‹ Anatomie descriptive et comparative du chat, type des mammifères en général et des carnivores en particulier (volume 2)Chapitre 21 sur 30 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

De la composition du Squelette chez les Vertébrés.

Le Squelette est formé chez^ tous les Vertébrés , comme d ailleurs le corps entier, de deux moitiés latérales égales , symétriques , et par con- ^queut paires, réunies entre elles dans le plan médian , et principalement le long de la ligne dorsale , où les deux moitiés se réunissent sur une chaîne de pièces impaires, mais également symétriques > nommées Vertèbres , d où le nom de Vertébrés donnés aux Animaux qui en sont pourvus. Souvent aussi on trouve, dans quelques parties de la région inférieure du corps, opposée à la ligne dorsale , une autre série de pièces également impaires et symétriques, réunissant en dessous les parties latérales du squelette , pièces qui reçoivent , selon la place qu elles occupent, les noms de Sternum^ di Hyoïde et de Thyroïde^ etc.

Les pièces latérales du squelette se distinguent ensuite en deux divisions, dont les unes s articulent plus ou moins directement soit avec les vertèbres, soit avec le sternum, l'hyoïde ou le thyroïde, etc., et contournent la partie centrale du corps ou le Torse , pour soutenir ses différents organes et favoriser leurs fonctions, concurremmenfavec les vertèbres, les pièces stemales et les diverses analogues de ces dernières ; et dont les autres pièces ou celles de la seconde division , plus éloignées du centre , et ne s articulant jamais avec les vertèbres , excepté chez les Chéloniems , où lextrémité des omoplates touche aux côtes, forment au plus deux paires d appendices garnis de muscles , ou Membres , distingués entre elles par les épithètes ai antérieure et Ae postérieure (supérieure et inférieure chez Y Homme qui marche debout), selon la place que chaque paire occupe sur le tronc , et dont la fonction est de servir de soutien à ce dernier, et à faciliter son déplacement en priasse ; double fonction dans laquelle les membres sont souvent suppléés , ou même remplacés par certaines parties du tronc, ainsi que je le ferai voir plus bas.

Le corps de rAnimal vertébré se divise ainsi en deux parties principales , le Torse ^ ou sa partie centrale , et les Membres^ ou ses appendices.

Le torse constitue la partie essentielle de TAnimal portant les appareils de toutes les fonctions, à lexception de celles delà locomotion proprement dite , fonction confiée plus spécialement aux membres ; encore celte dernière peut-elle être exercée par certaines parties du torse luimême, ainsi que cela a lieu chez les Serpents, doù résulte que les membres ne sont pas rigoureusement nécessaires à TAnimal ; aussi leur absence accidentelle ne compromet-elle pas son existence d'une manière inévitable.

Toutes les parties du corps des Animaux étant soumises à une gradation ' progressive, double pour celles qui forment des séries, étant d'une part relative à la succession des familles , et de Fautre au rang que les organes occupent dans la chaîne qu ils forment sur le même Animal , et finissent dans les deux cas par devenir rudimentaires avant de disparaître entièrement, le squelette des Vertébrés subit surtout cette double loi d'une manière très-évidente dans toutes ses parties ; mais le torse , plus essentiel que les membres à l'existence de la vie , varie moins rapidement que ces derniers , et plus dans sa forme et ses parties accessoires que dans son ensemble.

J'ai dit que la partie centrale du squelette était une série de vertèbres formant une seule chaîne placée le long du dos. Cette série a reçu pour sa forme le nom de Colonne i^ertébrale au lieu ^ Epine du dos^ ou simplement celui A' Epine ^ en même temps qu'on la désigne aussi sous son nom latin de Hachis. Ces vertèbres , partout formées d'après le même principe et sur le même type , ne diffèrent dans tout l'embranchement que par leur nombre, par quelques modifications dans la forme , ou bien encore par l'absence de quelques-unes de leurs parties. Dans certains cas cependant , et cela s'applique surtout aux vertèbres céphaliques , les changements de forme sont si grands , qu'on ne reconnaîtrait pas l'analogie que ces os ont avec les vertèbres ordinaires, si l'on n'était pas guidé par quelque théorie des faits généraux que l'observation fait connaître.

9ll PREMIÈRE PARTIE.

En prenant pour terme de comparaison un de ces os sur un Animal bien complètement organisé, Y Homme par exemple, et dans la région fie son corps , où les vertèbres se montrent avec le plus de parties qui peuvent entrer dans leur composition, et dont l'individualité comme vertèbre est incontestée, telle qu une vertèbre dorsale, nous la trouvons formée, T d'une partie centrale impaire, à peu près demi-cylin* drique , constituant son Corps; et 2° d'une espèce de voûte placée à la face dorsale de cette dernière , voûte dont la succession sur les autres constitue le Canal s^ertébral^ renfermant la tige centrale du système nerveux ou moelle épinière. Cette partie annulaire de la vertèbre a reçu le nom de Masse apophysaire , comme portant elle-même sept prolongements osseux ou Apophyses y dont lune impaire, opposée au corps de los , et ordinairement longue et aiguë , porte le nom à' apophyse épineuse. Deux autres, très-courtes , placées devant la base de celle-ci, et dirigées obliquement en haut et en arrière pour s arthrodier d'ordinaire avec deux autres de la vertèbre qui précède , sont appelées les apophyses obliques supérieures {antérieures pour les Quadrupèdes). Au-dessous, également à la base de l'épineuse , il y en a deux autres, où les apophyses obliques inférieures {postérieures pour les Quadrupèdes) s'articulent le plus souvent avec les obliques antérieures de la vertèbre qui suit. Plus en dehors, sur les côtés dé la masse apophysaire, on trouve une troisième paire dirigée transversalement en dehors , ou apophyses transi^erses , qui ne s'articulent avec aucune autre vertèbre , mais bien avec un appendice qui prend te nom spécial de côte , et dont la présence caractérise les vertèbres de la région thoracique.

Tel est en général le caractère d'une vertèbre complète de Y Homme; mais en la comparant avec celles des autres régions du rachis , ou bien avec ses analogues bien évidentes r chez les autreâ Animaux , notamment avec celles des Carnivores , dont les Felis sont le principal type , on trouve chez ceux-ci une plus grande complication , et les diverses parties plus prononcées. L*apophyse épineuse , quoique plus longue chez les Felis , ne présente du reste rien de remarquable dans sa composition , mais les obliques antérieures et postérieures , nulles sur les vertè-

SYSTÈMB OSSEUX. 95

bres dorsales moyennes^ ou elles ne sont indiquées que par leurs facettes articulaires ^ sont déjà saillantes sur les antérieures , et surtout sur les trois dernières , et plus encore sur les lombaires.

Quant aux apophyses transs^erses^ très-courtes sur les premières vertèbres dorsales, où chacune ne forme, comme chez \ Homme ^ qu'une grosse tubérosité irrégulière , elles se divisent , à mesure qu'on les examine, sur des vertèbres plus postérieures, en deux branches: l'une antérieure, à laquelle s'attache plus particulièrement la côte , et à laquelle je conserve exclusivement le nom A' apophyse transverse^ étant le véritable analogue des prolongements latéraux du rachis auxquels on applique ce nom ; et l'autre postérieure, dirigée en arrière et de plus en plus saillante, en s'éloignant même à la fin , sur les vertèbres lombaires de la branche antérieure , pour constituer une apophyse spéciale , que je désignerai dans la suite sous le nom d'apophyse plagienne (i)^ offrant des caractères très- différents, et qui ne doit pas de là être confondue avec la branche antérieure ou la véritable transverse , ainsi qu'on le fait généralement dans les ouvrages d*Anthropotomie , ces deux apophyses étant en effet confondues chez Y Homme.

Dans beaucoup d'Animaux, et spécialement chez le Lepus eumculus^ aux deux premières vertèbres lombaires privées de côtes, et quelquefois sur diverses autres , chez les Oiseaux et les Reptiles , on trouve encore une sixième apophyse, impaire, placée sous le corps de ces os, en opposition avec Fépineuse, et que j'ai nommée de là apophyse acarUhoïde , qu'il ne faut pas confondre avec les os upsiloïdés qui ont la même disposition , et forment des app^adices des vertèbres caudales. Celte apophyse se distingue en outre des os upsiloïdés, en ce qu'elle n'est pas perforée à sa base, dans une direction d'avant en arrière, ouverture formée chez ces derniers par l'intervalle des deux pièces, souvent confondues entre elles , et soudées à la vertèbre.

Les appendices upsiloïdés sont souvent portés sur deux petites apo-

(1) De icXdYtoc , tranftvene.

% PREMIÈRB PARTIE.

physes particulières de la vertèbre que j'ai nommée apophyses mamillairesj à cause de leur forme, et quil ne faut également pas confondre avec les acanthoïdes , étant des apophyses paires.

Une vertèbre complète peut ainsi porter douze apophyses : une épineuse , quatre obliques , deux transverses , deux plagiennes , deux mamillaires et une acanthoïde..

Si Ton examine maintenant quelles sont les pièces qui entrent dans la composition d'une vertèbre» on remarquera que dans le fœtus, avant que la vertèbre ne soit ossifiée, elle existe déjà, comme d'ailleurs tous les autres os, à peu près avec la forme qu'elle doit conserver toujours, mais à l'état cartilagineux et même très-molle; qu'à une époque variable, selon l'espèce de l'Animal et même le rang que la vertèbre occupe sur le rachis , il s'y forme plusieurs points d'ossification , qui , augmentant toujours par leur périphérie , vont ainsi à la rencontre les uns des autres , et finissent par s'unir pour ne former qu'une seule pièce. Chez le Chat , on en distingue cinq pour une vertèbre ordinaire , dont une pour la diaphyse du corps , deux pour les épiphyses , et deux formant une paire pour la masse apophysaire : celles-ci commençant de chaque côté, à peu près au point sur lequel rayonnent les six apophyses. Le centre d'ossification, gagnant ensuite ces dernières par leur base , se continue progressivement jusqu'à leur extrémités, qui s ossifie en dernier lieu. Mais ce mode d'ossification n'est non-seulement pas le même chez tous les Mammifères , mais il est quelquefois encore différent , selon le rang que les vertèbres occupent dans le rachis. L'axis , par exemple , du Chat^ a pour son corps seul sept points d'ossification, cinq analogues à ceux des autres vertèbres, et au-devaçit de Tépiphyse antérieure deux autres encore qui lui font suite , et forment le corps et l'épiphyse de l'apophyse odontoïde ; tandis que dans les vertèbres caudales, réduites presque entièrement à leur corps , il n'y a que les trois centres propres à cette partie, ou un seulement pour les vertèbres les plus postérieures.

Chez le Bœuf^ outre les points d'ossification ordinaires indiqués pour le Chat^ il y en a un de plus pour les longues apophyses épineuses

dorsales, de manière que ces apophyses sont dans l'origine formées de deux moitiés latérales et d'une pièce impaire ; ce qui présente un de ces cas 011 un os peut être formé d'un plus grand nombre de pièces primitives que son analogue dans une autre espèce.

Sur les vertèbres viennent ensuite s'articuler, par les côtés , des appendices constituant les parties latérales du corps , et variables pour la forme, le nombre et les dimensions , suivant les régions, et même suivant le rang des vertèbres auxquelles ils se rapportent , et prennent de là aussi différents noms. Ces appendices immédiats varient et se compliquent considérablement sur la tête, ce qui a été la principale cause qu'on n'a pas reconnu de longtemps leur analogie avec ceux des autres parties du torse, et se modifient même tellement, qu'il serait impossible d'en donner ici une idée générale. Sur toutes les autres régions , ils forment au contraire assez ordinairement des tiges plus ou moins grêles, souvent composées de deux os de trois pièces successives , disposées en arcs , se portant en dehors , et recourbées en dessous pour contourner le corps , dont ils ceignent les différentes grandes cavités viscérales que ce dernier forme , en variant pour chacune ; parties qui pennent de là différents noms , et constituent la Tête , le Ck>u , le Thorax ^ \ Abdomen , le Bassin et la Queue.

ARTICLE PREMIER

Du squelette des Mammifères.

Le squelette , ainsi que le corps entier de ces Animaux , se distingue plus particulièrement en les diverses parties du torse et des membres dont je viens de parler, parties qu'on retrouve d'ailleurs aussi chez les autres VEftTéBRÉs , et, à peu de chose près , dans les mêmes rapports , mais avec des caractères différents propres à chaque classe, et dus en grande partie aux modifications que les organes éprouvent par l'effet de la gradation qu'ils suivent à travers tout le règne animal.

98 PABMIÈRB PARTIE.

Chez tous les Mammifères , la Tête renferme , de même que chez Y Homme , qui appartient à cette classe , iMe ceifveau\ 2** les organes des sens , à l'exception de celui du toucher général , répandu sur toute la surface du corps, et plus particulièrement localisé à l'extrémité des doigts, oii il est chez X Homme ^ sinon plus fin , du moins plus précis que chez les Animaux ; 3** les organes de la s^oix; 4"" ceux de la mastication et de la déglutition , formant le commencement du canal digestif

Le Cou n'est composé que ai organes du mouvement^ et se trouve traversé dans toute sa longueur par la trachée-artère ainsi que par Yœsophage.

Le Thorax contient le cœur et les poumons , ainsi que \ œsophage , qui s'y continue pour se rendre dans la partie suivante.

\^ Abdomen constitue la plus grande cavité , et renferme les viscères dépendant de la digestion et les organes sécrétoires de t urine.

Le Bassin , qui fait suite à l'abdomen , contient , avec les parties terminales du canal digestif el de Y appareil urinaire^ encore les organes génitaux.

Enfin la Queue, réduite aux organes du mouvement, analogues à ceux de la partie la plus centrale du tronc , dont elle est exclusivement la continuation, ne renferme plus aucun autre organe.

Ces six parties du torse, tout en parcourant dans l'échelle animale une progression ordinairement descendante, mais quelquefois aussi ascendante dans certaines familles, et même dans des classes entières, finissent cependant par disparaître chacune à son tour, soit réellement , soit en se confondant avec une autre.

Dans l'ordre naturel , je devrais décrire ici les diverses parties de la colonne vertébrale et leurs appendices suivant leur succession , en commençant par l'une des extrémités de la série ; mais , pour plus de clarté > je crois mieux faire en décrivant d'abord ceux de la région moyenne , ainsi que le thorax qu'ils concourent à former; ces os y étant le plus simples et bien distincts de toutes autres parties, servent de là mieux de terme de comparaison pour déterminer leurs analogues dans les autres régions.

Les vertèbres dorsales des Mammifères offrent particulièrement les caractères indiqués au commencement de ce chapitre , ou. je les ai pris pour exemple de la vertèbre en général , et j'y renvoie ; je ferai seulement rappeler qu'elles se composent d'un corps ou partie centrale formée d'une pièce principale moyenne à peu près demi-cylindrique , et de deux épiphyses, en forme de petites plaques , dont l'une antérieure et l'autre postérieure , et comme parties latérales , d'une masse apophysaire contournant le canal rachidien, et formée de chaque côté d'une ^o^A^^e transverse divisée en deux branches , souvent si rapprochées , qu'elles se confondent en une seule; plus haut , de deux apophyses obliques ^ dont une antérieure et une postérieure ^ et enfin, tout à fait en haut, d'une apophyse épineuse , d'ordinaire confondue avec celle du côté opposé. Sur les côtés des apophyses obliques, et fort souvent à la base des épineuses , se trouvent les facettes arthrodiales^ par lesquelles les vertèbres s'articulent entre elles.

Les jippendices des vertèbres thoraciques ou dorsales constituent les Côtes dont j'ai déjà parlé , et que tout le monde connaît ; os longs, grêles, partout à peu près de même grosseur, articulés par l'une de leurs extrémités sur les vertèbres , d'où ils se portent d'abord en dehors pour s'arquer ensuite en dessous et joindre le sternum placé le long delà ligne médiane de la poitrine, sur lequel ils s'articulent également à leur autre extrémité , en formant ainsi, par leur ensemble avec ce dernier et les vertèbres dorsales, une grande cage osseuse ou Thorax , principalement destinée à renfermer les poumons et le cœur-

Ces côtes se distinguent ensuite en deux séries qui se font suite ; les antérieures , d'ordinaire en plus grand nombre que les postérieures , se prolongent seules jusqu'au sternum , et reçoivent de là le nom de \^raies côtes ou côtes K^ertébrO'Sternales f tandis que les suivantes ne l'atteignent pas, et d'autant moins , qu'elles sont plus postérieures, restant simplement contenues dans les chairs, et sont appelées de Ikjausses côtes on côtes asternoies ; mais nous verrons plus bas que ces dernières côtes appartiennent réellement à la région abdominale.

Chacun de ces appendices costaux est composé , chez les Mammifères ,

de deux parties consécutives, formaat ensemble une seule tige et un même arc, mais distinctes par leur structure et leur composition chimique ; Tune ou côte vertébrale , étant osseuse , et la seconde , ou côte 5ter7za/e, de nature cartilagineuse, mais quelquefois aussi osseuse.

Chaque côte se termine à son extrémité dorsale en une petite tête arrondie, s articulant par arthrodie dans une cavité colyloïde peu profonde, ménagée latéralement entre le corps de sa vertèbre propre et celui de de celle qui précède , et un peu plus en dehors ; le bord supérieur présente une tubérosité qui s arthrodie de même avec l'extrémité de l'apophyse transverse de la vertèbre postérieure ou celle à laquelle la côte appartient , en ménageant dans Fintervalle des deux articulations , entre leco/de la .côte et l'apophyse transverse, une ouverture plus ou moins grande.

Enfin , plus en dehors encore , à une certaine distance de la tubérosité, le même bord supérieur forme une autre saillie, d'ordinaire peu prononcée, ou angle de la côte ^ à laquelle s'attachent plusieurs muscles.

Les fausses côtes ne diffèrent des vraies, dans leur extrémité dorsale , que parce que les plus postérieures ne s'articulent généralement par leur tête qu'avec le corps de leur vertèbre respective , et non avec la vertèbre qui précède.

Le Sternum^ composé dans le fœtus humain de huit à neuf pièces consécutives, n'en forme plus qu'une seule chez l'adulte, ses centres d'ossification se réunissant avec l'âge. Chez les autres Mammifères , ces pièces restent au contraire le plus souvent distinctes toute la vie, et unies entre elles par amphiarthrose. Chez les Chéiroptères, ou les muscles pectoraux prennent un grand développement pour agir avec force dans le vol , le sternum n'est formé cependant que d'une seule pièce , et présente , à Tinstar de celui des Oiseaux , une crête longitudinale médiane ou Bréchet^ moins saillante toutefois , sur laquelle ces muscles trouvent de larges surfaces d'attaches. Dans les Carnivores , et en général dans la plupart des onguiculés, les pièces sternales correspondant chacune à une paire de côtes, restent toujours distinctes, et présentent assez la forme des corps de vertèbres , en s'articulant comme ces derniers deux à

deux avec une même vraie côte. La dernière pièce est d'ordinaire plus allongée que les autres , et terminée par un prolongement cartilagineux de formes différentes, appelé chez X Homme Appendice xiphdide^ quoiqu'il ne ressemble en rien à une lame d'épée , comme son nom l'indique. A celte pièce, contenue librement dans les muscles, correspondent toutes les fausses côtes qui n'atteignent pas le sternum.

Chez les Ruminants , les pièces sternales sont d'ordinaii-e plus ou moins comprimées, mais toujours distinctes et moins mobiles que celles des Carnivores et des Rongeurs.

Dans les Cétacés , le sternum présente des différences assez grandes selon les familles. Chez les Herbivores , il est composé d'un certain nombre de pièces consécutives , comme chez les Carnivores et les Ruminants, mais plus ou moins aplati; et cette forme se remarque encore chez les Souffleurs , voisins des Delphinus, et spécialement chez le/V20cœna globiceps fort jeune , tandis qu'à 1 âge adulte cet Animal n'a que trois pièces au sternum, dont l'antérieure élargie et les postérieures plus étroites, et portant cinq paires de vraies côtes. Le sternum des Balœna , au contraire , est réduit à une seule pièce large , mince , fort courte , à peu près triangulaire, sur laquelle se rendent trois paires de côtes seulement, tandis qu'il existe chez la Balœna du Cap douze fausses côtes dont cinq s'articulent avec les corps des vertèbres, et sept avec les apophyses transverses seulement ; et ces dernières doivent sans doute être considérées comme appartenant à la région lombaire , qui n'est du reste pas distincte de la dorsale.

Cette cage osseuse que forme le thorax a pour principale fonction, chez les Mammifères, Animaux aériens, de résister à la compression qu'exerce le poids de la colonne d'air qui pèse sur elle , lorsque par les contractions du diaphragme le vide se forme dans son intérieur, ce qui force le fluide élastique de s'y précipiter par la trachée-artère, et de remplir les poumons, d'où il est de nouveau chassé un instant après par le relâchement de ce même muscle; action qui constitue la Respiration , et se fait absolument de la même manière et par les mêmes moyens chez tous les Mammifères.

102 PaEHlE&E PAETIE.

Cette cage est généralement comprimée par les côtés, de manière que sa section transversale est ovale ; mais elle Test toutefois très-peu chez \ Homme et lesPithecus ^ qui n emploient pas leurs membres antérieurs à la marche, et beaucoup plus chez les quadrupèdes ; surtout dans sa partie antérieure , contre laquelle sont appliqués les membres de la première paire, afin que les omoplates puissent prendre une direction plus ou moins verticales, pour mieux servir d'appui aux bras.

Le nombre des vertèbres thoraciques des Mammifères, varie depuis 1 1 paires, qu'on trouve chez le Simia Sinica, c'est-à-dire 7 vraies côtes et 4 fausses (certains individus ont une vertèbre de plus, portant une paire de fausses côtes ou costines ), jusqu'à 23, dont 1 3 vraies et i o fausses , qu'on rencontre dans le Bradypus didactylus qui en a le plus ; tandis que les Br. tridactylus , qui se trouvent sous ce nom au cabinet du Muséum , ont l'un 9 paires de côtes stemales et 7 asternales\ suivies de trois vertèbres lombaires sans appendices; et d'autres squelettes ( appartenant probablement au Br. torquatus) ont 8 paires de côtes stemales, 6 asternales et 3 vertèbres lombaires privées de ces os. V Homme , comme on sait, n'en a en tout que 12 , le Chat i3 ; et ce dernier nombre est le plus fréquent, et après lui viennent, dans l'ordre de leur fréquence , les nombres 12, 14) 1^9 1I9 16, et les autres fort rarement.

On considère généralement toutes les côtes comme appartenant à la seule région dorsale du rachis, dont elles ont paru former le principal caractère, qui pouvait en effet être adopté pour les Mammifères , et spécialement pour Y Homme , qui a été considéré jusqu'à présent comme le type de tout le règne animal , et a servi de base à la nomenclature anatomique ; mais ce principe n'est plus applicable, ainsi que nous le verrons plus bas, en parlant de la disposition de ces os chez les Reptiles. Dans les autres classes de Vertébrés, où les modifications, et surtout la dégénérescence que les vertèbres et les côtes éprouvent , indiquent que les vraies côtes des Mammifères appartiennent seules à la région dorsale , tandis que les fausses côtes sont des appendices de la région lombaire ou abdominale, qui se compose elle-même de deux parties , une antérieure portant des fausses côtes que je nomme Costines^ et une postérieure qui çn est privée, car quoique

ce soit la présence des côtes qui ait fait distingaer chez YHomme les vertèbres dorsales des autres , elle ne suffit pas pour caractériser cette région dune manière générale; toutes les autres parties du rachis por«tant des appendices analogues dans les autres classes de Vertébrés:

Les s^rtèbres cervicales ou du cou , constamment au nombre de sept chez tous les Mammifères, à lexception du Bradjrpus tridactybis qui en a neuf, diffèrent assez peu des dorsales, si cène sont les deux premières, \j4tlas et tAxis , les autres sont généralement plus larges ; leurs apophyses épineuses , plus ou moins inclinées en avant , sont d ordinaire grêles, et d'autant plus courtes quelles sont plus antérieures; les obliques sont larges et assez saillantes , les transi^erses divisées d'ordinaire en deux branches , une antérieure et une postérieure ^ et enfin une slj^ophyse plagierme placée au-dessus de cette dernière, mais confondue à la base avec elle. Ces trois branches ont leur partie commune percée d'avant en arrière d'un trou formant , par sa succession sur les autres, le Canal de tarière s^erlébrale , mais en les comparant aux vertèbres des OiSEÂCX et des Crocodilus^ il devient évident que cette perforation est due à un rudiment de côte fixé sur ces apophyses , et dont les parties correspondantes aux deux points d'articulation interceptent cette ouverture , absolument comme à la région dorsale entre les cols des côtés et les apophyses transverses des vertèbres. Ces rudiments costaux ne sont cependant distincts à aucune époque chez les Mammifères , du moins pas dans les espèces où j'ai pu les examiner ; l'ossification de la masse apophysaire gagnant chez ces Animaux graduellement la base des branches de l'apophyse transverse et de la plagienne, s'y continue, en contournant la perforation pour se prolonger sans interruption jusqu'au sommet de ces apophyses, de manière que dans les très-jeunes sujets, la partie osseuse de cette apophyse est fourchue.

Sur la septième vertèbre on ne trouve toutefois, chez la plupart des Mammifères , que l'apophyse plagienne , et le trou n'y existe que dans quelques genres, tels que les JFï^eretles Histrix.

Chez les Cétacés souffleurs , toutes les vertèbres cervicales sont si courtes qu'ensemble elles n'occupent pas plus de place qu'une dorsale ,

iOll PREMIÈBB PARTIE.

et se trouvent souvent confondues entre elles au point qu on a de la peine à déterminer ce qui appartient à chacune.

Cette seconde partie du torse n'est composée que de vertèbres garnies de nombreux muscles, et conserve les mêmes parties dans toute la classe des Mammifères , à quelques différences près dans la forme des vertèbres et des muscles; il serait toutefois possible que le larynx ainsi que les cartilages de la trachée-artère et des bronches fussent des dépendances des vertèbres cervicales en constituant leurs appendices. Mais dans ce cas, les modifications que ces cartilages ont éprouvées sont tellement grandes , qu'ils s'éloignent si considérablement du type ordinaire , qu'il est impossible de prouver cette analogie, si toutefois elle existe.

Quant à la longueur relative du cou , et dofit le Camelopardcdis présente le maximum , elle ne dépend que de celle du corps des vertèbres.

On a remarqué depuis longtemps que chez les Mammifères , ainsi que chez les Oiseaux , la longueur du cou Jointe à celle de la tète|, égalaient ensemble la hauteur du train de devant, afin que TAnimal puisse atteindre à terre avec sa bouche pour manger ou pour boire, et les exceptions à cette règle sont toujours accompagnées de causes déterminantes qui exigent une autre proportion.

V Homme et les Quadrumanes ^ dont le cou est fort court , paraissent le devoir aux inconvénients qui seraient résultés d'un cou aussi long que les bras, pour la force des muscles qu'aurait exigée la difficulté de maintenir l'équilibre dans une tète très-pesante ; et la brièveté du cou a été compensée par la faculté qu'ont ces espèces de porter leurs aliments à la bouche avec leurs mains.

Les Eléphants^ où la même disproportion est plus grande encore, ont dû avoir un cou court pour mieux soutenir le poids de leur énorme tête, si volumineuse, pour donner place aux alvéoles de leurs immenses défenses; mais la nature a remédié à l'inconvénient qui en résulte , en donnant à ces Animaux cette longue trompe , qui n'est qu'un nez au maximum de son développement , et servant de main.

Les Cétacés qui, pour mieux nager, devaient avoir, à l'instar des Pois-

sons, la plus grosse partie de leur corps en avant, sans saillie des épaules, qui puisse s'opposer au mouvement dans leau, devaient, en conséquence, ne pas avoir de cou marqué, afin que la tête fît immédiatement suite au thorax. Un cou long leur serait d'ailleurs inutile , vu qu'ils trouvent leur nourriture au devant d'eux , et peuvent tourner avec facilité en tous sen$ pour la saisir.

La quatrième partie du torse x)u \ Abdomen , correspondant , telle qu'on la considère généralement, à la région lombaire du. rachis, varie assez peu dans les os qu'elle renferme , lesquels se réduisent , chez les Mammifbres , exclusivement à un petit nombre de vertèbres , le restant des parois de cette cavité n'étant formé que de parties molles; mais elle varie considérablement pour ses dimensions dans le même individu.

J'ai déjà dit plus haut que la distinction entre le thorax et l'abdomen des Mammifères était établie d'une part, d'après l'existence des côtes qu'on regarde comme appartenant exclusivement au premier, et d'autre part, par le diaphragme , formant une cloison musculease transversale séparant les deux cavités, cloison qui s'insère dans tout son pourtour aux dernières côtes. Ce double caractère forme en effet une limite bien marquée entre ces deux parties , mais malheureusement cette distinction n'existe aucunement chez les autres Animaux , vu que le diaphragme , comme cloison, n'est propre qu'aux Mammifères , et que les côtes se répètent sur les vertèbres lombaires, et souvent jusqu'au bassin , et même sur ce dernier et l'origine de la queue , et l'on est de là obligé de chercher d'autres caractères encore, indiquant la limite entre les deux parties de la cavité viscérale , et ces caractères ne la placent pas au n^ême point.

Les côtes parcourant , comme tous les organes , une échelle de gradation, augmentent généralement en longueur depuis la première paire , qui se rend sur le sternum , jusqu'à la dernière , dont les cartilages s'articulent avec cet os , et forment la série de vraies côtes pour diminuer ensuite de nouveau à mesure que les fausses côtes sont plus postérieures. Chez les Mammifères, celles-ci sont d'ordinaire en petit nombre , et ne se répètent pas , ainsi que je viens de le dire , au delà du diaphragme, mais offrent déjà ce caractère qui les rapproche des côtes

106 PA£M1ÈRE PAKTIE.

lombaires , propres aux Reptiles et aux Poissons , qo elles n'atteigneût pas le sternum , et chez beaucoup d'espèces , la région dorsale du rachis se distingue en ou^re de la lombaire par la forme des vertèbres , et la limite très-bien marquée dans le Chat, sujet principal d^ cet ouvrage, se trouve à peu près au milieu delà série des fausses côtes. Enfin, un autre caractère encore se remarque le plus souvent <lans Tarticulation de ces (krniers os , qui n a lieu qu avec une seule vertèbre et dans certaines espèces , avec les apophyses transverses seulement. D après cette distinction, toutes les côtes asteraales postérieures doivent être considérées comme appartenant à la région lombaire ou abdominale, et si la Umite des deux séries n est pas parfaitement constante , c est qu'en général les organes ne passant que graduellement d'une fornM à une autre , les fausses côtes antérieures conservent encore le mode d'articulation des vraies côtes dorsales.

Toutes les régions du rachis pouvant porter, dans les diverses classes de Veetébbes, des appendices analogues aux côtes, mais avec des caractères différents; le même nom ne saurait convenir à tous, et, voulant éviter, autant que possible, lemploi de ternies composés, je propose de désigner ces appendices attenant aux vertèbres cervicales, et qui n'atteignent pas le sternum, sous le nom spécial de Costelles; je conserve la dénomination de Côte à ceux connus depuis Longtemps sous ce nom, mais seulemem aux antérieurs ou vraies côtes , qui s'articulent , d'une part, avec les vertèbres dorsales qu'ils caractérisent, et d autre part ^ avec le sternum. Aux appendices suivants ou côtes ast^rnales , appartenant à la région lombaire ou abdominale, j'applique le nom de Costines. Ceux dépendants du sacrum , et qui sont généralement rudimentaires , surtout chez les Mammifères, je les appelle CostinelUs^ et enfin ceux fixés aux vertèbres caudales Je les désignerai sous le nom de Costettes , lorsque leurs extrémités sont libres; tandis que je les nomme os UpsiUndes quand ils se réunissent en dessous par paires, formant ce qu'on appelle d'ordinaire les os en V.

En considérant les parties, comme on l'a fait jusqu'à présent , l'abtdomen correspond dans Y Homme à cinq vertèbres lombaires , et s'élargit

SYSTÈME OSkEUX. * 107

en tous seD3 vers sa face ventrale , où ses parois ne renfernient plus aucune partie du squelette. 11 est limité par le thorax et le bassin , et sur les côtés ) par des muscles plats et les téguments qui , cédant facilement, lui permettent de se dilater et de se resserrer selon le volume que prennent les viscères qu'il renferme. Chez tous les autres Mammifères , il se trouve dans les mêmes conditions générales ^ et ne diffère guère que par le nombre des vertèbres lombaires qu'il comprend , et par suite , dans K)n étendue d'avant en arrière. C'est ainsi qu'il est très-court chez le Myrmecopfiaga jvhata , qui n'a que deux vertèbres sans cosiiues aux lombes, et le Bradypus didaclylus , qui en a trois , tandis qu'il est beaucoup plus long chez d'autres espèces, et notamment chez les Lori, qui en ont jusqu'à huit; mais comme ces vertèbres peuvent être plus ou moins longues, l'étendue d'avant en arrière de l'abdomen ne dépend pas tout à fait du nombre de ces os, et il est de là bien plus convenable d'estimer sa longueur proportionnellement avec celle du thorax» Chez les Rhinocéros^ la différence est la plus grande, prise dans l'étendue des deux parties de la colonne vertébrale , la région lombaire étant à la dorsale comme 2:14 (7)9 et le moins chez le Lepus timidus, où ces dimensions sont comme 17: 12 ({). Dans Y Homme ^ elles sont comme i6:3o (7), et dans le Chat^ comme 1 3 : 1 5 (|).

Dans les Mabsupiaux, l'abdomen offre la particularité de contenir dans les parois de sa partie ventrale deux os allongés ou os Marsupiaux , articulés sur les pubis , et soutenant la bourse dans laquelle ce6 singuliers Animaux portent leurs petits. Ces os paraissent être analogues aux côtes abdominales du Crocodilus^ dont il sera fait mention un peu plus bas.

La cinquième partie du torse est ce qu'on nomme le Bassin ; ceinture osseuse placée à la suite de la portion lombaire du rachis. Cette ceinture entoure la région postérieure de la cavité viscérale , qui reçoit de là le nom de Camté pehienne , du nom hxinpehis. Elle est formée, chez tous les MAMMif EKis quadrupèdes , à la ligne médiane dorsale , d'une série peu nombreuse de vertèbres faisant suite aux lombaires et constituant , en se soudant entre ejles, ce qu'on appelle l'os 5acrwm. Sur les côtés, 1^

108 PRËMIÈRB PARTIE.

bassin présente trois paires de très-grandes pièces osseuses désignées collectivement sous la dénomination dos Coxaux, comme formant les hanches. Dans le genre FeUs , toutefois , on trouve de plus une quatrième paire, petite, placée au point de jonction des trois autres, et de plus deux épiphyses.

Le nombre des vertèbres sacrées varie depuis une seule, qu'on trouve chez quelques espèces telles que les Zon , les Galeopithecus ^ les Nasua , et quelques Marsupiaux , jusqu a huit , que présentent le Z)a5;^i/5 novemcinctus^ qui en a le plus; chez l'Homme, le nombre est de cinq, et de trois dans le Chat Cette série de vertèbres se distingue d'ordinaire en deux parties: T les antérieures , dont les apophyses transverses s'articulent à leur extrémité avec les os coxaux, iliaques ou ischiatiques, et. que j'appelle de là vertèbres Sacrées-iliaques ou Sacrées-ischiatiques ; et 2 Mes postérieures qui ne s'articulent point avec les os latéraux du bassin , mais se soudent entre elles ainsi qu'avec les premières , sans y comprendre ce qu'on nomme le coccio: chez l'Homme , partie terminale du rachis, qui n'est que le rudiment de la queue. Ces vertèbres postérieures du sacrum ressemblent, pour la forme, déjà beaucoup à celle de la queue qu'elles précèdent , et je les désigne de là sous le nom de vertèbres Sacrées-caudales.

Dans les très-jeunes Chats^ les apophyses transverses des vertèbres sacrées présentent en dessous une petite pièce osseuse transversale, se rendant aux os pelviens , et entièrement confondue plus tard avec l'os sacrum. La présence de ces osselets, véritables appendices costaux, ou costinelles , qu'on retrouve plus longtemps distincts chez les Oiseaux et même permanents chez beaucoup de Reptiles , prouve que les os du bassin ne sont pas les analogues des côtes vertébrales , mais plutôt des côtes sternales.

La première paire des os coxaux placés latéralement à côté du sacrum et nommée tantôt os Iliaques ^ Iles et Iléon ^ ou bien par son nom latin lUum; et c'est cette dernière dénomination que je crois devoir adopter, le mot iliaque étant adjectif et iléon le nom d'un intestin. Ce «ont les deux plus grands os du bassin , en ibrme de large lame, s'articulant soit

SYSTÈME OSSBUX^ 109

par synchondrosesur les extrémités très-élargies et confluentes des apophyses trans verses des vertèbres sacrées-iliaques, soit par une articulation mixte entre la plagiarthrose et la syndesmose, qui ne laissent qu'un mouvement obscur entre les parties. Au-dessus de cette articulation , les ilium se prolongent en une palette plus ou moins large , faisant face en dehors, et dont le bord supra -antérieur, à peu près sous-cutané, forme la saillie de la hanche , et ces os se prolongent également en dessous et en arrière pour aller se suturer sur les côtés du bassin avec les autres os coxaux.

La seconde paire ou les Ischion^ est située en arrière et plus bas que la première. Elle ne s'articule d'ordinaire pas avec le sacrum , et répond aux vertèbres sacrées-caudales dont elle est séparée par un espace vide assez large ; ou bien aux sacrées-ischiatiques lorsqu'elles existent Ces os se suturent par leur bord antérieur avec les ilium, ainsi qu'avec la troisième paire placée plus bas, et se recourbant inférieurement en dedans, ils se rencontrent entre eux à la ligne médiane inférieure en formant la symphyse ischiatique.

Les os de la troisième paire , ou les Pubis, sont placés sous les ilium, au-devant de la partie inférieure des ischion , et se prolongent commç ces derniers en dessous , en se recourbant en dedans pour former également entre eux une symphyse , prolongement antérieur de celle des ischion ; et ces deux dernières paires d'os ménagent latéralement entre eux une ouverture plus ou moins grande nommée trou pubien.

Au point de rencontre des trois os, sur les côtés du bassin, se trouve à la face externe une grande cavité arthrodiale hémisphérique , ou caK^ité cotyloïde , dans laquelle s'articule la tète de l'os de la cuisse , et c'est dans le fond de cette excavation qu'est placé dans le genre Felis la quatrième paire de pièces qui entre dans la composition des os coxaux , et que je désigne de là sous le nom d'os Cotyloïdiens.

Outre ces quatre paires d'os, on trouve encore une épiphyse sur le bord supérieur de l'ilium, et une autre sur le bord postérieur de l'ischion , celle-ci formant un renflement appelé la tubérosité de cet os.

La grande ouverture postérieure du bassin qui termine la cavité

viscérale est fermée par des parties molles , et offre d'une part lorifice de Tanos, et de l'autre celle des organes urinaires et génitaux placés au-dessous de ce dernier.

D'après ce qui vient d'être dit , on remarquera que les os coxaux se prolongent considérablement en avant et en arrière de l'articulation coxo-fémorale pour offrir de larges attaches aux muscles puissants qui doivent faire mouvoir le membre postérieur dans la locomotion, muscles qui ont surtout besoin d'agir sous des angles un peu grands pour produire le plus d'effet.

Chez les Cétacés, Animaux qui nont pas de membres postérieurs , le bassin se réduit à un simple rudiment suspendu inférieurement dans les chairs , à une assez grande distance du rachis , où il n'a plus aucune influence sur les vertèbres; aussi n'existe-t-il point de sacrum proprement (lit chez ces Animaux , et la transition des vertèbres lombaires aux caudales est graduelle.

La Queue, ou dernière partie du torse, n'est proprement que la continuation du rachis; et les vertèbres, en nombre très* variable, bien développées sur la partie antérieure, dégradant assez rapidement , deviennent de plus en plus rudimentaires à mesure qu elles sont plus postérieures.

La masse apophysaire se réduit encore plus promptement que les corps de ces osselets, et disparaît d'ordinaire déjà vers le milieu de cet appendice, iie laissant sur les dernières vertèbres que de simples tubercules qui marquent encore les places des diverses apophyses.

Chez X Homme et les Pithecus, la queue est réduite a quatre petites vertèbres entièrement rudimentaires, cachées dans les chairs, et désignées ensemble par les anihropotomistes sous le nom de coccyx.

Chez les autres Mammifères, la queue est au contraire souvent fort longue et grêle, et déjà dans certains Quadrumanes, et notamment dans les Cercopithecus et les Cebus, devenant chez ces derniers, ainsi que dans quelques autres espèces, comme les il^ce^es , les Atehs, les Lagoirix, et même dans les Saimin, les Cercoleptes, les Didelphis, les Phalangista et les Synetheres, un organe de préhension très- parfait, ces Animaux pouvant Tenlortiller avec assez de force autour des

8TSTÈMB OSSKUX* lll

corps, pour s y suspendre, d'où on l'a nommée Queue prenante chez tous ces Animaux, qui peuvent ainsi saisir avec leur queue; aussi, la partie inférieure de l'extrémité de cet organe parait-elle douée d'une sensibilité très-exquise, et peut-être autant que les doigts de l'Homme. Ces Animaux ne s'en servent cependant que pour s'accrocher et jamais pour un autre usage , comme par exemple pour saisir la nourriture.

Dans les Cétacés, la queue est au contraire très*volumineuse, prenant tout à fait la forme de celle des Poissons ^ égalant , comme chez eux , à sa base, la partie postérieure de l'abdomen, et devient, de même que chez ces derniers , la principale rame avec laquelle ces Animaux nagent en frappant l'eau en sens opposés.

Par l'effet des diverses conditions dans lesquelles la queue se trouve chez les Mammifères , le nombre des vertèbres varie considérablement ; les Pteropus n'en ont pas du tout ; les InuuSy parmi les QuaiMIUManes , une seule, dit-on ; tandis que Y Ateles paniscus , dont la queue est prenante, en a jusqu'à trente-deux ; et enfin chez le Manis tetradactyla , elles sont au nombre de quarante-^cinq , quoique la queue ne soit pas prenante, et en apparence sans aucun usage. Dans le Macropus major^ elle a vingt et une vertèbres, et vingt-trois chez XHypsiprimnus. Ces Animaux se servent de leur queue comme d'un troisième soutien, soit pour marcher, soit pour se maintenir en se redressant sur leurs membres postérieursw

La longueur de la queue , reiativeme&t à celle du reste du tronc , varie considérablement , et dépend , comme on peut le penser, nonseulement du nombre des vertèbres qui composent chacune des deux parties, mais encore des dimensions de ces os. Ainsi , en prenant les deux longueurs , depuis l'occipital jusqu'à l'extrémité du sacrum , et de là jusqu'au bout de la queue, on tBouve, d'après Govihr (i) , les proportions suivantes :

Dans l'Homme, la queue est au reste du tronc :: 3 : 71 , à peu près ^ Orang-Otttang (Pongo) :: 2 : 32 — y^

- - lll I- • — — -"^^ — ■ ■ -

(1) LtçwK% deanaî. camp.^ 1. 1 , p. 159, 1805.

112 PREMIÈAE PARTIE.

Gebus Ckapucina :: 21

Pteropus vulgaris ? (la queue et le sacrum) : : 4

Yespertilio murinus ? : : 6

Talpa europaea :: 1

Erinaceus europaeus :: 4

Ursus maritimus :: 19

Procyonlotor? :: 15

Gulo :: 2

Lutra :: 47

Phoca vitulina :: 15

Felis catus :: 32

— leo :: 36

Canis lupus :: 1

Didelphis :: 10

Lepus timidus :: 3

Anœma parcellus :: 1

Bradypus tridactylus : : 6

Manis tetradactyla :: 61

Éléphant.! ::102

Sus scropha :: 30

Rhinocéros :: 69

Equus caballus :: 47

Giraffa :: 93

Camelus dromedarius :: 22

Ceryus elaphus :: 1

Bos taurus :: 15

Ddphinus (limite indéterminée) :: 00

12, à peu près

On voit par ces proportions que c est le Manis tetradactyla qui a à la fois la queue la plus longue, et composée du plus grand nombre de vertèbres, ayant plus du double de la longueur du corps : aussi cet Animal, déjà si singulier par les larges écailles qui couvrent son corps, ressemble-t-il , pour la forme , beaucoup à un Lézard.

On trouve souvent sous le corps des vertèbres caudales deux petits os rapprochés, et même unis entre eux, que Ion a nommés, dans ce dernier cas , à cause de leur forme , os en V, dénomination qui constitue une définition , et non pas un véritable nom, qui doit toujours être un mot unique, et j'ai proposé en conséquence de lui substituer celui dos Upsiloïdey qui est en outre susceptible d avoir l'adjectif i/^sZ/oî^'e/i, dont on a si souvent besoin dans les descriptions. Ces petits os sont de yéri-

SrSTÈHE OSSEGX. 115

tables appendices costaux rudimentaires ou costettes , réunis en dessous par paire , fixés aux vertèbres caudales , et auxquels s'attachent plusieurs muscles ; mais il ne faut pas les confondre avec les apophyses impaires inférieures que j'ai nommées acanthoïdes, celles-ci étant de véritables prolongements du corps des vertèbres , et existent souvent simultanément avec les costettes. Les os upsiloïdes sont partout très-développés chez les espèces où la queue sert à un usage bien évident , comme celles à queue prenante , les Macropus et les Cétacés.

Les membres, moins essentiels que le tronc à l'existence de l'Animal , parcourent aussi plus rapidement leur échelle de gradation , en se modifiant selon les conditions dans lesquelles les Animaux ont été appelés à vivre. Déjà chez les Mammifères, nous les voyons changer considérablement de forme et de fonction , en devenant d'organes de préhension successivement organes ambulatoires ou pieds , nageoires et ailes , et la seconde paire disparaître même entièrement chez les Cétacés.

Les membres antérieurs ne servant guère chez ÏHomme qua saisir les objets , tandis que les postérieurs sont exclusivement employés à la marche, ceux-là ont souvent besoin de faire des mouvements trèsprécis et des efforts fort grands , ce qui nécessite qu'ils soient partout bien fixés ^ et V Epaule est delà composée de deux os, \ Omoplate et la Clavicule. La première , placée en arrière sur les côtés du thorax , est un os large , mince et triangulaire , dont l'un des bords , dirigé en dedans vers le rachis, reçoit le nom de bord spinal, et dont Tangle opposé , tourné en dehors, est tronqué pour former une cavité glénoïde arrondie, peu profonde , dans laquelle se meut Y humérus^ os du bras. Le bord anteneur de cette cavité forme une forte apophyse crochue dirigée en dessous, ou apophyse coracoïde, légèrement concave à sa face externe, où elle s'applique en dedans contre la tête de Thumérus , et sur laquelle j'appelle l'attention , devenant chez beaucoup d'Animaux un os à part fort important. La face postérieure de l'omoplate est divisée en deux parties par une crête très-saillante ou épine qui la traverse horizontale^ ment, et dont l'extrémité externe se renfle en une très- grosse apophyse libre ou acromion^ dépassant la cavité glénoïde et servant à étendrç

^*4 PABMIÈAB PARTIE.

cette dernière et à conforter Farticulation scapuio-humérale. En effet , le bras étant , dans l'état ordinaire , pendant le long des côtés du tronc , il en résulte que la tête de Thumérus ne s'articule que par le côté avec la cavité glénoïde , et n'y trouverait pas la fixité nécessaire à ses fonctions, si cette articulation n'était pas plus profonde, et surtout plus étendue en dessas; mais cette condition est atteinte par la disposition que prennent l'acromion etlapophyse coracoide , le premier se prolongeant à cet eifet au-dessus de la tête de l'humérus , en présentant en dessous une concavité qui s'applique sur cette dernière, et l'apophyse coracoide étant la cavité en dedans, de manière à en former une véritable cavité cotyloïde.

La ClwicuUy os grêle , légèrement courbé en*S, est placée transversalement au haut de la poitrine, en s'articulant d'une part avec l'extrémité du sternum comme point fixe, et de l'autre, avec le bord antérieur de l'acromion , qu'elle rencontre par en dessus , sans entrer dans la composition de l'articulation scapuio-humérale.

H Humérus , seul soutien du Bras , varie peu dans toute la classe des Mammifères. Dans l'Homme , c'est un os long , à peu près rond dans sa diaphyse, terminé en haut par un gros renflement divisé en trois protubérances, dont l'une, en portion de sphère ou la tête, s'articule avec l'omoplate; et les deux autres, le trochiter et le trocfdn, servent d'insertion à divers muscles. A son extrémité inférieure , le même os se renfle également, mais en formant deux saillies placées à côté Tune de l'autre , pour s'arthrodier avec les deux os de l'avant-bras ; l'externe ou le çondylea.\ec la tête du radius, et l'interne ou la trochlée avec le cubitus.

Vjivant'bras ne renferme jamais que deux os grêles placés à côté l'un de l'autre, dans toute la longueur de cette partie du membre; ces os, à peu près de même grosseur chez \ Homme, s'articulent entre eux à leurs extrémités, et laissant, dans le reste de leur étendue, un large intervalle dans l'espèce humaine, pour faciliter leurs mouvements latéraux.

Le Radius on l'os externe, placé supérieurement au devant et un peu

en dehors du cubitus, croise celui-ci très-obliquement en avant , et arrive par là à avoir son extrémité inférieure en dedans du même os ; disposition par laquelle le dos de la main se trouve en avant, et quon nomme h pronation; mais, par un mouvement latéral de rotation sur lui-même , le radius peut se placer parallèlement au cubitus , en entraînant la main , de manière à occuper le bord externe de lavant-bras , et faire que la main présente la paume en avant , position appelée la supination; mouvement très-étendu chez \ Homme ^ où il va jusqu'à un demi-tour, tandis que dans le Chai , il n'a qu un quart de tour , moins encore chez les autres Carnivores , et nul dans les Rongeurs , les Pachydermes et les Ruminants , où les deux os , invariablement placés en pronation , sont le plus souvent soudés entre eux.

Le Cubitus forme , en arrière de son articulation avec X humérus , une forte apophyse placée dans la direction de la longueur de l'os, et nommée YoUcrdne, sur laquelle les muscles extenseurs de l'avant-bras agissent comme sur un levier du premier genre.

Ce qu'on appelle généralement la Main dans les ouvrages ^Anthropotomie est réellement composé de deux parties , aussi distinctes que le sont l'épaule , le bras et l'avant-bras. A la première de ces parties , ellesmêmes formées de deux, le carpe et le métacarpe, et constituant la partie élargie de la main , j'ai assigné déjà , dans mon Traité d'Anatomie comparative , le nom de Palmure ; et la seconde correspond aux Doigts , dont le nombre varie dans toute la classe des Mammifères de un, qu'on trouve seul chez les Solipèdes , à cinq , qu'on rencontre chez Y Homme et une foule d'autres espèces encore , étant le nombre le plus ordinaire.

Le Carpe ou partie supérieure de la palmure est composé lui-même de huit osselets dans l'espèce humaine , et placés sur deux rangées transversales, chacune de quatre; la première comprenant , de dedans en dehors ( la main étant en pronation) , le Scaphoïde , le Semi-lunaire , le Pyramidal et le Pisiforme ; et la seconde , le Trapèze , le Trapézoide , le Grandos et VUnciforme. Mais dans d'autres genres , tels que celui des FeUs , il en existe un cinquième à la seconde rangée , et occupant le

premier rang au bord interne du carpe , osselet que jai nommé, vu sa forme, le Phacoïde (i).

Le Métacarpe , ou partie inférieure de la palmure , est formé , lorsque la main a cinq doigts , d'autant d'os longs tubuleux, placés à côté les uns des autres et désignés par leur ordre numérique , en partant du plus interne qui perte le pouce (2), dénominations auxquelles je propose de substituer celles de stathos^ stethos , stithos^ slothos et stuthos ^ tirées du grec artQoç, synonyme de métacarpe, et différenciées par la voyelle de la première syllabe ; noms qu'on peut appliquer chez tous les autres Mammifères, où le nombre de ces os se trouve réduit à moins de cinq ; et je conserve le nom de métacarpien comme nom générique*

Chacun de ces os porte, chez Y Homme et d'autres Mammifères, un doigt à son extrémité , distingués aussi fort souvent par leurs noms numériques, qui ont, outre le désavantage d'être composés, encore celui de ne pouvoir être appliqués , de même que les noms ordinaux des métacarpiens , que chez les espèces qui ont cinq doigts comme YHomme. Dans beaucoup d ouvrages , on désigne cependant aussi les cinq doigts par les noms de pouce^ d'indicateur^ de grand doigt ^ de doigt armid'aire et de petit doigt, qui ont la plupart également l'inconvénient d'être composés, et de ne pas pouvoir être appliqués chez tous les Animaux ; le troisième n'étant pas toujours le plus grand , ou le cinquième le plus petit , et le quatrième devenant ridicule , les Animaux n ayant pas l'habitude d'y placer de bagues , ainsi que son nom l'indique ; nom qui est même d'autant plus mauvais qu'il signifie plus particulièrement que ce doigt a la forme d'un anneau. D'autres fois , on désigne les quatre derniei^ doigts par les noms d' index ^ de médius , de medicus et d'auriculaire, qui ont également l'inconvénient de n'être applicables que chez V Homme, le médius n'étant pas toujours placé au milieu, le médicus n'étant pas médecin , et l'auriculaire ne servant pas à être introduit dans

(1) De çpocKo^, lentille ; et £T8o< , forme.

(â) Dans l'attitude naturelle , le pouce est en dedans , et non en dehors , comme on le dit dans les ouvrages d*anatomie , où l'on suppose pour cela la main tournée en supination forcée.

loreille ; et ce dernier nom est d'autant moins admissible qac ce mot est adjectif d oreille, et signifie proprement le doigt attenant à l'oreille.

Pour ramener les doigts à une nomenclature moins défectueuse, je crois devoir n'adopter que ceux de ces noms qui induisent le moins en erreur, et remplacer les autres par des dénominations également substantives applicables chez tous les Animaux , et je propose de les nommer Pouce , Index , Verpus^ Paramèse et Micros ; noms simples qu'on trouve d'ailleurs déjà dans les ouvrages des anciens. Le troisième , peu usité, est le nom latin du troisième doigt de \ Homme; 7capa>e(7oç, un des noms grecs du quatrième ; enfin micros , du grec fxocpo; , petit , est le nom que les anciens donnaient au cinquième doigt , qui est en effet toujours le plus petit de tous. Ces cinq noms ont ensuite l'avantage de pouvoir former les adjectifs poUicien^ indicien^ i^erpusien^ paromésien et microïque , dont on a fort souvent besoin dans les descriptions.

Ces cinq doigts des Mammifères, sans y comprendre les Cétacés, se composent de trois osselets consécutifs « ou Phalanges , à l'exception du plus interne qui n'en a jamais que deux , le moyen manquant. Mais nous verrons , en parlant des Cétacés et des Vertébrés ovipares , que ce nombre varie chez eux. Le nom de phalange, déjà employé par les Grecs, désignant comme nom générique tous ces osselets principaux des doigts , tandis qu'on a souvent besoin de les indiquer séparément , on était obligé de les désigner chacun par son nom d'ordre , de premîère, seconde et troisième phalar^e; et cette dernière seule était quel* quefois nommée spécialement phalange onguéale ou unguinale , comme portant l'ongle. Enfin, Chaussier , pour éviter la confusion qui naissait souvent de cette homonymie, proposa de laisser le nom de phalange au premier de ces os , et de nommer les deux suivants Phalangine et phalangette; mais encore ici la première de ces expressions prêtait à une double entente, étant aussi employé pour les trois osselets ensemble. Je propose de là de le remplacer, comme nom spécial , par le mot phalangeôle y et de conserver, comme autrefois , celui àe phalange comme nom commun.

Outre ces osselets prindpaux des doigts, ou en trouve encore très-

118 PBBMIÈRE PARTIE.

souvent d autres beaucoup plus petits , en forme de simples grains , placés par paires sous les articulations métacarpo-phalangeoliennes, et que Galien désigna déjà sous le nom d'os Sésamoïdes^ les comparant, pour la forme , à des graines de sésame ; on n'en trouve d'ordinaire qu au pouce dans V Homme ^ mais à tous les doigts chez les autres Mammifères ; enfin , on en rencontre aussi d'à peu près semblables chez ces derniers , sous les articulations phalangino-phalangettiennes , et qui , n'ayant , que je sache , pas encore reçu de nom spécial , je les désignerai sous celui d'os Coccoïdes (i). ils servent, comme les sésamoïdes, à former une gouttière aux tendons des muscles fléchisseurs des doigts , afin qu'ik ne soient pas comprimés dans la locomotion.

Le pouce de \ Homme et des Quadrumanes , plus écarté et plus remonté que les autres doigts , et placé aussi sur un plan plus postérieur, par l'effet de la disposition de son métacarpien , est seul susceptible d'un mouvement de rotation sur l'extrémité supérieure de ce dernier ; mouvement par lequel il peut tourner, pour se mettre en opposition avec les autres doigts, afin de former avec eux une véritable pince , au moyen de laquelle XHomm^ saisit ou empoigne les objets avec force.

Dans les quatre doigts suivants , la longueur et la grosseur de chacun indique déjà , chez Y Homme , l'ordre dans lequel ils disparaissent chez les autres Mammifères ; le plus fort est celui du milieu , et en même temps celui qui persiste le plus longtemps ; viennent ensuite , suivant leur grandeur, le quatrième, le second , et le cinquième , qui est le plus faible. Mais, de tous, c'est le pouce qui disparaît le premier chez les Mammifères , et les autres alternativement au bord externe et au bord interne de la main.

Chez les Quadrumanes, les membres antérieurs diffèrent assez peu de ceux àeï Homme ^ mais sont déjà plus longs» plus grêles, et servent en partie à la marche quadrupède ; fonction qu'ils remplissent ensuite plus particulièrement chez la plupart des autres Mammifères. Le carpe s'étend beaucoup moins sur l'avant-bras, de manière que ces Animaux ne peu-

(1 ) De Koxxûc , grain , pépin ; de cTBqç , forxpe , comme ayant la forme d'une graine de plante.

SYSTEME OSSSUX. 119

vent déjà plus appuyer la palmure entière de la main sur le sol en marchant , comme le fait \ Homme placé à quatre , mais simplement les extrémités des métacarpiens et les doigts, ceux-ci restant entièrement étendus ; et le pouce , devenant aussi plus petit et moins opposable, se prépare déjà par là à disparaître dans d autres familles plus éloignées.

Dans Tordre des Plantigrades , comprenant principalement le genre Ursus , qui en est le type , les Erinaceus (Hérisson) , les Sorex (Musaraignes) , eta, la clavicule , très-développée dans certains genres , comme ceux des Talpa , des Eriruzceus ^ et des Sorex , n est plus qu un petit os rudimen taire de 2 à 3 centimètres de long chez les Ursus , et manque même tout à fait , et Tacromion ne forme plus cet élargissement qui recouvre Tarticulation scapulo-humérale dans VHomme et les Quadrumanes.

Les deux os de lavant-bras, quoique mobiles encore lun sur l'autre, le sont cependant beaucoup moins que chez les Quadrumanes; la main n appuie plus sur le sol que par les extrémités des métacarpiens , comme chez les Quadrumanes, et par l'intermédiaire d'une JPe/o/tefibro-graisseuse sous-cutanée, dont on voit déjà les rudiments chez X Homme ^ dans trois saillies arrondies placées à la base des doigts , mais qui ne sont pas plus apparentes chez les Singes que dans l'espèce humaine. Les doigts , tous les cinq de niveau, sont presque entièrement étendus, mais plus courts que dans les Singes, et le pouce en conséquence n'est plus opposable, et souvent déjà un peu relevé.

Dans les Carnivores, les modifications vont un peu plus loin encore ; la main n'appuie plus sur le sol que par les extrémités des métacarpiens , ainsi que par celles des doigts , qui sont même fortement fléchies , ayant la phalangeole dirigée obliquement en avant et en haut, la phalangine en bas et en avant , et la phalangette en avant ; en appuyant sur le sol , chacune par le moyen d'une Pelotine fibro-graisseuse propre , dont Tanalc^ue se trouve également déjà dans la partie molle du bout des doigts de ï Homme et des Quadrumanes, et plus marqués encore chez les Plantigrades ; les extrémités des métacarpiens appuient , en outre, comme chez ces derniers, par l'intermédiaire d'une pelotte

trilobée commune. Le pouce se raccourcissant davantage que chez les Plantigrades, n atteint plus à terre, reste le plus souvent sans usage, et disparaît même déjà dans plusieurs genres, tels que celui des Hyœna.

Les Marsupiaux , Animaux si singuliers sous le rapport de leur mode de génération , sont encore remarquables par la grande différence qui existe entre leurs dents , et la forme des extrémités de plusieurs d'entre eux. Quant aux membres antérieurs , ils ressemblent tout à fait à ceux des Carnivores et des Rongeurs.

Les Rongeurs se trouvent dans les mêmes conditions que les Carnivores et les Marsupiaux. Beaucoup ont des clavicules très-dé veloppées; mais quelques genres , tels que ceux des Lepus , des Cavia , des Paca et des Agouti^ les ont rudimentaires ou nulles. L*humérus n a rien de remarquable y comme d'ailleurs chez presque toas les Mammifères « mais les deux os de lavant-bras se rapprochent déjà tellement qu'ils ne sont plus capables d'aucun mouvement de pronation ou de supination.

Enfin , les doigts varient plus souvent en nombre ; les Fiber (Castor) en ont cinq dont le pouce court et relevé. Dans les Sciurus^ ce dernier disparaît , mais dans aucun genre il y a moins de quatre doigts.

Parmi les Édentés > il n'existe rien de caractéristique pour tous dans les membres, sinon des anomalies dans presque chaque genre , mais dans les détails desquels je ne puis pas entrer ici.

Chez les Pachydermes , qui font le passage des onguiculés aux ongulés ou des digitigrades aux onguligrades, les membres antérieurs offrent par là des modifications fort grandes d'un genre à l'autre. Ces Animaux, généralement lourds , ont les omoplates plus ou moins larges , mais aucun n'a de clavicule ; les humérus , sans s'écarter beaucoup de la forme ordinaire , ont leurs tubérosités plus saillantes ; mais les deux os de l'a van t«rbras commencent déjà à présenter des modifications très-grandes. Chez les Elé' phants , le radius est beaucoup plus faible que le cubitus , ce qui n'est d'ailleurs qu une exception dans toute la classe ; le carpe et le métacarpe ne présentent rien de remarquable ; et les doigts , au nombre de cinq , touchent tous à terre , en se terminant par de petits sabots enveloppant les phalangettes. Derrière les doigts se trouve une lai^e pelotte fibror

graisseuse analogue à celle des onguiculés, mais confondue en une masse commune avec les doigts , et sur laquelle appuient les métacarpiens.

Les Hippopotamus n'ont plus que quatre doigts, un peu libres vers leur extrémité» et la main se trouve du reste dans les mêmes conditions que chez les Éléphants ^ cest-à-dire que la base des doigts et des métacarpiens appuie sur une pelotte fibro -graisseuse commune qui les enveloppe en une seule masse. Chez les Cochons , la condition d'onguligrade se montre plus distinctement, la pelotte sur laquelle appuient les métacarpiens disparaissant entièrement; et quoiqu'il y ait encore quatre doigts et autant de métacarpiens qui les portent, les deux moyens seuls appuient à terre par la phalangette seulement enveloppée d'un sabot; et les deux doigts extrêmes , beaucoup plus petits , n'atteignent plus le sol, de manière qu'à l'extérieur la main ressemble tout à fait à celle d*un Ruminant; enfin, chez les Solipedbs (cheval), le cubitus, trèsgros à sa partie supérieure, où il forme l'olécrâne , devient subitement si grêle , en longeant le radius , avec lequel il se confond entièrement à une certaine époque, que déjà, au milieu de l'avant-bras , il n'est plus qu'un simple filet, qui disparait un peu plus bas ; et le radius, qui s'articule seul avec le carpe, présente à peu près la même disposition qu'on remarque chez les Ruminants placés un peu plus loin. Des métacarpiens, il n'existe plus que ceux qui correspondent aux trois doigts moyens de Y Homme j et parmi eux, les deux extrêmes sont réduits à un simple rudiment styliforme , sans se terminer à aucun vestige de doigt, si ce n'est chez les Hippoterium, genre fossile; le métacarpien moyen , au contraire , prend un fort grand développement , devant à lui seul supporter la charge des membres , et se termine par le doigt unique qui caractérise ces Animaux. Ce doigt n'appuie sur le sol, comme chez les Cochons ^ que par sa phalangette, enveloppée de ce grand sabot rond que tout le monde connaît.

Dans les Ruminants , ordre bien distinct et fort naturel , il n'y a jamais de clavicule. Le cubitus , dans la même disposition que chez les SoLipÉDss, se prolonge en un filet jusqu'au carpe. Le métacarpe est formé le plus souvent de deux os soudés ensemble après la naissance , mais por ^

lâS PREMIÈRE PARTIE.

tantcliacuii un doigt complet, d'égale grandeur; et en arrière sont deux rudiments de doigts latéraux suspendus dans la peau.

Dans les Cervus et les Moschus seuls , ces deux doigts latéraux ont encore des métacarpiens rudimentaires accolés postérieurement aux métacarpiens moyens, et portant aussi des doigts fort raccourcis.

Les Amphibies , formant une branche latérale qui conduit aux Cétacés , ont des membres antérieurs qui ressemblent beaucoup à ceux des Carnivores , auxquels ces Animaux se rattachent. Ils en diffèrent , toutefois , essentiellement par une plus grande grosseur et une moindre longueur dans toutes les parties , excepté les doigts , ces membres ne servant presque plus à la marche, mais principalement à la nage. Les doigts, au nombre de cinq, tous réunis en une palette élargie, forment encore un des principaux caractères de ces Animaux.

Chez les Cétacés, le membre se raccourcit encore plus, et la main également en forme de palette, exclusivement propre à la nage, renferme des doigis dont les phalanges sont souvent plus nombreuses que dans les autres Mammifères , pour donner plus de flexibilité à ces rames : disposition tout à fait exceptionnelle.

Dans Tordre des Chéiroptères , formant également une branche latérale qui se rattache aux autres Insectivores , les membres antérieurs subissent une modification toute particulière, par laquelle, sans cesser tout à fait de servir à la marche, et sans différer autant qu'on pourrait le penser des mêmes membres dans les Quadrumanes et les Plantigrades , ils sont transformés en ailes, au moyen desquelles ces Animaux peuvent se transporter dans Tair, par l'effet d'un véritable vol , qui , tout facile qu il est, ne paraît cependant paspouvoirêtresoutenulongtcmps, ni pouvoir être très-rapide. En conséquence de cette modificat ion, Fomopla te est étroite et petite , comme chez les Oiseaux; les muscles qui s*y fixent nagissant pas avec grande force dans le vol , la clavicule est au contraire trèsdéveloppée, ayant à supporter des efforts considérables dans le mouvement des ailes, en même temps qu elles doivent fixer solidement larliculation scapulo-humérale pour permettre jun vol régulier. L'humérus ne présente rien de bien remarquable; mais déjà les deux os de Tavant-

SYSTÈME OSSEUX. t!23

bras ne sont susceptibles d'aucun mouvement de pronation et de supination , qui rendraient le vol trop incertain. Les os du métacarpe et les doigts , à lexception du pouce, sont les parties qui ont éprouvé les plus grandes modifications apparentes , sans que cela soit en réalité , ayant simplement pris un développement excessif en longueur, et se trou vent réunis par une vaste membrane tégumentaire , partant latéralement du cou et se prolongeant le long des côtés du corps jusqu'à la queue, en contenant dans son étendue les deux membres du même côté , ainsi que les doigts, qui deviennent si longs et si grêles, qu'ils ressemblent tout à fait aux baleines soutenant la toile d'un parapluie.

Dans ces membres aliformes, le pouce seul reste court et libre, et se trouve armé d'un ongle fort et crochu servant à soutenir l'Animal , soit dans la marche, soit en grimpant. Pendant la marche , qui est toujours quadrupède , le pouce et le carpe appuient seuls sur le sol , tandis que les quatre doigts externes , portant la membrane de l'aile , se replient sur le dos pour ménager cette dernière.

Les membres postérieurs des Mammifères subissent des modifications à peu près semblables à celles des antérieurs , surtout pour ce qui a rap-^ port aux orteils , les représentants des doigts.

Dans YHomme ces noembres se composent successivement de haut en bas de la Cuisse^ soutenue par un seul os ou Fémur; de la Jambe , qui en a trois : la Rotule^ le Tibia et le Péroné; et du /Verf, formé lui-même de deux parties, dont la première, simple et élargie, ou Coude-pied, cor^ respondant à la palmure de la main , est elle-même composée de àexxx parties consécutives, dont la première ou le Tarse, articulée avec les os de la jambe, renferme sept osselets disposés en trois rangées, \lont la première comprend V Astragale, seul arthrodié avec le tibia et le péroné, et le Ccdcanéum placé dessous et formant par une saillie postérieure ce qu'on nomme le talon. A la seconde rangéç se trouvent en dedans le Naswulaire placé devant l'astragale , et en dehors le Cuboîde situé devant le calcanéum, mais qui fait aussi partie de la troisième rangée. Enfin , le dernier rang d'osselets en comprend quatre, dont les trois internes sont généralement désignés parle qoni de cunéiformes,^ comme ayai^t.

i2& PRBMlàRE PARTIE.

dit-on , la forme de coins , et distingués par leurs noms numériques de premier, second et troisième, en commençant par le plus interne; mais on conçoit que si l'un disparaît, ce qui arrive fort souvent , ces dénominations deviennent fausses pour les autres. Beaucoup d'anatomistes les appellent grand , moyen , et petit cunéiforme , mais ces noms n étant aussi applicables que chez \ Homme et quelques Animaux, je propose de les remplacer par des noms substantifs propres , et de nommer le plus interne Chalcoïde (i), d'après Tun des noms communs que Gaubn applique à ces trois osselets; de laisser exclusivement le^nom de Cunéiforme au second , qui se trouve en effet placé comme un coin entre les autres; et de nommer le troisième, ou lexterne, J^i<no/»(2), qui est aussi une des dénominations que Galibn applique à ces osselets; enfin , le quatrième os de la troisième rangée est le même cuboïde dont j'ai déjà parlé , situé au bord externe du pied , et ainsi nommé pour sa forme.

La seconde partie du coude-pied , ou le Métatarse^ se compose , chez tous les Mammifères à cinq orteils , d'autant de petits os longs placés à côté les uns des autres , comme les métacarpiens , dont ils sont une répétition , et distingués ordinairement comme eux par leur nom numérique , en partant du plus interne ; mais je crois , de même que pour ces derniers , devoir leur appliquer des noms substantif spéciaux , afin de mieux les distinguer, et que je tire , pour faciliter la mémoire , du nom de Tre&ov (Pédion), que les Grecs donnaient souvent au métatarse, et je les distingue entre eux par la voyelle de la première syllabe , qui marque leur ordre, formant ainsi les noms de Padion , Pédion , Pidion, Podion et Pudion , conservant le terme de métatarsien comme leur nom commun.

La seconde partie du pied est formée par les Orteils , appendices articulés , en même nombre que les métatarsiens , au bout desquels ils sont placés , et composés chacun , comme les doigts auxquels ils correspondent, de trois phalanges consécutives , nommées de même hphalan-

(1) Du grec xa^xosiSTjç , qui est dur comme du bronze.

(2) EircTpûÔv.

STSTàlIE OSSEDX. 125

geôle , la phcdangine et la phalangette ; à Texception du premier de ces orteils qui nen a que deux, laphalangine manquant.

Ces orteils sont, de même que les doigts, distingués les uns des autres par leur nombre ordinal, et comme le premier, qu'on nomme souvent \egros orteil ^ nom qui ne convient aucunement à ses analogues chez la plupart des Animaux, porte en latin le nom spécial de HaÛux, je propose de l'adopter en français , et de désigner les quatre suivants par les noms de Hellux, Hillux^ Hollux et HuUux.

Le Fémur^ l'os le plus long du corps , varie fort peu dans toute la classe des Mammifères; il se termine supérieurement comme l'humérus , son analogue dans le membre antérieur, par un renflement formé de trois tubérosités : l'une ou le condyle , en forme de sphère , s'arthrodie avec le bassin , et le trochanler et le trochantin forment les deux autres, auxquelles se fixent des muscles. A son extrémité inférieure, le même os se termine par deux grosses saillies ou œndyles articulaires , placées à côté Tune de l'autre , et arthrodiées sur l'extrémité du tibia avec interposition des deux cartilages SélérUques (semi-lunaires), et en avant par la Rotule^ os court ellipsoïde, lequel s'oppose à la flexion en avant de la jambe.

Le Tibia , le plus fort des os de la jambe , à la partie interne de laquelle il est placé , est terminé en haut par une troncature articulaire , par laquelle il est uni aux deux condyles du fémur, et inférieurement par une cavité arthrodiale , en forme de gorge de poulie , dans laquelle se meut d'avant «n arrière le premier os du tarse ou l'astragale.

Le Péroné , beaucoup plus faible que le tibia , le long de la face externe duquel il est placé , s'articule à ses deux extrémités avec lui, et jamais avec le fémur, ainsi que cela a lieu chez les Oiseaux et les Reptiles. Ces deux os laissent un grand espace vide entre eux dans toute leur diaphyse , sans qu'ils jouissent, comme leurs analogues de l'avant-bras, d'aucun mouvement de pronation et de supination , qui rendraient la marche moins certaine.

Au Tarse^ l'astragale s'articule seul avec les deux os de la jambe , et le second os ou le calcanéum , le plus volumineux des sept , se dirige en ar-

126 PREMliAB PARTIE.

rière et en dessus, en formant la saillie du talon , pour présenter aux muscles extérieurs du pied un bras de levier du premier genre , sur lequel ils agissent avec force , comme les extenseurs du coude sur i olécrâne.

Les cinq os du métatarse sont placés à côté les uns des autres et sur une même plan un peu courbe , comme les métacarpiens des Plantigrades, sans quil puisse y avoir opposition entre les orteils; le premier est chez Y Homme simplement plus grand que les autres , qui décroissent légèrement jusqu'au dernier, et ainsi aussi les orteils quils portent. Ceuxci, beaucoup plus courts et moins mobiles que les doigts, ne servent que rarement à la préhension , et seulement par Feffet d un exercice particulier; et dans letat ordinaire exclusivement à la marche, formant , avec le dessous du pied jusqu'au talon , la base de sustension du corps.

Ces membres sont d'un degré plus élevé chez les Quadrumanes que dans ï Homme j mais en cela seulement que le pied avec les orteils ressemble plus à la main que chez ce dernier. Du reste le membre est à peu près comme dans l'espèce humaine, seulement plus grêle dans toutes ses parties, et de là plus faible; aussi ces Animaux ne marchent-ils que rarement debout , étant plus quadrupèdes que bipèdes , même les Pithecus (Orangs) et les Hilobates , espèces qui approchent le plus'de YHomm^.

Les orteils des Quadrumanes sont longs et mobiles comme les doigts , et avec cela le premier, disposé comme le pouce, est opposable aux autres , ce qui permet à ces Animaux de saisir les objets avec leurs pieds presque aussi fortement qu'avec les mains , et leur facilite singulièrement l'action de grimper, qui est leur mode le plus ordinaire de locomotion.

Le pied et le reste des membres prennent cependant bientôt^ dans les Plantigrades, la forme qu'ils ont dans l'espèce humaine, surtout chez les Vrsus et les genres voisins où les cinq orteils à peu près de même longueur, se placent les uns à côté des autres sans pouvoir s'opposer, et ne servent plus que fort imparfaitement à la préhension , c'est-à-dire simplement au grimper, les ongles qui prennent la forme de griffes, facilitant beaucoup ce genre de locomotion à ces Animaux.

SySTÈME OSSEUX. 127

Le pied pose dans la station sur toute la plante , comme dans X Homme ^ d'où a été pris le nom donné à cet ordre de Mammifères ; mais déjà dans la marche, tous relèvent plus ou moins le talon, et commencent ainsi à devenir digitigrades ; mais les orteils sont presque entièrement étendus comme dans Tespèce humaine.

Dans les autres digitigrades et les onguligrades, ces membres s éloignent ensuite de plus en plus de la forme qu'ils ont chez les Singes et chez X Homme ^ en prenant, autant que leur type le permet , la même forme que les antérieurs , surtout pour ce qui a rapport aux orteils , qui ne diffèrent que fort peu des doigts.

Ainsi, dans tous les Carnivores, plusieurs Marsupiaux et beaucoup de Rongeurs et d^ÉoENTÉs, le talon est constamment relevé plus ou moins verticalement, et TAnimal n appuie sur le sol que parles extrémités des métatarsiens et la phalangette des orteils , absolument comme aux membres antérieurs, et cela en appuyant de même sur le sol au moyen d'une Pelotte et de Pelotines placées sous les extrémités des métatarsiens et des phalangettes. Les différences principales dans toute cette série d onguiculés, ne portent d'ordinaire que sur le nombre des orteils , à part quelques exceptions que présentent certaines espèces tout à fait excentriques, telles que les Didelphis^ dont le premier orteil est opposable, comme dans les Singes, les Édentés, qui tous présentent des particularités propres à chaque genre , mais dans les détails desquels je ne puis pas entrer ici.

Le premier orteil ou hallux , qui remonte beaucoup plus que chez les Plantigrades, est généralement rudimentaire, et disparaît déjà dans plusieurs genres. Chez les Chiens^ il est ainsi réduit à un simple rudiment suspendu à la peau, qui manque même souvent; et dans les Felis, il n'existe pas du tout ; mais aucun autre orteil ne disparaît , du reste , chez les Carnivores.

Parmi les Rongeurs, les Histrix ont cinq orteils; les Lepus^ quatre; les Dasyprocta , trois seulement , et jamais moins dans aucun genre.

Dans cet ordre paraissent certains genres remarquables par quelques exceptions ; ainsi , les Œeiromys ont le pouce de la main écartée et les

doigts longs comme dans les Singes; les Dipus ont trois métatarsiens d'une longueur extraordinaire, et réunis en un seul os, rappelant le caractère que présentent les Ruminants.

Parmi les Edentés , on trouve , comme pour les membres antérieurs , (les différences considérables et presque partout des anomalies. LesMyrmecpphaga ont cinq orteils, et les Bradjrpus trois complets avec deux métatarsiens rudimentaires de plus.

Chez les Pachydermes , qui font le passage aux onguligrades, les membres postérieurs se trouvent à peu près dans les mêmes conditions que ceux de la première paire , principalement par l'extrémité des orteils appuyant sur le sol, et plus en arrière souvent par le reste du pied à demi relevé , au moyen d'une grande pelotte fibro-graisseuse formant une espèce de semelle qui élargit considérablement le pied. Chez les Éléphants , le talon est à peine saillant derrière cette masse ; dans les Rhinocéros, il Test un peu plus; et dans YHippopotamus^ qui approche beaucoup des digitigrades , le talon est plus relevé encore. Enfin , dans les Cochons et les Chenaux , la pelotte dont j'ai parlé n'existe plus du tout , et ces Animaux marchent entièrement sur les phalangettes enveloppées de toute part par Ib sabot, comme aux doigts. Les premiers ayant , de même qu'aux pattes antérieures , les deux orteils moyens appuyés sur le sol, et les deux extrêmes relevés; et les Ches^auxnn seul appuyé et deux latéraux réduits à des rudiments sous-cutanés de leurs métatarsiens.

Les Ruminants, enfin, ont des pieds postérieurs qui ressemblent tout à fait aux antérieurs pour le nombre, la forme et la disposition des orteils et des métatarsiens : ce sont, avec les Solipèdes, les onguligrades par excellence.

Dans l'ordre des Chéiroptères , les membres postérieurs sont compris jusqu aux pieds dans la membrane aliforme. Les cipq orteils sont de niveau comme dans l'homme et les Plantigrades , et l'Animal appuie tonte la plante des pieds; mais les os de la jambe sont tournés de manière que le pied est dirigé en arrière au lieu de l'être en avant , ce qui facilite à ces animaux les moyens de pouvoir se suspendre par leurs ongles

crochus contre des corps solides , sans avoir les yeux tournés vers ces derniers.

Chez les amphibies , formant la première partie de la branche qui conduit aux Cétacés , les membres postérieurs suivant le même mode de dégénérescence que les antérieurs, commencent à se transformer en nageoires , et ne servent plus que très-imparfaitement à un pénible rampement , ces membres se portant entièrement en arrière pour se réunir à la queue avec laquelle ils constituent une large nageoire. Enfin , un peu plus loin , dans Tordre des Cétacés , placé à la fin de la classe des Mammifères , les membres postérieurs disparaissent complètement.

Quanta la Tête ^ dont il reste à indiquer la composition très-compliquée , les anatomistes lont pendant longtemps considérée comme un tout formé d'un nombre considérable d'os plus ou moins intimement articulés entre eux , auxquels ils ont assigné des noms , indiquant ou leur position relative, ou leur fonction , ou bien la forme , et les ont décrits chacun séparément, sans avoir eu du reste égard à leur analogie théo-> rique avec d'autres pièces du squelette. En 1 807, cependant, M.Oken , dans un mémoire imprimé à part (i) , puis reproduit avec quelques modifications en 1 8 1 7 daiïïsYIsis (2), annonça l'opinion que lecrâne n'est réellement qu'un assemblage de plusieurs vertèbres , qu'il reconnut au nombre de trois , ayant pour corps le sphénoïde (antérieur) , le sphénoïde postérieur (sphécoïde) et l'os basilaire ; avec les os coronaux , pariétaux et occipital pour masses apophysaires formant l'enveloppe de la partie correspondante, centrale, du système nerveux qui y prend le nom d'encéphale ; de la même manière que les autres vertèbres, ou les rachidiennes , enveloppent la partie centrale du système nerveux , du tronc , c'est-àdire la moelle épinière, prolongement de l'encéphale. Il admit aussi que la partie supérieure de la face a pour base trois autres vertèbres placées au devant des crâniennes et ayant pour corps le vomer, que ce savant considère comme composé de trois parties, et pour masse apophysaire

(1) Uber die Bedeuiung der Schàdelkmchen. Ein Programm Jena. 1807.

les OS (lu nez ; enfin , que le restant des os de la tète est formé par les appendices de ces six vertèbres céphaliques , comme les côtes , le sternum et les membres forment ceux des vertèbres rachidiennes.

M. Oken ayant le premier reconnu lanalogie qui existe entre les os de la tête et ceux composant le reste du corps , je dois donner ici une analyse de son savant mémoire, afin de prendre sa théorie pour base.

La tête des Mammifères, et en général de tous les Vertérrés, se compose de deux parties, le crâne et la Jace; et le premier se trouve, ainsi que je viens de le dire , formé , suivant ce célèbre naturaliste, de la réunion de trois vertèbres qu'il nomme Sensitis^es , comme renfermant chacune un organe des sens. Ce sont , d avant en arrière , la vertèbre sphénoïdale antérieure ou vertèbre ophthalmiqne , la vertèbre sphénoï dale postérieure ou s^ertèbre maxillaire^ et la vertèbre basilaire ou s^ertèbre auriculaire.

La vertèbre ophthalmiqne a pour corps la partie centrale du sphénoïde (antérieur); et ses apophyses transverses, ainsi que les obliques, sont représentées par les ailes d'Ingrassias; enfin, la lame ou apophyse épineuse lest par les deux os coronaux.

La vertèbre maxillaire a pour corps la partie centrale du sphénoïde postérieur (sphécoïde), pour apophyses trausverses et obliques les grandes ailes ( apophyses ptérales ) , et la lame est représentée par les deux pariétaux. Les apophyses ptérygoïdes lui paraissent étrangères à la vertèbre elle-même, en constituant simplement un de ses appendices , et être très-probablement les analogues des os omoïdes des Oiseaux , ainsi que Guvier le pensait déjà.

Quant aux temporaux ils n'appartiennent également pas à la vertèbre elle-même , mais forment des appendices ; et en efiet , leurs sutures écailleuses montrent qu'ils sont appliqués extérieurement sur les autres os du crâne, et M. Oken fait surtout remarquer qu'ils sont entièrement extérieurs chez le Mouton^ les Crocodilus et les Ghblonibns.

La vertèbre auriculaire se compose de l'os basilaire , qui constitue son corps; des condy liens ou ses parties latérales, et de l'occipital ou sa lame.

L'apophyse mastoïde appartient bien à cette même vertèbre , mais dépend, d après M. Oken, plus particulièrement de la langue.

Les trous intervertébraux sont le trou sphénoïdal et le trou déchiré postérieur.

La face n'est composée, suivant M. Oken (dans son Programme), que des pièces appendiculaires des trois vertèbres crâniennes. Le Vomer, qu'il regarde comme formant la continuation du sphénoïde antérieur, partage la cavité nasale en deux fosses ; mais l'auteur fait remarquer que Portai y découvrit trois points d'ossification formant ainsi trois corps de s^eHèbres idéales; aux côtés, il se joint par des apophyses aux os palatins , et forme ainsi avec Tethmoïde et les naseaux la cavité nasale, que Fauteur compare au thorax, en l'appelant le thorax de la tête.

Les os palatins sont des analogues des côtes , et les circonvolutions des cornets , ainsi que les anfractuosités de l'ethmoïde et la lame criblée , sont, suivant l'auteur, indubitablement des bronches et des poumons, et le sens de l'odorat n'est qu'un sens thoracique^ et n'a en conséquence pas de vertèbre céphalique à laquelle il appartient.

Les os nasaux , unguis , ainsi que les cornets inférieurs du nez , M. Oken les considère comme la continuation épineuse des os coronaux et des parties latérales de la vertèbre.

De même que l'auteur trouve de l'analogie entre la cavité nasale et le thorax , de même il en trouve entre les os des mâchoires et les quatre membres. Les os temporaux, malaires et les maxillaires supérieurs (siagonaux ) forment une série représentant , suivant cet anatomiste , les membres supérieurs , dont l'analogie n'est réellement pas bien claire , dit-il , mais chez les Oiseaux, où los carré (tympanique) est l'analogue de \ omoplate , la partie du malaire qui s'articule avec ce dernier représente \ humérus; les deux pièces suivantes (i) sont le radius et le cubitus^ et enfin le maxillaire , la main. L'os omoïde forme la clavicule

(1) D'après Portal , le malaire de VJBomme est formé par trois points d'ossification ; et M.Orsii Ta également trouvé composé de trois pièces dans iw fœtus à terme.

Les dents représentent les doigts^ et leur changement est à comparer à la succession des pfialanges ^ enfin Fos intermaxillaire (labral) lui paraît représenter le pouce,

La mâchoire inférieure est l'analogue des membres postérieurs; chaque branche est composée de trois pièces , comme on le voit dans les Oiseaux, les Crocodilus, la Lacerta apoda (Pseudopus) et les Chélo- NiENS (i). Dans un fœtus (presqua terme) à'Jnas boschas, M. Oken a même trouvé chaque branche de mâchoire , sans l'os carré (tympanique) , formé A^sept pièces^ dans lesquelles on retrouve ainsi facilement les principales parties des membres inférieurs. Mais comme les mâchoires supérieure et inférieure partent à la fois delos temporal chez les Mammifères, ou bien de l'os carré chez les Oiseaux et les Reptiles , ces derniers os représentent en conséquence en même temps, suivant lui, Y omoplate et l'os iliaque , et les mâchoires ne dépendent ainsi que d'une seule vertèbre.

Quoique l'auteur considère d'une part le temporal , ou l'os carré , comme représentant à la fois lomoplate et l'os des iles , il pense cependant que l'hyoïde pourrait bien être l'analogue du bassin , car l'os styloïde serait à comparer au sacrum; de manière que la nourriture entre dans le tronc en traversant un bassin , et en sort en en traversant un autre.

De toutes ces dispositions , M. Oken conclut aussi qu'il y a de l'analogie entre la camé buccale et la cavité abdorrdnale^ d'où il résulte que le goût n'est également pas un sens céphalique , mais bien , comme celui de l'olfaction , un sens tronco-céphalique.

Dans son mémoire inséré en 1 8 1 7 dans Xlsis , M. Oken considère toujours les deux sphénoïdes et l'os basilaire comme constituant les corps des trois vertèbres crâniennes ; et la face comme composée également de trois vertèbres , dont les corps sont représentés par le vomer seul, et de plus par les appendices des six vertèbres céphaliques , les analogues des côtes et des membres du tronc.

(1) Elle 7 est bien composée de six de chaque côté.

Pour faire bien comprendre sa théorie de la composition de la tête , ainsi que sa nomenclature comparée des os du crâne et de la face, avec ceux du tronc , M, Oken fait remarquer , avec raison , que les vertèbres cervicales des Mammifères se composent non-seulement de la vertèbre elle-même , mais encore d'une paire de rudiments de côtes confondues avec elle , dont il a déjà été fait mention plus haut. Ce rudiment intercepte , entre lui et la partie qui correspond à la véritable apophyse transverse, cette ouverture qu'on appelle trou de l artère vertébrale , répété également sur la région dorsale par les intervalles entre les côtes et les apophyses transverses.

Partant de là, M. Oken pense qu'il en est de même pour les vertèbres céphaliques, et considère, dans le second mémoire, les os sphénoïde (antérieur) , sphénoïde postérieur {sphécoïde) et hasilaire^ non-seulement comme représentant les corps des trois vertèbres crâniennes, mais encore comme renfermant de même les rudiments des côtes qui s'y rapportent. Il se fonde même pour cela sur ce que les trous optiques , os^ales et condyUens antérieurs , qu'il croit analogues aux trous de l'artère vertébrale (i) traversent les parties latérales de ces vertèbres crâniennes; de manière que ce qui se trouve en dehors de ces ouvertures serait les côtes crâniennes, et qu'il n'y a plus qu'à trouver l'analogie des autres os de la tête avec ceux des membres.

Mais je crois qu'il y a erreur ici ; car non-seulement la direction de ces trous n'est pas parallèle au canal vertébral (cavité da crâne) comme elle l'est dans les trous de l'artère vertébrale, pour donner passage à un artère, mais ils communiquent de la cavité crânienne au dehors pour la sortie des nerfs cérébraux, absolument comme les trous de conjugaison du rachis, dont ils sont bien évidemment les représentants , ou du moins des dépendances; d'où résulte pour moi que les parties

(1) n nomme ces trous , les trous vertébraux (vertebrallôcher) y ce qui est sans doute par erreur, car un peu plus bas il dit formellement que les trous vertébraux {verMfrallOcher) , ou trous de conjugaison sont les trous de la lame criblée, les fentes orbitaires supérieures et les trous déchirés.

que M. Oken considère comme des côtes ne sont que de véritables apophyses des vertèbres céphaliques.

Suivant le même auteur , les trous de conjugaison (vertebrallôcher) seraient les trous de la lame criblée , les fentes orbitaires supérieures et les trous déchirés , ceux-ci séparés en deux par les rochers qui les traversent , ce qui est en effet indiqué par les rapports des trois vertèbres.

Les apophyses obliques de la première vertèbre crânienne ou sphéuoïdale, qu'il nomme vertèbre oculaire ^ sont les apophyses d'Ingrassias (qu'il considère cependant plus loin comme étant des appendices costaux) ; la seconde paire des apophyses obliques , il la trouve dans l'arcade orbitaire, qu'il a plusieurs raisons de considérer comme étant un os à part, et surtout par ce principe que tous les trous qui traversent les os , les trous nourriciers exceptés , ont été primitivement des fentes qui séparaient des os , et qu'en conséquence il doit en être ainsi pour le trou sus-orbitaire. Cet os, soupçonné par M. Oken, existe en effet chez plusieurs Sauriens et quelques Poissons, où je le nomme os épiçyle. La lame de la vertèbre oculaire est formée par les deux frontaux.

La vertèbre sphécoïdale, qu'il appelle maxillaire, a, selon lui, pour apophyse oblique les grandes ailes et les os squammeux ( partie écailleuse du temporal de l'Homme), et pour lame les pariétaux. Quant au v^ormien(qui représente bien évidemment l'apophyse épineuse), il ajoute qu'il n'a rien à dire à son sujet.

Pour la vertèbre basilaire , qu'il nomme {vertèbre auriculaire , elle a les oscondyliens pour apophyses obliques postérieures, pour obliques antérieures les mastoïdiens, qui forment dans le jeune âge également un os spécial , et pour lame l'occipital supérieur.

Les pièces répondant aux côtes sont pour la vertèbre sphécoïdale les grandes ailes (qu'il considère aiUeurs comme des apophyses obliques), ce qu'elles sont en effet; mais il ne dit pas ce qu'il regarde comme pièces costales dans les deux autres vertèbres du crâne.

Le vomer,queM.OKENdit avoir vu formé par trois points d'ossification, il le considère toujours comme représentant les corps de trois vertèbres faciales; tandis que selon moi, ces vertèbres faciales, au nombre de

deux seulement, ont pour corps la lame verticale de lethmoïde et la cloison inférieure du nez, qui lui fait suite; laquelle forme une pièce spéciale, dans beaucoup d'Animaux , ainsi qu on le verra plus bas, en parlant de la composition de la tête chez les Oiseaux et les Poissons.

Pour ce qui est des deux rochers, ils ne font , suivant M. Oken , pas partie des vertèbres crâniennes , mais sont des os dépendant du sens de louïe qui leur sont intercalés.

J admets en grande partie les analogies que ce savant anatomiste signale entre les divers os du crâne et celles des vertèbres rachidienne , mais je crois devoir y faire quelques modifications.

Le vomer, que M. Oken regarde comme formant la continuation de la partie moyenne du sphénoïde , il le considère dans les deux mémoires comme le corps de trois vertèbres antérieures on faciales qui terminent la colonne vertébrale en avant , de la même manière que la queue la termine en arrière; mais il n indique pas les parties de cet os qui correspondent aux vertèbres respectives , et ne dit pas non plus quelles sont leurs apophyses.

Telles sont , suivant M. Oken, les parties de la tète qui constituent les six vertèbres dont elle serait formée , y compris les appendices analogues aux côtes.

Dans les Oiseaux , oii M. Oken prend YOie pour exemple , il trouve la même analogie ; il y reconnaît le véritable squammeux, ainsi que les os cdronaux, pariétaux, loccipital (supérieur) , les condy liens ou occipitaux latéraux, le basilaire, le sphénoïde et le sphécoïde confondus, le maxillaire supérieur (siagonal) , Tintermaxillaire (labral) , lethmoïde , le vomer, le palatin , les omoïdes et les os carrés (tympanique) , sur lesquels il n existe pas de doute. Mais il appelle grandes ailes du sphénoïde la partie de la cloison des orbites qui répond selon moi à Tapophyse d'ingrassias. Ce que Cuvisa nomme \e frontal antérieur {mon métopinal) est, selon M. Oken , le nasal. Il reconnaît aussi que larcade zygomatique est composée de trois parties qu'il considère comme des démembrements du malaire , tandis qa€ je regarde la première partie , ou lantérieur, comme paraissant être l'analogue de l'apophyse ptérygoïde externe; la seconde^

comme répondant seule au malaire; et la troisième, que je nomme le corsai, est, suivant moi , lanalogue de l'apophyse zygomatique du temporal de l'Homme , qui s'est séparé de cet os , ainsi que cela ressort de la disposition de ces pièces chez les Sauriens et les Cheloniens.

Dans le second mémoire, M. O&en, poussant encore plus loin l'analogie qu'il a reconnue entre les parties de la tête et celles du tronc, y trouve même les représentants des membres, selon lui bien remarquables dans les Oiseaux, où la mâchoire inférieure forme le membre postérieur de la tête ainsi que le bassin. L'os carré (tympanique) est l'omoplate de la tête, les trois pièces de l'arcade zygomatique , l'humérus , le cubitus et le radius. Le maxillaire supérieur forme les quatre doigts externes, confondus en une seule masse, mais distincts dans les fœtus humains. L'intermaxillaire est l'analogue du pouce, et les incisives supérieures ses phalanges , et enfin les autres dents sontles griffes des membres céphaliques , dont le nombre ne répond toutefois pas à celui des doigts , ce qui dépend , pense-t-il , de quelque atrophie. M. O&en croit aussi que chez les Mammifères le malaire doit être composé de trois parties. L'omoïde est la clavicule ; l'unguis est composé de deux pièces (qu'il n'indique pas) correspondant à l'anneau sous-orbitaire des Poissons. Le palatin, l'unguiset le nasal forment chez les Mammifères une série qui semble indiquer encore une vertèbre. L'ethmoïde est dans le nez un viscère endurci , analogue au poumon , et n'appartient ainsi pas au véritable système osseux.

Dans la mâchoire, l'os articulaire répond à l'ilium; une lame externe qui le précède est l'ischion , l'os operculaire de Geoffroy Saint-Hilaire est le pubis ; et ceux-ci sont suivis du fémur , et plus en avant de deux autres qui constituent le tibia et le péroné ; l'os dentaire est le pied.

L'hyoïde, que M. Oken regardait dans le premier mémoire comme la répétition du bassin , est considéré ici comme appartenant au larynx , et n'est que le premier anneau de la trachée; et le mastoïdien ainsi que l'osstyloïde , semblent appartenir à la même partie. Les omoîdes et les palatins représentent l'anneau le plus supérieur de ce canal aérien , et ne sont aussi , avec le mastoïdien et le styloïde , que des parties viscérales qui rentrent , comme l'ethmoïde , dans le système osseux , et repré-

SYSTÈME OSSEIjX. 137

sentent du reste encore des membres antérieurs et postérieurs. Quant aux anneaux de la trachée-artère, ce sont des analogues de côtes.

En 1 808, M. DuiifféaiL (i), ne connaissant probablement pas le mémoire de M. Okbn , publié un an avant , fit remarquer que la tête s'articulait avec l'atlas de la même manière que les vertèbres s'articulent entre elles; mais sans dire que la tête était composée d'un assemblage de vertèbres; et cependant, beaucoup d'anatomistes français lui ont attribué cette découverte.

Meckel traita le même sujet dans ses Beytrà. zur s?ergL Anat. , t. Il, 2'cah. , p. 78 , 18 12 , où il avance des opinions un peu différentes de celles émises par M. Oxen , mais qui n'ont pas été admises. Il y fait toutefois remarquer le premier que c'est Fethmoïde qui forme le corps de la première vertèbre crânienne, en ajoutant qu'il avait pour lames ou masses apophysaires les deux os coronaux : ce qui est bien évidemment erroné, et n'est adopté par personne. Dans ce passage , d'ailleurs un peu obscur, il dit aussi que les rocliers forment, avec les temporaux, les deux moitiés d'une vertèbre entre lesquelles le sphécoïde et l'occipital se sont engagés : ce qui n'a également été admis par personne. Du reste, il ne diflere pas de M. Oken.

En 1816, M. DE Blainville (2) , s'occupant de la même question , adopte au fond l'idée de M. Oken , que le crâne est formé de trois vertèbres qui correspondent dans leurs corps aux os sphénoïde (antérieur), sphénoïde postérieur {sphécoïde) et basikure; ce qui est en effet aujourd'hui généralement admis de tous ceux qui ont écrit sur ce sujet : si ce n'est par CcviER , qui n'a jamais avoué qu'il regardait le fait comme, démontré. Mais M. DE Blainville s'écarte sous d'autres rapports du naturaliste allemand. Il ne reconnah qu'une seule vertèbre faciale au lieu de trois, et la nomme également sumérienne ^ considérant , comme M. Oken , le vomer comme formant son corps; et n'admet pasnon plus les opinions de ce savant sur l'analogie des autres parties de la tête avec celles du tronc, et se

(1) Maga9in encyclopédique, 1808, t. III , p. 125. "^) Nmv.ilict. d'hisL nat. , t. XIX, 1818. Mammifères , p. 85.

borne simplement à nommer appendices des vertèbres les pièces surajoutées à ces dernières, sans reconnaître qu'elles représentent d'une manière spéciale ï omoplate ^ Y humérus , les doigts^ etc. , du tronc dont ils seraient la répétition. M. de Blmnvuxe pense aussi que dans la vertèbre faciale ou vomérienne, les os nasaux représentent /?eui-e^re une partie de la masse apophysaire, c'est-à-dire que, du moins alors , il n'en était pas tout à fait certain.

Il désigne les vertèbrescrâniennes sous les noms de sphénoïde antérieure et les frontaux , de sphénoïde postérieure et les pariétaux , et di occipital. Il regarde avec raison l'os interpariétal (vormien) comme appartenant à la vertèbre sphénoïdale postérieure.

V appendice de la première vertèbre est composé ici de 1 appareil olfactif, de ce qu'on nomme le cornet inférieur et la masse ethmoidale.

\^ Appendice de la seconde vertèbre naît en arrière par deux branches, l'externe formé par le jagal (malaire) , Tinterne composé de l'apophyse ptérygoïde interne (omoide) et de l'os palatin; et ces deux racines sunissent ensuite en avant sur le maxillaire supérieur ( siagonal ) précédé du prémaxillaire (labral).

V Appendice de la troisième vertèbre est encore presque double , et se compose du rocher « si toutefois il en doit être distingué, de la caisse du tympan, et de l'os mastoïde , en admettant qu'il en soit distinct ; des trois ou quatre os formant la chaîne des osselets de l'ouïe, du cadre du tympan , de l'os squamraeux ou temporal, et enfin do la mâchoire inférieure. »

U Appendice de la quatrième vertèbre est l'hyoïde.

U Epaule peut être considérée comme l'analogue d'un appendice simple ou côte, et dans le membre postérieur, l'iléon (ilium) correspond à l'omoplate, le pubis à la clavicule, et l'ischion au coracoïdien.

Dans cette théorie de la composition de la tête osseuse, M. de BlainviLLE ne dit pas quelles parties correspondent plus particulièrement aux apophyses transverses et obliques des quatre vertèbres céphaliques.

STSTiME OSSEUX. 139

Depuis , Geoffroy SAiNT-HitAiRE , traitant la même question ( i ) , a voulu trouver même jusqu a sept vertèbres dans la tête de tout Animal vertébré, et cela simplement pour rester conséquent avec sa prétendue loi diunàé de composition; voyant que la tête des Poissons renferme une quantité d'os bien plus considérable que celle qu on trouve habituelle*^ ment dans quatre vertèbres et leurs appendices , en comptant même chaque point d'ossification pour un os à part. Je n entrerai dans aucun détail relativement à ce système , tout à fait hypothétique , où lauteur suppose tantôt des os qui n'existent pas , et fait d'autres fois figurer la même partie dans deux endroits différents. C'est ainsi que son serrial et le tympanal sont deux parties du cadre du tympan ou os tympanique; qu'il suppose le basilaire formé de deux pièces consécutives, ses Otosphénal et Basisphénal; que, d'autre part il fait de la partie moyenne de l'ethmoïde , c'est-à-dire de sa lame verticale , une fois son Rhinosphénal et une autre fois son EthmospkénaL Enfin il fait figurer les osselets de l'oreille à des places où ils ne sont nullement en rapport de position avec aucun de leurs connexes; et certains os, bien constants dans un grand nombre d'Animaux , n'y sont pas mentionnés, tels que le w^ormien et le lenticulaire.

Dans la mâchoire de tout Vertébré , Geoffroy voulait aussi trouver jusqu'à sept os différents; tandis que chez les Mammifères il n'y en a jamais plus d'un , tenant , il est vrai , la même place que six qu'on trouve dans les Reptiles et quelques Poissons ; mais nulle part , que je sache , sept : le soit disant subangulaire qu'il nomme suboccipital étant compté de trop.

Chez Y Homme ^ où, d'une part, le crâne prend un très-grand développement par l'effet du volume excessif du cerveau, comparé à celui de la moelle épinière , dont ce dernier n'est que l'extrémité antérieure, et où, d'autre part, les parties sont refoulées les unes sur les autres par le raccourcissement considérable de la face , cette analogie des vertèbres céphaliques , avec les rachidiennes , n'est , il est

(1) Ann. des se. nat., X.Ul , p 173, 245. 1824.

140 PAEMlàRE PARTIB.

vrai, pas si évidente que chez les Animaux dont Ta tète est plus allongée, et où ses deux parties sont moins modifiées en sen^ opposé. Mats déjà chez les Carnivores , auxquels appartiennent les Felis , ainsi que chez les Ruminants (i), Tanalogie entre les diverses pièces osseuses de la tête, et celles des vertèbres ordinaires avec leurs appendices, devient de la dernière évidence; et il est vraiment étonnant que récemment encore, quelques anatomistes, et spécialement Covier ,. aient cherché à combattre cette opinion. Pour ce dernier savant, il paraît que c'était par principe; car non-seulement on cherche en vain dans ses ouvrages une seule idée philosophique qui lui soit propre, ou qui n'ait pas été contestée , mais il combat partout celles des autres; et lopinion de M. O&bn sur la composi* tion de la tète, est du nombre de celles sur lesquelles Cuvier ne s est jamais prononcé catégoriquement. Provoqué à tout instant par son collègue Geoffroy Saint-Hilaibe de s'expliquer sur cet objet, il promit de le faire dans le premier de ses ouvrages qui lui en fournirait l'occasion ; et elle s'est enfin présentée dans son Histoire naturelle des Poissons^ mais là encore il a esquivé la difficulté en parlant sur cette question , sans se prononcer ni pour ni contre y s'attachant pourtant à faire ressortir ce qu'il y avait d'hypothétique dans les assertions de Geoffroy Saint- HiLAiRE, son principal antagoniste pour les sciences naturelles.

Ce fait, que la tête osseuse des Vertébrés est composée d'une série de vertèbres formant la région la plus antérieure du rachis, est une découverte fort importante pour Fanatomie comparative théorique, faisant rentrer une partie si essentielle du squelette dans une série gêné-raie d'organes, et permet ainsi de fonder certaines lois d'organisation sur des principes plus généraux : l'un des grands buts vers lesquels doivent tendre ceux qui se vouent à l'étude de la nature. U est vrai que pour y arriver, il faut commencer par recueillir le plus grand nombre de faits bien constatés, sur lesquels peuvent seules s'appuyer solidement

(1) C*estsur une tête de Cervus elaphus que M. Oken trouva par hasard dans la forêt du Hars en 1806, qu'il découvrit qu'elle est composée d'une série de vertèbres.

STSTàME OSSEUX. 1/^1

lanâlomie et la physiologie comparatives ; mais ce n'est pas encore là la science, ou du moins la science élevée, transcendante, philosophique; cela n en est que les seuls bons matériaux avec lesquels on en construit Tédifice.

Le simple cultivateur distingue bien une foule de Plantes dont il connaît les parties, ainsi que les propriétés, sans être pour cela regardé comme botaniste, ne considérant pas les Végétaux et les faits qui s y rattachent sous leurs rapports théoriques , et ne cherchant pas à découvrir les lois qui régissent cette sorte d'êtres.

Les corps des vertèbres crâniennes des Mammifères en général, et du Oiat en particulier, sont bien, selon l'examen que j'en ai fait, et ainsi que l'a d'abord indiqué M. Oken, les sphénoïde (antérieurs), le sphécoi^ (sphénoïde postérieur) et le basilaire; mais je ne crois pas pouvoir me ranger de son opinion relativement au corps de la vertèbre faciale, que ce savant veut trouver dans le vomer ^ le croyant représenté plutôt par l'ethmoïde , ainsi que Ta pensé Meckel ; et spécialement par la lame verticale de cet os, comme je le ferai voir plus bas, cette lame faisant réellement suite en avant au corps du sphénoïde, tandis que le vomer est simplement appliqué par en dessous à cet os ; et je crois devoir y ajouter une seconde vertèbre plus antérieure encore , entièrement rudimen taire, déjà signalée dans mon Traité d'anatomie comparatwe , et dont le corps forme la cloison cartilagineuse du nez , que je nomme MésorrIùnale{\ ) , en se prolongeant jusqu'aux narines, cloison qui s'ossifie souvent et forme, dans certains Animaux, une partie parfaitement distincte du corps de l'ethmoïde , et devient même mobile sur ce dernier chez les Oiseaux et les Poissons. C'est-à-dire que j,e reconnais deux vertèbres faciales, dont l'une ou la plus antérieure , que je nommerai /^e/<èAre rhinale^ appartient exclusivement à la fisice chez tous les Vertébrés; et dont la seconde ou ï Ethmoidah ^ appartient de même plus particulièrement à la face, en faisant cependant déjà, par sa lame criblée, partie de la

(I) De (Aido; , eotre , et de ^tv , nea.

\!i2 PREMIÈRE PARTIE.

boîte crânienne ; mais plus chez les Oiseaux , où elle devient aussi entièrement faciale. Ces deux vertèbres, et surtout Fantérieure, aont, comme on voit, absolument rien de commun avec les trois faciales indiquées par iM. Oken, qui crut devoir simplement les admettre, parce qu'il a découvert sur un fœtus le vomer divisé en trois parties, os qui n'est qu'un appendice de la vertèbre ethmoïdale.

Enfin, les trois vertèbres postérieures enveloppent, comme celles du rachis , le tronc central du système nerveux , tandis que les deux antérieures, placées au commencement de la série, et dans un étatrudimentaire comme vertèbres , ne renferment que des troncs nerveux , absolument comme les caudales , également rudimentaires et situés à la fin de la série; et souvent même les sacrées et les lombaires ne contiennent que les faisceaux des nerfs de la partie postérieure de la moelle épinière , connue sous le nom de Qiieue de cheval.

Il est même étonnant que Cdvier (i) ait pu faire , malgré cette dernière circonstance , une objection contre l'opinion qu'il existe des vertèbres faciales, le caractère essentiel de chaque vertèbre étant, suivant lui, de servir de réceptacle au système nerveux et au système sanguin. Ainsi, d'après ce célèbre anatomiste, les vertèbres , que tout le monde et lui-même appellent lombaires, sacrées et caudales chez X Homme ^ ne seraient pas des vertèbres !!J

Il est vrai que le nombre des pièces qui entrent dans la composition des vertèbres céphaliques est différent de celui qu'on trouve d'ordins^re dans les vertèbres du rachis, en comptant même chaque point d'ossification pour un os à part; mais je rappellerai ici ce que j'ai fait remarquer en parlant de la formation du squelette, que des os, bien évidemment analogues dans deux Animaux différents, présentent souvent dans l'un un nombre plus considérable de points d'ossification que dans l'autre , et même différentes pièces qui restent constamment séparées ; d'où résulte qu'on ne saurait se fonder exclusivement sur ce caractère pour la déter-

(1) Hi$L nat. des Poissons^ p. 313. (Note.)

SYSTÈME OSSKUX. l/iS

minatîon des parties analogues, mais quon doit simplement s en servir comme d*un caractère accessoire ; et ce sont plus particulièrement ia disposition, les rapports, la fonction et même la forme qu'on doit prendre en considération pour déterminer quelles sont les parties qui se correspondent dun animal à l'autre. Cela est souvent de la dernière évidence, non-seulement pour plusieurs parties du tronc et des membres, mais surtout pour la tête, où certaines apophyses se forment dans des classes entières par des points d'ossification particuliers , qui restent isolés pendant un temps considérable, et même toujours.

Quoiqu'il soit aujourd'hui généralement admis par la plupart des anatomistes que la tête osseuse est formée de la réunion de plusieurs vertèbres, on n'est cependant pas d'accord sur l'analogie des parties; et pour quelques-unes, je dois l'avouer, on n'a pas encore de preuves irrécusables sur cette analogie, soit comparativement d'une classe d'Animaux à l'autre , soit comparativement aux parties qu'elles représentent dans les vertèbres ordinaires. Tout en avouant ici que je ne puis moi-même avancera ce sujet que des probabilités, j'indiquerai , du HK)insà F^ard des pièces douteuses pour moi , les raisons qui m'ont engagé à adopter telle manière de voir plutôt qu'une autre.

Mon opinion diffère , comme on vient de le voir , principalement de celle de plusieurs anatomistes pour ce qui concerne les vertèbres faciales; regardant d'une part la cloison internasaie comme le corps de la première et l'ethmoïde, mais plus spécialement sa lame verticale, comme représentant celui de la seconde , que je nomme de là Vertèbre eihmoi" daU.

Quant à la Vertèbre rldnale^ son canal vertébral est entièrement effacé, vu l'absence des nerfs qui devraient le traverser; de manière que la Lanie^ formée par le cartilage antéro-^upérieur du nez, s'appliquant sur le corps de la vertèbre, s'est confondue avec lui. Ses Jpo'pkyses transs>erses sont formées par les cartilages latéraux du nez , el enfin ses Appendices sont représentés par les cartilages des ailes du nez , que Je nommerai cartilages Âlaires , ainsi que par les os labraux (intermaxillaires).

iliU PREMIÈRE PARTIE.

Pour ce qui est des Apophyses obliques antérieures , elle manquent parce qu'il n'y a pas de vertèbre qui précède; et les obliques postérieures on peut les trouver dans les cornets inférieurs du nez , qui semblent cependant représenter aussi les obliques antérieures de la vertèbre ethmoïdale, mais qui n'auraient alors pas de correspondantes sur la rhinale ; d'où il est plus probable que ces osselets appartiennent à cette dernière.

L'Apophyse épineuse ou plutôt la Lame de la vertèbre ethmoïdale est représentée par les deux os nasaux , que M. Oren regarde comme étrangers à celte vertèbre , et que M. de Blainville n'y place qu'avec doute.

Les Apophyses obliques antérieures seraient les masses anfractueuses de l'ethmoïde, qui font suite aux cornets inférieurs , et les obliques postérieures se trouvent naturellement dans les cornets de Bertin; enfin les transi*erses sont représentées, selon moi, par les os planum. Quant au vomer, je le considère comme une Apophyse acanthoîde , ou plutôt comme un os upsiloïde, c^est-à-dire formant une paire d' Appendices de la vertèbre, confondues en une seule pièce, et en effet cet os est double chez les Reptiles.

La vertèbre sp/iénoïdale , dont le corps ^ représenté par le sphénoïde (antérieur) , et plus spécialement par la cloison qui sépare les deux sinus , est bien distinct chez tous les Mammifères quadrupèdes , mais non pluchez les vertébrés ovipares , où il se confond avec celui de la vertèbre suivante , ainsi que cela a également lieu chez X Homme. Ses Apophyses obliques antérieures et les trans\>erses forment les parties latérales des sinus ; les obliques postérieures sont les ailes ou apophyses d'Ingrassias , et la lame est formée par les coronaux.

Dans la vertèbre sphécoïdale^ le corps est l'os sphécoïde^ correspondant chez \ Homme à la moitié postérieure du corps du sphénoïde, mais qui constitue chez les autres Mammifères une pièce parfaitement distincte, et qu'on a de là nommé sphénoïde postérieure, l,^ Apophyses obliques antérieures sont formées par ce qu'on nomme les grandes ailes du sphécoïde chez l'espèce humaine ; mais que Geoffroy-Saint-Hilaire a désigné

SYSTÈME OSSELX. 1&5

sons le nom de Plérale (i), que j'adopte comme étant plus simple et substantif; et ces larges apophyses forment en arrière, chez les Felis , etc., un appendice qui représente \ Apophyse oblique postérieure s'engrenant avec la masse apophysaire de la vertèbre qui suit. Les Apophyses trans- K^erses correspondent aux ptérygoïdes dans VHomnie^ dont l'interne constitue souvent une pièce isolée déjà chez les Mammifères , tels que les Canis ^ divers Ruminants , etc., et qui reste généralement séparée dans les Vertébrés ovipares , oii elle reçoit chez les Oiseaux le nom spécial d'os Omdide (2) , que je lui appliquerai partout où il se trouve, et à lexterne qui s'isole également dans les Vertèbres inférieures, je lui conserve le nom d'apophyse ou d'os Ptérygoïdien (3). La Lame est formée par les os pariétaux, et enfin Y Apophyse épineuse, par la crête sagittale, et souvent encore par un os spécial , désigné chez X Homme sous le nom de wormien.

La vertèbre ôo^zTo/re comprend ce qu'on nomme dans Fespèce humaine los occipital , auquel il faut ajouter les deux rochers faisant partie de l'assemblage appelé chez YffommeYos temporal , dont il sera question un peu plus bas.

L'os occipital de YHomm^ ne forme , comme on sait , qu'une seule pièce chez l'adulte, et il en est de même pour la plupart des Mammi* féres, mais dans les sujets encore un peu jeunes , il se décompose bien ' nettement en quatre pièces , dont l'une impaire inférieure, ou l'os basilaire , forme le Corps de la vertèbre , et s'articule en avant avec la base postérieure du sphécoïde, et avoisine postérieurement le corps de latlas.

Lespar ties latérales de l'occipital de Y Homme forment chez les Animaux deux os distincts portant les condyles de la tête , et qu'on a nommés de

(1) De iruepov, ailes ; Geoffroy Saint-Hilaire écrit PiérécU.

(2) D'omoplate et d'sTBçc , forme connue , ressemblant à une petite omoplate , comparaison fort mal choisie.

(3)CnviER, Oss. foss.j appelle, au contraire, l'interne Plérigoïdien ^ quoiqu'il eût reçu dëjà longtemps avant d'HERRissAKT le nom d'Omolde chez les Oiseaux ; et l'externe il le nomme os iransversey terme trop vague et trop souyent employé pour autres choses pour qu'on doive le conserver.

Jà OS condyliens : ils forment les Apophyses obliques postérieures de la vertèbre. Enfin , la portion médiane supérieure de Tos commun constitue chez les Animaux la quatrième pièce , qu on a nommée occipital supérieur; mais à laquelle je propose de réserver exclusivement le nom i{ Occipital; c'est la Lame de la vertèbre, et sur elle, la crête occipitale ou seulement la tubérosîté externe du même nom représente X Apophyse épineuse.

Quant aux apophyses obliques antérieures et les transverses, elles se sont réunies dans Fespèce humaine à plusieurs autres pour former une pièce unique chez l'adulte, connue, dans les ouvrages d'Anthropotomie, sons le nom d'os temporal, mais qui se démembre chez les Animaux, en isolant ses divers composants, surtout dans les jeunes sujets, ou bien même chez les adultes des Vertébrés ovipares. L'une de ces pièces forme le rocher, qui constitue par ses rapports \ Apophyse oblique antérieure de la vertèbre basilaire , et la seconde ou l'apophyse styloïde , qui se sépare aussi quelquefois , représente Y Apophyse transs^erse.

Quant aux Appendices de ces cinq vertèbres, ils sont réduits pour la première , d'une part, aux cartilages alaires ou ailes du nez, et d'autre part , aux os labraux (intermaxillaires) , formant ainsi deux séries. Ceux de la seconde sont réduits au vomer et aux unguis , qui forment également deux séries, ou bien à ces derniers, si l'on veut considérer le vomer comme faisant partie de la vertèbre elle-même , ce que je ne pense pas , cet os se séparant , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, en deux pièces latérales bien isolées chez les Reptiles.

La troisième vertèbre a aussi deux séries î^ Appendices^ Tune formée par les palatins et les siagonaux (maxillaire supérieure), et cette série présente une branche latérale constituant la seconde partie représentée par les malaires et les cartilages tarses des paupières , que je propose de nommer cartilage jÉJ^/cj^/e (i) pour la supérieure, et Hypocyle {2) pour l'inférieure.

(1) D'èirtxuXk , paupière supérieure.

(5) D'ÔTto/.uXov , paupière inférieure.

Pour la vertèbre sphécoïdale , onne trouve au premier abord qu une seule série ^Appendices de chaque côté, formée par los squammeux (partie écailleuse du temporal), les cartilages méniscoïdes et les mâchoires (inférieures) ; mais quand on examine ces mêmes parties dans les autres Vertèbres , et surtout chez les Sauriens , dont la tête ressemble beaucoup à celle des Mammifères, avec cette différence essentielle que les parties correspondant à divers os de ces derniers se trouvent décomposées en plusieurs pièces, on reconnaît facilement que ce qui se rapporte au temporal de Y Homme est formé surtout de plusieurs os bien isolés , dont quelques-uns sont déjà distincts dans les jeunes Mammifères. C est ainsi que chez ceux-ci Tos temporal se décompose toujours en quatre pièces, dont Tune, formant la partie écailleuse et la branche qui entre dans la composition de Farcade zygomatique, a reçu le nom dios^ Squammeux ; une seconde constitue le Bocàer Sivec l'apophyse styloïde ; la troisième , formant le cadre du tympan, est nommée de là os Tympanique ; et enfin la quatrième constitue lapophyse mastoïde ou los Mastoïdien : ces pièces restent non-seulement en tout temps isolées chez les Reptiles, les Chèloniens et les Poissons , et même dans les Oiseaux , aussi longtemps que les autres os de la tête, mais d'une part, le squammeui^ se divise encore en deux parties , par la séparation de sa branche de l'arcade zygomatique , qui s'en écarte même à distance , et que je propose de nommer l'apophyse ou l'os Corsai (i); et d'autre part, l'apophyse styloïde finit aussi par devenir une pièce particulière chez les Poissons , désignée sous le nom d'os Styloîdien. Je supprime en conséquence dans cet ouvrage le nom de temporal^ qui désigne un assemblage de pièces, et le remplace par celui de la partie dont il s'agira ; et lorsqu'il sera question des Animaux oti la réunion a lieu, chaque partie sera appelée par ladjectif de son nom.

Voyez , pour bien comprendre ce démembrement de l'os temporal de ï Homme, les Art. II, III, IV et V de cet ouvrage, oii je donne un aperçu de k composition du squelette des Verterrès ovipares.

(1) Dex^pvT) , tempe.

lus PREMIÈRE PARTIE.

D'après ce que je viens de dire , la série des os appendiculaires de la vertèbre sphécoïdale aurait aussi une branche latérale formant une seconde série , et composée seulement de Tos corsai dont je viens de parler» et peut-être devra-t-on y ajouter le squammeux ; et les deux branches latérales des appendices des vertèbres sphénoïdale et sphécoïdale vont à la rencontre Tune de l'autre pour former larcade zygomatique, dont les deux parties se croisent d'ordinaire obliquement, suivant leur longueur.

La vertèbre basilaire enfin présente également deux séries ^Appendices, la première composée des osselets de l'ouïe, du tympanique, du mastoïdien et des pièces de l'oreille externe; la seconde, formée par les osselets de la corne céphalique de l'hyoïde , comme parties analogues aux côtes des vertèbres dorsales ; du corps de l'hyoïde , comme représentant le sternum , et ayant un appendice latéral formé par les cornes laryngiennes de l'hyoïde et le larynx lui-même. Ce dernier paraît toutefois appartenir théoriquement plutôt aux vertèbres cervicales , dont il serait des appendices éloignés, rejetés sur l'hyoïde, comme les côtes ventrales des Crocodilus sont des appendices également éloignés des vertèbres lombaires.

Par la simple énumération de ces parties , on voit que non^seulement les appendices, mais même les apophyses et les corps de ces cinq vertèbres céphaliques, s'éloignent pour la forme d'autant plus de leurs analogues sur la région thoracique, qu'ils appartiennent à une vertèbre plus antérieure ; c'est-à-dire , d'autant plus qu'il approche davantage de la limite de la série , ainsi que cela arrive également pour les dernières vertèbres caudales et sacrées, et d'ailleurs pour tous les organes qui terminent des séries chez un Animal quelconque. Aussi les apophyses et les appendices des vertèbres rhinale et ethmoïdale ne seraient-ils pas reconnaissables, si l'on n'était pas conduit à leur détermination par l'analogie de leurs rapports. Pour la vertèbre sphénoïdale (antérieure), l'analogie devient déjà plus certaine, et les appendices forment également deux séries de pièces. Quant aux parties dépendantes de la vertèbre sphécoïdale, la ressemblance avec leurs analogues dans les vertèbres thoraciques est déjà

fort grande , et enfin elle est évidente pour la vertèbre basilaire , où la pièce correspondant au sternum est même représentée.

Quant aux trous de conjugaison de ces mêmes vertèbres céphaliques , on les retrouve également entre les apophyses obliques et les corps des vertèbres respectives, avec des modifications plus ou moins grandes, dépendantes de celles que présentent les pièces solides avoisinantes.

Ainsi , le trou entre les vertèbres basilaire et sphécoïdale paraît représenté par les trous déchirés postérieurs et antérieurs, plus ou moins partagés en deux par le rocher et la caisse du tympan ; et le trou oval (jui en est une dépendance , n'en est séparé que par une arcade osseuse. Mais de semblables séparations se remarquent aussi souvent aux trous de conjugaison rachidiens, comme, par exemple, chez le Bos Unis et les trous sacrés de la plupart des Mammifères.

Les trous sphénoïdaux placés entre les apophyses ptérales (ailes du sphécoïde) et les apophyses dlngrassias, séparent les deux vertèbres sphénoïdale et sphécoïdale, et les trous optiques en sont également des dépendances.

Les trous de conjugaison entre les vertèbres sphénoïdale et ethmoïdale, percés entre la lame criblée et le coronal, sont presque entièrement oblitérés, et ne donnent passage qua quelques petits nerfs qui se répandent sur les parois latérales des fosses nasales; et les trous de la lame criblée en sont également des dépendances.

Enfin, les nerfs olfactifs, qu'on pourrait appeler la queue de cheval antérieure , traverse la lame criblée de l'ethmoïde , dont les petits trous représentent en même temps la terminaison du canal rachidien.

La division qu'on a établie jusqu'à présent, dans les ouvrages danthropotomie, de la tête en Crâne et en Face , est arbitraire ; car rien ne marque d'une manière précise la limite de ces deux parties. Dire que le^ os du crâne sont ceux qui concourent à former la boîte cérébrale , et que les autres appartiennent à la face, c'est d'une part ne donner à ces derniers qu'un simple caractère négatif, et d'autre part plusieurs os concourent à la fois à former l'un et l'autre. Enfin , il y en a qu'on décrit comme appartenant au crâne, quoiqu'ils n'entrent pas dans sa composition : tel est le cadre du tympan.

Dire avec plus de justesse que le crâne est composé des pièces formant dans la tête la continuation du canal rachidien , et que la face comprend les parties qui, par analogie de situation et de fonction , correspondent à celles qui constituent la cavité viscérale du tronc , on aurait une division plus fondée sur lanalogie qui existe entre les deux principales cavités de la tête et du tronc. Les corps des vertèbres céphaliques formeraient, comme celui des dorsales, les pièces séparant les deux cavités, et leurs apophyses oblique et épineuse seraient les pièces appartenant spécialement à la cavité crânienne ; tandis que la face comprendrait la partie inférieure des corps de vertèbres, les apophyses transverses et leurs appendices. Mais dans cette division , il arrive également que les apophyses oblique et épineuse des vertèbres rhinale et ethmoïdale , n'entrent pas , comme aux autres , dans la composition de la boîte crânienne. Je ferai cependant remarquer que cette exception n'a heù que pour les vertèbres terminales qui doivent nécessairement se trouver dans une condition particulière , par cela même qu elles ne sont précédées d'aucune autre , et se trouvent en outre dans un état de dégradation fort avancé , que présentent généralement tous les organes qui terminent des séries, comme le sont d'ailleurs aussi les vertèbres caudales; cet état, en quelque sorte rudimentaire , est dû , de part et d'autre , en grande partie à l'absence du tronc central du système nerveux , qui cesse de s'y prolonger.

Ce fait, que la tête des Vertébrés est composée de plusieurs vertèbres avec leurs appendices, trouve une analogie frappante dans la composition de celle des Animaux articulés , également formée , du moins dans les espèces supérieures, telles que les Myriapodes, les Insectes et les Crustacés, de la réunion de plusieurs parties analogues aux segments du thorax et de l'abdomen; et l'analogie des parties y est même plus évidente encore , ainsi que je l'ai fait voir dans mes Considérations générales sur tanotowie comparatisme des animaux articulés.

Les différentes parties du corps des Vertébrés , et spécialement des Mammifères , tant celles composant le torse que celles qui forment les membres , prennent différentes dispositioqs selon les conditions dans les-

quelles elles se trouvent les unes à l'égard des autres , et suivant les fonctions qu'elles ont à remplir. Le rachis forme ainsi dans son ensemble une colonne qui présente diverses courbures , dont on peut fort bien démontrer les causes déterminantes, d'après ces mêmes conditions. Dans le fœtus humain , elle est, comme on sait, droite dans toute la série des vertèbres formant l'épine du dos, les tractions quelle éprouve en sens divers par la force passive des muscles qui agissent sur elle , étant à peu près nulles ; d'une part , à cause du peu de développement de ces organes , et de l'autre parce que le fœtus nageant dans un liquide , toutes les parties de son corps sont également soutenues, aucune ne pèse sur l'autre, et ne saurait produire de déviation dans la direction du rachis. L'action des muscles commence cependant vers la naissance , et devient surtout très-grande après cette époque , lorsque VHomme se tient longtemps debout. Les muscles postérieurs du tronc exercent alors une traction très-forte sur la colonne vertébrale pour s'opposer à sa flexion en avant , sollicitée par le poids du torse, dont le centre de gravité est antérieur au rachis Dans la région lombaire, l'effet de la traction doit être le plus fort , d'une part , parce que le poids de la portion du corps qui est au-dessus est plus grand , et de l'autre , parce que la flexion y est plus facile , les vertèbres n'y étant pas soutenues par des côtes , tandis qu'au dos , la première cause de flexion en avant diminue à mesure que l'os monte, et avec elle la force des muscles qui doivent s'y opposer; et la seconde cause est très-bornée dans son effet par la présence des côtes. Voilà pourquoi il a fallu que les muscles extenseurs de la colonne vertébrale fussent plus puissants au sacrum et aux lombes qu'au dos. Or, cette traction continuelle produit nécessairement la courbure de la colonne vertébrale, et d'autant plus facilement dans chaque partie , que les muscles y sont plus puissants; c'est-à-dire , que les régions sacrée et lombaire forment ensemble un arc concave en arrière , de telle manière, que la vertèbre placée au point où les sommes des tractions exercées sur les deux extrémités de l'arc se font équilibre, doit rester parallèle à la corde qui sous-tend ce dernier, point correspondant à peu près à la quatrième ou à la cinquième lombaire (sans costines). Par l'effet de cette

15â PREMIÈRE PARTIE.

traction , le sacrum doit se replier en arrière , de même que les vertèbres lombaires supérieures , ainsi que Fobservation le prouve. Dans la région dorsale, la flexion en arrière aurait également lieu, quoique moins fortement , les muscles qui devraient la produire étant plus faibles, si les côtes, qui forment de très-longs leviers , sur lesquels agissent les muscles antérieurs du tronc , ne s'y opposaient pas ; les côtes formant des arcs-boutanls qui repoussent les vertèbres en arrière , et non-seulement leur action détruit celle des muscles extenseurs , mais produit au contraire la flexion en avant, sollicitée surtout encore par le poids de la partie supérieure du corps , dont le centre de gravité est devant la colonne vertébrale.

Dans la région cervicale , l'effet produit par les côtes disparaît de nouveau , et cette partie de la colonne vertébrale est de nouveau dans la condition dans laquelle se trouve la région lombaire. La tète n'étant pas tout à fait d aplomb sur le cou , son centre de gravité se trouvant au devant de son point d'appui, il a fallu que les muscles de la partie postérieure du cou fussent plus puissants que les antérieurs pour la maintenir en équilibre; et ces organes exerçant ainsi une traction constante sur les vertèbres cervicales , les font fléchir en arrière : et de là la concavité que leur série présente de ce côté.

Quant au coccyx, qui nest que le rudiment de la queue des autres Mammifères , et ne porte aucun poids, il n est sollicité que par la traction de quelques muscles qui le tirent constamment en avant , et le courbent ainsi dans cette direction.

Telles sont les causes qui déterminent dans la colonne vertébrale de \ Homme ces courbures alternatives en sens opposés, courbures qui ne sont dues, comme je viens de le faire voir, qu'à Faction des diverees forces qui agissent sur le rachis , et ne sont pas , en conséquence , des conformations établies par Tintelligence suprême , pour donner plus de solidité au corps dans la station , ainsi que plusieurs anatomistes ont cru devoir l'admettre , en en donnant même une espèce de démonstration toute hypothétique.

Chez les Mammifères quadrupèdes , on trouve les mêmes courbures

plus OU moins prononcées, dues à des causes semblables, mais non tout à fait les mêmes. Ces Animaux étant destinés à marcher à quatre , leur corps, au lieu de prendre la direction verticale comme chez \ Homme , est au contraire horizontal ; de là des différences notables dans la forme et la xlisposition non-seulement des diverses parties qui composent le squelette , mais encore dans les nombreux muscles qui meuvent ce dernier, ainsi que dans les autres organes , mais principalement dans la colonne vertébrale.

En supposant le corps de MHom^me placé dans la disposition quadrupède , voici les inconvénients qui en résulteraient pour le libre exercice de ses facultés , inconvénients qui , ne devant pas exister chez les Animaux, ont dû être évités chez eux par des modifications que la nature créatrice a dû faire éprouver aux diverses parties de leur corps.

La face , dirigée en avant chez X Homme , se trouverait tournée en dessous , et il était de là nécessaire de lui faire reprendre sa direction primitive , afin que les yeux et la bouche se trouvassent en avant. Or, il y avait pour cela deux moyens à employer : le premier consistait à faire décrire simplement à la série des vertèbres cervicales un arc concave en dessus , plus précipité que chez Y Homme , bipède ; et le second , à placer le trou occipital plus en arrière , à la face postérieure du crâne , au lieu de la face inférieure où il se trouve chez ce dernier , et ce sont en effet là les deux modifications fondamentales que cette région du corps a subies , modifications amenées d ailleurs aussi par une simple raison de statique, pour rétablir l'équilibre des parties, détruit par le changement de position de ces dernières. Par cela même que la tête, au lieu d'être à peu près en équilibre sur la portion cervicale du rachis, se trouverait au devant d'elle, etsoncentre de gravité pesant alors sur un très-long bras de levier, ferait fléchir lecou beaucoup plus facilement en dessous, tandis qu'il devrait être au contraire plus arqué en dessus. Pour éviter cet inconvénient , il a fallu que la puissance des muscles extenseurs de la tête et du cou fût plus vigoureuse que chez YHomme dans l'attitude verticale , et son bras de levier, formé par la distance des condyles à la ligne courbe supérieure de l'os occipital plus long , ainsi que les apophyses épineuses

des vertèbres cervicales qui en sont des leviers accessoires. Encore ces moyeiis n auraient-ils pas toujours été suffisants, et la nature y a ajouté , chez les espèces à long cou , laction d'un ligament cervical beaucoup plus puissant que chez V Homme ^ où il est réduit à un simple filet rudimentaire. Ce ligament, formé de fibres jaunes élastiques, sans augmenter considérablement la masse delà partie postérieure du cou, agit avec une grande force sur la tête pour la tenir relevée , et permettait (le donner aux muscles, dont il seconde l'action , un volume beaucoup moins grand. Cette modification, introduite dans un but purement mécanique , produit en même temps le changement nécessité pour l'exercice des fonctions que les organes de la tête ont à remplir, et par l'effet de ces modifications , la partie cervicale du rachis se trouve arquée en dessus plus fortement que dans l'espèce humaine.

Les régions dorsale , lombaire et sacrée de la colonne vertébrale , légèrement couchées en S chez Y Homme par l'effet du poids de la partie supérieure du tronc , combiné avec les forces musculaires qui agissent sur elles, a dû subir également des modifications analogues.

Dans l'attitude quadrupède , les choses n'auraient pas pu rester les mêmes que dans ï Homme , bipède , vu que le poids du corps , agissant au centre de gravité de ce dernier, placé dans le milieu du tronc , sous la colonne vertébrale , aurait fait fléchir cette dernière en dessous , dans les deux régions dorsale et lombaire comprises entre les points d'appui sur les membres, flexion à laquelle les muscles inférieurs du rachis n'auraient pu suffisamment s'opposer. Quant à la région dorsale, cette flexion n'aurait cependant pas été aussi facile que dans la lombaire , vu que dans VHomm^, debout, elle est déjà convexe en arrière; et les muscles antérieurs du tronc, formant, par le moyen du sternum et du^ bassin , une chaîne ou corde qui sous-tend cet arc, se seraient opposés à la flexion. A cette action, se serait jointe ensuite celle des côtes, dont chaque paire, en prenant son point d'appui sur le sternum , aurait soutenu sa vertèbre respective , et la courbure de la colonne vertébrale se serait arrêtée là où le poids du corps , avec la force des muscles qui agissent dans son sens , auraient fait équilibre à la force des muscles in-

SYSTÈ1I£ OSSBUX. 155

férieurs , y compris ceux placés sous les corps des vertèbres. Ce que je viens de dire relativement à la région dorsale de la colonne vertébrale de X Homme placé à quatre , s'applique entièrement , pour la même portion , aux Mammifères quadrupèdes, dont la région dorsale du rachis est en effet convexe vers le dos , et chez lesquels cette courbure est d'ordinaire d autant plus précipitée, que TÂnimal est plus souple dans la colonne vertébrale, ou plus lourd ; et cela se remarque surtout chez le même individu , qui devient plus gras ou plus maigre.

Chez les espèces dont le rachis plie facilement , Animaux généralement légers, la courbe de ce dernier doit être plus forte , pour que le corps ne fléchisse pas sous le poids des viscères; et, par la même raison , elle doit être aussi très-forte chez les Mammifères très-pesants , tels que les Éléphants et les Rhinocéros , pour résister à la charge considérable qu'elle a à porter; de manière que cette disposition se rencontre chez les Animaux qui paraissent se trouver dans des conditions tout opposées; tandis que c'est chez les Ruminants et les Solipédes , qui forment le terme moyen , qu'on trouve les colonnes vertébrales les moins arquées , et , pour ainsi dire , toutes droites, son peu de flexibilité l'empêchant de fléchir sous le poids assez peu considérable du corps.

Dans la région lombaire , déjà concave en arrière chez Y Homme , bipède , il n'en aurait pas été de même ; car le poids du corps l'aurait fait fléchir en dessous dans l'attitude quadrupède , malgré la résistance des muscles formant la chaîne inférieure du corps. Aussi ï Homme placé à quatre est-il obligé de faire de grands efforts avec ses muscles sous-vertébraux, tels que les psoas, pour prévenir cet accident ; et la fatigue qui eu résulte est une des causes qui l'empêchent de rester longtemps dans cette position.

D'après ce que je viens de dire , il est évident que pour maintenir le Quadrupède uniquement en son état de station , il suffirait qu'il n'existât que des muscles et des ligaments à la partie inférieure de l'arc des vertèbres , comme le sont les psoas, lesquels tendent à rendre le rachis con-i cave en dessous; mais ces organes devraient toutefois avoir une force proportionnelle plus considérable que dans \ Homme bipède , afip qu^

156 PBfiMlÈRE PARTIE.

leur puissance pût faire équilibre au poids du corps , ou bien , il aurait suffi de donner simplement à la région lombaire du rachis également une courbure convexe en dessus, c'est-à-dire, lui faire former un seul arc avec la région dorsale, et c'est, en effet, encore l'une et l'autre de ces modifications que la nature créatrice lui a fait subir. Si elle sétait bornée à la première de ces modifications , elle n'eût pas entièrement atteint son but, vu que dans la course, et surtout dans le saut, où les mouvements d'extension de la colonne vertébrale jouent un très-grand rôle, et plus particulièrement chez les espèces sauteuses par excellence, telles que lesFeliSy qui s'élancent en débandant fortement leur rachis, après l'avoir préalablement fléchi ; mouvements pour lesquels les muscles supérieurs de l'épine doivent être très-vigoureux. Mais la force de ces muscles extenseurs aurait été détruite par celle plus puissante des muscles sous- vertébraux; ce qui aurait annulé aussi l'effet qu'on aurait voulu produire , et l'Animal n'aurait pas pu courir facilement , et moins encore sauter. C'est donc la seconde modification que la nature a dû nécessairement introduire , et l'observation le montre en effet. En rendant la partie lombaire de la colonne vertébrale également convexe en dessus , la flexion en dessous est par cela seul prévenue, comme pour la partie dorsale, par la chaîne des muscles qui sous-tend leur arc commun , secondée toutefois par des muscles fléchisseurs de la colonne vertébrale, plus puissants que chez YHomme , pour suffire aux mouvements du rachis. Par là aussi, les muscles extenseurs ont pu recevoir une puissance trèsgrande , surtout nécessaire à l'action du saut.

Quant à la région sacrée du rachis qui se trouve chez les Quadrupèdes à peu près au-dessus des points d'appui postérieurs du tronc, elle n'éprouve aucun effort direct du poids de ce dernier , concentré au centre de gravité, et elle resterait , relativement à cette influence, dans la direction de l'arc des dernières vertèbres lombaires , c'est-à-dire dirigée obliquement en arrière et en dessous. Mais comme les muscles extenseurs de la colonne vertébrale prennent en très-grande partie leur point d'attache sur le ss^crum , dont l'extrémité postérieure dépasse plus ou moins les articulations sacro-iliaques , par lesquelles la colonne

vertébrale appuie surlesilium, et par ceux-ci sur les membres; la force de ces muscles tend à relever le sacrum en arrière, tandis que les fléchisseurs se fixent aux autres os du bassin , comme cela a , du reste , également lieu chez V Homme ; et le sacrum serait ainsi , par la prépondérance des extenseurs , plus fortement relevé que dans l'œpèce humaine, si chez les Animaux quadrupèdes, leur action, sous ce rapport, n'était pas détruite par beaucoup d'autres muscles très-puissants qui se fixent au sacrum , et servent soit aux mouvements de la queue , soit à ceux des membres postérieurs; muscles qui ont bien leurs analogues dans Y Homme ^ mais y sont moins forts.

Pour ce qui est delà région caudale , réduite dans l'espèce humaine au simple rudiment du coccyx, elle est fléchie en avant chez cette dernière par l'effet de la traction qu'exercent exclusivement sur elle les muscles ischio-caudaux. Chez les Quadrupèdes oii la queue est d'ordinaire fort longue , ses premières vertèbres se trouvent à peu près sous la même influence que celle du sacrum , et prennent delà aussi la même direction, tandis que les autres , sollicitées par des forces musculaires opposées égales , obéissent simplement à l'action du poids de cet organe , et cette partie de la queue se dirige en conséquence le plus souvent en dessous.

Quant aux changements que subissent les membres en passant de la condition de l'Animal bipède à celle du quadrupède, ils sont également notables, et se rapportent spécialement à deux causes déterminantes : l'une qui résulte immédiatement de l'attitude à quatre ; et l'autre qui dépend de la gradation à laquelle ils sont soumis , en passant de la fonction bipède des membres postérieurs de l'homme à la quadrupède par excellence de ceux des Mammifères à sabot , ainsi que de la gradation cjui transforme les membres antérieurs d'organes essentiellement préhenseurs en organes locomoteurs ; aussi , les modifications qu'éprouvent les membres antérieurs sont-elles plus considérables , ces derniers ayant xin degré de plus à franchir pour arriver chez les Mammifères à sabots, au même point oii se trouvent les postérieurs.

V omoplate présente chez les Mammifères quadrupèdes, à peu près la

même disposition que dans Y Homme; son bord spinal est toujours tourné vers le rachis, et l'angle portant la cavité glénoïde obliquement en dessous et en avant ; et comme cette dernière appuie de haut en bas sur la tête de Thumérus , Tacromion devenant moins nécessaire , se réduit déjà beaucoup chez les espèces qui ne font dordinaire pas de grands efforts avec leurs membres antérieurs , et ont de là aussi des clavicules rudimentaires; et l'acromion disparaît complètement chez celles privées de clavicules, qui n emploient ces membres qu'à la locomotion , ce qui modifie considérablement la forme de Tépaule.

Ces membres devant aussi servir dans la marche alternativement de soutien au corps , ils doivent être plus rapprochés lun de l'autre , pour que cette alternation puisse avoir plus facilement lieu; ce qui exige que le thorax soit plus comprimé , et les omoplates plus fortement dirigés en dessous qu'ils ne le seraient chez ÏHomme placé à quatre. Il fallait aussi que 1 omoplate, lé bras, l'avant-bras et la main fissent entre eux des angles alternatifs plus ou moins grands pour rendre les mouvements plus élastiques et plus souples , afin de prévenir les fractures dans le moment où le poids du corps tombe avec force sur ces membres.

Pour ce qui est des extrémités postérieures , elles ont dû éprouver des modifications à peu près semblables, pour être appropriées à la station et à la marche quadrupède. Les cavités cotyloïdes du bassin , au lieu d'être dirigées obliquement en arrière , devaient être tournées plus en dessous , pour mieux emboîter la tête du fémur , qui sans cela aurait été beaucoup plus exposé aux luxations. Pour la même raison que j'ai indiquée plus haut à l'égard des membres de devant , les diverses parties qui composent les postérieures ne pouvaient plus rester en ligne droite dans une direction verticale chez les espèces coureuses et sauteuses , mais ont dû former entre elles des angles également alternatifs , pour donner aux mouvements plus d'élasticité et plus de souplesse , afin de prévenir les luxations et les fractures.

Je n'ai indiqué ici que les modifications qu'entraînent avec elles la station et la marche bipède et quadrupède dans la disposition des parties prises dans leur ensemble , qui en exigent ensuite d'autres encore dans 1^

jorrne , la disposition et la force de chaque élément en particulier qui entre dans la composition du corps; sans parler de celles qu'amène la condition quadrupède arrivée au type de son perfectionnement chez les Animaux à sabots, et spécialement chez les Solipédes; mais en parlant plus tard des diverses parties du corps du ChcU^ type des digitigrades, je ferai principalement remarquer les modifications que chaque organe éprouve par les mêmes causes , et surtout avec quelle profondeur de vue les organes du mouvemement sont calculés jusque dans leurs moindres détails, pour rendre ces Animaux essentiellement quadrupèdes, sauteurs et carnassiers.

Dans les transformations que le corps des Animaux subit en passant d un type à lautre , soit en se simplifiant , soit en se compliquant quelquefois j selon que lliarmonie des facultés et de leurs appareils Fexige ; les diverses parties changent même de fonction ; et d'ordinaire on les retrouve encore, avant de disparaître entièrement, sous la forme de simples rudiments sans usage apparent, n'indiquant en quelque sorte plus qu'un simple droit d'existence, si je puis m'exprimer ainsi , avant de s'éteindre tout à fait.

La Tête^ tout en changeant assez considérablement de forme, sans cesser de laisser apercevoir qu'elle est toujours formée d'après le même principe que chez \ Homme , ne perd , dans tout l'embranchement des Animaux vertébrés, que des parties de pur perfectionnement, et en quelque sorte accessoires aux organes principaux dont elle est le réceptacle. Le cerveau diminue considérablement et avec lui la boîte crânienne , sans jamais disparaître , sa limite étant fixée dans les degrés les plus bas de l'échelle animale. Les organes des sens , tout en perdant quelques-unes des parties qui rendent leurs facultés de percevoir plus exquises» comme les paupières pour les yeux, la conque et même le tympan pour les oreilles, les cavités nasales qui se réduisent souvent chez les Poissons à une petite fossette; mais dans la classe des Mammifèbes , tous ces organes diffèrent encore fort peu de ceux de \ Homme. Aux yeux, aucune partie ne disparait, et ces organes sont même souvent plus perfectionnés que dans l'espèce humaine , plusieurs Animaux jouissant de la faculté de voir assez

bien la nuit , par la faculté qu'ils ont de pouvoir faire varier, selon le besoin , plus fortement la grandeur de leur pupille pour graduer le faisceau de lumière , en raison inverse de son intensité , en même temps qu'ils ont des muscles de plus que Y Homme pour mouvoir le globe de l'œil , et dont Faction doit être de raccourcir ce dernier pour rapprocher la rétine du cristallin , afin de mieux distinguer les objets.

L'oreille est de même plus compliquée dans les Mammifères quadrupèdes que chez \ Homme , à quelques exceptions près pour les espèces entièrement aquatiques , comme les Cétacés , qui manquent d'oreille externe ; chez les autres au contraire, et surtout chez les Carnivores, tels que les Felis , on y trouve les mêmes parties profondes ; mais déjà la caisse est beaucoup plus développée , formant avec la cavité mastoïdienne un tambour ou timbale qui paraît influer puissamment sur la fonction de Taudition.

Quant à l'oreille externe, elle est bien plus développée encore sous le rapport de sa complication, présentant jusqu'à vingt-cinq muscles parfaitement distincts et bien mobiles , tandis que dans Y Homme on n'en trouve que huit , incapable de produire le moindre mouvement appréciable. Les cartilages de l'oreille sont eux-mêmes plus compliqués et plus mobiles , pour permettre aux muscles de les déplacer en différents sens.

Quoique le nez soit moins apparent chez la plupart des Mammifères quadrupèdes que dans YHomm^e , vu qu'il est moins saillant , la membrane pituitaire est cependant beaucoup plus étendue , en ce que , d'une part, le nez est plus allongé et sa cavité bien plus compliquée, surtout chez les Carnivores. Aussi est-il connu que ces Animaux ont l'odorat si fin , qu'ils peuvent reconnaître la trace du gibier qui , plusieurs heures avant , a passé dans un endroit , et même la direction qu'il a prise.

Quant au sens du goût , il est possible qu'il soit plus obtus que dans l'espèce humaine , quoiqu'on ne trouve pas de différence bien grande dans les parties qui lui servent de réceptacle.

Les organes de la voix, tout en conservant, chez les Mammifères quadrupèdes , à peu près la même forme et la même disposition que

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dans X Homme , ne variant principalement que dans les proportions des mêmes parties, diffèrent cependant considérablement pour leffet qu'ils produisent, et surtout pour la variété et la précision des sons; ce qui rend la parole impossible à ces Animaux , en même temps que le peu de sûreté qu'ils ont dans les mouvements de la langue et des lèvres les empêche d'articuler la voix, et tous sont réduits à ne proférer que des cris déterminés propres à chaque espèce. La principale différence dans la composition de cet appareil est la présence ou labsence des cartilages de Santorini placés dans les cordes vocales devant les cartilages aryténoïdes. Ces cartilages, très-petits et mous chez Y Homme, sont fort prononcés chez les Canis et nuls chez les Felis, mais paraissent d ailleurs peu importants.

Les organes de la mastication offrent des différences beaucoup plus grandes d'une famille à Tautre , ces organes se trouvant sous une dépendance très-grande de la nature des aliments, qui varie considérablement. On reconnaît ainsi par ces organes si l'Animal se nourrit de chair fraîche , ou corrompue des grands Animaux terrestres, ou bien de Poissons, d'insectes, de fruits, d'herbes ou d'autres matières végétales, ou enfin si l'Animal est omnivore.

VHomme^ qui appartient à cette dernière division , mais qui est plus spécialement encore yrugwore ^ a trois sortes de dents; à peu près égales aux deux mâchoires, les unes antérieures ou Inciswes sonl tranchantes pour couper les fruits ; deux Canines peu saillantes , mais coniques, placées à la suite pour déchirer les parties coriaces , et les Molaires larges , à couronnes tuberculeuses pour broyer.

Chez les carnassiers, on remarque des //^c/5lW5 également tranchantes, moins larges que dans les frugivores, et plus particulièrement destinées à déchirer les parties fibreuses; des Canines coniques très-saillantes, pointues et un peu crochues pour saisir la proie et en diviser les masses; enfin, des Molaires tranchantes qui se croisent de bas en haut, comme les lames de ciseaux, pour couper les chairs.

Les petits insectivores diffèrent simplement des carnassiers dont je viens de parler, en ce que Xexxvs Molaires , au lieu d'être tranchantes,

sont tuberculeuses , mais à proéminences coniques fort aiguës , propres à mieux briser le têt des Insectes dont ces Animaux se nourrissent. Les insectivores de grande taille, comme les Myrmécophaga , n'ont au contraire pas de dents du tout, et avalent simplement les Fourmis dont ils se nourrissent ; leurs corps entiers étant pour eux un aliment suffisamment divisé.

Les ichthyophages ne diffèrent de leur côté des vrais carnassiers que par des dents Molaires plus coniques, quoique souvent encore tranchantes; la chair des Poissons, d'ordinaire moins coriace que celle (les Animaux supérieurs, étant plus facile à diviser; et comme ces Animaux saisissent leur proie dans leau , où ils n'ont pas les moyens de la fixer pour la déchirer plus facilement, ils sont généralement obligés de l'avaler en entier; de manière que toutes les dents doivent plus particulièrement servir à la saisir qu'à la mâcher; aussi, les molaires des Delphinides , Mammifères ichthyophages par excellence, ont-elles généralement la forme des canines des carnassiers.

Les dents des herbwores par excellence, celles des Ruminants, présentent des caractères plus distincts encore. Les Inciswes doivent être également tranchantes; mais comme les feuilles fines de la plupart des Plantes plieraient facilement entre les dents opposées, et ne se couperaient que difficilement, il était plus convenable, comme cela est en effet, de n'en placer qu'à la mâchoire inférieure, et de leur opposer à l'autre une surface plane légèrement cornée et élastique, qui, se moulant mieux sur le tranchant de ces dents, sert à mieux pincer l'herbe que l'animal arrache plutôt qu'il ne la coupe.

Les Canines dey endiui inutiles ont disparu dans la plupart des espèces; et là où il en existe , elles sont ou très-peu apparentes , et ne paraissent que fort tard pour occuper simplement encore* leur place avant de disparaître, ou bien elles sont longues et servent à la défense : autre fonction de ces dents. Quant aux Molaires destinées à broyer Therbe qui se laisse plus facilement réduire par ce moyen, elles offrent des couronnes plates , avec des arêtes plus dures que le reste de la dent , et disposées en différents sens , pour mieux produire le broiement.

Cette conformation des dents des herbivores, où la partie osseuse, moins dure de la dent , est traversée dans diverses directions par des lames verticales d email plus dures , est un de ces ingénieux moyens dont la nature fait si souvent usage pour parer à quelque inconvénient. Ces organes, tout en s'usant à leur sommet par le grand frottement qu'ils exercent les uns contre les autres, ne perdent cependant jamais par là le tranchant de leurs aspérités; ce tranchant se reproduisant par leffet même de Tusure de la dent.

Chez les Solipèdes , Animaux de transition sous le rapport des organes de mastication, quoiqu'ils soient entièrement herbivores , lappareil dentaire n'est pas encore arrivé, comme instrument de broiement, à son degré le plus parfait. Les incisives d'en haut et d'en bas sont encore formées sur le modèle de celles des carnassiers et des omnivores ; mais leurs couronnes , moins dures, s' usant plus rapidement les unes sur les autres, présentent des surfaces planes qui s'ajustent très-bien d'une mâchoire à l'autre , et forment une pince presque aussi parfaite que chez les Ruminants.

LesRoNGEOBS , qui forment, sous le rapport des organes de mastication , un type entre celui des omnivores et des herbivores, présentent des dents dont la disposition et la structure est parfaitement en harmonie avec leur genre de vie. Ces Animaux, généralement de petite taille, étant destinés en grande partie à se nourrir ou de substances végétales fraîches, mais très-charnues, comme des racines ou des fruits, ou bien de substances dures, telles que des semences ou autres matières sèches , qui, dans leur état ordinaire , présentent des masses trop volumineuses pour être embrassées par la bouche de ces petits Mammifères , ces Animaux les rongent petit à petit , et ont pour cet effet reçu un appareil dentaire parfaitement propre à cela. Les Incisii^es, au nombre de deux à chaque mâchoire, sont très -grandes, surtout fort longues, poussent constamment par leur racine , et sont couvertes d'une lame d'émail fort épaisse et très-dure à la face antérieure. Par le simple effet de cette structure, ces dents conservent non-seulement une longueur constante, et s'ajustent toujours par&itement , par cela même qu'elles s'usent les

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unes contre les autres, mais elles conservent aussi constamment un tranchant fort aigu , vu que la couche d'émail antérieure étant plus dure résiste mieux à l'usure, et forme par là toujours saillie, comme cela a lieu pour les lames d'émail qui traversent les dents des Ruminants.

Les Canines entièrement inutiles, étant très-bien remplacées par les incisives pour la défense, ont complètement disparu. Quant aux Molaires^ elles rentrent dans les conditions de celles des Ruminants.

Dans l'ordre des Cétacés , on trouve trois conditions fort différentes <lans les organes de la mastication. Chez les uns, tels que les Manatus qui se nourrissent de végétaux , les dents ont beaucoup d'analogie avec celles de certains herbivores comme les Halmaturus, et plusieurs Pachydermes ; ces Animaux n'ayant que des Molaires à couronnes à collines.

D'autres formant la tribu des Delphinides sont, sans exception, ichthyophages, et ne pouvant dépecer leur proie pour l'avaler par partie, sont obligés de l'avaler tout entière, aussi, n'ont-ils en haut et en bas, ainsi que je viens de le dire, que des dents coniques, simples, souvent fort nombreuses , plus propres à saisir qu'à mâcher. Chez les derniers , enfin , formant la tribu de Baleinides, les dents proprement dites n'existent, d'après les observations de M. GEorrROi Saint-Hilairb, qu'à la mâchoire supérieure des fœtus , et disparaissent bientôt complètement pour être remplacées par des lames cornées ou Fanons (baleine du commerce), en forme de faux, implantées en très-grand nombre le long des bords latéraux de la même mâchoire , et rapprochées les unes des autres par leurs faces; de manière que les deux séries formant les parois latérales de la cavité buccale, y font les fonctions de crible, pour retenir les petits animaux contenus dans une fort grande masse d'eaa que ces Cétacés saisissent avec leur bouche.

Dans toute la classe des Mammifebes , les organes de la déglutition ne présentent pas de différences très-notables.

ARTICLE IL

Du squelette des Reptiles.

On place généralement les Oiseaux immédiatement à la suite des Mammifères , pour en former la seconde classe du Régne animal , et c est avec raison, dans ce sens, qu'on ne pourrait placer aucune autre classe entière entre ; mais rigoureusement on devrait y mettre une partie des Reptiles sauriens, qui forment réellement, par l'ensemble de leur organisation , la transition des Mammifères aux Oiseaux , ainsi que je l'ai fait voir dans mon Traité danatonUe comparatii^e. Mais dans un ouvrage d*anatomie comparative , et surtout dans le chapitre qui nous occupe ici , il est plus convenable de passer directement des Mammifères aux Reptiles, et de ceux-ci d'une part aux Oiseaux, et de l'autre aux Ghèlo- NiENset aux Poissons, afin de suivre pas à pas les modifications que les organes éprouvent dans leur dégénérescence à travers la succession des familles et des genres, et ne pas être arrêté par des formes et des conditions d'existence brusquement nouvelles, dues seulement à la marche qu'on a suivie , en franchissant d'un coup une grande série d'Animaux naturellement interposés. Cela est même tellement vrai , qu'il serait impossible de reconnaître l'analogie qui existe entre une foule d'os et de muscles des Oiseaux et leurs correspondants chez les Mammifères , sans la connaissance de l'organisation des Reptiles supérieurs.

En effet , les Sauriens étant appelés à vivre dans des conditions à peu près semblables à celles dans lesquelles se trouvent les Mammifères , leur ressemblent aussi beaucoup sous presque tous les rapports, et leur squelette a surtout les plus grandes analogies avec celui de ces derniers. Quoique dans tout l'ensemble de la classe , les Reptiles , Animaux éminemment transitoires, offrent, d'un ordre à l'autre, des différences très-grandes , d'où résulte qu'on remarque parmi eux trois types fort distincts, sans y comprendre même les Ghèlonibns, dont je forme une

classe à part, types qui se laissent toutefois ramener facilement à un seul par des transitions presque insensibles qui existent d'un ordre à lautre.

Les Sauriens ont surtout la plus grande analogie avec les Mammifères , étant la plupart Quadrupèdes comme eux , et essentiellement marcheurs ; aussi les divisions principales du corps sont-elles absolument les mêmes, et quoique la tête soit égalen^ent composée de cinq vertèbres avec leurs appendices, et quelle approche encore beaucoup pour la forme de celle de ces mêmes Animaux, et plus que celle des Oiseaux, sa composition en diffère toutefois d'une manière très-marquée dans les détails; les parties se subdivisant davantage, et les rapports ainsi que la forme des différentes pièces éprouvent des changements considérables d'une famille à lautre par l'effet de la dégénérescence que le tout subit. Le rachis varie cependant assez peu , n'offrant que quelques modifications dans la forme et le nombre des vertèbres; et quoique les Oiseaux approchent , sous ce rapport, beaucoup des Mammifères , ils s'en éloignent toutefois plus que les Sauriens, qui offrent encore ici , comme presque partout, le terme moyen entre les deux classes.

Quant aux os des membres , ils ne diffèrent aussi que fort peu de ceux des Mammifères, étant composés des mêmes parties, et disposées comme chez eux , mais avec des formes spéciales propres à chaque genre , et offrant dans leur ensemble des caractères généraux qui les distinguent de ceux des autres Vertébrés.

La Tête entière ressemble surtout infiniment à celle des Mammifères par la forme générale et la disposition de beaucoup de ses parties , mais en diffère notablement quant aux détails. Les yeux , placés comme chez ces derniers, et d'ailleurs comme dans tous les Vertébrés , offrent à peu près la même organisation; les fosses nasales , situées de la même manière, sont moins compliquées que dans les Oiseaux; ce qui laisse supposer que le sens de l'odorat est peu développé chez ces Animaux; et quoique la langue soit fort grande, très-mobile et charnue dans la plupart des espèces, le goût paraît aussi être fort obtus. Quanta l'appareil de l'ouïe , il ressemble beaucoup à celui des Oiseaux , étant , comme le leur, réduit à un vestibule avec trois canaux semi-circulaires ;

à un rudiment de Limaçon ; à une caisse souvent plus petite encore , et ne renfermant d'ordinaire qu'un seul osselet ou Tétrier; enfin l'oreille extérieure disparaît complètement. Le changement le plus notable qu'on remarque dans cet appareil a lieu dans l'os tympanique, qui prend une tout autre forme que chez les Mammifères , et intermédiaire entre le leur et celui des Oiseaux , portant , de même que chez ceux-ci , l'articulation de la mâchoire, et devenant également mobile comme dans ces der* niers.

Les mâchoires des Sauriens sont toujours garnies de dents, à Tinstar de celles des Mammifères , et souvent aussi on en trouve aux os omoïdes , mais jamais ailleurs; tandis que chez certains Batraciens, il en existe au vomer et non aux omoïdes.

L'appareil de la voix, généralement imparfait, correspond » comme celui des Mammifères , au larynx supérieur des Oiseaux , et la plupart des espèces ne peuvent &ire entendre que des cris fort peu variés.

Ces Animaux , respirant l'air libre , ont des poumons formés sur le même principe que ceux des Mammifères , mais moins compliqués , offrant la forme d'un simple sac, divisé intérieurement en un grand nombre de cellules surcomposées : ce qui n'est au fond qu'une modifica* tion plus simple des poumons de ces derniers , et dans les deux autres ordres de la même classe, ces organes se simplifient encore davantage , pour ne plus être dans le Rana qu'un sac à parois celluleuses , tandis que chez les Oiseaux cet organe offre une tout autre composition.

Les viscèresabdominaux ont également plus de ressemblance avec ceux dés Mammifères , quoique le rectum s'ouvre, comme chez les Oiseaux , dans un cloaque; ce qui existe d'ailleurs déjà chez les Monotrèmes. Presque tous les Reptiles sont ovipares, et quelques-uns seulement ovo-vivipares, ce qui rapproche ceux-ci un peu plus des Mammifères ; tandis que les Oiseaux sont exclusivement ovipares.

Quant au mode de circulation , les Oiseaux ont plus d'analogie avec les Mammifères , ayant , comme eux , les ventricules du cœur entièrement séparés : ce qui d'ailleurs existe encore chez les Crocodilus.

Les trois ordres dans lesquels se divise la classe des Reptiles , différant

beaucoup entre eux, je dois faire connaître ici les caractères qu'offre le squelette de chacun ; et pour donner une idée plus exacte de sa composition , et spécialement de TOstéologie de la tète, j'indiquerai avec quelques détails les principales modifications qu'il éprouve dans la dégénérescence qu'il suit, eu prenant pour exemple les espèces les plus caractéristiques de ces divisions, afin de mettre à même de mieux apprécier les conditions dans lesquelles se trouve la charpente osseuse des Mammifères , et de suivre cette transformation dans toute la série des Vertébrés.

La tète subit surtout de grandes modifications dans certaines de ses parties , par l'effet du démembrement de plusieurs de ses os , dont j'ai déjà parlé , tandis que d'autres diffèrent peu de leurs analogues chez les Mammifères et les Oiseaux. On y distingue toujours les parties qui se rapportent aux trois vertèbres crâniennes avec leurs dépendances; mais les deux faciales deviennent plus rudimentaires ; et les autres os de la face subissent souvent des changements tels , qu'on a de la peine à reconnaître au premier abord les parties qui leur correspondent chez les Mammifères.

Quoique les Sauriens soient intermédiaires entre les Mammifères et les Oiseaux , leur tête osseuse diffère cependant déjà notablement de la leur; on y reconnaît facilement les parties composant les corps des trois vertèbres crâniennes, dont les deux antérieurs, le sphénoïde et lesphécoide, sont toutefois complètement confondus, ainsi que cela a déjà lieu dans \ Homme , et ensuite chez tous les Vertébrés ovipares.

La portion qui répond chez les Sauriens au Sphénoïde est même le plus souvent réduite à une simple apophyse dusphécoïde, qui représente le Bostrum du sphénoïde deïHomme^ dont elle conserve à peu près la forme et la disposition , et je lui conserverai dans la suite toujours le nom de cet os , pour rappeler son analogie avec lui. Chez les Tupinambis^ véritable type de l'ordre des Sauriens, et que je prends ici pour terme de comparaison , cet os n'est même qu'une longue apophyse grêle, en filet horizontal, dirigée en avant et surmontée d'une lame verticale cartilagineuse formant la cloison des orbites , en se continuant

en avant avec la partie moyenne, également cartilagineuse, de Tethmoïde; en haut, avec les deux lames orbitaires des coronaux, et en arrière, avec deux autres lames cartilagineuses fort minces, occupant la place des apophyses dlngrassias, qui y sont contenues» chez les VaranuSj dans la partie antérieure sous la forme de deux osselets ou os IngrassiauXj représentant un V, et contournant la partie postérieure des trous optiques.

Ces deux membranes, qui occupent en outre la place des apophyses ptérales, se continuent ensuite inférieu rement avec le corps du sphécoïde ; en arrière, avec les rochers; et en haut, avec les bords latéraux des pariétaux.

La partie du crâne des Mammifères qu'on nomme l'os coronal , comme ne formant qu'une seule pièce , se décompose , chez tous les Vertébrés ovipares, en trois parties, qui restent aussi longtemps distinctes que les autres os de la tète : Tune, à laquelle on conserve, comme pièce principale, le nom dos coronal oxxAeJrontal principal, répond à la majeure partie moyenne de celle des Mammifères, tandis qu'une antérieure, se rapportant à l'apophyse nasale, qui j'appelle métopinale (i), consiiue une pièce à part souvent fort grande, ou Métopion; et la troisième qui répond à lapophyse fronto-malaire de \ Homme ^ et quejenomnie l'apophyse ou l'os Gonien (2), est également loujoui-s distincte.

Les vrais Coronaux y placés dans leur position ordinaire, forment en dessus , entre les deux orbites , deux lames plus ou moins planes , généralement beaucoup plus petites que chez les Mammifères et les Oiseaux , répondant , à l'état de réduction oii se trouve toute la vertèbre sphénoidale , aux lames frontales , et sont même souvent confondues en une seule pièce s'articulant en arrière avec les pariétaux chez les Tupinamhis^ et plus en dehors avec les os goniens

En avant, les coronaux se prolongent en une apophyse qui se con-^ tinue directement avec les os nasaux; latéralement, ils se replient dans

(1) De (uxtoTTiov , entre -deux des sourcib. (2^ De YwvCa , angle.

les orbites pour revenir en dessoas jusque vers ie plan médian de la tête chez les Varanus ^ formant ainsi les lames orbitaires qui rencontrent la cloison mitoyenne du sphénoïde, et se continue en arrière avec la lame, également membraneuse , tenant la place des apophyses ptéraies, et <îontenant les os Ingrassiaux. Les coronaux circonscrivent ainsi latéralement la partie antérieure delà cavité crânienne, devenue généralement fort étroite chez la plupart des Sauriens. En avant, la lame supérieure , ainsi que lorbitaire , s'articule latéralement par suture avec Tos métopinal, formant le bord suprà-antérieur deTorbite.

Les deux Métopiaux ou frontaux antérieurs de Cuvier , correspondent , ainsi que le fait voir ce célèbre anatomiste , à la partie antérieure des os coronaux des Mammifères , à celle qui renferme les sinus frontaux. Ces os sont placés d ordinaire , chez les Sauriens , au bord antérieur de Forbite , entre les coronaux, les siagons et les unguis, avec lesquels ils s'articulent par suture, et atteignent même souvent les os du nez , rapports qui sont absolument ceux de l'apophyse nasale des coronaux des Mammifères, que j ai désignée sous le même nom de métopinale.

Sur les angles latéraux postérieurs des coronaux s'articule un osselet occupant la place de l'apophyse gonienne des Mammifères , formant de même une partie du cadre de l'orbite , osselet que Guyier nomma de là frontal postérieur, et qui se retrouve non-seulement dans une foule de Reptiles, mais encore chez les autres Vertébrés ovipares; cependant, comme le nom que ce célèbre anatomiste lui a donné est composé , il me paraît plus convenable de le désigner sous le nom de l'apophyse qu'il remplace , et de l'appeler os Gonien.

Chez les Tupinambis^ où il est parfaitement distinct , c'est une trèspetite pièce allongée transversalement en apophyse arquée en dessous , articulée par suture en dedans avec les angles correspondants du coronal et du pariétal , et en arrière, dans sa moitié terminale, avec le corsai, démembrement de l'analogue du squammeux des Mammifères.

Quoique la vertèbre sphécoïdaU soit également très-réduite , son Coips, confondu avec le sphénoïde, conserve cependant un assez grand volume chez les f^aranus et les Tupinambis, et constitue avec le basi-

SYSTEME OSSEUX. i71

laire la parlie principale de la base du crâne. Cet os forme iuférieureinent une grande plaque pentagouale , dont les angles antéro-Iaiéraux se prolongent en une très-forte apophyse dirigée obliquement en avant et en dehors f pour aller s'arthrodier à son extrémité avec lomoïde.

Chez les Oiseaux, cette articulation a lieu entre le corps du sphénoïde et Tomoïde, ainsi que nous le verrons à Târticlb suivant. L angle antérieur du sphécoïde forme chez les J^aranus une apophyse fort courte, impaire , plus allongée dans les Tupinambis^ et se continuant à son bout avec le corps du sphénoïde , et les angles postérieurs se prolongent en une apophyse oblique dirigée en arrière et en dehors pour s'articuler par suture avec le basilaire.

Au-dessus de cette plaque inférieure , le corps du sphécoïde en présente une seconde (paiement carrée, oblique, formant un angle avec cette dernière, en plongeant en arrière , pour se continuer de même avec le basilaire, tandisque le bord antérieur se continue avec la lame postérieure membraneuse des ailes d'ingrassias. Ces deux tables étant écartées en avant, interceptent une cavité constituant un sinus sphécoïdal en cul-desac, remplaçant en quelque sorte le sinus sphénoïdal des Mammifères, auquel il ressemble pour sa disposition. Latéralement , les deux plaques se suturent avec le rocher dont il sera parlé plus bas.

Les Apophyses obliques de la vertèbre, qu'on appelle les grandes ailes chez X Homme , ou apophyses ptérales , se séparent d'une manière permanente du corps du sphécoïde, séparation qui a également lieu chez tous les fœtus de Mammifères, ainsi que Ta fait remarquer Ci]vier(i) , et se trouvent contenues chez les Sauriens, soit sous forme de plaque, soit sous celle d'un simple grain osseux dans la partie latérale membraneuse du crâne, au devant du rocher (2), tandisque certains anatomistes ont cru trouver ces os dans deux pièces particulières propres à un grand nombre de Sauriens, et que je décrirai sous le nom de Stélidiens. Ces os

(1) Osi?. fo9&. , t. V, V part., p. 76.

(2) Ibid. Co¥isr les décrit sous la première forme dans les Crocodilus^ et sous la seconde chez les Iguana , p. 267.

ptéraux ne sont point apparents dans beaucoup de Sauriens , où la région du crâne qui leur correspond reste membraneuse, et il en est souvent de même pour les os lograssiaux.

Les osseJets que je nomme StéUdiens {\) ^ à cause de leur forme en petite colonne , et que Cuvier décrit (2) sous le nom de coiumelles, dénomination quia dû être changée, comme étant déjà appliquée à l'axe , autour duquel tournent les coquilles des Gastéropodes, constituent chez les Tupinambis , de chaque côté , un petit os grêle, à peu près cylindrique , placé verticalement au côté du crâne , où il s'articule en bas avec le milieu de l'omoïde, au niveau de l'articulation de ce dernier avec l'apophyse du sphécoïde,et s'élève de là librement pour aller s'articuler, par son extrémité supérieure, avec le bord antéro-latéral du pariétal et du rocher. Ces osselets , propres seulement aux Sauriens Lacertiens , Igua- NiENS, Gékotiens et SciNcoïDES, uc trouvcut nulle part leurs analogues chez les autres Vertébrés.

Les parties qui correspondent chez les Mammifères aux apophyses ptérygoîde (externe) et omoïde (ptérygoïde interne) se séparent également chez les Sauriens , pour former deux os particuliers, dont l'un a reçu dans les Oiseaux le nom ai Omoïde^ et dont lautre conservera le nom de Ptérygoïdien , d'après l'apophyse du même nom , qu'il représente dans les Mammifères : c'est le transi^erse de Cuvier (3).

VOmoïde des Crocodilus est un os large qui fait suite au palatin , et se joint, dans toute sa longueur, à celui du côté opposé pour occuper avec lui la partie postérieure moyenne du palais , en ménageant à leur angle postéro-interne une échancrure formant le bord antérieur de

(1) De ornXtôiov , petite colonne.

(2) Ow. /OM , t. V, 2« part., p. 267.

(3) Cuvier (Om. fo$s,y t.V, 2" part., p. 77) donne à l'os représentant l'apophyse ptérygoïde interne , le nom de Ptérygoïdien, et à IVxterne celui de Traïuverge (p. 80). Or, comme, d'une part, ce dernier nom est employé pour une foule d'organes, et que depuis longtemps l'os répondant à l'apophyse ptérygoîde interne porte chez les Oiseaux le nom d' Omoïde, j'ai cru deyoir appliquer ce dernier nom à tous ses analogues , et laisser celui de Ptérygoïdien exclusivement à l'analogue de la seconde apophyse.

rarrière-narinç^ orifice complété postérieurement par le corps du sphécoïde.

Le Ptérygoïdien , placé en dehors du précédent , dans la partie latérale postérieure du palais, se rend de lomoïde en dessous et en avant , vers la tubérosité du siagon et le malaire , avec lesquels il se suture . ainsi qu'avec le gonien , auquel il envoie une apophyse. ^ Chez les autres Sauriens , et spécialement chez les Tupinambis , 1 o*

moule est à peu près disposé comme dans les Oiseaux; mais il est beaucoup plus long. C'est un grand os situé dans la partie infrà-latérale de la tète, oii il s'articule au bord externe de son extrémité par syndesmose , avec la partie inférieure du bord interne du tympanique , à peu près de la manière que chez ces derniers , mais en le croisant. De là il se dirige en avant et en dedans , s arthrodie au milieu avec lapophyse antérolatérale du corps du sphécoïde , et non avec le sphénoïde, comme chez les Oiseaux ; et se prolongeant ensuite plus avant, il se divise en deux branches, dont lexterne, dirigée obliquement en dehors, s articule avec le ptérygoïdien , et l'interne, portée directement en avant, avec lextrémité des palatins.

Le Pléiygoïdien est un peut os simple, arqué, formant, comme chez les Oiseaux , la continuation postérieure de l'angle du bord dentaire du siagonal et du palatin , d'oii il se dirige en arrière et se recourbe en dedans pour se suturer à son extrémité avec l'apophyse latérale de l'omoïdif, et à son bord supérieur avec le malaire.

Les Pariétaux des Tupinambis , réunis en une seule pièce , forment un grand os carré, occupant la majeure partie de la région supérieure moyenne du crâne. Son bord antérieur se continue avec les coronaux , les latéraux, fléchis en dessous , s'unissent aux rochers, et le postérieur étroit et échancré s'articule par la suture lambdoïde avec l'occipital. Ses angles antérieurs, forment une courte apophyse dirigée en dehors , s'articulant àson sommet en avant avec l'os gonien, et en arrière avec l'extrémité antérieure du corsai. Les angles postérieur se prolongent en arrière et en dehors en deux longues et fortes apophyses arquées en dessous , sarticulant dans la partie terminale , par leur face externe avec les mas-

174 PRKMIËRE PARTIE.

toidiens , et à lexlréuiilé avec le sommet des apophyses latérales des condyliens.

Chez les CrococUlus , les pariétaux forment au contraire une pièce impaire assez petite , dont les angles antérieurs se prolongent en grosses apophyses courtes qui se portent en dehors pour se suturer avec les os goniens, et en dessous avec les ptéraux. Les prolongements des angles postérieurs également fort courts et transversaux ,; s articulent par suture à leur extrémité avec les squammeux. La lame latérale plongeant dans la fosse temporale , se suture avec Tos ptéral , et plus en arrière avec le tympanique et le squammeux. Enfin, postérieurement, les pariétaux joignent comme d ordinaire loccipital.

La vertèbre basilaire des Salriens , plus développée encore que la sphécoïdale , conserve aussi plus de ressemblance avec celles qui lui correspondent chez les Mammifères et les Oiseaux. Elle est de même composée du basilaire , des rochers , des condyliens et de loccipitaL

Le Basilaire des Tupinambis, ou Corps de la vertèbre» disposé comme celui des Mammifères et des Oiseaux, est une plaque, hexagonale dont les trois bords antérieurs s unissent aux postérieurs du sphécoïde. Les latéraux postérieurs échancrés s'articulent par suture avec les condyliens , et langle postérieur tronqué et renflé , forme la partie moyenne du condyle occipital unique, qui est ici la base du corps de la vertèbre, s articulant avec le corps de l'atlas, ce qui n'a point lieu chez les Mammifères; tandis que les parties latérales de ce condyle appartenant aux os condyliens , sont les véritables représentants des condyles occipitaux des Mammifbbes, et constituent les articulations des apophyses obliques. Cette portion ba* silaire du condyle occipital est même surmontée, chez plusieurs Sauriens, d*une petite épiphyse semblable à celle des vertèbres rachidiennes fies Mammifères.

Le Rocher ou Apophyse oblique antérieure de la vertèbre basilaire, offre une forme toute différente de celle qu'il a dans les deux premières classes du règne animal. Chez les Crocodilus^ il est entièrem^it masqué, étant recouvert en dehors par le ptéral et le tympanique, et enchâssé entre ces deux os et le condy lien placé en arrière, en môme temps qu'il fait

STSTÈME OSSEUX. 175

partie des parok de la cavité crânienne. Chez les Tupinajnbis , c est une pièce à peu près carrée , formant la paroi latérale postéro*moyenne du crâne. Son bord inférieur se suture avec le bord latéral du corps du sphécoïde, et plus particulièrement avec le condylien. Son bord antérieur profondément échancré, donne insertion à la membrane cartilagineuse de l'aile d'Ingrassias* Son angle suprà -antérieur prolongé en une grosse apophyses s articule au sommet avec l'extrémité supérieure du stélidien et du pariétal ; le bord supérieur se suture dans sa partie antérieure avec ce dernier os , et plus en arrière avec le bord latéral de l'occipital; enfin , le bord postérieur avec l'antérieur du condylien. Le labyrinthe est creusé dans sa partie centrale.

L'os Condylien ou Apophyse ohUque postérieure de la vertèbre basilaire des Tupinambis , est une assez grande pièce placée sur les côtés du trou occipital ; sa portion in terne, formant une partie des parois de la cavité crânienne, s'unit par le bord inférieur avec le spbécoïde et le basilaire ; le bord postérieur entre daîis la composition du trou occipital , et le supérieur se suture tout le long avec l'occipital et le rocher. L'angle antérieur, fort allongé, pénètre entre ce dernier et le basilaire uni au spbécoïde, tandis que le postéro-inférieur forme la portion latérale du condyle.

La partie externe de cet os forme une très- grosse apophyse dirigée en dehors et un peu en arrière, en se renflant au bout, où elle s'articule avec la partie terminale de la face interne de l'apophyse postéro-latérale du pariétal ; et ces deux parties étant arquées l'un vers l'autre, ménagent entre elles un grand trou, par lequel la fosse occipitale communique avec la temporale.

Dans les Crocodibis, les condyliens différent de ceux des Tupinambis et genres voisins, en ce que leur apophyse externe, très-grosse, se suture, dans la majeure partie de sa face supérieure, d'une part avec le sqnammeux , qui est très-développé chez ces Animaux , et de l'autre avec letympanique placé en dessous, de manière que la grande ouverture postérieure de la fosse temporale , dans les Tupinambis , est ici trèspetite, et réduite à un canal étroit et même oblitéré. Par sa face anté-

176 PEfi&IIÈRE PARTIE.

rieure, cette même apophyse des condylieus s articule par une large suture avec le tympanique encore entièrement immobile chez les Crocodilus.

L'Occipital des Tupinambis, de forme triangulaire, s unit par son angle antérieur avec le milieu du pariétal , par ses bords latéraux avec les rochers, et par le postérieur latéralement avec les condylieus, en formant au milieu le bord supérieur du trou occipital.

Quant aux vertèbres faciales , également au nombre de deux , comme d ailleurs chez tous les Vertébrés , leurs corps sont encore plus rudimentairesque chez les Oiseaux , et en grande partie réduits à des cartilages , lethmoïde ne faisant , de même que chez ces derniers , plus du tout partie de la boite crânienne.

La vertèbre Rfdnale est généralement réduite à une cloison mésorrfdnale cartilagineuse, fort peu étendue, bornée en haut , soit à la peau , dans la plupart des Crocodiuens, en séparant les deux orifices des narines, soit à une apophyse internasale des deux os labraux; apophyses disposées comme le sont celles des Oiseaux , que je crois représenter les os du nez, mais qui, chez les Sauriens, forment réellement des apo-* physes des os labraux, existant conjointement avec les véritables os na* saux. Cette cloison , déjà fort petite chez les Tvpinamhis^ devient même nulle dans les Varanus , oii ces apophyses des os labraux sont appliquées immédiatement sur les cornets , et l'extrémité antérieure des lames palatines des siagonaux ; de manière que le Cofps de cette première vertèbre, déjà rudimentaire dans les Mammifères et les Oiseaux , disparaît complet ment chez beaucoup de Reptiles.

Les Cornets du nez ou Jpophyses obliques postérieures de la vertèbre rhinale, sont seuls Irès-développés chez les Varanus et beaucoup d'autres Sauriens , formant deux ampoules osseuses, larges et déprimées, fort épaisses dans leurs parois, placées dans la partie antérieure des fosses nasales, oii elles sont appliquées immédiatement sur le vomer, sous les apophyses înternasales des labraux qui pénètrent même dans leur intervalle en passant sur eux ; et leur cavité, peu spacieuse , communique postériement au-dessus des deux vomers avec les fosses nasales.

VEthmoïde ou Corps de la seconde vertèbre faciale est divisé, chez les

Sauriens , en trois parties , dont la moyenne correspondant à la lame verticale des Mammifères est d'ordinaire osseuse; et les deux latérales, comparables aux anfractuosités de ces derniers , paraissent rester entièrement cartilagineuses chez la plupart des Sauriens , si ce n'est chez les tout vieux individus.

La cloison moyenne , faisant suite au corps de la vertèbre rhinale , sépare, comme d'ordinaire, la partie postérieure des fosses nasales, en se continuant en haut avec les os nasaux ; en bas, avec les vomers, et en arrière, avec la cloison interorbitaire du sphénoïde, ou bien avec les bords internes des lames orbitaires des os métopinaux.

Les os Nasaux ou Lames de la vertèbre ethmoïdale , occupant toujours leur place ordinaire, sont deux osselets lancéolés, assez grands et distincts chez les Tupinambis; plus petits, triangulaires et confondus en une seule pièce chez les J^aranus^ et forment le prolongement des coronaux. A leur extrémité antérieure, ils se suturent avec lextrémité de l'apophyse internasale des os labraux, séparant les narines l'une de l'autre. Au bord externe, ils s'articulent, dans les Tupinambis ^ les Zacerta , etc., comme chez les Mammifères, avec les siagonaux; tandis que chez les Varanus , les siagonsne les atteignent pas , et laissent entre eux un grand espace formant la narine.

Les Appendices des cinq vertèbres céphaliques se retrouvent tous dans les Sauriens comme chez les Mammifères, quoique considérablement modifiés , et souvent subdivisés en un plus grand nombre de pièces.

Ceux de la vertèbre rhinale sont de même, d'une part, les ailes du nez ou les cartilages ^/ai/^5 , qui paraissent avoir disparu chez les CrocoDiLiENS, s'ils ne se retrouvent pas dans les tampons qui ferment les narines des Gawa/; et d'autre part , les os Zairatz^:, qui ressemblent beaucoup à ceux des Mammifères , étant de même formés de deux parties , se réunissant dans le bord alvéolaire, et dont l'une constituant la lame palatine, s'unit à celle du côté opposé pour se continuer en arrière par la laïQe du même nom du siagon. L'autre partie ou l'apophyse nasale externe, courte et large, est disposée également comme dans les Mammifères, en remontant en dehors des narines, pour pénétrer entre le

siagon et Tos nasal ; mais il n'y a pas , chez la plupart des Crocodilisns , d'apophyse internasale qu on remarque généralement chez les autres Sauriens, mais elle existe déjà dans Y Alligator lucius, et forme le bord supérieur de la cloison du nez.

Les os Lahraiix des Lacertiens, et spécialement des Tupinambis , dif* fèrent déjà un peu plus de ceux des Mammifères , en ce qu'ils ont perdu leur apophyse nasale externe , qui se trouve en quelque sorte remplacée par une autre interne ou intemasale ^ formant le bord supérieur de la cloison du nez , et qu on trouve déjà , ainsi que je viens de le dire , en rudiment chez V Alligator lucius. Cette apophyse , unie à celle du côté oppcoé, forme une languette remontant entre les narines jusqu'aux os du nez , avec lesquels elle s'articule. Enfin , l'apophyse palatine aussi , unie à celle du côté opposé, se continue en arrière avec le vomer.

Les Appendices d<^ la vertèbre ethmoïdale sont formés d'une part , par le Vomer^ et de l'autre par les Vnguis. La première , impaire chez les Mammifères et les Oiseaux, est composée, chez Xesf^aranus^ etc., de deux pièces latérales formant une paire : ce qui prouve que ce n'est point un corps de vertèbre, mais bien des pièces appendiculaires. Ce sont deux os simples, allongés, placés l'un à côté de l'autre, au milieu de la voûte palatine, et à découvert dans la cavité buccale. Ils se saturent entre eux par le bord interne dans la moitié antérieure de leur longueur, et s'écartent postérieurement pour se continuer avec les branches in* ternes des os palatins. Antérieurement, ils s'articulent en avant avec l'apophyse palatine des os labraux , et sur le côté avec les lames palatines des siagonaux, dont ils s'écartent postérieurement, en laissant entre eux une grande ouverture fermée par des parties molles; et en dessus, leur portion antérieure est immédiatement recouverte par les cornets. Le vomer ne forme ainsi plus une partie de la cloison entre les fosses nasales , mais deux pièces placées dans le plan du palais.

{JUnguis^ disposé à peu près comme chez les Mammifères, occupe le milieu du bord antérieur de l'orbite. C'est chez les Varanus un petit osselet quadrilatère , faisant face en dehors , placé dans le plan du prolongement nasal du siagon , avec lequel il s'articule par son bord anté-

SYSTÈME OSS£liX« 179

rieur ; en haut , il se suture avec le métopion ; eu bas , avec lextrémité du malaire ; et son bord postérieur forme une portion du cadre de l'orbite. Entre la face interne de cet osselet et le métopion est un grand trou for • mant lé canal lacrymal. Dans le Tupinambis , la lame externe superficielle est très-étroite, et le canal fort petit, et dans d'autres genres, ce canal se trouve entièrement dans Tunguis.

Les Appendices de la vertèbre sphénoïdale comprennent , comme dans les Mammifères : T les os Palatins et SiagonauXj et 2° les os Malaires et leurs dépendances , ainsi que les cartilages Epicyles et Hypocyles , qui prennent toutefois des formes et des dispositions souvent fort différentes de celles qu'ils offrent chez ces derniers.

LesPalatins commencent à prendre une disposition particulière intermédiaire entre celle qu'ils offrent chez les Mammifères et les Oisealx. Ceux des CrocodUlus ressemblent encore beaucoup à leu rs analogues des Animaux de la première de ces classes , en même temps qu'ils ressemblent aussi à ceux des Lacertiens, qui présentent la transition avec les Oiseaux. Ce sont deux pièces allongées , étroites , placées encore l'une à côté de l'autre à la ligne médiane du palais, en s'unissaut entre eux; et formée d'une partie moyenne ou corps de l'os , faisant partie de la voûte palatine , en sarticulant en avant avec la lame palatine du siagon, à laquelle elle fait suite, et en arrière avec l'omoide (correspondant à l'apophyse ptérygoïde interne des Mammifères), qui occupe la région postérieure du palais. Sur le milieu de cette lame horizontale du palatin s'élève une apophyse verticale, vestige de la lame orbito-nasale des Mam<iifères, et qui monte pour aller s'unira une apophyse descendante du métopion. Entre le palatin, la partie postérieure du siagon, le ptérygoïdien et l'omoide est une grande ouverture fermée par des parties molles, et communiquant sur le squelette de la cavité buccale avec la fosse orbitaire.

Chez les Lacertiens, les os du palais s'éloignent déjà sensiblement de ceux des Crocodihis. Ce sont deux pièces également allongées d'avant en arrière , mais placées à distance Tune de l'autre dans la région moyenne du palais. Ils sont formés du reste , comme chez les Crocodilus , de la

réunion de trois apophyses, dont deux constituant la ]ame palatine, s'articulent, la postérieure, comme chez les Crocodilus ^ avec lomoïde, et l'antérieure avec le vomer, et non avec le siagon , dont la lame palatine est étroite et latérate. Enfin, la troisième apophyse, supérieure, mais dirigée plus en dehors, et formant la lame orbito-nasale, va s'unir de même à l'os métopion, ainsi qu a la partie postérieure du siagon.

Les Siagonaux des Crocodilus ressemblent également à ceux des Mammifères, et beaucoup plus que dans les autres Sauriens et les Oiseaux , où ils sont déjà bien plus dégénérés. La lame palatine, encore aussi large que chez les Animaux de la première classe , offre en outre les mêmes rapports, ^'articulant en avant avec le labral , et dans certains individus avec une petite portion visible au palais de l'extrémité antérieure des voraers; plus en arrière , et dans un long espace, avec celle du côté opposé; enfin , à l'extrémité postérieure avec le palatin qui lui fait suite.

La lame nasale, très-large, ressemblant également beaucoup à son analogue chez les Mammifères, est surtout fort large, et s'articule en avant avec la branche externe du labral , au milieu avec le nasal , plus en arrière avec Tunguis et le malaire, mais n'atteint point le métopinal , dont elle est séparée par l'unguis.

La ressemblance avec les Mammifères est déjà moindre, mais fort grande encore chez les Tupinambis^ les Lacerla, les Scincus ^ etc., pour se rapprocher de la disposition que cet os offre dans les Oiseaux. La lame nasale , à peu près conformée comme dans les Crocodilus , atteint même le coronal et le métopion ; tandis que dans les Varamis elle est bien plus étroite et fort écartée du nasal, ainsi que du coronal, ne s'articulant plus qu'avec le métopion, l'unguis , le malaire et le ptérygoïdien ; et par son extrémité antérieure avec le corps du labral, os qui manque d'apophyse nasale externe.

Quant à la lame palatine des siagonaux desLACERTiENS, elle est beaucoup plus étroite que chez les Crocodilus ne formant qu'une crête longeant le bord dentaire de l'os , sans atteindre la ligne médiane du palais, oii elle laisse un long espace vide entre elle et celle du côté opposé; espace où l'on voit au milieu les deux vomerset les palatins, et ne s'ar-

licule avec ceux-ci que vers leur partie postérieure. En avant , elle se continue avec la lame palatine du labral.

Les Dents sont, à Tinstar de celles des Mammifères, implantées dans des alvéoles spéciales chez les Crocodiliens; dans les autres Sauriens, au contraire, et spécialement dans les Tupinambis, ces cavités peu apparentes se confondent le plus souvent en une seule grande rigole, oti les dents n'adhèrent qu'à leur entier développement à la paroi externe. L'os Malaire occupe, chez tous les Sauriens , à peu près la même place que celui du Mammifère , quoique sa forme soit généralement très-différente. Dans les Crocodilus , oii il a surtout encore beaucoup d'analogie avec celui de ces derniers Animaux , c'est un grand os allongé d'avant en arrière, placé sous l'orbite, dont il forme en partie le cadre, et s'articule en avant avec le siagon et l'unguis , et de plus avec le ptérygoïdien (externe), d'où il se porte horizontalement en arrière vers la partie inférieure du tympanique , pour se suturer obliquement avec le corsai placé entre les deux os. Au milieu de sa longueur, il produit en dedans une courte apophyse , montant vers l'os gonien avec lequel elle s'articule en fermant ainsi l'orbite en arrière.

Chez les Lacertiens, et spécialement chez les Tupinambis, cet os se trouve dans les mêmes rapports que chez les Crocodilus , mais s'allonge déjà plus, devenant une tige grêle, arquée, qui contourne la moitié inférieure de l'orbite, en s'articulant en avant avec l'unguis , plus en arrière avec le siagon , au milieu ou dans sa partie la plus inférieure , avec le ptérygoïdien , et se recourbant ensuite en haut vers le gonien, qu'il n'atteint pas tout à fait , il se termine au corsai , avec lequel il s'articule par suture.

Chez les Varanus^ le malaire occupe aussi à peu près la même place que celui des Tupinambis, mais sa moitié postérieure s'atténue en une longue pointe arquée en haut , qui n'atteint pas le corsai auquel elle est simplement liée par un ligament complétant le cadre de l'orbite.

V! arcade zygomatique conserve , chez les Tupinambis , animaux dont la tête ressemble encore beaucoup à celle des Mammifères, à peu près la même disposition que chez ces derniers ; mais se trouve formée de

182 PAEH1£££ PÂRTIB.

deux osselets faisant la chaîne entre le siagonal et le squammeux , et qui se termine toutefois de même à ceiui*ci , au-dessus du tympanique; c'està-dire que la pîirtie répondant à l'apophyse corsale du squammeux des Mammifères se sépare de la portion élargie de los pour former une pièce particulière qu'on retrouve ensuite distincte dans tous les Vebtébbés ovipares , oii je le désigne en conséquence sous le nom d'os corsai. Dans la plupart des Chéloniens, tels que les Trionyx, l'arcade zygomatique offre la même disposition ; mais déjà , dans d'autres genres de cette classe , on voit la seconde pièce ou le corsai glisser graduellement de haut en bas , le long du bord antérieur du tympanique , et arriver à son extrémité inférieure dans les Chelonia , sans cesser de s'articuler aussi en haut avec le squammeux. Chez les Crocodilibns , il se sépare de ce dernier pour ne s'articuler qu'avec le bord antérieur du tympanique, qu'il longe jusqu'en bas; et enfin dans les Oiseaux, il n'arrive plus qua l'angle infrà-externe du même os, et l'arcade zygomatique offre par là une disposition toute différente que chez les MammifèTres.

Le Corsai des Sauriens est regardé par Cuyier tantôt comme l'analogue du squammeux qu'il nomme temporal , et que je retrouve ailleurs, et tantôt chez les Tupinambis^ comme un démembrement du gonien (son frontal postérieur) (i); tandis que Spix (2) le considère comme répondant à une partie du malaire. Cet os conserve chez tons les Sauriens , à l'exception des Crocodiliens , en grande partie les mêmes rapports que dans les Mammifères , formant une pièce triangulaire allongée, placée horizontalement en dehors de la partie latérale du crâne dans l'arcade zygomatique. Il est composé de trois branches , dont la postérieure s'articule obliquement avec le squammeux; l'antéro-supérieure, plus courte, monte vers le gonien, auquel elle s'unit; et l'antéro-inférieure descend vers le malaire pour s'arthrodier avec son extrémité. Chez les Varanus , cette branche n'atteint pas , ainsi que je viens de le dire , le sommet du malaire.

(1) Ons. fo89, , t. V,part. 2% p. 261.

(2) OlpAato, PL 9, fig. 1.

Dans les Lojcerta , le coi^sal forme au contraire une large plaque qui , tout en occupant la même place, se suture en arrière avec le mastoïdien ; par sa partie postéro-externe , avec le squammeux; par son angle infra-antérieur , avec Textrémité du malaire , et s étend au bord interne jusqu a une lame horizontale partant du pariétal , avec laquelle il se continue , dans toute sa longueur, en formant ainsi avec cet^os une voûte sur la fosse temporale , qui rappelle celle de la tête de beaucoup de Ché- LONiBNS. C'est chez ces derniers Animaux qu'on voit, ainsi que je Tai dit plus haut , cet os se porter graduellement en bas , vers l'extrémité du tympanique , et enfin se détacher du squammeux dans les Crocodilus et genres voisins , pour prendre ainsi une tout autre disposition. 11 forme chez ces derniers Animaux une assez grande pièce allongée d'avant en arrière , placée entre la partie inférieure externe du tympanique et l'extrémité postérieure du malaire , formant avec ce dernier l'arcade zygomatique , et dans une situation à peu près semblable à ce qui existe chez les Oiseaux.

Un os qui semble complètement manquer chez les Mammifères et les Oiseaux , mais qu on trouve dans beaucoup de Reptiles, est placé dans la paupière supérieure, qu'il remplit presque en entier chez YAlUgator palpebrosus et les Lacerta ; tandis que chez les J^aranus , il n'en occupe que la partie antérieure, en s'articulant sur le cadre de l'orbite; cet osselet, que CuviER nomme tantôt surcilier(i) et tantôt surorbitaire (a) , est le véritable analogue du cartilage tarse de Y Homme , auquel je propose d'assigner le nom de cartilage Épicyle (3), le nom de tarse, quoique fort ancien, étant employé pour dénommer une partie du pied. Cet osselet a chez les Varanas la forme d'une griflFe de chat, articulée par sa base sur le bord orbitaire du métopion , d'où il se dirige en arrière par sa pointe , et se trouve contenu dans la partie supérieure membraneuse de l'orbite. Dans la Lacerta asceliata , il est même composé de deux parties.

(1) Ou. fois., t. V, part. 2', p. 257.

(2)/6td.,p. 261.

(3) D'iictxoXCc, paupière supérieure.

Les Dents éiani plus ou moins coniques, et souvent arquées en arrière , dans les Sauriens , ressemblent par là d'ordinaire beaucoup à des canines de Carnivores, ou plutôt aux dents des Gétagrs delphinoïdes , auxquels ces Animaux me paraissent faire immédiatement suite, et ce n est que dans quelques genres qu elles offrent des formes un peu différentes. Les Xupinamhis et les Iguana les ont à couronne comprimée et festonnée en petites dentelures , comme les fausses molaires simples des Carnivores. Les Crocodilurus ont les molaires moyennes en forme de gros tubercules arrondis, devenant de plus en plus petites et coniques sur le devant et l'arrière des mâchoires. D'autres genres les ont plus petites et plus grêles , et elles sont enfin tout à fait pointues chez les Varanus , les Lacerta et les Scincus\ mais ces dents varient encore assez fortement, selon les genres et les espèces. Leur forme étant d'ordinaire partout Ja même , elles ne sauraient plus être distinguées en plusieurs sortes comme chez les Mammifères supérieurs , si ce n'est qu'on peut appeler Incisives celles implantées dans les os labraux , quoiqu'elles ne soient plus tranchantes. Elles sont cependant généralement plus petites que les molaires, et celles-ci se distinguent souvent en plusieurs séries successives, allant dans chacune en augmentant de grandeur, jusqu'à la série suivante, qui recommence par une dent plus petite , ou bien la plus grande dent est vers le milieu de la série. Chez les Lacerta , il n'y a qu'une série où les plus grandes dents sont vers le devant.

Les Appendices de la vertèbre sphécoidale sont à peu près les mêmes que chez les Mammifères, mais offrent dans leur disposition et leur composition de notables différences qui caractérisent les Sauriens, en même temps qu'elles se portent souvent sur la vertèbre basilaire, de manière à laisser dans le doute de savoir à laquelle ils appartiennent réellement; enfin de même que pour les vertèbres sphénoïdales , plusieurs parties de la masse apophysaire forment des pièces particulières, dont quelques-unes deviennent en outre mobiles.

Cette transposition est surtout remarquable pour la mâchoire qui ne s'articule plus sur le représentant de l'apophyse corsale du squammeux, mais sur le tympanique comme dans les Oiseaux, auxquels les Sauriens

SYSTÈMB OSSBIJX. 185

forment ]e passage, et ce dernier os devenant à la fin mobile, en même temps qu'il change considérablement de forme , présente dans les Crocodilus la transition de la condition dans laquelle il se trouve chez les Mamhifèees à celle des Oiseaux, où il est tout à fait mobile et ne donne plus en rien insertion au tympan.

Vos Squammeux ^ quoique faisant partie delà botte crânienne chez les Mammifèbes , y indique toutefois déjà , par ses sutures écailleuses, qu'il n'est qu'appliqué extérieurement sur les os voisins ; aussi s'en sépare-t-il de plus en plus chez les Sauriens» et enfin tout à fait dans les Ophidiens, où il devient même parfaitement mobile.

ChezlesCroco^//£i5, cet os , que Cuvier ( i ) nomme le mastoïdien, occupe encore à peu près la même place que dans les Mammifères , quoique sa forme soit considérablement changée. C'est une pièce triangulaire formant l'angle suprà-postérieur de la tête , où elle s'unit par suture , en dedans, avec l'apophyse latérale postérieure du pariétal; en avant, dans sa partie externe, avec le gonien ; en arrière , par son bord inférieur, tout le long avec l'apophyse latérale du condylien ; et enfin en bas , par sa face inférieure, en avant et en arrière avec le tympanique, en ménageant au milieu, entre les deux os, une cavité ouverte latéralement, faisant partie de la caisse, cavité formée ainsi encore par le concours du squammeux.

Cette disposition, dans lesCrocodihis^ fait reconnaître l'analogue de cet os chez les autres Sauriens, où il se trouve considérablement réduit, et dans une disposition qui diffère encore plus de celle des Mammifères.

Arrivé à l'état de simple rudiment chez les TupinambiSj il y prend la forme d'une petite tige grêle légèrement arquée , constituant la partie postérieure de l'arcade zygomatique, arcade partant ici de la partie supérieure du tympanique, comme dans les Mammifères, et non de son extrémité inférieure comme dans les Crocodiliens et les Oiseaux. Cette petite pièce se trouve engagée par son extrémité postérieure entre le mastoïdien et

(1) Ow. f099. , t. V, y part., p. 86.

le bord supérieur du lympanique, et placé de là eu dedans de ce dernier; d'où il se dirige en avant et croise longitudinalement l'apophyse postérieure du corsai pour former avec lui l'arcade zygomatique.

Chez les Lacerta, c'est au contraire une pièce triangulaire plus grande et plus large, remplissant l'angle que forment entre eux le corsai, le pariétal et le mastoïdien , en concourant avec eux à former la voûte sur la fosse temporale qui caractérise ces Animaux , et non une arcade libre; cette dernière très-large, joignant en dedans le bord suprà-latéral du pariétal , pour former cette voûte , à peu près comme dans les Testudo.

Nous avons vu que chez les Mammifères la mâchoire s'articulait avec l'os squammeux , et plus particulièrement sous la base de son apophyse corsale. Chez les Sauriens, les Chéloniens et les Oiseaux, au contraire, son articulation est fort éloignée de cet os , et portée à l'extrémité inférieure du tympanique, qui prend une forme toute différente et un plus grand développement. Ce changement de disposition , tout extraordinaire qu'il soit, n'en est pas moins un fait prou vé jusqu'à l'évidence par les rapports des parties chez les Sauriens et lesGHBLONiBNS, où cet os est suffisamment caractérisé pour qu'il puisse rester le moindre doute à ce sujet. Mais par ce changement de disposition , la mâchoire devient un appendice de la vertèbre basilaire. Pour suivre toutefois la même méthode que précédemment, j'indiquerai ici les caractères particuliers de cette partie des os de la tête.

La Mâchoire des Sauriens est conformée dans son ^isemble à peu près comme celle des Mammifères, seulement son apophyse coronoïde est généralement fort peu saillante , et guère plus que dans les Oiseaux, placés un peu plus loin dans la série. De même aussi , la branche montante ou condylaire est très-peu prononcée , et même souvent nulle aussi , comme chez les Oiseaux; et lecartement entre la mâchoire et le crâne est obtenu , chez les uns et les autres, par l'interposition du tympanique , qui remplace en apparence la branche montante. La mâchoire des Sauriens diffère ensuite notablement de celle des Mammifères pour se rapprocher de celle des Oiseaux, à laquelle elle fait le passage, en ce qu'elle

est elle-même composée de la réanion de plusieurs os parfaitement distincts, josqua un âge fort avancé. Chez les Crocodilus^ les Varanus , les Tupinambis^ les Lacerta^ les Crocodilurus ^ et à ce qui paraît chez tous les Sauribns, il y existe six pièces de chaque côté.

La plus antérieure et principale portant les dents, et que Cuyier nomme de là dentaire (i), correspond , chez les Mammifères , à la lame externe de la branche horizontale de la mâchoire ; mais le nom imposé à cet os par ce savant est ladjectif de dent, et signifie tout objet appartenant ou dépendant des dents, il est déjà par cela même impropre, en ce que ce scMit plutôt les dents qui dépendent de los, et il ne convient pas à la partie correspondante chez les Reptiles ratraciens , les Oiseaux et les GhéiSoniens , qui n ont pas de dents ; j ai donc cru devoir en conséquence le changer en celui de MentonaL

Le second os qui entre dans la composition de la mâchoire (orme la partie moyenne de la lame interne de la même branche. Ad. Camper lui assigna le nom d os operculcàre , terme qu'il est aussi nécessaire de changer, vu qu'il s'applique plus généralement aux pièces de l'opercule des PoissoBis, et spécialement à lune délies, entièrement différente de celle de la mâchoire , et je propose de lui substituer le nom d'os Ésoténque (2), comme se trouvant à Tintérieur de la mâchoire.

L apophyse coronoïde forme le troisième os que Guvier appelle surangulaire, mais il est plus convenable de lui laisser son ancien nom de Coronoïdien , qui rappelle son analogie avec la partie de la mâchoire des Mammifères, à laquelle il se rapporte.

Le quatrième , nommé par Geoffroy-Saint-Hilaire Marginaire , et complémentaire par Cuvibr , est placé à la &ce interne de la mâchoire , à la suite de Tésotérique , devant le trou maxillaire.

Une cinquième pièce, que Guvier appelle angulaire, comme occupant la place de Tangle et le bord inférieur de la mâchoire, je la désignerai sous le nom d'os ÀnguUn, simple modification d'angulaire , pour éviter

(1) 0$$,fou., t V, y part., p. 89.

(2) D*ioti>T8ptx^ , interne.

les homonymies, cette dénomination étant déjà employée pour une foule dautres objets.

En arrière se trouve la sixième paire que Cuvier nomme articulaire, comme formant larticulation de la mâchoire; mais ce terme est aussi trop souvent employé pour indiquer dautres parties , pour qu'on puisse le conserver ici , et je propose de le remplacer par le nom ^Jrthrique ( i ), qui a la même signification. Cette pièce forme la partie postérieure de la mâchoire , et porte en dessus la facette arthrodiale de cette dernière.

Les cartilages Méniscoïdes, placés chez les Mabimifèrbs dans l'articulation squammo-maxillaire , ne paraissent pas exister chez les Reptiles , où personne ne les a du moins indiqués.

Les Appendices de la vertèbre basilairesont aussi les mêmes que chez les Mammifères, mais considérablement modifiés tant pour le nombre que pour la forme , en même temps que d'autres pièces , appartenant chez les Mammifères à la vertèbre sphécoïdale, se sont portées sur la basilaire, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer. Les osselets de l'ouïe sont généralement réduits à l'étrier, qui allant, comme chez les Oiseaux, jusqu'au tympan, fait en même temps les fonctions de marteau. Le mastoïdien et le tympanique prennent une autre disposition ; tout ce qui se rapporte à l'oreille extérieure disparaît chez tous les Reptiles , et enfin les pièces formant l'appareil hyoïde et le larynx subissent également des réductions considérables.

VEtrier des Sauriens ressemble généralement , comme celui des Oiseaux, à un clou à tête ronde formant sa platine, qui ferme, comme chez les Mammifères , la fenêtre vestibulaire. De cette ouverture , la tige de l'osselet se porte directement au tympan , auquel elle adhère par son extrémité , et se prolonge souvent sur cette membrane en une petite tige cartilagineuse , qui parait représenter le Marteau.

Le Mastoïdien paraît être confondu chez les Crocodilus avec le condylien , ainsi que l'a déjà admis Geoffroy-Saint-Hilaire , qui le nomme

(1) D'dpepqoSç , articulaire.

sur-occipital , en le regardant à tort comme Fanalogae de loccipital de Y Homme ^ qui se trouve à côté comme os impair; et Cuviee, qui n*admet pas cette union , le regarde comme une simple partie du condylien , et Fappelle occipital latéral , tandis qu*il existe sur le côté une scissure qui indique une séparation de cet os en deux parties , une supérieure répondant fort bien à Foccipital externe de Cuviee dans les Ghéloniens , et une inférieure correspondant à son occipital latéral ou condylien de ces Animaux. Or, cet occipital externe des Chéloniens est précisément ce que je crois devoir considérer comme le mastoïdien, et c'est aussi cette pièce supérieure que 6eotfeoy-Sa]nt-I]ilaiee appelle le sur-occipital.

Cette partie d'os , visible chez les Crocodilus à la face postérieure de la tète , est placée sous le squammeux , avec lequel elle se suture ; et audessus du condylien, avec lequel elle est confondue dans sa partie interne , et distincte seulement en dehors par une fissure , ainsi que je viens de le dire. A la face antérieure , elle s'articule intimement avec le tympanique , en concourant avec lui à former la Timbale^ entièrement cachée dans l'intérieur de la tête; ce qui prouve que c'est bien le représentant du mastoïdien.

Chez les Lâcbetibns , cet os , devenu de nouveau distinct et extérieur, se réduit considérablement et cesse de faire partie d'une timbale , ne renfermant plus aucune cavité en communication avec la caisse.

Il forme , chez les f^anmus et les Tupinambis, etc., une longue pièce mince , en languette , appliquée en dehors contre l'extrémité de l'apophyse postérieure du pariétal , «dont il semble n'être qu'un feuillet , mais le dépasse au bout en se recourbant en dessous , pour s'unir plus loin à sa face interne , par une suture , avec lextrémité de l'apophyse latérale du condylien, et s'y renfle en une tubérosité sur laquelle s'articule l'extrémité supérieure du tympanique. A sa face externe , il se suture de même vers sa partie postérieure avec l'extrémité du squammeux , qui pénètre entre cet os et le tympanique.

Le Tympanique est l'un des os qui éprouvent les plus grandes modifications en passant des Mammifbebs aux Ghblonibiis, aux Reptilbs, et de

là d'ane part aux Oiseaux , et de Fautreaux Poissons. S'isolant de plus en plus pour devenir enfin entièrement mobile dans ces deux dernières classes, en cessant chez les Oiseaux de former le cadre du tympan, qui disparaît complètement dans les Poissons , et cet os sert en outre chez les Oiseaux, les Chéloniens et les Reptiles, à lexception des Ueodelss, de point d appui à la mâchoire , qui s arthrodie avec lui , et non plus , comme dans les Mammifères, avec la partie corsale du squammeux, et aucun Animal ne présente, que je sache, la transition de lune de ces dis* positions à l'autre , si ce n est V Homme même , ainsi que la déjà fait remarquer GuviEE, où la cavité glénoïde est en partie formée par l'apophyse corsale , et en partie par le tympanique , séparée par la fissure de Glaser.

Déjà chez les Grocodiliens , le tympanique prend une tout autre forme que chez les Mammii bres , celle d un grand os fixe , aplati , placé obli* quement à la partie externe postérieure de la tête, en se dirigeant en dessous et en arrière , s articulant par de larges sutures avec les os àiconvoisins : supérieurement avec lesquammeux» en laissant une cavité latérale entre eux ; cavité faisant partie de la caisse, ainsi que cela a également lieu chez les Mammifères. En dedans , il s'articule avec la partie latérale du pariétal et l'os ptéral ; en arrière , avec le mastoïdien et le condylien; en dedans, avec ce dernier et le rocher; en bas, avec le sphécoïde , et par son bord externe y presque tout le long avec le corsai , qui le sépare du malaire; enfin, son extrémité inférieure, coupée carrément, forme un condyle transversal, sur lequel s'arthrodie la mâ« choire. Dans sa partie suprà-postérieure^ il concourt à former la Caisse^ ménagée entre cet os, le squammeux, placé au-dessus; 'le rocher en dedans , et le mastoïdien en arrière , ainsi que cela a aussi lieu chez les Mammifères.

Chez les Lacertibns, le tympanique fait Un pas de plus que chez les Grocodiliens , pour se rapprocher de la forme qu'il va prendre dans les Oiseaux. U se dégage davantage des os environnants, surtout à sa partie inférieure, où il ne s'articule plus en dehors avec le corsai^ mais par contre eoiledansavec l'extrémité de l'omoïde, comme dans lesOissâux ,

STSTàllB OSSBUX. 191

ce qui n'existe pas ches les Geogodiubns , et en haut , il n'adhère plus que par une petite partie de sa face incerne aux os squammeux , mastoïdien , condylien et pariétal , et plus du tout au ptéraL C'est en général une pièce hissez grande^ pJacée à peu près verticalement, représentant Tare antérieur du tympanique des Mammifères , quoique beaucoup plus robuste ; condition qui devient parfaitement évidente en comparant cet os avec son analogue chez les Trionyx^ où il entoure tout à fait le tympan.

Dans le genre Tupinambis et le Scincus cyprius, etc. , cet os, encore très-large , présente à sa face externe une cavité assez profonde représentant la caisse externe des GaiLONiENS , dont il sera parlé à l'article IV de ce chapitre; cavité dont le bord sert de cadre au tympan, et qui s'efiace de plus en plus chez les Lacerta^ les Vartmus et les Chamœleo^ où. elle devient en£ui entièrement nulle , ainsi que chez les Oiseaux , classe oii la membrane du tympan ne touche même plus à cet os , s'insérant au condylien , au rocher et au sphécoïde qui forment la caisse ; cavité correspondant à ce que j'appelle la caisse interne dans les Ghé-

LONIBNS.

Chez tous les Lacebtiens, le tympanique se renfle à ses deux extrémités supérieure et inférieure pour s'articuler en haut avec les extrémités des os précédemment nommés , d'oii il se dirige en dessous et forme à sa tubérosité inférieure une grande facette arthrodiale , par laquelle il s'articule avec la mâchoire , et touche par sa face interne un peu audessus de ce condyle, à l'extrémité de l'omoïde qu'il croise et auquel il est lié étroitement par des ligaments , comme dans les Oiseaux.

Les Iguan.ibns ne différent que fort peu des Lacbetiens, et spécialement des Tupùicunhis^ présentant même, dans certaines espèces, une cavité plus profonde , avec le tympan dirigé en arrière ; et chez ces Animaux, l'os tympanique devient déjà sensiblement mobile.

Le Mastoïdien^ petit et en forme d'écaillé allongée, comme dans les Lacbetibns, diffère quelquefois de celui de ces derniers en ce qu'il est placé en dedans de l'extrémité de l'apophyse postérieure du pariétal, au lieu d'être en dehors, he Squammeux ^ plus large et court , rappelle par

là aussi un peu mieux son analogue des MAinMiFéRES , quoique disposé comme dans les Tupinambis.

Los .£^^02^ des Sauriens offre de très-grandes différences dans lesdi^ verses familles de cet ordre. Très-simple dans les Crocodilibns , où il est même difficile de décider si les pièces qu*on regarde comme lui appartenant ne seraient pas plutôt des parties du larynx, cet appareil est formé d une très*grande plaque cartilagineuse, à peu près carrée, convexe en dessous, concave en dessus, formant le corps de Thyoïde, et remplissant en même temps les fonctions AeThyroïde , qui paraît manquer du reste. Cette plaque porte de chaque côté un os appendiculaire , grêle , coudé, qui se porte d abord en arrière et se replie ensuite en haut pour former l'analogue de la Corne céphalique , et se termine par un appendice cartilagineux formant la seconde et dernière pièce de la corne , et enveloppée ainsi que la première par des muscles comme dans les Oiseaux , sans être liée d'une manière directe avec le crâne comme chez les Mahmifèees.

Le bord antérieur du corps de Thyoïde forme une saillie à la base de la langue dirigée vers Fintérieur de cette dernière ; tandis que le bord postérieur est échancré , et embrasse lorigine de la trachée , comme le ferait un thyroïde.

Le Larynx se compose , d après Cuyiee , d'un cartilage Cricoïde et de deux Âryténoïdes ; la plaque ou corps de Thyoïde faisant aussi les fonctions âiÈpiglotte.

Chez les Lacertiens, ï Hyoïde est fort différent de celui desCaocoDu^iENS se rapprochant plus de celui des Oiseaux , auxquels ces Animaux font passage. Celui des f^aranus est composé d'une pièce moyenne impaire ressemblant à l'os Zingi/a/ des Oiseaux , mais qui n'atteint pas la langue, et se trouve appliqué en dessous contre le larynx, et doit de là plus particulièrement être considéré comme étant le Cotps de l'hyoïde. Sur l'extrémité postérieure de cette pièce s'articulent, . de chaque côté, deux cornes , chacune composée de deux pièces grêles qui se font suite ; la première de ces cornes se porte d'abord en avant , pour revenir ensuite en arrière jusqu'au delà des côtés de la tète , et représente, comme on le verra

un peu plus bas, la Corne céphalique. La corne postérieure se dirige obliquement en arrière et en dehors dans les chairs, vers le côté de Tépaule.

Les angles postérieurs du Corps, très-courts dans les Varanus, se prolongent au contraire chez les Tupinambis en deux longues apophyses , sur l'extrémité desquelles s'articulent de même les deux paires de cornes. Là postérieure j en leur faisant directement suite , se prolonge jusqu'aux côtes du cou , et Yantérieure obliquement en avant et en dehors dans sa première pièce, qui se bifurque, et dont la branche antérieure continue à se porter en avant dans la même direction , pour se terminer en un filet ligamenteux placé en dedans' de la mâchoire. La seconde branche fort courte , s'articule à son extrémité avec la seconde pièce , très-longue et grêle de la corne, qui se porte en arrière également jusque sur les côtes du cou. L'angle antérieur du corps pénètre un peu dans la base de la langue.

Les Gecko ont à peu près le même hyoïde que les Tupinambis^ seulement l'angle antérieur du corps avance un peu plus dans la langue.

Chez les Iguana^ l'hyoïde diffère principalement de celui des trois genres précédents , en ce que le Corps se prolonge en arrière en deux tiges grêles simulant une troisième paire de cornes, et accolées l'une à l'autre le long de la ligne médiane du cou.

C'est ainsi que nous voyons naître deux autres cornes , formant une troisième paire, qui s'écartent chez les Lacerta^ Animaux où le corps de l'hyoïde forme postérieurement une petite dilatation , sur laquelle s articulent les deux premières paires de cornes , et dont l'angle antérieur de ce même corps se prolonge en une longue tige grêle qui pénètre dans la langue.

CcviER (i) fait remarquer que dsius les Scincus , où l'appareil hyoïde est à peu près semblable à celui des Lacerta , la corne antérieure est suspendue à Tos condylien par l'intermédiaire d'un osselet que ce savant

{I) 0$s. fou., t. V, 2* part,, p. 281.

19/i PREMIÈRE PARTIE.

croit être lanalogue de lapophyse styloïde des Mammifères , ce qui prouve que cette branche est bien celle qui correspond à la Corne céphalique , d'où résulte aussi que la seconde branche doit en conséquence être la Corne laryngienne ^ et la troisième , représentée ailleurs par une tige impaire, nommée souvent queue de l'hyoïde, et d'ordinaire prolongée sous la trachée-artère, je la désignerai sous le nom de Corne tra-^ chélienne.

On verra plus bas , en partant de l'hyoïde des Chéloniens , que ces Animaux ont en quelque sorte aussi trois paires de cornes à l'hyoïde ; mais elles ne correspondent pas , dans leur ordre numérique , à celles des Sauriens et des Urodeles , la seconde étant la paire céphalique , la troisième la laryngienne, et la première , peu apparente, est propre à ces Animaux.

Le cou des Sauriens est généralement très-court , peu mobile , et ne renferme d'ordinaire qu'un petit nombre de vertèbres : trois chez les Chamœleo^ qui paraissent en avoir le moins, et sept dans les Crocodilus , qui en ont le plus ; mais parmi les Sauriens fossiles se trouvent lesPlesiosaurus^ où l'on en trouve tout à coup jusqu'à 38 , ce qui dépasse de beaucoup le chiffre qu'elles présentent chez les autres Vertébrés.

Les vertèbres cervicales portent, dans certaines espèces , telles que les Crocodilus , des appendices costaux ou Çostelles , fixés aux apophyses transversales y en ménageant entre les deux parties des trous pour lartère vertébrale , absolument comme chez les Mammifères , avec cette différence essentielle que chez ces derniers la partie de l'apophyse transverse , qui se trouve au delà de ce trou , n'est pas une pièce distincte de cette dernière; mais la disposition seule des parties prouve que dans les Mammifères , les çostelles sont simplement confondues avec ces apophyses , mais existent de fait.

Le Thorax est également conformé à peu près comme chez les Mammifères, mais le nombre des côtes varie considérablement. Les Crocodilus en ont treize , deux cervicales mobiles on çostelles qui précèdent les vraies thoraciques^ au nombre de huit , et trois Jausses côtes ou cos-

Unes placées à la suite de celles-ci. Les vertèbres lombaires suivantes, au nombre de quatre, sont dépourvues de costines vertébrales; tandis qu'on en compte en tout jusqu'à vingt-huit dans le Scinciis crotaphomêlas , parmi lesquelles il y a aux vertèbres cervicales postérieures deux paires de rudiments de costelles suivies de deux longues, n'atteignant pas le sternum; puis sept s^raies côtes thoraciques, se rendant par leurs cartilages sur ce dernier, et aux lombes dix-sept paires défausses côtes ou costines fort longues, suivies de quatre autres déplus en plus courtes précédant immédiatement le sacrum; et ces Animaux n'ont ainsi pas de région lombaire dépourvue de costines.

Les Crocodibis offrent ensuite la particularité que leurs vraies côtes sont composées de trois pièces consécutives, c'est-à-dire qu'il existe une moyenne de plus que chez les Mammifères; pièce qui, ne touchant ni aux vertèbres ni au sternum , paraît être l'analogue de l'appendice costal des Oiseaux , dont je parlerai en traitant du squelette de ces derniers.

Le Sternum des Sauriens est d'ordinaire élargi dans sa partie antérieure en une grande plaque courte , fort souvent suivie d'une partie grêle sur laquelle se rendent les vraies côtes postérieures. Chez les C/iamœleo^ les dernières côtes thoraciques, au lieu de se rendre de même sur un prolongement grêle du sternum , se réunissent en dessous par paires , et sont elles-mêmes suivies de fausses côtes ou costines , dont les cartilages se terminent librement dans les chairs.

Comme il n'existe point chez les Reptiles de diaphragme formant une cloison transversale entre le thorax et l'abdomen , il n'y a pas non plus de distinction marquée entre ces deux parties de la cavité viscérale ; et, d'après ce que nous venons de voir, leur limite n'est également pas indiquée par la présence ou l'absence des côtes , vu qu'il existe des appendices costaux, tant sur les vertèbres cervicales quesur un nombre plus ou moins grand de lombaires, et qui se répètent même souvent jusque sur le bassin ; de manière que si l'on prenait l'existence de ces appendices que les vertèbres portent, pour le caractère de la région thoracique, il ny aurait, dans beaucoup de genres, ni partie cervicale, qui serait tout au plus formée par l'atlas» ni partie abdominale, le thorax seten-

dant de la tète jusqu'au bassin , et même au delà , les rudiments de côtes se répétant fort souvent jusque sur la partie antérieure de la queue (i). Mais je pense, ainsi que j'ai déjà eu Foccasion de le faire voir plus haut en parlant du squelette des Mammifères, qu on ne doit considérer comme appartenant véritablement au thorax que les \^raies c(Jte5 qui s articulent avec le sternum, tandis que \esjcmsses côtes qui les suivent doivent être regardées comme appartenant à la région lombaire. Il existe même dans les parois abdominales des Crocodilus , des bandes cartilagineuses, faisant suite aux cartilages costaux, en se répétant jusqu'au bassin, et partant inférieurement d'une lame cartilagineuse longitudinale étendue du cartilage xiphoïde aux pubis , et qui constitue ainsi un véritable sternum abdominal. Quoique ces appendices costaux ou Cartilages costiniens ne répondent pas à des costines vertébrales qui manquent, ils prouvent toutefois que les vertèbres lombaires sont également susceptibles d'avoir des appendices costaux , dont il peut n'exister tantôt que les pièces vertébrales , et tantôt seulement les pièces sternales, et dans d'autres cas , ni les unes ni les autres.

J'ai fait remarquer, en parlant du squelette des Mammifères , qu'il existait aussi chez ces Animaux des appendices costaux isolés au sacrum des très-jeunes sujets, mais qui se soudent bientôt aux os pelviens. On retrouve ces mêmes osselets ou Cbrfme/Ze^ chez les Reptiles , et surtout fort distincts dans la famille des Urodèles, les Oiseaux, les Chéloniens, où ils sont même persistants, et forment l'intermédiaire entre les vertèbres sacrées et les os coxaux.

Enfin, des appendices semblables, réduits à de très-petits rudiments, se répètent même sur un certain nombre de vertèbres caudales, où ils constituent tantôt de petites tiges plongées transversalement dans les chairs, et que j'appelle dans ce cas Costettes, ou bien ils se réunissent en dessous par paires , pour constituer, ce qu'on appelle chez les Mammifères , les os en V ou os Upsiloïdes ; ce qui établit l'analogie qui existe entre

(l}CoviER ( Om. foss.y part. 2, 285] appelle en effet toutes les vertèbres pourvues de côtes, des dorsales , disant que les raranus en ont 22 , et aucune lombaire,

ces derniers et les côtes , analogie prouvée en outre par leur série non interrompue dans les Serpents et les Poissons.

Le Bassin des Sauriens est aussi disposé à peu près comme celui des Mammifères, mais présente toutefois des caractères propres à cet ordre de Reptiles , et diffère beaucoup de celui des Oisuiaux. U est toujours composé de trois paires d'os principaux : les lUum , les Ischion et les Pubis , ainsi que du Sax:rum, formé lui-même d'ordinaire de deux vertèbres mobiles seulement, fort semblables à celles qui les avoisiuent ^ et dont elles ne différent guère que par des apophyses trans verses plus fortes. Dans les Crocodilus, les pubis, dirigés obliquement en avant, prennent tout à fait la disposition des costines abdominales, dont elles paraissent re* présenter évidemment une paire.

Les trois os coxaux des Sauriens ont aussi beaucoup de ressemblance par leur forme et leur disposition avec ceux de l'épaule , ainsi qu'on la déjà fait remarquer aussi dans les Mammifères; Tilium avec Fomoplate; l'ischion avec le coracoïdien , et le pubis avec la clavicule, et les deux derniers s'articulent même inférieurement dans les Vcunnus avec un cartilage mitoyen qui représente le sternum , et cette analogie complète ainsi celle reconnue depuis longtemps entr« les autres parties des deux espèces de membres.

La Queue des Sauriens ressemble aussi beaucoup à celle des Mammifères, dont elle diffère toutefois par la forme des vertèbres, ainsi que par le nombre plus considérable de ces os , qui s'élève , dans le Varanus de Java , à 117; aussi cet appendice du corps est-il souvent d'une longueur excessive, généralement conique et fort gros à wsa base dans les espèces terrestres ; un peu comprimé dans les amphibies ; et plat dans les aquatiques, pour servir plus facilement à la nage. Chez les Phylurus , la queue est même fort aplatie horizontalement , mais sans usage connu.

Les Chamœleo seuls ont la queue prenante.

Le Sternum présente dans les Lacertiens, les Iguaniens, les Geckotiens et les SciNCOïDiENS des caractères à peu près semblables, mais assez difiiérents de ceux qu'on remarque chez les Crocodiliens d'une part et les

Câméléoniens de l'autre. Les quatre premières familles offrent ensuite , sous le rapport du sternum et des os de 1 épaule , une ressemblance remarquable avec les Monotrèmes de la classe des Mammifères ; et quoique ce point de ressemblance soit au fond peu de chose , on a déjà cru devoir pousser <le là l'hypothèse jusqu'au point de penser que les Mo«o- TRÉMES pondent des œufs , et forment le passage des Mammifères aux Reptiles : ce qui n'est , toutefois , pas encore confirmé par l'observation.

Le genre Lacerta offrant à peu près le type de cette conformation du sternum, j'en indiquerai ici en peu de mots la forme. Il se compose de deux pièces principales, une antérieure osseuse, en forme de croix, à branches grêles ; et une postérieure large, rhomboïdale, cartilagineuse, recouvrant par son angle antérieur une partie de la branche postérieure de l'os.

La branche antérieure de ce dernier s'avançant sous le cou, se termine entre les deux clavicules qui viennent s'y rencontrer et s'articulent avec elle. Les branches latérales, dirigées en dehors et arquées en avant , vont toucher par leur extrémité le bord postérieur de ces mêmes clavicules ; et la branche postérieure est , ainsi que je viens de le dire , adhérente à la face inférieure du grand cartilage sternal.

Ce cartilage donne , par ses deux bords antérieurs , insertion aux coracoïdiens qui s'y articulent comme chez les Monotrèmes, les Oiseaux et les Grogodiliens ; et sur les postérieures s'articulent d'abord trois cartilages costaux, et deux autres sur l'angle postérieur, en s'y fixant par une pointe.

Chez les Tupinambis , on trouve la même disposition ; l'os sternal a seulement sa branche antérieure presque nulle ; et les latérales fléchies obliquement en arrière. Le cartilage sternal porte latéralement deux cartilages costaux, et l'angle postérieur quatre autres.

Le sternum du CoAMiELEO, plus simple, ressemble plus à celui des Crocodilus , manquant de même d'os sternal antérieur ; et le cartilage qui forme sa principale pièce est moins grand, triangulaire, recevant les deux os coracoïYiiens sur ses bords antérieurs ; et du milieu du postérieur,

SYSTEMS OSSEUX» 199

part une apophyse qui se continue avec une seconde pièce grêle impaire recevant sur ses bords cinq autres paires de côtes.

Les Membres des Reptiles approchent également beaucoup, pour la £orme , de ceux des Mammifères y et surtout les antérieurs , qui en diffèrent bien moins que ceux des Oiseacx , oii ils sont tranformés en ailes.

Parmi les Sauriens , on trouve cependant déjà des différences notables <X)mparés aux Mammifères. Chez les Crocodilus , par exemple , VOmo- ^late n a plus d'épine , mais présente au bord antérieur, près de la c:avité glénoïde , une forte saillie qui remplace l'acromion et rappelle la ^disposition de ce dernier chez les Bakena. Cette apophyse s articule £ivec le Coracoïdien , os fort , disposé à peu près comme chez les Oiseaux y en se portant de la partie antérieure de la cavité glénoïde , en ciessous et en dedans , sur le bord latéral du sternum. 11 ny a point chez cres Animaux de clavicule, à moins qu elle ne soit rudimentaire et suspendue simplement dans les chairs.

\J Humérus n'est plus susceptible que d'un faible mouvement de rotiation , se mouvant plus particulièrement d'avant en arrière.

Le Cubitus, bien distinct du Radius, n'a plus d'apophyse olécrâne, ce cqui affaiblit beaucoup la force de l'avant-bras, et doit empêcher ces Animaux de se tenir longtemps dressés sur leurs membres.

Les os du Carpe prennent surtout une autre disposition qui diffère l)eau€oup de ce que l'on voit chez les Mammifères, n'étant plus qu'au nombre de quatre , dont trois à la pr^nière rangée , et un seul à la seconde. Les deux premiers, allongés, renflés aux bouts et rétrécis au milieu, simulent des métacarpiens, quoique très*courts, et font directement suite, l'un au radius et l'autre au cubitus, d'où Cuvier (i) les nomme os radial et os cubital , sans chercher à déterminer leur analogie avec leurs correspondants dans les Mammifères ; ce qui n'eût pas été dif- £cile , le premier se rapportant au Scaphoïde , et le second au Pyramidal; le troisième osselet, placé derrière la tète de ce dernier, est bien

(1) Om. /om., t. V, 2* part., p. 102.

200 t>REMIÈRB PARTIE.

évidemment lanalogue du Pisiforme^ ainsi que ce savant le reconnaît. Enfin , le seul os de la seconde rangée se trouvant entre le pyramidal et la tête des trois derniers métacarpiens, doit nécessairement être considéré comme représentant à la fois li^Trapézoïdc, leGrandos et Y Unciforme confondus; mais comme il serait difficile de prouver cette analogie, sans comparer ces os à ceux du carpe chez les autres Sabriens, et principalement dans les Lagertiens , je reviendrai sur ce sujet après avoir parlé de la main de ces derniers.

Quant aux Doigts, ils sont comme d ordinaire , chez les Sauriens, au nombre de cinq , et se composent d'un nombre de phalanges qui a plus d analogie avec celui des orteils des Oiseaux. Le pouce a deux phalanges, le second doigt trois , le troisième quatre , le quatrième également quatre, et le cinquième trois seulement; mais aux derniers doigts, les phalangettes restent cartilagineuses.

Dans les autres Sauriens , les membres antérieurs conservent à peu près la même conformation, approchant même , dans la famille des Lagertiens, beaucoup du type des Mammifères; se réduisent ensuite bientôt dans celle des Sgingoïdiens , en devenant non-seulement de plus en plus petits , mais disparaissent complètement pour leurs parties extérieures chez les Bipes , où Ion ne trouve que des rudiments d omoplates et de coracoïdiens cachés sous les téguments, ainsi que cela a lieu dans les jinguis et genres voisins de Tordre des Ophidiens.

L'^âz^/e se compose dans le principe, comme chez les Mammifères, de trois os, ï Omoplate, le Coracoïdien et la Clax^icule, qui offrent toutefois des caractères particuliers. V Omoplate est , à ce qu'il paraît , composée chez tous les Reptiles, et même chez les Chéloniens, de deux pièces consécutives , dont la principale ou l'inférieure porte la facette glénoïde , et d ordinaire aussi Facromion , d où je propose de la nommer 1 os Glénien; et Fautre formant la palette de Fomoplate , je le désignerai sous Je nom de Paleron (i).

Le Glénierij large dans sa partie supérieure, où il se continue en lame

(1} Nom emprunté a Etienne ( Difsert, despariiei du corpi humain). 1546,

mince avec le paleron» se rétrécit en col vers son extrémité inférieure, et se renfle au bout pour se suturer dans sa partie antérieure avec la tête du coracoïdien qui lui fait suite ; tandis que postérieurement il porte la moitié de la cavité glénoïde scapulo-humérale, dont l'autre moitié ou l'inférieure est formée par le coracoïdien.

Le bord antérieur de cet os forme souvent une apophyse plus ou moins saillante , analogue à celle des Crocodilus, qui représente évidemment Yacromion , étant , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, à peu près disposé comme chez les Cétacés , Animaux auxquels les Sauriens paraissent faire suite , en même temps qu'elle est liée directement ou indirectement avec la clavicule qui passe devant.

Le Paleron a , dans tous les Reptiles où il existe une omoplate , la forme d'une large lame ordinairement cartilagineuse en trapèze irrégulier, dont l'un des côtés parallèles ou le supérieur , formant le bord spinal, est en arc de cercle saillant; tandis que le côté opposé en arc concave , s'articule avec l'os glénien. Le bord antérieur offre quelquefois une saillie ossifiée dans certaines espèces , que Guvier ( i ) considère comme un indice d'acromion : l'extrémité de la clavicule venant le joindre dans plusieurs genres ; mais cette dernière n'arrive d'ordinaire qu'au bord antérieur de l'os glénien.

Le Coracoïdien est un os généralement fort grand et parfaitement distinct de l'omoplate , qui n'existe chez la presque totalité des Mammifères que sous la forme rudimen taire ^ constituant l'apophyse coracoïde de l'omoplate; et dans les Monotrèmes seuls, il se développe subitement pour former un grand os particulier par lequel l'épaule est appuyée sur le sternum comme par une seconde clavicule, derrière laquelle il est placé.

Chez tous les Reptiles, il forme de même un grand os très-fort, égalant souvent l'omoplate, et servant de même que chez les Monotrèmes d'appui à l'épaule; son extrémité supérieure entrant avec l'omoplate dans la composition de la cavité glénoïde scapulo-humérale, tandis ~ ■ Il . I j I I ■ . ■ ■ I I ■

(1) Oss. fou., t. V, part. 2% p. 291,

qu'inférieurement il S arthrodie sur le bord latéral du sternum , derrière la clavicule. Cet os, assez généralement élargi en fer de hache, se divise transversalement en deux pièces, dont la supérieure plus étroite est osseuse, que je nomme los Ancoral{\)^se suture à son extrémité scapulaire , ainsi que je viens de le dire , avec Fomoplate , en formant à sa partie postérieure une troncature concave, qui constitue la moitié inférieure de la cavité glénoïde.

La portion inférieure du coracoïdien , qui correspond à la partie élargie arquée du fer de hache , auquel je compare ce dernier , et que je nomme, vu sa forme, la pièce Toxoïde (2), semble n'être qu'une épiphyse de cet os; mais comme elle reste constamment cartilagineuse et distincte , on doit la considérer comme un démembrement du coracoîde (les MoNOTRÈMES, OÙ elle est toutefois ossifiée. C'est dans tous les Saurions une grande pièce mince» dont le bord inférieur arqué s'articule avec le bord antéro-latéral du grand cartilage sternal , et souvent avec son correspondant du côté opposé. Vers sa partie externe, le toxoïde se divise dans certains genres en deux ou trois apophyses qui vont rejoindre d'autres, partant du bord antérieur de l'ancoral , en ménageant entre elles des ouvertures fermées simplement par des parties molles

La Clavicule conserve à peu près la même disposition que dans les Mammifères , formant un petit os diversement conformé, se rendant transversalement de l'extrémité antérieure du premier os du sternum en dehors, vers le bord antérieur de l'omoplate , avec lequel elle s'articule; mais tantôt avec une saillie de l'os gléuien, et tantôt avec une du paleron, qui paraissent ainsi l'une et l'autre représenter l'acromion.

L'ensemble de l'épaule que je viens de décrire se trouve placé bien plus en avant que dans les Mammifères : au côté de la base du cou, contre les dernières costelles; et l'omoplate ne croise plus dans sa partie élargie que les premières côtes seulement. C'est ainsi que nous voyons l'épaule

(1) Nom emprunté à Dulauraht, qui l'applique à Tapophyse coracoîde de THomme. mais qui n'est plus usité aujourd'hui dans cette acception. (8) De viù^Mc , arqué*

SYSTÈME OSSEOX. ^S

savancer graduellement de la position latérale du thorax qu elle affecte chez les Mammifères, vers la partie antérieure de ce dernier, où elle arrive déjà dans les Echidna et les Omithorinchus de cette classe ; et enfin de plus en plus en avant dans les Crocodiliens et les autres Sauriens, jusqu'à se trouver dans les Scincus tout à fait sur les côtés du cou ; d'oii elle n'a plus qu'un léger déplacement à éprouver pour entrer, en avant, dans le thorax , ainsi que cela a lieu chez les Cheloniens , comme nous le verrons à TArticle IV de ce chapitre.

Chez ces mêmes Sauriens, on voit tout le membre dégrader assez rapidement , surtout dans les Scingoïdiens, et perdre enfin toutes ses parties extérieures chez les ^^e5 , qui n'ont plus, ainsi que lesAnguis et genres voisins, de Tordre des Ophidiens, que les os des épaules cachés sous les téguments , parties qui disparaissent à leur tour dans les Serpents.

Pour ce qui est du Bras et de ïjévant-bras^ il n existe pas de différence notable entre tous les Sauriens , qui approchent sous ce rapport beaucoup des Geocodiliens et des Mammifères.

Quant à la Main, on rencontre quelques différences qui doivent être indiquées pour faire ressortir l'analogie des. parties. On distingue dins les Lacertiens les mieux organisés sous ce rapport les mêmes parties que chez les Mammifères à cinq doigts, c est-à-dire une Palmure composée d'un Carpe formé de 9 osselets disposés sur deux rangs; un Métacarpe composé de 5 os longs; et enfin 5 Doigts, qui différent toutefois de ceux des Mammifères , en ce que le nombre des phalanges varie de 2 à 5 , selon le rang que chaque doigt occupe , rappelant tout à fait la composition des orteils des Oiseaux.

Les Lacerta, dont la main est le plus complètement organisée, ont, comme les Mammifères supérieurs , 4 osselets au premier rang du carpe , dont un ou le second correspondant au semi-lunaire est toutefois un peu plus bas que les autres. Ce qui a engagé Cuvier à ie nommer os central (1), le r^ardant comme appartenant au second rang

(1) Ou /h»., t V, 2* paît., p. 298.

Le premier osselet ou le Scaphmde , que Cuvier appelle radial , est moins grand que dans les Mammifères ; la tête du radius, avec laquelle il s'articule seul , étant aussi moins large que celle du cubitus. Il sarthrodie inférieurement en dedans avec le premier osselet du second rang , et plus en dehors'avec le semi-lunaire.

Le Pyramidal ^ que Cuvier nomme os cubital, est un peu plus grand et placé sous la tète du cubitus. Il s'arthrodie , en outre , en dessous avec le pisiforme, et en bas, de dedans en dehors successivement, avec le semi-lunaire , le grandos et Tunciforme , comme chez les Mammifères.

Le Pisiforme , placé de même que chez ces derniers à la partie postéroexterne du carpe , est également un osselet allongé , arthrodié par Tune de ses extrémités avec le pyramidal et la face postéro-externe de la tète du cubitus.

Le Semi-lunaire est un très-petit osselet placé au milieu du carpe, où il ne touche à aucun des deux os de Tavant-bras , mais conserve du reste à peu près les mêmes rapports que chez les Mammifères supérieurs ; s'articulant en haut et en dedans avec le scaphoïde ; en dedans , avec le phacoïde ; en bas , de dedans en dehors , successivement avec le trapèze, le trapézoïde et le grandos; et enfin à sa face externe avec le pyramidal.

Les osselets du second rang, au nombre de cinq, comme dans le Œat^ sont même distribués avec plus de régularité que chez les Mammifères ; chaque doigt ou plutôt chaque métacarpien ayant le sien, et ces Animaux indiquent ainsi , mieux que ces derniers, la dépendance naturelle qui existe entre ces divers os; dépendance qu'on aurait déjà pu soupçonner chez ceux-ci , où les osselets du second rang sont en même nombre que, les métacarpiens.

Le plus interne ou le Phacoïdc, plus grand que chez les Mammifères , s'articule avec le scaphoïde , le semi-lunaire , le trapèze et le premier métacarpien ou stathos; le second ou le Trapèze s'articule avec le premier métacarpien, le phacoïde, le semi -lunaire, le trapézoïde et le second métacarpien ou stethos ; le troisième ou Trapézoïde est placé entre le second métacarpien , le trapèze , le semi-lanaire , le grandos et

SYSTÈMB OSSBUX. 205

le troisième métacarpien ou stithos; le quatrième ou Grcndos entre le trapézoïde, le semi-lunaire , le pyramidal , Tunciforme et le quatrième métacarpien ou stothos; enfin le cinquième ou le plus externe, répondant à Wnciforme^ sarthrodie avec le stothos, le grandos, le pyramidal et le cinquième métacarpien ou le stuthos.

Tous ces osselets rayonnent autour du semi-lunaire et y touchent , à l'exception du pisiforme et de l'unciforme, d'où Guyier a donné au semi-lunaire un nom nouveau , paraissant n avoir pas reconnu son analogie avec celui des Mammifères ; et il en est de même du scaphoïde et du pyramidal , auxquels il assigne aussi , sans utilité , d'autres noms. Enfin , il désigne ceux du second rang par leur nom numérique , ce qui peut faire croire quiln'a également pas reconnu leur analogie respective avec ceux du carpe des Mammifères.

Les os du Métacarpe n'offrent rien de remarquable, ressemblant beaucoup à ceux des Mammifères. Quant aux Doigts et à leurs Phalanges, les quatre internes ont, comme dans les Crocodilus ^ plus les caractères des orteils des Oiseaux : le premier ou le plus interne ayant deux phalanges; le second, trois; la troisième, quatre; la quatrième, cinq, et le plus externe, trois, comme dans les pattes de cette dernière classe d'Animaux , en admettant que le cinquième orteil ait disparu ; et les Lacerta ne diffèrent des Crocodihis qu'en ce que ceux-ci n ont que quatre phalanges au quatrième doigt.

Chez les autres Lagertiens , tels que les Tupinambis et les Varanus , ainsi que chez beaucoup d'IcuANiENS , comme les Lophyrus et l^Lyriocephalus , les SteUio , les Âgama , les Leiolepis, les BasiUsciis , etc., on trouve le même nombre de phalanges aux doigts , ïlguana cœrulea n'a toutefois que quatre phalanges au quatrième doigt.

Comparant maintenant la main des Crocodilus à celle des Lacerla , on est amené à conclure que les deux os longs du premier rang du carpe de ceuxdà sont , ainsi que je l'ai dit , les analogues du scaphoïde et du pyramidal; que le troisième correspond au pisiforme , et l'osselet unique du second rang , s'articulant à la fois avec les trois derniers métacarpiens , occupe la place du trapèze , du grandos et de Tunciforme.

206 PREMlàRE PARTIE.

Les Chamœleo offrent un troisième modèle assez différent des deux premiers , quoiqu'il se laisse facilement ramener au même principe , en le comparant à chacun. On retrouve le Scaphoïde et \e Pyramidal placés à la suite du radius et du cubitus , mais plus petits et autrement conformés, et le Pisiforme plus en dedans. A la seconde rangée , ou plutôt à la partie du carpe qui semble lui correspondre , se trouve un os plus grand que les autres , s articulant en haut avec le scaphoïde et le pyra* midal ; en bas, avec les trois premiers métacarpiens, et en dehors, avec les deux derniers. Cet os, autour duquel les autres rayonnent, paraît bien évidemment être le même que le semi-lunaire que Guviee nomme os oen* tral , ainsi qu'il ladmet en effet, descendu encore un peu plus bas que chez les Lacerta , et tous les osselets de la seconde rangée ont disparu , ainsi que cela est arrivé aux deux premiers dans les Crocodilus. Cuvier (i), au contraire, considère les cinq métacarpiens qui sont, il est vrai, fort courts , quoi qu'ils aient du reste tous les caractères de ces derniers os, comme étant les cinq osselets du second rang , et trouve par là un carpe complet ; et dans ce cas , ajoute-t-il , on devra compter les premiers os longs des doigts comme étant les métacarpiens , d'où il résulte que les doigts auraient une phalange de moins que dans tous les autres Sau^ riens. Or cette anomalie subite et régulière pour tous les cinq doigts n'est guère admissible ; et afin de mieux arranger son hypothèse , il pense définitivement que les osselets du second rang du carpe se sont soudés et confondus chacun avec son métacarpien ; mais cela n'est guère plus probable , vu que ces os sont d'une part trop courts pour être le résultat d'une semblable union, et de l'autre, la forme de la tête supé* rieure ne s'accorde pas non plus avec cette supposition.

En admettant au contraire que tous les osselets du second rang du carpe ont disparu, les os de la base des cinq doigts représentent, comme d'ordinaire, les métacarpiens devenus très-courts, et le nombre des phalanges des doigts est, comme chez les Ovcodilus, de 2, 3,4» 4 et 3.

(1) Om. /bss.,t. V, 5* part., p. 298.

SYSTÈME OSSBUX. 207

Les Chamœleo présentent ensuite une autre particularité , cest d avoir ](s doigts partagés en deux paquets; les trois premiers dirigés en avant, et les deux derniers en arrière et en dehors; disposition qui rappelle celle des orteils des Oiseaux Nyctériens et des Grimpeurs, où les deux orteils extrêmes se dirigent en arrière, et les moyens en avant.

Quant aux Membres postérieurs ^ il ressemblent également beaucoup à ceux des Mammutères, en même temps quils ont déjà une grande analogie avec ceux des Oiseaux , et forment le terme moyen entre ces deux types.

Les os de la cuisse et de la jambe n'offrent même rien de bien remarquable propre aux Sauriens, si ce n'est que la Rotule est cartilagineuse ou nulle , ainsi que cela est aussi chez beaucoup d'OiSEAux.

Pour ce qui est du Pied, il est formé, comme celui des Mammifères, de deux parties principales, le Cou-de-pied et les Orteils, et dont le premier se compose lui-même d'un Tarse, comprenant plusieurs osselets, et d'un Métatarse formé par la réunion de petits os longs ; enfin les orteils ont plusieurs Phalanges successives dont le nombre a également plus d'analogie avec ce qu'on voit dans les Oiseaux , d'où résulte qu'encore ici les Sauriens forment la transition entre les deux premières classes de Vertébrés,

Le Tarse desOoco<£/ii5estforméededeux os au premier rang, dont l'interne et le plus grand , sur lequel appuie le tibia , répond à \ Astragale des Mammifères , et le second ou l'externe; plus petit, placé sous le péroné , est le Calcanéum , qui conserve même quelque ressemblance avec celui des Mammifères , offrant encore une tubérosité postérieure ou talon. Sous ce dernier os se trouve l'analogue du Cuboïde y reçu , comme chez ces derniers Animaux , entre le calcanéum et les têtes des trois métatarsiens externes; enfin , en dedans de cet os se trouve un autre plus petit , situé entre la partie externe de l'astragale et les têtes des second et troisième métatarsiens, et répondant en conséquence au troisième cunéiforme de ï Homme que j'ai nommé Epitrion, et les osselets plus in-* ternes ou les analogues du ruwiculaire , du Cunéiforme (second) et du

Chalcoïde (premier cunéiforme) paraissent avoir disparu , ainsi que cela est arrivé au phacoïde et au trapèze du carpe.

L'astragale sarticule ainsi en haut avec le tibia par une large facette arthrodiale , et plus en dehors par une petite avec le péroné ; à sa face externe avec le calcanéum ; et en bas , avec les têtes des deux métatarsiens et Fépitrion. Le calcanéum sarticule en haut avec le péroné; en dedans avec Tastragale, et en bas avec le cuboïde; Tépitrion avec l'astragale placé au-dessus , et en dessous avec les second et troisième métatarsiens ou le Pédion et le Pidion.

Le Métatarse et formé de cinq pièces , qui ne diffèrent pas notablement de celles des Mammifères, étant de même des os longs renflés aux deux bouts et placés à côté les uns des autres. Le plus externe ou le i^* dion est seul, très-court, rudimentaire et accolé à la face externe du cuboïde et de la tête du métatarsien qui précède; aussi neporte-t-il pas d'orteil. Parmi les autres métatarsiens, le premier ou le Padion est le plus gros et le plus court ; le second ou le Pédion un peu moins gros , mais plus large ; le troisième ou le Pidion est encore un peu plus allongé et plus grêle ; et enfin le quatrième ou le Podion plus faible' encore et aussi un peu plus court que les deux qui précèdent.

On voit, par ce qui précède, que c'est ici l'orteil externe qui disparaît le premier , tandis que chez les Mammifères c'est d'abord le plus interne , et cela s'accorde avec ce que j'ai fait remarquer pour les Oiseaux qui n'ont jamais plus de quatre orteils , le cinquième ayant disparu.

Les Orteils ^\ovX en ressemblant beaucoup pour la forme à ceux des Mammifères , approchent cependant encore plus de ceux des Oiseaux , comme offrant un nombre différent de phalanges, suivant le rang que chaque orteil occupe : le premier ou le Hallux en a deux ; le second ou leHellux , trois; et les deux suivants, le Hillux et le HoUux^ chacun quatre.

Chez les Lacerta , que je prends ici pour type de leur famille , le membre postérieur ne s éloigne pas sensiblement de celui du Crocodilus pour le Fémur^ le Tibia et le Péroné , et par conséquent, peu de ces parties dans la classe des Mammifères ; on v trouve seulement un rudiment de

SYSTÈME O-SSEUX. 209

jRo/ii/e placé, comme chez ces derniers Animaux , au bout d'un ligament rotulien.

Le Tarse est composé , de même que dans les Crocodilus , de deux os au premier rang répondant à \ Astragale et au Calcanéum , et de deux au second rang, représentant aussi l'un le Cuboïde^ et l'autre Fi?pitrion.

Quant au Métatarse^ il est complet ainsi que les cinq orteils qu'il porte. Le Pa/ào/i s'articule toujours, comme chez les Crocodilus^ avec l'astragale , le Pcdion et le Pidion avec l'épitrion , et le Podion et le Pudion avec le cuboïde ; le dernier par sa face externe. La longueur de ces métatarsiens va en augmentant du premier au quatrième, qui est le plus long de tous, et le cinquième est trèsKX)urt, pour se préparer à disparaître.

Les Orteils, tout à fait semblables aux doigts pour la forme , n'en diffèrent que par le nombre des phalanges du Hullux , qui en a quatre au lieu de trois; c'est-à-dire que les quatre internes ont, comme chez les Oiseaux, deux, trois, quatre et cinq phalanges; l'orteil le plus externe manquant chez ces derniers, ainsi que je lai fait remarquer déjà plusieurs fois.

De même que pour les mains, les Chamœleo s'éloignent beaucoup ^ des Lâcertiens à l'égard des pieds. Les deux métatarsiens internes se portant en arrière pour mettre leurs orteils en opposition avec ceux des trois externes , et tous les cinq rayonnent autour d'un centre occupé par un petit os du Tarse , à peu près comme à la main ; os qui correspond à YÉpitrion des Lâcertiens ; et en dehors de celui-ci , et un peu plus en arrière, se trouve un second , également fort court , s'articulant en dedans avec le premier métatarsien porté en arrière ; et plus avant avec ce même os central ; enfin en avant avec le cinquième métatarsien , ce qui indique qu'il correspond au Cuboïde. Au-dessus de ces deux osselets du tarse se trouvent deux autres, aussi fort petits, dont l'interne, placé entre Fépitrion et le tibia, répond naturellement à \ Astragale; et l'externe , situé entre le cuboïde et le péroné, est l'analogue du Calcanéum,

Les Métatarsiens^ que Guviee nomme de ce nom, ont la plus grande ressemblance avec les métacarpiens , qu'il dit a^^oir crus formés de Tunion des os du dernier rang du carpe avec ceux du métacarpe. Ce sont également des os fort courts , réunis en deux paquets, mais autrement (ju à la main , les deux internes , avec les deux orteils qu ils portent , étant dirigés en arrière, et les trois externes, avec leurs orteils, sont tournés en avant. Tous s'articulent , ainsi que je l'ai dit , avec l'épitrion, (ju'ils entourent en arrière , en dedans et en avant , laissant simplement en dehors un petit espace oii cet osselet central touche au cuboïde. Le PocUon s'articule en outre en dehors avec ce dernier, et le Pudion en avant.

Les Orteils^ semblables aux doigts, pour la forme des Phalanges ^ leur ressemblent aussi pour le nombre de ces osselet^, c'est-à-dire qu'il y en a du premier au dernier orteil 2 y 5 ^ ^ et 5.

Les Crocodilus n'ont que quatre Orteils , dont le nombre des Phalanges est de dedans en dehors de 2 , 3, 4 ^t 4 > comme aux quatre doigts internes , ce qui indique que c'est le cinquième orteil ou le huUux qui a disparu. Dans les Varaiiits^ les Tupinambis^ les Lacerta , etc., il y a cinq orteils de 2, 3 , 4^ ^ ^^ 4 phalanges; chez les Lophyrns 2 , 3, 4^ 5 et 3 : enfin , les Lyriocephalus 2 , 3 , 4 > 5 et 2.

Dans ce même ordre des Sauriens , les membres postérieurs diminuent ensuite également pour n'offrir plus, chez certains 5e/^5 et Chalcides^ que des rudiments à trois doigts inutiles à la locomotion , et qui disparaissent enfin complètement dans les Chirotes.

Le squelette des Ophidiens présente presque partout une plus grande dégénération que chez les Sauriens, par des modifications qu'il a éprouvées en conséquence des conditions spéciales dans lesquelles ces Animaux se trouvent par la disparition des membres locomoteurs.

Déjà , dans les derniers genres des Sauriens , le corps s'allonge considérablement en prenant la forme de ceux des Serpents ; et les membres devenant de plus en plus petits, finissant par ne plus pouvoir soutenir le corps, disparaissent entièrement à l'extérieur dans les derniers genres; c'est-à-dire la paire antérieure chez les Bipes^ et la postérieure

dans les Cfùrotes; enfin, dans les Ànguis et genres voisins appartenant déjà à Tordre des Ophidiens , il n existe pins da tout de membres exté* rieurs, mais encore intérieurement un petit 5temM/nrudimentaire, et de plus des rudiments ^Epaule et de Bassin,

Les Boa , les Python , ainsi que quelques autres genres , ont cependant encore des rudiments très-imparfaits de membres postérieurs placés à côté de lanus, et qui manquent ensuite complètement cbez tous les Ophidiens; et cette absence de membres oblige ces Animaux de ramper sur le ventre dans la progression lente , par des procédés à peu près semblables à ceux qu'emploient les Gastéropodes ; et dans les mouvements rapides, ils s aident en faisant faire de fortes inflexions en zig-zag à leur corps réduit au Torse seulement; genre de reptation qui existe déjà plus ou moins chez tous les Sauriens inférieurs, dont le corps fort allongé ne saurait être librement élevé par les membres, trop faibles pour le soutenir; et c'est, ainsi que je Tai dit plus haut, cette absence de membres spéciaux de la locomotion qui a nécessité des modifications assez grandes dans le corps des Ophidiens , dispositions amenées graduellement chez les Sauriens serpentiformes.

Quoique les Ophidiens et surtout les Serpents proprement dits diffèrent au premier abord considérablement des Sauriens supérieurs par labsence totale de pattes, il existe cependant dans ces deux ordres une gradation si insensible entre ces deux formes extrêmes , qu'il est fort difficile d'indiquer exactement la limite qui sépare ces deux grandes divisions de la classe des Reptiles , limite qu'on doit toutefois placer au point où les membres disparaissent comme organes de locomotion , ainsi que CuviER et autres Font établi. Mais cette limite n'est point celle de ces deux ordres relativement à tous les organes, et surtout pas pour ce qui a rapport au reste du squelette, et notamment pour la tête osseuse, vu qu'on rencontre encore chez les Ophisaurus, de l'ordre des Ophidiens, une tète entièrement formée sur le modèle de celles des Sauriens Lacertiens, et cette ressemblance de la partie osseuse de la tête de ce second ordre des Reptiles , avec celle du premier, se fait encore remarqper bien plus loin chez tous les Serpents non venimeux , tels que les Boa et les

Python y dont la tête a beaucoup d analogie avec celle de ces mêmes Lacertiens, en même temps que Ion trouve aussi encore un rudiment de pattes postérieures sous forme de petits moignons placés à côté de lanus dont j'ai parlé tout à l'heure.

La vertèbre rlUnale , réduite à la cloison Mésorrhinale , forme chez ces mêmes Python une lame osseuse descendant des deux os nasaux , ainsi que de l'apophyse internasale des labraux sur les Cornets^ les deux vomers et le corps des os labraux , tandis que la lame médiane de \Etfimoïdt qui lui fait suite paraît entièrement membraneuse chez les jeunes sujets.

Les os Nasaux ^ larges et assez grands, occupent la même place que dans les Sauriens , s'articulant en arrière avec les coronaux , latéralement avec les métopinaux , et par leur extrémité antérieure avec les apophyses internasales des labraux , auxquelles ils font suite.

L'os Métopinaly plus grand que le coronal , forme de chaque côté une large pièce à la face suprà-antérieure de la tête , entre le nasal , le coronal et l'orbite, dont il forme la partie antérieure. Cet os présente en dessous i entre ses lames frontale et orbi taire, une large excavation faisant la partie suprà-postérieure de la face nasale , cavité qui se prolonge en avant entre le nasal , le vomer et le cornet placés en dessous. La lame orbitaire du métopinal se suture comme d'ordinaire avec la lame également orbitaire du coronal, et en bas, avec le palatin et le siagonal.

La vertèbre spliénoidale est à peu près dans les mêmes conditions que chez les Sauriens , se trouvant confondue dans son corps avec le sphécoïde ; et le sphénoïde ne forme de même chez les Python qu'une longue apophyse rostrale grêle , dirigée en avant , en formant la crête inférieure du crâne , et se prolonge jusqu'à l'extrémité antérieure des coronaux , auprès de la lame verticale de l'ethmoïde. A sa partie postérieure , qui correspond à l'antérieure du sphécoïde , cet os forme latéralement une large saillie représentant les apophyses an téro-latérales du sphécoïde des Lacertiens et des Iguanibns , mais à laquelle l'omoïde ne fait que toucher par son bord, sans se suturer avec lui comme chez ces derniers. Sur les

STSTÈUE OSSEUX. ^13

bords latéraux de Tapophyse rostrale sarticulent immédiatement en avant les deux lames orbitaires des coronaux , et plus en arrière , les lames latérales des pariétaux , sans laisser sur les côtés du crâne aucun espace membraneux comme dans les Làcertiens, remplissant la place que doivent occuper les os Ingrassial et Ptéral qui manquent chez les Serpents; plus en arrière encore, sur les bords latéraux du sphécoïde, se suture le rocher; enfin, le bord postérieur du sphécoïde s'articule avec le basilaire.

Les Coronaux ou lames de la vertèbre , distincts l'un de l'autre, forment au front deux larges plaques occupant l'intervalle des orbites, dans lesquelles ils se replient en formant une grande lame orbitaire qui se porte en dessous et en dedans , pour se terminer à la moitié antérieure du rostre du sphénoïde , en contournant ainsi la partie antérieure assez étroite de la cavité crânienne. Ces os se suturent en avant , par leur angle interne , avec les nasaux ; par le bord antérieur de leurs deux lames , avec les métopions ; en arrière paiement par ces deux lames , avec les pariétaux ; par l'angle latéral postérieur, avec le gonien ; et enfin au milieu du bord latéral , avec 1 epicyle.

Les os Goniens sont , dans certaines espèces , deux petites plaques allongées transversalement placées , comme d'ordinaire , aux angles latéraux postérieurs des coronaux , et contournant en partie la région supràpostérieure des orbites , mais sans rencontrer ni le malaire, ni le corsai , (|ui paraissent avoir disparu , et les fosses orbitaires se trouvent de là entièrement confondues avec les temporales.

Dans d'autres espèces (un Python de Bengale) , on trouve au contraire deux os, dont l'un, assez petit, représentant l'épicyle, et placé en dehors du coronal , en formant le bord supérieur de l'orbite , se suture en avant avec l'os métopinal ; en dedans, avec le corsai , et en arrière , avec le gonien. Dans d'autres espèces telles que le Boa scytale , l'épicyle parait au contraire manquer.

Le Gonien forme, dans le Python du Bengale, la partie suprà-postérieure et postérieure du cadre de l'orbite. Il se suture en avant avec l'épicyle ; en dedans , avec le coronal et le pariétal ; et son angle externe

21/i PREMIÈRE PARTIE.

recourbé en dessous en une longue apophyse , se termine à lextrémité antérieure du ptérygoidien , avec laquelle il se suture , en fermant ainsi entièrement le cadre de l'orbite.

La partie correspondant au Sphécoïde ou corps de la quatrième vertèbre céphalique , et dont j ai déjà parlé , est large comme dans les Sauriens, et disposée à peu près de même, se continuant en avant avec le sphénoïde. Elle forme à droite et à gauche une forte saillie oblique, sur laquelle appuie le bord interne de lomoïde , qui passe du reste latéralement à côté. Les bords latéraux s'unissent avec les pariétaux et les rochers, à peu près comme chez les Sai^riens. Enfin postérieurement, le sphécoïde se suture , comme d'ordinaire , avec le basilaire.

Les os Stélidiens, propres seulement à quelques familles de Sauriens , man(^ent aux Ophidiens.

Les os Omoïdes et Ptérygoïdiens , à peu près disposés comme dans les Lacertiens et les SciNcoïoiENS , sont de même entièrement séparés du crâne, et forment avec les siagonaux et les palatins un système à part , que je d^rirai un peu plus bas à la suite de ces derniers.

Les Pariétaux sont confondus en une seule grande pièce occupant la majeure partie de la région supérieure du crâne, qui s'allonge sensiblement plus que dans les Sauriens. Cet os se replie en dessous par les côtés, pour contourner, comme les coronaux, la cavité crânienne et joindre les bords latéraux du sphénoïde , du sphécoïde et du rocher. En avant, il s'unit par suture avec les coronaux qui lui font suite, et plus en dehors avec les goniens. Postérieurement , le pariétal se suture en dessus avec loccipital , en formant une saillie simulant , dans certaines espèces, une apophyse épineuse de vertèbres, sans interposition d'un wormien , qui paraît manquer chez tous les Ophidiens , et le pariétal ne forme point , comme dans les Sauriens , de longues apophyses latérales dirigées en arrière pour s'articuler avec les squammeux , les condyhens et les tympaniques , les premiers de ces os s appliquant à plat par leur extrémité antérieure sur la lame du pariétal.

Les parties de la vertèbre basilaire sont aussi à peu près disposées comme dans les Sauriens. Le Basilaire ou le corps forme de même une large

STnÈIIB OSSEUX. 215

plaque smurëe en avant avec le sphécoïde, par les côtés avec les rochers et les condy liens ; et se termine en arrière , également comme chez eux, en une grosse apophyse impaire terminée par le condyle occipital , dont elle constitue la portion moyenne ou base postérieure de la vertèbre.

Les os CondylienSj disposés également comme dans les Savrîens, occupent les parties latérales postérieures du crâne, et concourent à former le condyle occipital, ainsi que les parties correspondantes du trou de ce nom , qu'ils contournent en dessus pour se joindre entre eux à la ligne médiane , sous FoccipitaL Ils se suturent en bas avec le basilaire , et en avant avec les rochers.

UOccipital n'entre point dans la composition du trou de ce même nom , se trouvant appliqué en dessus sur la suture des deux condyliens avec lesquels il est soudé. H forme souvent en dessus une grande apophyse épineuse, unie à celle du pariétal commun, pour donner attache aux muscles extenseurs de la tête; et par les côtés , il se suture avec les condyliens.

Les ^ocAm forment de chaque côté une pièce assez grande , entièrement extérieure par sa face externe, et enchâssée entre le pariétal placé au dessus et au devant; le sphécoide et le basilaire en bas, et le condylien en arrière. \h renferment une assez grande cavité, constituant le Labyrinthe, mais la Ca/^^e osseuse a disparu par Téloignement du tympanique et du squammeux qui deviennent tous les deux mobiles , et par la disparition complète des Mastoïdiens^ déjà rudimentaires dans les Lacertiens et les IcuAmBNS ; d où résulte que la Fenêtro-vestibuhzre se trouve à la surface du crâne entre les bords latéraux du rocher et du condylien, et lÉtrier, le seul osselet de l'ouïe qui existe encore comme chez les Sauriens , prend également la forme d'une longue tige grêle dirigée en arrière et en dehors vers les téguments qui recouvrent immédiatement le tympan placé en arrière de la tête , en dedans de l'os tympanique; et cet osselet traverse là une cavité ménagée dans les chairs et qui remplace la caisse.

Les appendices des vertèbres céphaliques diffèrent assez notablement de ceux des Sauriens, quoique formés et disposés à peu près de même.

Les cartilages Alaires^ formant le bord des narines , sont peu apparents , et confondus avec les téguments qui les recouvrent.

Les Labraux^ semblables à ceux des Lacertisns, sont de même confondus en une seule pièce formant par son corps le bord antérieur du museau, et portent quelques petites dents coniques arquées en arrière. Sa lame palatine est kbre au palais , sans s'articuler avec les siagonaux (}ui en sont séparés par une petite distance , mais se suture en dessus avec la lame verticale des nasaux. Enfin , lapophyse internasale formant la séparation des narines se prolonge jusqu'aux nasaux.

Les Cornets du nez , qui paraissent membraneux chez certaines espèces, forment dans d'autres deux petites pièces osseuses repliées sur elles-mêmes et placées aur-dessus du vomer , s articulant en dedans avec la cloison du nez, et en arriéra avec le métopion.

Le Vojner^ composé de deux pièces placées à côté Tune de l'autre et à découvert au palais , à peu près comme chez les Lacertiens^ est articulé en avant et en dedans avec la lame verticale de l'ethmoïde et des nasaux , ainsi qu'avec les cornets , et adhère sur les côtés à l'extrémité antérieure du palatin placé en dehors.

Le Siagon , le Palatin , ïOpioîde et le Ptérygoïdien , unis entre eux et disposés à peu près comme dans les La€ertiens et les Sgincoïdiems , forment toutefois ensemble une partie plus distincte, comme suspendue sous le crâne , et chacun des trois premiers porte en dessous un certain nombre de dents simples, coniques , très-pointues et arquées en arrière.

Le siagon , réduit à son bord dentaire et à une très-court€ apophyse interne, représentant la lame palatine, n'a plus de branche nasale; son extrémité antérieure ne s articule plus avec le labral, auquel elle est simplement liée par des parties molles. Au niveau de l'apophyse palatine, Tos s articule en dessus avec le métopinal, et par l'extrémité de cette apophyse, avec l'os palatin , enfin à son extrémité postérieure, le siagon se suture au bord interne avec le ptérygoïdien , qui est conformé et disposé comme dans les derniers Sauriens, se rendant obliquement de l'extrémité du siagonal sur le milieu du bord externe de l'omoïde , auquel il s'unit.

Xe Palatin^ tout en occupant à peu près la même place dans le

palais que chez les Lacertiens et les Iguanibns , mais toutefois porté plus en avant, ne s'articule plus avec le bout du vomer, mais au milieu de son côté externe par son extrémité. C'est un os en forme de tige allongée d'avant en arrière , articulée par suture à son extrémité postérieure avec l'omoïde, qui lui fait directement suite; par le côté externe, avec l'apophyse palatine du siagonal; à sa face supérieure, avec le métopion; et vers son extrémité postérieure , il envoie une courte apophyse en dedans et en dessus , par laquelle il se fixe à l'extrémité antérieure du sphénoïde. Cet os porte à son bord inférieur une rangée de dents semblables à celles du siagon , mais plus petites.

VOmoïde fait, comme dans les Lacertiens et les Iguaniens, la continuation du palatin par sa branche antérieure, garnie en dessous d'une série de dents crochues , également semblables à celles du siagon , et formant la continuation de celles du palatin. La branche postérieure de lomoïde, dirigée en arrière, et légèrement recourbée en dehors, passe aussi, comme chez les Lacertiens et les Iguaniens , en dedans de la partie inférieure du tympanique, auquel elle est unie par des ligaments serrés. Au milieu de sa longueur, cet os s'élargit sensiblement et s'y suture par son bord externe avec l'extrémité du ptérygoïdien , et forme au bord opposé une crête saillante correspondant à là tubérosité oblique du sphénoïde , aussi à peu près comme chez les Sauriens.

Il n'y a point de Malaire osseux chez les Serpents , mais à sa place un long ligament horizontal s'étendant de l'extrémité postérieure du siagon à l'angle extra-interne du tympanique, absolument comme l'arcade zygomaiique des Oiseaux et de plusieurs Sauriens, et renfermant probablement chez les Ophidiens ce qui se rapporte au molaire et au corsai.

Le Squammeux que Cuvier ( i ) considère comme étant le représentant du mastoïdien , avec lequel il a en effet beaucoup de ressemblance, devient mobile chez les Ophidiens , tout en conservant la forme et la disposition qu'il a dans les Lacertiens et les Iguaniens , et plus particulièrement chez les Scincus. Cet os , en forme de lame allongée et étroite , s'arti-

(1) Rig, ann,, t. III , p. Ml ; 2* éd. 1830.

218 PRBMlèR£ PARTIE.

cule par adhérence dans la portion antérieure de sa face interne sur la face latérale du crâne , d'une part avec le pariétal , et d'autre part avec le rocher : de là il se dirige librement en arrière et en dehors pour aller s'articuler, par son autre extrémité , avec la partie supérieure du tympanique , conservant ainsi absolument les mêmes rapports et la même disposition que chez les Lacertiens, devenant seulement mobile sur le crâne , d'où résulte que la mâchoire, d'abord directement arthrodiée avec les os fixes de la tête des Mammifères et même encore chez les Crocodi- LiENS , s'articule chez les autres Sauriens et les Oiseaux , médiatement sur la partie immobile de la tête au moyen du tympanique , devenu de plus en plus mobile ; et enfin chez les Ophidiens , au moyen de deux os mobiles successifs , le tympanique et le squammeux.

Quant à la Mâchoire , elle ne diffère pas non plus notablement de celle des Sauriens, ayant à peu près la même forme , la même composition , et des dents généralement coniques, très-pointues, arquées en arrière; mais les deux branches, au lieu de s'unir dans la symphyse, y sont plusou moins écartées et jointes seulement au moyen d'un long ligament.

La tête des Serpents venimeux , telle que celle des fripera et des Trigonocephalus , ne diffère pas notablement , pour le crâne , de la tête des espèces non venimeuses ; on y trouve les mêmes os placés dans les mêmes rapports , et variant seulement plus ou moins pour la forme et la grandeur.

Quant aux os Siagonaux, Palatins^ Ptérygoïdiens et Omoïdes^ quoique disposés comme dans les Opridiens non venimeux , ils offrent toutefois des diffiérences très-remarquables dépendant de la faculté qu'ont ces Animaux d'empoisonner par leur morsure.

Les os Métopinaux s'éloignent considérablement des nasaux , en se portant fortement en dehors , et laissent un assez grand espace entre eux et ces derniers , pour ne s'articuler plus que sur les angles antéro-externes des deux coronaux , ainsi que le long du bord antérieur de leur lame palatine. Ce sont deux os fort courts , s'arthrodiant à leur extrémité antérieure avec les siagonaux qui, eux-mêmes très-courts, pendent au devant d'eux.

Le Squammeux, le Tympamqut et la Mâchoire sont à peu près disposés comme dans les Ophidiens non venimeux. Le premier est toute* fois d ordinaire pins court , et le second très-long, surtout chez les Tri* gonocephalus ; chez ces derniers Animaux , c est une tige grêle dirigée obliquement ^1 dehors , en arrière et en dessous, pour aller joindre lextrémité de lomoïde, et former au bout l'articula tion de la mâchoire, tandis que dans les Bongarus , le tympanique est fort court et bien plus large.

Les os Palatins et Omoïdes forment ensemble , de chaque côté , une longue tige grêle , horizontale , dirigée d'avant en arrière, comme dans les Boa et les Python , mais placés à une plus grande distance du crâne , d'où ils se trouvent aussi fort écartés de celle du côté opposé , ne touchant plus du tout au sphénoïde. Cette tige , légèrement courbée en (^, s arthrodie par Textrémité antérieure du palatin avec la partie inférieure du siagon , ici très-court et vertical ; et par lextrémité postérieure de lomoïde, elle croise, comme dans les Lagertibns, les Scincoïdiens et les autres Serpents , la face interne de los tympanique du même côté , à lextrémité inférieure duquel lomoïde est lié par des ligaments , comme dans les Python. Cette tige est aussi garnie à sa face palatine , de même que chez ces derniers , de dents crochues et pointues , mais généralement plus petites ; et leur série ne s étend de même guère au delà de l'articulation du ptérygoïdien.

Le Ptérygoïdien forme une tige plus longue et plus grêle que dans les Ophidiens non venimeux, devant se prolonger bien plus avant pour atteindre le siagon, qui est considérablement raccourci^; aussi se dirige-t-il presque directement en avant pour s'articuler avec le milieu de la face postérieure de cet os , à une petite distance de l'extrémité antérieure du palatin.

Les os «Siagonaiio; subissent la transformation la plus forte, se raccourcissant tellement dans certaines espèces , que sans augmenter beaucoup de diamètre vertical , ils sont cependant plus courts d'avant en arrière que haut; en même temps qu'ils se creusent en dessous et en dedans d'une fosse assez grande fermée par un repU membraneux de la gencive ,

220 PRKMlèRB PARTIE.

de manière à renfermer une cavité où se rend le venin contenu dans un gros follicule placé comme un kiste dansles muscles crotaphites et masseter , et c est sur cette partie membraneuse du siagon que s 'insèrent les dents siagonales i qui ^ beaucoup plus grandes que les autres , prennent la forme de longs crochets pointus, tubuleux , dirigés en arrière et percés au bout pour laisser échapper le venin. Les siagonaux sont arthrodiés sur l'angle antéro-externe des métopinaux, etsusceptiblesde se mouvoir d'avant en arrière dans un plan vertical , en suivant les impulsions qui leur sont communiquées par les palatins, les ptérygoïdiens et les omoïdes, qui les tirent en arrière , ourles poussent en avant , pour faciliter , comme nous le verrons, l'introduction des crochets venimeux dans le corps que l'Animal mord.

Ces dents, les seules que portent les os siagonaux , sont au nombre de plusieurs paires; mais la première sort seule de la gencive pour agir dans la morsure ; les autres restent repliées en dedans en magasin , pour ne servir chacune que lorsque, par un accident quelconque, celle du premier rang a disparu ; et lé mécanisme des os qui font mouvoir les siagonaux est tel , que lorsque l'Animal ouvre la bouche , les siagonaux sont poussés en avant en faisant la bascule, mouvement par lequel les crochets venimeux se retirent en avant, en rentrant dans unegaîne que leur forme la gencive; tandis qu'ils en sortent , en se portant en arrière et en dessous, pour s'enfoncer dans le corps que le Serpent mord , lorsque ce dernier ferme la bouche. On conçoit , en effet , par la disposition des os siagonal , palatin , ptérygoïdien , omoïde, tympanique et squammenx, indiquée plus haut , que si ces os se portent en avant , le siagonal tournant dans son articulation avec le métopinal, qui se trouve à peu près au centre de l'arc que forme le crochet dressé , celui-ci se retire dans la direction de cette courbe ; et cela a lieu chaque fois que l'Animal ouvre la bouche, principalement par l'action de certains muscles qui font fléchir les os tympaniques en dessous , tandis que dans le mouvement contraire, c'est-à-dire pendant l'élévation de la mâchoire, les crochets sont portés en arrière et en dessous , en s'enfonçant dans l'objet que l'Animal tient dans sa bouche , et cela par l'effet de la contraction des di*

•SYSTÈME OSSBUX. !22i

vers chefs des muscles dont se composent les analogues descrotaphites et des masseter, lesquels, en tirant la mâchoire postérieurement en haut, forcent le tympanique à se fléchir en arrière, et à retirer ainsi médialement Tos siagonal; et ce mouvement de retraite des os formant la chaîne derrière ce dernier, est encore produit directement par un muscle spécial qui naît sur les sommets des premières vertèbres du corps , et se porte en dessons et en avant pour s insérer à Fextrémité postérieure du tympanique et de la mâchoire , et les tire en arrière et en haut ; enfin par cela même que le réservoir du venin se trouve contenu dans Tintérieur des muscles fléchisseurs de la mâchoire , ces muscles produisent par leur contraction 1 ejaculation du venin , à Tinstant même où les crochets venimeux s enfoncent dans lobjet mordu»

Les Mâchoires^ quoique formées à peu près comme dans les autres Opuidibns, sont toutefois très-grêles, surtout dans leur partie postérieure , formées presqu'en entier par l'os ArUiriqut , le plus long de tous ; tandis que le Mentonnal est au contraire fort court, et porte des dents trèspetites. Les deux mâchoires sont du reste également réunies en avant par un ligament fort long et extensible.

Par cela même qu'il n'y a plus ni sternum , ni épaule , ni bassin chez les vrais Sebpents, il n'existe pas non plus de distinction entre les diverses parties du tronc , si ce n'est pour la queue; encore la cavité viscérale se prolongeant au delà de l'anus, dans certaines espèces, sa limite n'est point aussi nettement marquée que chez les Vertèbres supérieurs.

Quant aux F'ertèbres cervicales , il en existe d'ordinaire d'une à trois derrière la tête, qui nont aucun appendice costal; tandis que les suivantes jusqu'à la queue, partent toutes de ces os, et ne forment ensemble qu'une seule région, que Cgvier (i) nomme le thorax, mais qui n'est, d'après ce que j'ai fait voir plus haut au sujet du rachis des Sauriens , qu'une r^on lombaire ou ventrale très-allongée; le vrai thorax ayant disparu , ainsi que la partie pelvienne ; le tout présentant une série trèsnombreuse de vertèbres portant chacune une paire de CosUnes qui ne

(1) Ltçwis d'anai. comp, , 1. 1 , p. 210.

222 PaElIIÈRE PARTIE*

se rendent point sur un sternum , lequel n'existe plus , et chez les Ophidiens supérieurs formant la famille des Angcinipes « où Ion trouve encore un rudiment de sternum suspendu dans les chairs, cet os ne donne toutefois insertion à aucun des appendices coslaux qui lui correspondent.

Ces costines des Ophidiens varient considérablement en nombre d une espèce à l'autre , depuis ÏAnguis fra^Us ^ qui n'en a que 32 paires, jusqu'à i52 qu'on trouve dans le Boa constrictor et le Coluber natrix qui paraissent en avoir le plus; et ces os contribuent beaucoup par leurs mouvements à la reptation de ces Animaux , en portant successivement la partie du corps qui leur correspond en avant , pour l'appuyer ensuite sur le sol et l'y fixer.

Les Vertèbres présentent partout un caractère tout à fait propre à ces Animaux , dû à des modifications relatives au mode de locomotion de ces Reptiles par excellence. Les corps de ces os s'articulent entre eux par énarthrose , formant à leur base postérieure un condyle arrondi , et à leur base antérieure une cavité cotyloïde(i); de manière que pour cette articulation le mouvement est parfaitement libre dans tous les sens.

Mais , outre cette articulation , les masses apophysaires s'arthrodient encore entre elles par leurs apophyses obliques fort saillantes, qui se joignent dans un plan presque horizontal ; enfin une troisième articulation entièrement spéciale à ces Animaux a lieu entre les lames des vertèbres , dont le bord antérieur de l'une forme une petite tète en sèment de lentille, également horizontale, reçue dans une cavité de même forme, creusée dans la partie postérieure de la lame de la vertèbre qui précède. Par la disposition de ces deux dernières espèces d'articulations, qui sont l'une et l'autre dans un plan horizontal, les mouvements latéraux du rachis sont extrêmement faciles, et le corps peut se plier dans ce sens, en courbes très -précipitées; tandis que dans la direction verticale, les mouvements du corps sont très- bornés dans chaque espace vertébral , et

(1) C'est par erreur que Cuvibr (Leçom d^anat. camp.y 1. 1 , p. 176) dit que le tubercule se trouve en avant et la cavité en arrière.

STSTÈMB OSSBUX. 223

ne produit une flexion un peu sensible « quen se répétant dans plusieurs articulations successives*

Les apophyses épineuses , courtes et droites , mais fort larges , se touchant presqua leur sommet, s opposent en outre aux grandes extensions du rachis. Les apophyses transverses , réduites de chaque côté à deux tubercules arrondis , encroûtées de cartilage articulaire, portent ensemble une côte très-mobile sur l'un et Tautre pour servir au rampement ; et sous toutes les vertèbres de la cavité viscérale , se trouve une apophyse acanthoïde très-longue , dirigée obliquement en arrière.

Quoiqu'il n'y ait pas de sternum , les appendices costaux ou Costines descendent si bas, que lors de l'inspiration , la compression que la cavité viscérale éprouve par l'air extérieur est très-faible, et ne diminue pas de beaucoup l'entrée dans les poumons de ce dernier par les narines. La rigidité des arceaux ventraux des téguments s'opposent d'ailleurs également à la dépression de la face ventrale; et la respiration s'opère par des mouvements alternatifs en avant et en arrière des costines, par lesquels la cavité viscérale du corps se trouve élargie et rétrécie de manière que l'inspiration et l'expiration sont également actives.

Cette longue cavité viscérale comprend non-seulement la région abdominale prolongée jusques auprès de la tète, mais encore la cavité pelvienne qui s'est confondue avec elle. On trouve bien encore dans certaines espèces de la famille des Anguinides qui font le passage aux Sau- BiENS SciNcoïDiENS, uu rudimeut de Bassin suspendu dans les chairs; mais il n'apporte aucune modification sensible dans la forme de la cavité , «ni dans les vertèbres qui lui répondent.

A la Queue ^ au contraire, les vertèbres éprouvent un changement assez notable. Elles diminuent non-seulement gradueUement de grandeur, en devenant à la fois très-petites et rudimentaires, mais les premières portent encore de très-petits appendices costaux ou Costettes chez les Vipera^ dont les antérieures dirigées en dehors plongent dans les chairs pour donner attache aux muscles; et plus loin, ces costettes disparaissent et sont remplacées dans leur fonctioNi par des apophyses transverses fort longues.

22/t PRBMiàRB PARTIE.

Les vertèbres caudales présentent dordinaire des apophyses acan* thoïdes plus ou moins allongées. Chez les Vipera^ elles se divisent même en deux branches , disposées comme les apophyses mamillaires , qui sont proprement paires.

Le nombre des vertèbres caudaleà varie considérablement ; les CtcUia en sont dépourvues; la fripera Benis en a environ 45 ^ 1® Cohiber natrix i\2\ et le Langaha de Madagascar^ qui en a le plus, i53.

En partant des Sauriens , qui se rattachent aux Mammifères , le sque* lette se modifie graduellement à mesure qu'on descend dans l'échelle , et prend surtout des caractères particuliers dans la branche que forment les Batraciens, en offrant dans la première famille ou celle des Urodbles des formes et des dispositions appartenant tout à fait au même mode que celles des Sauriens , auxquels ces Animaux font suite dans le système de classification; et leur ressemblent de là encore beaucoup, si ce n'est par la tète, qui présente une conformation un peu différente, plus semblable à celle de la famille des Anoures , placés un degré plus loin , offrant dans Tune et l'autre de ces familles des caractères propres à ce troisième ordre de Reptiles, et dus a la dégénérescence générale que le squelette suit.

Les Salamandra {Sol. macidata)^ souche des Batraciens Urodèles, ont la tète plus déprimée que les Sauriens , et surtout plus large, par l'effet d'un grand écartement dans les siagonaux , les arcades zygomatiques et les mâchoires , ainsi que par la forme élargie de la région postérieure du crâne. Comparant leur tète à celle des autres Reptiles , on reconnaît facilement les deux Coronaux et les Pariétaux^ occupant la partie moyenne supérieure de la tète. Les premiers forment deux longues plaques placées l'une à côté de l'autre entre les fosses orbitaires et temporales confondues de ces Animaux , et dans lesquelles ils se replient latéralem^it pour aller à la rencontre du sphénoïde , qu'ils n'atteignent pas , laissant entre eux et lui, sur les côtés de la partie antéiieure du crâne , un petit espace membraneux , et en arrière de celui-ci se trouve interposé l'os Ingrassial^ qui complète le tour de la cavité cérébrale, îîn avant , les coronaux pénètrent entre les métopinaux et les os du nez ,

pour s'articuler avec les siagonaux; postérieurement ils s'articulent par une suture transversale avec les pariétaux ; et cette partie antérieure du crâne que lescoronaux recouvrent esta peu près cylindrique.

Les Pariétaux^ qui font suite aux coronaux, sont beaucoup plus courts d'avant en arrière, et contournent comme eux dans leurs parties antérieures , la portion cylindrique du crâne, en se repliant latéralement dans la fosse temporale , pour aller à la rencontre du sphénoïde et du sphécoide réunis, qu'ils n'atteignent également pas, rencontrant les in grassiaux, avec lesquels ils s'articulent ; et dans leur partie postérieure, ils s'élargissent en contournant un peu la fosse temporale, pour s'articuler sur les côtés avec les rochers, et en arrière, avec les condy liens.

11 n'y a point d^ Occipital proprement dit , ni de fVormien chez les Batraciens; et les Condyliens^ qui prennent un grand développement, contournent entièrement le trou occipital en dessus pour s'articuler entre eux à la ligne médiane, derrière les pariétaux. En dessous, ils se rapprochent beaucoup , et ne sont séparés que par l'extrémité postérieure ,du grand os qui paraît non-seulement représenter le sphénoïde et le sphécoïde , comme dans les autres Reptiles et les Oiseaux , mais aussi le basilaire.

Les Rochers , placés latéralement à la partie postérieure de la tête , sous les pariétaux, entre les ingrassiaux et les condyliens , se confondent* avec ces derniers, mais se font reconnaître par l'analogie de leur position et la cavité de l'oreille interne qu'ils renferment.

VIngrassialy que Cuvier nomme comme ailleurs l'aile orbitaire du sphénoïde, est une petite plaque en carré long , placée latéralement dans la fosse orbitaire , oii il s'articule par son bord supérieur avec le coronal et le pariétal, en bas avec le sphénoïde, et répond souvent à ses deux extrémités à des parties membraneuses du crâne , dont la postérieure le sépare du rocher. Dans cet osselet est percé le trou optique qui lé caractérise; car, du reste, on pourrait tout aussi bien le considérer comme J'analogue du Ptéral ou du Gonien, qui manquent l'un et l'autre.

Le dessous du crâne est occupé par un grand os fort allongé , en forme de croix, représentant, ainsi que je viens de le dire, comme dans les

Sauriens, le Sphénoïde et le Sphécoïde réunis, et déplus, le basilaire, qui semble avoir disparu. Sa branche antérieure , longue et fort large , occupe tout le dessous de la portion cylindrique du crâne , et correspond ainsi spécialement au sphénoïde des Sauriens ou à lapophyse roslrale , et je la désignerai en conséquence dans la suite , chez tous les Animaux où ce dernier n^est point distinct du sphécoïde , simplement sous le nom adjectif de prolongement ou d'apophyse sphénoïdale. Cette branche s'articule en avant avec les deux vomer, entre lesquels elle pénètre; et sur les côtés, avec les ingrassiaux. Ses branches latérales, fort courtes, et qui répondent au Sphécoïde, se suturent en avant avec les rochers, et latéralement avec les bords inférieurs des condy liens , entre lesquels elles sont placées. Enfin, la branche postérieure, également très-courte, et placée de même entre ces deux os, semble, par cette disposition, répondre à l'os Basilaire qui manque, et lextrémité de cette branche, tronquée carrément , forme , en effet , la partie inférieure du trou occipital.

Il n y a plus ni Mastoïdiens ni os Squammeux, qui deviennent déjà entièrement rudimeniaires chez les derniers Sauriens , et paraissent avoir aussi complètement disparu.

Le Tympanique , disposé à peu près comme dans les Sauriens , est un os allongé , dirigé du bord externe du condylien , avec lequel il se suture par son extrémité , obliquement en dehors et en dessous vers l'articulation de la mâchoire, qu'il n'atteint pas tout à fait, et ne contribue ainsi plus à la former. A son bord extérieur, il s'articule en haut avec le corsai , et en bas , avec l'omoïde.

Le G>rWprend une disposition toute particulière et telle que CuviBR ( I ), qui le nommejugalj dit qu'il paraîtra peut-être bien téméraire en le nommant de ce nom. En effet , au lieu de former une partie de l'arcade zygomatique, ainsi que cela a lieu chez tous les autres vertébrés supérieurs, et même dans les Rana , comme nous le verrons un peu plus bas , et de se rendre, par son extrémité postérieure , sur le tympanique, près

(1) Os8. f08S. , t. V, T part., p. 407.

de rarticulation tympanomaxillaire , c'est au contraire lui qui forme cette articulation , et remonte par son extrémité , qui devrait être lantérieure , le long de la face antérieure du tympanique. Mais nous verrons aussi chez la Rana que c est bien le corsai qui s'artbrodie de nouveau avec la mâchoire , ainsi que cela a lieu chez les Mammifères, et non plus le tympanique.

VOmoîde , qui parait comprendre aussi le Ptérygoïdien , comme le pense Cijvier(î) pour son analogue dans les Bana , occupe la partie latérale postérieure du dessous de la tête. C'est dans la Salamandra maculosa une petite pièce formée de trois branches s'articulant, par le bord postérieur de deux d'entre elles , avec le dessous du tympanique et du rocher, tandis que son autre branche, dirigée en avant, répond à celle qui s articule chez les Sauriens et les Ophidiens avec l'os palatin ; mais elle se lie simplement par un ligament avec l'extrémité postérieure du siagonal , et l'os Palatin manque complètement chez ces Animaux.

A la partie antérieure de la tête , les deux Labraux , disposés et à peu près conformés comme dans les derniers Saoriens, forment le bord antérieur de l'arcade dentaire , et portent , en effet de même , plusieurs petites incisives. Leur apophyse internasale est fort large , assez courte , mais remonte cependant jusqu'au coronal , en passant entre les deux os du nez.

Les os Nasaux , larges et fort grands ^ sont écartés l'un de l'autre par Imterposition des apophyses internasales des labraux dont je viens de parler. Ce sont de petites plaques pentagonales , articulées en dedans avec ces derniers os ; en arrière , avec les coronaux et les métopinaux , et en dehors, avec les siagonaux, leur bord antérieur concourant à former l'orifice de la narine.

Il paraît qu'il n'existe pas d'Unguis^ qui s est peut-être confondu avec le Métopinal. Celui-ci forme à la surface de la tête une petite plaque carrée , articulée en dedans avec le coronal ; en avant , avec le nasal ;

(1) Oi9. fo$i.y t. V, 2* part., p. 390.

en dehors, avec le siagon; et son bord postérieur entre dans la composition du cadre de lorbite.

VEthmdide^ entièrement caché, paraît rester cartilagineux et membraneux.

En dessous, à la face palatine , on remarque antérieurement deux os larges, dirigés de l'extrémité du sphénoïde obliquement en dehors et en avant vers les siagonaux , en s articulant avec l'un et avec l'autre. Ce sont, malgré leur grand écartement, bien évidemment les analogues des deux Vomériens des derniers Sauriens. Ces osselets portent, près de leur extrémité postérieure, une rangée de petites dents, qu'on remarque aussi dans la famille des Anoures.

Les deux Siagonaux^ réduits au bord dentaire, ainsi qu'à l'apophyse nasale , sans lame palatine , sont deux tiges très-longues , grêles et fortement portées en dehors , formant avec les labraux un arc représentant la moitié d'une ellipse. Ces os, plus larges à leur extrémité antérieure, s'articulent en avant avec les labraux; en dedans avec les vomer, et en haut par une large apophyse nasale avec les métopinaux et les nasaux. A leur extrémité postérieure , ils se rétrécissent fortement , et se terminent librement en pointe, sans atteindre ni les malaires, qui n'existent pas, ni les os corsaux, auxquels cette pointe est liée par un simple ligament, qui achève de former l'arcade zygomatique, et semble tenir la place des malaires, et un autre ligament les lie aux omoides.

Ces os siagonaux portent en dessous une rangée de petites dents serrées faisant suite à celle des labraux, et appuyées en dedans contre le bord externe de l'os , sans être enchâssées dans de véritables alvéoles osseuses , mais simplement implantées dans la gencive comme chez les Lacertiens et les Iguaniens, etc.

Les Mâchoires , unies par une symphyse , forment ensemble une moitié d'ellipse, ou plutôt un fer à cheval. Elles se composent des mêmes os que dans les autres Reptiles , et forment postérieurement un gros condyle fort convexe , reçu dans la cavité glénoïde du corsai.

Ces Animaux ont la mâchoire garnie de nombreuses petites dents.

Les Triton^ Animaux aquatiques de la famille des Urodèles, qui

STSTÈHE OSSEUX. 239

respirent leau comme les Poissons au moyen de branchies à leur état de larve , où ils reçoivent le nom de Têtard; et exclusivement l'air à leur état parfait, quoiqu'ils continuent à vivre dans leau, ont un appareil hyoïde assez simple qui ressemble encore beaucoup à celui des Sauriens, tout en offrant ceci de remarquable, qu'on y voit déjà un premier degré de la transformation que l'appareil hyoïde doit subir dans les autres genres d'URODÈLES, pour arriver graduellement à la complication bien plus grande qu'il présente chez les Poissons, animaux essentiellement aquatiques, dont les organes de la respiration ou les Branchies sont, comme chez les Urodèles » des appendices de l'hyoïde; et fort différents des poumons , organes de la respiration aérienne. Le Corps de l'hyoïde est un petit os impair, allongé d'avant en arrière, produisant à son extrémité antérieure deu^ filets grêles recourbés en dehors et en arrière, qui s'élargissent bientôt, en formant de chaque côté une large lame cartilagineuse allongée, constituant la première partie de la Corne céphalique. A la suite de ce cartilage , se trouve une large pièce osseuse , qui remonte vers la. partie postéro-latérale de la tète, oii cette corne se fixe. A son extrémité postérieure, le corps de l'hyoïde produit deux paires de tiges cartilagineuses, commencement des Cornes laryngiennes el trachélienneS'^ dont la première plus forte que la dernière ; et les deux de chaque côté, après s'être portées en arrière, en s'écartant un peu, se rapprochent de nouveau et s'articulent à côté l'une de l'autre à l'extrémité antérieure d'une longue tige osseuse commune, terminée en pointe, et composée elle-même de deux pièces , dont l'une terminale fort petite. Dans le genre Siren , qui se trouve plus loin , vers la fin de la classe des REPTiLEset avoisinant celle des Poissons, l'hyoïde se complique déjà davantage (i). Le corps est formé de deux parties, une antérieure, large et cartilagineuse , représente la Corne linguale. A la suite se trouvent deux os allongés placés l'un au devant de l'autre, et formant le Corps de l'hyoïde. Sur l'extrémité antérieure du premier s'insèrent les Cornes cép/ialiques ^ composées chacune de trois parties successives , dont la plus antérieure

(1) CcviEH , 09S. fon., t.V, â'part., PI. XXVII , fig. 16.

230 PBEHIÈRE PARTIE.

est un grand os long et robuste, dirigé obliquement en dehors, en dessus et en arrière , suspendu par un ligament à la partie postérieure du crâne ; la seconde pièce , faisant suite à la première , est plus grêle et cartilagineuse , se porte horizontalement en arrière pour se terminer par la troisième partie, plus grêle encore , formant une apophyse cartilagineuse des arcs branchiaux.

La seconde pièce du corps de Fhyoïde est une petite tige grêle , osseuse, impaire, terminée postérieurement par un élargissement à petites branches rayonnées au nombre de sept. Sur la jointure de ces deux pièces du corps de Thyoïde s articule par les côtés la seconde corne ou Corne laryngienne^ composée à sa base aussi dun os long, mais plus faible que celui de la corne céphalique , et dirigé horizontalement en dehors et en arrière pour se terminer aux arcs branchiaux.

En arrière de la seconde paire de cornes, se trouve la troisième ou Corne trachélienne y Siussi osseuse v mais plus faible encore, composée de deux pièces successives , dont une première très-petite , ^ une seconde plus longue : celle-ci se terminant également aux arcs branchiaux , en arrière de la corne précédente. Cette troisième paire de cornes correspond par sa disposition à la troisième des Sauriens, mais elle a plus d'analogie encore avec les derniers arcs branchiaux des Poissons , qui ne sont au fond que des analogues répétés des cornes laryngiennes des Mammifères et des Sauriens, et comme on voit, aussi de celles des Uhodeles.

Les arcs branchiaux desSiren sont quatre petites tiges cartilagineuses grêles , placées presque verticalement à la suite Tune deTautre, et unies entre elles à leurs extrémités supérieures sur la troisième partie de la corne céphalique ; et inférieurement , elles sont également confondues entre elles , en s insérant sur les jbouts des deux pièces osseuses de la seconde et de la troisiènie corne de Thyoïde , et c'est sur les bords postérieurs de ces arcs branchiaux cartilagineux que sont fixés les rayons branchiaux de ces Animaux.

Les Urodèles offrent dans le reste de leur squelette , comparé à celui des Anoures, des différences assez grandes qui les rapprochent surtout beaucoup des Sauriens, auxquels les ^alamandra font la transiition. Leurs

ST8TÈHB 0S8BDX. 231

vertèbres sont à peu près conformées de même qae chez ces derniers , avec cette différence que leurs corps s*avoisinent par des bases concaves, comme chez les Poissons, qui font suite à ces Animaux , tandis que chez les Anouees , seconde famille des BâTRACiBNS , la base postérieure est convexe. Il n'y a dans les Salamandra qu'une seule vertèbre Cervicale ou XAÛCLS qui soit privée d'appendices costaux, et dont le corps est à peu près aussi allongé que dans les vertèbres suivantes. Cet atlas s'élargit fortement en avant pour former deux cavités glénoïdes , dans lesquelles sont reçus les condyles occipitaux , et son apophyse épineuse est plus allongée d'avant en arrière; du reste , l'atlas ne diffère pas sensiblement des autres vertèbres^ où cette apophyse est fort courte et portée sur l'extrémité postérieure, entre deux grandes apophyses articulaires à peu près horizontales , dirigées obliquement en arrière et en dehors , en recouvrant les apophyses obliques antérieures de la vertèbre qui suit. Les apophyses obliques antérieures, également larges ^ mais courtes, sont de mêmes latérales et dirigées en avant et en dehors. Les apophyses transverses, grêles et pinson moins longues, sortent à peu près du milieu de la face latérale du corps de la vertèbre , et se dirigent obliquement en dehors et en arrière , et donnent à leur extrémité insertion à de petits appendices costaux, en forme d épines, terminées par un petit prolongement cartilagineux. Ces osselets , dirigés en dehors et en arrière , se perdant bientôt dans les chairs de la région dorsale du corps, comme les costines postérieures des Sauriens Lacbetibiis et SaNcoïDism, sans qu'aucune paire aille rejoindre le sternum , doivent tous être considérés comme appartenant à la série des Costines , qui font ainsi directement suite à la seule vertèbre cervicale , la région thoradque ayant disparu. Ces paires d^appendices se répètent jusque sur l'unique vertèbre saerée de ces Ani-^ maux, et même au delà sur les premières vertèbres caudales.

Les Vertèbres lombaires des Salamandra sont au nombre de quatorze, caractérisées, ainsi que celles des autres Ueodelbs, par des apojphyses transs^erses comprimées , et comme formées de deux placées l'une au-dessus de l'autre, mais intimement soudées, s articulant au bout avec à^Costines quioffrentla même forme à leur base et diminuent rapidement

(le largeur pour se terminer en pointe , de manière à ne former que des osselets triangulaires dirigés obliquement en dehors et en arrière , contenues dans les chairs du dos.

Quant à la seule Vertèbre sacrée , elle ne diffère guère des lombaires (lue par des apophyses transs^erses plus fortes , mais terminées du reste par des Co5<me//e5 semblables aux leurs, au bout desquelles sont suspendus les ilium.

Les Vertèbres caudales^ au nombre de vingt-six, diffèrent des lombaires , en ce qu elles ont , à l'exception des deux premières, de plus des apophyses upsiloïdes , fort longues , produites par Tunion des apophyses mamillaires, et non par les costettes qui seraient réunies par paires , ces costettes existant en même temps aux extrémités des apophyses transverses sur les vertèbres caudales antérieures.

Les Urodèles n'ont qu'un Sternum cartilagineux, souvent en forme de large plaque , qui rappelle celui des Sauriens , et placé en arrière des pièces toxoïdes de l'épaule, qui viennent le joindre, à peu près comme dans ces derniers Animaux.

Le Bassin y toujours composé des trois pièces qu'on retrouve chez les Vertébrés supérieurs , est aussi à peu près disposé comme dans les Sauriens.

Les Ilium sont des osselets grêles, suspendus de chaque côté à l'extrémité de la costinelle , tandis que les Pubis et les Ischion sont des os élargis qui se réunissent par paire dans une symphyse; et au devant des pubis, on trouve dans \esMenopoma un cartilage impair en forme d'Y, dirigé en avant dans les parois du ventre , et rappelant les os marsupiaux

Lescostines, déjà rudunentaires chez tous les Urodèles supérieurs , finissent par disparaître en majeure partie dans les derniers genres ; des Hypochton n'en ayant plus que sept paires et vingt et une lombaires sans appendices. Enfin , chez la Siren lacertina , la première vertèbre ou Y Atlas est comme d'ordinaire privé d'appendice ; les huit suivantes en ont derudimentaires, et les trente- quatre qui font suite à celles-ci n'en ont plus aucune trace ; enfin le Bassin ayant disparu avec les membres postérieur, il n existe pas non plus de Sacrum.

Les Membres des Batraciens sont formés sur le même modèle que ceux des Sauriens , quoiqu'ils en diffèrent plus ou moins dans les détails.

U Épaule des Urodéles , et spécialement celle des Salamandra , se compose des mêmes parties , mais le Paleron^ YAncoral et le Toxdide. sont représentés par de larges cartilages de peu de consistance; tandis que le Glérden est seul osseux.

Le reste du Membre antérieur n'offre rien de particulier qui mérite d'être indiqué ici, si ce nest que les Doigts ^ en nombre variable, sont généralement courts. La Siren lacerlina a quatre doigts , chacun de deux phalanges ; la Salamandra maculosa, quatre, de i , 2, 3 et 2 ; et YHypochton sanguinus, trois doigts seulement, de 2 , 2 et i phalanges.

Aux Membres postérieurs , la Salamandra maculosa a quatre Orteils de 2 , 3 y 3 et 2 phalanges , et XHypochton sanguinus deux orteils de 2 phalanges.

La famille des Anoures, dont le genre Rarm forme le type, présente dans son organisation, mais surtout dans les organes du mouvement, des caractères très-tranchés qui lui sont propres , et différencient ces Animaux de tous les autres Reptiles, et même des Urodéles auxquels ils font suite, sans s'y lier d'une manière insensible, ainsi que cela a lieu entre les Sauriens et les Ophidiens.

Tous les Anourbs ont quatre Membres qui , les proportions excepiées , ressemblent beaucoup à ceux des Urodéles supérieurs. La Tête osseuse , quoique fort semblable à la leur, présente toutefois des différences qui la distinguent; et le Hachis ne porte plus aucune trace d'appendices; d'où résulte qu'il n'y a pas non plus , chez ces Animaux, de distinction entre les diverses régions du tronc; mais par la cause contraire , que chez les Urodéles, toutes les vertèbres de ces derniers portent des appendices costaux , tandis que chez les Anoures elles en sont toujours complètement dépourvues.

Le Bassin^ petit et plus ou moins rudimentaire dans les Urodéles, et même nul chez les Siren ^ est au contraire fort grand et très-mobile sur la colonne vertébrale dans les Anoures , et les vertèbres caudales , généralement nombreuses dans la famille des Urodéles , se trouvent tout à

coup réduites à un seul os styliforroe chez les Anoures qui ne dépasse pas les os coxaux.

Dans la Rana esculenta, l'ensemble de la tête diffère peu au premier aperçu de celui des Salamandra ; elle est de même fortement déprimée , un peu moins large , mais du reste également en forme de demi-ellipse, et son contour antérieur et latéral, formé par les os labraux , siagonaux et corsaux , se termine à l'extrémité inférieure des tympaniques. Les deux cavités orbitaires sont aussi , comme chez les Salamandra , séparées par une portion allongée , étroite et presque cylindrique du crâne, formées en dessus par les coronaux et les pariétaux et en dessous par le sphénoïde.

Les Coronaux, séparés chez les Pipa, offrent déjà la différence avec les Salamandra j qu'ils sont beaucoup plus courts , et forment ensemble dans les Rana une seule pièce annulaire qui contourne entièrement la partie antérieure de la cavité du crâne, en se suturant en dessus avec les deux pariétaux qui leur font suite, en les recouvrant en partie, et en dessous avec l'extrémité antérieure de l'apophyse sphénoïdale» qui se continue également en ligne droite avec la face inférieure de cet anneau coronal. Latéralement, ce dernier se suture en avant avec les palatins, et se continue en arrière par un large espace membraneux, remplissant l'espace compris entre le pariétal et le prolongement antérieur du sphénoïde, espace occupant la place de l'os Ingrassial des Salamandra ^ qui disparaît chez les Rana , mais dont la place est marquée par le trou optique percé dans cette membrane. En dessus, le coronal commun s'articule au bord antérieur avec les deux métopinaux.

Les Pariétaux ont à peu près la forme et la disposition de ceux des Salamandra , mais sont d'autant plus longs que les coronaux sont plus courts. Ils se joignent entre eux par une longue suture sagittale, se continuant sur les côtés avec la membrane latérale du crâne, et s'élargissant à leur extrémité postérieure, aussi comme chez les Salamandra , ces os s'y articulent par suture, en dessous avec les rochers, et en arrière avec les condyliens seulement, Y Occipital ayant également disparu chez ces Animaux.

SYSTÈME OSSBUX. 235

Les Condyliens ^ toujours très- développés, envahissent ici aussi la place de Toccipital , qui a disparu , et même celle du basilaire , en contournant entièrement le trou occipital , pour se joindre en dessus et en dessous par des sutures médianes ; et chacun forme postérieurement, à sa partie inférieure, uncondyle particulier , aussi comme chez les Salamandra et les Mammifères , par lequel ces os s arthrodient avec latlas : caractère propre à tous les Batbâciens , tandis que chez les autres Reptiles , les Chéloniens et les Oiseaux , il n y a qu*un seul condyle , formé par la réunion des deux , et en même temps par le corps du basilaire.

En avant, le condylien de chaque côté s'unit par suture en dessus au pariétal ; sur le côté au rocher, ici bien distinct ; et en bas avec la branche transverse du sphécoïde et du sphénoïde réunis.

Le Rocher, également fort grand et disposé comme dans les Sizlaniandra^ est, ainsi que je viens de le dire, bien séparé des condyliens. C'est un os irrégulier , difficile à décrire sans le secours de figure ; ce qui est d'ailleurs inutile ici, où il suffit d'indiquer simplement sa place et ses rapports , pour qu'on puisse saisir l'analogie qu'il a avec la par.tie qui lui correspond chez les Urodèles et les autres Reptiles , en même temps qu'il fait partie des parois du crâne, où il présente en dedans une forte dépression , et forme aussi avec le condylien une cavité commune ouZa^rinthe^ et à la jonction des deux os se trouve la Fenêtre i^estibulaire , dirigée en dehors et fermée par l'étrier; en haut, le rocher s'unit au pariétal; en arrière, au condylien; en bas, il appuie tout le long sur la branche transverse du sphécoïde , et en avant , il se continue avec la partie latérale membraneuse du crâne.

Le dessous du crâne est occupé , comme chez les Salamandra, par une grande pièce fort mince, en forme de croix, correspondant sm Sphénoïde, ^\x Sphécoïde et au Basilaire réunis. La branche antérieure répondant , comme chez tous les autres Vertébrés ovipares, au Rostrum des Mam< MiFÈRES, occupe toute la face inférieure de la partie antérieure étroite du crâne , où elle atteint l'anneau coronal , et se continue par ses bords avec la membrane latérale du crâne. La branche postérieure , à peine plus longue que chez les Salamandra , est une simple petite lamelle ap-

pliquée en dessous sur les deux condyliens , sans atteindre le trou occipital , qu'elle ne contribue pas à former ; mais , vu qu elle est bien évidemment lanalogue de celle de ces derniers Animaux , où elle sépare en dessous les deux condvliens , on doit la considérer de même chez les Rana comme représentant los Basilaire , confondu avec le sphécoïde , mais dégagé des condyliens , et réduit à un simple appendice rudimen* taire, et non comme n'existant plus du tout, ainsi que Ta pensé CuviER (i) , qui signale ce fait isolé pour tâcher de prouver que le principe anatômique qu on a avancé sur la composition dn crâne , considéré comme formé d'un assemblage de vertèbres, est faux. Et si même l'os basilaire disparaissait chez certains Animaux , ainsi que cela arrive à la fin à une foule d'autres organes , cela ne prouverait rien contre cette théorie, pas plus que la disparition du bassin et la mobilité des vertèbres qui précèdent celles de la queue, prouverait contre la composition du sacrum, formé aussi de la réunion de plusieurs vertèbres chez les Mammifères et les Oiseaux.

Les deux branches latérales du sphécoïde , absolument semblables à celles des Salamandra, et dont on trouve déjà une indication chez les Oiseaux et les Sauriens , ne forment plus que deux lamelles minces dirigées en dehors, et appliquées en dessous contre les rochers et les condyliens , pour s'articuler à l'extrémité avec la branche interne de Tomoide , ainsi que cela a d'ordinaire lieu chez les Reptiles.

Les deux Labraux^ formant le bord antérieur du museau, sont composés , comme chez la plupart des Reptiles , d'un corps ou bord dentaire, d'une lame palatine et d'une apophyse internasale. Le premier, en petit arc de cercle , porte plusieurs dents pointues , dont la série se continue sur des siagonaux. La lame palatine , très-courte mais aussi large que le bord dentaire, se porte horizontalement en arrière, jointe à celle du côté opposé, et se termine postérieurement par un bord' libre échancré. Cet osselet s'articule à son extrémité externe avec le siagon qui lui fait suite. L'apophyse internasale , moins large que chez

(1) 0». /b«f., t. V, part. 2% p. 387.

SrSTÈHE OSSEUX. 237

les Salamandra , et séparée de celle du côté opposé par qq espace membraneux , se porte en haut et en arrière vei's le coronal , qu elle n atteint pas à beaucoup près , le métopinal se trouvant interposé.

Les Siagonaux ^ aussi à peu près conformés comme dans les Salamandra^ constituent de même les parties latérales de la demi-ellipse, qui forme le contour antérieur de la tète , en faisant suite aux labraux. Comme chez ces Animaux, ainsi que dans la plupart des Sauriens , la lame palatine n'est qu'un bord étroit dirigé en dedans , se perdant même entièrement vers l'extrémité postérieure.

Le corps de l'os , étroit en avant , dans le sens vertical , et tout à fait en pointe en arrière, s articule antérieurement avec le labral , et produit , au tiers de la longueur du bord supérieur, une apophyse montante ou nasale plus faible que chez les Salamandra , qui va joindre le bord antérieur du métopinal , avec lequel elle s'articule. A la base de cette apophyse , le siagonal s'articule en dedans avec l'extrémité du palatin, et un peu plus en arrière avec celle de la branche antérieure de l'omoïde. A l'extrémité postérieure il se croise longitudinalement avec l'apophyse antérieure du corsai , qui va à sa rencontre. Enfin , à son angle antéro-supérieur , cet os s'articule avec le nasal.

Les deux os Métopinaiix sont fort grands et tout autrement faits que dans les Salamandra. Ce sont deux pièces allongées transversalement , placées devant les coronaux , et formant le bord antérieur des orbites. Leur partie interne, très-élargie en palette, triangulaire , s'articule en arrière avec les coronaux; au bord interne, avec le métopinal opposé; et l'antérieur se continue par un espace membraneux qui le sépare du labral , du nasal et du siagon. L'angle externe se prolonge en une petite tige grêle, dirigée en dehors et en dessous pour longer le bord postérieur de l'apophyse montante du siagonal , et se termine à l'extrémité de l'apophyse antérieure de l'omoïde. Par sa face inférieure , cette tige est appliquée sur le palatin.

Ci]vibr(i) a fait connaître l'os Nasal-, c'est un très-petit osselet en

(1) 0«f . /oM. , t V, part. 2«, p. 388.

équerre , difficile à apercevoir, placé sur langle supérieur de lextrémilé antérieure du siagonal , entre cet os et la palette du métopinal , en dehors de la narine percée dans l'espace membraneux qui sépare cet osselet de lapophyse internasale du labral.

VEthmoïde paraît avoir resté entièrement membraneux et renfermé entre les métopinaux et les vomer, au devant de lanneau coronal.

Les p^omer sont deux pièces assez grandes » mais cependant pas autant que chez les Salamandra , et du reste disposées à peu près comme chez elles, à la partie antérieure du palais , en arrière des lames palatines des labraux, et sur un plan plus relevé. Ils sont triangulaires, rapprochés par l'un de leurs côtés , et offrent au côté externe trois apophyses angulaires, donnant aux deux os ensemble la forme d'un éventail. A leur angle interne postérieur, ils portent plusieurs petites dents coniques et pointues, qui disparaissent ainsi que toutes les autres dans les Bufo et les genres qu'on a démembrés de ceux-ci.

On voit de nouveau reparaître chez les Rana les os palatins qui ont disparu dans les Salamandra. Ce sont deux osselets grêles , en forme de petite tige , placés transversalement derrière les vomer , au tiers antérieur du palais , oii ils se rendent du bord antéro-inféheur de l'anneau coronal, en dehors, en s'articulant par leur face supérieure avec les métopinaux ; et à leur extrémité avec la face interne du siagonal et l'extrémité de la branche antérieure de l'omoïde.

Suivant l'opinion de Guvikr (i) , YOmoïde , qu'il nomme Périgoïdien, et \e Pérygoïdien ^ qn il appelle transverse, sont confondus en une seule pièce chez les Rana^ et les rapports des parties l'indiquent en effet. C'est un os assez grand, à trois branches, à peu près disposé comme dans les Salamandra^ à la région latérale postérieure du palais, et dont l'apophyse antérieure , plus allongée que dans ees derniers Animaux, se porte en avant pour s'articuler à son extrémité , d'une part, à sa face externe avec le siagon; et d'autre part, à son bout avec le palatin; ce qui rappelle les rapports de l'os ptérygoïdien , que cette apophyse paraît représenter, ainsi

(1^ 0«. ^OM., t. V, 2« part., p. 390.

STSTiMB OSSEUX. 239

que celle qui, dans les Lagbrtibns » se continue avec le palatin seul , et qui est la véritable branche antérieure de l'Omoîde. C'est du moins ce qui semble ressortir des rapports de cette apophyse avec le vomer chez les Hypochton^ où elle porte même des dents. La branche interne, aussi plus longue que chez les Salamandra , se dirige obliquement en dedans et en arrière pour se terminer à l'extrémité de la branche externe des sphécoïdes ; enfin , la branche externe se porte en arrière pour s'articuler à son sommet avec la face interne de l'extrémité inférieure du tympanique, ainsi qu'avec la tête correspondante du corsai.

Le Corsai offre la condition intermédiaire entre celles qu'il a dans les Oiseaux et les Grocodiliens d'une part , et les Salamandra de l'autre. Comme chez les premiers il est placé horizontalement à la partie latérale de la tête , formant un petit osselet qui se rend de l'extrémité du siagonal en arrière, vers l'extrémité inférieure du tympanique , avec lequel il s'articule , et s'y renfle en une petite masse portant en dessous la facette arthrodiale qui reçoit le condyle de la mâchoire , comme dans les Salanumdra , c'est-à-dire que, de même que chez ces dernières , cet osselet représente Tapophyse du même nom du squammeux des Mammifères , qui revient de nouveau à sa première condition , celle de former la cavité glénoïde de la mâchoire , tandis que l'os tympanique ne contribue plus du tout à former celte articulation.

Le Tympanique , disposé comme dans tons les Reptiles et les Oiseaux , est un osselet à trois branches représentant un T, dont l'inférieure répondant proprement au vrai tympanique, est placée à la partie postéro-latérale de la tête, dans une direction oblique de haut en bas et en arrière , appliquée en bas sur l'extrémité de la branche externe de l'omoïde, et articulée en haut par sa branche postérieure sur le rocher; tandis que la branche antérieure placée sous les téguments se dirige obliquement en dessous et en avant, vers le bord supérieur du siagonal, en formant le bord infrà-postérieur de la fosse temporo-orbitaire. CuviER (i) considère les deux branches supérieures comme répondant au

(1) Oss. fois.y t. V, 2» part, p. 390.

Squammeux y c[ui\ nomme temporal, mais il avoue toutefois que cette partie n'est point séparée de la branche inférieure. Même chez les trèsjeunes sujets, il me paraît plus probable que le vrai squammeux a complètement disparu.

Les Mâchoires des Anoures sont conformées dans leur ensemble comme celles des Urodéles; elles sont seulement dépourvues de dents, et un peu autrement composées dans leurs parties.

Chez les Rana^ chaque mâchoire se compose de trois os, dont Tun antérieur, qui correspond par analogie de situation au Mentonnal des Sauriens et des Urodéles , est lui-même formé de deux parties , le corps, de losselet , et une longue lamelle qui se prolonge en arrière. La première est très-petite, et forme l'extrémité antérieure de la mâchoire, où elle est unie par une synévrose à celle du côté opposé, et placée comme une épiphyse sur le second et principal os. La seconde partie ou la lamelle dont je viens de parler, est une simple petite feuille osseuse trèsmince et fort longue, partant du bord externe postérieur du corps du mentonnal pour se prolonger sur la face externe du second os, où elle s'applique dans une gouttière d^ celui-ci, en s'y prolongeant jusque vers le milieu de sa longueur.

Le second os, ou le plus grand, forme à lui seul presque toute la mâchoire. C'est une longue tige arquée, grêle en avant et un peu élargie en arrière, où elle forme au bord supérieur une saillie répondant à Tapophyse coronoïde, disposée absolument comme chez les autres Reptiles; et sur son extrémité postérieure se fixe le troisième osselet, qui est fort petit, et forme la facette arthrodiale. Cette dernière pièce représentant naturellement YArthrique des Sauriens , il devient évident que le grand os répond à lui seul aux quatre autres os de la mâchoire de ces dernières, eest-à-dire à YÉsotérique^dM Marginaire^ à ÏAngidin et au Coronoïdien.

V Hyoïde des Rana offre aussi des caractères particuliers. Le Corps est une très-lai^e plaque cartilagineuse mince à peu près carrée , placée sous le milieu de la tête, entre les deux branches delà mâchoire. Son bord antérieur échancré se prolonge par ses angles latéraux en une longue

Corne céphalique, grêle ^ recourbée d'abord en dehors, puis en arrière, dans le même plan que le corps, en diminuant graduellement de largeur. Arrivée vers l'extrémité postérieure de la tête, cette corne , devenue un simple petit filet, se recourbe en dessus et se termine au côté du crâne. Un peu en arrière de cette première paire de cornes , le bord latéral du cartilage hyoïdien en produit une seconde à peu près semblable , mais plus courte, également recourbée en arrière, mais se terminant bientôt en s'unissant à la première.

Le bord postérieur du corps de l'hyoïde forme deux échancrures en arc de cercle, dont la partie interne s'articule avec les deux Cornes larynpennes. Celles-ci, seules osseuses, sont deux pièces fort grandes, en forme de tige élargie en avant pour s'articuler avec le corps de l'hyoïde , point d'où elles se portent en arrière et en dehors en divergeant , et se terminent un peu au delà du niveau des angles des mâchoires. Entre elles est suspendu le Larynx.

Le Rachis des Anoures, perdant tous ses appendices costaux, ne se compose plus par là, ainsi que je l'ai fait remarquer plus haut, que d'une seule espèce de vertèbres, non compris l'Atlas et Tunique vertèbre sacrée , et celle-ci est suivie de l'os caudal, lequel prend une tout autre forme, quoiqu'il représente un ou plusieurs corps de vertèbres, qui n'y sont plus du tout distincts.

Les vertèbres intermédiaires , au nombre de 7 chez la Rana escuhnta , ressemblent beaucoup aux lombaires postérieures des Mammifères, privées comme elles d'appendices. Elles sont de même formées d'un Corps toutefois plus petit et à face antérieure concave , présentant une cavité arthrodiale qui reçoit la face convexe postérieure de la vertèbre qui précède, et non comme dans les Urodeles une cavité qui, unie à celle de la vertèbre suivante , est remplie d'un ligament fibro-pulpeux , ainsi que cela a aussi lieu chez tous les Poissons , classe qui fait suite à la famille des Urodeles. La masse apophysaire produit latéralement comme chez ces derniers animaux deux Apophyses transs^erses , longues et courtes , dirigées en dehors. La Lame forme en avant et en arrière des apophyses obliques qui ressemblent surtout beaucoup par leur forme et leur dis-

position à celles des Mamii^iferes ; et en dessus une Apophyse épineuse courte dirigée obliquement en arrière.

Les apophyses transverses augmentent de la seconde vertèbre à la troisième qui porte les plus grandes , et répondent aux omoplates ; et de là elles diminuent de nouveau insensiblement jusqu'à la vertèbre qui précède la sacrée.

M Atlas , qui fait généralement exception à la règle à laquelle les autres vertèbres sont soumises, diffère ici i" en ce qu'il offre en avant deux cavités glénoïdes pour recevoir les condyles occipitaux ; et 2** par la brièveté des apophyses transverses peu apparentes.

Quant à la vertèbre sacrée^ elle ne diffère de celles qui précèdent que par ses apophyses transverses sensiblement plus grandes et plus relevées; afin de rendre plus long le bras de levier vertical qu elles représentent , sur lequel agissent dans le saut les muscles qui meuvent le bassin sur le rachis. Le sacrum diffère en outre des autres vertèbres, en ce que sa base postérieure offre deux condyles placés l'un à côté de l'autre, par lesquels il s arthrodie avec le style caudal.

Ce dernier os semble représenter une longue série de vertèbres entièrement confondues dans toutes leurs parties. C est une longue tige droite, triangulaire, diminuant progressivement d'avant en arrière, dont les angles inférieurs arrondis correspondent aux corps des vertèbres, et le supérieur élevé en crête aux apophyses épineuses, dont la base est encore creusée d'un bout de canal vertébraK Cette pièce porte à son extrémité antérieure, sous ce canal, deux cavités glénoïdes arrondies, qui reçoivent les condyles du sacrum.

Le Sternum de la Rana esculenta est composé de cinq pièces consécutives, dont l'antérieure cartilagineuse est une feuille mince en forme de pelle arrondie en avant, et qui s'avance jusque vers le milieu de la face inférieure de la tête. Cette pièce se prolonge en arrière en un pédicule articulé avec la seconde pièce. Celle-ci est une petite tige osseuse, élargie à son extrémité postérieure , oii elle s'articule au milieu avec la troisième pièce du sternum , et sur les côtés avec les deux clavicules.

La troisième pièce sternale est un simple filet peu apparent , placé

à la ligne médiane, sous la jonction des clavicules et des coracoïdiens avec ceux du côté opposé , et se rendant de la seconde pièce à la quatrième. Ce filet, souvent cartilagineux, manque même dans certaines espèces*

La quatrième pièce , qui fait suite à la précédente , est beaucoup plus forte, osseuse, allongée et aplatie; s articulant en avant avec cette dernière, ainsi qu'avec les angles postérieurs des élargissements des coracoïdiens; et à son extrémité postérieure, elle s'unit au milieu du bord antérieur de la dernière pièce sternale , ou le cartilage Xiphoïde : grande feuille cartilagineuse fort mince, à peu près carrée, qui se prolonge jusqu'au milieu de la longueur du corps.

Les os Coxaux prennent tout à coup une forme toute particulière , exclusivement propre aux Anoures , et en même temps un très-grand développement^ étant destinés à jouer un grand rôle dans le saut, par Teifet de leur mouvement d'extension sur le rachis , en se mouvant verticalement sur le sacrum.

Ce sont les lUum qui forment les pièces les plus grandes. Ce sont deux longues tiges très-fortes , articulées par leur extrémité antérieure sur le sommet des apophyses transverses du sacrum , par l'intermédiaire d'une boule cartilagineuse représentant les CostineUes des Urodeles, et qui leur permet un mouvement facile de flexion de bas en haut. De là les iliums se portent presque parallèlement en arrière et en dessous, et se terminent chacun à une lame verticale en trois quarts de cercle qu'ils forment avec les Ischion et les Pubis; et cet élargissement accolé, par toute sa face interne à celui du côté opposé , forme ainsi avec ce dernier un disque médian, au milieu duquel sont creusées les deux cavités cotyloïdes, séparées l'une de l'autre par une simple petite cloison, et formées par le concours des trois os.

Ce disque est formé dans son tiers postérieur par les Ischion , et dans sa portion inférieure parles Pubis, distincts seulement en ce qu'ils sont un peu plus minces et plus cartilagineux.

V Epaule des Rana offre également des différences marquées avec celle des Urodeles, quoiqu'il y ait aussi de fort grandes analogies , et même

2&& PBEMIÈRE PARTIE.

avec celle des Sauriens. Elle est d'abord composée, cora me chez les uns et les autres , des trois principales parties indiquées plus haut : \ Omoplate^ le Coracoïdien et la Clas^icule.

\J Omoplate , très-grande chez ces Animaux , forme une large palette mince , composée de deux pièces, comme chez les autres Reptiles, c'està-dire de l'os GlérUen et du Paleron. Le premier, plus épais , ossifié et allongé, contribue à former à son angle infrà-postérieur la cavité arthrodiale scapulo-humérale ; et au devant de celle-ci , il s'unit par suture avec la tête de la clavicule; tandis qu'en dedans de cette cavité, il se joint aussi par suture avec la tête externe du coracoïdien. A son extrémité opposée ou supérieure, l'os glénien est coupé carrément, et se suture avec le Paleron^ qui lui fait immédiatement suite, n'en différant que parce que celui-ci reste presque entièrement cartilagineux. Cette seconde partie de l'omoplate forme une large feuille mince , qui monte surles côtés du corps de l'Animal, et le contourne jusqu'au-dessus de la ligne dorsale, répondant par le milieu de sa face interne au sommet de l'apophyse transverse de la troisième vertèbre plus forte que les autres, à laquelle le paleron est lié par des muscles.

L'os Coracoïdien^ aussi disposé comme chez les autres Reptiles, est situé à la face inférieure de la poitrine, se rendant transversalement de la troisième pièce du sternum en dehors , vers la partie postérieure de la tête du glénien , avec laquelle il se suture pour former la partie infra-postérieure dç la cavité glénoïde. Au devant de cette facette arlhrodiale , la tête du coracoïdien s'unit par suture avec celle de la clavicule. A son extrémité sternale, cet os réduit, chez la Rana esculenta, à la pièce correspondant à l'os Ancoral des Sauriens , s'élargit de même que chez ces derniers , et s'articule avec celle du côté opposé , en passant sur la troisième pièce du sternum, sans interposition d'un cartilage Toxoîde qui existe toutefois , suivant Cuvier (i), dans les grandes espèces d'Amérique , où il joint la tête sternale de la clavicule, et se croise même avec

(1) 0$$. /bw., t. V, 2«part., p. 401.

le cartilage opposé, ainsi que cela a également lieu chez les Sauriens; dans le genre Pipa, ce cartilage toxoïde est même fort large.

La Clas^icuie est une petite tige droite , grêle au milieu , renflée en tête à ses extrémités, et placée parallèlement devant le coracoïdien. Sa tête interne s'articule en avant avec l'extrémité poî^t^rieure de la seconde pièce du sternum; au bout, avecla troisième, et postérieurement, avec le coracoïdien. Son renflement externe se suture en arrière avec ce dernier os, et en avant avec le glénien, en formant entre les deux une partie de la cavité glénoïde scapulo-humérale; ce qui n a jamais lieu ni chez les Oiseaux , ni chez les Sauriens.

V Humérus n'offre rien de particulier. Quant au Radius et au Cubitus , ils sont, comme à l'ordinaire, placés à côté Tun de l'autre , mais entièrement confondus dans leur première moitié, afin de ne permettre aucun mouvement de supination ou de pronation à la main : ce qui donne plus de régularité aux mouvements de flexion et d'extension de cette dernière, et plus de force au membre dans lesaut. Le cubitus forme aussi dans le même but un véritable olécrdne , en se prolongeant au delà du radius. A l'extrémité carpienne, les deux os s'élargissent et s écartent un peu pour donner plus d'étendue à Tarticulation radio-earpienne , pour la rendre plus forte.

Le Carpe des i?a/za se compose de six osselets, trois à chaque rangée, mais qu'il est difficile de ran^ener exactement à leurs analogues chez les Mammifères. Le premier interne , qui ne touche même pas au radius , semble toutefois répondre par sà position au Scaphoïde; le second , sur lequel appuie le radius , serait de là le Semi4unaire ; et le troisième , placé sous le cubitus, répondrait au Pyramidal. Il n'y a pas de Pisiforme.

Le premier du second rang est le Phacoide , petit osselet placé entre le scaphoïde et le stathos ; le second , également fort petit , ou le Trapèze , est entre le scaphoïde et le stethos; le troisième, allongé transversalement et situé entre le scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal d'une part, et les trois derniers métacarpiens de l'autre, répond ainsi à la fois au Trapézoïd^y au Grandes et à Wnciforme.

^llQ PREMIÈRE PARTIE.

Le premier Métacarpien est rudimentaire et ne porte qa'un vestige de Pouce formé dune seule phalange. Les quatre autres, grands et un peu écartés pour élargir la main , portent chacun un Doigt , dont les deux premiers ont chacun deux Phalanges y et les deux externes trois.

Les Pipa ont trois phalanges aux trois grands doigts internes, et deux à l'externe.

Les Membres postérieurs des Anoures offrent des caractères qui indiquent des Animaux éminemment sauteurs , et tout le monde sait combien les espèces qui se rapportent aux genres Bana et Hyla excellent en effet dans ce genre de locomotion ; tandis que les Bufo et genres voisins sont des Animaux lourds qui sautent au contraire fort peu. Mais quoique ces membres contribuent en effet beaucoup au saut , ainsi que cela est ordinaire chez les Vertébrés quadrupèdes , ce mouvement est cependant' produit aussi en grande partie par le débandement du tronc sur lui-même , comme le ferait un arc , et dont les Maihhifères sauteurs » tels que le Chat^ en offrent déjà de nombreux exemples. Cet effet du tronc , produit chez les Bana par le mouvement rapide d'extension des os coxaux sur le stylet caudal , le sacrum et le reste du rachis, lance le corps plus particulièrement en haut ; tandis que le débandement des membres postérieurs le projette en avant, et par la combinaison de ces forces , il se dirige obliquement en avant et en haut, en parcourant une parabole; c'est-à-dire que les muscles extenseurs de la colonne vertébrale qui s'attachent en grande partie aux os iliaques étendent rapidement le rachis sur le bassin, dans un espace angulaire très-grand, après que les deux parties ont été préalablement fléchies, en même temps que le stylet caudal , formant la seconde branche de la colonne vertébrale , est ramené rapidement entre les deux ilium par les muscles ischio-caudaux , et augmentent l'effet de la détente.

Chez les Pipa , il existe une différence notable dans ces parties , comparées à leurs analogues chez les autres Anoures. La vertèbre sacrée et le stylet caudal forment de chaque côté , par les apophyses transverses , un très-large disque triangulaire, articulé dans une grande étendue avec les deux ilium , de manière qu'il n'y a pas de mouvement appré-

SYSTÈME OSSBUX. 2/^7

ciable entre ces deux parties , qai ne sauraient produire le même effet dans le saut que chez les espèces sauteuses.

Les membres postérieurs des i?a/ia produisent un grand effet dans le saut , offrant pour cela des leviers fort longs dans les os des cuisses , des jambes et même des tarses, ainsi que des muscles extérieurs très-vigoureux; mais on est tout étomié de ne point trouver de Rotule ou de saillie an genou , ni de calcanéum proéminent qui , en allongeant les bras de leviers, favoriseraient considérablement Faction des muscles extenseurs de la jambe et du pied.

Le Fémur, long et fort , n offre rien de remarquable. Les deux os de la Jambe, à peu près égaux, sont soudés entre eux dans toute leur longueur, et distincts seulement en avant et en arrière par une légère gcHittière. Ces os, aussi longs que le fémur, se terminent ensemble en bas par une facette arthrodiale convexe , allongée transversalement.

Le Pied, surtout excessivement allongé de ces Animaux , pour mieux servir dans la nage, se distingue principalement en deux parties successives, le tarse et le reste du pied , capables de se fléchir fortement l'une sur Tautrec

LeTarse est composé, comme d ordinaire, de deux rangées d'osselets, dont la première, formée seulement de Ty^stmgale et du Calcanéum , se fait remarquer par le grand allongement de ces os, placés à côté Tun de l'autre, soudés entre eux à leurs extrémités^ et fortement écartés dans leur diaphyse, en simulant très-bien les deux os d'une jambe; ce qui a engagé quelques anatomistes à les regarder en effet comme étant le tibia et le péroné, et se virent de là obligés de considérer les deux os confondus de la jambe , comme formant un second fëmur ; opinion fort singulière en elle-même , et d'autant moins admissible que les rapports et la direction de ces os , ainsi que les muscles qui s'y insèrent , s'y refusent complètement; et les os allongés rappellent d'ailleurs parfaitement un fait semblable qu'offrent les deux premiers os du carpe chez les Crocodikis.

A leur extrémité supérieure, cet astragale et le calcanéum confondus , s'arthrodient ensemble par une facette allongée, transversale et irrégulièrement concave, avec les deux os de la jambe; et en bas, par une

2&8 PREMIÈJIE PARTIE,

facette également transversale , mais convexe avec les osselets de la seconde rangée f sur lesqueb ils se nœuvent dans une grande étendue de mouvement.

Les osselets de la seconde rangée, comme d'ordinaire petits, et au nombre de quatre, semblent au premier aperçu correspondre par leur ordre numérique au chalcoïde, au cunéiforme, à lepitrion et au cuboïde; mais comme le premier est tout à fait séparé du radius et du padion , et appliqué seulement sur la face interne du second osselet , il me paraît plus probable qu'il représente le Nas^iculaire sorti de sa place , os qui manquerait d'ailleurs, et simule dans sa nouvelle position, le rudiment d'un sixième métatarsien. L'osselet suivant devient de là le vrai Chcdcoïde , et il porte en effet en partie le Padion ou premier métatarsien. Le troisième osselet , qui s'articule à la fois avec le padion et le. pédion , serait le Cunéiforme.; le quatrième , arthrodié avec le pédion et le pidioa , correspond à YEpitrion; et enfin les deux derniers métatarsiens, s'articulent directement avec la tête du calcanéam, et le Cuboïde aurait disparu.

Les Métatarsiens sont longs, écartés, et disposés comme ceux des Sauriens, augmentant en longueur du premier au quatrième, et le dernier étant de nouveau un peu plus court que son voisin. Les Orleds , qui sont aussi dans les mêmes proportions, mais fort allongés, ont, le premier et le second deux Phalanges , le troisième trois , le quatrième quatre , et le dernier trois.

ARTICLE III

Du Squelette des Oiseaux.

En passant du type des Mammifères et des Sauriehs, Animaux essen^ tiellement marcheurs, à celui des Oiseaux, Animaux destinés à parcourir Fairpar un vol plus ou moins rapide , faculté qui arrive chez eux à son plus haut degré de perfection , la nature a dû faire éprouver à leur corps ,

et notamment à leur squelette, des modifications fort grandes, comparativement aux autres Vertébrés terrestres, pour les approprier à ce mode de locomotion. Elle est bien arrivée à ce résultat dans les Chéiroptères , en modifiant simplement un peu leur constitution de Mammifères , mais elle n a pas pu atteindre par là le type de la perfection , plusieurs des conditions dans lesquelles doivent se trouver les Animaux de cette dernière classe étant incompatibles avec la faculté d'un vol rapide et longtemps soutenu.

Sans sortir du type général des Vertébrés, qui veut qu'il n'y ait au plus que deux paires de membres locomoteurs, et destinant exclusivement l'une au vol , et l'autre à la marche , ces deux conditions seules ont amené , par les conséquences les plus naturelles , presque toutes les différences qu'on remarque entre ces deux premières classes d'Animaux.

Par cela même que lesOiSEAiJx ne devaient marcher que sur leurs membres postérieurs et voler avec ceux de la première paire, leur colonne vertébrable ne pouvait plusêtre appuyée que sur un seul point , d'où résultait que si les vertèbres lombaires et dorsales étaient aussi mobiles que chez les Mammifères, le rachis fléchirait dans ces régions sous le poids du corps, sans que l'Animal puisse lej soutenir si ce n'est par des efforts musculaires excessifs , et de là insupportables. La nature créatrice a dû en conséquence rendre le thorax moins flexible dans ses vertèbres; résultat qu'elle a obtenu d'une part , en ne donnant à ces os que très-peu de mobilité ; et d'autre part , en élargissant considérablement le sternum , dont toutes les pièces sont en outre confondues en une seule; mais cela ne suffit pas, le tronc pouvant fléchir avec la plus grande facilité dans la région lombaire , et il a été remédié à ce dernier inconvénient , en supprimant cette partie du rachis, ou plutôt en faisant avancer le bassin par dessus , jusqu'au delà des costines qui lui adhèrent ainsi que toutes les vertèbres correspondantes ou lombaires , qui rentrent par là dans le sacrum.

En étendant ainsi le bassin en avant, la nature a en même temps obtenu l'avantage d'offrir de plus vastes attaches aux divers muscles, puissants moteurs en avant de la cuisse et de la jambe, et elle l'a également

250 PREUIÈRE PARTIE.

éteuda en arrière, sur un nombre de vertèbres sacrées beaucoup plus considérable que chez les MAMMitÉRES, pour qu'il présenlut aussi dans cette direction de larges insertions aux muscles postérieurs de ces membres , qui ont à supporter tout le poids du corps dans la marche et ]a course. Enfin , pour que le tronc ne puisse pas même fléchir dans les articulations sacro-iliaques, le sacrum ^ composé ainsi d'un grand nombre de vertèbres , s unit par chacune soit avec les ilium , soit avec les ischions ; et cela non-seulement par les apophyses transverses , mais encore par de petites costinelles qui se soudent bientôt après la naissance avec ces apophyses.

La différence la plus remarquable qu'on remarque du reste dans le bassin des Oiseaux, comparé à celui des Mammifères, est que les pubis, réduits à deux tiges fort grêles et longues , sont fortement écartés , de manière que labdomen s'étend entre eux jusqu a Tanus ; ce qui facilite beaucoup la ponte, les œufs n'ayant pas à passer exclusivement par le bassin. Cet écartement du pubis se fait d'ailleurs aussi remarquer chez les Tcdpa.

Le Bassin des Oiseaux se compose du reste , comme celui des Mammifères , de trois paires d'os principaux : les Ilium , les Ischions et les Pubis, également réunis dans la cavité cotyloïde.

Au Cou, au contraire, la mobilité des vertèbres a non-seulement pu être conservée , mais elle devait même suppléer au défaut de celle des vertèbres du dos et des lombes ; et en effet , ces os jouissent d'un trèsgrand mouvement en tons sens , au moyen de ginglymes doubles ou chiarthroses, qui équivalent à des enarthroses, mais encore leur nombre, bien plus grand que chez les autres Animaux , permet aux Oiseaux de porter leur bec sur toutes les parties du corps, mieux que ne le peut faire le Mammifère le plus souple.

Le nombre des vertèbres cervicales et dorsales est d'ailleurs difficile à déterminer, la limite qui les sépare n'étant pas si bien fixée que chez les Mammifères^ vu qu'il existe sur celle-là des appendices ou Costelles, doDtdes antérieurs sont , comme dans les Mammifères , entièrement confondus avec les apophyses transverses et constituent les apophyses Cos-

SYSTÈMB OSSBUX« 251

tellaires, mais devenant de plus en plus distincts, mobiles et même fort longs sur les vertèbres cervicales les plus postérieures , elles ne diffèrent plus des véritaBles côtes ou des dorsales, que parce que , d'une part , elles nont pas de pièces sternales, et surtout parce quelles ne s'articulent pas avec le sternum , reproduisant sur le cou €e qu'on appelle les fausses côtes sur l'arrière du thorax*

En prenant cependant cette dernière condition pour caractère des côtes (dorsales), ainsi que je l'ai proposé plus haut en parlant des Reptiles , il en résulte que le nombre des vertèbres cervicales varie dans les Oiseaux depuis 1 3 , qu'on trouve chez la plupart des Passereaux , c'està-dire 1 1 à 12 à costelles fixes, et 2 ou i , où elles sont mobiles, jusqu'à 25 qu'offre le Cygnus olor^ dont 23 sans appendices et 2 avec des costelles mobiles ; tandis que les vertèbres dorsales varient depuis 5 , qu'on remarque chez la plupart des Passereaux chanteurs , qui paraissent en avoir le moins, et suivies d'une vertèbre costinifère , jusqu'à 8 dorsales que présentent les j4lca^ suivies d'une ou de deux rudiments de costines soit vertébrales, soit sternales qui n'atteignent ni le rachis ni le sternum. Les sacrées, sans comprendre celles qui portent des costines, varient entre i3, qu'on trouve chez XAptenodytes chrysocoma ^ à i8 qu'a le Struthio camelus : 6 Sacro-iliaques et 1 2 Sacro-iscàiatiques.

Les Oiseaux ont généralement la Qwewe proprement dite fort courte, mais elle se prolonge considérablement par le moyen des longues plumes qui la terminent ^ et qu'on appelle plus communément la Queue chez ces Animaux , tandis que la partie osseuse et charnue du corps qui lui correspond, nommée plus particulièrement le Croupion^ présente le plus souvent la forme d'une mitre.

Les vertèbres de la queue sont assez peu nombreuses, ne variant, suivant le tableau qu'en donneCuviER(i), que de 5 qu'on trouve chez les Phasianusel les Dindons, jusqu'à 9 que présentent les Struthio; mais ce que ce savant regarde comme la dernière vertèbre est généralement un assemblage de plusieurs, excepté dans le dernier genre que

(I) l^eçom (Tanat. comp., 1. 1, p. 167. 180 >.

252 PRBMlèRB PARTIE.

je viens de nommer; de manière que presque tous les Oiseaux ont de 8 à 9 vertèbres caudales. Ces vertèbres ont d'ordinaire le corps court; les apophyses épineuses et transverses longues, très-fortes étrillantes, pour offrir de longs bras de levier aux muscles moteurs ; la queue , avec ses grandes plumes ou Rectrices , servant de gouvernail dans le vol, devait pouvoir résister avec une certaine force au courant d air qui la frappe; et ces plumes étant plus particulièrement insérées sur la masse osseuse qui termine la queue, cette masse est de là souvent plus grande que les autres vertèbres de cette région.

Les vertèbres des Oiseaux , tout en ressemblant beaucoup à celles des Mammifères , en diffèrent cependant assez pour qu on ne puisse pas les confondre, même au premier aperçu. Chez ces derniers Animaux, les corps de ces os sont unis par antityparthrose, tandis que chez les Oiseaux elles s articulent par chiarthrose , c est-à-dire que la base antérieure est en poulie transversalement concave, et la postérieure en poulie concave en sens opposé , sans ligament interposé; on y trouve du reste les mêmes apophyses , et souvent une acanthoïde , mais qui n existe d ailleurs que sur quelques vertèbres seulement, surtout aux dernières cervicales et premières dorsales.

Les apophyses épineuses sont d'ordinaire assez saillantes sur les vertèbres cervicales postérieures, mais diminuent rapidement d'arrière en avant, ou disparaissent presque sur le milieu du cou , puis s'allongent de nouveau sur les plus antérieures. Ce décroissement en sens opposé de ces apophyses est un fort joli fait de mécanique animale , dépendant de la position du centre de gravité de la tête et de la partie supérieure du cou pris ensemble; c'est-à-dire que verticalement, sous ce centre de gravité , ces apophyses sont très-courtes ; ce qui correspond au milieu à peu près du cou , tandis que , vers les deux extrémités placées en arrière de cette ligne verticale, les apophyses sont d'autant plus longues qu'elles en sont plus éloignées, afin d'offrir aux muscles moteurs de ces vertèbres des bras de leviers d'autant plus longs, que la verticale » passant par ce centre de gravité, en est plus éloignée. Un principe semblable, et dont je donnerai la démonstration dans mon Traité deméca-

STSTÈME OSSBDX. 253

nique ctniniale , s applique à la longueur des apophyses épineuses cervicales des Mammifères , et d ailleurs à la longueur, et même à la direction dune foule d'autres apophyses du squelette, et probablement à toutes, dont la longueur est généralement proportionnelle à t effort que les muscles qui s y fixent ont à supporter^ et leur direction est celle de la résuhante de toutes ces forces.

Jai dit plus haut que, de même que dans les Mammifères, la longueur du cou des Oiseaux, jointe à celle de la tête , est d ordinaire égale à la hauteur antérieure de TAnimal ; ceci est vrai pour la règle générale , mais présente un bien plus grand non^re d exceptions , vu que , par cela même que les Oiseaux ne sont appuyés que sur leurs membres postérieurs , ils peuvent plus facilement se baisser en avant , faculté renfermée toutefois dans une certaine limite .celle oii toute la longueur de la partie antérieure du corps avec le cou et le bec serait égale à la hauteur des pattes. Eiicore dans ce cas, Toiseau serait obligé de renverser entièrement son corps poar atteindre à terre , et la station deviendrait sinon impossible , du moins très-difficile. Les exceptions à la règle principale que je viens dmdiqùer se trouvent, comme chez les Mammifères, là où une cause déterminante, très-souvent appréciable pour nous. Ta voulu autrement, mais précisément dans la condition contraire que chez les Mammifères. Dans les Cygnus et les j^nas , par exemple, le cou est beaucoup plus long que les pattes, afin que ces Animaux aient la faculté de plonger au loin la tète sous leau pour y atteindre leur nourriture , et il en est de même pour une foule d'autres

Nous avons vu plus haut que le Sternum présentait un très-grand développement chez les Oiseaux , devant d'une part contribuer à empêcher le thorax de fléchir en dessous , et offrir de l'autre une vaste surface d'attache aux muscles pectoraux , dont l'action est si éminente dans le vol. Cet os prend de là une conformation et des dimensions propres à ces Animaux , indiquant , d'une manière toute particulière , cette double destination. Au lieu d'être composé de plusieurs pièces successives étroites et plus ou moins mobiles , comme chez la plupart des Mammi-

â5ft PREMlàAE PARTIE.

FÉRES, il nest formé qae d\iue seule très-large, bombée, occupant tout le dessous du thorax, et présentant, le long de la ligne médiane, une large lame triangulaire dirigée en dessous, connue sous le nom de Bréchtt^ servant à étendre encore la surface dmsertion des muscles pectoraux; lame qu'on trouve également, pour le même but, chez les Chéiroptères , tandis qu'elle manque chez les SlruXhio et les Casuannu& , qui ne volent pas ; mais le sternum de ces deux genres d'OiSEAux est toutefois fort large , pour prévenir la flexion du thorax.

Pour mieux contribuer à empêcher la flexion de la région dorsale de lepine, les côtes thoraciques s'articulent entre elles par une longue apophyse latérale qui se rend du milieu de chacune sur celle qui suit , et les cartilages costaux des Mammifères sont remplacés ici par des Côtes sternales osseuses articulées sur les Côtes vertébrales , avec lesquelles elles font un angle presque droit , en se dirigeant en avant sur le sternum ; qu elles rencontrent sous un angle aigu , et sont fort mobiles dans leurs deux articulations. Par cette disposition , le «ternum a la faculté de pouvoir être facilement rapproché et éloigné de la colonne vertébrale , mouvements par lesquels I'Oiseau fait varier la capacité du thorax , et cela beaucoup mieux que chez les Mammifères : cette disposition et ces mouvements sont calculés «sur le mode de respiration qui devait avoir lieu chez ces Animaux , ou l'expiration devait être active , et l'inspiration passive , le contraire de ce qui existe chez les Mammifères ; c'est-à-dire , que les muscles , tant spéciaux qu'accessoires , qui rapprochent le sternum de la colonne vertébrale , produisent par leur contraction une expiration active, et par leur relâchement, secondé encore par l'élasticité des parties , et quelques muscles faibles qui ramènent le sternum à sa disposition* primitive, ils produisent, en quelque sorte passivement, l'inspi* ration ; tandis que le diaphragme devenu inutile a pris une tout autre disposition. En effet , on conçoit que si l'inspiration se faisait , comme chez les Mammifères, par les mouvemaits du diaphragme, le thorax, quelque peu compressible qu'il puisse être , se trouverait , pendant le vol , violemment resserré à chaque coup d'aile par la puissance des muscles pectoraux , dont l'action serait rarement isochrone avec celle du

SYSTàMB OSSBUX. 255

diaphragme, et fort souvent même opposée, de manière à empêcher plus ou moins la respiration , d ou il résulte qu'il était beaucoup plus rationnel de soumettre l'acte de la respiration exclusivement à îagent dont l'action pouvait être le moins facilement évitée. De cette manière , il se fait une expiration à chaque abaissement d'aile ; et dans l'état de repos, le même effet est produit par les muscles qui fléchissent le sternum sur les côtes , et les côtes sternales sur les vertébrales.

La Tète des Oiseaux-, tout en présentant les mêmes parties principales qui caractérisent celle des Mammifères, et d'ailleurs celle de tous les autres Vebtébrés , offre cependant des différences fort grandes qui distinguent cette classe d'animaux, mais dans tous les détails desquelles je ne puis pas entrer ici* Elle est de même composée de cinq vertèbres successives bien distinctes, dont les trois postérieures forment seules le crâne; et les deux antérieures , avec les diverses pièces appendiculaires , constituent exclusivement la face; L'ethmoïde cessant ainsi de faire partie de la boîte crânienne, indique chez les Oiseaux un degré de dégénérescence de plus que dans les Mammifères, où il n'y a qu'une seule vertèbre entièrement faciale.

Mais les divers os qui composent la tête offrent souvent des formes et des dispositions fort différentes de ce qu'on voit chez les Mammifères, le tout ayant subi de très*grandes modifications jusque dans les parties les plus petites de chaque os, en passant par Tordre des Sauriens qui précède la classe des Oiseaux dans la classification naturelle, et il est de là bien plus difficile aussi d'y reconnaître directement des ressemblances avec les vertèbres du rachis, ayant même quelque peine à y retrouver, d'une manière évidente, les analogues d'une foule de parties constituant k tête des Mammifères. On y reconnaît cependant fort bien les Corps des cinq vertèbres, c'est-à-dire la cloison mésorrhinale, l'ethmoïde, le sphénoïde, le sphécoïde et l'os basilaire, ainsi que les os coronaux, pariétaux , loccipiul , les condyliens et les apophyses goniennes , qui forment dans les très -jeunes sujets, comme chez les Sauriens , des pièces à part ou os goniens.

A la face , on retrouve aussi sans difficulté les os labraux , siagonaux ,

256 PRBMlÈRfi PARTIE.

palatins , vomer, malaires et ungnis , tous formant des pièces particu* Hères ; enfin Jes mâchoires , qui sont elles-mêmes composées de plusieurs os comme chez les Sauriens , et d'ailleurs chez tous les Vertébrés ovipares.

Mais lanalogie n'est pas si facile à établir, relativement à plusieurs au« très os de la tête, pour lesquels il est nécessaire de suivre les modifications qu'ils ont subies dans la série des Reptiles Sauriens, où la ressemblance des parties est bien plus facile à saisir.

La cloison Mésorrkinale , cartilagineuse chez les jeunes sujets , oii elle forme le prolongement antérieur de l'ethmoïde, ainsi que cela a aussi lieu chez les Mammifères et les Reptiles , s'ossifie souvent dans les vieux Oiseaux , et représente alors parfaitement le Corps d'une première vertèbre céphalique ou la plus antérieure , formant même, dans beaucoup d'espèces, une lame entièrement séparée de lethmoïde, pour permettre dans leur intervalle un mouvement de flexion à la mandibule supérieure.

VEthmoide^ beaucoup moins compliqué que chez les Mammifères, est réduit , chez \Anas Boschas (Canard commun) , que je prends ici pour exemple, à sa lame verticale constituant le Corps àe la seconde des cinq vertèbres céphaliques , et forme une cloison entre la partie postérieure des fosses nasales et la portion antérieure des deux cavités orbitaires , séparées l'une de l'autre par une saillie verticale de cet os, Inférieurement, cette cloison se continue directement avec le corps du sphénoïde, en arrière avec une cloison membraneuse verticale qui va rejoindre la suture médiane des lames orbitaires des coronaux. En avant , l'ethmoïde se prolonge en une lame cartilagineuse formant le reste de la cloison des fosses nasales, et constitue dans les espèces où elle s'ossifie la pièce qui représente le corps de la première vertèbre de la tête. En haut , l'ethmoïde s élargit en un grand disque ovale , sur lequel s'appliquent en dessus , d'une part , l'extrémité antérieure des deux coronaux , et d'autre part , les apophyses frontales de deux os qui paraissent représenter au premier aperçu les naseaux , mais qui sont réellement les os métopinaux ; et entre eux se placent deux apophyses moyennes des os labraux , qui paraissent être

les véritables analogues des nasaux. Dans Fangle que le disque de lethmoïde forme de chaque côté avec la lame verticale est une cavité en cul-de-sac « ouverte en arrière , constituant le dernier reste de la partie osseuse des anfractuosités ethmoïdales , un peu plus compliquées dans d'autres Oiseaux , et qui se continue avec des anfractuosités cartilagineuses représentant le reste de l'ethmoïde. Ce dernier os ne fait ainsi plus aucunement partie de la boîte crânienne.

Les deux os Métopinaux dont je viens de parler semblant représenter les nasaux des Mammifères , en occupent , en eifet , à peu près la place, mais offrent du reste aussi une forme et des rapports particuliers qui les en différencient. Us sont situés à la région antérieure du front, au-dessus des fosses nasales dont ils forment la voûte, en s étendant des coronaux jusqu'aux narines, qu'ils contournent dans leur partie postérieure, et le cadre de ces ouvertures est complété en avant par le labral , ainsi que cela est chez les Mammifères.

Ce sont deux grands os en forme de lame fort allongée d arrière en avant , placés l'un près de l'autre , séparés seulement par un espace étroit , occupé par les deux longues apophyses moyennes du labral , qu'ils longent en se suturant avec elles dans toute leur longueur. En dehors , ces os s'articulent avec les unguis , ce qui n'a jamais lieu pour les nasaux , et s'appliquent dans leur partie postérieure sur l'ethnraïde. A leur extrémité antérieure, ils se prolongent en une longue apophyse angulaire formant le bord interne de la narine ; et de la base de ce prolongement part au bord e^^terne une branche latérale recourbée en dessous , occupant le bord postérieur de cet orifice, et qui adhère, par toute sa face interne , à la lame palatine du siagon.

Cet os diffère ainsi du nasal des Mammifères en ce qu'il s articule avec l'unguis, et de plus par son prolongement latéral, ce qui n'a jamais lieu chez ces derniers Animaux ; mais en comparant la tête des Oiseaux à celle des Sauriens, cet os présente plus d'analogie avec le métopion, pièce que Cuvier a nommée chez eux le Frontal antérieur, comme correspondant dans les Mammifères à la partie de l'os coronal qui forme le sinus frontal, partie qui se sépare du coronal dans les Reptiles, les Chb-

358 PRBHIÈRB PARTIB.

LONiBNS , les Poissons, et, d après ce savant, aussi chez les Oiseaux, pour former dans les quatre classes une pièce distincte même chez les individus avancés en âge.

Quant aux os Nasaux , je viens de dire que je crois les trouver dans deux longues apophyses en forme de lamelles fort minces, placées au milieu du bord postérieur du' labral commun (les deux étant confondues) , où elles se portent en arrière , placées Tune à côté de Fautre, et comprises entre les deux métopions, en remontant jusques auprès des coronaux, occupant, comme les nasaux des Mammifsrks, la partie interne de la voûte des fosses nasales. Ces lamelles étant adhérentes au labral , on les considère généralement comme les analogues des apophyses internasales de ces os , qu on trouve en effet chez un grand nombre de Rbptiues , ce qui , je crois , induit en erreur, mais qui manquent aussi chez plusieurs , et spécialement dans ceux qui ont le plus d'analogie avec les Oisbacx pour la composition des os de la tête , tels que la plupart des Geocodi- LiEms. Ces apophyses offrent ensuite ceci de particulier, qu'elles ne tiennent à Tos labral que par une pointe fort aiguë : ce qui n'est d'ordinaire pas le caractère de ces prolongements , et que cette pointe s'insinue profondément dans une fente, reste de la suture des deux os labraux; ce qui semble aussi indiquer qu elles y sont simplement enchâssées. Enfin , ces apophyses restent toujours distinctes , tandis que les os labraux sont confondus chez les plus jeunes sujets , sans qu'on puisse apercevoir la moindre trace de leur suture^ et il serait vraiment étonnant que deux de leurs apophyses si grêles restassent seules constamment séparées. Il est vrai qu elles sont à tous les âges confondues avec ces os, mais nous avons ailleurs de nombreux exemples d'autres os qui s'unissent ainsi à leurs voisins.

Les Unguis , grands et bien distincts, ont une forme triangulaire et s articulent , par lun de leurs côtés , sur le bord latéral du métopion , immédiatement au devant ducoronal, ainsi qu'avec le bord du prolongement antérieur de ce dernier placé dessous! De là , ils se dirigent latéralement en dessous par leur angle opposé , en formant le bord antérieur de l'orbite.

Le Sphénoïde et le Sphécoide sont constamment confondus en une

SYSTÈME OSSBUX. ^59

seule pièce dans tous les Oisbacjx, ainsi que cela a également lieu chez les autres VsKriBRÉs ovipares, en offrant surtout la plus grande ressemblance avec la même partie des Sâubiems. En comparant Tos commun à ses deux pièces dans les Mammifbebs , on peut cependant reconnaître encore les parties qui correspondent à chacune; et chez la plupart des OiBBÂGx , on remarque même un pli rentrant transversal indiquant leur séparation , sans cependant jamais former une véritable suture , et pour rappeler leur analogie avec les deux os des Mammifères, je les décrirai ici comme s'ils étaient réellement distincts , ainsi que je lai fait pour les Reptiles.

Le Sphérmde , beaucoup plus simple que chez les Mammifères , et rappelant tout à fait la forme et la disposition qu'il a dans les Sauriens , est réduit , comme ici , au corps proprement dit de los, à la partie correspondante à ce qu on nomme lapophyse rostmle de \ Homme. Cette apophyse se continue à son extrémité antérieure avec lethmoîde , et produit à sa face supérieure une lame verticale impaire formant la cloison des orbites, qui se suture en avant également avec Fethmoïde, et plus en arrière, elle se porte vers la suture où se rencontrent les lames orbitaires des deux coronaux ; c'est-à-dire que cette lame verticale du sphénoïde est Tanalogue des deux qu'on remarque chez les Reptiles , oii elles forment encore les parties latérales des parois antérieures de la cavité crânienne , portion delà boîte cérébrale qui s oblitère entièrement dans les Oiseaux. Enfin en arrière , cette cloison se bifurque pour se continuer avec les gonieos.

A la face mférieure , le corps du sphénoïde , porte de chaque côté à sa partie moyenne une facette arthrodiale saillante , sur laquelle s articule fos omoïde; disposition qui a la plus grande ressemblance avec ce qui existe chez les Reptiles Sauriens, présentant toutefois cette différence, que dans ces derniers, il n'y a pas proprement arthrodie entre les parties: caractère exclusivement propre aux Oiseaux,

Postérieurement, le corps du sphénoïde s'élargit subitement et se continue en arrière, dans toute sa largeur avec le sphécoïde; et dans cette portion seule, il entre dans la composition de la boîte crânienne.

Les OS Ingmssiaux, déjà réduits à de simples petits rudiments chez les Sauriens, où ils sont contenus dans les parois antéro-latérales du crâne, paraissent avoir disparu chez les Oiseaux; mais sont plutôt représentés par les lames postéro-latérales faisant suite à la cloison interorbitaire.

Les Coronaux ou Lame de la vertèbre sphénoïdale , constituent les plus grandes pièces du crâne, occupant la majeure partie de sa région supérieure et latérale, lis se joignent entre eux à la ligne médiane par la suture coronale, et se prolongent en avant, chacun en une longue apophyse frontale , recouvrant immédiatement l'ethmoïde , en s'appliquant sur son disque supérieur, où elle s'articule avec l'os métopion du même côté, qui fait suite au coronal. Sur les côtés, ce prolongement se replie en dessous dans l'orbite pour former la lame orbitaire de l'os , qui se continue en avant avec l'ethmoïde ; au milieu , avec la cloison membraneuse des orbites ; en arrière, avec l'os gonien; et sur son prolongement antérieur, s'articule au bord externe l'os unguis.

Dans sa partie postérieure , le coronal est beaucoup plus large , constitue la majeure partie de la paroi latérale du crâne, et se suture en avant, où il forme le bord postérieur de l'orbite, avec l'os gonien, en bas avec le squammeux , et en arrière avec le pariétal.

Derrière le sphénoïde se trouve le Corps de la quatrième vertèbre céphalique ou leSphécoïde. Sa face gutturale est à peu près trapèze, et fort large transversalement. Son côté antérieur se continue avec le sphénoïde; le postérieur, très-court, s'articule avec le basilaire; les deux latéraux avec les condyliens; et plus en dedans avec les rochers , par deux petites lames représentant les grandes ailes ou apophyses ptémles ^ qui ne constituent pas de pièces spéciales chez les Oiseaux , et sont entièrement cachées dans les cavités des caisses; sans faire partie des parois des fosses temporales.

Les os GorUens^ qui forment dans les Mammifères une apophyse cernant la partie suprà-postérieure du cadre de l'orbite , mais deviennent chez les Verterrés ovipares des pièces particulières , ont aussi ce. double caractère chez les Oiseaux. Ce sont dans ÏAnas Boschas deux plaques à peu près carrées, occupant la r^ion postérieure de la fosse orbitaire, en

SYSTÈMB OSSEUX. 261

S articulant par sutare , en bas avec les apophyses dlngrassias , en dehors avec le squammeux, en formant avec lui une grosse apophyse dirigée en avant, occupant la partie infrà-postérieure du cadre de l'orbite. En haut, le gonien se sature avec le coronal, et se continue au bord interne en une expansion membraneuse qui va rejoindre près de la ligne médiane la cloison des orbites.

Les os Pariétaux ou Lames de la vertèbre sphécoïdale , sont généralement encore plus petits que chez les Sauriens. Ce sont dans les Ânas deux pièces quadrilatères, occupant la région postéro-latérale du crâne; s'unissant entre elles par une suture sagittale fort courte ; et s'articulent clément par suture, en avant, avec les coronaux; en bas, avec les squammeux et les condyliens; en arrière, avec l'occipital, sans interposition d'un wormien, qui paraît manquer chez tous les Oiseaux.

Quant aux os Ptérygoïdien et Omoïde^ ils sont , comme chez tous les autresVERTÉBRÉs ovipares, entièrement séparés du sphécoïde ; et le premier paraît représenté chez les Oiseaux par une longue apophyse attenant au siagonal ; tandis que lomoïde placé à la suite du palatin , comme chez les Reptiles Sauriens, joint cet os au tympanique.

La vertèbre Basilaire on cinquième céphalique , n'est formée, comme d'ailleurs chez tous les Vertébrés , que de pièces entièrement immobiles.

L'os Basilaire^ Corps de la vertèbre, toujours dans les mêmes conditions principales, est un petit os triangulaire, articulé en avant avec le sphécoïde, et sur les côtés avec les condyliens, en formant par son extrémité postérieure une très- petite partie moyenne du condyle occipital, unique chez ces Animaux , ainsi que chez la plupart desYERTÉBRÉs ovipares ; mais composé toutefois chez les Oiseaux de deux saillies latérales , appartenant plus particulièrement aux os condyliens; ce qui prouve que ce condyle est formé, comme dans les Sauriens , de deux confondus entre eux.

Sur les côtés du basilaire, se trouvent, comme d'ordinaire, les deux os Condyliens , qui se relèvent en contournant le trou occipital , pour aller s'articuler au-dessus avec l'os occipital. Au devant du basilaire , ils se suturent au bord inférieur avec le corps du sphécoïde ; par le bord antérieur, en bas , avec le rocher ; plus haut et en dehors , avec le squam-

PRBMIÈRE PARTIE.

meux ; et en haut , d'une part , avec le pariétal , et de l'autre avec l'occipital; enfin , l'angle infra-postérieur se renfle et forme la partie latérale du condyle occipital.

L'os Occipitcdy également bien distinct chez les Oiseaux , est une pièce d'ordinaire assez mince , placée au-dessus du trou du même nom qn il concourt à circonscrire par son bord inférieur; sur les côtés , il s'articule en bas avec les condyliens , et latéralement ainsi qu'en haut avec les pariétaux.

Le Rocher^ plus petit et surtout moins dur que chez les Mammifkeks i et souvent moins grand que dans beaucoup de SAUftisns, occupe à peu près la même place que dans ces derniers , en se confondant bientôt avec le condylien , dont il semble n'être qu'une partie , et non avec le squam* meux ou le tympanique , comme dans les MABmiFERis. 11 est entièrement caché , recouvert en arrière par le condylien ; en haut y par le squammeux , et plus bas, par le tympan. La cavité du labyrinthe ressemble aussi beaucoup plus à celle des Sauriens qu'au labyrinthe des MAimiFÈaBS. Le vestibule est placé en dessus, et la fenêtre vestibulaire ne s'ouvre pas directement dans la caisse , mais dans un canal commun à la £»iêtre co* chléaire. Le Limaçùn , situé au-dessous du vestibule , est divisé encore en deux rampes par une petite lamelle , mais ne £ait plus qu'une petite portion de tour de spire. Enfin , les Canaux Semi^circuUoiJ^ également au nombre de trois , sont placés au-dessus et en arrière du vestibale dans lequel ils s'ouvrent.

Les osselets de la caisse se trouvent réduits à deux, dont l'un ou ïEtrier ressemble , comme celui des Reptiles , à un clou , dont la tête arrondie, formant sa platine, ferme la fenêtre vestibulaire, et la tige, di«rigée en dehors , traverse le canal commun aux deux fenêtres , pour se terminer au tympan , oîi elle s'articule par son extrémité avec le second osselet ou le Marteau , pièce rudimentaire contenue dans le tympan^

L'os Squammeux est réduit, comme dans les REmiiS; à sa seule portion écailleuse , étant non-seulement privé de toutes les parties qui en font un os très-'Compliqué chez Y Homme , oii le tout reçoit le nom de Temporal^ niais encore l'apophyse corsale qui entre dans la compo-

SYSTÈME OSSKUX. 26S

tïition de Tarcade zygomatique chez les Mammifères , s en est séparée , ainsi que cela a également lieu dans les Reptiles, pour former une pièce à part , et sen éloigne même par l'effet du tympanique qui s est interposé comme chez les Crogodiliens , et le squammeux des Oiseaux occupe en effet , de même que dans ces derniers Animaux et les Mammifères , la r^ion latérale du crâne , où il forme dans ÏAnas Boschas une plaque allongée d'avant en arrière, située au-dessous de la partie élargie du coronal et du pariétal, avec lesquels il se suture en haut; en avant, il s'unit au gonien , en s'avançant jusqu'à l'orbite , où il se prolonge sur la face externe delà grosse apophyse qui cerne la partie infrà-postérieure de cette cavité. En arrière , le squammeux se suture avec le condylien , et en bas, avec le rocher, conservant ainsi les principaux rapports qu'il a chez les Mammifères.

Privé de son apophyse corsale , cet os ne s'articule plus avec la mâchoire , ainsi que cela a lieu chez les Mammifâres ; la cavité glénoîde est portée, comme chez les Sauriens et les Ghbloniens , sur l'extrémité inférieure du tympanique , tandis que dans les Batraciens , nous avons vu reparaître la disposition propre aux Mammifères , en cela que la mâchoire s'arthrodie de nouveau avec l'os corsai ^ séparé toutefois du squammeux , et ce derniw os s'articule en bas chez les Oiseaux, comme dans les Sauriens Lagertibns , etc., avec le tympanique, devenu parfaitement mobile, et ne contribue même plus à former la caisse , rejetée davantage en arrière et en bas.

L'os Mastoïdien , autre démembrement du temporal de ï Homme , et formant déjà une pièce parfaitement distincte chez un grand nombre de jeunes Mammifères , paraît avoir disparu dans les Oiseaux , ou s'être du moins confondu avec le condylien. La première de ces opinions semble ressortir de ce fait , que cet os est déjà entièrement rudimentaire dans les Sauriens lagertiens , Iguaniens , etc., Animaux auxquels les Oiseaux paraissent se rattacher par le genre perdu des Ptérodactylus.

La seconde opinion se fonde au contraire sur cela, que le condylien et même l'occipital sont creusés de cavités aériennes en communication avec la caisse , cavités qui semblent remplacer les cellules mastoïdiennes ;

mais par cela même que ces cavités se prolongent dans ces os, il est évident qu elles ne sont pas les cellules mastoïdiennes elles-mêmes , mais des annexes. Cuvier nomme, chez les Grocodiliens et les Chélonibns, os mastoïdien , ce qui est , selon moi , le squammeux.

Le Tympanique^ autre démembrement encore du temporal de X Homme , et qui constitue aussi chez les jeunes Mammifères un os à part formant le cadre du tympan , prend dans les Oiseaux une rlisposition analogue à celle qu'il a dans les Reptiles lacertibns, et s éloigne même plus encore des conditions qu'il présente dans les Mammifères ; au point qu'il serait impossible de reconnaître que ce soit le même os. Mais en plaçant entre, les têtes des Ghèloniens et des Sauriens, en commençant par les Emys, les Trionys et les Grocodiliens, il ne peut plus rester le moindre doute sur son analogie avec les parties qui lui correspondent dans X Homme. On voit alors que le cadre du tympan , encore fixe chez les Ghèloniens et les Grocodiliens , présente la facette arthrodiale articulée avec la mâchoire , qui s'est portée sur cet os en abandonnant le squammeux , ou plutôt son apophyse corsale devenue une pièce particulière ; transposition dont on voit déjà un commencement dans X Homme y ainsi que je Tai déjà fait remarquer plus haut. Mais le tympanique de ces Animaux, beaucoup plus volumineux que celui des Mammifères, continue à former le cadre du tympan. Dans d'autres Ghèloniens , ainsi que chez les Crocodilus^ l'os est encore fixe , mais ne forme déjà plus que la partie antérieure du cadre du tympan ; et nous avons vu , en parlant des autres Sauriens, que plus loin , chez les Lacertiens , il ne constitue également qu'une portion plus ou moins petite du bord antérieur de ce cadre , en même temps qu'il commence à devenir mobile, et le devient enfin tout à fait dans les Oiseaux , où il cesse de donner attache au tympan , en conservant, du reste , à peu près la même forme et la même disposition que chez les Lacertiens.

L'os tympanique des Oiseaux n'a ainsi plus ni la forme, ni la disposition, et surtout plus la même fonction que chez les Mammifères , cessant non-seulement de donner insertion au tympan , mais ne fait même plus partie de la caisse , portée davantage en arrière et séparée de cet

SYSTEME OSSEUK. 265

0$ par un profond repli des téguments. Celle grande différence el la forme particulière qu'il affecte chez les Oiseaux , lont fait appeler os carré par ceux qui le considéraient comme un os propre à ces Animaux ; et beaucoup d'auteurs modernes continuent à employer encore ce nom , quoiqu'ils sachent fort bien que c est lanalogue du cercle du tympan de \ Homme ; et je crois devoir, à Tinsiar d autres anatomistes , lui conserver, au contraire, le nom de tympanique, qui ne lui convient plus rigoureusement, afin de lui appliquer toujours la même dénomination, et éviter par là les méprises.

La Caisse^ placée derrière le tympanique, est formée, à l'exclusion de cet os , par le rocher en dedans, le condylien en arrière, le sphécoïde en bas, et le tympan en dehors; et cette dernière membrane s'insère à ces os.

Au lieu d'être, comme chez les Mammifères, suturé de toute part aux os avoisinanls , le tympanique est au contraire , ainsi que je viens de le dire, parfaitement mobile, et mis en mouvement par plusieurs muscles qui agissent par lui médiatement sur la mâchoire. Il est placé en dessous du squammeux , et s'arlhrodie en bas avec l'os maxillaire.

Ainsi complètement changé dans ses principales conditions, le tympanique forme une pièce épaisse , à peu près carrée , dont l'angle supràpostérieur se prolonge d'ordinaire en une forte apophyse oblique, s'arthrodiant par son extrémité, au moyen d'un condyle transversal, dans une cavité glénoïde formée, chez les AnaSy par la réunion des os squam* meux , gonien et rocher. L'angle antéro-supérieur se prolonge en avant et en haut en une seconde apophyse, plongeant librement dans la fosse temporale, ou elle donne attache à des muscles moteurs indirects de la mâchoire. L'angle infrà-antérieur s'arlhrodie avec l'os omoïde, également mobile. L'angle infrà-postérieur s'articule avec l'extrémité postérieure du corsaL Et enfin , le long du bord inférieur se trouve le condyle par lequel le tympanique s'arlhrodie avec la mâchoire.

L'arcade zygomatique des Oiseaux forme une simple tige droite, trèsfaible , se rendant de l'extrémité postérieure du siagonal horizontalement en arrière, sur la face externe de l'angle infrà-postérieur du tympanique , avec lequel elle s'articule près de la facette arthrodiale* Cette arcade est

composée dans les jeunes sujets de trois parties, déjà reconnues en 1 807 par Geoffroit-Saint-^Hilaire , dont la première, dont j'ai déjà parlé plus haut, est une longue apophyse grêle du siagonal, terminée en pointe; et les deux autres des osselets également longs et très-minces , qui lui font suite; les trois, se croisant longitudinalement entre eux , s'unissent à la fin , et ne forment chez Taduite qu'une seule tige osseuse.

La première partie est une très-longue apophyse grêle , partant de la tubérosité du siagonal, d'oii elle se dirige directement en. arrière pour se terminer, vers le milieu de l'arcade zygomatique, en une pointe aiguë.

La seconde partie est un petit osselet en forme de filet , placé au milieu de l'arcade, et finissant en pointe aux deux bouts; et la troisième forme également une petite pièce fort allongée , terminée en pointe en avant , et légèrement renflée à son extrémité postérieure , où elle s'articule avec le tympanique.

En comparant cette tige à l'arcade zygoma tique des Mammifères et des Sauriens , on ne trouve rien chez ces Animaux qui corresponde par^ faitement à l'apophyse du siagonal , laquelle semble toutefois représenter, ainsi que je l'ai déjà dit , l'os Ptérygoïdien des Reptiles , qui manquerait sans cela chez les Oiseaux; tandis que l'osselet du milieu trouve sans difficulté son analogie dans le Molaire^ dont il occupe la place dans les deux classes, et forme également dans les f^aranus et les Tupinambis une pièce fort grêle. Enfin , le troisième osselet de la tige répond aussi parfaitement au Corsai des Crocodilus , ayant avec lui la plus grande analogie par sa situation.

Le Palatin et l'Omoïde forment , comme dans les Sauriens Lacertievs , Iguaniens, Scincoïdiens , une chaîne placée dans la région moyenne du palais , se rendant de l'extrémité postérieure du siagon à l'angle infràinterne du tympanique , mais malgré cette similitude dans la disposition^ ces os diffèrent encore notablement de leurs analogues chez ces Animaux , en s'éloignant plus encore des conditions dans lesquelles ils se trouvent dans les Mammifères; en cela que cette chaîne devient même mobile d'avant en arrière.

Le Palatin de YJnas Boschas est un os assez fort et allongé, uni en avant , dans sa partie principale répondant à la lame palatine , par des sutures écailleuses au labral et ausiagon, entre lesquels il s'enfonce par une languette fort mince, qui lui permet de fléchir en dessous et en dessus, selon que le demandent les mouvements du bec, dont la mandibule supérieure est mobile par camipèsechez hes Oiseaux. De cette extrémité antérieure le palatin se porte horizontalement en arrière pour s'arthrodier poâérieurementavec lomoïde. Près de cette articulation, il produit à sa partie suprà-in terne une longue apophyse grêle, représentant sa lame nasale , recourbée en dedans pour revenir en avant , en longeant celle du c6té opposé, à laquelle elle s'unit par suture, ainsi qu a l'extrémité du vomer placé dans la ligne médiane ; de manière à circonscrire avec ce dernier une grande ouverture, formant l'orifice guttural de la fosse nasale.

Quant à YOmoïde , que Hérissant r^ardait comme mi os propre aux Oiseaux , et lui assigna le nom sous lequel je le désigne ici , il se sépare en effet également tout à fait du sphénoïde , en formant non-seulement un os à part, qui a, par sa disposition et ses rapports, la plus grande analogie avec son analogue chez les Reptiles sauriens , et plus spécialement avec celui des Lacertiens, des Iguaniens , des Gékotiens et desSciNcoïDiENS; mais il devient même très-mobile sur le palatin, le sphénoïde et le tympanique , avec lesquels il s'arthrodie. La différence qu'il présente avecson analogue des Mammifères est tellement grande , qu'il serait impossible de le reconnaître comme représentant la même partie , si on n y était point conduit par les transformations graduelles qu'il éprouve dans la classe des Reptiles. C'est Geoffroy-Saint Hilaire qui, le premier, le reconnut , en 1 807 , comme représentant l'apophyse ptérygoïde interne des Mammifères.

Dans toutes Ja classe des Oiseaux, TOmou^ est une petite tige plus ou moins grêle, renfléeaux bouts , où elle présente de petites facettes arthrodiales , dont la postérieure s'articule avec l'angle infrà-antérieur de Tos tympanique. De là , lomoïde se dirige librement en avant et en dedans vers le corps du sphénoïde , avec lequel il s'arthrodie par le côté , et un

peu plus en avaot, par sa facette articulaire terminale, avec Textrémité postérieure du palatin.

Quant aux os Siagonaux , ils sont considérablement réduits dans les Oiseaux, Animaux privés de dents. Chez lésinas cependant, leur corps forme encore une lame allongée, mince et assez grande, constituant la partie postérieure du bord du bec, et recouverte dans sa portion antéro-supérieure par le labral , auquel il est uni par une suture écailleuse ; mais chez la plupart des autres Oiseaux , le siagon n entre plus dans la composition du bord latéral du bec, et se trouve entièrement recouvert par le labral.

En dedans , le siagonal forme une lame palatine qui sépare la cavité buccale de la fosse nasale , en s unissant par une suture harmonique avec celle du côté opposé. De l'intervalle des deux lames part postérieurement cette longue apophyse en forme de filet , que je crois représenter l'apophyse ptérygoïde externe des Mammifères ou os ptérygoïdien des Reptiles , et qui se porte en arrière pour former la partie antérieure de 1 arcade zygomatique.

Les Labraux , fort petits chez les Mammifères et les Reptiles , où ils portent les dents incisives , prennent au contraire un très-grand développement dans les Oiseaux , où les deux , confondus en une seule pièce , même avant la naissance , forment la majeure partie de la portion osseuse du bec. Cet os commun est composé d'une partie principale ou lame palatine , soutenant à elle presque seule la mandibule supérieure du bec quelle remplit y et en prend la forme. Postérieurement, cette partie élargie se divise en quatre apophyses , dont les deux latérales s'unissent par une suture écailleuse avec le siagon du même côté, en le couvrant en grande partie en dehors y et les deux apophyses moyennes , fort petites et rapprochées Tune de l'autre, ne sont séparées que par une profonde scissure dans laquelle pénètrent les deux os nasaux , qui forment chez les Oiseaux les apophyses du labral. Enfin , l'intervalle des deux apophyses de chaque côté forme le bord antérieur des narines.

Les Cornets du nez sont cartilagineux chezles jeunes Oiseaux , et le reste même jusqu'à un âge plus ou moins avancé. Dans quelques espèces^ on

STSTÈMB OSSEUX. 269

les trouve cependant ossifiés, et alors ils semblent faire partie des siagonaux. Ils sont d ordinaire peu compliqués et placés dans les narines , en se prolongeant même assez fortement en arrière vei^s l'orifice postérieur des fosses nasales.

Entre les deux palatins se trouve le Vomer^ formant la cloison qui sépare les orifices postérieurs des fosses nasales. C'est généralement une lame mince, simple, impaire, assez étroite, s articulant postérieurement avec les branches internes des palatins, et en avant, par chindelèse , avec Textrémité postérieure de la lame palatine des siagons , entre lesquels il pénètre un peu.

Les Mâchoires des Oiseaux sont confondues dans leur r^ion mentonnale, et cela déjà chez les fœtus; mais chaque branche se compose , comme dans les Reptiles , de plusieurs pièces répondant à celles de ces derniers Animaux ; c est-à-dire qu'on y trouve de même un os Mentarmal analogue aux deux des Sauriens; un os Esotérique occupant la face interne de la mâchoire ; et un Ârthrique^ qui forme larticulation avec le tympanique ; mais les os que j'ai désignés chez les Reptiles sous les noms de Coronoïdien , jànguUn et Marginmre , ne sont pas distincts , et paraissent, vu leur emplacement ordinaire, confondus en une seule grande pièce que forme l'arthrique.

On sait que les Oiseaux n'ont pas de dents, quoique Geoffroy-Saint- HiLAiRE ait prétendu les avoir découvertes chez de très-jeunes sujets de Psùtacus, de Casuarius^ etc. ; mais ces organes de mastication sont favorablement remplacés dans leur fonction par les deux Mandibules du bec , lames cornées qui enveloppent les deux mâchoires , qu'elles garnissent absolument comme les griffes des Mammifères digitigrades chaussent les phalanges unguéales, et cette ressemblance est même si grande, que la substance cornée de ces mandibules, son mode de développement, et jusqu*à la forme de la mandibule supérieure , est la même.

Les organes des sens sont distribués, comme chez les Mammifères et les Reptiles, en offrant toutefois des modifications propres à toute cette classe d'Animaux.

Les Yeiix, formés sur le même modèle, diffèrent déji de ceux des

Mammifères par quelques parties de perfecdonDemeat que ces organes ont déplus, telles qu'une troisième paupière ou Membrane clignotante ^ toile très-mince , transparente , susceptible de passer devant le globe, qui permet à ces Animaux de supporter une lumière très-vive, et même de fixer le soleil. Cette membrane est mue par des muscles qui manquent en conséquence chez les Mammifères.

L organe de Y Ouïe occupe la même place relative que chez \ Homme , mais diifère de celui de ce dernier, en cequil manque, comme chez les Reptiles, de l'appareil extérieur, nommé le pavillon, réduit dans les Oiseaux à un simple repli de la peau, entourant le trou auditif, mais dépourvu de muscle.

Quant à Foreille interne , elle diffère paiement sur plusieurs points de celle de ï Homme par une moindre complication dans ses parties , et surtout par un Limaçon rudimentaire comme celui des Reptiles , et réduit à une simple petite portion d'arc : ce qui semble indiquer un degré inférieur dans la faculté d'entendre , tandis que c'est précisément dans la seule classe des Oiseaux qu'on trouve des Animaux réellement musiciens, ^t surpassant même de beaucoup ï Homme.

L'organe de ï Odorat ressemble ^ aussi à celui des Mammifères par sa disposition, et paraît être même fort délicat chez certaines espèces, comme, par exemple, celles qui vivent de chair corrompue, ces Oiseaux se rendant à de très-grandes distances sur les lieux où. se trouve le corps de quelque Animal mort.

Pour ce qui est de l'organe du Goût^ dont la langue est ordinairement le principal réceptacle, il diffère également assez peu , quant à sa forme, de celui des Mammifères et des Reptiles Sauriens; mais \» sens lui-même y est, à ce qu'il parait, généralement plus obtus, vu que les téguments de la langue sont plus coriaces et même cornés dans beaucoup d'espèces; aussi la plupart de ces Animaux avalent-*ils leur nourriture sans la mâcher. Il y en a toutefois aussi , comme les Psittacus , dont la langue est très, charnue, qui savourent longtemps ce qu'ib mangent; et quoique un grand nombre d'autres espèces aient l'extrémité de cet organe cornée , tels que beaucoup de granivores , elles dis-

STSTÈMB OSSEUX. 271

tinguent très*bien les divers aliments, en montrant une préférence marquée pour certaines substances , et surtout pour des graines sèches , qui doivent produire une faible impression sur Forgane du goût , en le supposant même fort délicat. Mais il est probable que c'est plus parti* culièrement à la base de la langue et au palais que la sensation du goût est perçue.

\Jj4ppareil de la s^oix diffère notablement de celui des Mammifères et des Reptiles, se divisant en deux parties, éloignées Tune de Tautre de toute la longueur de la trachée-artère, aux deux bouts de laquelle elles sont situées. L'une , qu'on nomme le Larynx supérieur^ correspond plus particulièrement à celui des Mammifères. C'est une fente longitudinale à lèvres rentrantes , qu'on remarque à la base de la langue , et formant lorifice de la trachée-artère ou la Glotte^ accompagnée d'une épiglot te rudimentaire. Les lèvres de cette ouverture pouvant s'écarter ou se rapprocher à la volonté de l'Animal , elles remplacent par là , d'une part , les lèvres des Mammifères dans leurs fonctions , et surtout de YHomme, pour produire l'articulation de la voix ; et de l'autre, elles remplacent l'épiglotte pour empêcher les aliments de pénétrer dans la trachée-artère. Ce larynx renferme plusieurs pièces osseuses ou cartilagineuses correspondant à celles des Mammifères, mais un peu autrement disposées. Plusieurs de ces pièces devenant rudimentaires chez beaucoup d'OiSEAux, j'indiquerai ici leur disposition dans le Diomedea exulans, dont le larynx est bien développé.

Le dessous de cet appareil est entièrement occupé par une large pièce Thyroïde osseuse, de forme triangulaire, l^èrement bombée, dont les bords latéraux se recourbent en dessus, et dont les deux angles postérieurs se prolongent ensuite en dedans en deux larges apophyses qui vont se réunir à la ligne médiane par leurs extrémités , de manière à présenter un anneau formant le commencement de la trachée-artère ; ce qui a fait considérer à tort cette pièce par Gcvier (i) ; comme étant l'analogue du cricoide. Cette pièce offre ainsi en dessus une large ouver-

(1) j^nai, comp., t. IV, p. 490.

272 PREMIÈAE PAATIE.

ture ovale , clout le milieu est occupé par la glotte. Entre les deux apophyses postérieures de ce thyroïde est un petit grain cartilagineux ^ rudiment du véritable Cricoïde^ lequel ne forme ainsi plus un anneau autour de lorigine de la trachée , mais simplement une petite pièce placée à l'extrémité postérieure de la glotte , et représente simplement le chaton du cricoïde , pièce que Guyier indique sans la nommer.

De ce dernier petit cartilage partent deux Aryténdides beaucoup plus grands que chez les Mammifbr&s , et surtout fort longs , se dirigeant en avant jusqua lextrémité antérieure du thyroïde , à laquelle ils se lient par des ligaments. Ces deux aryténoïdes sont placés dans louver* ture supérieure du thyroïde , et séparés des bords latéraux de ce dernier par un espace vide , afin de pouvoir se porter de côté pour produire 1 élargissement de la glotte, formée par Fintervalle des deux aryténoïdes.

VEpiglotte est un petit grain cartilagineux triangulaire placé en avant entre les extrémités des aryténoïdes et l'angle du thyroïde, en faisant saillie en dessus. G est ainsi également un simple rudiment que Cuvibe n a pas aperçu , ce célèbre anatomiste disant que chez les Oiseaux il n'y a ni cartilage thyroïde, ni aryténoïde, ni épiglotte I... et cependant il les indique , à l'exception de cette dernière , mais sans leur donner de nom.

Le larynx des Oiseai}x forme ainsi dans son ensemble un ovoïde déprimé, ayant une grande ouverture à sa partie postérieure par laquelle il se continue avec la trachée-artère; et une large ouverture à sa âice supérieure partagée en trois parties par les aryténoïdes ; mais dont les deux ouvertures latérales sont fermées par des muscles , et la moyenne constituant la Glotte est rétrécie par des parties molles , de manière à ne former qu'une simple fente, dont les bords se touchent.

En dessous, ce larynx est appuyé sur l'hyoïde et ses deux cornes laryngiennes. L'extrémité antérieure se continue avec la base de la langue.

La seconde partie principale de l'appareil vocal des Oiseaux , est ce qu on appelle le Larynx inférieur^ placé à la bifurcation de la trachéeartère en deux branches; et c'est là qu'est principalement produite la

Voix si variée de ces Animaux, quoiqu'il diffère considérablement du larynx supérieur; tandis que ce dernier, changeant de fonction, ne fait plus que modifier et articuler la voix, en produisant en grande partie les effets dus chez les Mammifères à la langue, aux dents et aux lèvres.

La Trachée^artère des Oiseaux diffère, en elle-même, de celle des Mammifères, en ce que ses arceaux cartilagineux forment ordinairement des anneaux complets, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas interrompus postérieurement par une bande membraneuse ; et dans le Spheniscus demersa^ ce canal offre cette particularité, qui n'a, je crois, encore été signalée par personne, d'être séparée, dans toute sa longueur, par une cloison membraneuse en deux canaux latéraux, répondant chacune à Time des bronches qui se continuent ainsi en quelque sorte jusqu'au larynx supérieur.

Le dernier anneau de la trachée-artère de tous les Oiseaux ou le plus inférieur est généralement plus fort que les autres, un peu plus grande et traversé en bas , d'avant en arrière, par une arcade cartilagineuse ou membraneuse à convexité tournée en dessous, de manière à présenter deux orifices latéraux , dont chacun sert de point de départ à l'une des deux principales bronches , formant des tubes d'un moindre diamètre dirigés obliquement en dessous et en dehors vers les deux poumons. Les arceaux cartilagineux de ces deux bronches ne sont au contraire pas complets, laissant en dedans un large espace membraneux, dont la succession forme sur chacune une bande ou Membrane tympaniforme , occupant à peu près le tiers et souvent plus encore de sa circonférence.

A l'extrémité inférieure de la trachée, immédiatement au-dessus du dernier anneau dont j'ai parlé, il existe, dans beaucoup d'espèces, latéralement plusieurs fragments d'arceaux cartilagineux successifs , servant à élargir cette partie de la trachée , et à lui donner la facilité de pouvoir se rétrécir et de s'élargir selon le besoin, ce qui n'aurait pas lieu si tous ces arceaux étaient des anneaux complets. Les premiers arceaux des bronches sont, de leur côté, toujours des arcs incomplets, latéraux, beaucoup plus ouverts que les autres , et courbés plus ou moins en dessous , au lieu de l'être en dedans; de manière que dans cette première partie, les

bronches sont comprimées, et fort larges d avant en arrière. Il résulte de cette conformation, que les bronches étant supérieurement aplaties, leur section a la forme d'un ovale, et ces canaux peuvent être rétrécis ou élargis , selon le besoin , en faisant saillir les portions d'arcs cartilagineux supérieurs dans l'intérieur , en les rapprochant de la membrane tympaniforme , pour former ainsi une espèce d'anche, où l'air se met en vibration. Voilà tout l'appareil qu'on nomme le larynx inférieur; appareil qui paraît , au premier abord, peu propre à pouvoir produire la voix ; mais les expériences citées par Guvier (i) ne laissent pas de doute à ce sujet.

Dans certains Oiseaux , le larynx inférieur n'est accompagné d'aucun muscle propre; mais il y existe au moins une paire servant à abaisser la trachée-artère , ce sont les Stemo-trachéens (Cuvier). Dans d'autres , il s'y ajoute une seconde paire ayant la même fonction , et que ce savant désigne sous le nom ai Ypsilo-trachéens ^ appelant ici, page 4^6, l'os composé de l'union des deux clavicules os en forme d'ypsilon ; et ces muscles doivent en conséquence prendre le nom de davo-trachéens.

Chez d'autres Oiseaux , le larynx inférieur est au contraire lui-même pourvu de muscles variant en nombre d'une à cinq paires. Dans ce dernier casse trouvent principalement les Oiseaux nommés Chanteurs. Un grand nombre cependant de ceux dont le larynx est pourvu démuselés, ne profère que des cris peu variés. Les Oiseaux qui nonV qu'une seule paire de muscles sont les Rapaces ; les Psittacus (Perroquets) en ont trois , et le Curruca luscinia (Rossignol) en a cinq.

La plupart des Oiseaux sont, comme les Mammifères, réduits à ne pouvoir faire entendre que des cris déterminés, propres à chaque espèce ; mais à côté de ces espèces, il y en a d'autres qui ont, sans qu'on remarque aucune modification notable dans la composition de leurs deux larynx , la faculté de pouvoir varier, et de moduler leur voix d'une manière étonnante, surpassant de beaucoup ï Homme le mieux exercé au chant. Certaines espèces apprennent, comme on sait, même à parler

1) Leçons d'anat. comp. , t. IV, p. 453.

assez distinctement ; mais le plus remarquable de tous est le PsiUacus erythacusj qui non*seulement apprend le mieux à contrefaire la voix humaine, sans toutefois Fimiter exactement, mais siffle également trèsbien ; et ce qui est plus étonnant encore, c'est la facilité avec laquelle il imite les cris de tous les autres Animaux, et même des bruits divers, comme celui d une scie qui coupe du bois.

Chez les Oiseaux, classe presque entièrement isolée dans lenibranchement des Vertébrés , on voit prendre subitement aux membres antérieurs une forme particulière appropriée au vol , fonction à laquelle ils servent presque exclusivement, et qui arrive, surtout chez certaines espèces, au terme de sa plus grande perfection : aussi est-elle le principe fondamental, d après lequel toutes les autres fonctions ont été modifiées; et cependant les ailes décroissent si rapidement dans cette classe d'Animaux, que, tout en présentant toujours la même conformation, elles deviennent tellement impropres au vol , qu'elles ne peuvent plus servir qu'à la nage chez les Brachipteres , et sont enfin complètement rudimentaires dans les Casuarius. Dans quelques genres, souvent très-bons voiliers, tel que celui AestStema^ les ailes servent également à la nage , lorsque ces Oiseaux traversent rapidement leau par un véritable vol , en s'y précipitant à la poursuite des poissons , dont ils font leur proie.

Quoique les j^iles des Oiseaux soient, comme celles des Chéiroptères, les analogues des bras de Y Homme , elles sont cependant modifiées d'après un tout autre principe. Au lieu d'une membrane qui réunit les deux paires de membres , il n'y a pour choquer l'air que des plumes plus ou moins fortes, et surtout une série qu'on nomme les Pennes , implantée tout le long du bord postérieur des membres jusqu'à l'extrémité des doigts, et formant la surface qui appuie sur l'élément ambiant. Par ce moyen , les membres postérieurs restent entièrement étrangers à la fonction du vol , pour servir exclusivement à la marche, qui leur est seule confiée.

VOmoplate^ formée d'une seule pièce comme dans les Mammifères, et non de deux , ainsi que cela est général chez les Reptiles , est un os étroit, mais fort allongé, n'ayant à donner attache qu'à des muscles faibles,

276 PRBMiËRB Partie.

servant à replier, laile ou à 1 étendre , sans agir avec vigueur dans le vol proprement dit, exécuté principalement par des mouvements d'élévation et d abaissement de Thumérus, dont les muscles sont placés sous la poitrine.

L'apophyse Coracoïde, courte chez Y Homme ^ et moins distincte encore dans une foule d'autres Mammifères, mais constituant cependant déjà un os à part chez les Monotrèmes, nous l'avons vu devenir dans les Sauriens un os particulier fort grand , formant le principal soutien de l'épaule ; tandis que la clavicule qui fixe cette dernière chez les Mammifères devient de plus en plus faible, et disparaît même déjà dans un grand nombre de Mammifères. Chez les Oiseaux, on retrouve à peu près les mêmes conditions que dans les Reptiles ; le Coracoïdien formant un os très-puissant, se rend de l'extrémité antérieure de l'omoplate oit il concourt avec celle-ci à former la cavité glénoïde du bras en bas et en dedans, pour s'arthrodier avec le bord antérieur du sternum , et servir à maintenir l'épaule élevée, et à fixer solidement l'articulation scapulohumérale , dans laquelle l'aile doit trouver son principal appui; et surtout pour résister avec force à la traction des muscles pectoraux qui tendent à abaisser l'épaule; mais cet os n'est formé que d'une seule pièce et non de deux, comme dans les Reptiles.

Les Clas^icules^ au contraire, forment ensemble un o^ grêle, unique, replié en Y, que Cuvier et quelques autres anatomLstes nomment de là la fourchette ou l'os furculaire. Cet os est articulé pai^ ses extrémités avec les deux omoplates , et rapproché simplement par sa partie moyenne de l'extrémité antérieure du sternum. Cette fourchette sert par l'élasticité de ses deux branches, d'une part à maintenir les épaules écartées; et de l'autre à amortir les chocs violents que les ailes éprouvent de la part de l'air.

H Humérus , quoique formé sur un modèle tout à fait propre aux Oiseaux, ne présente cependant rien de bien remarquable dans sa conformation 9 comparé à celui des Mammifères et des Reptiles. Je ferai seulement remarquer que sa tête n'est pas ronde, mais déprimée de haut en bas, l'aile étant étendue, afin de mieux se prêter au mouvement

d'élévation ou d'abaissement de cette dernière, mouvement principal qu elle a à exécuter.

Quant aux os de Yjàs^ant-bras , ils sont toujours parfaitement distincts , etjouisbent non-seulement d'un l^er mouvement de supination, mais surtout de la faculté de glisser Tun sur lautre suivant leur longueur , mouvement dont j'expliquerai la nécessité un peu plus bas.

Le Ccupe est composé de deux osselets seulement placés l'un à côté de l'autre , dont l'un représentant le Scapboïde , s'articule principalement avec le radius, et dont l'autre ou le Pisiforme^ et peut-être ce dernier confondu avec le Pyramidal^ s'arthrodie avec le cubitus.

Le Métacarpe n'est formé dans les jeunes sujets que de trois os qui se confondent bientôt en un seul, dont l'antérieur, très-court, ne forme alors qu'une saillie à la base du second, et porte un osselet long, rudiment du premier doigt , qui paraît être l'analogue du Pouce ^ mais plutôt celui de \ Index ^ si, ainsi que nous l'avons vu , en parlant des Sauriens , les doigts disparaissent alternativement au bord externe et interne de la main , contrairement à ce qui a lieu chez les Mammifères ; et dans ce cas , l'osselet mobile serait la Pkalangeole de l'index.

Le second métacarpien , beaucoup plus grand et plus fort que les deux autres, serait, dans la même supposition , le Stà/ios. Il se confond dans les sujets adultes, à ses deux extrémités avec le troisième métacarpien ou StothoSj et porte à son extrémité un doigt composé de deux phalanges, dont la première est toujours fort élargie. Le métacarpien postérieur, presque aussi long que le stithos, et beaucoup plus grêle, porte à son extrémité un doigt formé d'une seule phalange mobile, mais imi dans toute sa longueur par des ligaments à la phalangeole du second doigt ou Ferpus.

Lorsque l'aile est repliée à l'état de repos , l'humérus est appliqué contre le thorax , en se portant en arrière , et Tavant-bras se dirige en avant , parallèlement au plan médian du corps; de manière que le carpe se trouve à côté du cou, et la main dirigée de nouveau en arrière et en dessous, en formant un angle aigu avec l'avant-bras. Lorsque TOiseau étend son aile, ces trois principales parties doivent se placer en ligne

278 PBBMiàaE PARTIE*

presque droite. Pour cela , les articulations , avec leurs ligaments et les muscles, tout en conservant beaucoup d'analogie avec ce qui existe chez les Mammifères , se trouvent cependant disposés de manière que, lactiou du même muscle qui porte Fhumérus en avant produit aussi médiate* ment , leztension de lavant-bras aiAsi que celle de la main et des doigts. En effet , par cela même que rhumérus se porte en avant , Tangle qu il forme avec lomopla te devient plus grand; et le muscle triceps brachial se trouvant tendu , agit passivement sur le cubitus, et étend ainsi l'avantbras. La trochlée, au lieu d avoir la forme d'un arc de poulie, comme chez les Mammifères , présente au contraire celle d'une tête ronde , fort petite, sur laquelle le cubitus peut se mouvoir dans tous les sens ; et le condyle est un arc de bourrelet large, fortement comprimé de haut en bas (l'aile étant étendue) et placé obliquement à la direction de l'humérus , avec son axe un peu plus rapproché de lepaule que celui de la trochlée.

Il résulte de cette disposition que, si l'avant-bras s'étend , le radius, qui se meut sur un condyle oblique , tourne d'une part autour de la trochlée, et par conséquent du cubitus, qui pivote sur lui-même, pour suivre ce mouvement; et de l'autre, comme les deux axes de mouvement ne sont pas de niveau , et le condyle d'un rayon beaucoup plus grand que la trochlée , le radios se trouve de plus en plus tiré dans la direction de l'humérus , gUsse le long du cubitus , et communiquant ce mouvement au carpe et au métacarpe , il produit l'extension de la main. Dans la flexion de l'aile, l'action contraire a lieu; et le mouvement est encore produit par une disposition admirable de certains ligaments élastiques du devant de l'aile , ainsi que par le muscle deltoïde , qui se prolonge jusqu'à l'avant-bras ; et le radius , en se portant en avant , pousse le carpe et fait fléchir la main.

Les Membres postérieurs , exclusivement employés à la station et à la marche, prennent également une conformation entièr^nent propre à cette classe d'Animaux, quoique peu différente de celle qu'ils affectent chez les Mabcmiferes et les Sauriens, en approchant toutefois plus de ces derniers , et se soutiennent à peu près dans le même état chez toutes les espèces, les modifications ne portant que sur quelques détails.

SY9TBIIB OSSBUX. 279

Le Fémur ressemble surtout beaucoup à celui des Mammifères et des Saubiens.

Le Tibia, paiement peu différent de celui de ces Animaux, a toutefois ceci Je particulier, qu il se termine à son extrémité inférieure en un grand arc de poulie arthrodiale , au lieu d'avoir une facette articulaire concave comme chez les Mammifères.

Le Péroné j toujours très-faible, remonte, comme dans beaucoup de Sauribns , jusqu'au condyle du fémur, avec lequel il s'arthrodie , et se perd vers la partie inférieure de la jambe en un filet grêle, uni au tibia par une syndesmose linéaire.

La Rotule, distincte dans les très-jeunes sujets, surtout dans le iPao/i, est, comme chez les Mammifères et les Sauriens, où elle existe, un os arrondi , placé au-dessus de langle du tibia auquel elle se soude plus tard , comme le ferait une épiphyse.

Le Pied, aussi composé, comme dans les Mammifères et les Sauriens , de deux parties principales , le Cou-de-pied et les Orteils , approche également plus de celui de ces derniers , et se trouve même à un degré plus bas de dégénérescence , la première de ces parties n étant plus formée que an Métatarse et d'un Tarse qui ne contient qu un seul osselet , probablement r^5fmga/e , qui se soude même de fort bomie heure avec le métatarse ou seconde partie , absolument comme le ferait une épiphyse , et forme alors une saillie qui s élève sur ce dernier entre les deux condy les du tibia, de manière que cette première partie du pied semble disparaître chez les Oiseaux adultes ; tandis que chez les Sauriens , le tarse est encore plus composé.

Le Métatarse , formé chez les fœtus de quatre os , correspondant aux quatre orteils de ces Animaux , offre aussi cela de particulier que les trois externes , répondant aux Pédion , Pidion et Podion , sont seuls longs et grêles, mais unis dans toute leur longueur, à l'état fœtal , et soudés en un seul os déjà chez les très-jeunes sujets; ne restant distincts qu'à leur extrémité inférieure où ils s écartent un peu pour se terminer chacun en une poulie libre , sur laquelle s'arthrodie un orteil.

Au côté interne de la base de ce triple métatarsien , se trouve , chez

toutes les espèces qui ont quatre orteils , un quatrième métatarsien fort raccourci et mobile, ou le Padion^ portant Tanalogue du premier orteil de X Homme ou le HaUux \ et le cinquième métatarsien , c'est-à-dire le plus externe, a complètement disparu.

Les Orteils appuient toujours sur le sol dans toute leur longueur, àr l'exception du Hallux qui est d ordinaire plus relevé, et ne touche même pas toujours le sol. Il est aussi constamment le plus court , et formé seulement de 2 phalanges. Le second orteil ou le Hellux , en a 3; le Hillux,^ ; etleHollux^ 5; règle constante qu'on retrouve chez la plupart des Sauriens; les Crocodiliens et les Gaméléoniens ne faisant même exception que parce que le hollux n'a que quatre phalanges, ainsi que je l'ai fait remarquer en parlant di;i pied de ces Animaux.

Les Oiseaux qui n'ont que trois orteils , manquent toujours de hallux , déjà plus ou moins rudimentaire chez la plupart des autres, quand il existe. C'est donc l'orteil interne qui disparaît : tel est le pied , par exemple, du Struthio rhea; et le Struthio camelus n'en a que deux, le hellux ayant disparu à son tour ; et c'est le seul Oiseau qui ait moins de trois orteils. La loi que j'ai indiquée au sujet des doigts et des orteils des Mammifères , qui disparaissent alternativement au bord interne et au bord externe, n'existe ainsi plus chez les Oiseaux; et cette disparition ne suit surtout pas la même alternance: leurs orteils disparaissant en commençant au contraire par le plus externe ; puis disparait le premier, et après celui qui suit ou le hellux. Nous avons vu à l'article précédent que le même mode a lieu chez les Sauriens, auxquels les Oiseaux font suite.

Dans quelques espèces, les membres postérieurs servent aussi à la préhension : c'est ainsi que les Nyctériens , et surtout les Psittacus , les emploient pour porter leur nourriture à la bouche; et le Struthio camelus^ à lancer des pierres pour sa défense.

SYSTEME OSSECX. 281

ARTICLE IV

Du squelette des Chéloniens.

C*est dans la classe des Chéloniens que les organes prennent les dispositions les plus extraordinaires par le déplacement de plusieurs d'entre eux , sans que ces Animaux s éloignent pour cela , autant qu on serait disposé à le croire au premier aperçu , du type principal des autres Vertébrés aériens, et surtout de celui des Sauriens, auquel ils se rattachent évidemment en formant une branche latérale , en quelque sorte parallèle à celle des Oiseaux.

Le squelette de ces singuliers Animaux présente surtout des anomalies des plus remarquables, pour la forme et la disposition de certaines de ses parties y par suite de la transposition la plus extraordinaire des membres de lextérieur du thorax vers l'intérieur de ce dernier, où Ion trouve les exemples les plus probants de la possibilité dont j ai déjà parlé ailleurs, que des organes peuvent changer de place dans des Animaux du même type, sans cesser d'être les analogues de ceux pestes dans les rapports ordinaires ; fait d où Ion doit principalement tirer renseignement , que même les rapports des organes ne sont pas toujours constants , et ne constituent pas à eux seuls des caractères certains dans la détermination des parties analogues.

A la tète et au tronc, les os sont entièrement superficiels, recouverts seulement par les téguments, eux-mêmes coriaces, et presque aussi durs que les os; et les muscles sous-cutanés chez les autres Vertébrés se trouvent ici entièrement supprimés, ou portés dans la cavité viscérale.

Les épaules, placées en dehors sur les côtés du thorax chez les Mammifères , nous les avons vues se porter de plus en plus en avant dans les Sauriens et les Oiseaux, au point que les clavicules et les coracoïdiens , ainsi que la majeure partie des omoplates se trouvent sur les côtés du

ae

282 PRBmàRE PARTIE.

COU, au devant de la première côte dorsale, et l'extrémité supérieure des omoplates seules croise encore celte dernière en dehors«Chez les Ché- LONiBNS, enfin, les épaules reviennent en arrière, mais entrent dans le thorax par l'ouverture antérieure de celui-ci ; disposition qui permet à tout le membre d entrer à volonté dans la cavité pour s'y cacher. Quant aux membres postérieurs, ils ne changent pas de place, mais se trouvent , ainsi que le bassin , tellement enveloppés par les costines , qu'ils sont également intérieurs; mais susceptibles de se produire au dehors, en sortant par l'ouverture postérieure du tronc, pour servir à la locomotion. Le cou et la queue ont seuls conservé leurs formes et leur mobilité ordinaires; avec la faculté toutefois de pouvoir être retirés également chez la plupart des espèces dans la cavité du tronc , qui renferme ainsi tout comme dans une boite.

A la tète, tous les muscles extérieurs de la face ont disparu, à l'exception des moteurs de la mâchoire ; encore ceux-ci se trouvent-ils, dans beaucoup d'espèces , recouverts par une lame osseuse formée par l'os pariétal, le gonien, le malaire, le corsai et le squammeux; lame occupant la place de l'aponévrose temporale des Mammifères, de manière qu'aucun muscle n'est extérieur.

Quoique les Chéloniens offrent dans toute leur oi^anisation , et surtout par leur squelette, les plus grandes analogies avec les Sauriens, il n existe cependant de part et d'autre aucun genre qui fasse réellement la transition immédiate, ceux qui se trouvent sur la limite des deux groupes ayant probablement disparu de la surface du globe; mais ce sont toutefois les Sauriens supérieurs , et spécialement les Grocodiliens , qui ressemblent le plus aux Chéloniens , surtout pour ce qui concerne la composition de la partie osseuse de la tète. Ce sont de même des Animaux quadrupèdes , à membres ambulatoires ou natatoires, mais qui Içnr permettent toutefois de sortir de l'eau, et ils se distinguent princilement des Poissons , pour se rapprocher des Reptiles , parla forme que présente leur appareil hyoïde, soumis de part et d'autre à la fonction de la respiration, les Chéloniens étant, comme les Sauriens, des Animaux qui respirent exclusivement l'air.

Leur squelette se compose ainsi de même f i** d'une colonne vertébrale distinguée en six régions^ dont la thoracique et la lombaire se trouvent toutefois dans des conditions particulières propres à ces Animaux; 2"" d'appendices latéraux ou costaux prenant diverses formes, suivant la région à laquelle ils appartiennent, mais ayant toujours de plus grandes analogies avec ceux qui leur correspondent chez les Sauriens ; y d'une série d'os particuliers ou interépineux placés le long du dos ; 4"* ^'^^ sternum extrêmement élargi , composé de plusieurs pièces paires comme celui des Oiseaux , dont il diffère cependant beaucoup, étant formé dans un tout autre but; enfin 5"" de quatre membres composés des mêmes parties qu'on trouve chez les Mammifères et les Sauriens.

La 7V/e osseuse est, comme d'ailleurs chez tous les Vertébrés, corn*posée de la réunion des cinq vertèbres avec leurs appendices , mais dont les parties constituantes sont plus divisées que chez les Mammifères, et à peu près de la même manière que chez les Sauriens , en offrant dans plusieurs points des dispositions intermédiaires qui servent avantageusement à faire reconnaître l'analogie des parties dans ces deux classes, surtout pour ce qui a rapport aux modifications qu'éprouve progressivement le groupe d'os qui compose chez \ Homme l'os temporal.

La partie moyenne du Corjjs des deux premières vertèbres céphaliques ou le cartilage mésorrhinal^l Xethm^ïde, déjà plus ou moins rudimentaires chez les Reptiles , sont entièrement cartilagineux dans les Chéloniens , et réduits à une simple cloison qui sépare les fosses nasales. Quant aux masses apophysaires, comprenant les os du nez, elles sont également restées cartilagineases , d'où résulte que les os Nasaux ne sont point distincts , et ne doivent pas être confondus avec les métopinaux , qui affectent la forme et la disposition que ceux-là ont d'ordinaire , ainsi que GuviBR (i) l'a fait remarquer; erreur dans laquielle sont tombés quelques anatomistes.

Les corps du spliénoide et du sphécoide , confondus en un seul os, comme dans les RxH'iles et les Oiseaux , présentent aussi à peu près la

(1) 0«5. /aïs., t. V, «• part., p. 177.

iSk PREMIÈRE PARTIE.

même forme générale que chez eux. La partie postérieure qui correspond au sphécoïde constitue, dans le genre Trionyx, qui me paraît former le mieux la transition aux Sauriens , une grande masse dont la face inférieure y faisant partie de la voûte gutturale , est une plaque tiîangulaire plane s articulant à son angle antérieur avec les palatins ; latéralement par une longue sutur-e», avec les omoides , et par le bord postérieur; avec le basilaire. Au bord latéral supérieur, placé dans rinlérieur de la tête, le sphécoïde s articule avec la partie inférieure' du rocher, qui se trouve aussi à peu près disposé comme chez les Sauriens.

Le sphénoïde forme au contraire , comme dans les Vertébrés ovipares, une longue apophyse rostrale dirigée en avant et formant le bord inférieur de la cloison interorbitaire restée membraneuse , mais le rostrum n'est point visible à l'extérieur, étant recouvert en dessous par les os palatins qui s y joignent à la ligne médiane.

H n'y a point d'apophyses ou d'os fngrassiaux ^ leur place étant occupée par un espace membraneux ; mais on trouve les Piéraux placés latéralement dans les parois du crâne , entre les pariétaux et les omoïdes , qui se joignent ensuite au-devant de ces os. Ces ptéraux , encore assez grands chez les Trionyx^ sont au contraire fort petits dans la ChelorUa Midas^ et disparaissent même complètement dans la Chelonia irabricata.

Les Omoïdes forment sur les côtés de la voûte gutturale une large plaque horizontale allongée d'avant en arrière , se suturant en avant, à sa partie interne , avec le palatin , et dans sa partie externe , avec la lame palatine dusiagon. En dehors, le bord est libre dans ses deux tiers antérieurs , et s'articule postérieurement avec le tympanique comme chez les Reptiles et les Oiseaux , mais sans laisser d'ouvertures communiquant de la fosse temporale dans la gutturale. Au bord interne , ces os se continuent directement et sans interruption, antérieurement avec les palatins; au milieu, avec la lame gutturale du corps du sphénoïde ou du sphécoïde , et à la partie postérieure , avec le bord latéral du basilaire ; enfin , le bord postérieur libre sépare la fosse gutturale de la fosse occipi taie externe.

SYSTEME OSSBUX^ 285

Les Ptérygoïdiens (externes) paraissent avoir disparu chez tous les Cheloniens.

J'ai fait remarquer un peu plus haut qu'il ne fallait pas confondre les os Métopinnux avec ceux du nez , dont ils prennent la place , en affectant même leur forme : ce sont deux larges plaques placées à côté lune de l'autre entre les orbites , au-devant des coronaux , avec lesquels ils s'articulent et se replient dans leur partie postérieure latéralement en dessous , dans les cavités orbitaires , dont ils forment le bord anléro-supérieur , ce qui n'est jamais le cas pour les os nasaux, et s'y prolongent en bas jusqu'au vomer, avec lequel ils se suturent. En avant , la lame supérieure se continue avec des parties cartilagineuses qui semblent représenter les vrais os nasaux , et latéralement, elle s'articule avec lapophyse nasale du siagon , en formant ainsi la voûte de la fosse nasale.

Les os Coronaux y joints par une suture médiane , constituent ensemble une plaque peu étendue, carrée; articulée en avant avec les métopinaux ; en dehors, avec les goniens, et ne concourt que pour une petite partie à former le cadre de l'orbite. Une portion de cet os , visible dans la fosse orbitaire, s'y articule avec le métopinal , et en arrière , les coronaux se continuent, comme d'ordinaire, avec les pariétaux.

Les os Goniens ou frontaux postérieurs de Guvier , beaucoup plus grands dans les Chelonia que chez les Reptiles , occupent, dans le genre Tnonyx^ où ilssont au contraire fort petits, exactement la même place que chez les Mammifères et les Sauriens. Ce sont deux petites pièces triangulaires , articulées par l'un de leurs bords tourné en dedans , avec les coronaux et les pariétaux , d'où ils se portent en dehors , et se recourbent en dessous pour s'articuler par le sommet opposé avec le malaire, et séparent ainsi , comme dans les Mammifères et les Sauriens , l'orbite de la fosse temporale.

Les Pariétaux , unis par une longue suture sagittale , constituent généralement une très-grande partie de la voûte du crâne , mais offrent des caractères différents dans les divers genres.

Chez les TrionyXy la face supérieure est divisée par une U^t courbe temporale très-saillante en crête, dirigé en dehors, en deux parties,

286 PEBMIÈRB PARTIE.

dont Tin terne sous-cutanée, comprise entre les deux crêtes, et à peu près horizontale , s'articule en avant avec les coronaux ; tandis que postérieurement, elle se termine en une longue lame verticale, impaire, dirigée en arrière, pour se continuer avec le bord supérieur de la crête occipitale. En dehors de cette ligne courbe, le pariétal forme une lame oblique contournant le crâne , pour s'articuler au milieu du côté de ce dernier avec le rocher ; en arrière , avec loccipital , sans interposition (ï un PVormien^ qui manque, à ce quil paraît, dans toute la classe des Chélonibiis ; et en avant , cette lame latérale du pariétal se recourbe en dessous dans la fosse temporale , pour aller s'articuler par son bord inférieur, en avant avec le palatin , au milieu avec lomoïde , et en arrière avec le ptéral.

Dans d'autres genres , tels que celui des Chelorda , les crêtes temporales des pariétaux s'étendent considérablement en dehors, en formant deux larges lames sous-cutanées , qui vont rejoindre en avant les coronaux et au milieu les os goniens, aussi excessivement élai^s; et plus en arrière, les squammeux, en formant avec eux une voûte sur-temporale, occupant la place de l'aponévrose temporale des Mammifères , et sous laquelle est placé le muscle crotaphile ; voûte qui rappelle celle que les mêmes os forment chez les Lacerla de la classe des Reptiles.

Le Corps de la vertèbre basilaire des Trionyx est , comme chez les Mammifères , une grande pièce plane en dessons , faisant immédiatement suite au sphécoïde. Son bord latéral inférieur s'articule dans sa portion antérieure avec l'omoïde ; et libre plus en arrière , le basilaire se prolonge en une longue et grosse apophyse tronquée au bout, formant à l'extrémité la base de la vertèbre, qui entre pour plus de moitié dans la composition du condyle occipital unique , comme chez les Sauriens et les Oiseaux.

Les bords latéraux supérieurs de l'os se suturent dans toute leur longueur avec les condyliens.

V Occipital^ ou Lame de la vertèbre , occupe , comme d'ordinaire , la r^on suprà- postérieure du crâne , en s'articulant en avant avec les pariétaux, et sur les côtés, successivement, d'avant en arrière, avec les

SYSTiME 0S8B0X. !287

rochers, les mastoïdiens et la partie mon un te des condyliens. Enfin , sa crête qui fait suite à la sagittale, s élève en une lai^e lame vwticale mince, simulant une apophyse épineuse de vertèbre rachidienne quelle représente en effet , et se prolonge en arrière au delà du niveau du condyle occipital.

Le Rocher ou apophyse oblique antérieure de la vertèbre basilaire, est en grande partie caché entre les os circonvoisins ; mais toutefois visible extérieurement à la face suprà-antérieure du crâne, ainsi que dans la fosse zygomatique. Sa lame supérieure s articule en dedans avec le pariétal, en arrière avec loccipital et le mastoïdien; en dehors avec le tympanique ; et la lame antérieure ou de la fosse zygomatique est comprise entre le pariétal et le tympanique , avec lesquels elle se suture. Enfin , en bas, il s articule avec le spbécoïde ; et sa face interne fait partie des parois de la cavité crânienne.

Les os Condyliens sont considérés par Cuvier comme subdivisés en deux pièces , dont il nomme l'une loccipital latéral , c est le vrai condylien ; et il désigne Fautre sous le nom d occipital externe, qui est , selon moi, Fanaloguedu mastoïdien. Lecondylienformela partie latérale du trou occipital, et se prolonge en bas en une longue apophyse horizontale f dirigée en arrière le long de celle du basilaire , à laquelle elle s'unit, et va former au bout la partie externe du condyle occipital, qui prend la forme d'un anneau circulaire ; condyle formé ainsi par la base de la vertèbre basilaire, et les deux véritables condyles occipitaux confondus avec elle. Latéralement cet os s articule avec le mastoïdien.

Les Appendices des vertèbres céphaliques se retrouvent, à quelques exceptions près , dans les mêmes conditions que chez les Sauriens, en of*» frant toutefois des caractères particuliers propres aux Ghéloniens. Ceux de la vertèbre rhinale , ou les cartilages Alaires ont disparu , ou se sont du moins confondus avec les parties avoisinantes formant les cartilages qui entourent les orifices du nez , et même les Cornets paraissent réduits à quelques saillies cartilagineuses.

Le Vomer^ appendice de la vertèbre elhmoïclale , séparé en deux pièces chez les Sauriens , n'en forme qu'une seule chez les Chéloniens , oii il se

288 PREMlèRE PARTIE.

trouve placé, comme dans les Mammifères, dans la partie postérieure des fosses nasales qu'il sépare , en se portant de la voûte palatine, où il est d'ordinaire visible dans la bouche entre les palatins, en haut , en formant deux branches pour s'articuler avec les apophyses descendantes des métopinaux.

VUngiiis paraît confondu avec le métopinal , et occuper sa partie externe inférieure ; on ne le trouve , du moins que je sache , chez aucun Ghblonien.

Les Labraux sont deux très-petits osselets entièrement rudimentaires chez les Trionyx, où ils sont réduits à la portion antérieure de leur lame palatine, n offrant plus ni apophyse nasale externe, quia déjà disparu chez les Lacertiens , ni apophyse interne , qui se trouve bien chez ces derniers et les Oiseaux , mais non dans les Mammifères et presque tous les Crocodiliens ; et chez les autres Ghèloniens, les labraux ne sont guère plus considérables.

Quant aux os Siagonaux, ils ont une conformation intermédiaire entre celle des Crocodiliens et des Lacertiens, offrant , comme dans les premiers, une très^large lame palatine, surtout fort allongée chez les Trionyx^ qui joint à la ligne médiane celle du côté opposé , pour se continuer en arrière avec les palatins, et plus en dehors avec lesomoïdes, en ménageant entre les premiers, en avant ^ une ouverture formant l'arrière-narine, les deux séparées par le vomer; et plus en arrière est un petit trou représentant la grande ouverture latérale du palais des Lacertiens. Les Ghèloniens approchent ensuite encore de ces derniers Animaux , en ce que les arrière-narines s ouvrent un peu plus avant au milieu du palais ; mais ils diffèrent de tous les Reptiles par labsence de dents et lexistence d'un véritable ^ec corné, à deux mandibules, con* formé comme celui desOiSEADx , dont les Chelys sont toutefois privés.

Chez les Chelonia, la lame palatine du siagon est au contraire fort étroite , et ne joint celle du côté opposé que dans sa partie la plus antérieure, étant séparée plus en arrière par le vomer et les palatins. Enfin, chez la Testudo grœca , la lame palatine, également fort étroite, comme dans les Lacertiens , ne joint non-seulement plus celle du côté opposé ,

StSTÈME OSSEUX. 289

mais elle en est même séparée antérieurement par les os labraux , et le palais forme entre lès deux siagonaux une grande fosse mitoyenne , de manière que les bords internes des lames palatines des siagonaux sont entièrement libres.

Les Palatins des Trionyx^ aussi presque entièrement réduits à leurs lames nasales , forment par celles-ci deux grandes plaques horizontales occupant sous le milieu de la tète la partie antérieure de la voûte gutturale ; en rappelant assez bien la disposition de ces os chez les Lacertiens, leur bord antérieur présente une échancrure bordant en arrière lorifice des fosses nasales, et les deux os se prolongent par une petite lamelle dirigée en avant entre ces deux ouvertures pour aller rejoindre latéralement le vomer, qui les sépare plus complètement. Dans d'autres genres, tels que celui des Chelonia^ les deux lames nasales des palatins sont au contraire séparées dans toute leur longueur par le vomer. Les bords latéraux des palatins des Trionyx s'articulent avec la partie postérieure de la lame palatine des siagon ; le postérieur se suture en dehors avec lomoïde, et vers la ligne médiane, avec lextrémité antérieure de la lame gutturale du sphécoïde ; au bord interne enfin , les lames nasales des palatins se joignent, en passant sous lapophyse rostrale du sphénoïde, qui n est par là nullement visible au palais. Les lames palatines des os palatins ne sont que deux petites lamelles longeant la partie moyenne du bord libre des siagonaux, mais restent fort éloignées de celle du côté opposé. Chez les CheUmia^ ces lames, beaucoup plus larges, sans toutefois se joindre, atteignent en avant jusqu a la partie palatine du vomer. Dans les autres Chêloniens, ces os offrent à peu près la même disposition.

L'os Molaire^ qui rappelle par sa disposition celui des Mammifères et des Grocodiliens , est chez les Trionyx une grande pièce composée de trois apophyses , dont l'antérieure , fort grosse , se suture avec le siagon ; la supérieure , également forte , mais courte , va joindre l'os gonien pour former avec lui postérieurement le cadre de lorbite , et l'apophyse postérieure plus longue , dirigée en arrière , va s'articuler avec le corsai pour former l'arcade zygomatique.

290 PREMliRE PARTIS.

Le Corsai^ queCuviER(i)coDsiclère chez les Ghâloniens comme l'analogue du temporal écailleux ou os squammeux des MiMMiFSESs , tandis que dans les Reptiles^ illappelle d ordinaire jugal (malaire), représente au contraire dans la classe d'Animaux qui nous occupe ici , très-bien , par sa situation, Tapophyse du temporal qui concourt chez les Mammifères à former larcade zygomatique , mais constituant un os à part , distinct du vrai squammeux , que ce savant prend pour le mastoïdien. C'est même chez les Chblonibns qu'on voit cette pièce démembrée du tem* poral de Y Homme prendre graduellement la position nouvelle qu'il présente dans les Sauriens , mais différente dans les Grocodilibns et dans les Lacertiens , les divers genres de Chélonibns offrant les conditions inter* médiaires entre tous ces Animaux.

Chez les Trionyx^ c'est un petit os placé au devant du squammeux , avec lequel il s'articule à la partie supérieure de son bord postérieur, et plus bas, avec le tympanique; en avant , avec l'extrémité postérieure du malaire , pour former avec lui l'arcade zygomatique; enfin , les bords supérieur et inférieur sont libres, le tout comme chez les Mammifères; seulement il ne contribue pas à former l'articulation de la mâchoire, dont il est même éloigné de presque toute la hauteur du tympanique , qui la porte à son extrémité inférieure.

Dans les Tesùido , on voit cet os devenir plus grand , en même temps qu'il ne tient au squammeux que par l'extrémité d'une longue apophyse contournant supérieurement le tympanique , et l'os descend plus bas sur le bord antérieur de ce dernier; mais à son extrémité antérieure, il concourt toujours à former l'arcade zygomatique , en s'articulant en bas avec le malaire, et en joignant en haut l'os gonien, comme chez les Tupiiiamhis de la classe des Reptiles.

Chez la Chdonia imbricata enfin , le corsai est un très-grand os large et mince descendant le long du bord antérieur du tympanique jusque son articulation avec la mâchoire , sans cependant y atteindre entièrement , et présente ainsi le premier degré de son éloignement de ceUe-

(l) Ou, fbu.j t. V, ^ part, p. 187.

SYSTiME OSSEUX. 291

ci, en se portant vers le haut pour arriver à la disposition qu'il aifecte chez les Saubuois Lacketisns et autres; tandis que chez les Crocomliehs , il se sépare du squammeux , en se portant vers en bas, pour arriver au contraire à la situation qu il affecte dans les Oiseaux , et dont le premier d^ré de cette tendance à se séparer du squammeux se fait remarquer déjà chez les Testudo, et les Trionyx offrent la condition intermédiaire entre toutes.

Le vrai Squammeux , privé de son apophyse corsale , et que Ce viee regarde généralement chez les Reptiles et les Chéloniens comme étant l'analogue du mastoïdien des Mammifères , est placé dans ces deux dernières classes, et spécialement dans le genre Trionyx^ comme chez les CaocoDiLiENS , au-dessus du tympanique, avec lequel il s unit par une large suture, et se prolonge au delà en arrière, en s articulant avec le bord externe du véritable mastoïdien , disposition qui rappelle assez bien celle que cet os a dans les Mammifères. Le prolongement postérieur étant creusé , comme dans ces derniers Animaux et les Cbocodiliens , d'une profonde cavité communiquant avec la partie externe de la caisse placée devant et plus bas, il semble que cette cavité représente la oellole mastoïdienne , et c'est probablement ce qui a induit Cdvier en erreur ; mais elle représente mieux encore la portion de la caisse creusée dans le bord inférieur du squammeux des Mammifères , là oii cet os complète le cadre du tympan ; ce qui est aussi le cas dans les Cbocodiliens.

Dans les autres Ghèloniens, cet os contourne en arrière plus ou moins lét;ympanique, et s'étend surtout chez les Chelonia en dessus en une large lame qui va rejoindre en avant l'os gonien , et en dedans, la lame sos-temporale , partant delà ligne courbe du pariétal, pour concourir avec elle , l'os goni^i et le corsai , à former la voûte osseuse qui recouvre le muscle crotaphite.

Chez VEmys expansa , où l'on trouve la même voûte , le squammeux , rejeté fortement en arrière, n'entre au contraire que pour une très-petite partie dans sa composition , et se trouve séparé du gonien et du malaire par le corsai dans tonte sa longueur.

Le Tympanique des Chèloniens est une très-grande pièce placée à peu

293 PREMlàRE PARTIE.

près comme dans les Lacertiens, mais entièrement fixe, comme chez les Crogodiliens j et contournant plus ou moins complètement la membrane du tympan, offrant dans les divers genres de cette classe d'animaux des degrés insensibles de transformation entre la condition que cet os offre chez les Mammifères, où le cadre du tympan est complet, et celle quil présente dans les Sauriens, où n existe que la partie antérieure de ce dernier; animaux qui conduisent eux-mêmes aux Oiseaux , où le tympanique ne touche même plus au tympan , ainsi que nous l'avons vu plus haut.

Dans \Emys expansa^ le tympanique forme en dehors un cadre complet , arrondi au tympan , qui fait face en dehors. Ce cadre s'articule en dessus par suture, d'une part, en avant, avec le corsai, et d'autre part , en arrière, avec le squammeux, qui le contournent dans ses deux tiers supérieurs, et la portion inférieure est libre, et porte la facette arthrodiale sur laquelle s'articule la mâchoire. En dedans de la membrane du tympan, la cavité de la Caîssese rétrécit fortement, comme par un étranglement , et se trouve par là divisée en deux chambres, une externe et une interne , qui ne communiquent que par un trou par où passe la tige de l'étrier, pour arriver au tympan. Or, nous avons déjà quelque chose de semblable dans la caisse des Mammifères carnivores , et spécialement dans le C/uU^ où le tympanique se recourbe intérieurement vers son centre, en formant un rétrécissement de la caisse , ainsi que l'a déjà fait remarquer Gcvier (i). La chambre externe de YEmys expansa est entièrement creusée dans l'os tympanique, et l'interne formée par l'intervalle que laissent entre eux ce dernier, le rocher, le mastoïdien et le condylien.

Chez les Trionyx , on trouve à peu près la même chose , seulement le cadre du tympan n'est pas complètement formé par le tympanique ; le squammeux placé au-dessus, y contribuant pour une petite partie, comme dans les Mammifères ; et postérieurement , le tympanique offre une large échancrure , où le tympan ne se fixe pas à l'os , et commence ainsi déjà là à se séparer de ce dernier.

{!) Ou. fou., t. V, 2* part., p. 180.

Dans les Chelonia^ le sqaammeux fait une partie encore plos grande du cadre du tympan; et Téchancrure postérieure du tympanique, large et très-profonde, se prolonge jusqu'au trou par où passe la tige de Fétrier, de manière que los tympanique ne forme plus que la partie antérieure du cadre , ainsi que cela a lieu chez les Sauriens

LACERTIENS.

L'angle antéro-supérieur du tympanique se suture chez les Trionyx avec le corsai, le postérieur et la face supérieure, comme dans les Mammifères et les Crocodiliens avec le squammeux placé au-dessus ; Tangle inférieur porte la facette arthrodiale , par laquelle le tympanique s'articule avec la mâchoire; la face interne s'unit en haut et en arrière avec le mastoïdien , en avant avec le rocher; et enfin en bas, Fos s'unit par une lai^e suture avec l'omoïde.

Le Mastoïdien^ ou occipital externe de Guvier , est situé chez les Trionyx en dehors de l'occipital et du condylien , et en dedans de la partie postérieure du squammeux , en arrière du rocher et du tympanique, en se soudant intimement avec tous. Il forme en partie la chambre profonde de la caisse interne, cavité que traverse la tige de l'étrier, pour passer plus en dehors, à travers le trou central du tympanique, et se terminer à la membrane du tympan. A sa face interne, le mastoïdien iisdt partie des parois du crâne entre le rocher et le condylien. Sa face inférieure produit une grosse apophyse dirigée en dessous , en appuyant sur l'omoïde ; et cette partie est creusée d'une cellule fort grande dans la Chelonia imbicaia et communiquant avec le labyrinthe.

Les osselets de l'ouïe se réduisent , comme chez les Sauriens, à ÏÉtrier seul, qui a également la forme d'un long clou, dont la tète ferme la fenêtre vestibulaire, et dont la tige traverse, ainsi que je l'ai déjà dit, les deux divisions de la caisse pour se terminer par son bout au milieu du tympan.

L'appareil Hyoïde des GnéLONiENS est généralement fort développé et souvent composé de gros os; mais varie considérablement d'un genre à l'autre. Celui des Trionyx offre en avant une partie moyenne impaire, cartilagineuse , représentant le Corps. C'est une pièce triangulaire, ayant

son angle le plus saillant dirigé en avant; et sous cette plaqne est suspendu un autre ovale, ou Corne linguale.

Sur les côtés de la partie postérieure du corps, sont placés deux pe-* tites pièces osseuses formant le crochet en dehors , et constituant ce qu on appelle les Cornes antérieures , mais qui ne sont toutefois point les représentants des cornes céphaliques des Animaux supérieurs, comme on pourrait le penser d après cette dénomination ; et simplement deux os propres à ces Animaux , ainsi qu a quelques autres GHiLONiENS encore, et qu'il serait peut-être plus convenable de considérer comme faisant partie du corps de Thyoïde.

Derrière ces deux pièces latérales se trouvent deux autres un peu plus grandes, unies entre elles par leur bord intérieur, et constituant ou une seconde paire de pièces appartenant au corps, ou la première des Cornes céphaliques ^\ s'articulent sur leur angle postéro-latéral* Ces dernières, formées d'une longue tige , se portent obliquement en arrière et en dehors , en se recourbant en dessus , pour aller joindre le crâne , auquel elles sont suspendues par des parties molles.

A la suite de la seconde paire d'os de Thyoïde, se trouve une troisième également courte , et les deux soudées par leur bord interne. Ces deux pièces portent les Cornes laryngiennes^ qui forment chacune d'abord une longue tige osseuse très^forte , suivies de quatre granulations osseuses irrégulières, dont la dernière se termine par une pièce cartilagineuse fort grosse et courte.

A la face supérieure, les os occupant la partie moyenne de l'appareil

hyoïde forment ensemble une large gouttière longitudinale dans laquelle

est couchée la trachée-artère et le larynx.

Quoi qu'il y ait| ainsi qu'on vient de le voir^ trois paires de cornes à

rhyoïde des CaéLONiBNS, elles ne sont pas par paires, les analogues de celles

de certains Sauriens. Chez ceux-ci , il existe une paire postérieure qu'on

ne trouve pas dans ceux-là; et les Ghbumvibns ont une paire antérieure qui

n'existe pas chez les Sauriens.

Malgré les conditions extraordinaires dans lesquelles se trouve le reste

du squelette des CpéLONiEiis, ses divenses parties se laissent cependant

STSTàME OSSEUX. S95

très*bien ramener à leurs analogues chez les antres YsaTéBRÉs ; les différences, toutes singulières quelles sont, ne portant que sur la forme et les dimensions des os , et rarement sur leurs rapports.

Le Rachis se divise , comme chez tous les Vertébrés supérieurs , en cinq régions : la Cervicale , la Doriale , la Lombaire , la Sacrée et la Caudale. La première est composée, chez les Trionyx^ que je continue à prendre pour exemple , en apparence de huit vertèbres seulement , ainsi qu on Fadmet généralement , mais ou doit y ajouter une neuvième oMÏÂxis^ qui s'est confondu avec Tatlas , en se réduisant exclusivement au corps; et une dixième, en y comprenant la première vertèbre fixe de la carapace dont il sera parlé un peu plus bas. En effet , la vertèbre la plus antérieure ou Y Atlas ressemble beaucoup à celle des Mammifères , étant formée de même d'un corps représenté par un osselet fort , petit, triangulaire, dont les deux angles latéraux s'articulent avec la masse apophysaire ; et le troisième , postérieur, forme une apophyse mousse dirigée en arrière , en recouvrant en dessous une partie du corps de ÏÂxis , avec lequel il s'articule. A son bord antérieur, le corps de Fatlas étant atteint par l'extrémité postérieure du basilaire, ce qui n'a pas lieu chez les Mammifères , il s arthrodie avec cet os en formant le bord itaféiieur de la cavité glénoïde de l'articulation céphalo-atloïdienne.

La masse apophysaire de l'atlas ressemble aussi beaucoup à celle des Mammifères , en ne formant toutefois sur les côtés que des apophyses transverses fort peu saillantes , confondues avec les obliques postérieures qui, portent à leur face interne les deux facettes arthrodiales, par lesquelles Tatlas s'articule non avec l'axis , dont la masse apophysaire a dis* paru, mais avec la vertèbre suivante , absolument de la même manière que l'axis des Mammifères se joint à la troisième vertèbre. La lame de Tatlas ressemble encore à celle de certains jeunes Mammifères , en ce qu'elle se trouve divisée en deux par une suture médiane. Les facettes articulaires antérieures, répondant aux deux cavités glenoïdes qu'on trouve chez Y Homme , sont aussi disposées de même , mais sont chacune peu profondes, et font face en dedans pour former, avec la facette ar* throdiale de la base du corps de la vertèbre , les trois quarts latéraux et

inférieurs d une profonde cavité articulaire emboîtant le condyle de la tête, ce rebord étant incomplet du côté du canal rachidien ; et le fond de la cavité est occupé par la base antérieure du corps de Taxis , portant son apophyse odontoïde disposée aussi comme dans les Mammifères.

La partie qui correspond à la seconde vertèbre cervicale des Vertébrés supérieurs ou à ÏAxis est , ainsi que je viens de le dire, réduite sim* plement au corps de cette vertèbre , la masse apophysaire ayant complètement disparu. C'est un os court , mais beaucoup plus gros toutefois que le corps proprement dit de Tatlas , tronqué aux deux bouts , en avant, pour former la partie centrale de la cavité arthrodiale atlo-céphalique , et portant au milieu une apophyse odontoïde en forme de petit tubercule arrondi , qui pénètre dans une dépression centrale du condyle unique de la tête , et placée au point de réunion des facettes arlhrodiales des os condyliens avec la facette du même genre de la base du basilaire; c est-à-dire que dans les Chéloniens, lapophyse odontoïde se trouve encore dans les mêmes rapports que chez les Mammifères , avec cette différence seulement que le corps delatlas est atteint par los basilaire etsarthrodieavec lui. Quant à la base postérieure de Iaxis, elle s'articule avec la vertèbre suivante , comme dans le reste de la région cervicale.

Ce corps de Taxis est presque immobile et uni en avant seulement â Tatlas, c'est-à-dire dans la partie inférieure avec le corps de ce dernier, et latéralement avec sa masse apophysaire.

Les vertèbres cervicales suivantes ressemblent beaucoup à celles des Mammifères ruminants à cou long, qui seraient privées d'apophyses transverses et épineuses prolongées. Elles sont fort longues , et forment à leur base antérieure une facette articulaire convexe, reçue dans une concave de la base postérieure de ta vertèbre qui précède ; et au-dessous de cette cavité , le corps de l'os présente une forte tubérosité à deux saillies , à laquelle s'insèrent des muscles. Vers la partie antérieure , on remarque aussi en dessous une ^elïie Apophyse acanthoïde peu saillante. Les Apophyses obliques ^ fort proéminentes, surtout les postérieures, se recouvrent , comme d ordinaire, d'avant en arrière, en permettant un mouvement fort étendu à chaque vertèbre , afin que ces Animaux puissent

replier facilement leur cou sur lui-même, et le faire rentrer dans la carapace. Les Apophyses transs^erses ^ portées sur la partie antérieure du corps de chaque vertèbre, ne forment de chaque côté qu'une grosse tubérosité dirigée obliquement en avant.

La première vertèbre qui suit l'atlas et Iaxis offre seule une petite Apophyse épineuse portée sur son extrémité antérieure.

Entre les deux dernières vertèbres cervicales , l'articulation des bases est très-élargie , étroite de haut en bas et divisée en deux parties latérales , de manière que le mouvement de côté ainsi que celui de torsion sont impossibles; tandis que la flexion en dessus est au contraire facile et fort étendue.

£nfin , l'extrémité postérieure de la neuvième vertèbre qui se joint à la première de la carapace , présente quelques modifications qu'il est convenable de faire remarquer. Cette vertèbre , beaucoup plus large qu€ les précédentes, a son corps aminci en une languette étroite à son extrémité postérieure, et ne rencontre pas tout à fait le corps de la dixième cervicale ou première fixe de la carapace , ce qui facilite beaucoup ses mouvements dans un plan vertical , et surtout sa flexion en dessous. Dans le même but aussi , les apophyses obliques postérieures sont beaucoup plus larges que sur les vertèbres antérieures, et les facettes arthrodiales quelles portent à leur face inférieure sont fort grandes, horizontales et en demi-cylindre concave , de manière à permettre de même un mouvement très-étendu en dessous; aussi cette vertèbre peutelle se fléchir en bas , jusqu'à être dirigée en arrière. C'est par cette flexion , en sens inverse des deux dernières vertèbres mobiles cervicales , que les Cheloniens ont surtout la faculté de pouvoir retirer leur cou dans la carapace.

Dans les autres genres de cette classe, la forme des bases des vertèbres n'est pas toujours la même, variant sur le même individu, selon le rang que chacun de ces os occupe. C'est ainsi que dans une grande espèce de Chehnia , les quatre premières vertèbres ont leurs bases postérieures concaves , tandis que la cinquième les a toutes les deux convexes, et les suivantes continuent à avoir la postérieure convexe , et l'antérieure

298 PREMlèRE PARTIE.

en conséquence concave. Chez la Chefys Jimbriata^ les vertèbres antérieures sont toutes concaves en arrière jusqu'à la septième, qui est convexe aux deux bouts ; et la huitième , au contraire , concave aux deux bases. VEmys reticulata a les quatre premières concaves en arrière, la cinquième convexe aux deux bouts, et les suivantes toutes convexes en arrière.

Les vertèbres cervicales , à l'exception de la deirnière ou première de la carapace, ne portent, que je sache, aucune trace de Çostelles ni mobiles, ni confondues, dans quelque espèce de Chéloniens que ce soit; aussi n'existe-t-il pas de canal de l'artère vertébrale.

L'une des transformations les plus remarquables que présente l'organisation des Chéloniens consiste dans le grand développement en largeur des Côtes et des Costines , et par suite dans la fusion qui a lieu , d'une part , entre ces os et une série de pièces particulières que j'ai nommée os Interépineux ^ placés superficiellement le long de la ligne dorsale , au-dessus de la colonne vertébrale , le tout formant ensemble une boîte osseuse continue, connue chez ces Animaux sous le nom de Carapace^ et renfermant toutes les parties molles du thorax et des cavités abdominale et pelvienne; et d'autre part, par un élargissement et une fusion semblable qui existe entre les diverses pièces du sternum et les clavicules , constituant ensemble une large plaque occupant toute la face inférieure du tronc et formant ce qu'on nomme le Plastron , plaque unie latéralement, chez le plus grand nombre d'espèces , aux bords de la carapace , de manière à ne laisser qu'une grande ouverture en avant , par où sortent le cou et les membres antérieurs , et une autre postérieure , pour la sortie de la queue et des membres pelviens , qui peuvent y entrer, en tout ou en partie , pour y être mis à l'abri du moindre danger.

Toutes les parties extérieures de la carapace étant immobiles, les régions dorsale et lombaire du rachis qui en font partie le sont aussi ; et leurs vertèbres , d'ailleurs formées sur le même plan que dans les classes précédentes, se suturent non-seulement entre elles par leurs bases , mais

encore aux côtes, aux costines et surtout aux os interépineux avec lesquels elles se confondent même complètement.

Aucune paire d appendices costaux qui entrent dans la composition de la carapace n'atteignant le sternum chez les TrionyXy on ne saurait reconnaître chez eux la limite qui existe entre les régions dorsale et lombaire ; mais elles deviennent parfaitement distinctes dans les autres genres , où , d'une part , la vertèbre la plus antérieure de la carapace porte une petite paire de côtes dirigées obliquement en dehors et en arrière, pour se souder par son extrémité à la paire de côtes suivante, sans jamais atteindre le sternum ; d'où résulte qu'on doit considérer cette vertèbre comme appartenant encore à la région cervicale, qui se compose ainsi en tout de dix ; et les appendices qu'elle porte , comme une paire de Costelles , la seule qui existe chez ces Animaux.

Cette dernière vertèbre cervicale, ou première de la carapace, offre aussi seule encore, à son extrémité antérieures^ au devant de ses costelles, deux grosses apophyses obliques dirigées en dehors , et portant à leurs faces antérieure et inférieure une large surface continue arthrodiale , demi-cylindrique sur laquelle se meut la vertèbre qui précède. Derrière ces apophyses se trouve une tubérosité dirigée de côté , où s articule la costelle de ces Animaux, et qu'on ne peut guère appeler une apophyse transverse , étant une saillie du corps de la vertèbre , analogue à l'élargissement antérieur des vertèbres dorsales qui suivent.

Les régions dorsale et lombaire du rachis des Ghéloniens se composent ensemble de neuf vertèbres , plus simples encore que celles du cou , en cela qu'elles sont réduites au corps , et à une masse apophysaire trèsfaible, formant la voûte sur la moelle épinière, sans offrir aucune apophyse bien saillante , si ce n'est l'épineuse , qui s'élève au contraire souvent en une large lame longitudinale continue sur toute la série , et s'unissant au bord supérieur aux os interépineux.

La dernière lombaire seule , privée de costines chez les Trionyx , et aussi mobile dans ce genre , offre , au lieu de ces appendices , deux apophyses trans verses libres.

Les Corps de toutes ces vertèbres, généralement rétrécis dans le mi*

lieu, s'élargissent aux extrémités, pour s'unir entre eux par de larges bases; mais restent complètement immobiles. Deux de ces vertèbres forment ensemble de chaque côté une grande surface articulaire oii vient appuyer la tête de la côte, ou costine correspondante , par une disposition semblable à celle qu'on remarque chez les Mammifères.

La masse apophysaire de ces verlèbres constitue chez les jeunes sujets une pièce particulière , comme d'ailleurs chez tous les Vertébrés ; mais elle prend une forme et une disposition différentes. Au lieu de répondre au milieu de chaque vertèbre, elle est au contraire placée audessus de l'intervalle de deux de ces os , en se prolongeant en avant et en arrière jusqu'au milieu à peu près des deux vertèbres correspondantes, en se suturant là avec les masses apophysaires voisines; et ne forment que fort rarement des facettes articulaires distinctes. Mais les deux prolongements qui vont ainsi à la rencontre l'un de l'autre, ménagent, entre eux et le milieu de chaque corps de vertèbre , un trou de conjugaison , qui par là n'a plus le même emplacement que chez les autres Vertébrés.

Cette masse apophysaire présente en outre, à la jonction des corps de vertèbres, une Apophyse transverse fort courte, dirigée en dehors, formant à son extrémité la partie moyenne et supérieure de la facette articulaire recevant la tête de la côte correspondante.

Quant aux Apophyses épineuses^ ce sont , ainsi que je viens de le dire , de simples crêtes longitudinales réunissant les apophyses obliques , et immédiatement recouvertes par les os interépineux, avec lesquels elles se confondent.

Ces masses apophysaires séparées, chez tous les jeunes Chéloniens^ se soudent avec le temps aux corps des vertèbres; et cela d'abord au postérieur, et plus tarda l'antérieur; mais cette règle nest pas constante, car quelquefois , et cela dans la même espèce, l'union a lieu en premier avec la vertèbre antérieure ; mais ce cas constitue toutefois l'exception.

La vertèbre lombaire postérieure , privée de costines chez les Trionyx^ est plus petite que celles qui précèdent ; toute la série , depuis la première dorsale jusqu'à la dernière de la queue, formant une suite à peu

SYSTÈME OSSBUX. 301

près uniformément décroissante. Cette vertèbre lombaire diffère en outre de celles portant des costines , en ce que ces Apophyses obliques^ antérieures et postérieures, sont plus grandes et plus distinctes, surtout les dernières qui s arthrodient avec la première vertèbre sacrée , en offrant à peu près la même disposition qu au cou. Sur les côtés de la masse apophysaire se trouve aussi une Apophyse transs^erse styloïde di^ rigée librement en dehors.

Dans le genre Testudo et autres, la dernière lombaire porte également une paire de costines , mais fort petites et grêles , se confondant à son extrémité avec la paire précédente élargie.

Le Sacrum est composé chez les Trionyx de deux vertèbres seulement, qui diffèrent principalement des dorsales et des lombaires en ce qu elles portent chacune une paire de Costinelles non adhérentes à la carapace , et servant , comme chez les Sauriens et les Urodeles , de moyen de suspension aux os coxaux. Que la première de ces vertèbres s arthrodie avec la dernière des lombes , de manière que le sacrum reste mobile, et les apophyses obliques, tant antérieures que postérieures, ressemblent plus à celles des vertèbres cervicales , en ménageant entre elles des trous de conjugaison beaucoup plus grands qu'aux vertèbres de la carapace.

Dans d'autres Guéloniens , tels que certaines Chelonia , il y a trois vertèbres sacrées , et souvent aussi elles sont adhérentes à la carapace.

On compte dans quelques espèces jusqu'à vingt-sept vertèbres caudales^ toutes parfaitement mobiles, ressemblant, chez les Trionyx^ beaucoup à celles de plusieurs Mammifères. Leur corps est grêle , les apophyses obliques antérieures très-saillantes, et les postérieures beaucoup plus grosses , se continuent en dessus en une crête formant une apophyse épineuse en lame longitudinale.

Les apophyses transverses , disposées comme celles de la dernière vertèbre lombaire ^ sont proportionnellement beaucoup plus grandes , et ne portent ni Coslettes , ni os UpsUdidts ; mais ces appendices existent dans d'autres genres, où ils forment comme de petites épiphyses coniques au sommet des apophyses trans verses.

302 PREMlàaE PARTIE.

Les j^ppendîces directs du rachis se réduisent ainsi à une paire de CosteUeSy et ensemble à huit paires de Côtes et Costines; à deux ou trois Costinelles^ et enfin à un nombre variable de Costettes.

Les Côtes et les Costines offrent, ainsi que je lai déjà dit plus haut, la particularité caractéristique, chez les Chéloniens , de s élargir tellement , quelles forment de grandes lames sous-cutanées se rencontrant d'une paire à l'autre , et se suturant entre elles , soit dans toute leur longueur, soit dans leur partie interne seulement , selon les genres , de manière à constituer ensemble un grand bouclier faisant la majeure partie de la carapace. Ces côtes vertébrales offrent du reste les mêmes parties que celles des Mammifères ; c est-à-dire , uue tète fort élargie s'articulant à la fois avec les corps de deux vertèbres, et de plus avec lapophyse transverse , sans laisser d'intervalle comme chez ces derniers , et une tubérosité plus ou moins prolongée en lame dirigée en dedans, qui, au lieu de s'articuler avec l'apophyse transverse , va s'unir plus haut au bord latéral de l'os interépineux qui lui correspond exactement, en ménageant entre les deux articulations un espace vertébro-costal , dans lequel passent des vaisseaux , mais qui est ici placé au-dessus des apophyses transverses.

Les deux Costelles diffèrent des véritables côtes en ce qu elles sont grêles , arrondies , libres au milieu , et fixées seulement aux extrémités , sans faire partie de la lame superficielle de la carapace.

Les côtes et les costines sont, au contraire, beaucoup plus grandes, fort élargies , et dirigées, les premières, obliquement en dehors et en avant , en s'arquant légèrement en dessous dans les Trionyx , genre dont le corps est assez fortement déprimé ; et les suivantes , de plus en plus en dehors et en arrière jusqu'à la dernière costine , qui se porte très-obliquement vers la partie postérieure de la carapace.

La première paire se suture dans presque toute la longueur de son bord antérieur avec la première pièce de la série des os interépinenx décrits plus bas , qui seul s'étend considérablement dans le sens transversal pour remplir l'angle compris entre ces deux côtes , et forme le bord antérieur de la carapace ; et la dernière paire de costines , laissant aussi

STSTiHB OSSEUX. 30â

chez les Chelonia un espace angulaire entre elle ^ cet angle est rempli par lantépénultième pièce interépineuse , également plus large que les autres; tandis que chez les Trionyx , les deux costines se joignent entre elles par leur élargissement interne.

On distingue généralement , chez tous les Ghéloniens , trois parties dans les côtes et les costines, une moyenne longitudinale plus saillante dans rintérieur de la carapace , répondant plus particulièrement à la véritable diaphyse de ces os, et de chaque côté, une autre partie formée par une expansion plus mince de la portion moyenne , et qui va s unir à la côte ou costine voisine. Chez les Trionyx , ainsi que dans la Chelonia mydas , etc. , ces lames latérales ne s étendent pas jusqu'à lextrémité de la portion moyenne, s arrêtant subitement vers la partie latérale de la carapace , comme si elles étaient coupées artificiellement , eu constituant dans lensemble un bouclier ovale, que les parties moyennes des côtes dépassent seules, en formant des dents plus ou moins longues. Dans d'autres genres tels que celui des Testudo, les expansions latérales s'étendent au contraire jusqu'aux pièces marginales occupant les bords de la carapace , qui ne présente aucun intervalle entre ces deux pièces osseuses.

Dans la plupart des Chéloniens, dont il faut excepter les Trionyx^ le genre Chelonia , par exemple , il existe , outre les côtes et les costines vertébrales osseuses dont il vient d'être parlé, encore une série d'os Marginaux formant par leur réunion le pourtour de la carapace, et qu'on regarde généralement comme représentant les Côtes stemales des Vertébrés supérieurs, quoiqu'ils aient, ainsi que je l'ai longtemps pensé , beaucoup d'analogie avec les côtes intermédiaires des CrococUlus ; et dans ce cas , les côtes sternales se trouveraient dans les pièces latérales du plastron au nombre de trois paires seulement , il est vrai ; mais quoi qu'il en soit de la véritable analogie de ces pièces , j'adopterai ici l'opinion admise par les autres anatomistes. Dans la Chelonia Midas^ ces qs marginaux sont des pièces allongées en forme de prismes triangulaires placés à la file les uns des autres , au nombre de onze de chaque côlé , en s'unissant par leurs bases.

30/t PREMIÈRE PARTIE.

Les deux premiers, libres dans leur longueur, ne sont fixés que par les bouts ; Fantérieur au bord latéral du premier interépineux , et le second , au troisième marginal , sans s'articuler avec les côtes , mais le deuxième répond toutefois par sa position à la dernière cervicale , qui ne ratteint pas. Les os marginaux suivants jusqu'au neuvième inclusivement, s articulent au contraire transversalement avec les extrémités des côtes et des costines de la carapace , jusqu'à la huitième paire. La dixième pièce répond à l'intervalle de la huitième et de la neuvième côte ; et enfin la onzième s'articule sur la neuvième. Ce manque de rapport de la dixième pièce , qui ne rencontre pas de costine qui doit lui correspondre dans l'ordre naturel , vient de ce que ces pièces étant toutes à peu près de même longueur, et les côtes ainsi que les costines se dirigeant de plus en plus obliquement en arrière, il en résulte que la première côte rencontre la troisième pièce marginale un peu au devant de la moitié de sa longueur ; la seconde côte s'insère sur le milieu de la longueur de la quatrième pièce, et les suivantes, toujours de plus en plus en arrière, de manière que la pénultième costine s articule sur la neuvième pièce , près de son extrémité postérieure ; et la dernière , plus obliquement portée encore en arrière, franchit la dixième pièce marginale pour s'articuler sur la partie antérieure de la onzième.

A leurs deux extrémités, les séries de ces pièces marginales ou côtes et costines sternales des Chelonia , se réunissent d'un côté à l'autre par l'interposition de la première et de la dernière pièce interépineuse qui ferment le circuit.

Dans les Chéloniens terrestres , formant le genre Testudo , la carapace beaucoup plus bombée que celle des espèces aquatiques , est formée sur les côtés d'os marginaux très-larges transversalement pour donner plus de hauteur au corps ; et qui joignent en outre , par une véritable suture, les extrémités des élargissements latéraux des côtes et des costines vertébrales, de manière à ne laisser aucun intervalle sur les côtés ; aussi ces os représentent-ils mieux par leur lengueur transversale , les côtes et les costines sternales des Vertébrés supérieurs, dont ils sont les analogues.

Dans le genre Trionyx , les os marginaux sont remplacés par une

bdnde de substance cartilagineuse très -flexible dans laquelle on rencontre souvent des noyaux osseux, assez irrégulièrement distribués, représentant les os marginaux, de manière qu'il est impossible de reconnaître leurs rapports, soit avec les côtes et les costines, soit avec le sternum qui ne les atteint pas non plus.

Les os Inierépineux , dont j'ai parlé , n'existent d'une manière constante que dans les Chéloniens et les Poissons, mais avec des fonctions différentes; et ce n'est que par exception qu'on en trouve une espèce d'analogue chez d'autres Animaux, tels que les Fœtus de Veaux ^ où ils forment les apophyses épineuses des vertèbres dorsales; tandis que chez la plupart des autres Mammifères , ces apophyses ne sont que des prolongements purs et simples de la masse apophysaire qui se développe de chaque côté par un seul point d'ossification.

Chez les Cfielorda^ ces os constituent le long de la ligne dorsale une série de quatorze pièces, formées chacune d'une lame superficielle placée au niveau des côtes qu'elles réunissent par paires , et se suturent entre elles par leurs extrémités, de manière à ne laisser aucun intervalle.

Le premier os de la série est une pièce étroite placée transversalement au bord antérieur de la carapace , en se suturant par ses extrémités avec les deux premières pièces marginales; et par le postérieur, avec le second de la série des interépineux. Celui-ci , le plus grand , et surtout le plus large de tous, a ses bords latéraux libres, et s'articule par le postérieur vers les côtés, avec les bords antérieurs des deux côtes de la première paire, et au milieu avec l'os interépineux suivant. Il est placé au devant de la dernière vertèbre cervicale, à laquelle il correspond dans le principe, mais passe librement dessus.

Les autres os interépinenx , depuis le troisième jusqu'au huitième inclusivement, répondent exactement aux côtes et costines suivantes, de la première à la septième paire; le neuvième, plus raccourci que ceux qui précèdent , est placé entre la partie antérieure de la septième paire ; le dixième , plus petit encore , répond à la suture de la septième et de la huitième paire; le onzième, le plus petit de tous, est situé dans l'inter-

valle (Je la partie postérieure de la huitième paire; le douzième, de nouveau tout à coup beaucoup plus large que les autres, remplit Fangle que les deux dernières costines forment entre elles , en répondant à la vertèbre lombaire privée de costines, et au sacrum; le treizième, moins grand que le précédent, et de forme triangulaire, lui fait suite, sans répondre à aucune costine, et se trouve placé au-dessus de la moitié antérieure de la queue. Enfin , le dernier os interépineux , est une plaque fort grande, pentagonale, formant lextrémité postérieure de la carapace, oii il se suture, en avant avec los précédent, et par les côtés avec la dernière paire d'os marginaux qu il réunit.

Le plus grand nombre de ces os interépineux , répondant exactement à la longueur des lames superficielles des côtes et des costines , se trouvent placés au-dessus des intervalles des vertèbres qui entrent dans la composition de la carapace ; mais ils appartiennent réellement à la vertèbre postérieure correspondante, avec laquelle ils sont généralement soudés, en formant un élargissement du sommet de son apophyse épineuse. Ses plaques antérieures et postérieures, étant détachées de leurs vertèbres respectives, font voir par là qu elles doivent être considérées comme constituant une série d os particuliers situés au-dessus des intervalles des vertèbres , et non comme de simples parties de ces derniers os , quoique les pièces qui semblent leur correspondre dans certains Mammifères soient réellement les apophyses épineuses. Mais ces épiphyses commencent à se séparer de leurs vertèbres chez les Chéloniens, en se portant plus en avant , et forment à la fin des os à part , soit déjà aux deux extrémités delà carapace, soit chez les Poissons , ainsi que nous le verrons plus bas.

En rapportant les os interépineux antérieurs et postérieurs aux verte*bres auxquelles ils correspondent , en suivant le même ordre de succession , on trouve d une pari que les deux premiers répondent aux deux dernières vertèbres cervicales dont ils se sont détachés , et d'autre part , que le onzième appartient à la vertèbre lombaire privée de costines ; le douzième et le treizième , aux deux vertèbres sacrées , et enfin le dernier, à la queue.

Chez les Trionyx^ où les os marginaux sont restés cartilagineux, la série des os interépineux s'arrête à celui correspondant à la dernière paire de costines.

Le Sternum des Ghblonibns prend aussi une forme toute particulière , exclusivement propre à ces singuliers Animaux. Ce n'est plus , comme dans les Mammifères et les Reptiles , une série d'os impairs grêles ou élargis , recevant sur leurs bords les diverses paires de côtes sternales pour leur servir de moyen d'union ; c'est plutôt , comme chez les Oiseaux , une très-grande plaque composée d'un os mitoyen et de plusieurs paires latérales, dont l'ensemble occupe la majeure partie de la face inférieure du corps, et reçoit chez ces Animaux le nom spécial de Plastron.

Dans le genre Trionyx , cette large plaque est composée d'une pièce impaire et de quatre paires latérales. La première , en forme de chevron , à branches grêles , que j'ai cru autrefois devoir considérer comme le seul et véritable analogue du sternum des Reptiles , a été nommée par Geoffroy Saint-Hilaire l'os Entosterncd^ il est placé vers la partie antérieure du corps, ayant son angle dirigé en avant, et ses branches obliquement ^n arrière et en dehors.

La première paire de pièces latérales que ce même auteur nomme les os Epistemaux^ comme appartenant au sternum, me paraît plutôt représenter les clavicules de ces Animaux , comme la déjà fait remarquer CuviER , et qui se sont détachées de l'épaule , ainsi que l'indiquent les clavicules des Sauriens. Ce sont deux os également grêles , composés de deux branches formant entre elles un angle très-ouvert et suturés par la postérieure, dans toute sa longueur, sur le bord externe de l'entosternal ; et la seconde branche ou l'antérieure , dirigée directement en avant , est placée à une petite distance de celle du côté opposé.

La seconde et la troisième paire forment ensemble de chaque côté une plaque mince , excessivement large, à peu près quadrilatère, occupant la partie latérale moyenne de la face inférieure du corps; et les deux pièces qui la composent , peu diflférentes Tune de l'autre pour la forme et la grandeur, mais dont l'une est antérieure et l'autre postérieure , sont

réunies par une suture harmonique droite et transversale qui traveree la plaque dans toute sa largeur.

La pièce antérieure , que Geoffroy Saint-Hilaire désigne sous le nom d'hyosternale ^ qui semble signifier qu elle a quelques rapports avec rhyoïde, dont elle est cependant bien éloignée, je propose, pour éviter qu'on soit induit en erreur, de lui assigner le nom de Prosternale (i). C'est un os allongé transversalement , suturé par son angle antéro-interne avec le bord interne de lextréraité de la branche de lentosternal qu'il longe ; et l'angle antéro-externe , prolongé en digitation , se perd , vers les côtés du corps , dans une expansion cartilagineuse qui unit le plastron au bord de la carapace.

La seconde pièce de la plaque que Geoffroy appelle hyposternale , terme également impropre , signifiant sous le sternum , tandis que los en question est placé à la suite du précédent , vers le milieu du plastron , je la nomme Mésosternal (2). Il forme à son angle latéral postérieur des digitations placées dans le même cartilage latéral; et l'angle postérointerne, aussi subdivisé en dents, se suture avec un prolongement semblable de l'angle antéro-externe de la quatrième pièce du plastron, avec laquelle il s'entre-croise. Le bord externe de la plaque ^est coupé carrément, et se continue avec le même cartilage latéral; et l'interne aussi à peu près droit et assez fortement écarté de celui du côté opposé, offre quelques petites digitations perdues sous les téguments dans une expansion membraneuse remplissant la grande ouverture du milieu du plastron.

Quant à la quatrième paire de pièces ou les Xiphisternaux de Geoffroy , ce sont de larges plaques triangulaires suturées entre elles par leurs bords internes, et dont l'angle antéro-externe est uni au mésosternal , et le postérieur libre forme l'extrémité du plastron. Le bord antérieur répond à l'intervalle des os mésosternaux , et l'externe forme

(1) De icpo , avant , et de (rcépvov , sternum.

(2) De (liaoc , intermédiaire.

SYSTÈME OSSEUX. â09

le bord interne de l'ouverture postérieure de la carapace , par où sort le membre postérieur du même côté.

Chez les Cfielonia , on retrouve les mêmes pièces avec des formes à peu près semblables. Les deux clavicules sont seulement plus larges et privées de leurs branches antérieures ; lentosternal est en disque triangulaire, et se prolonge postérieurement en une longue apophyse grêle impaire ; les prosternaux et mésosternaux sont plus étroits , mais plus longs d avant en arrière ; et enfin les xiphisternaux sont deux tiges étroites se rencontrant seulement à leur extrémité postérieure.

Dans les Tortues de terre, formant le genre Testudo , le plastron est composé des mêmes pièces, mais plus larges, se joignant par paire tout le long de la ligne médiane ^ sans laisser le moindre espace entre elles , et s étendant aussi vers les côtés jusqu'aux os marginaux, avec lesquels les deux paires de pièces sternales moyennes, les prosternaux et les mésosternaux se suturent , tandis que d une part les deux clavicules , et de Fautre, les os xiphisternaux ont leurs bords latéraux libres et séparés des os marginaux par de larges espaces, dans lesquels passent le cou , les membres et la queue ; les bords latéraux des os prosternaux et mésosternaux s'articulent bout à bout avec les marginaux qui leur correspondent depuis le troisième jusqu'au huitième ; mais les angles latéraux antérieurs et postérieurs de la plaque qails forment ensemble se prolongent en dessus en une très*-longue et forte apophyse qui se porte directement en haut, longe dans l'intérieur de la carapace les os marginaux en sarticulant tout le long avec eux, et vont se terminer aux côtes vertébrales qu'ils croisent encore dans un petit espace. Ces prolongements verticaux, placés ainsi dans les angles des ouvertures antérieure et postérieure de la carapace, fortifient considérablement ces parties de cette dernière, en augmentant l'épaisseur des bords.

Les deux apophyses antérieures, s'articulant avec l'extrémité des côtes vertébrales de la première paire, et les apophyses postérieures avec les côtes vertébrales de la sixième , celles-ci et les intermédiaires sont ainsi , d'après le principe établi plus haut , en parlant du thorax des Mammifères^ les seules s^éritables Côtes qui s'articulent avec le ster-

nuîri ; tandis que la première , la seule grêle , est une CosteUe qui manque sur les vertèbres cervicales antérieures, et les côtes postérieures avec leurs os marginaux, qui ne se prolongent également pas jusquau sternum , sont des Costines analogues aux fausses côtes des Mammitères , et dont la dernière vertèbre lombaire est seule privée chez les Trianyx, Les Testudo auraient ainsi six vertèbres dorsales et trois lombaires, tandis que les Emys n'ont que cinq dorsales et quatre lombaires.

Dans le genre Terrapena , les deux os prosternaux sont mobiles dans leur articulation en ligne droite avec les mésosternaux , d'où ces Animaux ont la faculté de pouvoir fermer plus ou moins leur carapace en avant, après que les membres et la tête sont rentrés.

Le Bassin des Chéloniens est formé dans son ensemble sur le même modèle que celui des Mammifères et des Reptiles sauriens, en se rapprochant cependant bien plus du bassin de ces derniers. 11 est, comme chez tous les Vertébrés aériens , composé de trois paires d'os, les lUum^ leslschion et les Pubis , qui se réunissent aussi tons les trois sur les côtés pour concourir à former ensemble la cavité cotyloïde de l'articulation coxo-fémorale; et la première paire est, comme chez les Sauriens, suspendue aux vertèbres sacrées par des costinelles qui se portent transversalement en dehors. Ces ilium sont d ordinaire des os étroits descendant de la région sacrée obliquement en avant *, vers la partie postérieure du plastron , et les Ischion et les Pubis, diversement conformés , selon les genres, sont à peu près parallèles au plan de ce dernier, qu'ils avoisinent , sans le toucher, chez la plupart des Chéloniens , mais le rencontrent et s'articulent avec son extrémité postérieure dans les Chelys. Ces deux paires d'os se portent dans les autres espèces, de la cavité cotyloïde en dedans , pour se rencontrer par paire à la ligne médiane du corps, et former leur symphyse, interceptant de chaque côté entre eux, chez les Testudo, les Emys et les Chelys^ un trou pubien plus ou moins grand, séparés l'un de l'autre par des prolongements osseux que ces os s'envoient réciproquement. Dans les genres IWonyxei Càelonia^ au contraire, ces prolongements ne sont que cartilagineux , de manière que , dans le squelette osseux , le dessous du bassin offre une très-grande ouverture com-

prenant les deux trous pubiens et la partie moyenne de la symphyse.

Quoique les Membres aient éprouvé un bien singulier renversement en dedans du thorax , ce changement ne porte cependant guère que sur les parties de l'épaule, les autres restant à peu près dans les mêmes conditions que chez les Sauriens ; et même Tomoplate , le coracoïdieu et la clavicule qui ont subi les plus fortes transformations, se laissent assez facilement ramener à leurs analogues chez les Vertébrés supérieurs, surtout en les comparant à leurs correspondants chez les Sauriens.

On a vu que X Omoplate de ces derniers est composée de deux parties, une terminale ou le paleron qui reste d ordinaire cartilagineux ; et une pièce inférieure, généralement osseuse, ou Tos glénien. Chez les Ché- LONiENS , on retrouve les mêmes parties , seulement le Paleron est un osselet court et gros, placé comme une épiphyse au bout de los glénien qu'il lie à la partie antéro-interne de la première côte dorsale , en s'y fixant au moyen d'un ligament principal au devant de la costelle.

Los Glénien^ qui forme la majeure partie de lomoplate, est une pièce fort grande ^ composée de deux longues apophyses grêles , dont Tune répondant plus particulièrement au véritable os glénien des autres Vertébrés , se porte du paleron en dessous , en dehors et en arrière , vers Farticulation seapulo-humérale qu elle concourt à former, et où elle rencontre la seconde apophyse , à peu près de même dimension , représentant YÂcromionf qui se dirige de la cavité glénoïde transversalement en dedans et en bas, vers la ligne médiane du sternum , où son extrémité est liée par des ligaments à los entosternai.

Au sommet de l'angle de réunion des deux branches, est placée la cavité glénoïde , dirigée en dehors , et formée comme d'ordinaire par la réunion de l'omoplate et du coracoïdien , qui en occupe la partie postérieure , en même temps que ce dernier os se suture en arrière avec l'angle de l'omoplate. Ce Coracoïdien , situé à peu près comme chez les Lacertiens, est un os allongé, beaucoup plus élargi que l'omoplate, ce qui a fait penser sans doute à Bojanus ( ^nat. Testud. europœa ) qu'il représentait réellement ce dernier os , quoiqu'il soit placé horizontalement dans la partie inférieure du corps, tout près, et parallèlement au sternum , en

se dirigeant de rarticalationscapulo-humérale, en dedans et en arrière, se rapprochant par son extrémité de celui du côté opposé ^ dans une situation semblable à celle de son analogue chez les Lacertiens et les

SCINCOÏDIENS.

Quant à la Cla\^icule , il est bien plus difficile de la reconnaître dans les Chéloniens , où elle s'est entièrement séparée de 1 épaule , pour s'unir au sternum et former avecluileplastron, dont elle constitue la première paire de pièces , que Geoffroy Saint-Hilaire a nommée les os épisternaux. Ce changement de disposition et même de rapports de la clavicule ressort cependant d'une manière fort claire , ainsi que Guyier l'a déjà fait re^ marquer, de la forme et de la situation que cet os affecte chez les Sauriens.

Le reste du Membre antérieur des Ghéloniens est composé à peu près sur le modèle de celui des Lacertiens , en offrant toutefois la singularité (|ue le coude est tourné en avant , au lieu de l'être en arrière comme chez les Vertébrés supérieurs, mais cela était nécessaire pour permettre au membre de sortir de la carapace, et d'y rentrer au gré de l'Animal ; et ce changement de disposition a été obtenu , d'une part , au moyen d'une trèsforte saillie que le condyle de l'humérus fait en dedans, ce qui permet à cet os d'être naturellement dirigé en avant sans se désarticuler, au lieu d'être porté, comme chez les autres Animaux, obliquement .en dessous et en arrière ; et pour amener le coude en dessus et en avant , ce même os a éprouvé en outre une certaine torsion dans sa longueur; et d'autre part, les os de l'avant-bras, disposés dans leur état de supination, ramenent la main en avant et son dos en dessus , à la position qu'elle a chez la plupart des quadrupèdes terrestres. Gette disposition des diverses parties du membre , toute singulière qu'elle paraît au premier abord , est au fond si peu extraordinaire, que Y Homme lui-même peut la prendre presque aussi complètement que les Ghéloniens, où elle est nécessaire. En effet , l'articulation scapulo-humérale étant située dans la partie inférieure du thorax , près du plastron , il était impossible que l'humérus fût porté en dessous et en arrière, ainsi que cela a lieu chez les Mammifères et les Reptiles SAURIENS, vu qu'il n'aurait pas pu se mou-

voir en avant pour faire sortir la main ; et le bras devait en conséquence être dirigé en avant, et Tavant-bras en dessous, pour prendre sa direction ordinaire.

Pour être du reste conformé en conséquence de cette nouvelle disposition, ï Humérus est généralement court et arqué en dessous; c'està-dire concave vers sa face , répondant à Tinterne de Y Homme ^ afin de permettre à Favant-bras de se fléchir plus fortement en arrière lorsque l'Animal retire le membre dans la carapace, et le cubitus, au lieu d'avoir son apophyse olécrdne en arrière. Ta au contraire, lorsqu'elle est apparente, au devant de l'articulation huméro-cubitale.

Quant aux deux os de l'avant-bras, ils sont généralement aussi foFt courts , afin de pouvoir entrer et sortir de la carapace , mais sont du reste dans les mêmes rapports à peu près que chez les Sacribns. Le Cubitus , plus fort que le Radius , est placé sur un plan plus antérieur ; et dans les Œelorda , presque entièrement au devant de ce dernier os , en s'arthrodiant avec le milieu du carpe; tandis que le radius ne rencontre ce dernier que par le côté , en se prolongeant aussi plus en dessous, ce qui est le contraire de ce qu'on voit chez les Mammifères; et les Sauriens offrent la disposition intermédiaire.

Le Carpe , aussi composé sur le modèle de celui des Lacertiens , est composé toutefois de huit à dix osselets , selon les genres. Chez les Che- /oma, qui ressemblent le plus sous ce rapport à ces derniers Animaux , il y a de même neuf de ces petits os, dont deux , les plus grands , au premier rang, répondant au Scaphoïde et au Pyramidal ^ sont placés l'un à côté de l'autre au bout du cubitus; et le radius ne s'arthrodie avec le premier on l'interne que par le côté; tandis que chez les Sauriens, Tun est placé sous le radius et l'autre sous le cubitus.

Le Pisiforme , troisième du premier rang chez les Trionyx , descend plus bas, dans les Chelonia^ de manière à se trouver au rang inférieur, mais offre du reste toujours , comme celui des Lacertiens , la même disposition en se portant au bord externe du carpe librement en dehors.

Le Semilunaire se trouve , dans les Chelonia , aussi repoussé en dessous, vers le milieu du. carpe, absolument comme son analc^ue des

âiii PRBMIÈRE PARTIE.

Lacertibns ; ce qui lui a fait donner par Cuyibr le nom d os central. Il s arthrodie en haut avec le scaphoïde et le pyramidal ; en dedans , avec le phacoïde ; en bas, avec le trapèze et le trapézoïde; et enfin en dehors, avec le grandos , absolument comme dans les Lacerta.

La rangée inférieure du carpe se compose aussi , comme chez ces derniers Animaux , de cinq osselets fort petits , répondant exactement aux cinq métacarpiens , et qui sont en conséquence , de dedans en dehors , le Phacoïde, le Trapèze^ le Trapézoïde. ^ le Grandos et XUnciforme.

En prenant maintenant le carpe des Chelonia pour terme de comparaison , on trouve chez les Trionyx les mêmes osselets, tous dans des rapports semblables ; le pisiforme est seulement plus remonté et placé au premier rang, comme celui des Lacerta; les cinq du dernier rang sont exactement à leur place ; mais le semiluriaire est représenté par deux pièces placées Tune à côté de Tantre, et dont Tinterne s'articule avec la tète du radius. Dans le genre Ttstudo , le semilunaire est au contraire un os unique, mais fort large transversalement, sarthrodiant en haut avec le sommet de la tète du radiuis, et plus en dehors avec le scaphoïde, qui est au contraire fort petit , et pourrait par sa disposition être pris pour le semilunaire, étant placé entre ce dernier os qui simule un scaphoïde et Tos pyramidal. En bas , le vrai semilunaire s'arthrodie avec les quatre osselets internes du rang inférieur, mais dont les deux internes, le phacoïde et le trapèze y sont confondus en un seul , très-allongé transversalement.

Les os du Métacarpe et les Phalanges des doigts sont entièrement semblables pour la forme et la disposition générale à ceux des Sauriens, et disposés aussi de même , mais plus ou moins longs et fort variables aussi pour la grosseur; les premiers allant toutefois généralement en diminuant du plus interne à lex terne.

Les Phalanges sont dans les Trionyx^ au nombre de deux au pouce, de trois aux deux doigts suivants, ainsi qu au cinquième , et le quatrième en a quatre.

Dans le genre Chelonia , il y en a de dedans en dehors a, 3,3, 3 et

STSTÈMB 086EUX. ftl5

2 ; et €iiGn les Testudo, dont les métacarpiens et les doigts sont extrêmement courts ; tous ces doigts n ont que deux phalanges.

Le Membre poaérieiw diffère moins que lantérieur de son analogue chez les Saubiens. Le Fémur est arqué avec la convexité en avant, afin que la jambe puisse , en rentrant dans la carapace, mieux s'appliquer le long de sa face postérieure. Le genou fait , comme d ordinaire , saillie en avant. Le Tibia et le Péroné , placés aussi dans les mêmes situations que chez les Mammifères et les Reptiles, se terminent tous les deux à peu près au même niveau, en haut au fémur, et en bas au tarse.

Le Tarse des Cheloniens ressemble aussi beaucoup à celui de certains Sauriens ; il y a , par exemple , beaucoup d analogie entre cette partie du pied des Lacerta et des Chelonia pour le nombre et la disposition des osselets. Il y a dans ce dernier genre de même deux os au premier rang , dont Tun plus grand et interne , ou Y astragale, s arthrodie principalement avec le tibia , et par son angle externe seulement avec la tète du péroné. Le second os ou le Calcanéum est fort petit , placé en dehors du précédent sous la tête du péroné.

Au second rang , il y a d'abord trois petits osselets internes , placés à la base des trois premiers métatarsiens, et répondant aux os Oialcoïde^ Cunéiforme et Epitrion. A la base du quatrième se trouve un os plus grand , se rapportant naturellement au Cuboïde , qui s articule aussi par sa face externe avec un os particulier assez court , mais toutefois dirigé en avant, en simulant un métatarsien; et ressemblant en effet beaucoup au métatarsien raccourci du cinquième orteil des Lacerta , dont je le crois le représentant ; ce qui paraît avoir été aussi lopinion de Gu vier ( i ) , qui ne s exprime toutefois qu'avec doute à ce sujet. Dans d'autres genres, tels que les Trionyx et les Testudo , cet os , plus large que long , et dirigé en dehors, ne ressemble plus du tout à un métatarsien.

Le nombre de^ Phalanges des orteils varie aussi d'un genre à l'autre; les Testudo en ont partout deux très-courtes ; les Chelonia deux au

(1) O». fou., t. V, impart., p. 218

M6 PRBlflÈRB PARTIE.

premier orteil et trois à chacun des autres; les Chelys deux au premier orteil , trois aux trois suivants et quatre à l'externe.

ARTICLE V

Du squelette des Poissons.

Si Ton voulait transformer par la pensée un Animal Vertébré terrestre quelconque, en une espèce aquatique par excellence, et par conséquent en un parfait nageur^ sans sortir du t3rpe général de cet embranchement des Animaux , les modifications qu on serait obhgé de lui faire subir conduiraient nécessairement à la forme et à la disposition qu ont les organes locomoteurs chez les Poissons ; en même temps que tous les autres systèmes organiques qui dépendent de ceux-là , ou plutôt de la vie aquatique , devraient aussi , pour la plupart , se trouver dans les conditions qu'ils offrent en effet chez ces Animaux. Je ne parle toutefois ici que de la forme et de la disposition en grand des parties , de celles dont nous pouvons concevoir l'influence sur les fonctions , et non des formes et des circonstances de détail qu'on y remarque ; les causes qui les déterminent étant inappréciables pour l'intelligence humaine; et quoique nous reconnaissions, dans un grand nombre de cas , que ces détails , et souvent jusqu'aux plus petits, sont établis d'après certains principes, véritables lois d'organisation, il nous est toutefois impossible d'en entrevoiries motifs; et ce que je dis ici pour les Poissons est également vrai pour tous les êtres.

Le Système osseux éprouve surtout de nouvelles modifications dans cette classe d'Animaux , soit par l'effet des diverses lois de gradations que ses différentes parties suivent , soit pour être approprié à la vie tout aquatique de ces Animaux , oii ce système d'organes arrive à la composition typique pour des Vertébrés nageurs ; ce qui n'existe chez aucune autre famille de cet embranchement du règne animal ; les Reptiles et

STSTiME OSSBUX. dl7

les Mammifères qui vivent dans Feau ne présentant que la transition des Vbetébaés aériens aux Poissons, Animaux plus essentiellement aqua- ' tiques.

Les Poissons paraissent au premier aperçu se rattacher par le genre Murœna à la classe des Reptiles , en faisant suite aux Siren , et mieux encore zn\ Lepidosiren ^ nouvellement découverts , les deux genres étant lunet l'autre serpentiformes, et privés de membres postérieurs; mais la classe des Poissons me paraît cependant approcher plutôt des Reptiles par Tordre des Sélaciens , et plus spécialement par le genre Sçyllium , qui conserve sous beaucoup de rapports des analogies très^grandes avec ces derniers.

La Tête des Poissons s éloigne de là bien plus encore de celle des Mammifbbes, quoique appartenant au même type général, sa charpente osseuse étant formée de pièces plus nombreuses encore que dans les Reptiles, et autrement disposées; mais cette grande quantité dos se laisse cependant ramener aux mêmes parties constituantes. Malgré que ce dernier principe soit reconnu par tous les anatomistes , on est toutefois encore en discussion sur lanalogie de plusieurs parties, qu'il est en effet difficile de ramener à leurs correspondantes chez les Mammifères , vu qu'il y a , tant sous le rapport du nombre des pièces, que sous celui de leur disposition et de leur forme, des différences extrêmement grandes, qui vont quelquefois au point que chaque opinion qu'on avance à ce sujet trouve des faits venant à son appui.

La plupart des savants commencent cependant à s'accorder sur le principe fondamental que , chez ces Animaux aussi , la tête osseuse se trouve composée, comme chez les autres YERTéBBÉs, de parties qui se rapportent à une série d'un même nombre de vertèbres avec leurs appendices ; et selon moi ce nombre est de cinq, ainsi que j'ai plusieurs fois eu l'occasion de le dire.

La partie supérieure ou le Crâne des Poissons , renferme de même toujours l'encéphale, qui est toutefois considérablement réduit quant à son volume; et les principales masses dont il se compose, sont encore plus isolées que chez les Reptiles. Les organes des sens diffèrent peu de

318 PREMIÈBE PARTIE.

ceux des classes supérieures , si ce n'est qu'ils sont aussi plus simples qœ (laus ces derniers. Les Yeux^ comme ceux des autres VERTÉBEés , n'ont d'ordinaire pas de paupière chez les Poissons osseux , mais bien dans les cartilagineux. Les Oreilles , plus simplifiées encore que chez les Reptiles et les Ghéloniens, sont réduites à leur partie intérieure, dont la corn* position diffère encore notablement de celle qu'on remarque dans les autres classes de Vertébrés. Il y a cependant toujours un Labyrinthe formé d'un rudiment de Limaçon^ d'un f^esUbule et de trois Canaux semi^ circulaires; mais il n'existe plus ni Caisse , ni Tympan dans les Poissons osseux 9 et ce n'est encore que chez les Ghondroptérygiens qu'on en trouve des vestiges.

Tous les Poissons étant essentiellement aquatiques , l'organe de XOdorat ne peut plus servir à leur faire éprouver l'impression des molécules des corps volatilisés , mais bien de celles dissoutes dans l'eau ; de sorte que ce sens doit avoir beaucoup d'analc^ie avec le goût. Les fosses nasales quoique fort petites existent toutefois encore , mais sans communiquer avec la cavité buccale; et malgré ces diverses conditions, qui semblent être contraires à l'exercice de Tolfaction , il est prouvé que ces Animaux sont pourvus d'un sens semblable à celui de l'odorat, les Poissons se dirigeant d'après certains corps qui répandent de l'odeur, d'où il faut nécessairement admettre que leur organe de l'olfaction est capable de leur faire connaître l'impression de cescorps, et la direction dans laquelle ils se trouvent.

C'est surtout dans les organes masticateurs qu'on remarque les plus grandes différences, en comparant les Poissons aux autres Vertébrés; ces Animaux offrant des dispositions toutes particulières dans les divers os qui entrent dans la composition de la cavité buccale ; et non-seulement les os labraux, le vomer et les maxillaires sont d'ordinaire pourvus de dents plus ou moins nombreuses, mais on en trouve encore chez un grand nombre de genres aux palatins, aux arcs branchiaux, aux os pharyngiens, sur la langue , aux lèvres et jusque sur les bords des nageoires chez certains Raia. .

Les os siagonaux sont cependant le plus ordinairement dépourvus

SYSTEMS OSSEUX. 319

de dents; et dans lesCYPRiNoïDES, il n en existe pas non plus aux os labraux ni aux maxillaires.

Quant au sens du Goût , il parait être fort obtus chez tous les Poissons , malgré que leur cavité buccale soit généralement très-vaste , ces Animaux avalant d ordinaire rapidement leur nourriture sans chercher à la savourer.

Le Cou des Poissons est généralement nul en apparence , ce qui facilite considérablement la nage , par les mêmes raisons indiquées plus haut en parlant des GÉTAcis; mais sur le squelette , on trouve toutefois, dans beaucoup d'espèce , une ou deux vertèbres cervicales dépourvues de CosteUes; et dans les Ghondroptérygiens , oii il n'existe pas d*appendices costaux à la cavité viscérale , il n y a pas de différences entre la région cervicale et le reste du raehis. La première vertèbre ou ï Atlas ^ diffère cependant toujours un peu pour la forme et la grandeur.

Les Poissons ne respirant point Tair, mais leau, qu'ils font passer sur leurs branchies, en la faisant entrer par la bouche et ressortir par les Ornes , larges ouvertures placées latéralement derrière la tète, le véritable Thorax^ qui existe encore chez eux, se trouve toutefois réduit à son état le plus simple , à un très-petit espace , ne renfermant que le cceur avec ses dépendances , et situé dans Tintérieur de la saillie angulaire, que la partie ventrale du corps forme entre les branchies ; ainsi encore dans une disposition semblable à celle du thorax des VEaTÉBaxs supérieurs, étant même séparé de labdomen par un véritable diaphragme membraneux ^ en forme de cloison transversale , rappelant tout à fait celui desMAMMiFÈass, mais que l'œsophage ne traverse plus, étant placé audessous de ce dernier, qui est généralement très- large chez ces Animaux.

Dans les Poissons sélaciens > ce thorax , ainsi que les deux cavités branchiales placées latéralement au-dessus, se trouvent encore protégés par quelques Côtts stemales soutenant les bords externes des cloisons que forment les organes respiratoires ; tandis que chez les Poissons osseux , ces os quittent cette position pour se porter plus en avant encore, sous la tête, où ils s articulent par leur extrémité antérieure sur les deux cornes céphaliques de Thyoïde , en devenant ce qu'on nomme les Bayons

branchiostéges , ainsi que je le ferai voir plus bas , en parlant de cesofren particulier ; et remplissent ainsi encore en partie leur fonction primitive , celle de protéger les organes de la respiration , qui ne sont toutefois plus les mêmes que les poumons, mais ces os abondonnent la vraie cavité du thorax.

Par ce changement de disposition des côtes thoraciques , la r^ion lombaire ou abdominale du rachis fait immédiatement suite à la cervicale ; et les fausses côtes ou Costines qu'elle porte , os ordinairement fort longs et en nombre considérable , se répètent par paires jusqu'à la région caudale , la cavité pelvienne disparaissant , en ce que les os du bassin se trouvent considérablement réduits et simplement suspendus dans les chairs de la partie inférieure de labdomen.

Les f^ertèbres lombaires et caudales^ toujours formées d'après le même plan général, ont des Corps plus ou moins cylindriques , s'avoisinant par des bases creusées en entonnoir , dont les deux cavités réunies forment ainsi un double cône creux , rempli par un ligament fibropulpeux très-peu consistant , mais.fort élastique ; ce qui donne au rachis une flexibilité extrême en tous sens, mais surtout latéralement; les apophyses transverses très-courtes de ces Animaux, ne gênant pas les flexions latérales ; tandis que dans les sens vertical , le mouvement est très-borné par leifet de la grande longueur des apophyses épineuses et upsiloïdes , ainsi que par les os interépineux et inlerupsiloïdien.

Quoique les os de la tête proprement dite des Poissons se rapportent » ainsi que je viens de le dire , bien évidemment aux mêmes parties qui constituent les cinq vertèbres céphaliques des autres Vertèbres, ils seloignent toutefois considérablement , quant à la forme et à la disposition de ceux qui leur correspondent dans les Reptiles, classe à laquelle celle des Poissons fait suite, et plus encore de ceux de la tête des Mammifères , où la décomposition en vertèbres est Ja plus évidente , différences dues en partie à la loi de gradation que cette partie du corps suit dans cet embranchement du règne animal , et en partie aux conditions dans lesquelles les Poissons se trouvent comme Animaux essentiellement aquatiques. Enfin , leur tête diffère notablement de celle de tous les autres

STSTÈMB OSSBDX. S21

Vertébrés par Faddition d un certain nombre de pièces osseuses constituant les opercules des ouïes , et sur lanalogie desquelles les savants ne sont pas d'accord.

Pour les détails dans lesquels je suis obligé d'entrer ici , au sujet de la composition du squelette, je prendrai pour exemple le Gadus Morrhua , Tune des espèces les plus propres à servir de type dans cette classe d'Animaux, et que beaucoup d'autres anatomistes, et entre autres Guvier, dans son Règne animal^ ont également choisi pour exemple de la composition de la tète des Poissons.

Nousavonsvuque déjà, chez les Reptiles et les Oiseaux, les corps des deux vertèbres sphénoïdale et sphécoïdale se confondaient de plus en plus , au point de n'être plus distincts en rien. Dans les Poissons , il en est de même , de manière qu'il n'y a en apparence plus que quatre corps de vertèbres; mais comme les parties qui constituent le sphénoïde et le sphécoïde restent parfaitement comparables à leurs analogues chez les Reptiles et les Oiseaux , où la fusion a progressivement lieu , on a la preuve certaine que Tos unique chez les Poissons répond dans le principe à deux. Quant aux os basilaire et ethmoïde, corps de la cinquième et de la seconde vertèbre céphalique, ils sont parfaitement distincts, et enfin le corps de la vertèbre rhinale, que j'ai nommé cartilage ou os Mésorrhinal^ selon sa nature , il est encore cartilagineux chez les Gadus , mais bien plus distinct que dans aucune des autres classes de Vertébrés; de manière que chez ces Animaux , il est démontré, jusqu'à la dernière évidence, qu'il existe au devant de l'ethmoïde un premier corps de vertèbre céphalique, dont on trouve déjà la trace de la séparation chez les Mammifères , sans que son existence , comme pièce particulière, puisse être démontrée chez ces derniers sans le secours de la comparaison de la tête avec celle des autres Vertébrés.

Quant aux apophyses et aux appendices de ces cinq vertèbres céphaliques , ils sont , ainsi que je l'ai déjà dit , bien plus subdivisés en pièces distinctes que dans les Mammifères et même chez les Reptiles , et en outre souvent changés de place, d'où résulte qu'il serait, pour un grand nombre de ces os , impossible de reconnaître l'analogie qu'ils ont avec

S2S PBBMIÈRE PARTIE.

les parties de la tête des Mammifères , si on ne les suivait pas graduellement dans les modifications qu'ils éprouvent dans les classes des Rep* TiLES, des Oiseaux et des Ghélonibns; mais, malgré les grands changements que les os de la tète éprouvent dans les Poissons , je vais cependant tâcher de les décrire, suivant le même plan adopté pour les VERTÉBaBS supérieurs.

Le Corps de la vertèbre Rldnale ou première céphalique, est un cartilage renflé , et symétrique comme toutes les pièces médianes, mais du reste irrégulier, approchant de la forme triangulaire étant vu par le côté. Ce Mésorrhinal îotme à son extrémité antérieure un prolongement, sur lequel s articulent latéralement les deux oslabraux; et par son extrémité postérieure, il sarlhrodie avec lethmoïde. Cette pièce, très-mobile, est unie aux parties avoisinan tes par des ligaments assez lâches. Il sépare, comme à l'ordinaire, les deux fosses nasales, où les Cornets sonl généralement membraneux; et le canal vertébral ne se prolongeant pas jusqu a cette vertèbre , il n'existe pas non plus de parties correspondant à la lame ou à lapophyse épineuse, d'oîi résulte que ce corps de la vertèbre est placé immédiatement sous les téguments.

HEthmoïde , réduit à sa lame verticale et à un prolongement cartilagineux infrà-postérieur qui se porte en dessous et en arrière sur le vomer , forme dans sa première partie un os assez épais , dont le bord supérieur est entièrement sous-cutané, n'étant plus recouvert ni par les os nasaux qui se sont écartés pour le laisser à nu , ni par aucun prqlongement soit du coronal , soit des os métopinaux. L'extrémité antérieure de cet ethmoïde est tronquée carrément, et y présente une assez large surface verticale ou base antérieure de la vertèbre , par laquelle cet os s'arthrodie avec le cartilage mésorrhinal , auquel l'ethmoïde fait immédiatement suite. Le bord supérieur de l'ethmoïde se prolonge en une longue apophyse impaire dirigée directement en arrière entre les deux moitiés du coronal commun , pour entrer avec lui dans la composition de la voûte du crâne , terminée à la face postérieure de l'ethmoïde. Plus bas , cette face s'articule par ses angles infrà-latéraux avec les métopinaux, au moyen d'une suture dentée , et de manière qu'entre cette dernière

et Tapophyse supérieure , il reste latéralement une forte échancrure, convertie en une grande ouverture, dont les bords inférieur et postérieur sont formés par lemétopinal, et le supérieur par lethmoïde et le coronal ; ouverture par où passe le nerf olfactif, et qui constitue ainsi un véritable irou de conjugaison entre la deuxième et la troisième vertèbre céphalique. Enfin, toute la face inférieure de Tethmoïde se continue en un gros cartilage formant la seconde partie du corps de la vertèbre. Ce cartilage, très-renflé et fort élargi en avant, s'articule à sa face inférieure avec le voraer, et se continue en arrière en une longue apophyse placée entre les apophyses correspondantes des deux métopinaux, et plongeant inférieurement dans une longue et profonde gouttière creusée dans Tapophyse rostrale du sphénoïde ; c'est-à-dire que cette partie cartilagineuse de lethmoïde est lanalogue de la portion également cartilagineuse de la lame verticale de lethmoïde des Mammifères, qui se continue en arrière avec la cloison des sinus sphénoïdaux. Latéralement, Ja partie antérieure élargie du cartilage s articule avec l'extrémité antérieure des deux siagon.

Il n'y a point chez les Gadus de parties latérales anfractueuses de Tethmoïde , dont on puisse démontrer l'analogie avec celles des Mammifères; je ferai seulement remarquer que sous Tapophyse postérieure impaire de l'ethmoïde osseux, se trouve une petite lame cartilagineuse assez mince , formée de trois branches , dont l'antérieure suit en avant cette dernière, et se termine au corps de l'os , tandis que les deux postérieures, dirigées en arrière et en dehors, se terminent aux deux métopinaux, en formant le bord supérieur interne du trou de conjugaison. Cette lame , qui a bien quelque analogie avec les parties anfractueuses de J'ethmoïde , s'en distingue cependant en ce qu'elle concourt plutôt à former une partie de la voûte crânienne.

Les os Nasaux sont deux os minces, assez grands, placés longitudinalement sur les côtés de la partie supérieure du museau , et assez fortement écartés de la ligne médiane , de manière à laisser voir entre eux, à l'extrémité antérieure, les apophyses internasales des os labraux; à la suite de celles-ci , le cartilage mésorrhinal ; et derrière ce dernier, l'os

ethmoïde, qu'ils longent jusqu'à la rencontre du coronal commun , avec le bord antérieur duquel ils se continuent dans le même plan , sans précisément s'articuler avec lui , et liés seulement par des expansions membraneuses. Ces os nasaux recouvrent du reste, comme d'ordinaire, les fosses nasales.

Les Corps des deux vertèbres suivantes, c'est-à-dire le Sphénoïde et le Sphécoïde , étant confondus en une seule pièce , ainsi que je lai déjà fait remarquer, doivent nécessairement être décrits ensemble. La forme générale de cet os est à peu près la même que chez les Reptiles Lacertiens et Urodélbs; c'est-à-dire que, placé longitudinalement sous la portion moyenne de la tête, dont il occupe la majeure partie de la longueur, il forme en avant un très-grand prolongement qui répond au sphénoïde^ et plus spécialement à son apophyse rostrale ; et en arrière de celle-ci, il s élargit en formant la partie qui correspond au sphécoïde , et qui s'articule latéralement avec l'os ptéral et les rochers ; enfin , son prolongement postérieur, divisé en deux longues apophyses , s'applique en dessous sur l'os basilaire, avec lequel il se suture. L'apophyse rostrale est creusée dans la majeure partie de sa longueur d'une longue cavité en forme de gouttière ouverte en haut et en avant , qui rappelle les Sinus sphénoïdaux , et dans laquelle pénètre en avant le prolongement cartilagineux de l'ethmoide, et s'y continue en formant ainsi la cloison de ces sinus. Les bords latéraux de l'extrémité antérieure de cette apophyse rostrale s'articulent par une suture dentée avec les apophyses infrà-postérieures des os métopinaux , qui continuent plus en avant les bords de la gouttière; et en dessous, la même partie de l'apophyse rostrale s'unit également par une suture dentée avec l'apophyse postérieure fort allongée du vomer, qui s'applique dans toute sa longueur en dessous contre le sphénoïde , ainsi que cela a lieu aussi chez les Mammifères.

Les bords latéraux du rostrum se prolongent en une expansion membraneuse qui se porte en haut et en dehors pour aller se continuer avec la lame orbitaire des coronaux ; en avant , avec les os métopinaux ; et en arrière, avec les ptéraux, en formant ainsi latéralement la cavité crânienne, qui présente , dans la partie osseuse du Crâne, une vaste ouver-

STSTàMB OSSEUX. 325

tare comme dans la plupart des Reptiles, et spécialement dans les La- CERTiENS et les Batraciens, et cette partie membraneuse répond aussi) comme chez ces Animaux , à l'emplacement des os Ingrassiaux , qui manquent de même chez un grand nombre de Reptiles , mais qu'on retrouve dans d'autres Poissons , tels que les Cyprinus.

La face supérieure du sphénoïde entre dans la composition de la botte crânienne dont il forme la base.

La partie élargie de l'os, ou le sphécoïde, est moins étendue sur les côtés que chez les Reptiles, et s'unit par une large suture écailleuse et dentée avec le bord inférieur du ptéral et du rocher, sur lesquels il est appliqué extérieurement , de manière qu'il n'entre que pour une très-petite partie dans la composition des parois intérieures du crâne.

L'os Ptéral occupe , comme à l'ordinaire , une partie de la région latérale moyenne de la boîte crânienne. Il a la forme d'une. équerre , dont la branche postérieure verticale s'articule par suture , en bas , avec le sphécoïde, et en arrière , avec le rocher et le mastoïdien. La branche horizontale, dirigée en avant, s'unit de même par une suture tout le long de son bord supérieur avec le gonien; à son extrémité antérieure, avec la lame orbitaire du coronal ; et son bord inférieur, ainsi que l'antérieur de la branche verticale , formant ensemble l'angle rentrant de l'équerre , se continuent avec l'expansion membraneuse qui ferme latéralement la cavité crânienne, et répond chez le Gadus Murrhua à l'os Ingrassial.

Les deux Coronaux sont confondus en une seule grande plaque horizontale très-anfractueuse, comme d'ailleurs la plupart des os de la tète de ce Poisson et d'une foule d'autres. Ce coronal commun occupe le tiers moyen de la longueur de la tète , s'articulant par des sutures dentées, en avant , entre les deux moitiés . avec l'apophyse postérieure de l'ethmoïde ; plus en dehors , par un simple avoisinage avec les nasaux ; et plus en dehors encore , avec les deux métopinaux , en formant entre les deux os le bord supérieur de la grande ouverture par où passent les nerfs olfactifs et véritable trou de conjugaison. Les bords latéraux de ce coronal commun, formant, comme à l'ordinaire, l'arcade orbitaire, et le bord postérieur se suture au milieu avec l'occipital; un peu plus en dehors, avec

3S6 PRBMIÈRB PARTIE.

les pariétaux ; plus loin encore, avec les mastoïdiens ; et enfin, aux angles latéraux postérieurs , avec les goniens.

La lame orbitaire, fortement repliée en dedans jusqu'auprès de celle du côté opposé, quelle joint presque au milieu, se porte de là au-dessous pour se continuer de chaque côté avec la membrane latérale, fermant la cavité crânienne. Ces deux lames orbitaires, très-rapprochées au milieu de la face inférieure du coronal, où elles ne laissent qn un détroit entre elles , s'écartent lune de l'autre en avant et en arrière pour aller se continuer, d'une part avec l'os met opinai du même côté , et de l'autre , avec le bord de la branche antérieure du ptéral.

Les deux os Métopinaux, que Cuvier nomme frontaux antérieurs, occupent également à peu près leur place ordinaire , mais offrent une forme toute particulière. Placés au devant du coronal commun, en dehors de la partie postérieure du cartilage de l'ethmoïde, ils s'articulent par des sutures, à leur extrémité antérieure, avec la partie renflée de ce dernier, ainsi qu'avec la portion osseuse; par la face interne, ainsi que le long d'une grande apophyse infrà-postérieure , tout le long de la face latérale supérieure du même cartilage ; et en dehors par leur angle antéro-externe avec les palatins. Dans leur partie postérieure , les métopinaux produisent une large lame presque horizontale dirigée en arrière , dont la portion interne s'enfonce sous le coronal , avec lequel elle s'articule par une large suture écailleuse, et se termine à la lame orbitaire de cet os, avec laquelle elle se continue. La portion externe de cette lame du métopinal , qui a sa face supérieure libre , forme par son bord postérieur, le bord antérieur du cadre de l'orbite. Enfin, le milieu de son bord externe est lié par une expansion membraneuse au premier jugal. Cette large lame du métopinal produit en dessus, à sa partie antérieure , une apophyse dirigée en dessus et recourbée en avant , pour contourner postérieurement l'ouverture par laquelle passent les nerfs olfactifs, et vase terminer à fethmoïde osseux.

Derrière les angles latéro-postérieurs du coronal , se trouvent comme à l'ordinaire les Goniens ; mais ces os ne forment plus chez ces Animaux partie du cadre de lorbite, qui se tfouve circonscrit par la série des os

sous-orbitaires, démembremeDis du malaire. Une petite portion triangulaire, seulement de ces os goniens, est à découvert en dessus du crâne , derrière l'angle latéral postérieur du coronal, devant le mastoïdien ; et la majeure partie de sa face supérieure est recouverte par le coronal, auquel elle est unie par une large suture écailleuse. Cet os, très-caverneux a sa face externe inclinée de haut en bas et en dedans, pour aller à la rencontre de lalameorbitaire du coronal avec laquelle elle se continue en avant , s articule par suture, en bas avec la face externe de Tos ptéral , et par le bord postérieur avec le mastoïdien ; et ce dernier recouvre en même temps une grande partie de la face supérieure du gonien, en allant joindre le coronal. A langle infrà-postérieur, est une forte dépression faisant partie de la cavité arthrodiale, dans laquelle s'articule l'os squammeux , cavité formée d'autre part par le mastoïdien et le ptéral.

Les Pariétaux formant la Lame de la vertèbre sphécoïdale sont deux pièces assez petites , placées en dessus de la région postérieure du crâne, derrière le coronal, et séparées par le wormien. C'est une lame mince, s'articulant en dedans avec ce dernier par une suture écailleuse , longitudinale, en recouvrant son bord; en avant, avec le coronal, qui le recouvre au contraire en partie; en dehors, avec le gonien et le mastoïdien, qu'il recouvre largement; et enfin en arrière, avec le ^or/mcn et Toccipital placés en dehors de ce dernier. Ces os n'entrent que pour une assez petite partie dans la composition des parois intérieures de la boîte crânienne , et cela par une simple surface plane.

L'os FTonmen , très-grand chez les Gadus^ et surtout fort allongé d'avant en arrière, est placé dans sa partie antérieure , ainsi que je viens de le dire , entre les deux pariétaux , en se prolongeant jusqu'au coronal; et dans sa portion postérieure , entre les deux condyliens , qu'il sépare jusqu'au trou occipital , ne touchant que par l'extrémité d'une apophyse latérale aux deux os occipitaux situés vers les côtés du crâne. Dans sa moitié antérieure , il fait partie des parois intérieures du crâne , pour une surface triangulaire fort grande ; mais dans sa portion postérieure , il n'appuie qu'en dessus sur les condyliens, qui se rencontrent entre eux

528 PREMlàRB PARTIS.

dans la cavité crânieDiie. Cet os produit le long de sa ligne médiane une forte crête verticale , qui s'élève sur la tête et se prolonge en arrière en une très-large lame triangulaire, assez mince, véritable Apophyse épineuse de la vertèbre sphécoïdale , et formant le commencement de la série de ces apophyses qui se continue immédiatement sur les vertèbres rachidiennes.

Dans la vertèbre Basïlaire^ les diverses pièces qui la composent sont, non-seulement fort distinctes, mais' l'occipital est même divisé en deux os latéraux très-écartés , séparés par le wormien.

Le Basilaire ou Corps de la vertèbre est un très gros os faisant suite au sphécoïde, sans lavoisiner toutefois par une véritable base, mais le joint par une articulation écailleuse ; c'est-à-dire que le sphécoïde se prolonge en arrière en une lame mince qui s'applique en dessous, longitudinalement sur le basilaire. Ce dernier os, gros et tronqué en arrière, y présente une base concave semblable à celle des vertèbres rachidiennes , et articulée avec l'atlas, absolument de la même manière que ces dernières.

En dessus , le basilaire produit , dans l'intérieur du crâne , et près de la ligne médiane , deux lames dirigées obliquement en dessus et en dehors , à la rencontre des lames latérales externes qu'elles rencontrent dans leur partie postérieure, de manière à former avec elle un sinus assez profond , ouvert en avant dans la cavité crânienne, et plus en avant, ces lames obliques en rencontrent deux descendant des os condyliens. L'intervalle des lames obliques fait partie de la cavité cérébrale.

Les lames latérales du basilaire s'articulent par des sutures profondément dentées , en avant , avec le sphécoïde ; au milieu , avec le bord inférieur du rocher, et derrière cet os, avec le bor(| inférieur du condylien.

Au-dessus delà région moyenne postérieure du basilaire se trouvent, comme d'ordinaire, les os Condyliens, qui n'entrent point dans la composition delà base, ainsi que cela a lieu chez la plupart des autres ovipares, mais forment , comme dans les Mammifères, les articulations des masses apophysaires de la vertèbre basilaire avec l'atlas; c'est-à-dire,

STSTiME OSSEUX. ft29

que chez ces derniers Animaux , l'os basilaire ne s arthrodie pas avec le corps de Tatlas , mais uniquement par ses apophyses articulaires ou les condyles occipitaux , tandis que dans les Oiseaux , la plupart des Reptiles et les Ghbloniens , il y a en même temps arthrodie entre les deux parties , et les trois articulations sont confondues. Chez les Poissons, au contraire, les deux sortes d'articulations existent séparément comme pour les vertèbres rachidienues, et il y a de plus que dans les Mammifères une véritable antilyparthrose entre Fos basilaire et l'atlas.

L'os condylien, placé à la face postérieure du crâne, à côté du trou occipital , dont il forme le bord latéral , a , vu de côté , à peu près la forme d'un carré chez les Gadus. Son angle infrà-postérieur s'unit par une suture profondément dentée avec le bord latéral du basilaire ; le bord externe s'articule avec le rocher ; le suprà-antérieur, en dehors avec l'occipital , et en dedans y avec le wormien ; le suprà-postérieur paiement avec ce dernier, et le postérieur enfin concourt à former le trou occipital.

Au-dessus de l'extrémité postérieure de sa suture avec le basilaire , l'os condylien présente latéralement un tuyau osseux dirigé obliquement en dessous et^n arrière , formant la véritable apophyse obUque. Ce tuyau est rempli d'une masse cartilagineuse molle , qui s'unit à une masse semblable remplissant de chaque côté une cavité conique de l'atlas , partie qui correspond également à larticulation de fapophyse obUque de cette vertèbre; c'est-à-dire que les tuyaux desoscondyliens sont les véritables analogues des condyles occipitaux des Mammifères.

A la face interne de l'os qui fait partie des parois intérieures de la cavité crânienne , on remarque en avant une lame étroite descendant librement sur la lame oblique du basilaire, pour étendre plus en avant le sinus creusé de chaque côté dans l'os basilaire.

L'os Occipital , unique après la naissance et par conséquent impair chez les Mammifères, et en général chez tous les Vertébrés aériens, se divise au contraire dans les Poissons , non-seulement en deux pièces latérales , mais les deux os sont même fort écartés l'un de l'autre, et séparés par le v^ormien et les condyliens , de manière à être très-éloi-

gnées du trou occipital. Cette disposition extraordinaire laisse même quelques doutes sur Tanalogie de cet os avec l'occipital des autres Vsr- TiiRés, et je ne l'adopte, d'après d'autres anatomistes, et spécialement d'après Govibr , qui nomme les deux pièces Occipitales supéneurs , que parce que tous les autres os de la r^on postérieure de la tète trouvent naturellement leurs analogues dans les Poissons , à l'exception de l'occipital supérieur, qui n'en a pas d'autre que les deux os dont il est ici question , à moins qu'on ne veuille considérer le wormien comme étant le vrai occipital , dont il a en effet en grande partie la disposition ; mais alors il n'y aurait pas de wormien ; l'occipital se prolongerait entre les pariétaux jusqu'au coronal , et les deux os que je regarde comme les occipitaux n'auraient pas de représentant chez les autres Yertébrés. D'ailleurs, chez YHomme l'occipital naît par quatre points d'ossification. Ce sont deux os assez peu considérables , formant de chaque côté de la région supra-postérieure du crâne une saillie angulaire dirigée en arrière. Par sa face externe , cet os se suture en bas avec le rocher ; en avant , il est séparé par une fente verticale de l'os mastoïdien ; dans la moitié antérieure du bord supérieur, il s'articule avec le pariétal , ainsi que par le bord antérieur de sa face supérieure. A son angle interne , cet os s'articule avec le sommet de l'apophyse latérale du wormien , et par son bord infrà-postérieur, avec le condylien. U offre ainsi tous les rapports ordinaires de l'ocdpital ; seulement , les deux os sont séparés par le wormien , qui , les rejetant en dehors , les éloigne du trou occipital.

On retrouve le Rodier à la même place que chez les Reptiles , et dans des rapports à peu près semblables. Quoique les Poissons n'aient plus rien de ce qui se rapporte à l'oreille externe et moyenne , l'appareil de l'audition se trouvant exclusivement réduit au labyrinthe, logé chez eux dans la cavité crânienne, le rocher constitue toutefois encore un trèsgrand os situé de chaque côté de la région postérieure du crâne. Sa face externe, fort large et presque plane, s'articule par son bord inférieur avec le basilaire; par sa partie antérieure en lame assez mince, il recouvre largement l'os ptéral placé dans le même plan ; le supérieur, di-

STSTÈMB 0S9BUX. Sdt

rigé d'avant 6D arrière, et prolongé le long dune grande apophyse qui se porte en arrière, s'unit au mastoïdien; enfin, le bord postérieur, replié en dedans , forme une grande échancrure entre le corps de Tos et l'apophyse dont je viens de parler, et se suture tout le long avec le condyJien. Une petite partie seulement formant le bord supérieur interne s'articule avec l'occipital.

L'os Mastoïdien^ occupant aussi à peu près la même place que chez les Reptiles, est une grande pièce triangulaire formant la crête suprà* latérale de la région postérieure du crâne , et se continue directement avec ceux du gonien et du coronal ; l'antérieur s'articule avec le gonien , et plus bas, un peuavecleptéral; enfin l'inférieur, à peu près horizontal et dirigé en arrière , se suture tout le long avec le rocher. A la face supérieure du crâne, le mastoïdien recouvre assez largement le gonien, en s articulant avec lui par une suture écaiUeuse. Dans sa partie interne , il est au contraire recouvert antérieurement par le pariétal , auquel il est uni par une large suture écailleuse ; et plus en arrière, il s'articule avec l'occipital. Dans l'intérieur du crâne , cet os ne forme qu'une assez pe* tite partie des parois de la cavité de ce dernier par une surface anfractueuse.

A l'angle de jonction des os gonien , ptéral et mastoïdien , il existe à la Êice extérieure du crâne une dépression très-irrégulière et assez profonde, en grande partie remplie d'un cartilage très-tendre et formant une cavité arthrodiale dans laquelle s'articule l'os squammeux, mobile chez les Poissons, comme d'ailleurs déjà chez les Serpints , mais d'une forme et d'une disposition fort différentes.

Telles sont, dans leur énnmération et leurs rapports, les diverses pièces solides qui entrent dans la composition des cinq vertèbres céphaliques proprement dites , et qui offrent , ainsi qu'on a pu le voir, les analogies les plus naturelles avec leurs correspondantes chez les autres Vertèbres , et spécialement dans les Reptiles , Animaux auxquels les Poissons font immédiatement suite dans l'échelle de classification , et Ton a dû remarquer que l'existence de la vertèbre rhinale est même mieux prouvée que chez aucun autre Animal vertébré , son corps for-

332 PREMIÈBE PARTIE.

mant une pièce bien distincte , fort grosse et mobile , quoique cartilagineuse 9 comme elle lest le plus ordinairement.

Quant aux Appendices de ces cinq vertèbres céphaliques, ils sont tout aussi distincts que dans les autres classes , et parfaitement reconnaissables pour leurs analogies, quoique plusieurs aient subi des transformations fort grandes , qui donnent à la tète des Poissons des caractères tout particuliers; et cette partie de leur corps s'éloigne encore d'autant plus de la forme qu elle présente chez les autres Vertébrés , que plusieurs os qui entrent dans la composition du thorax de ces derniers , se sont portés sur la tête, et changent par là considérablement son aspect à la première vue.

Les Appendices de la première vertèbre céphalique ou delà rhinale; sont ici bien évidemment les os Labraux , mais les cartilages Alaire formant ceux de la première série, ne sont pas suffisamment distincts.

Les Labraux prennent chez les Poissons un plus grand développe^ment que dans les Reptiles, mais moins toutefois que chez les Oiseaux. Ce sont des os formés , comme d'ordinaire , de deux parties , le corps et l'arcade dentaire. Le premier ou la partie antérieure, est réduit à une simple lame verticale , large , assez peu étendue , divisée en deux lobes , dont l'interne représente l'apophyse internasale , et l'externe plus particulièrement le corps de l'os. Ces lames des deux labraux , placées en regard l'une de l'autre sans se toucher, reçoivent entre elles le cartilage mésorrhinal ou corps de la vertèbre, auquel elles se trouvent liées, ainsi qu'aux os avoisinants , par divers ligaments qui leur laissent un libre mouvement en tous sens. Le lobe externe s'arthrodie à son bord postérieur avec l'extrémité antérieure du siagonal; et les deux os du même côté, dirigés l'un et l'autre en dessous et en arrière , sont parallèles entre eux , et fort écartés dans le reste de leur étendue lorsque la bouche est ouverte ; mais leur intervalle est TempU par une large expansion t^umentaire qui représente le labre ou lèvre supérieure , qui se trouve ainsi soutenue par l'os labral ; tandis que les deux os s'appliquent l'un sur l'autre quand la bouche est fermée.

La branche dentaire du labral forme une large et forte apophyse di-

SYSTÈME OSSBUX. 333

rigée en dehors et en arrière , circonscrivant avec celle du côté opposé, à peu près un demi-cercle, formant exclusivement le bord dentaire supérieur de la bouche ; l'os siagonal ne portant aucune dent chez les Gadus.

La vertèbre ethmoïdale n a pour tout Appendice que le Vomer, qui redevient chez les Poissons un os impair, après avoir été double dans les Reptiles. U est du reste placé comme chez ces derniers dans la voûte palatine même, oii il est visible dans toute sa longueur. Il a la forme d un fer de flèche , dont lextrémité antérieure élargie , porte sous ses deux bords antérieurs plusieurs rangées de dents en crochets , semblables à celles des labraux ; et cette partie de los se prolonge postérieurement en une longue apophyse angulaire impaire, horizontale, dirigée directement en arrière le long de la face inférieure du sphénoïde , dont cette apophyse emboite la crête inférieure, en se suturant avec elle. C'est-à-dire que, encore ici, le vomer s'applique en dessous contre le sphénoïde comme chez les Mammifères, et ne lui faisant point suite, il ne peut , pas plus que chez ces derniers , être considéré comme le corps de la vertèbre qui précède le sphénoïde , mais bien comme un appendice de l'ethmoïde. En dessus, le vomer forme une gouttière longitudinale faisant suite à (ielle du sphénoïde , et dans laquelle pénètre de même la portion cartilagineuse de l'ethmoïde , également comme chez les Mammifères; et la portion antérieure élargie, adhère par toute sa face supérieure à la partie correspondante élargie du même cartilage. Sur les deux angles latéraux du bord dentaire, s'articulent les deux palatins; et plus en dedans , les extrémités antérieures des métopinaux.

U n'existe pas chez les Poissons d'os Unguis; personne, que je sache, ne l'a du moins fait connaître ; et la pièce indiquée sous le nom d os lacrymal par certains auteurs, est ou le métopinal, ou la première pièce de la série des osselets représentant le malaire ( premier sous-orbitaire de Guvier). Ce dernier os, et même toute la série à laquelle il appartient , ayant en effet par sa disposition quelque analogie avec Tunguis des autres YERTÉBRis , mais aussi avec le malaire , il est difficile de se prononcer avec certitude pour l'une ou l'autre de ces opinions , jusqu'à ce qu'on

â3& PRËMliRE PARTIE.

soit parvenu à démontrer lenr véritable analogie; et j adopte, en attendant, l'opinion de ceux qui pensent que ces os, nommées sous-or bitaires par Cuvier, représentent des démembrements du malaire des Mammifères.

Les Appendices de la troisième vertèbre céphalique ou de la sphénoïdale, c est-à-dire les os Palatins^ Siagonaux^ Malaires, Épicyles et Hypocyles ( cartilages tarses des anthropotomistes ) , qui forment deux séries chez les Mammifères , se succèdent déjà moins bien chez les antres Vertébrés, sont encore plus difficiles à reconnaître dans les Poissons; et d'ailleurs les épicyles ont disparu chez la plupart des espèces, ainsi que les hypocyles, à moins qu'on ne veuille reconnaître ces dernières dans les petits os, dont je viens de parler, qui encadrent en bas l'orbite; et le malaire que je trouve, d'accord avec plusieurs autres anatomistes, dans ces mêmes osselets, mais plus particulièrement dans le premier, ou le plus grand , change tellement de forme et de rapports, qu'on ne s'accorde pas sur sa véritable analogie avec les os de la tête des Mammifères. Enfin , les os Omoïde , Ptérygoïdien , Tympanique , Corsai et Squammeux^ formant en partie les Appendices de la vertèbre sphécoïdale, s'éloignent encore plus du crâne que chez les Oiseaux, les Reptiles et les Chéloniens, en même temps qu'ils sont plus ou moins mobiles ; d'où résulte , qu'ils offrent aussi des formes et des dispositions particulières aux Poissons , et souvent même tellement différentes de ce qu'on voit chez les autres Vertérrés , qu'on éprouve la plus grande difficulté à reconnaître leurs analogies ; aussi les anatomistes ne sont-ils pas d'accord à leur sujet. Les deux vertèbres auxquelles ces os se rapportent étant confondues en une seule pièce , je décrirai également ensemble tous ces os appendiculaires.

Vers la partie antérieure des parois latérales de la bouche se trouvent les deux os Siagonaux^ qui prennent chez les Gadus et la plupart des Poissons une forme et une disposition très-différente de celle qu'ils affec* tent dans les autres classes de Vertébrés. Ce sont deux os longs et étroits , dépourvus de dents , placés obliquement au-dessus du bord supérieur de l'orifice buccal. Leur extrémité antérieure présente trois saillies , dont

SYSTÈMB OSSEUX. 335

runeanlérieure, répondant à Tapophyse nasale , sarthrodie par sa face externe avec le labral, et en dedans, avec le mésorrhinal. L'infrà-interne, dernier reste de la lame palatine , rapprochée de celle du côté opposé , s unit an bord latéral du renflement antérieur du cartilage vomérien ; et la suprà-postérieure , en forme de tubérosité ^ qui correspond paiement à une partie de cette lame palatine , s articule en* dedans avec le même cartilage ; et en dehors , dans une gorge qui sépare cette saillie du prolongement postérieur de l'os, le siagonal sarthrodie avec lextrémité antérieure du palatin. La partie qui correspond à l'arcade dentaire des MAMMiràftBS ne forme dans les Gadus qu'une tige simple , comprimée , ressemblant assez à une côte , et dirigée obliquement en arrière et en bas , en longeant le bord dentaire du labral , que cet os dépasse postérieurement pour passer en dehors de la mâchoire , que le siagonal croise obliquement, et se termine près de l'angle de la bouche.

J'ai déjà dit que l'os Malaire paraissait représenté chez les Poissons par une série d'os qui cerne en bas et en arrière l'orbite y mais qu'il serait aussi possible que le premier de ces os , beaucoup plus grand que les autres, f&t, ainsi que l'ont pensé plusieurs anatomistes, l'analogue de Tunguis, qui semble du reste msmquer; enfin, il pourrait aussi se faire que le premier de ces os sous^orbitaire f&t seul le représentant du malaire, et les suivants, ceux des cartilages àypocyles^ dont on ne trouve sans cela pas non plus les analogues dans les Poissons. Tous ces os ont la forme d'une lame osseuse mince , pliée longitudinalement en deux, de manière à former une profonde gouttière ouverte au bord inférieur. Le premier, beaucoup plus grand que les autres, est triangulaire, et placé en dehors , le long du museau, dont il atteint l'extrémité par son angle antérieur, où il s'unit par des ligaments à l'extrémité du nasal. Le bord supérieur longe ce dernier os, et se termine en arrière au bord externe de la lame postérieure du métopinal , avec lequel il s'arthrodie. Le bord postérieur, formant supérieurement le bord antérieur du cadre de l'orbite, s'articule plus bas avec le second malaire ; enfin , le bord inférieur des deux lames est libre. Cet os recouvre , par sa face interne, le siagonal et le palatin.

336 PREMIÈRB PARTIE.

Les autres portions du malaire, au nombre de cinq dans les Gadus , graduellement de plus en plus petits, et surtout plus étroits, forment une chaîne plus arquée , partant de Tangle infrà-postérieur du premier pour se terminer à Tangle latéral postérieur du coronal.

Le cartilage ou l'os Epicyle manque chez la plupart des Poissons, et les Gadus sont du nonlbre; mais il existe dans les Cyprinoïdes, et spécialement chez les Barbus , où il forme une écaille assez grande , ovale, placée en dehors du bord orbitaire du coronal.

Le Palatin^ disposé à peu près comme dans les Reptiles, est un os aplati , de moyenne grandeur, triangulaire , placé obliquement dans la partie antéro-latérale du palais, sous le métopinal, aitre le vomer et le siagonal. L'angle antérieur se prolonge en une forte apophyse dirigée «n avant et allant s arthrodier dans Téchancrure qui sépare Tapophyse palatine du siagonal de l'arcade dentaire.

A la base de ce prolongement se trouve , à la face interne de l'angle supérieur, une large facette articulaire , par laquelle cet os s'unit à la face externe de la tète du métopinal.

Le bord postérieur du disque triangulaire du palatin, coupé en ligne droite , s'articule par synchondrose avec le ptérygoïdien , qui lui fait suite dans le même plan , tandis que l'angle infrà-postérieur de ce disque se prolonge en une longue apophyse dirigée directement en arrière et en dessous, pour s'unir par une suture oblique , profondément dentée, avec l'extrémité antérieure de l'omoïde , qui pénètre entre cette apophyse et l'os ptérygoïdien , en faisant aussi directement suite au disque du palatin.

Selon moi , les os Omoïde et Ptérygoïdien des Poissons ont changé entre eux de place , de dedans en dehors ; c'est-à-dire que le premier, qui se trouve chez les Reptiles en dedans du second au palais , est au contraire situé en dehors de lui dans les Poissons , d'où vient que Cuvier , et les autres anatomistes qui ont pris ce rapport pour caractère principal, ont au contraire donné à l'os interne le nom de transverse (ou ptérygoïdien externe des Reptiles) ; et à l'interne , celui de ptérygoïdien (l'ana. logue de l'omoïde des Oiseaux qu'on nomme aussi ptérygoïdien interne) ;

SYSTÈME OSSBUX. 337

mais d autres caractères de ces deux os indiquent une analogie diffé^ rente. En effet, l'interne, que je nomme exclusivement Pterygoïdien , ne porte jamais de dents, et ne va point rejoindre le tympanique, ainsi que cela a lieu pour Yomoïde (ou ptérygoïdien interne); tandis que Tos externe , que je considère comme le véritable analogue de ce dernier, chez les Oiseaux et les Reptiles , porte encore des dents chez quelques Poissons , tels que les Perça , et va non-seulement joindre aussi le groupe d'os sur lesquels s arthrodie la mâchoire , mais forme de même la principale pièce qui prolonge le palatin en arrière, ainsi que cela a partout lieu pour l'omoïde.

L'os que je regarde en conséquence comme le véritable Ptérygoïdien (externe) est dans le Gadus Morrhua une petite lame allongée, triangulaire , fort mince , s'articulant par son bord extérieur avec le bord tronqué postérieur du palatin , en se continuant en arrière dans le même plan que ce dernier os Par son bord inférieur, il s'unit tout le long à l'omoïde, qu'il croise un peu en dedans , et dont il semble n'être qu'un prolongement aminci du bord interne , et son bord supérieur libre se continue par la membrane formant la partie moyenne du palais , en se portant en dedans^ sur le côté du sphénoïde.

VOmoîde (le transverse de Cuvier) est un os beaucoup plus considéra,ble et surtout bien plus long , disposé à peu près comme dans les Reptiles, quoiqu'il affecte une forme particulière. C'est un os triangulaire, dont l'angle le plus aigu , dirigé en avant et en haut , pénètre entre l'apophyse postérieure du palatin et l'os ptérygoïdien placé au-dessus d'elle, et se suture avec les deux; le reste du bord supérieur de l'os se continue avec la portion de la membrane palatine qui suit l'os ptérygoïdien ; et le bord inférieur se prolonge par la partie latérale de la même membrane; enfin, le postérieur, beaucoup plus court que les deux premiers , se suture avec l'antérieur de l'os corsai et du lépidoîde.

Quant aux os formant la chaîne qui unit la mâchoire au crâne , ils sont ici au nombre de quatre , dont l'un fort grand et supérieur, s ar* throdiantà la fois avec le gonien, le mastoïdien et leptéral, paraît bien évidemment correspondre au Squammeux des autres vertèbres , ainsi

338 PBEMlàilE PARTIE.

que le pense aussi Cu vise , qui le nomme temporal G est unosfortirré* gulier, d une forme difficile à décrire , placé sur le côté de la tête , à une certaine distance , derrière lorbite , et faisant fàce en dehors. Il produit supérieurement une très-grosse apophyse dirigée en haut , par l'extrémité de laquelle il s arthrodie avec le crâne. De la base de cette apophyse part postérieurement une autre moins grosse, mais deux fois aussi longue, dirigée directement en arrière , s'articulant à son extrémité avec Tos pomal , et par le bord inférieur, avec le bucculaire , au moyen d'une petite expansion membraneuse. De la face externe de l'os se détache une crête oblique , dont l'extrémité postérieure se prolonge en dessous en une longue apophyse unie par une suture écaiUeuse au même bucculaire. Sous la partie antérieure de cette crête oblique, lesquammeux se prolonge en dessous en une lame verticale fisiisant face en dehors , et dont la portion postérieure de l'extrémité se suture avec le bord antérieur du bucculaire , et la partie antérieure, avec le tympanique. Enfin , le bord antérieur de cette lame se suture avec l'os lépidoïde , propre aux Poissons.

L'os Tympanique^ que Guvibe nonmie simplectique d*après Bakkbe, qui lui assigna le nom de Simplecticum secundum^ est placé avec le suivant au second rang de la chaîne dont je viens de parler^ et se trouve dans la condition de son analogue chez les Rana de la classe des Reptiles ; c'est-à-dire que , repoussé en dedans par le corsai , il ne contribue plus aucunement à former l'articulation de la mâchoire, entièrement portée sur ce même corsai , qui représente, ainsi que je lai fait voir plus haut , la portion du temporal de X Homme , portant chez les Mammifères la facette glénoïdaie qui reçoit le condyle de la mâchoire.

Cet os tympanique des Poissons , placé ainsi dans une condition nouvelle , ne formant plus ni le cadre du tympan , dont il n existe plus aucune trace chez ces Animaux , ni l'articulation de la mâchoire ; est dans les Gadus une longue lame triai^ulaire verticale , qui semble être le prolongement inférieur de la lame également verticale du sqoammenx , avec laquelle son bord supérieur se suture. La moitié supérieure de son bord antérieur s'articule de même par suture avec l'os lépidoïde, et dans

sa moitié inférieure, où l'os tympanique forme un prolongement étroit, il s applique par toute sa face externe contre le corsai, où il atteint jusque auprès du condyle articulaire de ce dernier, comme chez les Bana. La moitié supérieure de son bord postérieur est libre, et se prolonge par une expansion membraneuse.

Au devant de la partie supérieure du tympanique se trouve cet os propre aux Poissons dont j'ai déjà parlé, considéré par Cuvier comme étant l'analogue du tympanique , et que Geoffroy Saint-Hilaire appelle Épicotyléaly terme qui semble indiquer que cet os est placé dans la partie supérieure d'une cavité cotyloïde, ce qui n a aucunement lieu , et je me vois de là obligé de lui imposer un nom nouveau ; les autres anatomistes, en petit nombre, qui ont remarqué cette pièce , lui assignant des dénominations qui induisant également en erreur. C'est ainsi que Baulbr (i) le nomme Simplecticum tertium , donnant au vrai tympanique le nom de Simplecticum secundum; et comme plus tard , en 1 82 8, Cqyier, dans son HisL des Poissons^ adopte ce nom de SimplecUque pour ce dernier os, je ne crois pas devoir employer dans le présent ouvrage le même terme pour indiquer l'os nouveau placé à côté, afin de ne pas augmenter encore davantage la confusion ; et je propose en conséquence de le nommer l'os Lépidoïde (3).

11 est à peu près triangulaire chez les Gadus. L'un de ses grands côtés, formant le bord postérieur, se suture en haut avec le squammeux, et en bas avec le tympanique ; le bord inférieur, ou le plus petit , avec le corsai; et l'antérieur, en majeure partie libre, ne s'articule qu a l'extrémité inférieure ave Tomoïde,

L'os Corsai, qui représente la partie du temporal de l'Homme, portant la cavité glénoïde de la mâchoire , et qui a été évincé de cette articulation par l'os tympanique chez les Oiseaux , les Ghéloniens et les Rbptilss, à l'exception des Batiuciens anoures, y revient chez ces derniers , aiosi que dans les Poissons , et forme de nouveau l'articulation

(1) 1S22. Osleo^op^tapimum.

(2) De XeintMt$J|<, ^ui a la forme d'une écaîMe,

3&0 PREMlèRE PARTIE.

maxillaire. Il constitue dans le Gadus Morrhua un grand os assez fort, triangulaire, sarthrodiant par chiarthrose à son angle inférieur avec la mâchoire. Son bord antérieur se suture avec lomoïde; l'inférieur, dans sa moitié postérieure , avec le bucculaire ; et le supérieur, en avant , avec le lépidoïde , et au milieu avec le tympanique , qui se prolonge en outre le long de la face interne du corsai , jusque auprès de l'articulation maxillaire sans l'atteindre.

La Mâchoire est, comme chez les Reptiles « composée de plusieurs pièces; mais quoiqu'il soit probable que le nombre est partout le même, il n'existe que peu d'espèces de Poissons où l'on trouve bien distinctement les six qui entrent dans la composition de celle des Sauriens, et Cuvier cite déjà (i) les Lepisosteus comme offrant de même six pièces à la mâchoire ; ce qui suffit pour prouver que les mâchoires des Poissons se composent des mêmes éléments que celles des Reptiles, quoiqu'on ne trouve dans la plupart de ces Animaux , et entre autres chez les Gadus , que deux os de chaque côté , dont l'un correspond au MentOfbnal , et l'autre à XArthrique : le premier ayant généralement son bord supérieur garni de dents, et le second formant l'articulation delà mâchoire avec le corsai.

Les Dents des Poissons varient considérablement , tant pour les os qui les portent que pour leur forme , leur grandeor et leur disposition ; le plus ordinairement, on les trouve toutefois implantées aux os labraux , au vomer, aux os mëntonnaux , aux arcs branchiaux et aux os pharyngiens. Le plus souvent, il en existe aussi aux palatins, et sur la langue, mais dans quelques genres seulement, tels que celui des Salmo, on en trouve aux siagonaux , et plus rarement encore aux omoïdes.

Assez ordinairement, les dents des Poissons sont coniques ou à peu près , légèrement arquées en arrière , et disposées sur un grand nombre de séries , et sont appelées alors Dents en carde.

Lorsqu'elles sont très-fines et fort nombreuses , on dit qu'elles sont en

(1) H\$t. des Poissons , 1. 1 , p 348.

SYSTÈME OSSEDX. â&l

velours. Dans certaines espèces cependant , elles sont plus ou moins grosses, courtes et coniques; chez d autres, elles sont au contraire fort grosses , en forme de tubercules arrondis dans leur couronne , et serrés comme des paires. Chez les Sargus , les dents antérieures sont élargies et tranchantes , ressemblant beaucoup aux incisives des Ruminants ; enfin , les Sélaciens les ont le plus souvent aplaties par les côtés et trèstranchantes, à bord festonné, rappelant la forme de la couronne des pe* tites molaires des Mammifères carnivores, mais beaucoup plus comprimée; aussi ces Animaux sont-ils, comme ces derniers, éminemment carnassiers.

Quant à la disposition, elles sont , ainsi que je viens de le dire, trèssouvent en carde , en i^elours , enpas^é , etc. ; mais la disposition la plus remarquable est celle que présentent les Carcharias , et surtout les Scymnus , de Tordre des Sélaciens « où les mâchoires supérieure et inférieure sont garnies de plusieurs rangées de dents très-grandes et comprimées ) dont la première est seule relevée pour servir à saisir et à couper la proie , et les autres, repliées en dedans, se trouvent comme enmagasinées pour remplacer celles de la première rangée , lorsqu elles viennent à manquer, et la disposition mécanique, très-simple, par laquelle elles se maintiennent relevées ou couchées , est fort remarquable.

La série des pièces qui composent chez les Mammifères , d'une part , les quatre osselets de la caisse , et de l'autre , l'oreille externe , n'existe aucunement chez les Poissons, ces deux parties ayant complètement disparu , et ce n'est que les pièces moyennes, c est-à-dire le tympanique, divisé même à ce qu'il paraît en deux parties, le vrai tympanique et l'os lépidoïde, ainsi que le mastoïdien, qui ont persisté; aussi n'existe-t-il chez ces Animaux aucune cavité comparable à la Caisse , et rien qui représente le Tympan^ tout l'appareil auditif se trouvant réduit au Laby- ^^^ rinthe^ formé toutefois du Vestibule, des trois Canaux semi-circulaires ,

et d'un sac particulier qu'on compare au Limaçon et dans lequel se ^^ trouvent une ou deux concrétions calcaires ou OtoUthes ; mais ce laby-

^ rinthe est entièrement membraneux et logé dans une grande fosse la-

lérale de la cavité crânienne , formée par Vos ptéral , le rocher, le masr toidien , le condylien et le basilaire. Dans les Raia et antres Poissons cartilagineux , toutefois , le labyrinthe membraneux est r^ermé dans un osseux creusé dans les cartilages latéraux du crâne.

Outre les os que je viens d'indiquer dans la tète des Poissons osseux, il en existe encore d'autres qui s'y sont ajoutés , et dont on ne trouve pas les analogues dans les Vertébrés supérieurs , du moins pas dans les mêmes conditions. Ce sont , d'une part , les os surtemporaux , et de lautre, ceux de lopercule des ouïes et les rayons branchisotéges, auxquels il faut encore joindre l'appareil hyoïde, qui prend un très-grand développement chez les Poissons.

On a nommé œ Surtemporaux de petits osselets d ordinaire fort minces, placés au-dessus de l'extrémité postérieure du mastoïdien ; chez les Gadus Morrhua^ ces os sont de chaque côté au nombre de trois, ayant la forme de lamelles fort minces , transparentes, pliéessur elles-mêmes, pour continuer en arrière la gouttière que forme le bord supra-externe de l'os mastoïdien, osselets qui ressemblent beaucoup , pour la conformation , la minceur et la transparence, aux malaires postérieurs, dont ils sont toutefois éloignés, et n'appartiennent point à la même série. Le premier est placé sur la partie postérieure du mastoïdien, la troisième à la suite , sur l'intervalle de ce dernier et l'extrémité postérieure du paleron ; et enfin , le second en dedans des deux que je viens d'indiquer, sur leur jointure.

Les Poissons respirant l'eau , au moyen des branchies placées au nombre de quatre lames de chaque côté de la tète , en arrière des mâchoires , sous la partie postérieur du crâne , ces organes s'y trouvent soutenus par autant d'arcs osseux que forme l'appareil hyoïde; et pour mettre ces 'branchies à l'abri des corps extérieurs, elles se trouvent recouvertes de chaque côté par un Opercule composé, dans sa partie supérieure, de quatre os différemment conformés; et dans sa portion inférieure, par une hvge Membrane branchi'ostége qui prolonge cet opercule en dessous; et se trouve elle-même soutenue par plusieurs rayons osseux arthrodiés par leur extrémité antérieure sur les cornes céphaliques de l'hyoïde. Sous le bord postérieur de cet opercule, est de chaque côté une large

STSTÈMB 088BDX, 3&3

ouverture que oe dernier forme , et par où ressort Feau que Tanimal a fait entrer dans la bouche, en la faisant ainsi passer entre les branchies.

Les diverses pièces osseuses qui entrent dans la composition des opercules des Poissons , constituent lés parties du squelette de ces Animaux sur Tanalogie desquelles on est le moins d accord. Spix ( i ) et Gboffkoy Saint-Hilairb (a) ont considéré, mais chacun différemment, les quatre os de lopercule proprement dit , comme les analogues des osselets de la caisse du tympan des Mammifbrbs , qui manquent du reste chez les Poissons ; osselets qui se seraient ainsi subitement développés à un degré excessif; tandis qu en suivant leur marche de gradation , on les voit se réduire de plus en plus dans les Oisbacx , les Rbptilbs et les Ghâlonibns , au point qu il n existe plus à la fin que le seul Étrier. D'autres , comme MM. DB Blaihvilue (3), Boiancs (4) et Okbn (5) considèrent au contraire ces mêmes os comme des démembrements de la mâchoire inférieure, quoiqu'on trouve chez certaines espèces, en même temps, les os de lopercule et les pièces constituant les mâchoires les plus com* pliquées.

Enfin GuviBB , dans ses différents ouvrages, et spécialement dans son Hist. des Poissons (6) , n'adoptant aucune des analogies proposées par ses devanciers, regarde tout simplement ces quatre os de l'opercule comme exclusivement propres à ces Animaux, et les désigne d'après leur situation sous les noms d'Opercule , de Préopercule ^ de Sous-opercide et ai Interopercule ; noms assez bien choisis, mais qui ont l'inconvénient d'être non-seulement la répétition les uns des autres; mais le premier est en outre aussi celui de lopercule entier, et le nom commun par lequel on désigne en général tous les organes qui ferment un orifice, conoone le ferait un couvercle. Je me vois de là obligé de réformer cette

(1) Céphalogenesis. 1S15.

(8) Bull.delaSoc. phU. 1817, p. 125.

(3)iWd.,p.l04.

(S) 1818. Isii , p. 278 ; 1819, p. 1528.

(6)TomeI,p.345.

S&/i PREMIÈRE PARTIE.

nomenclature , en donnant à chacune de ces pièces une dénomination particulière.

Le premier de ces os qui entrent dans la composition de l'opercule des branchies, est ce que Cuvier a nommé le Préopercule ^ nom auquel je substitue celui de Bucculaire (i). C'est une grande pièce placée à peu près verticalement derrière la fosse temporale qu elle cerne de ce côté. Son extrémité supérieure est liée par une expension membraneuse à Tapophyse postérieure du squammeux, ainsi qu'à celle qui descend de la lame oblique. Son bord antérieur, légèrement concave , s articule vers le milieu par une lame mince avec la lame verticale du même os, quelle recouvre en partie, ainsi que son prolongement inférieur cartilagineux. Plus bas , le même bord est lié par une expansion membraneuse au tympanique , et par une adhérence écailleuse au corsai. Tout le bord postérieur, en forme d'arc , se termine en une lame mince, libre, liée aux parties voisines par des expansions membraneuses , en recouvrant les trois os suivants.

A l'os que Cuvier appelle opercule, j'assigne le nom de Pomal{p). C'est chez le Gadus Morrhua une large plaque en forme d'écaillé à peu près triangulaire; sarthrodiant par son angle suprà-antérieur avec l'ex-* trémité de l'apophyse postérieure du squammeux , et du reste libre de toute articulation, cet os forme la partie suprà-postérieure de l'opercule, et se trouve lié par des expansions molles, en avant avec le bucculaire, et en bas avec l'hypopomal , qu'il recouvre en dessus par son angle inférieur.

Le troisième os de l'opercule ou le sous-opercule de Cuvier, je le nomme Hypopomal (3), terme qui a la même signification étymologique. C'est une grande pièce en forme d'écaillé triangulaire allongée, ressem^ blant assez bien à une aile d'oiseau renversée, dont l'angle infrà-antérieur sarthrodie avec l'os suivant; et ses bords, du reste libres, ne sont

(1) De bttccu/a, petite joue , coinme occupant la région latérale de la face.

(2) De 9ia>|ia , couvercle ou opercule.

(3) De 6icè , 80U8 ; et de ictâ^Mi , couvercle.

liés aux autres pièces de J'opercule que par des parties molles. Son autre extrémité répondant au bout de laile, à laquelle je compare cet os, est dirigée en haut et en arrière, de manière que la portion infrà postérieure de l'écaille forme le bord libre de l'opercule , en couvrant en partie la membrane branchiostège ; tandis que la portion supérieure est recouverte par langle inférieur de l'os pomal.

Enfin , à la dernière pièce de Topercule que Cdvier appelle interopercule, j'assigne le nom de Pomaire (i), n'étant pas placé entre les opercules, comme la dénomination donnée par ce savant semble l'indiquer. C'est un os plus petit que le précédent , auquel il fait suite en bas, et placé obliquement sous la partie inférieure du bord postérieur du bucculaire. Il a la forme d'une longue feuille lancéolée à bords minces, dont la base, dirigée en haut et en arrière, s'arthrodie avec l'extrémité inférieure de l'hypopomal, et son bout atteint celui du bucculaire, derrière lequel l'os est placé ; enfin par son bord antérieur, le pomaire est lié par des expansions molles avec ce dernier os , et le postérieur forme en partie le bord libre de l'opercule, en recouvrant un peu la membrane branchiostège qui forme la moitié inférieure de l'opercule de la cavité branchiale.

La Membrane branchiostège de l'opercule étant soutenue par des Rayons osseux , articulée sur l'appareil hyoïde , qui doit être décrit avant, il suffira de dire ici que cette membrane, partant dans sa partie antérieure de la corne céphalique de l'hyoïde , naît plus en arrière de la face in terne des pièces osseuses de l'opercule; et ces deux parties de ce dernier forment ensemble un large battant à bords postérieur et inférieur libres, qui ferme en dehors la grande ouverture latérale de la cavité branchiale , en s'appliquant sur le bord postérieur et inférieur de cette même ouverture , formée en haut par l'os scapulaire, et plus bas par l'analogue de la clavicule.

Les poumons ayant disparu chez les Poissons, l'appareil branchial qui les remplace dans leur fonction forme , comme dans les larves de Ba-

|1) Auni tiré de ic«>|mi.

d66 PAEHièRE PARTIE.

TRÂCiENs , OÙ il commence à paraître , un appendice de l'appareil hyoïde, qui prend à cet effet un développement fort considérable.

On retrouve encore dans VHyoïde des Poissons les mêmes parties constituantes qu'on remarque dans les autres YERtéBRÉs , et surtout chez les larves des Reptiles batraciens , dont je viens de parler, qui se trouvent à peu près dans les mêmes conditions pour la respiration ; et où lappaieil hyoïde se complique pour cela plus que chez les Yert^brés aériens, et surtout chez les Mammifères, placés à l'autre extrémité de cet embranchement du Règne animal.

La partie centrale ou le Corps de l'hyoïde , formée d'une seule pièce chez Y Homme, placé en tête des Mammifères , est, ainsi que nous l'avons vu, déjà plus compliquée chez d'autres espèces de la même classe, où il s'y ajoute un cartilage contenu longitudinalement dans le milieCi de la langue et constituant le premier rudiment de l'os lingual , plus développé et OGseux dans les Oiseaux, ainsi que chez beaucoup de REPttLBs.

Dans la classe des Poissons, cette partie moyenne de l'appareil hyoïde est formée chez le G^adus Morrhua , que je prends toujours pour exemple, de trois pièces osseuses consécutives, dont la première, fort courte et comprimée , représente ïOs ou la Corne linguale plongeant dans la partie postérieure de la langue , comme che£ les OiSfiAtx. Les deux pièces suivantes, ou le vrai Corps de l'hyoïde, sont beaucoup plus al* longées d'avant en arrière, et s'articulent latéralement avec trois paires d'arcs branchiaux disposés à peu près comme les côtes à l'égard du sternum chez les Vertébrés supérieurs; Ce qui vient à l'appui de l'opinion émise plus haut ^ que le corps de Thyoïde nest au fond qu'un analogue avancé des pièces sternales , et ses cornes des représentants des appendices costaux. Postérieurement, le dernier os du corps de l'hyoïde se continue en un prolongement cartilagineux sur lequel se rend latéralement la quatrième paire d'arcs branchiaux; et enfin à son extrémité, les deux os hypopharyugiens représentant une cinquième paire d'arcs branchiaux; mais dépourvus de branchies; et c'est là où se termine réellement l'hyoïde, sans être suivi d'aucune partie qu'on puisse appeler la Queue , pièce qu'on trouve dans d'autres Vertébrés , et spécialement

SYSTÈME OSSBUX. 3^7

chez les Oiseaux ; tandis que Cuyikr donne ce nom à une pièce osseuse de l'appareil hyoïde des Poissons , placée sous los lingual , et sous la commissure des deux cornes céphaliques^ ce qui lui donne en effet quelque analogie avec ce quon appelle la queue de rhyoïde;mais elle est, contrairement à cette dernière, placée sous lextrémité antérieure. Gboffroy Saint-Hilaire nomme cet os épisternal , le regardant comme représentant la première paire de pièces du plastron des Ghéloniens, qui me paraît être plutôt l'analogue des clavicules des Mammifères; et je crois , au contraire , ainsi que la déjà admis Gouan (i) , que cet os impair, placé sous rhyoïde, est le véritable représentant du sternum des Animaux supérieurs, réduit par la dégradation qu il a suivie à une seule pièce portée fortement en avant sous la tète. Il paraît du moins que telle a été Topinionde cet anatomiste, quoiqu'il ne soit pas trè&-clair dans sa description , vu que d'une part il ne peut guère être question dans son ouvrage d'un autre os que de celui dont il s agit ici; et que d'autre part il dise formellement qu'il se trouve placé sous les branchies, entre les deux clavicules; lieu où il le figure en effet dans la planche II ; tandis qu'il est placé au-^devant de ces deux os.

Les Cornes céphaUques de l'hyoïde, tout en prenant chez les Poissons un développement excessif en grandeur, conservent toutefois assez bien la forme et les rapports qu'elles ont dans les Mammifères. Elles sont de même composées de plusieurs pièces successives formant une chaîne, qui va s'articuler avec l'os squammeux. Chez les Félis, ces pièces sont au nombre de trois osseuses, suivies d'une quatrième plus ou moins cartilagineuse , qui s'insère au sommet de Tapophyse sty loïde du rocher, et dans les Poissons (Gad us), la série est de quatre pièces suivies d'une cinquième, qui, formant un angle avec les premières, va s'articuler avec l'os squammeux, et peut, suivant l'opinion de Cuvier, être considérée comme représentant l'apophyse sty loïde des Mammifères; ou Hen simplement comme le ligament suspenseur ossifié. Ne pouvant appuyer l'une ou l'autre de ces opinions d'une véritable démonstration ,

(1) fH$ê. f%9eium. 1770, p. 64,

j adopterai, en attendant, la détermination de Guvier, et désignerai comme lui ce dernier osselet sous le nom de Styloïdien.

Les deux premiers os de la corne cépbalique sont assez petits et placés Fun au-dessus de lautre, en s'unissant tous les deux par une synchondrose avec leurs correspondantes du côté opposé , sous Tos lingual ; et dans leur commissure s'articule, au moyen d'un ligament lâche , l'os Stemal^ dont il a été fait mention un peu plus haut. Le troisième os est au contraire fort grand, et fait à la fois suite aux deux antérieurs; et enfin le quatrième, d'une grandeur moyenne, forme la continuation du troisième. Ces deux pièces, larges et fortement comprimées, donnent par leur bord inférieur insertion à la membrane branchiostège ; mais les rayons osseux qui soutiennent cette dernière ne s'articulent qu'avec le bord inférieur de la grande pièce chez les Gadus Morrkua.

Ces Rayons branchiostèges , à peu près parallèles entre eux , et dirigés obliquement en dessous et en arrière, varient considérablement pour le nombre d'un genre à l'autre, et à tel point, que les Notopterus^ par exemple , n'en ont qu'un seul , tandis que les Elops , qui appartiennent à la même famille des Clupoïdes • en offrent plus dé trente ; les Gadus en ont sept. Ce sont des os grêles, arqués, ressemblant beaucoup , par leur forme et leur disposition parallèle, à des côtes asternales, dont ils me paraissent être , en effet , les représentants. Ils sont unis entre eux de chaque côté par un pli tégumentaire formant la Membrane branchiostège, entre les deux feuillets de laquelle ils sont placés. Ce pH, naissant à la face interne de la mâchoire et des os de l'opercule, se porte sur la corne cépbalique de l'hyoïde pour s'y réfléchir en bas , sur la face externe des rayons branchiostèges, et revenant à leur extrémité sur leur face interne , la seconde lame du pli remonte sur ces os , pour se continuer sur la face interne de la même corçe de l'hyoïde.

Les Cornes laryngiennes ou plutôt les os qui les représentent , le larynx ayant disparu , sont plus nombreuses et plus compliquées que chez les autres Vertébrés, et même dans les larves des Batraciens. Il y a en cinq paires, dont les quatre premières, portant les branchies, sont de là appelées les Arcs branchiaux ^ et la dernière, dépourvue de ces organes respira-

srsTiME ossBux. 3&9

toires, et contenue dans la partie inférieure du pharynx, dont elle forme le bord postérieur, constitue ce qu on nomme généralement les deux os pharyngiens inférieurs, mais que je désigne sous le nom simple diHypopharyngiens^ qui a la même signification.

Chacun de ces arcs est formé de deux parties ou ^rceai^r quise font suite , et bien mobiles Fun sur lautre. Aux trois premiers arcs , ï Arceau inférieur est composé de deux pièces osseuses consécutives unies par des cartilages et fort peu mobiles; Tan térieure assez courte, s articule sur le côté du corps de Fhyoïde, à des distances à peu près égales , comme les côtes sur un sternum. De là , cet arceau se porte obliquement en arrière et en dehors pour se recourber en haut, dans la seconde pièce , qui est beaucoup plus longue et grêle, et s articule à son extrémité avec Yjérceau supérieur^ formé d'une seule pièce, laquelle, faisant un angle avec celle qui précède, se porte obliquement en avant et en dedans, potir se terminer à son extrémité à un os Épipharyngien , généralement connu sous le nom de pharyngien supérieur.

Le quatrième arc branchial diffère des trois premiers en ce qu il manque de la première pièce de son arceau inférieur , et que le supérieur a , par contre , souvent une petite pièce terminale de plus , remplaçant son épipharyngien , qui manque du reste.

Les os épipharyngiens forment de chaque côté , dans la partie supé* rieare du pharynx , une plaque osseuse contournée , composée de trois os , sur lesquels s articulent les arcs branchiaux , et leur surface inférieure est couverte de nombreuses dents servant , en agissant contre celles des os hypopharyngiens , à faciliter la déglutition.

Le bord supérieur concave des arcs branchiaux, qui entre dans la composition des parois du pharynx , est garni d'un nombre considérable de petites pièces osseuses couvertes également , chez les Gadus et autres Poissons , de petites dents en carde , servant de même à faciliter la d^lutition, tandis que le bord inférieur convexe donne attache à une crête branchiale, organe formé dune infinité de petites lamelles triangulaires, longues et étroites , disposées à la suite les uns des autres comme les dents d'un peigne , et ainsi dirigées en dehors, en rayonnant en des-

S50 PRBIflàRE PARTIE.

SOUS et en arrière, vers l'ouverture de louïe que ferme lopercule ; et entre les quatre arcs et la corne céphalique de l'hyoïde , qui n'est réellement qu'un arc analogue , se trouvent quatre grandes fentes établissant des communications de la cavité buccale avec rexlérieur par cette même ouverture des ouïes, et c'est en faisant entrer l'eau par la bouche et ressortir par ces orifices latéraux , en passant entre les lames des branchies, que ces Animaux respirent.

J'ai déjà dit plus haut que les os Hypophoiyngiens n'étaient dans le principe que des pièces analogues aux arcs branchiaux , et plus spécialement à leur seconde pièce , faisant immédiatement suite au quatrième arc , auquel ils adhèrent dans toute leur longueur.

Les épipharyngiens ne sont dans la réalité , ainsi que le montrait les Poissons sélaciens , que la pièce terminale de chaque arceau supérieur des arcs branchiaux.

Quant à la Colonne s>ertébrale proprement dite, elle offre bien eheales Poissons des caractères propres qui la distinguent de celle des quatre au^ très classes de Vertébrés , ayant , par exemple , le corps des vertèbres plus cylindrique avec des bases concaves , en entonnoir plus ou moins profond, remplie par un ligament fibro- pulpeux très-peu consistant , qui permet aux rachis un mouvement facile en tous sens. La surface de toute la vertèbre est en outre plus ou moins caverneuse ; ses apophyses épineuses , d'ordinaire longues et grêles , surtout chez les Poissons osseux, dont le corps est comprimé ; les transverses , le plus souvent courtes et styloïdes , pour ne pas se gêner dans h flexion latérale du corps de l'Animal , et les facettes articulaires, sont généralement sessiles et réunies par des cartilages.

Quoique le nombre des vertèbres du rachis soit ordinairement fort considérable , on ne distingue guère dans ce dernier que dçux régions chez les Poissons osseux , la lombaire et la caudale. En effet , le thorax , destiné chez les Animaux aériens à renfermer le cœur et le$ poumons, disparaît presque en entier avec ces derniers, ainsi que je l'ai fait remarquer plus haut , et la cavité contenant le cœur, et qui représente encore le vrai Thorax , est réduite à uq espace assez petit , placé dans l'angle

STSTiHB OSSBDX. Mi

qae forment les clayicuJes, où il est {Protégé par ces os contre les €001*^ pressions eitérîeures, thorax ^tué^ comme chez les Ânitnaux aériens, au devant de la partie inférieure de la cavité viscérale, dont il est de nouveau séparé par un véritable diaphragme transversal, mais assez éloigné de la colonne vertébrale par l'interposition du vaste œsophage de ces Animaui , et n*est plus du lout renfermé entre les côtes thoraciques qui ont disparu , ou qui se sont plutôt portées en avant , sur la tôte, pour protéger les branchies, en devenant ce quon nomme, d*ane part, les os de Topercuie , et de l'autre , les rayons branchiostéges , ainsi que nous le montrent les Poissons sélagikns , qui forment le passage des Reptiles » cette dernière classe. Les vertèbres dorsales ayant disparu, et leurs côtés s étant ainsi réunies à la tète, la région lombaire du corps s wt avancée jusqu a la cervicale , elle-même réduite à un très-petit nombre de vertèbres^ et même à une ou latlas privé de costelles, pour qu'il n y ait pas de rétrécissement au cou , qui nuirait à la facilité de la nage ; c est«4-dire que même la région cervicale n est pas distincte de la lombaire, ses vertèbres, à lezception des plus antérieures, portant, comme elle, des appendices costaux semblables, et seulement plus courte, doù il résulte que la cavité abdominale commence déjà entre la partie postérieure des opercules, de sorte quil n'existe plus aucun caractère certain qui indique la limite des deux r^ons ^ si ce n'est l'absence des costelles.

Pour ce qui concerne la région pelvienne , elle n'est également pas distincte de la lombaire, vu que le rudiment de bassin est éloigné de la colonne vertébrale, et se trouve simplement suspendu dans les chairs de la partie inférieure du corps, et même porté au devant des nageoires pectorales chez certains Poissons sub*braghiens. Reste donc la région caudale , qui prend au contraire un fort grand développement chez ces Animaux ; la queue formant le principal organe de natation , en frappant l'eau alternativement des deux côtés. Elle se distingue essentiellement de la lombaire qui la précède immédiatement par la forme que prennent quelquefois graduellement, et souvent de suite, les apophyses transverses et les Coitines qu'elles portent 1 en se transformant en Costettes

352 PAËMIÈAB PARTIE.

OU appendices costaux de la queue. C'est-à-dire que sur les dernières vertèbres lombaires , ces apophyses se portent de plus en plus en bas , et finissent par se réunir par paire sous la queue, ainsi que leurs costettes, et ne forment bientôt, en se soudant complètement , qu une seule apophyse Upsiloïde tout à fait semblable à Fépineuse qui lui est opposée, et dont le canal ménagé à sa base entre les deux branches, constitue la continuation de la cavité abdominale, mais ne renferme plus guère que des vais'jeaux. Ces apophyses upsiloïdes prennent ce grand développement chez les Poissons osseux , pour offrir de plus vastes surfaces d'insertion aux muscles sous-caudaux , qui doivent agir avec force dans la nage : aussi la queue est elle , chez presque tous ces Animaux , aussi grosse à sa base que labdomen, et diminue ensuite graduellement jusqu'à son extrémité , oii elle finit à peu près en pointe. Ces apophyses , ainsi que les épineuses qui leur sont opposées , s'inclinent aussi graduellement de plus en plus en arrière , de manière qu'à l'extrémité de la queue, où les vertèbres deviennent très-courtes, ces prolongements finissent par être complètement dirigés en arrière , et se rencontrent d'une série à l'autre.

LesCostines^ peu allongées sur les premières vertèbres lombaires, répondant à la partie la plus antérieure de l'abdomen , comprise entre les opercules , sont des osselets peu arqués , dirigés en arrière et en dehors ; les suivantes , plus longues , s'arquent de plus en plus en dessous pour contourner la cavité viscérale , mais ne se joignent généralement pas par paires à leurs extrémités , qui restent libres dans l'épaisseur des chairs dans la région ventrale, absolument comme les costines ou fausses côtes des Animuax supérieurs.

Outre les costines, on trouve encore chez les Poissons osseux, de chaque côté, une seconde série de petits filets osseux, articulés le plus généralement , sur chacune de ces dernières , près de leur tête supérieure , dont ils semblent être des branches latérales dirigées en arrière et en dehors , en plongeant dans les chairs , pour donner attache à certains faisceaux musculeux. Ce sont les analogues des Appendices costaux des Oiseaux. Chez beaucoup d'espèces, ces filets osseux psirtent

SYSTÈME OSSEUl. 35S

même de rexlrémité des apophyses transverses portant les costines. Chez les Cbipea , et surtout dans la Cl. alosa^ il existe , au-dessus de ces Appendices costirUens , encore une autre série de filets semblables , aussi dirigés obliquement en arrière et en dehors , mais partant du côté des corps des vertèbres, et se répétant jusque sur la région caudale , où les appendices costiniens se transforment en os upsiloïdes.

Jai dit plus haut que les véritables côtes des Poissons se sont portées en avant y vers la partie postérieure de la tête En effet , nous trouvons chez ces Animaux plusieurs pièces formant, dune part, Topercule, et de l'autre, les rayons branchiostèges, qui n'ont au premier abord aucun analogue dans les autres classes de Vertébrés, et que Cuvier, ainsi que d'autres anatomistes , regarde comme nouveaux et exclusivement particuliers à ces Animaux; tandis que Spix considérait les premiers, qui sont par hasard au nombre de quatre , comme étant les analogues des osselets de la caisse prodigieusement agrandis; mais en examinant les parties avec plus d'attention , on voit facilement que cette dernière opinion n'est fondée que sur une simple hypothèse, car rien ne tend à la prouver; et ainsi que le fait remarquer Cuvier dans son Hist. des Poissons , ces osselets , au complet chez les Mammifères , se réduisent déjà dans les Oiseaux, les Chéloniens et les Reptiles , où il n'en existe plus à la fin qu'un seul, représentant à la fois Tétrier et le marteau, de manière que, dans les Poissons , ces osselets doivent complètement disparaître avec la caisse qui les renfermait dans les autres classes.

Quant à l'opinion de Covier , elle était plus plausible , aucun autre Animal n'ayant à la tête des os qu'on pourrait comparer, soit aux quatre pièces de l'opercule , soit aux rayons branchiostèges. Mais en examinant les parties correspondantes chez les Poissons sélaciens , qui of^^ frent , sous bien des rapports , une condition intermédiaire entre les Reptiles et les Poissons osseux , la véritable analogie de ces rayons branchiostèges devient plus claire, et l'on reconnaît qu'ils ne sont, ainsi que l'ont déjà pensé Autenrieth en 1 800 , et Geoffroy-Saint-Hilairb en 1^07, autre chose que des côtes thoraciques sternales qui se sont séparées du sternum , pour s'insérer par adhérence aux cornes céphali^

ques de Thyoïde ; tandis que le sternum , réduit , dans la plupart des espèces, à une seule pièce, par leffet delà dégradation qu*il subit, s'est porté plus en avant encore , et s est uni en dessous à la commissure des deux cornes céphaliques de Fhyoïde.

En effet, nous trouvons chez les Sélaciens, et spécialement dans le genre Sçyllium , qui me paraît devoir être placé en tête de la classe des Poissons, un large cartilage plat , demi-circulaire , placé dans la langue , et constituant ainsi la Corne linguale de l'hyoïde; maison ne trouve immédiatement à sa suite aucune pièce qui représentée corps de l'hyoïde. Sur les angles postérieurs de ce cartilage lingual s'articulent les deux Cornes céphaliques , formées de trois pièces consécutives , et contournant en arrière la mâchoire pour aller s'attacher à la région latérale postérieure du crâne. Ces cornes , portant des branchies tout à fait semblables à celles des autres arcs branchiaux , prouvent par là que ce sont des parties analogues , mais plus fortes. Plus en arrière se trouve de chaque côté une série de petites cornes à peu près semblables , mais graduellement de plus en plus faibles , portant les branchies suivantes , et correspondant ainsi aux quatre arcs branchiaux des Poissons osseux , dont ils ont la disposition , et se trouvent contenus de même dans le pharynx. Ces arcs sont également formés de deux Arceaux^ un inférieur et l'autre supérieur, composés chacun de deux pièces consécutives , dont la dernière de l'arceau supérieur, correspondant à l'os Epipfiaryngien des Poissons osseux, est dépourvue de dents. Ces arceaux prennent la forme de lames étroites, allongées , costiformes , contenues dans la partie supérieure du pharynx, parallèlement les unes aux autres, dans une disposition qui rappelle celle des côtes , mais se terminent dans cette première partie du canal ahmentaire, près de leurs correspondantes du côté opposé, sans se fixer à la colonne vertébrale , comme leur analogue de la corne céphalique qui s'attache à la tête.

Ces quatre arcs branchiaux correspondant, ainsi que je l'ai fait remarquer plus haut, aux Cornes laryngiennes des Mammifères , quoiquen plus grand nombre ; il serait plus convenable peut-être de les nommer Cornes pharyngiennes de l'hyoïde, étant dans le principe chez tous les

STSTÈME OSSBDX. 355

Veetébrés réellemeot contenus dans le pharynx , et ne tiennent an larynx que par leffet d'une simple spécialité; cet appareil de la voix y étant simplement suspendu.

Les arceaux inférieurs des deux premiers arcs sont formés de deux cartilages consécutifs , et les deux derniers d'un seul , le plus interne manquant ; et les pièces d'origine, au lieu de se diriger obliquement en avant, comme dans la corne céphalique, pour aller joindre la pièce linguale , ou bien comme dans les arcs branchiaux des Poissons osseux . pour s articuler avec le corps de Thyoïde, qui fait immédiatement suite à cette dernière , se portent au contraire obliquement en arrière et en dedans , aussi pour aller se fixer au Corps de t hyoïde , placé chez les SçylHum plus en arrière , et assez éloigné du cartilage lingual.

Aux deux derniers arceaux inférieurs , la seconde pièce se lie immédiatement par des ligaments au corps de l'hyoïde , ainsi que cela a également lieu pour le quatrième arc dans les Poissons osseux.

Sur la convexité des quatre arcs branchiaux , ainsi que sur la corne céphalique, s'insèrent les franges branchiales soutenues par plusieurs prolongements cartilagineux ; mais ces franges , au lieu d'être libres à leurs extrémités externes , y adhèrent aux téguments , de manière qu'il y a, au lieu d'une seule ouverture qui donne issue à l'eau, cinq trous consécutifs en forme de fentes verticales , et ne correspondant qu'à la partie externe des intervalles des arceaux supérieurs; et les espaces qui séparent les autres parties des arcs branchiaux , sont remplis par les parois du pharynx ; la première de ces ouvertures se trouve entre la corne céphahque et le premier arc branchial , et la dernière entre le quatrième arc et le cartilage hypopharyngien.

Le CoFps de Thyoïde est une grande pièce cartilagineuse, allongée, placée le long de la moitié postérieure de la cage branchiale, à une fort grande distance du cartilage lingual ; de manière que, par sa position , il semble plutôt représenter le sternum ; mais comme il porte les arcs branchiaux qui s'y rendent sur l'extrémité antérieure , ainsi que les hypopharyngiens , qui s'y articulent par les côtés, on doit naturellement considérer ce cartilage comme l'analogue de l'hyoïde.

S56 PHEMIÈRE PARTIE.

Il n existe ni opercule , ni membrane branchiostège chez les Sélaciens ; irfais par contre , on trouve sous les parties latérales de la cage branchiale, des cartilages costiformes , placés à peu près parallèlement entre eux et répondant aux arcs branchiaux inférieurs, sous lesquek ils sont placés à une certaine distance , le long du bord inférieur des lames branchiales qu ils soutiennent.

Ces cartilages, au nombre de quatre paires, occupent ainsi tout à fait la place des côtes sternales, mais se sont déjà portés au devant du vrai thorax , qui renferme le cœur ; et le sternum ayant disparu, ces cartilages s'insèrent par leur extrémité inférieure sur l'hyoïde, où on les retrouve aussi chez les Poissons osseux, quoique dans une disposition un peu différente , et constituant les rayons branchiostèges; mais ayant du reste des rapports à peu près semblables à l'égard des branchies. En effet , si l'on supposait que ces rayons sous-branchiaux se détachassent des branchies chez les SqylUum^ en restant unis entre eux par les téguments qui passent de l'un à l'autre, on formerait par là une véritable membrane branchiostège soutenue par ces rayons, et qui se rabattrait par en dessous, sur la cavité branchiale, qui ne serait ouverte de chaque côté que par une seule grande ouverture , comme chez les Poissons osseux.

La disposition que présentent d'une part le corps de l'hyoïde chez les Poissons, et de l'autre les arcs branchiaux qui contournent en dessus le pharynx pour se rapprocher de la ligne médiane supérieure soit en s'unissantde chaque côté sur les os épipharygîens , soit en restant hbre, présente la plus frappante analogie avec ce qu'on voit chez les Vertébeés supérieurs dans la disposition du sternum et des côtes , avec cette différence seulement que là les os représentant les côtes sont détachés de la colonne vertébrale; et si la transition qu'on remarque chez les larves de Batraciens n'indiquait pas que les arcs branchiaux sont des dépendances de Tappareil hyoïde , on serait porté à croire que dans les Poissons ces arcs et les pièces impaires qui leur servent d'intermédiaires , ne sont que les côtes thoraciques et leur sternum portés plus en avant. Mais comme cette opinion ne peut être admise , la disposition que ces parties présentent

vient da moins à Tappui de ceUe exposée dans un des chapitres de cet ouvrage, que l'hyoïde n*est qu'un os analogue au sternum, mais dépendant de la dernière vertèbre de la tête ; que ses cornes céphaliques ne sont que des appendices analogues aux côtes ; et enfin les cornes laryngiennes, en nombre variable, selon la classe d'Animaux , des appendices de même nature, dépendant des vertèbres cervicales , qui se sont simplement détachés du rachis dans les Poissons, oii les vertèbres ont eu majeure partie disparu, et se trouvent chez les autres YERTÉBaés réduites aux pièces inférieures de ces costelles, qui ne contournent plus qu'inférieurement le pharynx, et servent de moyen de suspension au larynx dont lès cartilages ne sont peut-être eux-mêmes autre chose que des costelles postérieures plus fortement modifiées encore.

Quant aux quatre os de l'opercule , on ne trouve dans les Sélaciens rien qui puisse leur être comparé , à moins qu'on ne veuille adopter lopinion de Spix qui les considère comme les représentants des osselets de la caisse énormément grandis, et tout autrement conformés et disposés. Mais d'après l'analogie que je viens de faire remarquer entre les arcs branchiaux et les rayons branchiostèges d'une part , avec les costelles et les côtes de l'autre , mais plus particulièrement avec leurs pièces in* férieures ou sternales ; ne serait-il pas possible que les os de l'opercule fussent les analogues des pièces vertébrales , des côtes thoraciques , également portées vers la tête ? Quoique je ne puisse , pour le moment , pas le prouver par des faits y cette opinion me paraît fort probable , et je ne désespère pas d'en . trouver la démonstration quelque part. Peut* être aussi ces os ne sont-ils que des rayons branchiostèges élargis et plus remontés.

Quant au Sternum^ nous l'avons vu se simplifier de plus en plus chez les Reptiles , à mesure que son importance , comme soutien des vraies côtes , diminuait , et disparaître enfin totalement dans les Ophidiens. Le thorax des Poissons se trouvant dans des conditions telles , que cet os devenait à peu près inutile, nous l'avons trouvé réduit à une seule petite pièce portée également en avant , comme les côtes qui lui correspon-^ dent, et placée sous la commissure inférieure des cornes de l'hyoïde,

mais liée encore par un long ligament aux deux davicules, et ce ligament Stemo-chwiculaire forme Tisthme qui sépare les deux orifices des cavités branchiales. Tel est le véritable analogue du sternum tho* racique. Mais dans certaines espèces, on trouve en outre, le long de la ligne ventrale jusqu'à Tanus , une série de petites pièces osseuses , d'ordinaire , simplement suspendues dans les chairs et sous-cutanées , formant la continuation des os interupsiloïdiens , dont ils ne différent pas sensiblement, et représentant une espèce de sternum ventral comparable à la corde ventrale cartilagineuse des Crocodilus , faisant de même suite à lappendice xiphoïde, qui n'est lui-même chez les Vertébrés supé* rieurs qu'un dernier rudiment de cette série d'os que je nommerai de là os Xiphidiens.

Dans plusieurs espèces , et surtout chez la Clupea edosa , chacun de ces osselets produit une paire de longs stylets costiformes qui remontent dans les chairs des parois abdominales , et vont s'articuler avec les extrémités des costines , mais en les croisant un peu et non bout à bout , ainsi que cela a lieu entre les côtes sternales et vertébrales , quoique ces appendices représentent réellement les costines ventrales, analogues aux cartilages sous-ventraux des Crocodilus.

Cette chaîne d'os xiphidiens passe sous les os coxaux qui lui adhèrent.

On trouve aussi chez les Poissons osseux, de plus que chez les Mammifères , les Oiseaux et les Reptiles , quatre séries d'os , dont deux placées le long de la ligne dorsale , au-dessus des vertèbres , et deux le long de la ligne médiane inférieure de la queue , os dont j'ai déjà eu occasion de parler ailleurs sous les noms d'os Interépineux , Interupsiloïdiens et de Rayons des nageoires dorsales et anales. Les premiers , disposés comme les interépineux des Chéloniens , dont ils paraissent être les analogues , sont des os allongés , styloïdes, placés plus ou moins verticalement entre les extrémités des apophyses épineuses , en s'articulant entre eux audessus de ces dernières , de manière à former une chaîne. Ces interépineux portent ensuite, chacun en dessus, un des rayons des nageoires dorsales , avec lequel il s'arthrodie , et qui s'élève de là librement audessus du dos de l'Animal pour soutenir cette nageoire. Dans les Acar-

STSTiVB 08SBUX* 359

THOPTÉtYGiBNs, CCS rayoDs ont tous, ou du moins une partie d entre eux, la forme de longues épines d^une seule pièce, ou bien ils sontmultifides dans certaines de ces nageoires, ainsi que dans toutes celles des autres Poissons osseux, et se composent d'une infinité de petites granulations qui les rendent flexibles.

Les os fnterupsiloïdiens , à peu près semblables aux interépineux , sont disposés de même à Tégard des apophyses upsiloïdes , et portent en dessous à leur extrémité les Rayons de la nageoire anale , qui sont simples ou granuleux comme les rayons des nageoires dorsales. Dans Tune et dans Tautre de ces régions, les os interépineux, interupsiloïdiens et les rayons n existent souvent que là où il y a des nageoires impaires, que ces osselets sont destinés à soutenir; mais d'autres fois aussi, les os interépineux et interupsiloïdiens existent sans porter de ces nageoires ; et dans ce cas , les interupsiloïdiens font souvent suite à la série des os Xiphidiens , dont ils ne sont au fond que les représentants sous-caudaux ; c est-à-dire que nous trouvons par là , chez les Poissons pourvus d'os xiphidiens, la preuve qu'en thèse générale, les os composant le sternum proprement dit ou thoracique , Tos xipboïde , les os xiphidiens , et les interupsiloïdiens, ne sont que des pièces d'une même série, modifiées selon la région qu elles occupent , et les fonctions qu elles ont à remplir ; et conune les os interépineux ont la plus grande ressemblance pour la forme avec les interupsiloïdiens, on y trouve en outre la preuve qu'ils doivent appartenir à une série semblable ; c'est-à-dire qu'en principe , on devra considérer le rachis comme formant une chaîne de vertèbres cen traies > et qu'au-dessus et au-dessous se trouve une autre série d os mitoyens, dont l'une forme le corps de l'hyoïde, les pièces sternales et celles qui font suite à ces dernières; et l'autre, la série des os interépineux qui n'existe toutefois que chez les Poissons et les Chéloniens.

A l'extrémité de la queue , les nageoires dorsale et anale s'unissent communément pour n'en former qu'une terminale ou Nageoire caudale , dirigée en arrière , mais où les deux parties se distinguent d'ordinaire par le prolongement angulaire de chacune. Dans cette dernière nageoire ^ assez généralement séparée de la dorsale et de l'anale , les os interépineux

360 PREMliaE PARTIE.

et interupsiloïdiens disparaissent souvent, et les rayons s'arthrodient alors directement avec les extrémités des apophyses épineuses ou upsiloïdiennes, qui deviennent plus ou moins irrégulières, ainsi que cela arrive fort souvent aux pièces placées à la fin des séries. Dans quelques genres, la caudale manque.

Les Côles destinées, chez les Animaux aériens, à faciliter la respiration, en s'Qpposant à la compression du thorax , ne pouvant plus avoir cette fonciion chez les Poissons , se sont , ainsi que je lai fait voir ailleurs , portées plus en avant dans les Sélaciens , pour soutenir encore les branchies à leur bord externe; et plus avant encore, chez les Poissons osseux, en devenant les rayons branchiostèges , pour protéger d'une autre manière les organes de la respiration.

Les CostineSy qui font suite aux côtes proprement dites, et dont la fonction de protéger les viscères contenus dans l'abdomen est peu importante chez les Animaux aériens, y sont aussi en petit nombre , ou du moins courtes et faibles, si ce n'est chez les Ophidiens, où elles servent à faliciter la reptation. Dans les Poissons, au contraire, ces os, devant servir à garantir les viscères contre la compression que l'eau exercerait sur eux lorsque ces Animaux descendent à de grandes profondeurs, ils prennent chez eux un développement presque aussi considérable que les côtes chez les Mammifères, en même temps qu'elles sont destinées à offrir des points d'appui fermes aux muscles latéraux du corps, qui doivent agir avec une force considérable dans la nage; et sur la queue, les muscles analogues trouvent leurs points d'insertion sur les os Upsiloïdes, qui ne sont, ainsi qu'on l'a vu, que des paires de Costettes confondues en une seule tige.

Pour donner à ces muscles du tronc des attaches plus étendues encore, les apophyses épineuses de^ vertèbres , les transverses, les costines et les apophyses upsiloïdes produisent latéralement des expansions aponévro- Aiques fort larges, qui ne sont au fond que les représentjants des tendons des nombreux muscles de la même région chez les autres Vertébrés, «confondus en une seule lame, pour chaque vertèbre et ses appendices. Ceslanaesfiûrment des cloisons transversales, qui se portent en dehors et

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en arrière vers la superficie des corps, en recevant sur leurs faces les fibres très-nombreuses de tous ces muscles, qui se rendent longitudinalement de Tune de ces cloisons à lautre. Par le moyen de ces lames aponévrotiques, la grosse masse des muscles du tronc trouve non-seulement des attaches suffisantes , sans que les vertèbres et leurs appendices aient eu besoin de prendre un développement beaucoup plus grand que chez les iMammifères; mais les fibres de chaque couche agissent par là dans la même direction tout le long du corps , et sur des bras de leviers plus allongés , formés par ces mêmes lames; d'où résulte qu'elles produisent une force bien plus considérable que dans les Mammifères.

Chez les Chondroptérygiens , qui n'ont toutefois pas d appendices costaux fixés aux vertèbres, on retrouve cependant la même disposition dans les muscles. Enfin , chez les Ammocœtes , dernier genre de la chasse des Poissons, où tout le squelette, à l'exception de quelques cartilages de la tète et des cavités branchiales , se trouve réduit à un simple cordon gélatineux qui remplace la colonne rachidienne , mais dans lequel on n'aperçoit plus ni la moindre trace d'apophyses ou d'appendice, ni rien même qui indique seulement la subdivision en vertèbres; les cloisons dont je viens de parler se continuent à travers tout le corps, et donnent ainsi seules attache aux muscles , en prenant en grande partie leur point d'appui sur les téguments, avec lesquels les cloisons se confondent à leurs bords externes; de manière que les muscles de ces Animaux offrent déjà la même disposition qui caractérise le système musculaire chez les Animaux articules, auxquels les j^mniocœtes font en effet le passage.

Nous avons vu en parlant des Cétacés , animaux essentiellement pélagiens , que la nage s'exécutait chez eux au moyen des mouvements de la queue, qui constitue, par sa grande surface, sa disposition et sa direction , un organe natatoire bien mieux conditionné que ne pourraient l'être les membres; et que ces dernières, en suivant leur marche de dégradation , arrivent déjà chez ces Animaux à n'avoir plus dans la paire thoracique, que la forme de simples palettes propres à la nage, et qui ne servent même plus que dans les changements de direction , et très-

S62 PRBMiiRB PARTIE.

peu , OU pas du tout, dans les movemeats de translation directement en avant, et les membres abdominaux, devenu inutiles, ont même complètement disparus.

Les Reptiles aquatiques à corps allongé, nous les avons retrouvés dans des conditions semblables, nageant au moyen des battements de leur grosse queue comprimée ; et les uns n ayant aussi que des membres antérieurs fort petits , peu propres â imprimer au corps une grande impulsion dans 1 eau ; et là où il existe en même temps des pattes postérieures, elles ne servent en rien à ia nage, Tanimal les laissant dans rinaction comme le seraient des organes paralysés.

Chez les Poissons , Animaux oii la fonction de la natation arrive à son état typique de perfection , ceux à corps allongé nagent de même que les CÉTACÉS et les Reptiles , plus particulièrement au moyen de leur queue , qui prend, comme chez eux, une grosseur considérable, et dont la hauteur verticale est beaucoup augmentée par les nageoires impaires , afin d'offrir une plus grande surface à leau, et les membres, qui prennent toutefois aussi la forme de nageoires , ne servent également quedans les changements de direction , et offrent à peu près la même conformation qu'ils ont dans les Cétacés; cest-à-dire, celle de simples palettes plus ou moins minces, suffisantes pour les mouvements faibles qu'ils ont à imprimer au corps.

Dans certaines espèces cependant, telles que les Dactylopterus ^ les nageoires antérieures prennent tout à coup un développement trèsgrand pour servir à un véritable vol hors de l'eau , mais de peu de durée , où la nature nous montre avec quelle admirable facilité elle a su approprier des Animaux essentiellement aquatiques à une locomotion entièrement aérienne.

Les Batoïdes nous offrent une autre exception non moins remarquable par une énorme grandeur de ces mêmes nageoires pectorales, qui forment la majeure partie de leur corps, en s'étendant latéralement en deux grands appendices triangulaires horizontaux, occupant toute la longueur de la tête et de la cavité viscérale, et au moyen desquels ces Animaux nagent par des mouvements qui rappellent parfaitement le

SYSTÈME OSSBUl. 308

vol des Oiseaux et des Insectes; tandis que la queue, qui ne devait servir que très-peu dans la nage, est restée fort grêle, et ne fait que les fonctions de gouvernail.

Les Membres des Poissons, ne servant ainsi qua la nage, reçoivent de là le nonoi commun de Nageoires, et la paire antérieure, fixée au côté antérieur du corps, immédiatraient en arrière des branchies, le nom spécial de Pectorale-^ tandis que la postérieure, insérée à la face ventrale, soit au devant de l'anus, soit sous les pectorales et même au devant délies, est généralement désignée sous celui de J^^Urtile.

Quoique ces quatre membres aient considérablement changé de forme, pour s approprier à leur nouvelle fonction , on y distingue cependant encore quelques-unes des parties qui les constituent dans les Vebtébrés supérieurs.

La partie qui répond à Tépaule se compose encore de quatre pièces bien distinctes chez les Poissons osseux , mais dont lanalogie avec leurs correspondantes, dans les classes supérieures, est fort difficile à établir, la forme et les rapports étant entièrement différents, et ce nest guère qae la disposition qui indique encore un peu ce qu elles paraissent représenter.

Dans le Gadus Morrhua^ deux petits os articulés entre eux par leurs extrémités, formant un angle, et que Cuvier considère comme les deux pièces qui composent lomoplate des Reptiles, suspendent le membre au crâne par les extrémités de deux longues apophyses antérieures du premier, qui l'unissent par adhérence , d une part , à Foccipital, et de l'autre, au rocher. Cette pièce, que ce savant anatomiste nomme surscapulaire (i) , serait lanalogue de celui que j'ai appelé Pa-^ leron chez les Reptiles ; et le second , que Cuvier désigne sous le nom de Scapulaire^ comme correspondant à la partie inférieure de Tomoplate , représente en effet celui que ) ai nommé GlérUen, Cet os , simple

(l)Nom impropre qui signifie qu'il est placé au-dessus de Fomoplate, tandis qu'il en fait partie.

S6& PRBMIÈRE PAATIE.

et droit, descend verticalement de l'extrémité du paleron , pour s'unir en dehors par adhérence , à l'extrémité supérieure de la troisième pièce de l'épaule, que Cuvier croît être l'analogue de l'humérus; mais que déjà avant, Gouan, Geoffroy-Saint*Hilaire et Meckel avaient considérée avec raison comme représentant la Clas^icule , os qui a aussi quelque analogie avec le coracoïdien , comme s'articulant avec le membre : ce qui n'a jamais lieu ailleurs poar la clavicule , et cela paraît au premier abord d'autant plus naturel , que cette dernière , très-forte dans les Mammifères , devenant graduellement de plus en plus faible dans les classes suivantes , cette dégradation semble indiquer que cette pièce, approchant du terme où elle doit disparaître , n'existe plus dans les Poissons ; et il ne paraît de là pas probable qu'elle reparaisse au contraire tout à coup chez eux , plus grande et plus forte que dans aucun autre Vertébré ; tandis que le coracoïdien , suivant une marche inverse dans sa gradation , semble devoir arrivei au contraire chez les Poissons au maximum de sa grandeur. Mais ces Animaux ont encore un autre os qui offre plus d'analogie avec le coracoïdien des Reptiles ; et il est en conséquence bien plus probable que le grand os de Tépaule représente réellement la clavicule, et cela d'autant plus , qu'il s'unit par son extrémité inférieure à celui du côté opposé, comme dans les Oi* SEAUX , sans toutefois se souder ; et les deux se trouvent liés par un ligament commun au sternum ; placé sous l'hyoïde , disposition qu'on ne trouve nulle part pour l'humérus.

Cette Gai^icule des Poissons osseux , en descendant de l'os glénien, se porte obliquement en dessous et en avant , en formant le bord postérieur de l'ouverture de la cavité branchiale , sur lequel se rabattent lopercule et la membrane branchiostège.

Sur le milieu de sa face interne se soudent les deux ou trois premiers os du membre représentant l'humérus, le radius et le cubitus, qui dépassent considérablement le bord postérieur de cet os , pour se continuer avec le restant de la nageoire.

A l'extrémité supérieure de la clavicule , derrière son articulation avec l'os glénien , près de la base de la pectorale , est attaché, au moyen d'un

ligament , chez les Gadus^ Tos qu on regarde généralement comme représentant le Coracoïdien.

Dans le Gadus Morrhua, c'est un long stylet, d'une seule pièce, élargi et recourbé à son extrémité supérieure , où il est lié à la clavicule ; de là , il se dirige en dessous et en arrière , passe derrière la nageoire pectorale , en plongeant dans les chairs , et se termine inférieurement en une simple pointe grêle; disposition qui lui donne quelque ressemblance avec le coracoïdien des Oiseaux et des Reptiles , dont il diffère toutefois, ainsi que je l'ai fait remarquer plus haut , par cela seul qu'il ne contribue point à former l'articulation scapulo-humérale ; et que sous ce rapport , il est plutôt dans les conditions des clavicules.

Chez beaucoup d'autres Poissons , ce coracoïdien est formé de deux pièces successives ; et quelqpefois il s'élargit considérablement en se prolongeant beaucoup en arrière.

Quant à \ Humérus , Cuvibr ( i ) indique bien sous ce nom le grand os que je regarde avec Gouan et plusieurs autres anatomistes, comme étant la clavicule; et ne parlant pas de celle-ci, il a nécessairement dû la considérer comme ayant disparu chez les Poissons. Mais dans certains genres , et spécialement dans ceux de la famille des Gypeinoïdes , on trouve à la base de la nageoire trois os , surtout fort distincts chez les Barbus , et qui paraissent représenter \ Humérus et les deux os de l'avant-bras. Le premier, placé dans ce dernier genre à la partie supérieure du membre, est un petit osselet immobile , fixé à la face interne de la clavicule près de son bord antérieur, un peu au-dessus du milieu de sa longueur, d'où il se porte en dessous, en dedans et en arrière, pour se suturera son extrémité avec les deux autres os sans atteindre jusqu'au carpe.

Le second osselet, qui paraît correspondre au Radius y est situé derrière le premier, mais plus bas et également suturé avec la face interne de la clavicule. Il a la forme d'un anneau et s'articule par son bord antérieur horizontal avec le cubitus ; par une apophyse supérieure , avec l'humérus ; et sur le bord postérieur s'arthrodie le carpe.

(1) msi.desPoisêoni, 1. 1, p. 371.

266 PREMlÈAli PARTIE.

Le troisième os ou le Cubitus y beaucoup plus grand que les deux premiers , est placé au-dessous. C'est une lame à peu près triangulaire se suturant par son petit côté ou le supérieur avecrhumérus et le radius; au bord externe , avec une crête qui descend le long de la moitié infé* rieure de la face interne de la clavicule , et le bord interne du cubitus est libre» Cet os forme par son bord suprà-postérieur la moitié interne de larticulation carpienne.

Dans les autres Poissons , tels que les Gadus^ on ne trouve distincte* ment que deux os, qui paraissent représenter le Radius et le Cubitus; et ce n est guère que par conjecture qu on pourrait considérer une apophyse suprà-postérieure du cubitus comme étant lanalogue de Thuméros des Barbus.

Ces deux os , élargis en lame dans le Gadus Morrhua , et placés dans le même plan vertical , le ^aâ&W au-dessus du CiiÂi£u5 , s articulent entre eux à leur bord , et sont l'un et laotre entièrement adhérents à la face interne de la clavicule, vers le milieu de sa longueur, mais la dépassent beaucoup en arrière* Le radius y est entièrement fixé, et le cubitus articulé seulement par l'extrémité de deux apophyses sur la clavicule , ne conserve qu'une mobilité très-obscure.

Le Carpe est composé dans les Gudus, les Barbus, etc., de quatre petits osselets larges, placés sur un seul rang, et dont ils serait difficile d'indiquer l'analogie avec leurs correspondants de la main des Animaux YEETÉtEËS supérieurs.

Sur ces osselets du carpe, s'insère ensuite une double série de Bayons osseux articulés, soutenant la partie libre, et réellement mobile de la nageoire pectorale. Ces rayons, au nombre de dix-huit à vingt paires dans le Gadus Morrhua , et à peu près semblables à ceux des nageoires impaires , forment chacun à sa base une petite palette triangulaire repliée à angle droit vers le bas, sur la tige, et s'imbrique sur celles qui sui* vent en dessous, de manière à laisser aux rayons la &cilité de s'écarter autant que le permet la membrane tégumentaire qui les unit ; et un mouvement peu étendu vers les côtes , mais qui repété toutefois par chaque paire de rayons sur celle qui suit , pernuet à la nageoire entière

SYSTàHB OSSEUX. S67

de se tordre plus ou moins sur elle-même, comme dans une espèce de pronation et de supination , afin que le Poisson puisse la tourner convenablement pour la faire agir dans la nage.

Ces rayons s'accolent Tun à lautre dans chaque paire , de manière à paraître ne former qu'une seule tige.

A leur base, ces rayons forment des tiges simples, mais vers lextrémité ils laissent apercevoir des traces d'articulation d'autant plus marqués qu'elles approchent plus du bout, où ces tiges sont manifestement subdivisées en un nombre considérable de petites granulations, en même temps qu'elles se partagent longitudinalement eu plusieurs brins. Les rayons des nageoires , tant paires qu'impaires des Poissons Malacoptbry- GtENS, ont tous cette forme branchue et granulée; tandis que chez les AcANTHOPTÉRYGiENS , Ics rayous sont dans toutes les nageoires , ou du moins dans quelques-unes seulement, des os simples en forme d'épine.

Si, ainsi qu'on le pense généralement, les petits osselets placés à la base des rayons sont les analogues de ceux du carpe des Vkhtbbeës supérieurs, ces rayons représentent naturellement les os métacarpiens et les phalanges ; mais ne formant tantôt qu'un seul os et tantôt un nombre considérable de granulations. Chez \ Homme et tous les autres Mammi- FEEES, à l'exception des Gbtacés, il n'y a jamais plus de quatre os pour chaque doigt ; mais déjà chez ces derniers^ on en trouve davantage, et le nombre augmente bien plus encore , ainsi que les sériés comparables aux doigts, dans les genres de Reptiles fossiles, connus sous les noms de Plesiosaurus et ^ Ichlhyosaurus^ qui me paraissent faire immédiatement suite aux Cétacés. Dans les autres Reptiles intermédiaires entre les Ichthyosaurus et les Poissons, qui comprennent des Animaux plus ou moins terrestres, les mains reprennent toutefois de nouveau une forme qui ressemble bien plus à celle des Mammifbhes, pour servir à un genre de locomotion à peu près semblable. Chez les Poissons Sélaciens , au contraire , Animaux entièrement aquatiques , mais ressemblant en général beaucoup aux Reptiles , les membres antérieurs présentent aussi une espèce de terme moyen entre la nageoire des Ichthyosaurus et celle des Poissons osseux.

368 PAEMIÈRE PARTIE.

Les Nageoires pectorales des Sçyllium sont , comme chez les Poissons ordinaires, portées sur une demi-ceinture suspendue dans les chairs , formées de deux grands cartilages représentant les clavicules de ces derniers, et qui se joignent inférieurement par une symphyse, d'où ils se portent directement en dehors et en haut, en contournant le corps, immédiatement derrière les hranchies, à une assez grande distance de la tête, pour se terminer en haut en une pointe libre qui n atteint pas tout à fait la colonne vertébrale.

Sur le milieu de ces clavicules s'articule la nageoire par une sy ndesmose linéaire. Ce membre étant composé à sa base de trois grands cartilages qui joignent la clavicule, il est probable que l'interne, qui est le plus grand, représente l'humérus, le moyen le Cubitus et l'externe le Radius; les trois également unis entre eux par des synde^moses linéaires. Sur les bords postérieurs de ces cartilages s'articulent ensuite un nombre assez considérable de petites tiges cartilagineuses , à peu près parallèles, qui semblent représenter par leur disposition des os métacarpiens; mais dont il y en aurait quinze dans le Scyllium cardcula. Chacun de ces rayons porte à son extrémité une pièce semblable, mais beaucoup plus courte, ressemblante une Phalangeole ; et aux rayons de la partie moyenne de la nageoire , on trouve encore de plus une Pkalangine très-courte , ainsi qu'une Phalangette en forme de petite plaque polygone disposée en pavé , comme les phalanges des Ichthyosaurus.

La partie de la nageoire pourvue de ces cartilages n'atteint guère que la moitié de la longueur du membre; la partie terminale, plus élargie, est purement membraneuse et soutenue par de nombreuses soies cornées, sous-cutanées, disposées comme les rayons dans les nageoires des Poissons osseux , avec cette différence que ces soies également disposées en deux couchfes, croisent les phalanges sous les téguments, sans s'articuler avec elles, et leur élasticité donne à la nageoire la souplesse dont elle a besoin dans la nage.

Les Membres postérieurs des Poissons ou les Nageoires s^entrales sont suspendus chez les Gadus à deux os larges et fourchus, dont les branches pouvant être comparées au Pubis et à \ Ischion, se réunissent

en dessous par des symphyses ; et sur la partie externe , élargie et coupée carrément, s'articule la nageoire, composée dans cette paire simplement des rayons insérés tous ensemble sur un espace cartilagineux qui les unit à los coxaL

Quant aux rayons eux-mêmes, ils sont tout à fait semblables à ceux de la pectorale, mais en moindre nombre, et la nageoire est aussi en tout plus petite.

Ces nageoires ventrales sont loin d'atteindre la colonne vertébrale par leurs os coxaux, d'oii il suit qu'elles n'ont aucune influence sur celle-ci, <le manière que les vertèbres qui doivent leur correspondre dans le principe , ne changent aucunement de forme pour constituer ce qu'on pourrait appeler un sacrum ; et d'où résulte aussi qu'il n'y a pas non plus chez ces Animaux de cavité pelvienne.

Chez tous les Acanthoptérygiens, les Abdominaux, la plupart des Lo- PHOBRANCHES , Ics Sturtoniens , les SÉLACIENS et les Batoïdes , les nageoires ventrales sont placées en arrière des pectorales , au devant de l'anus : les ScBBRACHiENS, au contraire, les ont situées beaucoup plus en avant , sous les pectorales , et même au devant d'elles. Les Apodes n'ont que des pectorales, qui manquent même quelquefois dans certains genres, qui sont en conséquence entièrement privés de membres, de même que tout l'ordre des Galexiens, ce qui donne à ces derniers tout à fait la forme de vers; et ces Animaux font en effet la transition aux Annélides privés (le membres.

En résumant ce que je viens de dire sur les membres, nous voyons chez X Homme la première paire ayant cinq doigts , avec le pouce opposable , servir exclusivement à la préhension ; et la seconde, avec les cinq orteils de .niveau , uniquement employée à la locomotion.

Chez lesQoADRUiHANBS, la paire antérieure commence déjà à partager la fonction dé la locomotion avec celle de la postérieure; et celle-ci, servir en même temps à la préhension par l'effet de la longueur des orteils, et l'opposabilité du plus interne ; ce qui fait que le pied de ces Animaux est d'un degré plus élevé que chez l'espèce humaine. Mais déjà dans la marche, la paume.et le pouce de la main n'appuient plus sur le

SnO PREMIÈRE PARTIE.

sol, comme le feraient ceux AeX Homme ^ s il marchait à quatre; tandis que les autres doigts sont allongés dans toute leur longueur sur le plan de position ; de sorte que déjà ces Animaux sont digitigrades pour les membres antérieurs.

Chez les Chéiroptères, les membres antérieurs conservent à peu près la forme qu'ils ont dans les Singes; seulement les doigts sont d'une Ionsueur excessive pour former l'aile, et les postérieurs reprennent la forme qu'ils ont dans l'espèce humaine; les cinq orteils étant placés de niveau. Dans les Plantigrades, les cinq doigts, comme les cinq orteils, sont dans le même plan ; et les membres antérieurs n'appuient sur le sol que par les extrémités des métacarpiens, ainsi que par les doigts; et ceux-ci dans presque toute leur longueur, toujours encore comme chez V Homme el les Quadrumanes, tandis qu'aux membres postérieurs, le talon n'appuie entièrement que dans la station, mais point dans la marche, et les Procyon le tiennent déjà presque aussi relevé que les Carnivores qui leur font suite.

Dans les ordres des Carnivores, des Marsupiaux , des Rongeurs et des Edentés , les métacarpiens et les métatarsiens n'appuient sur le sol que par leurs extrémités, et cela par l'intermédiaire d'une pelotte fibrograisseuse commune; et les doigts, ainsi que les orteils, toujours fléchis, et non étendus comme dans les ordres précédents, n'appuient que par la base de la phalangeole, ainsi que par la phalangette, mais non par la phalangine ; et les orteils ne diffèrent plus des doigts que par une grandeur un peu plus considérable.

Quelques genres seulement parmi les Édentés, animaux excentriques sous tous les rapports , offrent des exceptions. Chez les Pachydermes , les quatre extrémités se transforment de digitigrades en onguligrades. Les Eléphants appuient encore les métacarpiens et les doigts, ainsi que les métatarsiens et les orteils sur le sol, par l'intermédiaire d'une pelotte fibrograisseuse; à\eiz\es Rhinocéros el lesHippopotamiiSj cette pelotte se réduit, le métacarpe et le métatarse se relèvent davantage , ainsi que les phalangeoles et les phalangines ; et enfin , chez les Sus , et plus particulièrement chez les Equus, la pelotte disparaît tout à fait , et l'animal n*appuyantplu8 que sur les phalangettes enveloppées de leurs ongles qui prennent alors le

SYSTÈME OSSBUV. 571

nom de Sabots ^ est tout à fait onguligrade, ainsi que Jes RvMiNiNTS, parmi lesquels on retrouve cependant encore les Camelus et les Auchenia , dont les sabots se réduisent à chaque pied à deux petits ongles larges appliqués en dessus sur les phalangettes, tandis qu en dessous ces derniers appuient sur une large pelotine étendue en arrière, à peu près comme dans les pieds des Éléphants. Mais ces deux genres font seuls exception dans cet ordre. On retrouve encore chez la plupart des Ruminants, outre les deux doigts principaux y deux autres latéraux simplement rudimentaires , et n'atteignant pas le sol , mais ceux-ci disparaissent même chez les Giraffa et les Camelus.

Dans les Amphibies , ordre faisant suite à celui des Carnivobes , les quatre membres se transforment en véritables nageoires , modification dont on trouve déjà un commencement chez les Luira , où les mains ainsi que les pieds sont palmés, et servent efficacement dans la nage. Enfin , dans les Cbtacbs les membres antérieurs sont entièrement en forme de nageoires, mais ne servent qu'accessoirement à la nage, fonction plus particulièrement exercée par la queue, et les membres postérieurs disparaissent tout à fait.

Dans les Oisbadx , classe qui ne fait pas suite aux Mammifères , mais se trouve placée à côté de la leur, les membres, non-seulément ne disparaissent pas , mais se modifient même fort peu dans toute la série de ces Animaux, en présentant toutefois un type particulier, indiquant un degré inférieur à celui des Mammifbrbs.

Les membres antérieurs, tout en présentant les mêmes parties prin« cipales que chez ces derniers , sont transformés en ailes , et servent exclusivement au vol; tandis que les postérieurs « qui difierent moins de ceux des Mammifbbbs, et surtout de ceux des Reptiles, sont seuls employés à la marche, mais servent aussi dans certaines familles à la nage, et même à la préhension.

Les Reptiles se rattachant aux Mammifères ont des membres qui ressemblent beaucoup aux leurs, mais qui varient assez fortement dans les trois ordres qui constituent cette classe. Dans le premier ou celui des Sauriens, ainsi que chez les Batraciens Urodblbs» ils servent exclu -

sivement à la marche ; chez les Batraciens Anoures à la marche , au saut et à la nage; et les deux paires disparaissent enfin chez les Ophidiens.

Dans les Poissons, les quatre membres forment des nageoires le plus ordinairement très-petites, d'une conformation particulière, fort éloignés de ce qu'ils étaient chez \ Homme , et ne servant même plus comme rame principale, la fonction de la nage étant plus particulièrement remplie par la queue , ainsi que cela arrive dans les Cétacés et les Reptiles nageurs. Chez les Poissons apodes, les membres postérieurs disparaissent; et enfin dans les Galexiens, il n'y a plus de membres du tout.

Dans ces changements de fonctions , les diverses parties des membres se présentent , comme on vient de le voir, à leur état le plus complet chez ï Homme , et se simplifient progressivement dans les autres familles , pour disparaître chez les Ophidiens et les Galexiens.

ARTICLE VI

Du système osseux dans les autres embranchements.

Le squelette , arrivé dans les Lampreda et les jimmocœtes de la classe des Poissons à un état entièrement rudimentaire par l'effet de la dégradation qu'il a subie, disparaît complètement dans l'embranchement des Animaux articulés qui fait immédiatement suite à celui des Vertébrés, et s'y trouve remplacé dans sa fonction dans l'appareil de la locomotion, par le système tégumentaire , qui, en devenant plus ou moins dur, soutient tout aussi bien les parties molles, et détermine encore mieux la forme du corps , dont il constitue l'enveloppe. Chez les Arachnides , cependant. Animaux fort éloignés des Vertébrés, on retrouve tout à CQup une ou plusieurs pièces intérieures d'apparence cartilagineuse, donnant attache à de nombreux muscles , et dont la plus grande , placée au centre du tronc , est ce que j'ai nommé le Sternum intérieur. Mais quoique ces espèces de cartilages paraissent évidemment appartenir au système osseux , elles ne représentent cependant en rien des pièces du squelette des Vertébrés.

STSTBHIS OSSEUX. S73

Dans rembranchement des Mollusques, on trouve de semblables cartilages dans les chairs des Céphalopodes, ainsi que dans le corps des Brachiopodes ; et enfin il en existe dans les Holothuria et plusieurs autres ZooPHYTES placés encore plus bas.

Quant aux coquilles des Mollusques , et d autres Animaux , pièces qu'on a aussi voulu rapporter au squelette, la comparaison est encore moins juste, ces pièces n étant que de simples concrétions inorganisées, qui se développent par juxtaposition, et non par intussuception; et sont réellement construites par l'animal, lorsqu'elles sont extérieures, constituant ainsi une partie étrangère au corps, qui n'y tient que dans certaines circonstances.

Pour ce qui est du Drap marin , dont plusieurs coquilles sont recouvertes, et que Cuvisa appelle un Epiderme, il n'a pas l'ombre d'analogie avec cette membrane des Animaux supérieurs , n'étant tout simplement qu'une lame extérieure de la coquille, de texture et de composition chimique différente, ne contenant que fort peu ou pas du tout de matière calcaire; mais du reste artificielle comme les autres couches de la coquille.

Relativement aux parties de consistance cartilagineuse , qu'on rencontre dans les chairs des Zoophytes, lesquelles ont également quelque analogie avec les os comme donnant attache à des muscles, et sans faire partie des téguments, elles doivent aussi être rapportées à ce système d'organes, sans qu'on puisse les considérer comme étant les analogues de telle ou telle pièce du squelette des Vertèbres , qui a réellement disparu dans la limite qui sépare les deux premiers embranchements.

Pour ce qui est du Têt des Échinodbrmes, il paraît , comme celui des Animaux articulés , formé de pièces appartenant au système tégumentaire; mais ici se présente toutefois un cas particulier, ce tét étant revêtu en dehors d'une lame tégumentaire molle et contractile , ce qui indique qu'elle contient des muscles , il parait se distinguer de là des téguments des Animaux YERTÉBRés et Articulés; d'où il faudrait admettre : I* que les téguments se sont divisés en deux couches, dont Tintérieure est solide, et l'extérieure mêlée de fibres musculaires , ce qui

n'est pas le cas dans les Animaux supérieurs; et cette condition indique au contraire que ces pièces solides appartiennent an système osseux placé sous les muscles. C'est une question qui est encore à résoudre.

La partie solide des Cératophytes' paraît être au contraire un corps purement formé par la juxtaposition de couches sécrétées par la face contiguë de lenveloppe vivante de ces Animaux, sécrétion probablement continue y et non pas due, comme chez les Mollusques, à un véritable travail spécial de la part de Tanimal , ainsi que cela a lieu pour les coquilles de ces derniers.

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