‹ Anatomie descriptive et comparative du chat, type des mammifères en général et des carnivores en particulier (volume 2)Chapitre 25 sur 30 · DULAURENS · texte numérisé non relu

DULAURENS

J'ai fait remarquer ailleurs que, dans les ouvrages d'anthropotomie, on décrivait sous le nom de Temporal cinq et même six os distincts dans le principe, et simplement soudés plus tard, mais qui restent séparés chez un grand nombre d'animaux. Parmi ces pièces, l'apophyse styloïde, lorsqu'elle se développe par un point d'ossification spécial, fait suite à la corne céphalique de l'hyoïde; le rocher fait partie de la vertèbre basilaire ; le tympanique et le mastoïdien sont des appendices de cette dernière; et enfin le squammeux et le corsai , confondus en un seul os chez les Mammifères, sont des pièces distinctes même chez Y Homme à l'âge fœtal, et ne s'unissent qu'à la fin du second mois après la conception , pour former la première pièce de l'appendice de la vertèbre sphécoïdale, répondant chez les Vertébrés ovipares à la seconde série.

Chez YHomm^ le squammeux entre bien dans la composition de la boîte crânienne, mais déjà ses sutures écailleuses avec les os circon^ voisins montrent qu'il est appliqué extérieurement sur eux, et chez certains Ruminants son biseau est si large que l'os n'entre que pour une très-petite partie dans la composition de la paroi intérieure du crâne; et

li&S PREMIÈRE PARTIE.

chez les Reptiles il est tout à fait éloigné de ce dernier, en devenant même mobile.

Le squammeux du Chat (PI. XI, 20; P. XII, fig. »ft, et »») ressemble encore beaucoup à celui de X Homme. Il est un peu plus bombé en dehors , et plus concave à sa face cérébrale ; mais du reste de même en segment de cercle , et appliqué en dehors contre les bords latéraux du pariétal , du rocher et de l'apophyse ptérale. Vers sa partie la plus inférieure il produit en ayant du milieu de sa longueur son apophyse Corsait (PI. XI, 20 cd; PL XII, fig. »ft, ade)^ qui naît, comme dans l'espèce humaine , par deux Racines, dont l'une antérieure (fig. », 1 6 ad) transversale , portée directement en dehors , est fort large et creusée en dessous de la Cas^ité glénoïde (d) , pour l'articulation de la mâchoire, et Fautre longitudinale (A; fig. »», arf), peu marquée, forme la partie postérieure de l'apophyse corsale. Cette dernière racine s'articule avec les deux branches du tympanique, en complétant son anneau; et plus en arrière elle se termine avec le bord postérieur de los à l'apophyse latérale du rocher , avec laquelle l'os squammeux se confond vers l'âge de cinq mois.

L'apophyse corsale ( de ; fig. », 16c), très-large à sa base , se dirige d'abord en dehors , puis s'arque en avant , et se rétrécissant fortement se termine en pointe, en formant la partie supérieure de Y Arcade zygomatique.

La cavité Glénoïde , plus étroite d'avant en arrière que dans V Homme , est rendue aussi plus profonde et en forme de segment de cylindre par une forte saillie (e; fig. »* ,yj en lame arrondie de son bord postérieur, ou apophyse Glénoïdale^ qui s*élève sur la partie interne de ce bord, en se dirigeant obliquement en dessous et en dedans. Cette apophyse empêche les luxations en arrière de la mâchoire , prévenues che? ï Homme par la présence du conduit auditif placé immédiatement derrière la cavité glénoïdale ; tandis que chez le Ckai cette dernière est placée plus en dehors que l'os tympanique , qui remplace ce conduit.

 sa face interne ( fig. »•) , le squammeux présente deux parties ; llune grande , supérieure , concave (bcd) , fait partie des parois de Ifi

STSTiMB OSSBOX. Ji39

cavité crânienne , et son pourtour , formé en biseau , s applique par en dehors sur les os avoisinants. La seconde partie, infrà-postérieure(a^), est elle-même divisée en deux portions , dont la postérieure {pif) s unit aussi par une suture écailleuse en dehors à los mastoïdien et au rocher ; tandis que l'antérieure {dei) présente une petite fossette profonde formant la partie externe de la cavité Ossiculaire, dont l'interne est creusée dans le rocher; fossette qui constitue la partie supérieure de la caisse, et dans laquelle sont placés , en avant {de) , la tête du marteau , el en arrière , lenclume qui s'y trouve fixée par l'extrémité de son apophyse supérieure, au moyen du liga'ment squammo-incusien (/). Le bord inférieur {ef) de cette fossette complète en haut le cadre du tympan.

L'os squammeux n'est formé dans le Chat que par un seul centre d'ossification.

2" Cartilages méniscoïdes. Quoique les capsules articulaires de la mâchoire avec les squammeux soient très-serrées , il existe cependant deux cartilages inter-articulaires , au lieu d'un seul comme dans \ Homme ^ lesquels divisent la cavité en trois compartiments. Ce sont deux lames fort minces en forme desimpie membrane, sans perforation dans le milieu, qui adhèrent par tout leur pourtour à la capsule, et chacune des trois cavités est ainsi doublée d'une poche synoviale particuhère.

3"* Mâchoire. Grand os mobile occupant la partie infrà-latérale de la face et portant les dents d'en bas, d'où on le nomme généralement mâchoire inférieure ou maxillaire inférieure, pour le distinguer du siagonal, appelé, par opposition, mâchoire supérieure ou maxillaire supérieure; mais, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer en parlant de ce dernier, celte similitude de noms , distingués seulement par des épithèies dont la désinence est encore la même, rend les descriptions fatigantes, et d'autant plus que ces désignations se répètent inévitablement fort souvent; j'ai cru devoir adopter pour l'os dont je donne ici la description exclusivement le nom de Mâchoire^ et désigner le maxillaire supérieure par son nom grec de Siagon ou de Siagonal.

La mâchoire (PL XI , a i ; PI. XH , fig. 90) forme la quatrième partie

llllO PREMIÈRE PARTIE.

(les appendices de la vertèbre sphécoïdale et la troisième mobile. Elle est formée chez tous les Mammifères , de chaque côté , d'une seule pièce arthrodiée avec los squammeux , et dirigée en avant pour s unir à son extrémité antérieure par une symphyse (cd) avec celle du côté apposé , qu elle rencontre sous un angle aigu. Mais en examinant les analogues de cet os chez les Animaux plus bas, tels que les Oiseaux et les Reptiles , on les trouve , ainsi qu on Ta vu en parlant de la tête des Vertébrés ovipares, composés de plusieurs pièces qui se soudent souvent après la naissance, ce qui semble indiquer qu'ils sont, dans le principe, aussi composés dans les Mammifères.

Les deux mâchoires , comparées à celles de V Homme, sont plus allongéeSy mais moins hautes dans leur corps et non arquées; de sorte qu elles se rencontrent à leur symphyse sous un angle fort aigu à branches droites. Leur face antérieure , au lieu d'être dirigée en dessous et en avant pour former la saillie du menton, est au contraire très-fuyante en arrière, de manière qu'il n'y a pas de véritable Menton. Leurs bords supérieurs dentaires sont légèrement concaves , et se relèvent un peu plus fortement à leur extrémité antérieure , où sont implantées les canines et les incisives (m,/i), tandis que l'inférieure, parallèle au supérieure, est un peu convexe et arrondie en travers. Dans leur partie antérieure, les faces latérales sont parallèles dans toute l'étendue qui correspond à la symphyse (cd) , tandis que plus en arrière les deux corps (cb) s'écartant l'un de l'autre font un angle aigu entre eux.

Sur le bord antérieur sont implantées six très-petites incisives, trois de chaque côté (/n); et immédiatement en dehors d'elles, une longue canine (n) occupant l'angle oii le bord suprà-antérieur rencontre le suprà-latéral. En arrière de la canine, ce dernier bord présente un espace assez grand , dépourvu de dents, correspondante la canine supérieure; mais beaucoup plus large qu'il ne le faut à celle-ci. En arrière de cet espace vide, se trouvent trois molaires contiguës , dont l'antérieure (o) correspond à l'intervalle des deux première supérieures ; et la postérieure (q) aux deux dernières. A une petite distance derrière cette molaire, le bord supérieur çle la mâchoire se relève à 60* à peu près , pour former \ Apophyse

STSTÈMB OSSEUX. &&1

<^oronoïde {uf; PL XI, 3 1' rfe) , tandis que le bord inférieur continue à se porter en arrière jusqu'au niveau des condyles, où la mâchoire se termine par un petit apophyse mousse fornfiant son angle {K).

Le Condyle (g; PL XII , fig. 30 , ab) termine en arrière le corps de chaque mâchoire. Il est peu élevé au-dessus du bord inférieur de los, étant au niveau du supérieur; il a la forme d'une portion de cylindre placé transversalement de dehors^n dedans , en dépassant de beaucoup à ses extrémités les deux faces latérales de la mâchoire, surtout à la face externe. Ce condyle dépasse un peu l'angle ( PL XI , 21 h) ^ ou apophyse Anguline^ dont il est séparé par une échancrure , surtout très-profonde en dedans.

L'apophyse coronoïde {de) est plus longue et plus dirigée en arrière que dans rZ^o/n/7ïe , à tel point que son extrémité est verticalement au- <lessus du bord antérieur du condyle. Sa face externe , ainsi que la partie •correspondante de la branche de la mâchoire^ présente une vaste fosse {d), dans laquelle s'implante le masseter , et que je nomme Fosse coronoïdienne.

Vers l'extrémité antérieure de la face externe de la mâchoire se trouve <leux Trous mentonniers (i) , dont l'antérieur plus grand que le postérieur; et assez généralement on en remarque encore un plus petit près -de la symphyse.

Xia face interne des mâchoires est légèrement convexe en avant et aplatie en arrière , ainsi que celle de l'apophyse coronoïde. Immédiatement derrière la symphyse est l'apophyse Géni ( PL XII , fig. 30 , e ) l>ien distincte chez les vieux sujets\ oii elle présente un petit rebord aillant partant du milieu de la symphyse. De cette apophyse part la Ligne maxillaire interne à peine marquée, qui se porte en arrière, parallèlement au bord inférieur, pour se terminer au Trou dentaire^ orifice du Canal maxillaire; trou placé à la base de l'apophyse coronoïde, et suivi d une légère gouttière dirigée en arrière , parallèlement au bord inférieur de l'os, en passant entre le condyle et l'apophyse anguline.

La mâchoire paraît ne commencer chez tous les Mammifères que par un seul poiat d'osçification ; au moment de la naissance , il existe toutefois

Ixll^ PREMliRE PARTIE.

encore à la face interne une fente longitudinale se terminant en arrière au trou maxillaire^ et qui semble indiquer la séparation de los men* tonnai avec Tésotérique et le marginaire , ou bien celle de ces deux derniers avec langulin ; mais tous ces os ne sont , du reste , jamais distincts.

4*" Dents de la mâchoire. Ces dents sont au nombre de sept de chaque côté : trois incisives , une canine et trois molaires.

Les Incisives ( PL Xll , 30 , m; et fîg. 4» ) , plus petites que les supérieures, leur ressemble, du reste, pour la forme, surtout les deux internes (bd). Quant à l'externe (y), elle a sa couronne moins allongée proportionnellement , mais plus large que sa correspondante supérieure, et ressemble davantage aux deux autres incisives. Les moyennes présentent, du reste , la particularité d'être implantées dans des alvéoles placées un peu plus en arrière que celles des deux au très » et dirigées plus obliquement en avant. Cette disposition croisée des alvéoles est du reste assez peu marquée chez les Felis^ mais beaucoup plus chez les Musteh et quelques autres Carnivores.

La Canine (PI. XI, 22 ; PI. XII, fig. 43) est un peu plus petite que la supérieure, pointue, dirigée en haut et en dehors, légèrement crochue en arrière et un peu triangulaire ; avec les angles marqués des deux côtés par une rainure longitudinale , dont celle placée devant Tangle externe est surtout fort profonde; et la base est aussi, comme à la canine supérieure , entourée dun léger bourrelet (bc).

La Première Molaire ( fig. 8©, v; fig. 44) a deux racines placées à la suite lune de l'autre, et une couronne triangulaire, pointue , fortement comprimée , tranchante sur ses bords et garnie d'un bourrelet à sa base. Cette couronne est formée, outre ce dernier, qui présente un petit talon en avant et en arrière , d'un seul grand lobe un peu arqué en dedans , et en outre d'un petit lobe postérieur (y).

La Seconde Molaire (fig. 80 , /?; fig. 4* ) , de moitié plus grande que celle qui précède , a à peu près la même forme. Elle présente également deux racines, et le bourrelet de sa couronne se prolonge en arrière en un

SYSTÈME 0S5KUX. 443

talon mousse. La couronne elle-même est divisée en trois lobes » dont le premier, très-petit (c) , n'est qu'un tubercule qui s'élève antérieurement sur le bourrelet. Le second (e) , qui constitue la majeure partie de la couronne, est triangulaire et également un peu arqué en dedans. Enfin^ le troisième lobe {f) n'est quun petit tubercule conique, un peu plus grand que le premier et placé immédiatement derrière le second.

La Troisième Molaire ( fig. 30 , q; fig. 40) , la plus grande de toutes, c est-à-dire plus longue d'avant en arrière, est placée un peu obliquement , de manière que sa partie antérieure est plus rentrée. Elle a deux racines , dont l'antérieure (a) très-large. Sa couronne, garnie de même d'un bourrelet (cd) à sa base, est comprimée et partagée en deux grands lobes triangulaires , dont le postérieur {f) un peu plus grand que l'antérieur. Ces deux lobes ont leurs faces externes de niveau , et séparées seulement à leur base par une simple scissure ; tandis qu'à leurs faces internes, leur intervalle est marqué par une cavité profonde, correspondant à la scissure externe. Cette molaire , comme les deux autres , n'a pas de partie tuberculeuse ; elles croisent en dedans celles du siagonal.

Chez les jeunes sujets ( fig. 81 ), les incisives de lait (a) ne présentent pas de différences notables avec celles qui doivent les remplacer. Les ca- .nines {b) ont des racines proportionnellement plus grosses, mais la couronne est plus petite, plus grêle et plus crochue en arrière, et présente en outre au bord interne, au niveau des incisives, un petit talon qui leur fait suite ; mais on n'y aperçoit ni le bourrelet de la base, ni les cannelures externes. Les molaires, au nombre de deux seulement {d,fg), l'analogue de la première de l'adulte n'existant pas, diffèrent des deux dernières de celui-ci; en ce qu'elles sont plus grêles , et les lobes de l'antérieur {d) sont de là plus aigus et plus saillants , ainsi que le talon postérieur du bourrelet , qui forme un tubercule mieux prononcé.

La seconde molaire {fg)^ postérieurement àexxx petits lobules , dont le dernier n'est réellement qu'une saillie du bourrelet.

De même que pour les dents d'en haut , l'animal , en devenant adulte , acquiert aussi en bas une molaire de plus. Mais c'est ici l'antérieure

lillll PRBMIÈHB PARTIB.

qui manqae, et non la seconde, comme au siagonaf, ni la dernière comme dans V Homme.

Dans Tordre de remplacement , c'est au contraire la dernière qui est surajoutée. C'est-à-dire que la première dent permanente, qui ne ressemble à aucune dent de lait, prend la place de la dent antérieure de lait, la seconde, qui ressemble à la première de lait, chasse la. seconde; et la troisième de remplacement , qui ressemble le plus à la seconde de lait ; perce en arrière de cette dernière.

§ V. Appendices de la {vertèbre basilaire.

Les appendices de la vertèbre basilaire forment deux séries bien distinctes , la première comprenant les osselets de l'ouïe , c est-à-dire l'étrier, le lenticulaire, l'enclume et le marteau; ce dernier suivi de Fos tympanique et du mastoïdien , et ceux-ci de l'oreille extérieure. Cette dernière est, il est vrai, simplement cartilagineuse, mais n'en est pas moins un appendice de la partie osseuse de la tête, faisant immédiatement suite à l'os tyrapanique, avec lequel la première pièce est confondue, formant le conduit auditif externe, cartilagineux chez les Felis^ mais osseux dans une foule d'autres Mammifères, tels que les Lepus.

La seconde série comprend l'appareil hyo-laryngien , composé chez les Mammifères de plusieurs pièces articulées entre elles, c'est-à-dire des cornes céphaliques de l'hyoïde , qui représentent des appendices analogues aux côtes, du corps de l'hyoïde comparable au sternum, et du larynx qui leur est sur-ajouté , et paraît provenir, ainsi que les cartilages trachéens et bronchiques, d'appendices dépendant théoriquement des vertèbres cervicales, mais dont elles ont été entièrement séparées.

A. jéppendices de la première série.

Les premières pièces de celte série , c'est-à-dire XÉtrier^ le Lenticulaire^ Y Enclume^ le Marteau^ le Tympanique %l le Mastoïdien^ ont déjà été décrits plus haut , avec celles faisant partie de la vertèbre ellemême , pour ne pas les séparer du rocher , avec lequel elles constituent

Tappareil de loreille moyenne. Il reste à décrire ici les pièces qui font suite à los tympanique , et constituent loreille extérieure.

i"* Cornet de t oreille. Je nomme ainsi la partie qui correspond dans V Homme à la partie inférieure de loreille extérieure.

Nous avons vu, en parlant de los tympanique placé au milieu de la première série des appendices de la vertèbre basilaire , que le conduit auditif externe (PL V, fig. t, 20), formant le prolongement de cet os, est déjà un tube cartilagineux de six à sept millimètres de long, s'élevaut sur les bords du trou auditif, en se dirigeant en dehors et un peu en haut, pour se terminer par une troncature oblique de haut en bas et en arrière. Sur ce tube s articule la première partie mobile de loreille extérieure on le Cornet ( PL IV, fîg. 1,26; PL XII , fig; GG et GW, a-f). Celui-ci est composé lui-même de deux pièces placées l'une au-dessus de l'autre, formant ensemble un cône oblique tronqué, dont la petite base est en bas. Sa pièce inférieure (abcd) , presque cylindrique , de huit à dix millimètres de long, enveloppe le conduit auditif externe, mais n'en fait le tour complet que dans sa partie supérieure ; tandis que plus bas, à la face interne, ce cylindre est ouvert dans tout le reste de sa longueur, laissant paraître le conduit auditif qu'il renferme. Ces deux pièces sont liées entre elles dans toute leur surface par du tissu cellulaire fibreux, et par un anneau ligamenteux à leurs bords supérieurs, ligament qui leur permet toutefois de glisser l'un sur l'autre comme les tuyaux d'une lorgnette. La partie antéro-inférieure (ab) de cette première pièce du cornet se prolonge en bas en une large languette appliquée contre le conduit auditif, et dirigée horizontalement en dedans jusqu'un peu au delà du trou auditif. Le bord supérieur (c<i), coupé obliquement d'avant en arrière et en haut, présente en arrière une partie plus élevée, adhérente à la fois au conduit auditif et à la pièce supérieure du cornet. Dans le reste de son étendue, ce bord produit un ligament large en avant et fort étroit en arrière, qui lie ce bord tout autour au milieu de la face intérieure de la seconde pièce, qui enveloppe la première. Ce ligament permet, par sa laxité , à ces deux pièces de rentrer l'une dans

llliQ PAEHIÈRE PARTIS.

l'ail ire pour raccourcir ou allonger loreille, et surtout au cornet de se fléchir en avant.

La seconde pièce du cornet {cdef) , est également en cône tronqué trèsoblique, plus évasé que le cône inférieur, et dont la grande base est en haut. Cette base, placée dans un plan plongeant d avant en arrière et en dedans , il en résulte qu'à sa partie postérieure , le cône n a que trois millimètres de hauteur et neuf en avant. Dans sa partie inférieure , le cône enveloppe, comme je lai déjà dit, celui que forme la première pièce , et le bord de la base supérieure, correspondant à la conque {eJjJi) placée au-dessus, se continue avec celle-ci par le moyen d'un ligament d'environ un millimètre de large , qui permet aux deux pièces de se fléchir facilement l'une sur l'autre. Ce ligament corneto-conchien ne fait cependant pas le tour entier des deux pièces , celles-ci se continuant Tune par l'autre à leur face externe (fig. GO, ef) sans indice d'articulation, et le mouvement n'y a lieu que par la flexion dont elles sont susceptibles comme partie demi-molle.

2* Conque. Ce nom, imposé, je crois, par Fabrigius d'Aquâpendbntb à toute l'oreille extérieure, je ne l'applique qu'à la portion moyenne, que personne; que je sache, na encore reconnu comme une pièce particulière.

Cette partie forme dans le Chai une pièce fort irrégulière ( fig. ••, et •W, efih; fig. 9k%^fguh), placée au-dessus du cornet, en remontant jusqu'au niveau de l'ouverture de l'oreille extérieure. C'est en quelque sorte la continuation du cornet , auquel elle est liée par le ligament cornetoconchien dont j'ai parlé , et supporte au-dessus d'elle le pavillon ( fig. •• et 09 , hop)^ dont elle est distinguée soit par des articulations, soit par des plis très- profonds, dans lesquels les deux pièces se fléchissent l'une sur l'autre. La conque est également en forme de cône tronqué., fortement comprimé , dont la partie rétrécie est inférieure ; et tronquée dans une direction oblique d avant en arrière et de haut en bas. Or, comme la base supérieure du cornet (fig, •!, af) est oblique de dehors en dedans, en bas et en arrière, les deux pièces en se joignant

STSTàME OSSEUX. &&7

forment entre elles, en dedans, un fort angle rentrant; c'est-à-dire que Taxe du cornet est dirigé en haut , en dehors et en arrière , et celui de la conque en haut et un peu en dedans.

La base supérieure de la conque est horizontale, mais son contour fort irrégulier; son bord antérieur transversal (fig. G9, hi), droit et libre, formant le bord inférieur de l'ouverture de l'oreille, a environ neuf à dix millimètres de long. Les extrémités de ce bord se renflent chacune en une assez forte tubérosité, dont l'interne {h) est l'analogue du Tragus de Y Homme , et l'externe {i) celui de YAntàragus.

Dans les deux tiers antérieurs de son bord interne (fig. 09, hi) la conque est croisée par le pavillon {on) , lequel descend sur sa face interne , formant une large apophyse ou ÀrUilobe (n). Enfin, dans la partie antérieure, le bord externe de la conque est également recouvert par le pavillon formant une apophyse (fig. OO, r) analogue au Lobule de l'oreille de Y Homme , et adhérant à la conque.

Dans leur moitié postérieure (à) la conque et le pavillon sont directement unis entre eux, mais distincts par un pli très-profond faisant partie de YAntheUx.

A sa partie interne antérieure , la conque présente en haut une forte dépression (fig. 09,/), correspondant dans l'intérieur à une saillie en forme de tubérosité ( fig. ••, A:), qui rétrécit la cavité. Sur cette même face descend , ainsi que je l'ai dit , la partie correspondante du pavillon , en formant l'antilobe , apophyse susceptible d'être tirée en dessous par divers muscles en glissant sur la conque, ce qui produit en partie la flexion en avant du pavillon.

En arrière de cette dépression, la conque forme, en haut, un pli longitudinal rentrant (k) , ou la lame postérieure recouvre l'antérieure ; et le fond de ce pli étant membraneux, la conque est susceptible de pouvoir être rétrécie en croisant les deux lames. Vers le bas ce pli s'efface , et la partie membraneuse se réduit à un simple filet à peine visible , dans lequel la conque peut bien plier, mais non se rétrécir.

A la face externe, la conque présente de même une très-forte dépression (fig. •• , A:), correspondant à une saillie iotérienre en forme de

&&8 PRBHIÈRB PABTIE.

Ciulleronconcai\ei en dessus, et coupée carrément aubout(fig. KO^j). Au devant de cette tubérosité part une longue lame angulaire montante, soutenue par une côte formant une apophyse d environ deux centimètres de long (çr/), faisant partie de Ïj4ntîtragus^ et placée en dedans du bord antérieur du pavillon. Cette côte s étend en avant en une lame mince (qml), en arc de cercle, formant le bord antérieur externe de l'ouverture de l'oreille. L'angle que cette apophyse fait à sa base avec le bord antéro-supérieur de la conque est fortement renflé en une tubérosité (fig, OS, i) faisant la principale partie de VÀntitragus^elk laquelle se fixent divers muscles.

La partie postérieure de la conque, plus élevée que l'antérieure, forme extérieurement , vers sa face interne , une grosse saillie en forme de boursouflure (fig. BW, m), répondant dans l'intérieur à la fosse Nai^iculaire (fig. GO, m). Le bord supérieur de cette boursouflure se replie. dans l'intérieur, en formant avec la partie correspondante du pavillon un pli transversal irrégulier très-profond (fig. S7, hq)^ produisant dans l'intérieur une grosse tubérosité ou Jlntkélix (fig. ••, n).

La conque n'est distincte, en dehors du pavillon, que par un l^er pli linéaire (fig. •G,Am), dû à un simple amincissement du cartilage, et faisant la continuation de l'anthélix. Ce pli se porte obliquement en dessous et en avant pour se terminer à la partie supérieure de la dépres^ sion externe de la conque.

3° Pas^illon. Je donne spécialement ce nom à la pièce terminale de l'oreille extérieure, appelée tantôt conque et tantôt pavillon dans les ouvrages d'anthropotomie. Cette pièce, fort grande dans le Ouxt^ et bien plus encore dans une foule d'autres Mammifèrbs , est une feuille car* tilagineuse mince (fig. •• et GV, hop; fig. GS, poku; fig. GG, hop; et fig. 90, hopj) , roulée en demi-cône , dont la base surmonte la conque et dont l'ouverture est tournée en avant. Il se recourbe dans sa partie postérieure interne, brusquement dans l'intérieur pour former, avec la partie correspondante de la conque , le pli rentrant très-profond o^ JnthéUx (fig. G», %; fig. G», /).

8TSTÈMB OSSEUX. &&9

Ce pli est croisé au milieu de la partie externe de Toreille par une crête verticale faisant également saillie dans Tintérieur (fig. lO, kr; iig, •* , A^) et partie de Fanalogue de \Anthèl:x. Cette crête se proionge en haut en une côte de trois centimètre de long , et se termine en se perdant au bord antéro-externe du pavillon. Devant cette côte, se trouve une seconde qui lui est parallèle {uk; fig. KO.jp)^ partant inférieurement de la tubérosité en cuilleron , dont elle est un prolongement ; elle doit également être considérée comme une dépendance de YÂnthéUx^ quoiqu'elle n'ait pas son analogue chez Y Homme. Cette crête produit en avant une lame mince formant la partie inférieure du bord du pavillon , et passe en bas sur Tapophyse montante de l'antitra- Ifues, pour se terminer à la tubérosité du Lobule (fig. ••, r).

' Sur cette partie externe du pavillon , la peau forme un grand repii semilunaire (PI. II, 34) que j'appelle YOreillon, dont la convexité est tournée en arrière. En opposition avec ce repli, le bord du pavillon présente entre les deux crêtes de lanthélix une profonde échancrùre

(PI. XII, fig. 00,5; fig. 90, p).

C'est dans ces divers plis et articulations que les quatre pièces de .4 oreille externe se meuvent les unes sur les autres , mouvements produits par plusieurs muscles décrits dans la troisième partie de cet ouvrage.

4* Ecusson ou Cartilage scutiforme. Je crois que c'est Cdvibr qui a le premier assigné ces deux noms à cette pièce cartilagineuse placée chez le Chat^ autres Mammifères, à plat sur le muscle crotaphyte, au devant de ^l'oreille dont il est séparé, n'y tenant que par des ligaments, et n'en fait réellement pas une partie constituante, mais bien un appendice, de manière que c'est toutefois ici que doit être placée sa description.

Ce cartilage^ qui manque complètement chez Y Homme, forme dans le Chat (PI. V, fig. * , 12; et PL XII, fig. »t) une pièce triangulaire aplatie, fort allongée, de trente millimètres environ de long, sur huit de large à son extrémité postérieure , placée devant la conque de l'o-

ftSO PREMIÈftE PARTIE.

reille et cxmteaue dans laponévrose préauriculaire qu il borne en dedans. Sa face inférieure, imie et plane, est applirpée sur raponévrose temporale , sur laquelle ce cartilage glisse facilement en entraînant 1 oreille extérieure a laquelle il est lié à son extrémité postérieure. Le petit côté du triangle {bc) tourné en arrière et en dehors , est placé au devanfe et en dedans du bord suprà-antérieur. de la conque, et Fangle opposé (a) est dirigé en avant et un peu en dedans, yers l'angle interne de l'orixte. Son bord interne {ah) , légèrement concave , se continue avec Taponévrose frontale ; et Texterne {oc) , aussi un peu concave , avec laponévrose préauriculaire. Son angle postéro-externe (c) est lié par une arcade ligamenteuse, dépendante de cette dernière aponévrose au sommet de lantilobe; et i angle postéro-interne se prolonge en une apophyse (b) de six à huit millimètres de long, dirigée obliquement en haut et en arrière pour aller se lier également par un ligament à la face interne du pavillon près de l'angle rentrant que celui-ci forme à son bord antérieur. De cette apophyse part à la face supérieure du cartilage une grosse crèie qui se prolonge jusqu'à Fangle antérieur, et renforce surtout beaucoup l'épaisseur du cartilage à son extrémité postérieure. Ce cartilage donné attache a plusieurs muscles , qui meuvent par là indirectement l'oreille.

B. Appendice de la seconde série.

Comprenant Tappareil hyoïde et l'appareil laryngien.

a. Appareil ky&ide.

Cet appareil forme une chaîne d'osselets fixée par les deux bonis i la tète , où elle s'insère aux extrémités des apophyses styloïdes «des rochers, et sa partie moyenne répond à la face inférieure de la base de la langue. Cettechaîne est composée chez ï Homme d'une pièce moyenne impaire ou Ck>rps de l'hyoïde, et de quatre pièces latérales, dont deux inférieures, nom- BftéeSiSes grandescoities, formant avec le corps un demi-ovale, sous lequel est suspendu le larynx ; et de deux supérieures , beaucoup plus petites, pyraMidales, appeAéesses petites oornes, qui se terminent par les ligaments stylo- byKDJHbens, par lesquels rhytnde est suspemiu aux rochers. Chez

SYSTÈME 0 8SKU1. ^f

les antres MAUfMrrBBESy et surtout chez les Felis^ Thyoïde éprouve àe^ modifications assez notables, sans varier pour cela dans son type; maîâ par lesquelles il devient toutefois nécessaire de ckançer les noms de ses parties , en même temps qu on remarque mieux que dhea Y Homme , ses caractères d'analogie avec les autres appendices vertébraux, et surtout avec ceux do thorax.

r Le Corps de l'hyoïde du Chat (PI. XI , 23 ; PL XH, fig. »0,/) est une pièce transversale de dix millimètres de long , plus grêle que chçz ï Homme y droite, légèrement concave en arrière, rétréde dans le milieu, <et plus grosse aux bouts , où elle se termine par un renflement cartilagineux (e) par lequel cet os s articule avec ses deux cornes {ed et eg\ PL XI , 24 ^^ ^^ ^^)- ^^ corps deThyoïde est placé , comme chez XHomme^ transversalement dans Tangle que la face antérieure du cou forme avec celle du dessous delà tête; angle que cet os déterminé en donnant attache aux muscles des deux parties et en bridant ces dernières.

a* Corne Unguah. Cette pièce, que je décris ici pour la première fois chez les Mammifères , n existe pas dans lespèce humaine , mais bien chez la plupart des Vertébrés ovipares, où elle répond à la branche antérieure du même nom chez les Oiseaux. Quoique cette petite pièce, purement cartilagineuse chez le Chat (PL VIII, fîg. », 23), soit placée dans le milieu de Textrémitédela langue et fort éloignée de l'hyoïde ; elle doit cependant être considérée comme une de ses dépendances , son analogue chez les Oiseaux étant prolongé dans toute 1 étendue de cet organe jusqu'à cet os , dont il forme une apophyse impaire.

Chez le Chat , c'est un cartilage fusiforme, de quinze millimètres de long sur un et demi de diamètre, atténué vers ses extrémités, se terminant en avant au bout de la langue et en arrière, en nn petit filet qui se perd dans le raphé lingual. Ce corps est blanc , très-flexible et placé dans le milieu de l'épaisseur de la langue, recevant de toute part les fibres musculaires de cet organe.

3* Corne céphaUque. J'ai nommé ainsi ce qu'on appelle la petite corne

A52 PREMlàRB PARTIE.

chez \ Homme ^ dénomination qui devient impropre chez les Animaux, où elle est généralement beaucoup plus considérable que la seconde paire qu'on désigne sous le nom de grandes cornes. Chez le Chat, cet appendice forme une chaîne de trois osselets allongés, suivis d'une petite pièce cartilagineuse (PL XI , 24 )• L^ premier des osselets (a), s articulant avec le corps de Thyoïde^a de cinq à six millimètres de long, dirigé de bas en haut et en avant , occupant la place de la petite corne de V Homme , qui se trouve réduite à cette seule pièce. Cet osselet, arrondi, mais rétréci dans son milieu et renflé aux bouts , s'articule avec le renflement cartilagineux des extrémités du corps de l'hyoïde par une arthrodie à facettes légèrement convexes , affermies par des ligaments qui entourent l'articulation. Cette pièce , au lieu de se continuer, comme chez XHomm^^ simplement par un ligament stylo-hyoïdien , n'est au contraire que la première des quatre pièces consécutives , dont les trois dernières remplacent le ligament , et dont la terminale seule, qui fixe la corne à l'apophyse styloïde , est cartilagineuse. Ces quatre parties , qui constituent cette corne , prennent dans leur ensemble la disposition d'une S , le premier osselet (a) se portant en haut et un peu en avant. Le second Q)) , qui se dirige en haut et un peu en arrière à neuf à dix millimètres, est un peu comprimé, mais également renflé aux extrémités ; le troisième (c), ausi^i comprimé, en a de onze à douze, avec une forme à peu près semblable, mais un peu plus grêle, se dirige un peu plus obliquement en arrière ; enfin le cartilage de suspension {d) formant la quatrième partie à environ dix millimètres, se porte en haut et se termine à l'apophyse styloïde. Les trois osselets se joigoent par des extrémités cartilagineuses qui leur permettent un mouvement plus facile.

4* Corne Uiryn^enne. Cette pièce , l'analogue de la grande corne des ouvrages d'anthropotomie , forme dans le Chat un osselet allongé (25; PI. XII, fig. *0,g-, g), conserve à peu près la même disposition que dans Y Homme ^ se portant de l'extrémité du corps de l'hyoïde directement en arrière et un peu en dessous, pour aller s'articuler à son autre bout avec le larynx, d'où je lui ai assigné le nom sous lequel je le

STSTÈMB OSSEUX. &53

décris ici. C'est une tige osseuse de dix millimètres de long, comprimée , légèrement concave en dedans, un peu rétrécie dans le milieu, et terminée à ses deux bouts par une tête cartilagineuse. Celle de l'extrémité antérieure est très-petite et tronquée carrément par une facette articulaire légèrement concave , appliquée contre une facette un peu convexe de la tète du corps , et dirigée en arrière et un peu en dessous. Cette articulation diarthrodiale est , comme celle de la corne céphalique , entourée d'un ligam^it qui retient les pièces en place , en leur permettant toutefois un mouvement libre dans tous les sens. La tète cartilagineuse postérieure , un peu plus allongée d'avant en arrière , est compri- UEiée, triangulaire, et s'articule à son sommet par une petite facette oblique concave , regardant en dessous et en arrière , avec l'extrémité de la corne suprà*postérieure du cartilage thyroïde, articulation entourée d'un ligament serré; tandis que chez Y Homme ^ cette pièce de l'hyoïde est simplement liés à grande distance p^r des ligaments et des membranes » la même corne du thyroïde;

p.' Larynx.

Le Larynx (PI. XI, 1x6-28; PL XII i %. »a, A-o/et fig. »1) ressemble , comme d'ailleurs chez tous les Mammifères , beaucoup a celui de l'homme; se trouvant composé des mêmes parties placées dans des dis-positions semblables , et en diffère seulement un peu par la forme et la grandeur. Quoique le larynx soit le principal organe qui produit la voix , les plus légères différences dans les formes, les proportions ou simplement dans les mouvements que les diverses parties peuvent exécuter^ déterminent les modifications les plus grandes dans les sous qu'il rend : de là cette extrême variété dans la voix des Hommes^ tant sous le rapport delà force, de l'élévation et du timbre, que sous celui de l'étendue et de la justesse dans la musique, tandis que les anatomistes nont pas encore pu apprécier ces différences dans les parties (lont dépend cette grande variété de la voix. Eu prenant ce que je viens de faire remarquer en considération , on ne sera pas étonné que , malgré une très-grande ressemblance entre le larynx de XHomme et celui du Cluit et autres

/i5& PABlIlàaB PàRTiE.

Majmlmiféaes , les voix des deux espèces offrent de si grandes différeooes; tandis qu'on trouvera extraordinaire que certains Oisbàcii qui parlent, produisent des voix et des articulations très -semblables à celles de Y Homme y quoique leurs moyens anatoœiques et physiologiques soient extrêmement différents.

Jai fait remarquer, en décrivant Thyoïde» que la corne laryngienne se dirige horizontalement en arrière, les deux formant avec le corps de lappareil un arc en fer-à-cheval ; et que sous cet arc osseux est suspendu le larynx.

Ce dernier est composé de haut en bas: de Fépiglotte située à k base de la langue; du cartilage thyroïde placé au-dessous; du cartilage cricoïde situé encore plus bas; et enfin des deux cartilages aryténoîdes qui surmontent ce dernier dans sa partie postérieure, en c^>position avec le thyroïde,

1 • Thyroïde. Ce principal cartilage du larynx (PI. XI , 36 aefg; PI. XII, fig. »0, h — /) forme une pièce mince, impaire , courbée en portion de cylindre , et placée en avant, suspendue sous le corps et les cornes laryngiennes de rhyoïde; mais il est composé de deux parties latérales losanges , ou j^iles^ disposées de manière à formv un chevron, doot Tangleest tourné en haut et la convexité en avant. Les deux angles latéraux de ces ailes produisent chacun une apophyse très-mince, on ses Cornes, dont la supérieure ( k; PL XI , 26/*) est dirigée en haut et s'articule à son extrémité avec la corne laryngienne de Thyoïde (2^5) , seul point solide par lequel le larynx est hxé à cet os. La Corne inférieure ^ dirigée en dessous (26 g*), qui n'est que le prolongement de l'angle infrà-latéral de l'aile (e), s'ariicule à son sommet avec la face latérale du cricoïde (27).

L'articulation supérieure ou hyodienne est une arthrodie , dont les deux facettes, obliques sur les pièces, sont placées de manière que celles-ci font un angle presque droit entre elle&

L'articulation inférieure , paiement arthrodiale , est formée par une jtrès-peti te facette articulaire terminale de la corne, et du côté du cri-

Gooj^le

STSTàMB. OSSBOl. i^5

coîde, par une autre ùkcetle qui surmonte une légère tubérosité, et consolidée par des ligaments qui lentourent.

Le bord supérieur (ac) du thyroïde produit une membrane légèrement fibreuse, qui se porte en haut et se fixe à tout le bord inférieur du corps de Thyoïde , ainsi qu'à celui de ces deux cornes laryngiennes, en remplissant l'espace ménagé entre ces deux os et tes cornes supérieures du thyroïde.

L extrémité supérieure du cartilage s articule par des ligaments serrés, avec la partie moyenne. du bord inférieur de Fépiglotte (28) placée verticalement derrière le corps de l'hyoïde.

Le bord inférieur (dé) , formant Téchancrure du chevron , se continue de même par une membrane fibreuse qui se porte en dessous, sur le bord supérieur du cricoïde, et conUent dans son^milieu un petit ligament vertical qui empêche les deux pièces de trop s'écarter.

Les bords latéraux (/g) sont libres, et donnent insertion aux muscles constricteurs inférieurs du pharynx , fixés également aux deux cornes du thyroïde , ainsi qu'aux faces latérales du cricoïde.

2* Criccïde. On a comparé avec raison chez \ Homme la forme de ce cartilage à celle d'une bague dont le cfaaton est placé en arrière.

Dans le 6/101(27.; et PL XII, fig M», o; fig. 81 , cddi, et PL Vin, fig. .S, 25), il présente la même conformation , c'est-à-dire celle d'un anneau complet, étroit en avant (§[/), formant la partie supérieure de la trachée-artère , et ^itué au-dessous du thyroïde , dux oornes infé* rieures (fig. fl, 19c) duquel il est sospeadu ; mais sur un plan plus postérieur, les deux cornes s'arltculant sur ime tubéro^té des faces latérales de cet anneau.

Le bord supérieur est coupé obliquement de haut en bas et en avant (fig. S, 25 etg*) vu la plus grande hauteur du cartilage dans sa partie postérieure ; et l'ouverture que ce bord circonscrit , déjà allongée par celte obliquité même , est encore plus rétrécie par les bords latéraux qui se repUent en dedans^ et surtout dans la partie postérieure, où cette ouverture est fort étroite. Enfin elle est entièrement réduite en une fente

/i56 PRBHliRE PARTIE.

appelée la Glotte^ par les deux ligaments nommés les Cordes vocales, et des expansions membraneuses cpe je décrirai en parlant des cartilages aryténoïdes, qui constituent en partie ses lèvres.

Postérieurement , où le cartilage cricoide forme le chaton de la bague, il se prolonge en haut jusqu'au niveau du milieu du bord inférieur du thyroïde, en formant une pointe obtuse, sur les bords latéraux (/e)de laquelle s articulent , près de son extrémité , les deux cartilages aryténoïdes (26), au moyen d'une facette articulaire diarthrodiale , placée longitudinalement sur les côtés de ce prolongement; articulation entourée d'une capsule fibreuse.

L'ouverture inférieure du cricoïde est irrégulièrement arrondie, et perpendiculaire aux faces antérieure et postérieure , ainsi qu'à k direc* trice de la trachée-artère. Le bord se lie au premier anneau de cette dernière par une petite membrane fibreuse qui passe de Tune à l'autre; et souvent ce premier anneau n'étant que partiel , s'articule à ses extrémités par des ligaments serrés avec le cricoïde. Les autres arceaux de la trachée-artère et des bronches sont disposés comme chez X Homme ^ en offrant dans les premiers souvent quelque irrégularité.

3" Aryténdide. On nomme ainsi deux petits cartilages ( PI. VIII , fig/Si 26; et PI. Xn, fig. SI, ee), placés au-dessus des bords latéro-postérieurs du chaton du cricoïde, et approchant pour la forme d'une pyramide triangulaire, dont la base fait face en dedans ,.et se trouve contiguë à celle du côté opposée; et le sommet, formant une tubérosité, est dirigé en dehors. L'une des faces ou l'infrà-postérieure forme une facette arthrodiale articulée avec la partie suprà-postérieure du cricoïde , auquel ce cartilage est fixé par des ligaments courts entourant les facettes , et qui permettent à ces cartilages de se fléchir facilement en dehors et en arrière^ en tournant sur le bord oblique du chaton dn cricoïde. Les deux autres faces sont, l'une dirigée en arrière et en dessous, et donne attache au muscle crico-aryténoïdien postérieur; et lautre, dirigée en avant et en dessous , donne attache aux muscles crico-ary ténoïdien latéral et thyroaryt^UQïdien. La base de la pyramide s'élargit à son angle suprà-anté-

STSTÈMB OSSEUX. ^57

rieur en un petit disque arrondi, dont le bord supérieur, couvert seulement par la muqueuse, fait saillie au-dessus de la glotte , dont il occupe la partie postérieure. Le bord antérieur de cet élargissement donne attache au ligament thyro-aryténoïdien interne ou corde vocale, qui forme,* couvert de la muqueuse, le bord latéral de la glotte. Ces deux carti* lages, en se mouvant sur le bord oblique du cricoïde, s'écartent Tun de lautre en se fléchissant* en arrière par l'effet des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, et se rapprochent par le mouvement contraire, produit par les muscles thyro-ary ténoïdiens , mouvement qui détermine la dilatation ou le resserrement de la glotte. C'est , comme on sait , dans cette fente que se forme la voix, par leffet de Tair des poumons , qui séchappe par cet orifice et entre en vibration en le traversant. Mais on a comparé à tort cette ouverture à celle dune Anche àe hautbois, la disposition des lèvres qui interceptent la glotte étant toute différente de celle quon remarque dans cet instrument; cest-à-dire dans le hautbois, Fair va en sens contraire de celui qui séchappe de la glotte.

4* Appendices de SanXorim. Ces petits cartilages qui surmontent les aryténoïdes chez ï Homme n existent pas dans le Chat

y Cartilages cunéiformes. Ces grains cartilagineux qu on remarque sur les côtés des cordes vocales chez X Homme n'existent également pas dans le Chat.

6^ ÉpiglotteiPl XI, 28 ; PL XU , %• «a, mf; fig. »i , fg). Ce cartilage est comme chez Y Homme une pièce qui a beaucoup moins de consistance que les autres parties du larynx, se rapprochant davantage des ligaments jaunes élastiques.

Elle a la forme d'un triangle en fer de lance à pointe dirigée en haut , arqué longitudinalement sur lui-même, à concavité tournée en arrière; ^Ue est placée derrière le corps de Thyoïde, quelle dépasse en dessus des trois quarts de sa hauteur. Elle est liée au milieu de son bord infé rieur, au moyen d'une languette ligamenteuse au milieu du bord supé-

[fJSS PREMlàSE PARTIE.

rieur du cartilage thyroïde, et le reste du bord se continue par un pli de la muqueuse avec le même bord de ce cartilage.

La partie inférieure de la face antérieure de Tépiglotte adhère à la base de k langue, en y donnant attache auK muscles glosso-épiglottique et hyo-épigk>ttic[ue. Le reste de ce cartilage est libre , dirigé en haut, et se trouve tapissé par la muqueuse de larrière-bouche.

fians Tétat ordinaire , lepiglotte ferme exactement Touverture du voile du palais, faussem^it appelé Tlsthme du gosier, et qui serait mieux nommé le Détroà; ce qui oblige ces animaux de respirer par le nez ; et tout le monde sait que lorsque les Chiens , qui se trouvent à peu près dans le même cas , ont très-chaud , où la respiration par les narines ne suffit pas pour livrer passage à Tair, qu'ils y suppléent en ouvrant la bouche et en tirant la langue en avant, afin de détacher Tépiglotte àxt voile, et laisser passer Tair. Chez le Œat^ les bords de répiglcM;te touchent à peine à ceux du voile , de manière qu'en s'en détadiant légèrement, Fair servant à la respiration fait vibrer les deux parties Tune sur l'autre, et produit ce murmure que ces animaux font souvent entendre en respirant.

ARTICLE IL

. Des 0s du Tronc.

La partie du squelettequi appartient au tronc se compose , ainsi que nous l'avons dit, du Hachis^ dans lequel je comprends le sacrum qui en fait réellement partie; des Jtppendioes directes des vertèbres, qui prennent sur le thorax le nom de -Côtes^ aux lombes celui de Costines , au bassin celui d^o^Coxaux et sur la queue celui de Costines ou d'os Up&iloïdes; et eitfin du Sternum^ formant une série impaire d'os placés le long de la ligne médiane inférieure du thorax en oppoâtion avec le rachis, et rar lequel s'articulent les vraies côtes par leors extrémités inférieures.

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