STRUCTURE 3ES DENTS
La couronne des dents est creusée d'une cavité dont ia
11 1 /- • ' Cavité den-
ngure reproduit celle de la dent. Cette cavité se prolonge taire.
en se rétrécissant dans le centre de ia racine, et vient s'ouvrir au sommet du cône simple ou multiple que représente cette racine par un perluis plus ou moins considérable.
Cette cavité offre des dimensions qui sont en raison inverse c v
de l'âçre , c'est-à-dire d'autant dIus considérables que 1 â<re est sionsemaison
n r •„ a > ■ ri-. » , » inverse de la-
nioms avance; elle Imit même par s oblitérer complètement. e#
Elle contient une substance molle qui constitue la pulpe
dentaire.
La dent se compose donc de deux substances, l'une exté- La de
Heure, dure ou corticale, non organisée: c'est ia portion compose de
? !'„•..'• i .. •'',.! deux substan-
aure ,- 1 autre intérieure, pulpeuse et organisée: c est la pov~ ces
tion molle ou pulpe dentaire.
i°. Pulpe dentaire. La pulpe denuûre, contenue dans la pnjpe den.
cavité dentaire comme dans un moule, représente la forme taîre«
de la dent à laquelle elle appartient. Cette pulpe tient aux
vaisseaux et nerfs dentaires par un pédicule nerveux et
□ne papille.
5ï4 DES DENTS.
vasculaire qui pénètre dans !a cavité dentaire par l'ouverture dont est percé le sommet de la racine, et qui, parcou- La 1 si rant le petit canal , vient se continuer avec elle. Cette pulpe, un bulbe ou que des analogies dont on appréciera ht justesse dans l'étude du développement des dents, doivent faire considérer comme un bulbe, une grosse papille , paraît formée par un renflement nerveux, pénétré par un grand nombre de vaisseaux. Du reste, les artères qui lui sont destinées proviennent toutes de !a maxillaire interne; les nerfs dépendent des branches maxillaires supérieure et inférieure de la cinquième paire* une membrane difficile à démontrer à raison de sa ténuité, sert d'enveloppe à cette pulpe, qui est douée d'une sensibilité exquise; c'est à elle qu'il faut rapporter et les douleurs dentaires, et tout ce qui a été dit sur la sensibilité et sur la vitalité des dents.
•i°. Portion dure ou corticale. La portion dure ou corticale est composée de deux substances: l'une qui revêt la couronne, et qu'on appelle émail, parce qu'on l'a comparée à la couche vitreuse de la porcelaine; l'autre, qui forme toute la racine et toute la partie profonde de la couronne: c'est l ivoire, improprement nommée portion osseuse de la dent.
La couche que forme l'émail présente sa plus grande
épaisseur à l'extrémité triturante de la dent. Cette épaisseur
va en diminuant à mesure qu'on s'approche de la racine,
jusqu'au collet, où elle se termine brusquement. C'est même
le relief de la ligne courbe indiquant la limite de l'émail, qui
différentiels de détermine le rétrécissement appelé collet. En exposant d'une
l'émail et de manière comparative, et en quelque sorte par opposition , l'ivoire. . » , ., , ., ,,,... c
les caractères propres de 1 email et ceux de 1 ivoire, je ferai
mieux ressortir les attributs propres à chacune de ces deux
Déduits de substances.
i°. L'émail est d'un blanc bleuâtre, laiteux et demi-transparent. L'ivoire est d'un blanc jaunâtre, comme satiné.
2°. L'émail, étudié sur des fragmens de couronne, présente des fibres perpendiculairement implantées sur l'ivoire,
Email.
Ivoire.
Caractères
la couleur.
Fibres de l'émail.
et fortement pressées les unes contre les antres, L'ivoire, au cornet» de contraire, est formé de couches concentriques, de cornets l'ivoire, emboîtés, et dont les fibres sont en général parallèles à la longueur de la dent. *
3Ç. L'une et l'autre substance sont excessivement du- Dureté plus rcs. Mais, sous ce rapport, l'émail l'emporte de beaucoup grande de Tésur l'ivoire; il fait feu avec le briquet, et résiste beaucoup plus que l'ivoire à toutes les causes d'usure, même à la lime, qu'il finit par attaquer. Cette dureté de l'émail, qui est un puissant élément d'inaltérabilité , explique pourquoi les dents se conservent intactes tant qu'elles sont revêtues d'émail, pourquoi, au contraire , elles s'usent beaucoup plus facilement quand une fois l'ivoire a été mis à nu, Du reste, c'est à cette extrême dureté que l'émail doit son extrême fragilité, qui est un de ses principaux attributs. Différences
4°. Sous le rapport de leur composition chimique, l'émail relatives » 1» ,,. , . , ,,«». . ' composition
et 1 ivoire présentent aussi des ditterences importantes, et chimique.
qui se trouvent consignées dans le tableau suivant :
I6. Ivoire. a0. Email.
Phosphate de chaux , 6i,$5 Phosphate de chaux , 85,3
Fluate de chaux , 2,io Carbonate de chaux , 8,o
Phosphate de magnésie, i,o5 Phosphate de magnésie, i,5
Carbonate de magnésie , 5,3o Membranes, soude et eau 0,20 Soude et chlorure de sodium, i,4o
Cartilage et eau, a8,qo
Pfésenee 4e
. . cartilage dans
Il suit de là que la grande différence chimique qui existe en- J'ivoire.
tre l'émail et livoire consiste surtout dans la présence d u earti- Absence de
îage, c'est-à-dire d'une matière animale dans livoire, et dans £"nlJj8<î *m
gon absence dans l'émail.
.La présence d'une matière cartilagineuse dans l'ivoire est
un trait de similitude entre cette substance et les os: ce
rapprochement est encore conformé par le mode d'action
5l6 DES DENTS.
du calorique, sous l'influence duquel l'ivoire se comporte à Différence la manière d'un os; mais il y a entre les os proprement dits
entre l'ivoiie j ... • j i • , ■■ • • - i>
et l'os et ' lvoire lol!t 1 intervalle qui sépare un tissu vivant d un
produit de sécrétion solidifié. {
J'admettrai donc une absence complète de vitalité et dans l'ivoire, et dans la portion corticale de la dent : toutefois, il existe des phénomènes qui semblent contradictoires à cette opinion.
„ . i° La substance corticale de la dent donne la sensation
Faits qui ten-
draient à faire des corps qui la heurtent, bien plus manifestement que les
admettre la vi- 1 . i i
»„ivj a . oncles et les cheveux, talite des dents o
2° Les acides affaiblis, et particulièrement les acides végétaux , deviennent, par leur application sur les dents, l'occasion d'une sensation particulière qui rend le moindre contact extrêmement douloureux; sensation qu'on exprime en disant que les dents sont agacées.
Faits qni la Mais si, d'un autre part, on considère que, i°la substance repoussent. des dents ne s'enflamme point; 2° qu'elle ne devient le siège d'aucune tumeur ni d'aucune production pathologique; 3° qu'elle s'use par le frottement et par la lime, à la manière d'un corpsinorganique , sans qu'elle se répare, et sans que rien y atteste la présence d'un mouvement nutritif, on sera conduit à admettre l'absence de vitalité dans les dents, et on expliquera, par un simple phénomène de transmission, les faits dont nous avons parlé précédemment.
r „•,&..*. Au reste, l'émail et l'ivoire sont d'un grain plus ou Ce qu on ap- ' » r
pelle maladies moins dur, plus ou moins fragi'é, plus ou moins altérable, dure^e^dents s"ivant ^es individus : de !à les différences dans la durée des s'explique par dents et dans leur altérabilité. Il ne faut pas croire que
des altérations .,..., . • ■ . , . . ,
chimiques livoire mis a nu s«>it susceptible de cane ou de nécrose; ses altérations sont d'une nature toute chimique. L'opinion contraire nu pu prévaloir qu'à l'époque où on assimilait les dents aux os. Toutefois, elle a exercé sur ie langage médical une influence qui se conserve encore : on dit une dent cariée, une dent nécrosée, exostosée; on a même admis le pina ventosa. des dents.
DÉVBtOPfEMEN T. 5 I f
Remarque. De tout ce qui précède, il résulte que les dents ^ Lesdentsde , ... ,...••-'.•'•-.,,..,. . l'homme sont
de I homme sont simples, cest-atlire constituées par un sini ,
noyau d'ivoire recouvert d'une couche d'émail. Les dents
J Des dents
composées ne se voient que chez les herbivores, chez les- composées. quels la mastication consiste en un broiement très-considérable : on ne les observe que dans les molaires. Ce qui caractérise une dent composée , c'est la division de la couronne en un nombre plus ou moins considérable de couronnes plus petites, dont chacune est constituée par un noyau d'ivoire que revêt une couche d'émail. Toutes ces couronnes sont réunies en une seule par une troisième substance qui s'appelle cément, et dont le tartre humain peut donner une assez bonne idée.
DEVET.OMEAIEÎtT DES DENTS OU ODONTOGEKIE.
L'étude du développement des dents est un des points les plus intéressans de leur histoire ; elle embrasse la description des phénomènes qui précèdent, accompagnent et suivent, i° l'éruption des dents de la première dentition; S,0 celle des dents de la seconde dentition.
Première dentition ou dentition temporaire , provisoire.
Phénomènes qui précèdent l'éruption.
Quand on examine les mâchoires d'un fœtus de deux rtat j à trois mois, on voit qu'elles sont creusées par une goût- l'os maxillaire
. • < 1 . e J i- • ' i i • ^ < ' • cQez le fœtus.
tiere large et proîonue, divisée, par des cloisons tres-minces , en autant de loges ou alvéoles distinctes qu'il doit y avoir de germes dentaires.
La ffoultière alvéolaire est fermée au côté du bord libre E,at dc la i " > • • / , gencive,
par la membrane gingivale, que surmonte une sorte de
' i i - ^ * ' ,-.',, Crète sringi-
crele mince et comme dentelée. Cette crête est tonnée va^
par un tissu , auquel quelques anatojrnstes ont donne
5ï$ Blâ BEHÏS.
Ite nom de cartilage dentaire; ce tissu est fibreux, blanchâtre, très-résistant. La crête rie s'étend ni sur la face antérieure ni sur la face postérieure de l'os maxillaire, lesquelles sont revêtues par la muqueuse, -et dépourvues de gencive qui, à cette époque, n'existe que sur les alvéoles. Le tissu fibreux gingival envoie dans chaque alvéole un Périoste al- prolongement (périoste alvèolo-denlaire ), qui forme à chateoo- entaire. ^& follicule un sac hbro-muqueux perforé au niveau du
Il forme un t i 1 v i • i » -i i
sac fibreux. *ond «e iaiveoie, ou n donne passage aux vaisseaux et aux nerfs dentaires* Ces prolongerions eu sacs étant intimement unis à la membrane gingivale , il en résulte qu'en exerçant une traction légère sur cette membrane, on enlève les follicules de l'espèce de loge dans laquelle ils étaient contenus, et on dénude complètement l'alvéole. H'sto're l ^e follicule ou germe dentaire est essentiellement consti-
follicule ou tué par une membrane dans laquelle est contenue une es-
faire* ^ pèee de papille pédiculée connue sous le nom de bulbe ou de pulpe dentaire.
Membrane l0 ^a memurane du follicule , après avoir revêtu le sac
du follicule, fibreux gingival que nous avons dit tapisser l'alvéole, se réfléchit sur les vaisseaux et les nerfs qui forment le pédicule du bulbe, et semble se prolonger sur ce bulbe, où cependant on ne l'a pas encore démontrée. D'après cette manière de voir, la membrane du follicule constituerait, comme les Elle consti- S(^reuses un sao sans ouverture, libre et lisse par sa face in-
tue un sac saus ' . .
ouverture. terne, adhérent par sa face externe: un liquide transparent
et visqueux remplit les vides qui existent entre le bulbe et
le feuillet alvéolaire de Sa membrane.
Ëjïoejaè o"âp- Voici dans quel ordre apparaissent les follicules de îa pre*
parition des . v . *■ •
follicules. miere dentition:
Vers le milieu du troisième mois de la vie fœtale, il en existe quatre bien distincts sur chaque mâchoire; à la fin du troisième mois, paraît sur chaque moitié de mâchoire un troisième follicule, qui est suivi de l'apparition d'un quatrième et d'un cinquième vers la fin du quatrième mois.
DÉVELOPPEMENT. Slg
2°. Du bulbe dentaire. Dans le principe, la membrane du gulbe dentaire follicule dentaire ne contient qu'un fluide, rougeâtre d'abord, puis (l'un jaune blanchâtre; mais vers le troisième Epoque dé mois apparaît un petit corps qui, sous la forme d'une pa- son aPParluon pille, s'élève du fond de l'alvéole. Cette papille vasculaire et nerveuse devient de plus en plus consistante et de plus en plus volumineuse. Un pédicule très-mince, formé par les vaisseaux et nerfs dentaires, est le moyen d'union de la pupille , qui est suspendue à la manière d'un grain de raisin.
La papille, qui constitue Se bulbe dentaire, acquiert peu , ,. , , . T 1 i r Lebulbeden*
à peu la forme propre à enaque dent, dont elle offre une taire représen.
image exacte, et devient le noyau autour duquel se forme te !a fornie de
" J l la dent qui doxt
la dent. La couronne est la partie qui se dessine la pre- lui succéder, mière sur cette papille ; on y trouve déjà toutes les dépressions et toutes les éminences qu'elle doit offrir dans la suite.
Vers le milieu de la grossesse commence la formation de Epoque de la portion dure. La production de la matière ossiforme la formation de
« iv • 1 c 1 1 11 --il'',- la Partie dure
s effectue a la surface du bulbe par une véritable sécrétion. ^e iadent. On y voit d abord de petites lames ou écailles très-fines, souples et élastiques d'abord, puis de plus en plus consistantes, en nombre égal à celui des saillies que présente la pulpe
dentaire. Ces lames ou écailles constituent comme autant de I*»" ou. . . , , écailles den-
points de formation dentaire qu on a compares aux points taires.
d'ossification des os. Ainsi les dents incisives et canines ne Points de présentent qu'une seule écaille: les bicuspidées, deux; les formation denmulticuspidées, autant de points qu'elles ont de tubercules. Ces petites écailles embrassent si intimement la pulpe dont elles forment l'étui, qu'il faut quelque traction pour l'en détacher; et toutefois leur face interne est très-lisse, de même que leur surface externe. 11 est à remarquer que dans tous les points recouverts par des petites écailles, le germe offre une rougeur beaucoup plus vive. Les écailles sont visibles à la mâchoire inférieure avant qu'on en trouve à la supérieure.
J20 Jjlis DKNTS.
Voici, du reste, dans quel ordre s'effectue leur appa-
Ordre d'ap- r'l*on '• '('s incisives moyennes se m outrent de quatre à cinq
parition de.s la- mois; eiies sont bientôt suivies, x° des incisives latérales- 2° de
mes on écailles i ■ » i • , . , . .
^-dentaires. la VvWnmFé .-mmwïrç ■', ou molaire antérieure, qui apparaît
de cinq à six mois; 3° à très-peu de distance l'une de l'autre,
de la canine et de la deuxième molaire: Ses écailles de toutes
les dents de la première dentition ont apparu à sept mois,
suivant Meckel; à huit mois, suivant Blake.
Formation ^ar ^e progrès du développement, les écailles s'étendent.
successive des Peu à peu elles s'unissent les unes aux autres, et consti-
cornets ébur- ,, , . ,- A
nés. tuent un cornet courue qui s accroît en emprisonnant la
pulpe, et s'étend peu à peu jusqu'au pourtour du pédicule vasculaire et nerveux, dans îe point où ce pédicule pénètre l'alvéole.
Le cornet le plus extérieur étant formé, il s'en forme un second en dedans du premier; puis un troisième, qui est emboîté dans le second, et ainsi de suite, à la manière des cornets d'oubliés.
L'ivoire est C'est la surface externe du bulbe qui sécrète l'ivoire.
sécrété par le t ' -i . • , >. < 1 r •!< ^ • '. i 1 • i •
bulbedentaire JLi etriail est secrète par le teuiliet pariétal ou alvéolaire
T,, .. de la membrane du follicule: il est, dans le commencement Lemail est ' '
sécrété par le de sa formation, tellement mou , que dans le fœtus à terme
feuillet parié- „' l • . » v- -i v \ i , •* >i ' >
tald f in i on 'e sépare tres-iaciiement de la matière eburnee.
On a dit que l'émail était, comme l'ivoire, un produit de sécrétion du bulbe, lequel produit transsuderait à travers les diverses couches de l'ivoire, pour se solidifiera sa surface; d'autres ont dit que l'émail est une sorte de cristallisation formée aux dépens du liquide au milieu duquel baigne la dent; enfin îe plus grand nombre admet avec Hunter que l'émail est un produit de sécrétion du feuillet pariétal, de même que l'ivoire est un produit de sécrétion du feuillet bulbaire.
Cette manière de voir me paraît d'autant plu. s probable, qu'en examinant avec attention ce feuillet pariétal, on découvre à sa face profonde, au niveau de la couronne, une
espèce de pulpe ou (îe rendement très-sensible, surfout au niveau des molaires. CetEe pulpe extérieure s'atrophie aussitôt que l'émail est formé; ce qui explique pourquoi la Circonstance sécrétion de 1 email ne se fait pas sur la racine, bien qu'a- anatomiqnequi
i • ■ • ii milite en fii-
pres l'éruption de la dent la racine ait pris la place de la veur de cette couronne. Cette pulpe extérieure n'existant pas pour certai- °i,inioonés dents chez plusieurs espèces d'animaux , il ne faut pas s'étonner si ces dents manquent d'émail. Enfin, lorsque cette pulpe extérieure persisteaprèsl'éruption desdents, la sécrétion de l'émail continue après l'éruption de ces dents, comme celle de l'ivoire. Les dents incisives du lapin , du castor, sont dans ce dernier cas. Chez ces animaux, l'émail n'occupe que la face antérieure de la dent; disposition qui la maintient parfaitement affilée, en raison de l'usure inégale des faces antérieure et postérieure.
De tout ce qui vient d'être dit sur les phénomènes de la formation des dents provisoires avant leur éruption, on peut déduire les conséquences suivantes:
i° Des deux parties constituantes de la dent, savoir, la por- l» pnlpedention corticale ou portion dure, et la pulpe ou portion médul- ,airc précède
i - , .... , , . . ., , , la portion du-
laire, c est celle-ci qui se développe la première; et des deux re. élémens distincts de la portion dure, l'ivoire et l'émail, c'est T>- •
1 ' ' L ivoire pre-
l'ivoire qui se forme le premier. i° C'est parla couronne que cède l'émail, débute la formation de la substance corticale de la dent ; les racines ne se forment qu'en second lieu. 3° Le bulbe se trouvant emprisonné au milieu des produits solidifiés qu'il a fournis, et qui rétrécissent progressivement sa cavité, diminue graduellement de volume.
Phénomènes qui accompagnent l'éruption.
A lépoque de la naissance, toutes les dents sont encore contenues dans leurs alvéoles. On doit considérer comme exceptionnels les cas dans lesquels on a vu des enfans naî-
Si» DES liliNTS.
tre avec une dent ou deux. Si à cette époque on enlève la
Etat des al- • ^ • • i i ' i •.. t 1
-, . , paroi antérieure des aiveoles, on voit que les dents sont
veolt-s et des l ' 1
dents avant la déjà très -développées, mais qu'elles le sont inégalement;
naissance. . r • ' *... ■ *. 1 r i i r > ' i
aucune toutefois na encore atteint le iond de i aiveole.
Phénomènes Riais après la naissance , et à des époques qui seront
de l'éruption, indiquées plus tard, le sommet de la racine ayant atteint le
fond de l'alvéole, et l'accroissement de la dent ne pouvant
plus se faire de ce côté , cet accroissement s effectue du
La perfora- cot^ de la gencive, laquelle est comprimée, s'enflamme et se
tioudelagen- perfore, sans que du reste cette perforation soit le résultat
cive est la suite \. .
de l'infLunnia- exclusif de la distension produite par la dent; car la munon par com- gueuse gingivale est très-peu distendue quand elle s'ouvre;
pression, et H b *> l > V; 4 , V'
non de la dis- tandis que dans d autres cas ou celte membrane est beautension, coup plus distendue, soit par des polypes, soit par d'autres
tumeurs, elle ne se déchire nullement.
La gencive se La dent sort peu à peu; la gencive se moule successivemou e sur a ment sur jes t}iver3es portions de la couronne, et enfin sur
poi non de cou- l '
ronne qui pa- le COÎlet.
•La division de la gencive est une opération laborieuse,
qui cependant ne peut expliquer complètement l'apparition
des accidens graves dont s'accompagne l'époque orageuse de
la première dentition.
L'éruption des dents n'a point lieu simultanément : elle Lérnptîon r . r . ,
des dents est est successive, et 1 ordre dans lequel se tait cette éruption
successive. est assujetti à des lois qui ne comportent que peu d'exceptions.
Lois qui i° Les dents de la même espèce apparaissent par paire,
président à mie adroite, l'autre à gauche.
cette erup- ' °
tion. 2° Les dents de !a mâchoire inférieure précèdent dans
leur apparition celles de la mâchoire supérieure.
3° Les incisives moyennes précèdent les incisives latérales,
celles-ci les premières molaires, après lesquelles viennent les
canines, puis les deuxièmes molaires.
Epoque de L'éruption des dents de la première dentition eommence
lenipnon. vers le sixième mois après la naissance, et se termine à la
pÉV£LOPÎ>EMEÎïT. 5»î
fin de la troisième année ou au commencement de la quà* trié me.
Du quatrième au dixième mois apparaissent les incisives Ordre d'apmoyennes inférieures, et bientôt après les incisives moyen- par'1"»* des nés supérieures; du huitième au seizième mois, les incisives latérales inférieures, puis les incisives latérales supérieures; à\i quinzième au vingt-quatrième, les premières molaires in>férieures ; du vingtième au trentième, les canines inférieures, puis les supérieures.
Dans certains cas , l'éruption des canines et celle des premières molaires sont simultanées, et quelquefois môme l'éruption des canines précède.
Du vingt-huitième au quarantième mois apparaissent les secondes grosses molaires qui complètent les vingt dents de la première dentition.
Deuxième dentition.
"Phénomènes qui précèdent l'éruption.
La deuxième dentition consiste dans l'éruption des dents
qu'on appelle permanentes , pour les distinguer des dents ^"ë1 dcn,g . T 11/ » 1 1 • "• « àk remplace-
temporaires. Le nombre des dents appartenant a la deuxième mcût.
dentition est de 3a, savoir, vingt de remplacement eteX2 Douze dents nouvelles. \. nouvelles.
Cette dentition , de même que la dentition provisoire, nous offre à étudier les phénomènes qui précèdent, accompagnent et suivent l'éruption.
Les follicules ou germes des dents de la seconde denti- „. . ,
8 , ,. Situation des
tion correspondent à îa rangée des dents déjà formées, dont germes dentaï-
ils sont séparés par des cloisons; ils sont dans les rapports™9 . . *c suivans avec les follicules des dents provisoires: i° Les follicules des dents nouvelles que présente la deuxième dentition, c'est-à-dire des trois dernières molaires, sont sur la même courbe que les dents de lait , mais nécessairement situées aux extrémités latérales de ces courbes. 2° Les fol-
lieuîes des dents de remplacement sont an contraire place's précisément derrière les dents correspondantes.
Ces follicules sont contenus d'abord dans les mêmes alvéoles que les dents temporaires ; ce n'est qu'après un certain espace de temps qu'ils en sont peu à peu séparés par la formation d'une cloison qui, du fond.de l'alvéole , se porte Comnaunica- "Vers son orifice. Néanmoins, long-temps encore après la tion des alvéo- formation de cette cloison , les alvéoles temporaires et les
les des dents , , . .
de remplace- alvéoles permanentes communiquent par une ouverture assez ment avec les large, à travers laquelle passe le cordon qui unit les deux
alvéoles des . ° . , , ' ,
dents tempo- dents. Du reste, le développement du follicule des dents raires. permanentes ne diffère pas sensiblement du mode.de déve-
loppement du follicule des dents provisoires; seulement l'accroissement du système vasculaire de ce follicule coïncide avec la diminution ou l'atrophie progressive du système vasculaire de la dent provisoire.
Phénomènes qui accompagnent l'éruption.
Tant que le développement de la dent permanente peut Compressioia s»ej|'ectuer yerg |g ^on^ Je l'alvéole , les dents temporaires
des dents tem- ' r
porairesparles ne sont nullement ébranlées; mais arrive une époque où
dents peraia- }'accroissement (Je ]a dent se faisant du côté. du bord aivéonen.tes.
. laire , les alvéoles de la première dentition sont comprimées,
puis détruites dans le point correspondant à la couronne des dents permanentes. Dès-lors les alvéoles de la première dentition appartiennent à la deuxième : comprimées par la couronne des dents permanentes, les racines des dents de lait s'usent, se détruisent, deviennent vacillantes, et se déta- Chute des c]ient par ]e p]us léger effort , n'étant plus retenues que
dentsdelait. r > , r i « f ' 1 • , A
par 1 espèce de bourrelet forme par la gencive autour du
collet de la dent.
La chute des dents de lait n'a pas toujours lieu par le
mécanisme que ie viens d'indiquer, c'est-à-dire par là des- Mécanisme /, , , . i . -.Wii ,. • ce i
de leur chute, truction préalable de leur racine, iiuelquetois, en efiet , la
ejent permanente ne pénètre nullement dans l'alvéole de la
dent de lait correspondante; mais cette alvéole s'affaisse peu
à peu par le développement toujours croissant de 1 alvéole
permanente voisine. Dans ce cas, les dents de lait peuvent
tomber sans destruction de leurs racines, qui, presque
constamment alors, sont grêles et comme atrophiées.
Toutefois, une compression, soit sur les parois de l'ai Lacompres-
véole temporaire , soit sur les racines de la dent de lait, pa- S10n dela tlent , • i- 11 i i • t , de remplace-
rait presque indispensable pour leur expulsion. Lorsqu en ment en est ja
effet la dent de remplacement se dévie , et par conséquent canse. n'exerce aucune compression sur la dent de lait correspondante, celle-ci persiste, etconsdtue une surdent ou dent surnuméraire.
On ne peut donc méconnaître l'influence de cette com- ». ., ,, r Manière da-
pression sur la chute des dents de lait. Mais les analo- gir de la commistes ne sont pas d'accord sur la cause immédiate de la Press,on* destruction des alvéoles temporaires, et des racines des dents qui y sont contenues.
Quelle est la manière d'agir de la compression ? Détermine-t-elle la chute des dénis de lait d'une manière purement mécanique, ou bien l'amène-t-elle indirectement par la destruction des vaisseaux et des nerfs dentaires? Un auteur a fait jouer le principal rôle à cette dernière cause. Mais ce que nous avons dit sur le défaut de vitalité des dents prouve surabondamment qne l'usure de l'alvéole et de la dent de lait est due à une compression mécanique.
Toutefois, la destruction àes racines des dents de lait s'effectue sans laisser le moindre débris. ïl y a donc une action moléculaire1 d'absorption qui est certainement activée Darïa compression. exercée sur Ia
Il i , . ., , , ' dent de lait.
II n est pas nécessaire, ainsi que 1 ont pense plusieurs anatomistes , d'admettre un appareil absorbant particulier affecté à cet usage. Du reste , les dents de la première dentition s ébranlent et tombent dans l'espace de temps compris entre ia sixième et la huitième année. Leur chute successive s'eifectue dans l'ordre même de leur appariîion.
Blake a parlé le premier de l'existence d'un cordon qui,
§»<? »£$ DE3ÎT8.
partant du follicule delà dent permanente., vient se eonti^-
Gubernaca- 1 . » . •. 1 r
lum demis nuer avec la gencive a travers un petit canal osseux , creuse
derrière les alvéoles des dents de la première dentition. On a supposé que le petit canal osseux, et le cordon placé dans son intérieur, étaient destinés à diriger la dent durant ItSr demis. ^e phénomène de son éruption. De là les noms de iter dentis donné au petit canal , et de gubernaculum dentis donné au cordon , qui a été ingénieusement comparé par M. Serres au gubernaculum testis. Ce cordon , qui m'a paru plein et nullement canaliculé , est très-prononcé pour les ineisives , et filiforme pour les molaires. Du reste, 1 influence de l'iter dentis et du gubernaculum , sur le trajet des dents permanentes durant leur éruption , ne s'exerce pas d'une manière constante.
Ordre d'éruption. Les premières des dents permanentes qui
Premières . , . , . . ., , ,
grosses molai- apparaissent sont les premières grosses molaires 5 elles preceres on dents dentde beaucouples autres dents permanentes. Elles fontsuite aux dents de la première dentition, avec lesquelles elles coexistent pendant quelque temps: aussi sont-elles mal à propos classées parmi les dents de la première dentition dans plusieurs traités d'anatomie. Ces premières grosses molaires sont connues sous le nom vulgaire de dents de sept ans. „ , „ L'éruption des dents de remplacement se fait dans le même
Ordre d ap- A x .
parition des ordre que celle des dents de lait; eue a lieu pour chaque dents; de rem- pajre aux époques suivantes :
placement. * l l . ,. , . ,
Incisives moyennes inférieures , de six à huit ans.
Incisives moyennes supérieures, de sept à neuf ans.
Incisives latérales , de huit à dix ans.
Première petite molaire, de neuf à onze ans.
Canines, de dix à douze ans.
Deuxième petite molaire, de onze à treize ans.
Deuxième grosse molaire , de douze à quatorze ans.
Enfin,
Troisième grosse molaire, à une époque plus reculée, de
dix-huit à trente ans.
DÉvrxoppr.MKKT. 5a<7
Dn reste, la plus grande irrégularité se fait remarquer , , dans l'éruption de cette dernière molaire, qui manque sou- dans lYpoque vent, qui d'autres fois reste toute la vie comme ensevt-lie ,e . ,e,°,î*,on
' l île la troisième
partiellement ou en totalité dans l'épaisseur de la ma- grosse molaire choire.
Les incisives et les canines de remplacement sont plus larges que les incisives et les canines de lait. Une disposition inverse s'observe pour les deux premières molaires de remplacement, ou petites molaires. Y a-t-il une compensation Lesîodents
telle que les vingt dents de la première dentition occupent de rcruplace-
, . , , , , , . , , ment n'occa-
un espace précisément égal a celui qu occupent les vingt pent pas p|ns
dents correspondantes de la seconde dentition? Cette ques- de P,ace Hae tt i i • co • les 20 dents de
tion , posée par Hunter et résolue par lui aîhrmativement, kit.
n'est pas purement spéculative ; elle intéresse singulièrement la question pratique de l'avulsion des dents de lait. On peut confirmer la vérité de l'assertion de Hunter en mesurant avec un fil l'espace occupé par les vingt dents temporaires, comparativement à l'espace occupé par les vingt dents correspondantes de la deuxième dentition. Cette expérience a été faite par M. Delabarre sur le même individu à lépoque des deux dentitions.
Phénomènes qui suivent l'éruption.
Les phénomènes qui suivent l'éruption des dents permanentes se rapportent: i° à leur accroissement; 2° à leur chute.
i°. Accroissement des dents. Les dents de l'homme ne sont L;m;fea je pas, comme celles de certains animaux, des rongeurs en racornissement