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RÉGIONS DES OS

dans la description , de diviser cette surface en un certain nombre de parties ou de régions que l'on passe successive- Régions, ment en revue.

Or, ces diverses parties ou régions ont été désignées sous Faces> tords, les noms de faces , bords et angles.

Ainsi, dans le corps prismatique et triangulaire des os longs , on considère trois faces et trois bords ; dans les os larges, on considère deux faces et une circonférence ; celle-ci est elle-même subdivisée en bords et en angles : ces derniers sont formés par la rencontre des bords. On considère six faces dans les os courts.

Ces faces et ces bords ont été désignés tantôt d'après leur situation en faces et bords supérieurs , inférieurs , antérieurs , postérieurs, etc.; tantôt d'après les parties qu'ils concourent à former : telles sont les faces orbitaires , palatines du maxillaire supérieur; tantôt eu égard à leurs rapports, face cérébrale , face cutanée des os du crâne, bords frontal , occipital, temporal , de l'os pariétal.

Lorsque les bords donnent insertion à un grand nombre de muscles , on a jugé convenable de les diviser en trois parties ou lignes parallèles : une moyenne qu'on appelle inters- ne ^ jevrs in tice, et deux latérales qu'on nomme lèpres, lèpre externe et terne et inters-

tîce.

lèvre interne: exemple, le bord supérieur de l'os coxal, la ligne âpre du fémur.

Éminences et cavités des Os.

Les os présentent des éminences et des cavités sur les» quelles il importe de jeter ici un coup-d'oeil général,

A. Eminences des Os.

Les éminences osseuses étaient distinguées par les anciens en deux grandes classes : les apophyses et les épiphjses. Voici sur quelles bases reposait cette distinction qui se rat-

tache au mode de développement des diverses éminences. Suivant eux, parmi ces éminences, les unes naissent du corps même de l'os , semblent n'en être que des prolonge- Apophyses, mens, des végétations: ce sont les apophyses; les autres, au contraire, se forment par des noyaux osseux isolés, qui apparaissent à des époques variables dans le cours du développement des os : ce sont les épiphyses : mais cette distinc-

Epiphyses. . -, , . . , ..

tion, fondée sur une observation incomplète, a perdu toute sa valeur depuis que les belles recherches de M. Serres sur l'ostéogénie ont fait voir que presque toutes les éminences osseuses se développent par des points isolés; en sorte que, telle éminence qui est épiphyse jusqu'à une certaine époque, devient apophyse quelque temps après. Si donc la plupart des éminences se forment par des points osseux particuliers , il ne peut y avoir entre elles de différences que celles relatives à l'époque plus ou moins reculée de leur union avec le corps de l'os.

i° Eminences Une distinction bien autrement importante est celle qui articulaires, divise les éminences en articulaires et non articulaires.

Les éminences articulaires ont reçu différens noms. i° On

Dentelures, les appelle dentelures lorsqu'elles forment des saillies anguleuses analogues aux dents d'une scie : exemple , les dentelures des os du crâne. Cette forme d'éminence est exclusivement affectée aux articulations immobiles. Les autres éminences appartiennent aux articulations mobiles.

Les éminences qui servent aux articulations mobiles ont reçu différens noms.

Têtes. l0- On les appelle têtes quand elles représentent une por-

tion de sphère supportée par une partie plus étroite , à laquelle on donne le nom de col : exemple, tête et col du fémur.

Condyles. a0. Condyles , lorsqu'elles représentent , une têtealongée, ou une portion d'ovoïde coupée parallèlement à son grand diamètre : exemple, condyles de la mâchoire inférieure. Les éminences non articulaires sont pour la plupart desti-

ÎÉMlNENCES ET CAVITES DES OS. »9

nées à des insertions musculaires. Elles ont reçu des noms qui ao Eminences sont en général déduits de leur forme. On appelle : non articul.

i°. Bosses , celles qui sont peu élevées, lisses, à peu près Bosses> également étendues dans tous les sens : exemple , bosses pariétales , bosses frontales.

2*. Eminences mamillaires , celles qui forment des petits Eminences mamelons : exemple, eminences mamillaires de la surface interne des os du crâne.

3*. Protubérances ou tubérosités , celles qui sont d'un vo- Protubéranlume notable , arrondies , mais inégales : exemple , protubé- sité rance occipitale , tubérosité bicipitale du radius.

4°. Epines ou apophyses épineuses, celles qui, par leur forme Épines, aiguë, le plus souvent inégale, ont quelque analogie avec une épine : ex., épine du tibia, apophyses épineuses des vertèbres.

5°. Lignes , celles qui ont beaucoup d'étendue en longueur, Lignes. très-peu en largeur: telles sont les lignes demi-circulaires de l'occipital. Quand ces lignes sont plus saillantes et parsemées d'aspérités , on leur donne le nom de lignes âpres : exemple , ligne âpre d u fémur.

6°. Crêtes, celles qui sont élevées et tranchantes : crête Crêtes. externe, crête interne de l'occipital; crête du tibia. On a donné à une de ces crêtes le nom à! apophyse crista-galli , parce qu'on l'a comparée à une crête de coq.

7°. On a conservé le nom d'apophyses aux eminences qui Apophyses.' ont un certain volume, et semblent former comme un petit os sur-ajouté à celui dont elles naissent, et on les a distinguées par différentes épithètes presque toutes déduites de leur forme. Ainsi, on appelle apophyses clinoïdes , des apophyses qu'on a comparées aux colonnes d'un lit («aw, lit ; nJoe, forme): exemple, apophyses clinoïdes du sphénoïde.

Apophyses ptérygoïdes, celles qu'on a cru ressembler à des ailes (îttepI, aile).

Mastoïdes, celles qui ressemblent à une mamelle ( ^«f os P mamelle ).

Apophyses zygomatlques, celles qu'on a trouvé ressembler à un joug (£»yw,joug).

Stjloïdes, celles qui ressemblent à un stylet.

Corônoïdes , celles qui ressemblent à une dent de couronne.

Odontoïdes, celles qui ressemblent à une dent (a^sr, e #«xros-, dent) : apophyse odontoïde de la deuxième vertèbre cervicale.

Coracoïdes , celles qu'on a trouvé ressembler à un bec de corbeau (xopuKos, corbeau) : apophyse côracoïde de l'omoplate.

Apophyses irialléolaires ou malléoles, celles qu'on a Comparées à un marteau ( maliens, marteau).

Quelques apophyses ont été désignées par des noms déduits, i6 des parties qu'elles concourent à former : apophyses orbitaires, malaires, olècrane («Aevjj, coude; ^ivoi/, tête); a0 de leur direction : exemple , apophyse montante du * maxillaire supérieur; 3° de leurs usages : tels sont \estrochanters, dont le nom dérive de rpoxaai (je tourné), parce que ces éminences servent d'insertion aux muscles qui font tourner la cuisse sur son axe.

Yicedulan- Nulle part peut-être le vice du langage ostéologique n'est

gage osteol°- p0ussé plus loin que dans la nomenclature des éminences.

gique. . . , . 7

Ainsi , l'épine de l'omoplate peut-elle être comparée aux apophyses épineuses des vertèbres; la longue apophyse styloïde du temporal à la petite apophyse dite styloïde du radius? Plusieurs éminences qui remplissent des usages analogues, ont reçu dés noms différens : ainsi, la grosse et la petite tubérosités de l'humérus, qui donnent attache aux muscles rotateurs de l'humérus, n'ont pas reçu la même dénomination que le grand et le petit trochanters du fémur, qui donnent attache aux muscles rotateurs de cet os.

Aussi, tout en conservant les noms que l'usage a respectés, aurons-nous soin d'indiquer les noms plus rationnels que

ÉMINENCES ET CAVITES DES OS. 3l

des anatomistes modernes , et nommément Chaussier , ont cherché à substituer aux anciennes dénominations.

Le volume des éminences d'insertion est en général pro- Du volume

, ! ^ * ^ c i i^jt des éminences

portionnel au nombre et a la force des muscles et des liga- ^'insertion, mens qui s'y implantent. Pour s'en convaincre , on n'a qu'à étudier comparativement le squelette de l'homme et celui de la femme, le squelette d'un homme de cabinet et celui d'un athlète.

Cette proportion remarquable entre le volume des saillies osseuses et la force des muscles qui s'y insèrent, a fait attribuer la formation des éminences à la traction musculaire.

Cette opinion est facile à réfuter; et, sans entrer ici dans des détails qui appartiennent à l'anatomie générale, je me contenterai d'établir par des faits que les sail- Les éminenlies osseuses sont dans le plan primordial de 1 organisa- fa™\ \° \Jaction , si bien qu'elles existeraient lors même que les tion muscum'uscles n'auraient jamais exercé de tractions sur lés os. J'ai eu occasion de disséquer deux fois l'extrémité tlioracique d'individus qui, à la suite de convulsions éprouvées dans leur première enfance, avaient été frappés de paralysie complète de cette extrémité. Le membre avait à peine les proportions de celui d'un enfant de huit ou neuf ans, bien que celui de l'autre côté fût parfaitement développé. Eli bien! dans le membre atrophié les plus légères comme les plus fortes saillies étaient parfaitement marquées. D'ailleurs, ne voit-on pas les cavités servir à l'insertion de muscles très-vigoureux, témoin la cavité ptérygoïde du sphénoïde?

B. Cavités des Os.

Indépendamment des grandes cavités CfUe présente le squelette, cavités à la formation desquelles concourent plusieurs Cavités des

i". Cavités

articulaires.

Cotyloïde.

Glénoïde.

Alvéoles.

a". Cavités non articulaires.

Fosses.

Sinus.

Cellules.

Gouttières.

Coulisses.

3a OSTÉOLOGIE.

os, et qui sont destinées à loger et à défendre les organes importans à la vie , il est un grand nombre de cavités plus petites qui sont pratiquées dans la substance même des os.

Comme les éminences, ces cavités se divisent en deux grandes classes : en articulaires et en non articulaires.

Les cavités articulaires ont reçu différens noms.

i°. Celui de cavité cotyloïde désigne la cavité articulaire de l'os coxal , parce qu'elle est profonde, circulaire, et semblable à une espèce de vase connu chez les anciens sous le nom de xotuAjî, cotyle, écuelle.

2°. Le nom de cavité glénoïde appartient à plusieurs cavités articulaires peu profondes : exemple, cavité glénoïde de l'omoplate ; cavité glénoïde du temporal.

3°. La dénomination à' alvéoles a été consacrée aux espèces de cellules qui logent les racines des dents; mais on ne doit point considérer comme une articulation le mode d'union des dents avec les os maxillaires, car nous verrons ailleurs que les dents ne sont point de véritables os.

B. Les cavités non articulaires doivent être envisagées sous le double rapport de leur forme et de leurs usages : sous le rapport de leur forme, on les a distinguées par les dénominations suivantes :

i°. Les fosses sont des cavités largement excavées, plus évasées à leur entrée qu'à leur fond: exemple, fosses pariétales.

2°. On appelle sinus les cavités dont l'ouverture d'entrée est étroite: sinus sphénoïdaux, maxillaires, etc.

3°. Cellules, celles qui sont peu considérables, multipliées, et qui communiquent entre elles : cellules ethmoïdales , etc.

4°. Gouttières, celles qui représentent un demi- canal: telles sont au crâne les gouttières longitudinales, latérales, etc.

5°. Celles-ci prennent le nom de coulisses lorsqu'elles sont tapissées par une couche mince de cartilage , et laissent passer des tendons: ex., coulisse bicipitale de l'humérus; de pou-

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