux muscles ront 1 omce de tenseurs de 1 aponévrose, tenseurs de l'a-

Son bord externe donne insertion aux muscles auriculaires po^iévrose épi-

, . , . crânienne,

supérieur et antérieur.

Composée en arrière de fibres resplendissantes qui semblent faire suite aux fibres de l'occipital , elle perd bientôt son aspect nacré, et devient plus adhérente aux tépfumens. Sa résistance

, ^ ^ ' ^ ^ o n est pas la

Epaisse et résistante au niveau de l'ovale supérieur de la même dans l^s tête, elle s'amincit et devient presque celluleuse latérale- ^^^"^^ po»»*»

r * de son étendue

ment.

On pourrait regarder l'aponévrose épicranienne comme une dépendance du fascia supefficialis. C'est à sa présence qu'est du l'étranglement qui est si fréquent eî si i>Tave dans Conséquen-

1 • n • 1 \ . T' 11 ' 1 10 / ces pratiques.

les imiammations de cette région. L adhérence de 1 aponévrose à la peau explique la forme aplatie des loupes et des petits abcès qui se forment dans cette région.

7p. Aponévrose temporale.

Indépendamment de laponévrose d'insertion du temporal, décrite à Foccasiou de ce muscle, il existe encore une aponévrose d'enveloppe extrêmement forte, qui, née du l)ord supérieur de l'arcade zygomatique, va s'insérer à la a- A)

Etendue,

3oS APONÉVROLOGIÏ.

ligne courbe qui borne en haut la fosse temporale. Cette Elle encaisse ^P^^^v^ose Complète l'espèce de boîte dans laquelle est enle mascle tem- caisse le mûscle temporal; l'intervalle qui la sépare de la fosse temporale mesure l'épaisseur de ce muscle.

Bien différente de l'aponévrose épicranienne, qui la re- Défautd'ad- ^^^^'^i'^ supérieurement , et qui est située sur un plan plus suhéience de sa perficiel, cette aponévrosc n'a aucune adhérence avec la la ea ^ ^^^^ pcau, qui glisse facilement sur elle : sa face profonde, adhérente à la partie supérieure du muscle auquel elle fournit de

Safacepro- , . ,,. . i • i-i -, ^ /

fonde. nombreux points d insertion , devient libre en bas , séparée

qu'elle est des fibres charnues par une grande quantité de

Tissu adi- tissu adipeux, d'au la dépression que présente la région

peux qui la se- i i i ...

pare du muscle temporale chez les personnes amaigries.

Èpiissenr Son épaisseur va en augmentant de la partie supérieure à plus considé-j^ partie inférieure. Là, elle se divise en deux lames : l'une

rable en bas. ^ ' , . ». ^ v i i n

superficielle, plus mince, qui smsere à la lèvre externe du

Sa division ^ iii ii'

en deux lames, bord supérieur de 1 arcade; 1 autre, profonde, qui se perd à la

face interne de cette arcade. Chez les sujets pourvus d'em-

^^^^ ^ ]' bonpoint.une assez grande quantité de graisse s'amasse entre

peux interme- J: ' o i o

diaire. CCS deux fcuiUets ,* une branche remarquable de l'artère,

temporale est reçue dans leur intervalle. Il faut bien distinguer cette graisse de la masse adipeuse, bien plus considérable, qui est située sous l'aponévrose elle-même. La résis- Conséquen- tance de cette aponévrose explique pourquoi les abcès qui

ces pratiques. ^^^ j-^^^ ^^^^ ]^ f^ggg temporale ne tendent nullement à se

porter au-dehors, mais bien à fuser dans la fosse zygoraatomaxillaire.

APOiVEVROSES DE XA FACE.

1^. Aponévrose parotidienne.

Gaîne aponévrotique très-den§e, surtout dans la partie qui

Elle envoie *■ ^ ' i i»

des prolonge- rcvêt la facc cxtcme de la glande, continue en bas avec la- Tiï'sl'^r"' ^1 ponévrose cervicale. Cette gaîne appartient en propre à la glande. glande , dont elle constitue la charpente, par les prolonge-

APONÉVROSES CERVICALES. 3q

mens x^breux qu'elle envoie de sa face profonde. La densité de cette gaine explique et la douleur qui résulte de l'inflammation de cette glande, et la difficulté qu'éprouve le pus à se faire jour du côté de la peau.

2°. Aponévrose massetérine.

Lameaponévrotique mince qui revêt le muscle masseter, et.se continue en bas avec l'aponévrose cervicale, en arrière J^"^^" ^' semble se diviser en deux lamelles, dont l'une constitue l'aponévrose parotidienne, dont l'autre pénètre entre cette glande et le masseter, qu'elle sépare ; elle se perd en haut et en avant dans le tissu cellulaire. Le pus subjacent à cette aponévrose tend à se diriger du côté de la région cervicale; le pus extérieur à cette même aponévrose se dirige au contraire vers la peau.

^ 3°. Aponévrose du huccinateur.

Le buccinateur est recouvert par une lame fibreuse trèsadhérente, que l'on considère comme l'épanouissement de la ^"' ^'' ^^ A o, , T , ^ ^ ■ "^"^ *** pre au muscle.

game fibreuse du canal de Stenonjlame fibreuse qui s'épaissit en arrière, et porte le nom d'aponévrose buccinatopharyngienne, parce qu'elle donne insertion, dans ce sens, au muscle constricteur supérieur du pharynx en arrière, et au buccinateur en avant. Cette aponévrose prévient l'ouverture dans la bouche des abcès qui lui sont extérieurs. Elle s'oppose à l'extension au-dehors des maladies qui attaquent la muqueuse.

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