‹ Anatomie descriptive et comparative du chat, type des mammifères en général et des carnivores en particulier (volume 2)Chapitre 29 sur 30 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des Membres*

J'ai fait remarquer, en partant du squelette en général , que chez les Mammifères terrestres, il y a constamment deux paires de Membres-, une antérieure , correspondant aux bras de XHommty et une postérieure, répondant à ses jambes ; et la ressemblance des parties est même tellement grande entre ïHomme^ type des MAMMiFBaES bipèdes, et le Œat^ type des Mammifères quadrupèdes digitigrades, qu'on reconnaît parfaitement les organes de l'un , dans ceux de l'autre.

5C6 PREMlàRB PARTIS.

ARTICLE PREMIER

De^ os des Membres antérieurs.

Les Membres antérieurs (PL XI, loi — Ï09), servant principalement à la marche, et non exclusivement à la préhension, comme chez V Homme, offrent de là des différences déterminées par cette modification de leurs fonctions*

Le poids de la partie antérieure du corps devant reposer sur ces membres , ils devaient nécessairement être dirigés en dessous dans la position quadrupède , c est-à-dire perpendiculairement à la direction du tronc, et non le long des côtés de ce dernier; et les omoplates surtout (loi, loi'), ne devaient plus être placés parallèlement à la surface antérieure de la poitrine, mais dans une direction plus ou moins verticale, afin d'offrir un appui plus solide aux autres parties du membre. Aussi avons-nous vu, que la poitrine, au lieu d'être comprimée de bas en haut y comme dans ï Homme (devant en arrière chez celui-ci), Test au contraire très-fortement par les côtés; doù résulte encore cet autre avantage que les deux membres sont plus rapprochés Tun de l'autre; pour faciliter à ces animaux la faculté de changer de pied dans les mouvements de progression.

Les membres antérieurs du Cfiat^ et d'ailleurs de tous les Mammifères, sont ainsi composés, comme dans X Homme ^ de cinq parties consécutives, formant des angles alternatifs entre elles et qui sont : Y Epaule^ le Bras^ X Avant-bras et la Main, celle-ci elle-même composée de la -Pa/mure et des Doigts.

S I. Os de l'Épaule.

V Épaule du Œat est, comme celle de ï Homme, formée de la réottion de deux os, Y Omoplate (PI XI, loi^ 101') et la Citiuicz/ie(io2, ioa')» avec un os Coracoïdien rudimentaire fixé à lomoplate, où il constitue l'apophyse coracoïde ( 1 01 h'\ et un quatrième formant une épiphyse sur

SYSTàMB OftSBOX. 507

le bord de la cavité glénoïde^ mais distincts seulement comme os à part dans les très-jeunes sujets; tandis que chez les Oisbaux et les Rbptiles Fos coracoïdien est , ainsi qu'on Ta vu plus haut , non-seulement trèsgrand, mais reste encore mobile à tout^âge.

1 • Omoplate ( PI. XI , 101,101'). Cet os présente dans le Chat , comme d'ailleurs chez la plupart des MAMMirERES , une forme triangulaire ; mais il difi^re de lomoplate de \ Homme , en ce que son bord spinal {ab) est le plus court des trois; que la fosse sus-épineuse {acf) est plus grande que la sous-épineuse {bcg)\ et enfin que l'acromion est réduit à une simple apophyse styliforme (e) , ou Jpophyse acromicde , qui atteint à peine le niveau de la cavité scapulo-humérale (yg) , et la direction de l'os entier est plus oblique; c'est-à-dire que le bord antérieur (a/*)( supérieur chez l'homme), au lieu d'être dirigé directement en dessous et en dehors, est plus oblique de haut en bas, en avant et en dehors; et que le bord spinal {ah) dépasse de beaucoup le sommet des apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales; ce qui est un caractère assez général chez tous les Carnivores, et la plupart des autres onguiculés; tandis que chez les ongulés l'omoplate ne s'élève pas jusqu'au niveau du sommet de ces mêmes apophyses.

V Epine de l'omoplate if^dé) , plus saillante que dans XHomm^^ surtout vers son milieu , partage la face externe de cet os en deux parties à peu près égales , dont l'antérieure en demi-ellipse , et la postérieure triangulaire ; mais cette épine s'inclinant un peu en arrière rend la fosse sous-épineuse moins grande que la sus-épineuse. Vers son cinquième inférieur, le bord libre de l'épine se prolonge en arrière, en formant une large apophyse latérale triangulaire récurrente (d) , fort obtuse , à laquelle se fixent les muscles transverso-scapulaires ( angulaires de l'omoplate), et le delto-acromial( portion du deltoïde), et un peu au-de&us du milieu , le bord libre de l'épine forme un angle très-obtus (A) renflé, ou tubérosité , où s'insère principalement le muscle delto-spinal (autre partie du deltoïde.

Vjdpophyse acromîale (e) , de forme ronde et l^èrement fléchie en

508 PBBMIÈBE PARTIE.

avant, manque de cet élargissement terminal quon remarque chez \ Homme ^ et ne joint pas la clavicule (102 b)^ qui en est même assez éloignée.

L angle inférieur de l'omoplate (yg), ou son extrémité humérale, est coupé carrément pour former la cavité Glénoïde^ qui est peu profonde (PL XIII , tig. 99, fg), ovale, allongée d avant en arrière, avec sa partie lapins large en arrière, et ayant ses bords à peine un peu relevés par un anneau fibro-cartilagineux qui les contourne , et au-dessus de celte cavité lomoplate se rétrécit en un Col très-prononcé.

 l'extrémité antérieure de la cavité glénoïde, le bord externe, plus épais et plus saillant que l'interne , le dépasse en avant et se recourbe en dedans et en dessous en un angle mousse, auquel s'insère le tendon du biceps. En dedans de cette saillie, est une petite échancrure qui la sépare de ï Apophyse coracoïde (A), placée à la partie la plus antérieure. Cette apophyse, en forme de crochet, recourbé en dedans, en dessous et en arrière, donne, comme chez YHomme^ insertion au tendon du coracobrachial. Elle laisse entre elle et le bord interne de la cavité glénoïde, une profonde échancrure, dans laquelle passe le tendon du muscle sous -épineux.

Dans le jeune âge, la partie antérieure du bord externe de la cavité glénoïde (fig. 98, b\ et l'apophyse coracoïde (/), forment chacune un os à part , mais qui se confondent avec l'omoplate avant que les autres épiphyses du corps s'unissent entièrement à leurs principaux os. Ce sont les rudiments de l'os coracoïdien et de son épiphyse. qui se développent, en un très-grand os chez les Oiseaux et les Reptiles , et même déjà chez

les MONOTRÈMES.

La face interne de l'omoplate est presque entièrement plane; on y aperçoit simplement quelques arêtes peu saillantes, rayonnant vers l'angle inférieur, et auxquelles se fixent plus particulièrement les fibres aponévrotiques qui subdivisent le muscle sous-scapulaire ; et au miheu est une légère gouttière longitudinale, correspondant à l'épine placée à la face opposée. Enfin le bord antérieur est coupé en un large biseau , contre lequel est placé le muscle teres (grand rondj.

SYSTÈME OSSBUX. 509

L omoplate naît par trois points d*ossification, dont un pour le corps, et deux pour langle antéro-externe de la cavité glénoïde, mais appartenant plus particulièrement à lapophyse coracoïde.

2* Cartilage clas^o-scapulaire. La clavicule ne s articulant pas avec lomoplate, on ne trouve pas chez les Felis le cartilage clavo-scapulaire qu'on rencontre souvent chez X Homme dans larticulation de ces deux os.

3* Coracdidien. Cet os correspondant dans XHomme à l'apophyse coracoïde de l'omoplate qui en est le rudiment, ainsi que je viens de le dire, n'est guère plus développé chez les autres Mammifères; tandis qu'il devient déjà, dans les Monôtremes, un os fort considérable qui va rejoindre latéralement la partie antérieure du sternum avec laquelle il s'arthrodie; et on le retrouve ensuite, ainsi que je l'ai fait remarquer plus haut, en parlant du squelette des Vertèbres ovipares, chez tous les OisEAi3X, les Reptiles pourvus de membres, et les Chèloniens. Dans le Œat, cet os n'est distinct que dans le très-jeune âge, se soudant bientôt avec Tomoplate, et y forme, comme dans l'espèce humaine, une simple apophyse de cette dernière , placée au devant de la cavité glénoïde ; mais, ainsi que nous l'avons vu, il est déjà, chez ces animaux, composé de deux pièces, dont l'un répond dans les Reptiles à Fos que j'ai nommé jéncoral , et l'autre au Toxoïde.

4*. Clas^icule. Chez le Ckal et tous les Carnivores, ainsi que dans beaucoup d autres espèces d'onguiculés, la C^p/ci/Ze (PI. XI, 102, 102'; et Pi. Xlil, fig. 91) est en quelque sorte rudimantaire , n'étant qu'un tout petit os occupant la même place que dans l'/Tomme, mais qui n'atteint plus ni le sternum ni l'omoplate, et se trouve simplement suspendu dans les chairs, avec lesquelles elle se déplace dans tous les sens par lesn^ouvements, et disparaît enfin dans les Mammifères onguligrades.

CuviBR n*a en conséquence pas bien saisi la vraie fonction de cet os , en disant dans son Anatomie comparée : « Que la clas^icuU existe dans tous les animaux qui portent souwnt leurs bras en a\^ant^ soit pour

510 PABMiàRE PABTIB.

saidr^ comme les Singes , les Rongeurs; soit pour isoler, comme les Chaui^es-Souris , etc. ; quelle manque tout à fait dans ceux qui ne se sentent de leurs extrémités antérieures que pour marcher^ et qùily en a des rudiments dans ceux qui tiennent le milieu entre ces deux classes opposées.

» En effets la clas^icule est un puissant arc-boutant qui empêche le bras de se porter trop en aidant ; aussi verrons-nous cet os double dans les Oiseaux. » Or, ce sont précisément les Mammifères coureurs, ceux qui portent le plus souvent en avant , et seulement dans cette direction, qui manquent de clavicule ; et cet os ne sert pas non plus d'arc*boutant pour empêcher le bras de trop se porter en avant, mais bien pour ne pas trop se porter soit en dedans, soit en dehors, afin de permettre par là une puissance plus grande aux muscles pectoraux. Quant aux Rongeurs, tous ont des clavicules, et la plupart cependant sont essentiellement coureurs. De même aussi , dans les Oiseaux , ce n est pas dans le faible effort que ces animaux font pour porter leurs ailes en avant que les clavicules servent d arc-boutant, mais bien pour résistera la pression que lair exerce sur les ailes dans un plan vertical et transversal, où cette force tend à comprimer le thorax , que ces os font arc-boutant. Enfin , les Reptiles ont des clavicules bien développées, quoique leurs mains ne servent pas à saisir.

Dans le Chat^ la clavicule est un petit osselet très-grêle, de dix-huit à vingt millimètres de longueur, légèrement courbé en «S, et placé au milieu d'un raphé transversal , étendu de lextrémité antérieure de celui qui prolonge le sternum en avant, et dont les raphés claviculaires sont la bifurcation , vers le sommet de Tacromion , qu'il n atteint pas. Cette clavicule, plus rapprochée du sternum que Tapophyse acromiale, conserve^toutefois encore à peu près la forme qu'elle à dans \ Homme. Arrondie et grêle dans sa moitié interne (a), elle se recourbe un peu en avant et en dessous à son extrémité, pour se diriger vers le sternum, et se termine par un très-léger renflement. A son extrémité interne (6), elle est fortement aplatie de haut eu bas, en s'élargissant en une palette terminale recourbée en arrière et en dessous, se dirigeant vers l'apo^

8T8TÈHB 088SCX. 5If

physe acromiale, dont elle r^te éloignée d'environ qniuze millimètres; tandis que son raphé, qui se prolonge plus en dehors, s'arrête au bord des muscles clavo-cuculaire et delto-claviculaire.

5* Cartilage stemoclaviculaire. Ce cartilage placé dans larticulation de la clavicule avec le sternum chez Y Homme ^ n'existe pas chez le Chat.

S II. Os du Bras.

Le Bras ne renferme qu'un seul os, ou Y Humérus^ formé d'une diaphyse et (le plusieurs épiphyses, lesquelles s'unissent, comme d'ailleurs chez tous les Animaux , en une seule pièce , lorsque l'animal devient adulte.

r Humérus. Cet os (PI. XI» io3; PL Xlll, »4, «A et ««)conserve à peu près la même forme que chez XHomme., mais il est proportionnellement plus court, comme d'ailleurs tout le membre, se trouve plus de moitié caché dans les chairs de l'épaule, et dirigé obliquement en dessous et en arrière le long de la poitrine. Il n'est pas tordu sur luimême comme chez X Homme , de manière que sa Tête supérieure ( PL XI , io3 o^) , au lieu d'être dirigée en dessus et en dedans, est tournée en dessus et en arrière , et très-peu en dedans ; et Taxe de l'articulation huméro-cubital , au lieu d'être dirigé obliquement en dehors et en avant , est tout à fait transversal ; mab cet os est un peu plus courbé en S, surtout vers son extrémité supérieure, où il s'arque assez fortement en arrière vers sa tête , qui , tout à fait sessile , présente une facette arthrodîale(a^;PLXIIl,fig. SA, ahcd) plus longue et plus arquée d'arrière en avant, direction dans laquelle le bras doit jouir d'un mouvement plus étendu que dans le sens transversal , où cette facette est moins étendue et peu convexe.

A côté de la partie antéro-externe delà tête, s'élève immédiatement la grosse tubérosité de l'humérus ou Trochàer {ce; iig. 94 , def;V\. XI , 1 o3 , cd) qui , par la même raison que l'os n'est pas tordu sur lui-même, se trouve plus en avant que dans ï Homme ^ en dépassant de beaucoup la tête. Cette tubérosité, fortement comprimée par les côtes,, a son bord

512 PREMliRE PARTIE.

supérieur en forme de crête de poulie, contre laquelle glisse en dedans le bord de la cavité glénoïde de l'omoplate , et empêche ainsi les luxations en dedans de Thumérus.

La petite tubérosité, ou le Trochin {e'; PL XIII, fig. 94 et 9ft , ^) forme un gros tabercule ovale, assez saillant, placé en dedans de la partie antérieure de la facette articulaire , qu'elle ne dépasse pas en hauteur, et laisse entre elle et la grosse tubérosité une large Coulisse bicipitale{d;V\.\\, io3 i!\

L'extrémité inférieure, de Thumérus {/—m! ; et PI. XIII, fig. «4, g:, k) présente des différences assez notables, comparées à la même partie chez Y Homme. Le renflement qui la termine est plus large transversalement, et plus comprimé d'avant en arrière. On y remarque de même les deux tubérosités (g, k) placées sur les côtés, pour l'insertion des ligaments latéraux, ainsi que de plusieurs muscles de l'avant-bras et de la main; et dont l'interne ou Épitrochlée {k) est plus saillante que l'externe ou Épicondyle {g; PL XI, \oZf).

Au-dessus de la première de ces tubérosités se trouve une petite arcade osseuse {n; PL XIII , fig. «4 , /) dirigée en dessus , le long du corps de los avec lequel elle se confond bientôt de nouveau , et forme ainsi un trou placé entre cette arcade et la diaphyse de l'os.

La facette articulaire^ qui termine l'extrémité inférieure de l'humérus, forme une large poulie simple presque complète , tournée obliquemen^t en avant et en dessous, et dont les deux saillies qui la forment sont séparées par une large gorge , surtout fort profonde en arrière , où elle forme la Fosse ou Cas^ité olécrdrUenne ; dans laquelle pénètre Tapophyse olécrâne du cubitus, lors de l'extension de l'avant^bras. La saillie externe, ou la Condyle (â), beaucoup plus grosse que l'interne (i), mais moins proéminente et arrondie , s'articule à sa face antérieure exclusivement avec le radius (PL XI, io5), et à sa face inférieure et interne avec la face externe de la grande cavité sigmoïdedu cubitus (io4y ).

Cette saillie de l'humérus étant fort épaisse , présente la même courbure dans tous les sens, quoique tronquée en dehors; de manière qae la petite facette articulaire qui termine le radius peut se mouvoir en

STSTàHE 088BUX. 513

rotation sur elle , ce qui permet la pronation et la. supination de Tavantbras ainsi que sa flexion.

La saillie interne de larticuiation de rhumérus, ou la Trochlèe (m; PI. XIII, tig, 94, /; fig. «•, e/), est plus proéminente, dirigée plus en dedans, aiguë à son bord, et sarthrodie exclusivement avec la partie interne de la grande cavité sigraoïde du cubitus. Au-dessus delà trochlèe, Thumérus offre à sa face antérieure une petite facette arthrodiale concave (fig. 9é, m), mais très-peu profonde, placée sur la diaphyse de l'os , et dans laquelle appuie momentanément , lors de la flexion . de lavant-bras, une facette articulaire , terminant lapophyse coronoïde du cubitus.

La diaphyse de Thumérus est , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, élargie et mince à sa partie inférieure ; et se rétrécissant en dessus jusqu'au tiers inférieur de sa longueur , elle s'arrondit plus haut en augmentant progressivement jusqu'à re:^trémité supérieure de l'os. De la partie antérieure de l'épicondyle part une crête saillante (PI. XI, loSy), dirigée obliquement en dessus et en arrière , pour s'unir bientôt à une seconde cr^te (hc) , prolongeant de bas en haut l'extrémité postérieure Âe la saillie du condyle, et se continue ensuite en une Crête postérieure unique , laquelle remonte le long de l'humérus jusqu'au-dessous de la tète supérieure. Une troisième crête remonte du bord postérieur de J'épitrochlée (k) , et se perd bientôt en se rapprochant de la branche commune des deux crêtes Atternes.

A sa partie supérieure /l'humérus présente également plusieurs crêtes assez prononcées : l'une très-obtuse , ou (^éte dehoïdienne antérieure {dp)\, est le prolongement du bord antérieur du trachiter, et se perd vers te tiers supérieur de l'os; une seconde , plus obtuse encore , ou Crête dekoï- (tienne externe (cp)^ se dirige de la partie postérieure de la même tubérosité obliquement en dessous et en avant, pour se perdre au même point que la première ; leur intervalle forme Y Empreinte deltoïdienne ; une troisième, très-courte (/^) , descend du trochin (e') ; et une quatrième est la partie supérieure de la crête postérieure.

L'humérus se développe par huit, points d'ossification , dont un seul

5i/t paB^ariÀBE partie.

pour la diaphyse, trois pour Tépiphyse supérieure, c est-à-dire un pour la tête, un pour le trachiter et un pour le trochin , et quatre pour Fépiphyse inférieure, ou la trochlée, Tépitrochlée, le condyle et Tépicondyle, qui ont chacun le sien.

S III. Os de V Allant- Bras.

V Alitant-bras (PI. XI, io4 et io5) renferme, comme dans ï Homme ^ deux os longs, le Cubitus et le Radius^ mobiles à la fois sur Thumérus et sur la main , et mobiles Tuii sur l'autre dans les mouvements de pronation et de supination.

L*avant-bras fait un angle obtus avec Thumérus , en se dirigeant verticalemeni en (lessousdans la station.

r Chibitus. Cet os (io4', PI. XIII, fig. 99 et •#) est placé en arrière du radius , qu il croise très-obliquement de dedans en dehors , la main étant toujours en pronation. Cet os , plus gros à son extrémité huméraie qua Textrémité carpienne, est légèrement courbé en «S, dans deux sens diflférents: vu par sa face externe ( fig. 99 ), oblique en arrière et en dehors , il est courbé en avant vers lolécrâne (ab) , et en arrière vei-s son extrémité carpienne; et vu par son bord postérieur il est un peu arqué en dedans vers sa partie, supérieure, et assez fortement en dehors à sou extrémité inférieure.

Cet os, fortement comprimé à sa partie supérieure , s y termine par une apophyse OlécnOne très-forte (ai), large et coupée carrément au bout, oii s attachent les muscles triceps, et dépasse de dix millimètres Tarticulation humérale, tandis que chez Ti^romme il ne la dépasse que fort peu. Cette grande saillie de Tolécrâne, offrant aux muscles extenseurs de lavant-bras un bras de levier très-long, joue un grand rôle dans le saut.

Le cubitus s articule avec Thumérus par la grande Cas^ité sigmoïde (cd; iig. S9, cd), échancrure en demi-cercle, placée au bord antérieur, concave de haut en bas, et convexe dans le sens transversal , ayant la forme d*un moule de poulie, et fait, à ses deux extrémités, saillie sur le bord

STSTi«B 0S88DX. 5i5

anlérieur de Tos. Cette échancrore arthrodiale s^làrgît à sa partie inférieure en formant en dehors une courte apophyse obtuse (fig. 99 ^Jg)^ qui passe derrière la tête du radius pour étendre la petite Casdtésignioïde (efg)^ également arthrodiale, en portion de cylindre transversale dirigée obliquement en dehors et en avant , dans laquelle est reçue latéralement la tête du radius (PI. XI, io5 a), qui y tourne avec facilité sur son axe. L extrémité antérieure de cette cavité (PI. XI11, fig, 99 et «S,/), correspondant à la partie inférieure de la grande cavité sigmoïde, forme une saillie triangulaire fort proéminente , ou apophyse Coronoïde^ dont le sommet tronqué présente une petite facette articulaire également encroûtée de cartilage, appuyant, lorsque Tavant-bras est fléchi, contre la petite facette cartilagineuse du bas de la face antérieure de l'humérus.

Lextrémité carpienne du cubitus se prolonge en une Apophyse styloïde (/), très-grosse, étreinte dans le milieu et arrondie à son sommet, où elle s arthrodie avec une facette suprà-exteme du pisiforme ( PL XI , loj d)y et se lie en dehors et en avant, au moyen de ligaments, au radius (io5), au pisiforme et au pyramidal, et cette apophyse, dirigée verticalem^it en dessous, fait un léger angle avec le corps de los. A sa face interne (la main étant en pronation), la base de l'apophyse sty loïde offre une facette articulaire portée sur une éminence très -peu saillante (PI. XHI, fig. 99 et 99 , 0> ^^ contre laquelle s articule la face externe du radius.

Dans Féchancrure qui sépare cette facette articulaire du sommet de lapophyse styloïde , s'insère le ligament cubito-radial.

Le corps du cubitus, légèrement tordu sur lui-même, présente un bord postérieur, gros et arrondi en haut , qui se prolonge en forme de crête depuis lolécrâne , où il est sous-cutané , jusqu'au bord postérieur de lapophyse styloïde, en se dirigeant un peu en dehors. Le bord antérieur en crête plus aiguë s'étend de l'apophyse coronoïde jusqu'au bord an< teneur delà même apoph^ styloïde, et donne tout le long attache au ligament interosseux. Enfin, un troisième bord fort aigu s'étend à la face postéro-interne de l'os, depuis la base de l'apophyse styloikle jusqu'au milieu du cubitus où il se perd.

516 PRBmiRB PARTIE.

Le cubitus se développe par trois points d'ossification , dont un pour la diaphyse, un pour Fangle postérieur de lolécrâne, et an pour lextrémité inférieure de l'os, comprenant l'apophyse styloïde et la facette articulaire cubito-radienne.

2* Le Radius (PI. XI , io5 ; PL XIII , fig. »», SO et »1) , moins long que le cubitus, devant lequel il est placé en le croisant très-obliquement de dehors en dedans , ne s'étend que de la partie inférieure ^e la grande cavité sigmoïde jusqu'au carpe, où il est encore dépassé par ce dernier os; il est à peu près d égale grosseur dans toute sa longueur, et s'élargit subitement beaucoup à son extrémité carpienne (/nn), pour s'a rthrodier dans toute sa largeur avec le scaphoïde.

Le radius est comprimé d'avant en arrière , et légèrement arqué dans le même sens, ainsi que dans le sens transversal, afin de contourner suffisamment le cubitus, pour que son extrémité supérieure (a) soit placée en dehors de ce dernier, et l'inférieure en dedans. Il est en même temps légèrement tordu, de manière qu'en haut son aplatissement est dirigé un peu en dehors et en avant , tandis qu'en bas il l'est directement en avant. Le corps du radius ne présente que deux bords , dont l'un interne et l'autre externe ; celui-ci donnant dans toute sa longueur attache au ligament interosseux. Il n'appuie contre le cubitus qu'à ses extrémités; et dans le reste de sa longueur, l'intervalle, quoique fort étroit, est cependant suffisant, pour permettre un mouvement assez étendu de supination et de pronation pour que la main puisse exécuter jusqu'à un quart de tour.

Vers sa partie supérieure, le radius est assez fortement arqué en dedans en se renflant subitement à son extrémité , ou sa Tête supérieure (a) est tronquée carrément par une cavité arthrodiale en calotte sphérique très-évasée(fig. SO)par laquelle cet os appuie contre le condyle de l'humérus. La face latérale du pourtour de la tête présente une surface cylindrique encroûtée de cartilage articulaire , reçue dans la boucle que forme le ligament coronaire dans laquelle le radius se meut sur son axe, tandis que la partie postéro-interne de cette surface

STSTiME 088B0X. 517

cartilagineuse sVthrodie avec la petite cavité sigmoïde du cubitus.

A dix millinGiètres au-dessous de sa tète, au point où le radius s arque en dedans, on voit en arrière une grosse tubérosité (o ; PL XI , io5 o) correspondant à ÏÉminence hicipitale de VHomme^ à laquelle se fixe le muscle biceps.

A son extrémité inférieure (PI. XIII , fig. «©, mn) le radius est, comme je lai dit, fortement renflé, et surtout fort large transversalement, pour former à sa Tête inférieure^ oii il est coupé également carrément , par une facette arthrodiale concave (fig. SI, g), plus large en traversque d avant en arrière , et par laquelle il appuie sur le scaphoïde et le semilunaire confondus ensemble. A la partie interne {a) de cette cavité , son bord fait une saillie obtuse en dessous, ou Apophyse siyloïde{Pl. XI , io5' n) qui se prolonge sur le côté correspondant du scaphoïde, en s'arquant en arrière , et sert à prévenir les luxations de la main de ce côté ; tandis que l'apophyse styloïdedu cubitus qui lui est opposée, empêche les luxations en dehors. A son côté externe, la tète inférieure du radius présente une seconde facette arthrodiale concave (fig. SO, m) dirigée obliquement en dessus et en dehors, par laquelle cet os s^articule avec la tubérosité interne du cubitus. La face antérieure de la même tète présente quatre gouttières longitudinales peu profondes, converties en coulisses par des ligaments , et dans lesquelles passent des tendons. Ces coulisses sont de dedans en dehors : une oblique de haut en bas et en dedans (e) pour le tendon du muscle long adducteur du pouce; une verticale (J^) pour les radiaux ; une verticale (g) pour l'extenseur commun des doigts; et deux obliques de haut en bas et en dedans (h) pour les extenseurs propres du pouce et de l'index; mais celles-ci ne sont ordinairement pas marquées sur l'os; et enfin une verticale (i) pour les tendons des extenseurs propres des trois doigts externes.

Le radius se forme par trois centres d'ossification : un pour sa diaphyse, un pour chaque extrémité; et l'épiphyse supérieure se soude plutôt que l 'inférieure.

3' Cartilage cubito- radial ou cartilage triangulaire de V Homme. Ce

5i8 PEJBlIlàRB PAaTlB.

cartilage, placé chez \ Homme dans Farticulatioii cubito-radiale inférieure , ne se trouve pas dans le Chat.

. S IV. Os de la Main,

La Main ( PL XI , 1 06- 1 09) des Felis est , ainsi que celle de ï Homme et d'ailleurs de tous les Mammifères , composée de deux parties bien distinctes, la Palmure et les Doigts^ dont Tune et l'autre présentent toutefois des caractères propres à chaque genre , et souvent même à chaque espèce.

Â. Os de la Palmure,

La Palmure (PL IX , %. !• et 90 ; PL XI , ïo6) des diverses espèces de Felis, et de beaucoup d'autres Mammifères onguiculés, renferme d'ordinaire les mêmes os que celle de Y Homme ^ avec quelques différences dans la forme, la disposition et le nombre de ces pièces. Chez d'autres Mammiièfes, au contraire, les modifications sont beaucoup plus grandes, surtout où il existe moins de cinq doigts; mais la palmure se divise toujours à son lour en deux parties , le Carpe et le Métacarpe.

Dans l'état de station la palmure est toujours étendue sur l'avantbras, mais seulement jusqua la direction droite et un peu plus, afin que le poids du corps tende à la maintenir en extension , et une extension plus grande, comme celle dont est capable la main de \ Homme ^ est impossible à tous les Mammifères quadrupèdes.

a. Os da Carpe.

Le carpe du CiW adulte (PL IX, tig. te, A; fig. »0, A; et PL XI, fig. 107) est composé comme celui de Y Homme de sept osselets, mais dont l'un est formé de deux noyaux, répondant au scaphoïde et au semi-lunaire de ce dernier, ce qui fait réellement huit; ces animaux ayant un petit osselet de plus, qui n'existe pas dans l'espèce humaine, et placé en dedans du trapèze , osselet que j'ai nommé le Phacoide. Les autres os du carpe correspondent entièrement à ceux de \ Homme ^ et se

STSÏÈMB OSSEUX, 519

trouvent de même placés sur deux rangées , dont la première se compose, en allant de dedans en dehors, du Scaphoide et du Semi-binaire, que je nomme en commun Scapho-kmaire , du Pyramidal et du Pisiforme. Pour la seconde rangée , ce sont le Phacoïde , le Trapèze , le Trapézoïde\ le Grandos et YUnciforme; mais dont tous différent beaucoup pour la forme de leurs analogues chez l'espèce humaine, et à tel point que leurs noms ne peuvent plus être considérés que simplement comme des termes sans étymologie. »

Dans son ensemble, le carpe présente en avant (fig, t«) une surface presque unie , fortement convexe en segment de cylindre, dans le même plan que le métacarpe. A sa face postérieure (fig. »0) , au contraire, les divers os qui le composent sont loin d'être au même niveau , mais leurs inégalités sont remplies par un grand nombre de trousseaux ligamenteux qui les unissent entre eux dans tous les sens , de manière que cette partie de la main y forme , dans toute son étendue transversale , une large gouttière très-profonde, bornée en dedans par l'apophyse postérieure du scapho-lunaire (f a), et en dehors par la grande saillie que fait los pisiforme (3). C'est dans cette gouttière , convertie en anneau par le ligament armillaire postérieur, que passent les tendons des muscles fléchisseurs des doigts, ainsi que les artères , les veines et les nerfs principaux de la main.

Les os du carpe se développent chacun par un seul point osseux, si ce n'est le Scapho-lunaire qui en a deux , ainsi que je l'ai déjà dit.

r Scapho-lunaire , ou l'analogue du scaphoïde et du semi-lunaire de ï Homme confondus, forme un grand os élargi transversalement, où la partie correspondante au premier est placée en dedans (Pi. IX, fig. m, I acde), et celle répondant au second (degf) en dehors, vers le milieu du carpe. Cet os commun ( PL XIII, fig. 39 ), est situé immédiatement sous la tête du radius qui appuie seul dessus. Il présente dans toute sa face supérieure une large facette arthrodiale en forme d'arc de poulie transversale (C), peu convexe, et dont la saillie antérieure arrondie ( cdef) , et beaucoup plus large que la postérieure («Je),

520 PRBIIIERB PARTIE.

sert de principal appui au radius, sur laquelle ce dernier peut facilement se mouvoir dans tous les sens , et la saillie postérieure empêche de trop se porter en arrière.

A lextrémité externe (g), le scapho-lunaire présente une très-petite facette par laquelle il s unit au pyramidal, au moyen de fibres liga^menteuses. Sa face inférieure (D), également très-large dans le sens trans* versai , présente dans toute son étendue une facette articulaire garnie de cartilage arthrodial , et divisée en trois parties par deux petites collines dirigées d'arrière en avant {cd; ef). La première de ces parties , la plus interne, beaucoup plus large que les deux autres., est concave, et s'applique à la fois sur le trapèze et le trapézoïde^ la sccondeou moyenne^ très-étroite, et également concave, s applique sur la crête montante du grandos; et la troisième , aussi concave et étroite, appuie sur lextrémité supérieure de Tunciforme.

A son extrémité interne, lescaphoïde présente en avant (A, à) une quatrième facette articulaire fort petite., encroûtée de cartilages, par laquelle il s'unit au petit osphacoïde. Sa face antérieure (A), irrégulièrement trian* gulaire , un peu convexe , donne attache à divers ligaments qui nnisseat cet os aux parties environnantes. Postérieurement (B), le scapho-lunaire forme à son angle postéro-in terne une grosse tubérosité (a) dirigée ea arrière et en dehors, dont les bords donnent également attache à de .fort ligaments, qui l'unissent à la plupart des autres os du carpe, ainsi qu'à divers os métacarpiens.

La partie externe du scapho-lunaire , formée par le semi-lunaire (def) , s'allonge en dedans jusqu'au grandos, dont la saillie supérieure s'articule à la fois avec les deux noyaux composant le scapho-lunaire.

2* Le Pyramidal (PI. XI, 107 c,- PI. IX, %. IG, 2 ; fig. »0, 2 ; PI. XlIIjfig, SS), placé en dehors du scapho-lunaire , se dirige du bord externe de celui-ci, obliquement en dessous et en dehors, entre l'unciforme et le pisiforme, entre lesquels il s'enfonce comme un coin audessous du sommet de l'apophyse styloïde du cubitus. Il présente trois printipales faces, l'antérieure (A) en segment de cercle, presque plane,

STSTàME OSSEUX. 521

mais rugueuse , avoisine runciforme par son bord droit ; la seconde interne (B) y également plane et encroûtée de cartilage articulaire, appuie contre la face externe du même os ; et la troisième postérieure, convexe , couverte de cartilage arthrodial , s'articule , d une part à la partie supé* Heure, avec lextrémité de l'apophyse styloïde du cubitus; et d'autre part, à la partie inférieure, avec le pisiforme. A son extrémité interne, le pyramidal est lié par des fibres ligamenteuses au scapholunaire , et à ses bords postérieur et externe (c), également par des fibres de même nature au pisiforme, à l'unciforme et autres parties avoisinantes.

3" Le Pisiforme (PI IX, fig. »0,3; PL XI, 107 d;Vl Xm,fig. »4), le plus externe des osselets de la première rangée , est placé en arrière du pyramidal , sur lequel il s élève perpendiculairement , en se dirigeant en arrière. Cet os, qui a environ neuf millimètres de long chez un grand C/uit , forme par cette disposition un puissant bras de levier au muscle ulnaris qui se fixe à son sommet, et empêche la main de trop s'étendre par l'efifet du poids du corps. Cet os a la forme d'une pyramide élargie au sommet; sa base (A, ab) forme une facette plane, ovale, couverte de cartilage, par laquelle il s'articule avec la facette postérieure du pyramidal , et dont les bords se lient par de très-forts faisceaux fibreux au bord j)ostérieur de ce dernier os, ainsi qu'à la plupart des autres osselets du carpe et aux sommets des deux derniers métacarpiens. A sa face suprà-externe (B), le pisiforme présente , près de sa base , une seconde facette articulaire (abc) légèrement concave , dans laquelle s'appuie en partie l'extrémité arrondie de l'apophyse styloïde du cubitus, articulation qui est le centre de mouvement dans la pronation et la supination. Son sommet, fortement élargi de haut en bas, et terminé par une grosse tubérosité rugueuse, donne attache au tendon du muscle ulnaris.

4" Phacoîde. Cet osselet (PI. IX, fig. tS, 3; fig. »0, 4; PL XI, 107' e; PL XIII, fig. SA), le premier de la seconde rangée ne trouve pas d'analogue chez Y Homme , et n'a pas, que je sache , encore été décrit dans

622 PRBMlàAB PARTIE.

les Animaux. Il est très-pelit , de deux millimètres de large au plt» ^ lenticulaire , appliqué par une facette plane encroûtée de cartilage arthrodial, contre la facette an téro-in terne du scapho-lunaire , auquel il est lié dans toute sa circonférence par des fibres ligamenteuses. A son bord inférieur , il avoisine le métacarpien du pouce , auquel il est éga^ lement fixé par des fibres ligamenteuses.

5- Le Trapèze (PL IX, fig. 16, 4; PL XI, 107'// PL XIII, fig. «S) serait mieux nommé semi-lunaire, ayant la forme d'un segment d orange, dont le bord droit est horizontal et dirigé d'avant en arrière et en dehors, en offrant au milieu une échancrure dans laquelle s'implantent des ligaments. Il est placé en dehors de Los précédent , ainsi que de la partie supérieure du stathos (premier métacarpien), en dehors du trapézoïde et du stethos (second métacarpien), au-dessous de la partie interne du scapho-lunaire , s'articulent avec les deux premiers métacarpiens et le trapézoïde par des facettes concaves cartilagineuses, et par une facette convexe avec le scapho-lunaire. Cet osselet , ainsi moulé entre les quatre os, a sa base antérieure (A) légèrement convexe, et liée sur ses bords par de très-courtes fibres ligamenteuses aux os qui Favoisinent. Son angle postérieure (B, c) envoie de forts faisceaux fibreux à tous les os circon voisins; et son bord inférieur (B, ac\ placé entre les deux métacarpiens, se lie également par des fibres ligamenteuses à ces derniers; tandis que ses deux bords supérieur et interne ne produisent pas de ligaments.

6* Le Trapézoïde (PL IX, fig. IG, 5 ; fig. »0, 6; PL XL 107 g; PL XIII, fig. **), a la forme d'une prisme triangulaire fort court, à bases à peu près paraUèles. Sa base inférieure (B) ^ forme dans sa partie moyenne {bd) nue hostie dîrlhTodjale^ par laquelle il est appliqué sur le sommet du stethos (second métacarpien), auquel il est simplement fixé par de très-courtes fibres ligamenteuses de son bord antérieur {abc\ et par des fibres de même nature, mais bien plus fortes, à son angle postérieur (^, par lesquels il est également uni aux os avoisinants, le trapèze, le scapho* lunaire et le grandos , mais ses autres bords sont libres» Sa base supé-

STSTÈMB oas£ux. 5SS

rieure (A), forme dans presque toute son étendue une facette articulaire encroûtée de cartilage moulée sur le scapho-lunaire ; sa face interne (G) ^ présentant une facette arthrodiale plane , avoisine la partie supérieure du trapèze; et, à sa surface externe (D), ou il avoisine le grandos, il ne s articule avec ce dernier que par deux petites fisicettes cartilagineuses, placées aux deux extrémités antérieures et postérieures (a et b\ de cette face; tandis que dans leur milieu, les deux os laissent un petit espace entre eux, dû à une échancrure du grandos«

f Grandos (PL IX, %• tS, 6, %. »0, 7; PL XI, 107, À; PL XIII, iig. SS.) Cet os a une forme fort irrégulière; on peut cependant le considérer comme formé de deux parties : son corps et son apophyse. La première (A, B, G, D, a, &, c), fortement comprimée par les côtés, a la forme d'une lame demi-circulaire, placée verticalement, la convexité en dessus , d avant en arrière , à une petite distance en dehors du trapézoïde ; en descendant un peu plus bas , pour appuyer sur la partie externe de la tête du stithos (troisième métacarpien), placé également plus bas que le stethos; et la différence du.niveau de ces deux derniers est remplie par Fapophyse du grandos (A, ei), située à la partie antéroinférieure de celui-ci ; de manière que labase de losselet est 2Ksez large (E), et présente une facette arthrodiale concave , par laquelle le grandos s'articule avec la tète du stithos ; et par le bord externe de Tapophyse avec le stothos (quatrième métacarpien), placé encore plus bas que le troisième.

Le sommet de Fapophyse présente deux très-petites facettes arthrodiales, dont Tune (G, d)^ interne, s'articule avec la face externe de la tête ^u stethos , et la seconde ^ suprà-intecne , avec le trapézoïde. La partie postérieure de la face interne du corps de los , présente une petite &cette concave , dans laquelle appuie l'extrémité postérieure du trapèze. Par son extrémité postérieure (c) , le corps du grandos est fortement uni aux parties avoisinantes par des fibres ligamenteuses , surtout au trapèze qu'il touche ; et il est lié , à son bord antérieur , aux osselets 3(roisins, mais par des fibres très-faibles, à l'exception d'un ligament vi<^

o2/i PREMlàfiB PARTIE.

fi

goureux, qui se rend de l'apophyse obliquement en dessus et en dehors sur le scapho-lunaire.

La crête supérieure (a) du corps forme une facette articulaire cartila gineuse, qui appuie sur la facette moyenne du dessous du scapho-lunaire, et correspond à Imtervalle des deux noyaux qui composent ce dernier: le scaphoïde et le semi- lunaire. Enfin, la face externe (D), présente deux petites facettes cartilagineuses , Tune à la partie antérieure de sa crête (ab)^ l'autre au sommet d'une saillie angulaire du milieu de sa partie inférieure (d), par lesquelles il appuie contre Tunciforme ; et, dans l'intervalle, sur les deux os laissant; un petit espace vide.

8" VUnci/orme. (PL XI. fig, t G, 7 ; fig. »0, 8 ; PI. XI, 107, t; PI. Xffl , fig. SO), le plus externe des cinq osselets de la seconde rangée, est placé comme un coin entre le grandos en dedans, «et le pyramidal en dehors.

Cet os présente six faces, l'antérieure , formant la tête du coin , est quadrilatère et légèrement convexe de droite à gauche , s'unit par de faibles fibres aponévrotiques en dessus au scapho-lunaire : en dehors, au pyramidal; en dedans., au grandos; et les unit aux têtes des stothos et stuthos (derniers métacarpiens), placés en dessous. Sa face inférieure (0), forme une facette articulaire cartilagineuse, fortement concave d'avant en arrière, appliquée sur la tête du stuthos (cinquième meta* carpien) , et sur la moitié du stothos. Sa face interne , presque plane , présente une facette arthrodiale (e) , étroite, qui la contourne en avant, et par laquelle il s'articule avec le grandos , et au-dessus de celle^^i une antre facette oblique (c), en forme de biseau, articulée avec le semi-lunaire, et vers le bord postérieur de la face est un espace rugueux (d). Â sa face externe (B) , plane , et encroûté le carulage , il s'articule avec le pyramidal. Son bord supérieur, courbé d'arrière en avant, et couvert le cartilage , s'articule dans la fosse externe de la face inférieure du scapho-lunaire. Enfin,^ sa face postérieure (PI. IX, fig. 90, 8), forme deux grosses tubérosités placées l'une au-dessus de l'autre, donnant attache à des ligaments qui fixent l'os à tous ceux qui l'avoisinent ; mais du reste tous ses bords cachés sont libres.

STSTiMB OSftBUX. 525

p. Os du Métacarpe.

La main des FeUs présente encore cinq doigts, et en conséquence autant d'os Métacarpiens (PI. IX, (ig. tO,B, 8-12; fig. 90, B, 9-i3; PI XIII , fig. 40) y que j*ai déjà proposé plus haut de distinguer par les noms propres de Stathos, Stethos^ Stitkos, Stothos et StiUhos Ç'), en comptant de dedans en dehors, noms distingués pour Tordre par la voyelle de la première syllabe.

Ces os , ainsi que les doigts qu ils portent , oiFrent la même longueur relative que dans Y Homme , selon qu'ils se dépassent à leurs extrémités inférieures; cest-à*dire que le premier métacarpien, ou celui du pouce (PI. IX , fig. iS, 8) , est beaucoup plus court que les autres , et les quatre derniers se succèdent en longueur et en force dans Tordre suivant : le cinquième {\ 2)^ le second (g) ^ le quatrième {i i) et le troisième {10) ^ dans le même ordre dans lequel les doigts disparaissent chez tous les Mamiuifères.

Les métacarpiens sont tous placés comme chez ï Homme à côté les uns des autres, en divergeant un peu Ç")^ et présentant dans leur ensemble, en avant, une surface en forme de segment de cône, fortement convexe dans le sens transversal, et un peu seulement de haut en bas, par TefFet d'une courbure de chacun de ces os. En arrière (fig. 90), le métacarpe forme , par la même raison , comme dans \ Homme , une très-large gouttière , concave dans tous les sens , faisant la continuation de celle du carpe.

Le métacarpe, placé dans la même direction que le carpe, sur lequel il est très-peu mobile, est vertical , un peu oblique en avant.

Le pouce avec son métacarpien se trouvant déjà à un certain degré de dégradation , ce dernier os diffère assez notablement des quatre autres doigts pour devoir être décrit séparément.

r Stothos. Le métacarpien du pouce (fig. !•, 8; PI. XI, 108' k;el

n De arr^Oo< , mëtacaqpe.

(**) Dans la figure, on les a fait diverger plus fortement pour mieux distinguer les parties.

PI. Xin, fig. 40, A et F) diffère déjà beaucoup des autres, en ce qu'il n'a pas même la moitié de leur longueur, et en diffère encore par soa articulation phalangienne {cd) qui , au lieu d'être en tête arrondie et à peu près droite, est au contraire en cylindre très-oblique de bas en haut, en dedans et en arrière. Cette tête articulaire est partagée dans son milieu en deux par une gorge, au lieu d'être carénées comme celles des autres.

Supérieurement cet os présente deux facettes ^ dont Tune terminale (a), oblique de haut en bas et en dedans, mais non arlhrodiale, est unie par ses bords aux os phacoïdes, scapho-lunaire et trapèze, par des ligaments qui lui permettent un mouvement facile d'avant en arrière et en dehors , mais non pas de rotation pour qu'il puisse se mettre en opposition avec les autres métacarpiens.

La seconde facette également terminale {h) , mais externe , et oblique de haut en bas et en dehors; ast au contraire diarthrodiale, lentement en gorge de poulie, et s'articule avec la face interne du trapèze, sur lequel le stathos se meut légèrement, surtout de dedans ea dehors, et plus bas il s articule avec lestethos par une facette latérale.

Le stathos se développe par deux points d'ossification , un pour son épiphyse supérieure (A et F, a) et un pour la dîapfayse(&), y compris la tête inférieure; ce qui est le contraire dans les autres métacarpiens.

Les métacarpiens des quatre doigts externes (PI. IX, fig. tG,B, 8-1:2, et «O B, 10*1 3; PI. XI, 108 /, m, n, 0; PL XHl, fig. 40, B-E et 6-K) sont à peu près cylindriques dans leur milieu , et grossissent insensiblement vers les extrémités, en se terminant en bas par une tête articulaire arthrodialé très-saillante, un peu aplatie par les côtés, arquée en demi-cercle d'avant en arrière, et légèrement convexe en travers. Postérieurement (PI. IX, fig. HO), ces têtes articulaires présentent une arête verticale en forme de quille (PL XIII, fig. 40,B-E,y*, G-K, g)^ fort saillante, qui les divise en deux parties latérales à peu près égales. Cette arête pénètre entre les deux os sesamoïdes, dont chaque doigt est muni à sa base , et entre lesquels le métacarpien se meut par le moyen

STSTàMJB OSSBllX.' 527

de cette arête, comme dans une poulie concave. Cette tète articulaire ne diffère en rien dans les troisième et quatrième métacarpiens , si ce n'est quelle est un peu plus grosse dans celui-là. Quant à celle du second et du cinquième, elle est plus étroite, et assez fortement obli-que en dedans pour le second, et en dehors pour le cinquième.

Toutes ces tètes arthrodiales sont séparées du reste de los par un étranglement assez fort, mais sensible seulement à la partie antérieure, où il est précédé sur los de deux tubérosités (C, û?;H, e) qui arrêtent le mouvement de la phalangeole des doigts, lorsqu elle arrive à sa plus plus grande extension. La tubérosité interne du second métacarpien et Fexterne du cinquième sont moins saillantes que les autres.

A leur extrémité supérieure, les quatre métacarpiens présentent des formes biep dififérentes ; tous y sont plus ou moins renflés , et s'engrènent tellement les uns dans les autres , ainsi que dans les os du carpe , que leur mobilité y est presque nulle, et ne leur donne qu'une certaine élas* ticité nécessaire au mouvmneat de la main et aux efforts que chaque doigt est souvent obligé de faire séparément.

2* Le Stethosest coupé carrément àsonsommret (PL IX, fîg. tO, 9; PL XIII, fîg. 40, B et G), oii il présente une facette diarthrodiale légèrement convexe d'avant en arrière, concave en travers, plus étroite en arrière qu'en avant ; et par laquelle il s'articule avec le tra* pézoïde. En dedans (B), la tête de cet os s'articule à son angle supraantérieur par une petite surface arthrodiale concave et arrondie (c), presque plane avec le trapèise; à son bord externe (G), par une autre facette de même nature, concave, très-étroite (ab) avec le grandos; en dessous de cette facette, l'os présente une forte entaille, portant sous la partie antérieure de son rebord une facette arthrodiale (d), sur laquelle s'articule une forte saillie correspondante du stithos. En arrière de cette petite arthrodie , les deux os sont réunis par des ligaments, et sous la tubérosité postérieure (a) est une seconde facette concave (c) , qui reçoit une saillie de la tubérosité correspondante du stithos.

Ce métacarpien et les suivants prennent leur origine par trois points»

528 PREMlàRE PARTIE.

d ossification , un pour la diaphyse et deux placés à côté Fun de Fantre pour la tête inférieure ; mais ces deux derniers se confondent presque de suite. La tête supérieure a a pas d'épiphyse.

3* Stithos ou troisième Métacarpien (PL IX^tig. IG, lo; PL XI, io8m; PL XIII , fig. 40, G et H), est terminé en haut par une tête très-lai^e^ coupée au bout par une facette arthrodiale en forme de L ^ dont la grande branche ou Texterne dirigée d'avant en arrière en arc convexe , s'articule par en dessous avec le grandos, et dont la petite, interne, forme une tête triangulaire allongée (C, &), reçue dans la cavité latérale de la tête du stethos. Au côté interne de la tubérosité postérieure de la tête est une autre facette arthrodiale (c), contre laquelle appuie la tête du stethos.

A la face externe (H), le bord supérieur de la tête forme une longue facette articulaire arquée, plane {d)^ où cet os s'unit au suivant, et sous la partie antérieure de celte facette est une petite fosse profonde dont le fond est occupé par une cavité glénoïde assez large (c) , recevant une saillie du stothos.

4* Stothos. Ce quatrième Métacarpien (PL IX, fig. *«, 1 1 ; PL XI^ io8, n; PL XIII, fig. 40, D, I) est moins renflé à son sommet que les deux précédents , et se lie par la face interne de sa tête au stithos , avec lequel il s'engrène par la moitié de sa tête , et le rencontre dans deux petites facettes arthrodiales (D, a, A) , dont la première est placée latéralement sur la tubérosité postérieure , et la seconde au côté de l'angle antérieur; celle-ci en faisant une forte saillie, reçue dans la cavité glénoïde du stithos; tandis que l'autre moitié de la tête ou l'externe présente en dessus une facette arthrodiale convexe d'avant en arrière, sur laquelle se moule la moitié interne de la base de l'unciforme.

En dehors (I), la tête s'applique à son bord supérieur par une petite facette arthrodiale (c) , plane, linéaire, en arc de cercle, contre le stuthos, et sous cette facette l'os présente une profonde cavité remplie dans sa partie postérieure de fibres ligamenteuses qui l'unissent à ce dernier ;

STSTÈllB OSSEUX. 529

et offre en avant (c) une cavité arthrodiale concave recevant une saillie de ce dernier.

5^ Stuthos. Le cinquième Métacarpien (PL IX, fig. tO, 12 ; PL XI, 108 0; PL XIII , fîg. 40, £, K) présente à son extrémité une facette arthrodiale, en arc de cercle convexe d avant en arrière (41, hi), faisant la continuation de la facette terminale du stothos , et s'arthrodie avec la moitié externe de la base de Funciforme. A son bord interne (fig. 40, Ë), contiguë au sommet du stothos, le cinquième métocarpien offre une surface à peu près plane , présentant au bord supérieur une petite facette arthrodiale (a) , en arc de cercle , appuyant contre une facette semblable de la tète du stothos, et au centre de cet arc est une partie rugueuse donnant attache à des ligaments venant de ce dernier os- Au devant de cet espace est une forte saillie arthrodiale (b) qui pénètre dans la cavité correspondante du stothos.

La face externe de cette tête(K) est libre, et elle y offre une tubérosité (Jb) , de laquelle partent des ligaments qui unissent le stuthos au bord inférieur de lunciforme, ainsi qu'à l'inférieur du pyramidal et du pisiforme. Postérieurement la tête du stuthos forme une tubérosité (a).

En avant, les têtes de tous les métacarpiensse trouvent unies entre elles, et aux os du carpe qui les avoisinent par de courtes fibres ligamenteuses ; et en arrière, elles sont même toutes liées tant entre elles, qu'aux os du carpe, par des trousseaux ligamenteux très- vigoureux décrits dans la seconde partie de cet ouvrage.

Les quatre métacarpiens externes se développent chacun par deux centres d'ossification , un pour la diaphyse, y compris la tête supérieure ; et un pour sa tête inférieure (fig. 40 L, a), formant une épiphyse chez les jeunes sujets.

B. Os des Doigts.

Les Doigts (PI XL 109; PL IX, fig. 18, 8— 21; fig. »»), au nombre de cinq, comme dans XHomme^ ont ^itre eux les mêmes longueurs relatives que chez ce dernier, et entre eux les mêmes rapports de longueur

530 pasHiÈRB PàaTiE.

que leurs os métacarpiens. C'est-à-dire , que le premier interne , ou le pouce, est le plus court (fig. tS , g) ; et ensuite le cinquième (21); le second (18); le quatrième (20), et enfin le troisième (19), sont progressivement de plus en plus longs.

Chacun de ces doigts, à lexception du pouce, est composé, comme chez YHomme^ de trois osselets principaux consécutifs ou Phalanges (P\. IX, fig. HH), la Phalangeole (8); la Phcdangine (i 3) ; et la Phalangette {ij) ; mais le Pouce manque de phalangine. Outre ces trois os , chacun des quatre doigts externes porte encpre en dessous, à la base de la phalangeole, deux osselets Sésamoïdes (2)j égaux dans le même doigt, tandis qu au pouce seulement le sésamoïde interne est seul ossifié, et l'externe ' réduit à un simple grain cartilagineux.

Dans d'autres MammifèebSi tels que les Lepus, on trouve déplus que dans le Chat, deux osselets à peu près semblables, mais plus petits, placés à la base des phalangettes, et que je propose de nommer les Coccoïdes (*).

ot. Os du Pouce,

Le pouce n ayant point de phalangine et un seul sésamoïde ossifié , diffère non-seulement par là des autres doigts , mais encore sa phalangeole présente également des modifiications , conséquence de Tabsence de cet os.

r La Phalangeole (PL XI, 108', d), plus courte et plus grosse que celle des autres doigts, a son articulation supérieure oblique, comme celle de son métacarpien ; de manière qu'à 1 état de repos, elle est dirigée en dessous, en avant, et un peu en dessous; tandis qu'en se fléchissant, elle se meut obliquement en dessous et en dehors; ce qui produit une véritable adduction et même une espèce d'opposition.

A son extrémité antérieure, la tête articulaire est symétrique, comme celle qui termine la phalangeole des autres doigts ; et non portée de côté

(*)DcxAcico<;,gmiie,

SYSTÈME 088BUX. 534

à rinstar de la tète des phalangines, quoiqu'elle porte la phalangette à son extrémité. Cette tête terminale a cependant pour la forme plus d'analogie avec celles des phalangines.

La phalangeole du pouce ne se forme que par deux points d'ossification, un pour la diaphyse et la tête inférieure , et un pour l'épiphyse supérieure.

3* Sésamoïde. Il n'y a au pouce, ainsi que je viens de le dire, que le seul sésamoïde interne (a) qui soit ossifié. C'est un petit grain osseux triangulaire, placé dans l'angle que la tête inférieure du stathos fait avec la tête de la phalangeole, en faisant saillie en arrière.

L'externe , opposé à l'interne, n'est qu'un grain cartilagineux contenu dans les ligaments qui s'y réunissent.

3"* Phalangette. La pièce osseuse qui termine le pouce ou sa phalangette, prend chez les Felis (e[fg\ un développement un peu plus grand que dans la plupart des autres digitigrades ; et surtout fort différente de celle de YHomme^ par la forme crochue, ou de Griffe^ qu'elle présente et avec elle l'ongle qui l'enveloppe. C'est une pièce très-large verticalement, fortement comprimée et triangulaire avec l'un de ses angles (g), dirigé en avant et crçcliu en dessous; pénétrant dans la griffe cornée que tout le monde connaît , et dont elle forme le moule : cette partie fort épaisse à sa base, s'amincit vers la pointe, et se termine en une lame fort mince à bords aigus.

L'angle postéro-inférieur, sur lequel l'animal appuie est fortement tronqué et renflé en tubérosité, faisant en même temps saillie en arrière sous la tête de la phalangeole , où se fixe le tendon du muscle fléchisseur profond.

La base de la phalangette opposée à sa pointe (g), est une grande troncature étroite , mais fort élevée. A sa partie inférieure , elle est creusée d'une petite cavité glénoïde dans laquelle s'articule la phalangeole. Au-dessus , la même face postérieure est légèrement convexe et rugueuse, et y donne attache à des ligaments élastiques.

Des bords latéraux et supérieurs de la base de la phalangette , part

une gainé osseuse assez mince {éf\ qui se dirige en avant en enveloppant librement le premier tiers à peu près de Tos , et dans laquelle la griffe cornée est enchâssée; c est-à-dire, que cette dernière revêt le corps de la phalangette, et se trouve elle-même revêtue à sa base par cette gaine, ce qui lui donne une solidité très-considérable, nécessaire aux usages auxquels ces griffes sont destinées, servant non -seulement à saisir la proie et à la défense, mais encore au grimper, où les griffes ont à soutenir tout le poids du corps-

La phalangette n a qu un seul centre d'ossification^

h. Os des quatre Doigté externes.

Dans les quatre Doigts externes (PI. IX, fig. iS, lo — 21 ; fig. »»), les cinq os qui les composent , sont parfaitement semblables de l'un à lautre , ne différant que par la grandeur; de sorte qu'il suffit de les décrire pour un seul doigt.

Dans l'état de station, le carpe et le métacarpe étant dirigés eu dessous, les doigts se trouvent portés en avant, en appuyant sur le sol, mais ne sont pas étendus comme cela arrive chez les Plantigrades. Les Phalangeoles (PL XI, lo^'b'cd') sont portées en avant et plus ou moins en haut; le plus pour le troisième doigt, un peu moins pour le quatrième, moins encore pour le second , et celle du cinquième est tout à fait horizontale.

Les Phalangfues (ey^g^) sont fléchies en dessous, et même un peu en arrière ; et enfin les Phalangettes {h!i!k\ entièrement relevées à leur extrémité terminale, n'appuient sur le sol que par la tubérosité de leur angle infrà-postérieur (//) , tandis que leur sommet {k) est tourné en avant et en haut. Dans cette position, la phalangette, est placée en dehors de la phalangine qu'elle croise.

Il résulte de cette disposition des doigts que le membre appuie à terre par les sésamoides (a'), sur lesquels portent les métacarpiens et l'extrémité postérieure {b') des phalangeoles, au moyen d'une pelotte fibro-graisseuse formant une espèce de plante sous le pied (PL IX, fig. •, 36), et de plus

SYSTÈME OSSEUX. 5ââ

par l'angle postérieur des phalangettes seulement, également au moyeu de petite pelotines (4 1 ), de même nature que celles don t je viens de parler. De la disposition relevée de la phalangette, vient que la griffe ne touchant point à terre dans la marche , ne s'use pas, et que l'animal n'appuyant que sur des parties molles ne fait aucun bruit en marchant.

r La Phalangeole (PllX, fig. »», i3; PI. XIH, fig. 4»), est la pièce la plus longue et la plus forte du doigt. Sa forme est celle d'un demicylindre, légèrement arquée en dessous et un peu concave à la face inférieure; d'égale largeur, mais augmentant d'épaisseur d'avant en arrière. Elle est terminée postérieurement par une facette arthrodiale (aôc), occupant toute sa base, oblique à la direction de l'axe , et dirigé en arrière et en dessus, par laquelle la phalangeole s'unit au métacarpien. Cette cavité glénoïde est en demi-lune, arrondie dans sa partie suprà- an térieure(c), pour se mouler sur la tête de ce dernier os, mais se divise en dessous et en arrière, en deux branches (a et A), prolongées sur des condyles latéraux fort saillants, qui terminent la partie infrà- postérieure de la phalangeole, et séparée par une profonde échancrure, dans laquelle pénètre la crête du métacarpien. Ces deux condyles se continuent en arrière par les deux os sésamoïdes, qui étendent la cavité articulaire dans cette direction, sous le point d'appui du métacarpien,

La phalangeole est terminée en avant (d) , par une tête articulaire en poulie, faisant à peu près deux tiers de tour, et dirigée obliquement en dessous et en avant. Cette poulie, beaucoup moins profonde en avant qu'en dessous , présente de là une gorge qui va en élargissant de haut en bas et en arrière, et les faces latérales de la tête, également oblique, offrent une petite dépression, où se fixent les ligaments latéraux.

La phalangeole commence par deux points d'ossification, un pour 1 epiphyse de sa base, et un pour son corps : l'extrémité antérieure n'en a pas.

2* Sésamoïdes. Ces osselets (PI. XI, 109, a), au nombre de deux pour chaque doigt, un interne et un externe^ n'ont pas d'analogues dans l'Homme. Ce sont de petits grains triangulaires, rappelant par leur forme celle d'une division d'orange, et se trouvent placés à côté l'un de l'autre

5Zk PREMIÈRE PARTIE.

SOUS rarticulation métacarpo-phalangeolienne , en remplissant Tangle que les deux os laissent entre eux. Ces deux osselets rapprochés, par leur arête la plus aiguë , en ligne droite , et réunis par des ligaments transversaux, sont en outre fixés à leur sommet antérieur, par des ligaments à lextrémité postérieure des deux tubérosités de la phalangeole, et par leurs bords latéraux , également par des ligaments aux côtés du métacarpien. Ils forment ensemble, en dessus et en dessous, une gouttière profonde ; dans la supérieure, formant la continuation de la cavité articulaire de la phalangeole, pénètre larète du métacarpien; et dans Finférieur , formant une poulie de déviation , glissent , enveloppés Tun dans l'autre , les tendons des muscles fléchisseurs , sublimes et profonds des doigts.

3'La Phalangine (PI. IX, fig. »1, ii; et PL XIII, %. 4«), moins longue que la phalangeole , ne diffère pas notablement de son analogue de X Homme, et même des autres Mammifères, dont les ongles ne sont pas rétractiles, comme le sont ceux des FeUs.

Le corps (abd), est en prisme triangulaire, un peu arqué en dehors, plus gros à sa base (ab) , que vers l'extrémité (et). Deux de ses arêtes sont inférieures , et la troisième en dessus ; celle-ci dirigée du milieu de la base de Fos (c), obliquement en avant et en dedans ; de manière que la face interne devient verticale vers lextrémité antérieure, et l'externe, au contraire, très-oblique, et même concave, suivant la direction de l'os diaphyse.

La base de la phalangine (ab) est coupée presque perpendiculairement à l'axe de cette dernière par une facette concave arthrodiale (Jgh), par laquelle elle se meut sur la phalangeole. Cette facette, triangulaire comme l'os , forme en haut un angle auquel se fixe en partie le tendon de l'extenseur commun des doigts. Cette facette se trouve divisée en deux cavités latérales par une arête longitudinale qui se moule dans la gorge de la phalangeole; tandis que les cavités latérales reçoivent les deux condyles. Aux deux angles inférieurs, mais plus particulièrement dans leur intervalle , s'insère le tendon du muscle sublime.

A son extrémité phalangettienne (^) , Fos se renfle subitement en une grosse tète articulaire arrondie, peu convexe en travers, et fortement portée en dehors, de manière que le milieu correspond à la face externe de la phalangine. Cette tète fait en outre saillie en dessus, et se trouve légèrement creusée en poulie en dessous. C'est par cette disposition de la tête de la phalangine en dehors de Taxe de los , que la phalangette portant la griffe a la faculté de pouvoir se replier en dessus et en arrière pour se placer à côté de Ja phalangine : ce qui est encore facilité par lobliquité de la face externe de cette dernière*

Cet os prend son origine par deux centres d'ossification , un pour la tête postérieure et un pour le corps et la tête antérieure.

4* Coccoïdes. Ces osselets, plus petits encore que les sésamoïdes auxquels ils ressemblent beaucoup pour la forme et la disposition , et pla* ces , chez les animaux qui en sont pourvus , sous l'articulation phalanginophalangettienne, manquent chez le Chat, cet animal n'appuyant pas dans la marche l'articulation de ces deux phalanges sur le sol , et simplement l'angle infrà-postérieur de la phalangette renflé en tubérosité.

5* La Phalangette (fig. 44; PL XI, 109 hlk), nommée aussi Phalange unguéale ou unguinale , comme portant l'ongle , ne , diffère dans le Chat en rien de celle du pouce.

ARTICLE IL

Des os des Membres postérieurs.

On retrouve également dans les Membres postérieurs les mêmes parties que chez Y Homme , avec des différences de forme et de disposition que nécessite principalement la marche quadrupède , et le genre de vie auquel les Fehs sont appelés.

Ces membres se partagent ainsi, de même que les antérieurs, en trois parties consécutives : la Cuisse (PI. XI, 1 10), la Jambe (i i r, 1 12) et le

Pied (il 3- II 7); ce dernier composé du Cou-de-pied (i i4) ^l des Orteils {il y) ^ correspondant dans les antérieurs au bras, à Favant-bras et à la main; et ces parties font, dans leur disposition naturelle de repos, des angles alternatifs entre elles, afin de rendre la marche, la course et surtout le saut plus faciles, plus souples, et même la station plus sûre. La cuisse se dirige obliquement en dessous et en avant; la jambe obliquement en dessous et en arrière; le pied en dessous et un peu en avant; et enfin les orteils en avant en appuyant sur le sol.

S I. Os de la Cuisse,

La Cuisse renferme quatre os, dont le principal ou le Fémur (110 a-ky PL XIII, fig. 45, 4G, 47 et 49), se rencontre seul chez T^om/ne , et trois, fort petits, sont placés dans le creux du jarret. A deux de ces derniers placés plus haut j ai donné , dans mon Traité dAnatomie comparatisme , le nom de Crithoïdes (*) , à cause de leur forme demi-ovale qui leur donne quelque ressemblance avec un grain d'orge. Le troisième, situé sous le crithoïde externe, et dans le tendon du muscle poplité, je lai appelé de là Poplitaire. Ces trois osselets se trouvent non-seulement d'une manière constante chez les FeUs, et déjà chez les plus jeunes sujets, mais encore dans un grand nombre d autres Mammifères. Ils n ont , que je sache , encore été décrits par personne.

)• Le Fémur (Pi. XI, 1 10) est proportionnellement moins long que dans Y Homme ^ et entièrement droit, cylindrique dans sa diaphyse, et se renfle simplement vers ses extrémités , pour former supérieurement en dedans une grosse apophyse presque arrondie, fort courte (PI. XIII , fig. 45 et 46, d)^ dirigée en dedans et en haut, constituant son Col^ et terminée par une Tête enarthrodiale (ô) parfaitement hémisphérique; en portant à sa partie interne postérieure une légère dépression (a) , dans laquelle s insère le ligament interarticulaire par lequel le fémur est lié au bassin.

(*; De xpiOrj , orge , et de eWo; , forme.

STSTàllB OSSBDX. 587

En dehors , et un peu en avant du col , est placé le Trochanière (c) , grosse tubérosité surmontant la partie externe du fémur, et qui s'élève autant que la tète de Tos. Cette saillie très-rugueuse à sa face externe , oii s attachent les muscles ilianus( moyen fessier), coxalis( petit fessier), pyriforme, jumeau antérieur et carré crural, est creusée en dedans dune fosse profonde ou Ca\>ité trochantérienne (e), dans laquelle s'implante le tendon commun des muscles jumeau postérieur et obturateur interne.

Le bord suprà-antérieur de cette cavité se continue avec la crête supérieure du fémur et de son col , tandis que le postérieur descend obliquement en arrière , en s'arquant en dedans , pour se terminer au Trochantin{f)^ tubérosité beaucoup plus petite en forme de mamelon assez saillant , placée en arrière au bas du col, entre les faces interne et postérieure du fémur. Cette seconde tubérosité donne attache au muscle psoas.

LTextrémité inférieure du fémur ne difiere également que très-peu de la partie qui lui correspond dans l'Homme. Le renflement qu'elle présente, plus fort que le supérieur, forme une masse recourbée en arrière, et divisée par une gorge (/n/z) en deux fortes saillies latérales^ chacune terminée par un Condyle dirigé en arrière (A, /), et disposée en arcs de poulie verticale. La gorge qu'ils interceptent, très-profonde et non cartilagineuse postérieurement (n), donne insertion à plusieurs ligaments, et se continue en avant en une autre partie (m) arrondie, peu profonde, ^ cartilagineuse , remontant sur la face aniiérieure de l'épiphyse du fémur {opkl) , et dans laquelle appuie la rotule.

Les deux Condyles , dont l'interne {k) est un peu plus saillant en bas que l'externe, forment des arcs de spirale, à branche postérieure rentrante, (PL XI, 1 1 o cjky et 1 1 o' mn^€f)\ forme qui produit la tension des ligaments latéraux, lorsque la jambe approche de l'extension, et affermit l'articulation fémoro-^tibiale ; tandis qu'elle produit le relâchement de cette même articulation dans la flexion de la jambe. Les saillies de ces condyles, peu arqués dans le sens transversal, sont encroûtés de cartilages dans les parties par lesquelles ils appuient sur la tète du tibia. La faible saillie du condyle interne sur l'externe donne à l'axe de Tarti-

5S8 PRBmàRE PARTIS.

calation une direction oblique, et d'auunt plus que, d'une part, le fémur lui-même est un peu dirigé en dehors; et que, de l'autre, le condyle interne du tibia est également un peu plus élevé que l'externe; d'où il résulte que la jambe en s étendant s'écarte à son extrémité tar* sienne du plan médian du corps, et pousse ce dernier du côté opposé, ce qui facilite beaucoup la marche , ainsi que je le ferai voir avec plus de détails dans mon Traité de Mécanique animale. Les faces latérales des condyles (cûJ(rA:, m'/i'o')sont rugueuses et forment les Tubérosités externe et interne, qui donnent attache à plusieurs ligaments et muscles.

Quoique le fémur soit presque cylindrique et lisse dans sa diaphyse, on y remarque cependant quelques crêtes peu apparentes , auxquelles s attachent plus particulièrement les muscles et surtout leurs aponé* vroses.

Outre les deux petites se rendant du col au trochanter et au trochantin, il en existe encore deux plus longues, dont l'une ou l^ne âpre externe (PL XJ, iio r), descend du bord postérieur du trochanter^ jusqu'à la tubérosité du condyle externe. Une seconde, marquée par des dépressions sur le milieu de l'os, et qui correspond particulièrement à la ligne âpre chez Y Homme (PL XIII , fig. 411, cg)j passe obliquement en écharpesur la face postérieure de l'os, en se rendant du trochanter au bord interne, où elle se termine près de la tubérosité du condyle de ce côté *(/), c'est la ligne âpre postérieure. Une troisième, ou ligne âpre interne {Jg\ part di^ trochantin et descend directeme&t jusqu'à la tubérosité du condyle interne ; mais elle est peu marquée.

Le fémur naît par cinq centres d'ossification , un principal pour la diaphyse ; un pour la tête , un pour chaque tubérosité supérieure , et un pour les deux condyles inférieurs; pièce dont la suture (fig. êA et 4G , mqp)vesie longtemps marquée. L'épiphyse qui forme le trochantin présente constamment un fil osseux qui remonte à celle de la tête.

2'' Crithoïde externe ( PL XI , iiog). Osselet fort petit , mais cependant plus grand encore que l'interne, ayant sept à huit millimètres de long. Il a la forme d'un segment d'ovoïde, et se trouve placé en arrière, dans

STSTiMB 08SB0X. 589

l'angle que la diaphyse du fémur fait avec le condyle externe, ayant Tune de ses extrémités dirigée en avant/ à quatre millimètres de cet os, auquel il est lié par de forts ligaments. Son autre extrémité est dirigée en arrière et donne attache au tendon commun du gastrocnémien externe ^t du fusiforme.

Sa convexté tournée en dehoi^ est rugueuse, et ses deux autres faces, dont l'une, inférieure, appuie sur le condyle, et dont l'autre, supérieure, est libre , sont couvertes de cartilage articulaire , et toutes les deux contenues dans la capsule articulaire f émoro-tibiale, à laquelle le crithoïde adhère par sa face externe.

Cet osselet, de même que les deux qui suivent , rappellent la dispo« sition de la rotule , étant comme elle des Eioyaux osseux contenus dans des tendons. Celui que je décris , est dans le tendon auquel il donne postérieurement attache.

5"" Crithoïde interne. Beaucoup plus petit que l'externe^ auquel il est opposé à la partie interne dn jarret (i lo' /"), n'ayant que cinq millimètres de long ; mais offre du reste la même forme, la même disposition, et se fixe aussi d'une manière semblable au fémur ; s'appliquant sur la partie postérieure du condyle interne, et donnant postérieurement insertion au tendon d'origine du muscle gastrocnémien interne.

4"* Poplitaire. Cet osselet , de même grandeur à peu près que le précédent , mais plus plat et plus allongé {h et h) , est placé au-dessous du crithoïde externe, et contenu comme les deux autres osselets du jarret dans l'épaisseur de la capsule articulaire fémoro-tibiale , en appuyant sur le condyle externe du tibia. Il a la forme d'une petite calotte ovale concave, encroûtée de cartilage articulaire à sa face inférieure, convexe et rugueux à la supérieure. Son extrémité antérieure produit un long ligament , par lequel il est fixé à la face latérale du condyle externe du fémur, et donne par son extrémité postérieure insertion au tendon du muscle poplité. Cet osselet est ainsi contenu dans ce tendon , si Ton veut consid^er celui-ci comme comprenant aussi le ligament dont je viens de parler.

§ II. Os de la Jambe.

La /amAe renferme, comme celle de Y Homme y deux os principaux, le Tibia (i 1 1) etle Péroné (112), ainsi que la Rotule (i 1 3) et les cartilages interarticulaires , fixés au tibia par des ligaments , de la même manière que les trois osselets qui précèdent sont fixés au fémur. Les os de la jambe diffèrent assez peu . de leurs correspondants dans Fespèce humaine.

i ' La Botule est un petit os ovale ( PI. XI , 1 1 3 ; et PI. XUI , fig. 411 ) , d environ quinze millimètres de long dans un grand Chat^ fortement comprimé d'avant en arrière; placé dans le genou, où il appuie par sa face postérieure arthrodiale, convexe en travers et légèrement concave de haut en bas, dans la gorge antérieure qui sépare les deux condyles du fémur; tandis que sa face antérieure, convexe et rugueuse, est contenue dans la capsule fémoro-tibiale. L'extrémité inférieure de cet os se prolonge par le ligament rotulieU; qui va s'insérer à Fangle du tibia, dont la rotule est un appendice, comme les crithoïdes et le poplitaire sont des appendices du fémur , et représente dans la jambe l'analogue de l'apophyse olécrânè de l'avant-bras; donnant à son extrémité supérieure insertion aux muscles extenseurs de la jambe, comme Tolécrâne donne attache aux extenseurs de l'avant-bras.

Elle n'a qu'un seul point d'ossification.

2* Cartilage sélénique externe (*) , ou semilunaire externe du genou, des auteurs. Ce cartilage et celui qui suit sont à peu près conformés et disposés comme dans l'espèce humaine, remplissant en partie l'espace angulaire que les condyles du fémur laissent entre eux et la tète du tibia. Le nom de semilunaire qu'on leur donne généralement étant déjà employé pour diverses autres parties, j'ai cru devoir le changer en le traduisant simplement en grec.

(*) De vsXrivtç y qui est en forme de lune.

STSTÈHE OSSBDX. 5&1

V Externe (PI. X, %. 9, d)^ placé sar la partie externe de la tète du tibia^ forme un demi-cercle dont le diamètre libre est dirigé d'avant en arrière et un peu en dedans. Ce cartilage , épais de deux millimètres environ à son bord arqué,. est aminci en tranchant au centre , oii il présente ane profonde échancruref de manière à avoir partout une largeur égale présentant la forme d'une lame de faucille. Son extrémité postérieure donne attache aux ligaments fémoro-sélénicien et tibiosélénicien postéro-externe, et lantérieur à la branche externe du ligament adipeux, et plus en dedans au ligament tibio-sélénicien-antéroexterne. Le milieu de son bord externe adhère au ligament latéral de Tarticulation fémoro-tibiale, qui Tentraîne avec lui et le maintient constamment entre les points de contact des deux os. Enfin ses bords adhèrent en outre à la capsule articulaire.

S*" Cartilage sélénique interné (e). Ce cartilage égal au précédent , dont il ne diffère que par ses extrémités un peu renflées , a son diamètre libre dirigé directement d avant en arrière, et son extrémité postérieure donne attache aux deux ligaments tibîo-sélénicien-postéro-interne et tibio-sélénicien-antéro-interne. Ce cartilage adhère de la même manière que le précédent par le milieu de son bord convexe au ligament latéral de son côté, ainsi qua la capsule articulaire.

4'' Le Tibia (PI. XI , 1 1 1 ^ PL XUI , fig. ftO— ftS ) , un peu plus long que le fémur, se dirige avec le péroné, obliquement en dessous et en arrière , en faisant avec Tos de la cuisse un angle obtus presque droit.

Cet os, très-gros, triangulaire et légèrement arqué en arrière dans sa partie supérieure, diminue considérablement de grosseur vers le bas, en s arrondissant de plus en plus vers le tiers inférieur, pour s'élargir ensuite assez fortement en travers , en approchant de l'articulation tibiotarsienne.

Les deux bords postérieurs ( ftt, dheteg) commencent aux parties postérieures les plus saillantes des deux Tubérosités supérieures du tibia (^, e), et se portent directement en dessous en se rapprochant graduellement , pour se perdre plus ou moins vers le bas de l'os ; et l'externe (eg).

5/i2 PRRlIliRB PARTIE.

plus aigu, donne dans toute sa longueur insertion au ligament inter*osseux. Le bord antérieur du tibia {fj)j ou sa Crète ^ est le plus saillant, et commence à XÀngh du tibia {f), où s insère le ligament rotnlien, pour se diriger en dessous, en se portant un peu en dedans, se perdant également vers le milieu de Fos. Ce bord est sous-<:utaoé à sa partie supérieure, et incliné en dehors.

L'extrémité supérieure du tibia est tronquée carrément , et y forme une surface très-inégale et triangulaire comme Fos qu'elle termine (fig. ftV, cde). Cette surface présente vers ses deux angles postérieurs arrondis, deux surfaces ovales (g-rf/ et ema)^ légèrement convexes d'arrière en avant, couvertes de cartilage arthrodial, formant les Facettes arf/cu/a/>e5 , sur lesquelles appuie et se meut le fémur; facettes séparées au milieu par un léger canal évasé , rugueux {b) , borné en dedans et en dehors par une saillie angulaire ( 6 ; fig. ftO et ft t , a) , correspondant à \ Epine du tibia de YHomme^ssàWie qui rend chacune de ces facettes articulaires un peu plus profonde, et peut prévenir, jusqu'à un certain point, les luxations du tibia vers les côtes.

En avant, les deux facettes arthrodiales du tibia sont entièrement de niveau, tandis qu'en arrière l'interne (Jbd) est sensiblement plus basse ; et le condyle du fémur qui lui correspond , étant plus saillant que lexterne, il en résulte , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer en partant de ce dernier os , que lors de l'extension de la jambe , celle-ci se trouve portée en dehors à son extrémité tarsienne, et pousse en conséquence le corps en dedans, pour faire passer, dans la marche, le centre de gravité au côté opposé.

L'articulation fémoro-tibiale est ainsi formée par deux os convexes, dans le sens du mouvement qui s'y fait, ce qui semble devoir faciliter beaucoup lés luxations; mais cet accident est prévenu d'une manière admirable par divers ligaments qui s'opposent au trop grand déplacement des deux os. La convexité des parties articulaires laissant un trèsgrand vide tout autour des deux points d'appui des condyles du fémur, la nature a remédié à cet inconvénient par un moyen mécanique trèssavamment calculé, en plaçant entre les deux os les cartilages séléniques

STSTàMB OSSEUX. S&S

semblables à ceux quon rencontre chez Y Homme dans la même articulation; cartilages qui suivent les mouvements des condyles, pour remplir toujours l'espace dont je viens de parler.

Les parties latérales de la tête du tibia , ou les tubérosités (^ et e) font saillie sur los, pour élargir les facettes articulaires et donner attache à plusieurs ligaments ou tendons , et surtout lexterne, à laquelle s insère le ligament tibio-péronien supérieur; mais le tibia et le péroné ne s'articulent pas réellement entre eux.

Vjingle antérieur de la tête du tibia {cf) est tronqué obliquement (PI. XI , III ab) , et se trouve recouvert d'une petite épiphyse sur langle inférieur de laquelle s implante le ligament rotulien , et dont la moitié supérieure présente une surface cartilagineuse ( PI. XHI , fig. ftO et ftV, cX munie d'une bourse synoviale qui y facilite le glissement du ligament dont je viens de parler.

L'extrémité inférieure (fig. AO et ftt, hg)^ renilée et élargie transversalement du tibia, présente une cavité articulaire très-profonde (/A-g*; et fig. ftS), par laquelle cet os appuie sur l'astragale. Cette cavité est divisée en deux parties latérales par une forte colline {cd)^ dirigée d'avant en arrière et un peu en dedans, dont l'interne {aed) forme une fosse complète, dans laquelle pénètre la saillie interne de l'astragale, et dont l'externe {bcd) ne forme qu'une demi-fosse plus profonde que cette dernière, mais complétée par une demi-fosse correspondante de la tête du péroné , et dans laquelle est reçue la saillie externe de l'astragale. Le bord interne (a) de la première de ces fosses est surtout très-saillant, en formant une tubérosité angulaire ou Malléole interne; et ce bord en saillie enboite profondément l'astragale, pour empêcher les luxations en dedans de cet os. De même aussi le péroné descendant très-bas sur le côté externe de l'astragale prévient les luxations en dehors.

A sa face externe ^ l'extrémité inférieure du tibia (fig. AOet ftl , g^) s'articule avec la tête du péroné par une petite facette cartilagineuse convexe, au devant de laquelle les deux os sont unis par le ligament tibio-péronien infrà-antérieure.

La MaUéole interne (PI XI, loi' A') est creusée vers sa partie pos-

5&/i PBEMlàEB PAETIE.

térieure dune gouttière assez profonde, longitudinale (i'), recourbée en avant dans sa partie inférieure. Cette gouttière, convertie en un canal par le ligament arqué latéral de cette malléole , donne passage au tendon du muscle nauticus (tibial postérieur), et les deux lèvres de cette gouttière sont relevées dans le milieu , chacune en une petite tubérosité. En arrière de cette gouttière, on en aperçoit une seconde {g) à peine tracée, convertie en coulisse par le ligament arqué postérieur, et loge le tendon du fléchisseur du hallux (devenu un chef du pérodactylus ). Enfin la face postérieure du tibia présente une troisième gouttière fort large (PL XIII , fig. ftt, m), mais peu profonde, formée en coulisse par le ligament arqué du pérodactylus^ et logeant le tendon du muscle du même nom.

Le tibia se développe par quatre centres d'ossification : un pour le corps, un pour chacune de ses deux têtes articulaires, et un pourTépiphyse de son angle antéro-supérieur.

Péroné (PL XI, 112). Cet os, plus grêle que dans Y Homme ^ s étend cependant encore tout le long de la face externe du tibia ; mais ne s'articule pas supérieurement avec cet os, étant simplement suspendu par des ligaments à sa tubérosité externe. Cette extrémité, où sa Tête supérieure est élargie en une grande palette fortement comprimée , terminée en crête arrondie au bout^ et présentant aux bords antérieur et postérieur une grosse tubérosité (a, b) , à chacune desquelles se fixent des ligaments.

A son extrémité inférieure , où il se renfle en une grosse masse triangulaire {cdé), le péroné s articule au contraire à son bord antérointerne par une facette arthrodiale concave (PL XIII, fig. ftft. A, a) avec le tibia , et au devant ainsi qu'au-dessus de laquelle il est fixé au même os par des ligaments. Cette extrémité du péroné formant sa Tête inférieure dépasse assez fortement le tibia , et y présente à sa face interne une seconde facette articulaire concave, fort large (Jb) , complétant la fosse formée par moitié par le tibia , pour recevoir la saillie externe de l'astragale , sur la face externe de laquelle le péroné descend beaucoup.

A sa face externe, la tête inférieure du péroné présente obliquement

STSTÈMB OSSEUX. 5&5

en arrière une grosse apophyse courte (PI. XI, 112 d) y formant la ilfa/léole externe. Au devant de cette apophyse se trouve une large échancrure (de) y convertie en coulisse par le ligament arqué latéral de cette malléole, et dans laquelle passe le tendon du fibulaeus (muscle long péronier). En arrière de Tapophyse (d; PI. Xlll, fig. 55, E, bc) est une échancrure plus profonde , mais plus étroite , faisant les fonctions de poulie de renvoi des tendons du péronier (moyen) et dufibulinus(petit péronier). Au-dessus de la première échancrure se trouve une petite tubérosité (e) à laquelle se fixe le ligament arqué externe de la malléole.

Le corps du péroné est très-grêle , surtout vers sa tête supérieure , et aplati d'avant en arrière et en dedans dans toute sa longueur. Son bord interne donne insertion au ligament interosseux , et l'externe à laponévrose jambière.

Cet os naît par trois points d'ossification : un pour sa tige et un pour chaque extrémité.

S III. Os du Pied,

Le Pied de tous les Mammifères quadrupèdes se compose des mêmes parties principales que celui de Y Homme et analogues à celles de la main ; c'est-à-dire qu'on y distingue deux parties principales : le Cour^-pied^ correspondant à la palmure ; et les Orteils^ correspondant aux doigts; mais la disposition de ces parties n'est pas tout à fait la même que chez Y Homme pendant la statioii et la marche. Les Felis appartenant à la grande division des. digitigrades n'appuient plus la plante sur le sol, mais seulement l'extrémité du métatarse et les orteils, absolument comme à la main , et tiennent le pied dans une position presque verticale , de manière que ses faces antérieures et postérieures correspondent audessus et au-dessous du pied de \ Homme.

A. Os du Cou^de-Pied.

Cette partie (PL XI , 1 1 4) était appelée , du temps d'ÉTiEiWE , ^n 1 546, le Col du pied, d'où l'on a fisiit Chu-de-pied, et enfin Coude-pied, ce -<{ui change complètement sa première étymologie. Le Cou-de-pied se

5&6 PRBXiiaB PAaTiE.

divise, comme la palmure, en deux parties nullement distinctes à lei térieur , savoir : le Tarse et le Métatarse , correspondant au Carpe et «u Métacarpe , parties tout à fait disposées comme chez \ Homme.

a. Os du Tarse.

Le Tarse ( 1 15; PI. X, fig. 1 9 , A ) est composé des mêmes os que dans lespèce humaine , et disposé dans un ordre semblable , en différant plus où moins pour la forme et le volume. Ce sont \ Astragale (i), le Calcanéum (s), le Scaphoïde (3), que je désigne sous le nom de Nas^iculaire pour le distinguer du scaphoïde de la main ; le Chalcoïde (4) (premier cunéiforme), le Cunéifonne (5) (second), YEpitrion (6) (troisième cunéiforme) et le Cuboide (7).

Mais outre ces os ordinaires du tarse, on trouve chez le Ckat trois petites pièces de plus que chez Y Homme ^ qui, par leur petitesse, mériteraient à peine d'être décrites , si elles ne servaient pas de point d'attache à plusieurs ligaments et muscles , dans la description desquels j'aurai à en faire mention. Ce sont de petits grains cartilagineux, quelquefois osseux , appliqués contre la face postérieure de la tête des trois métatarsiens externes avec lesquels il s arthrodient ; et je les désigne sous le nom de Granules cartilagineux, en les distinguant les uns des autres par la voyelle de la première syllabe, ainsi que je Fai proposé aussi pour les os métacarpiens , en admettant que chaque métatarsien en porte un , et partant du plus interne , d où j*ai formé les noms suivants, faciles à retenir et toujours applicables, de Granula , Grenula , Grinula^ Gronula , et Grunula : le Chat n a que les trois derniers.

i' Astragale. Ce premier os du tarse (PI. X,fig. Ift, i ; fig. 19, i ; PL XI, 1 1 5 ab ; PI. XIII , fig. ftS ) diffère assez peu de celui de VHomme , étant simplement un peu plus allongé. Il présente de même deux parties, le Corps {ahcd) et son Apophyse navicuUenne {f). Le premier forme en avant (A) une large portion de poulie inclinée en dedans, Êûsant plus d un demi-tour, à gorge plus profonde que chez lespèce humaine,

STSTàMB OSSEUX. 547

et un peu portée de côté ; de manière que la colline externe {bc) est plus large, plus élevée, et a son cercle plus grand que lin terne {ad). Cette poulie est placée obliquement de haut en bas , et en dehors sur le pied, disposition par laquelle le mouvement d'extension de ce dernier se faisant dans la même direction oblique, il en résulte que le pied étant étendu à Tinstant où Tanimal le pose à terre, son point d'appui est écarté du plan médian du corps; et qu'en fléchissant, celui-ci se porte de son côté, afin qu'au moment de la plus grande flexion le centre de gravité se trouve au-dessus du point de sustension , et s'en écarte de nouveau lorsque la patte s'étend en arrière , et pousse de là le corps vers le côté opposé ; effet également produit comme nous l'avons vu par le mouvement de la jambe. C'est sur cette poulie de l'astragale que s'articule l'extrémité concave du tibia et du péroné réunis, en s'y mouvant dans un espace angulaire fort grand , vu la forte saillie de la poulie de l'astragale. Les faces latérales du corps de Fastragale sont aplaties, et donnent insertion à plusieurs ligaments, surtout à ceux qui lient cet os à ceux de la jambe.

L'apophyse {/) de l'astragale est une très-rgrosse proéminence de la partie inférieure de la saillie interne de la poulie. Elle se porte directement en dessous et se trouve tronquée par une surface cartilagineuse articulaire {f) assez fortement convexe , par laquelle elle s'unit au naviculaire placé au-dessous.

La face postérieure (B) de l'astragale offre trois grandes facettes arthrodiales, dont l'une (jcg) placée derrière la saillie externe de la poulie est elle-même creusée en un large arc de poulie concave , se moulant sur une saillie articulaire correspondante du calcanéum. La seconde facette, plus petite et l^èrement convexe (A), occupe la face postérieure de la base de lapophyse naviculienne de cet os , et s'arthrodie avec une facette concave de la partie interne du corps du calcanéum. Ces deux premières facettes de Tastragale sont séparées par une forte gouttière rugueuse {di) , dans laquelle s'implantent les fibres ligamenteuses ve* vaut du calcanéum. La troisième facette ( ef) n'est proprement qu'une portion de celle qui termine l'apophyse naviculienne (/*) , et se continue

sur la face postérieure. Elle est séparée de la seconde par un lai^e espace rugueux (k).

L'astragale est en outre lié au calcanéum par des ligaments latéraux.

Cet os n'a qu un seul centre d ossification.

2- Calcanéum (Pi. X, fig. te, i, i'; PI. XI, ii5 cdeg; PI. XUI, fig. 51). Ce second os du tarse diffère principalement de celui de \ Homme en ce que son apophyse du Talon {abc) est plus saillante , et non arquée vers la plante du pied, mais dirigée directement en dessus dans le sens de cette dernière ; disposition moins favorable à la marche plantigrade, où le talon sert de principal point d'appui au membre. Cette apophyse du talon est fortement comprimée par les côtés chez les Chats, grêle et légèrement renflée au bout, où elle présente un aplatissement, dont la partie antérieure est couverte d'un car^ tilage articulaire sur lequel glisse ie tendon d'Achille , fixé à la partie postérieure rugueuse de cette même facette. Dans sa moitié inférieure , qui correspond au corps de l'os (c/^) , le calcanéum s'élargit beaucoup transversalement, formant, surtout en dedans, une large Tubérosàé interne, en saillie angulaire (û?), placée derrière le corps de l'astragale, pour augmenter ses points de contact avec ce dernier. Le corps du calcanéum forme en avant une profonde échancrure (A, def) verticalement concave, dans laquelle s'applique l'astragale. Cette cavité présente deux larges facettes articulaires encroûtées de cartilages , dont l'une interne (e) est placée sur la saillie dont je viens de parler, et dont l'autre {kt) occupe la base de l'apophyse du talon , qu'elle revêt sur les deux faces de l'angle arrondi, saillant, formé par le bord de la cavité; c'està-dire qu'une partie (/) de cette facette est placée dans la cavité, et l'autre {k) au-dessus, sur la face interne de la base de l'apophyse du talon. Cette dernière facétie articulaire, convexe de haut en bas, et également un peu en travers, pénètre dans la concavité correspondante de l'astragale. Les trois faces articulaires dont je viens de parler sont suivies vers le bas d'une bande rugueuse {kf)^ sur laquelle s'implantent des fibres ligamenteuses fixées d'autre part dans la gouttière de Tastra-

STSTÈHB OSSEDX. 5/^9

gale. A lextrémité inférieure se trouve une quatrième cavité ârthrodiale (/*) fort petite, qui se joint à une de l'extrémité de l'apophyse naviculienne de l'astragale.

La partie inférieure du calcanéum (Ighi)^ placée en dehors de l'apophyse naviculienne de Tastragalo, forme son apophyse cuboïdienne, et répond à sa face antérieure, à la Ca\fité sinueuse du calcanéum de V Homme ^ fort aplatie et rugueuse, donnante sa partie interne attache à des ligaments astragalo-calcanéens , ainsi qu'au ligament annulaire antérieur du calcanéum et aux tendons d'origine du muscle pédieux. A son bord externe, cette apophyse forme une saillie arrondie, ou sa Tuhérosiié externe {i). A la face postérieure de la tubérosité interne {d) est creusée une. profonde gouttière verticale, demi-cylindrique (B, c), dans laquelle glisse le tendon du muscle pérodactylus (fléchisseur commun des doigts des auteurs modernes). Enfin l'extrémité inférieure du calcanéum {gh) est tronquée carrément par une facette ârthrodiale légèrement concave d'avant en arrière, articulée avec le cuboide.

Le calcanéum a deux centres par lesquels commence son ossification , un pour son corps et un pour le sommet du talon.

3- Nas^iculaire (PL X , fig. 1 » , 3 ; PL XI , 1 1 5 A; PL XllI , fig. AS ). Ce troisième os du tarse , aussi assez semblable à celui de \ Homme ^ esta peu près carré, plus large d'avant en arrière que transversalement. Sa face supérieure (A), contiguë à Tastragale, forme une profonde cavité articulaire, mais moins toutefois en avant qu'en arrière , et surtout profonde à l'angle postéro-interne , où cet os forme une forte Tubérosité dirigée en dessus (a) , et l'angle externe postérieur (b) est également un peu renflé. La face externe, très-étroite de haut en bas, offre souvent deux petites facettes artbrodiales» par lesquelles cet os s'articule en haut avec le calcanéum, et plus bas avec le cuboïde, mais dont la première est d'ordinaire fort petite.

Les faces antérieure, externe et postérieure sont libres; mais liées par le moyen de ligaments, d'une part à l'astragale et au calcanéum, et de l'autre aux os chalcoïde, cunéiforme, épitrion et cuboide,

550 PRB mi as PAariE.

La face inférieure (B) , à peu près parallèle à la supérieure, forme une large surface carrée, légèrement concave , et porte dans sa partie interne {cdt) une large facette arthrodiale articulée avec Fépitrion , et au bord antérieur deux petites ( À et /) correspondant aux os cunéiforme et chalcoïde.

Le naviculaire n a qu'un seul point d'ossification.

4'' Chalcoïde ou premier cunéiforme des anthropotomistes , (PI. X, fig. 1», 5; fig. 1», 4; PI. XI, 1 15' i, et PL XMI, fig. ft»). Cet osselet, plus allongé , mais moins gros que les deux suivants , est placé à la partie interne du tarse, k son extrémité supérieure il est coupé obliquement par une petite facette arthrodiale (a) concave, semi-circulaire, par laquelle il s'applique en dessous contre l'angle antéro-interne du navica^ laire. Dans la moitié supérieure de sa face externe (e) il s'applique contre le cunéiforme, auquel il est intimement lié par des ligaments partant d'une tubérosité supra-postérieure ; inférieurement la même face antérieure légèrement convexe en travers, s'articule par une très-petite fa^ cette arthrodiale {b) avec le second métatarsien ; le chalcoïde descendant plus bas que le cunéiforme, et autant que l'épitrion , passe en dedans de la tète du second métatarsien pour se terminer au bout par une petite facette articulaire plane, sous laquelle se fixe le rudiment du premier métatarsien.

Il n'a qu'un centre d'ossification.

5* Cunéiforme y ou second cunéiforme des anthropotomistes (PL X, fig. 1 », 5 ; PL XI , 1 1 5' A:'; PL Xffl, fig. M» ). C'est un osselet plus gros que le chalcoïde, mais plus court, placé entre ce dernier et la partie supérieure de. la face interne de l'épitrion, qu'il avoisine par une surface presque plane, en s'y liant étroitement par quelques fibres tendineuses de ses bords antérieur et postérieur; et avec lequel il s'arthrodie réellement, au moyen d'une très-petite facette de leurs bords supérieurs couitigus (a). Sa base supérieure légèrement concave {ab) forme une surface articulaire par laquelle il s'applique sous le naviculaire, et sa base

SYSTÈMB OSSBDX. 551

inférieure forme de même une facette arthrodiale entièrement plane , qui porte le second métatarsien.

Enfin, sa face interne, par laquelle il avoisinele chalcoïde, est presque plane, mais ne présente pas de véritable point d'articulation avec cet osselet.

11 n y a qu un centre d'ossification.

G" Épitrion^ ou troisième cunéiforme de Y Homme. Ce petit os (PL X, fig. 1», 6; PI. XI, ii5 /; et PI. XIII, fig. SI) beaucoup plus gros cependant que les deux précédents, est placé au milieu du tarse, audessous de la partie externe du naviculaire , auquel il est uni par une large facette articulaire (aA), un peu concave d avant en arrière et en dedans ; occupant toute la base supérieure de son corps. A sa face externe (B), contiguë aucuboïde, il présente deux très-petites facettes articulaires. Tune (c) au milieu de son bord supérieur, et lautre à son angle an téro inférieur (rf); mais cette dernière n'existe pas toujours. Au milieu de la face externe est une dépression (e) dans laquelle s'implantent des ligaments qui unissent les deux os. Sa face interne (A) concave, dirigée en dedans et en arrière , est très-étroitement liée par des ligaments au cunéiforme, avec lequel l'épitrion s'articule en même temps par une très-petite facette du bord supérieur (??). Près du bord inférieur se trouvent deux petites facettes cartilagineuses par lesquelles cet os s'articule avec la tète du second métatarsien ; entre elles est une échancrure oii se fixent des ligaments. Inférieurement, le corps de Tos, très-rétréci en arrière, forme une surface articulaire fort grande, légèrement concave d'avant en arrière, appliquée sur la tête du troisième métatarsien Cet os très-étroit postérieurement , présente vers la partie supérieure une longue apophyse crochue, très-grosse, dirigée obliquement en dessous (AB A), laissant entre elle et le corps de l'os une profonde échancrure, continuation du canal du cuboïde, et dans laquelle passe également le tendon du fibulaeus ( long péronier). C'est pour ce crochet que les anthropotomistes nomment souvent cet os le crochu. Celte apophyse forme à son sommet une Tubérosité à laquelle se fixent

plusieurs des muscles abducteurs et adducteurs des orteils, ainsi que plusieurs ligaments venant de pièces environnantes.

Cet osselet ne commence que par un seul point d'ossification.

f Cuboïde (PI. X,%. 1», 7; PI. XI, n5 m; PL Xlll, fig. e« ). Plus allongé de haut en bas que chez Y Homme, cet os, le troisième en volume du tarse, est du reste conformé comme chez ce dernier, et placé sous l'extrémité inférieure du calcanéum avec laquelle le cuboïde s'articule par une large facette arthrodiale {abc) occupant toute sa base supérieure , facette oblique de dedans en dehors et en bas. A sa face interne (A), cet os présente deux petites facettes articulaires, une {k) vers la partie supérieure par laquelle il touche le naviculaire ; et une plus petite {i) placée plus bas, au milieu de la face, par laquelle il sarthrodie avec le bord supérieur de l'épitrion ; tandis que, dans la partie inférieure de la même face, ces deux dernières s'avoisinent sans s articuler, et y sont simplement unis par des ligaments. Postérieurement (C) le cuboïde présente une gouttière oblique très -profonde ou Canal du fihidœus {dcf.\ dirigé du milieu du bord externe {d), vers Fangle infrà-interne (f)^ et dans laquelle glisse le tendon du muscle fibulaens(long péronier). Le bord supérieur de ce canal, plus aillant que l'inférieur^ donne attache à des ligaments qui passant librement sur ce dernier, convertissent la gouttière en un canal, et vont se fixer aux granules cartilagineuses placées derrière la tête des trois derniers métatarsiens; ainsi qu'au sommet de l'apophyse postérieure crochue de l'épitrion. La face antéroexterne en carré long du cuboïde ( PI. X , fig. 1 9, 7 ), est liée à ses bords supérieur et inférieur au moyen de fibres ligamenteuses, d'une part au calcanéum , et de l'autre au quatrième métatarsien. L'extrémité inférieure de l'os , formant une large surface articulaire uniformément concave d'avant en arrière , s'arthrodie avec le quatrième métatarsien , et le plus souvent aussi avec le cinquième, par une très-petite facette taillée en biseau sur le bord externe.

Le cuboïde n'a qu'un seul point d'ossification.

S Grinula (PI. X, fig. te. 10). Petit grain cartilagineux lenticule.

SYSTÈME OSSBDX. 55â

d'un millimètre et demi de large , applique, par sa facette plane diarthrodiale, contre la face postérieure de la tête du troisième métatarsien, où il est fixé par divers ligaments, mais principalement par un trèsfort venant de la tubérosité de Tépitrion.

g^'Gronula (ii). Ce granule, semblable au précédent, mais appliqué postérieurement contre la tète du quatrième métatarsien , est fixé par des ligaments, d'une part à la lèvre supérieure du canal du cuboïde, et de Tautre par des fibres qui viennent du ligament calcanéopodien.

lo' Grunula (13). Le troisième granule, à peu près de même forme que les deux précédents, appuie postérieurement contre langle interne de la tête du cinquième métatarsien. Il est fixé par un ligament venant de la partie externe de la lèvre supérieure du canal du cuboïde.

p. Os du Métatarse.

Dans le pied des Felis et de beaucoup d'autres digitigrades , le premier orteil ou Tinterne, si gros chez X Homme ^ a entièrement disparu, et son métatarsien (PL XI, ii6\a) est réduit à un simple rudiment qu'on aurait de la peine à reconnaître, si Ton n'en était prévenu. Il n'y a ainsi que quatre métatarsiens bien apparents ( 6, c, ^, e; PL X, fig. 19, B, 9, 10, II, i2\ et fig. 19, B, 8, 9, 10, II). Mais comme le rudiment du premier conserve toujours son rang, l'ordre numérique de ces os reste le même que dans l'espèce humaine. Les quatre métatarsiens suivants présentent la même disposition ; mais sont toutefois proportionnellement plus longs, plus grêles, et varient de grosseur et de longueur dans l'ordre suivant : le troisième (9) est le plus long et le plus fort, puis le quatrième (10), le second (8) et le cinquième (11) qui est le plus faible, c'est-à-dire qu'ils sont, de même que les métacarpiens, d'autant plus gros qu'ils persistent, plus longtemps dans la classe des Mammifèrks. Du reste, ils sont, comme les métacarpiens, placés à côté les uns des autres en formant une voûte serrée à leur partie

55Û PBKMlè&E PARTIE.

supérieure, et divergent légèrement vers le bas, en s'arqoant chacun vers le bord le plus voisin du pied , et en même temps un peu en arrière; de manière que la face plantaire du métatarse est légèrement concave dans tous les sens, logeant dans sa concavité les muscles adducteurs et abducteurs des orteils. La diaphyse de ces os est aplatie à sa face antérieure ((ig. 19)^ surtout dans les deux moyens, et même dans les extrêmes. Les extrémités supérieures fortement serrées les unes contre les autres, sont liées entre elles par des ligaments fort courts qui ne leur permettent qu un mouvement obscur ; et à cette extrémité ces os différent notablement entre eux.

L'extrémité inférieure des quatre métatarsiens externes, ressemblant tout à fait à celle des métacarpiens^ j'y renvoie pour la description de cette partie, en faisant simplement remarquer que le troisième et le quatrième de ces os ont leurs extrémités de niveau ; que le cinquième est notablement plus court et le second un peu plus court encore que ce dernier.

1° Padion on Premier métatarsien {V\. X,fig. 1»; B,8; PI. XI, ii6, a ; PI. Xin , fig. 83 , A et F ). Ce premier métatarsien est réduit à un osselet triangulaire pyramidal placé, le sommet en bas, sous le chalcoïde avec lequel il s arthrodie par la partie interne de sa base coupée en une facette articulaire plane ( fig. G4 a ). Cet osselet est appliqué en arrière contre le second métatarsien , dans langle que cet os forme avec le chakoïde, et s arthrodie avec lui par une petite facette plane de son angle interne ( fig« GS , A, a ); souvent encore par une facette (b)^ ou bien par le sommet (c). Il est lié à ces os par des ligaments très-courts qui ne lui permettent presque aucun mouvement. En dehors, sa base supérieure est libre et correspond à Imtervalle postérieur du chalcoïde et de lepitrion. Sa face postérieure (F), taillée en biseau, fait qu'il se termine en pointe en bas.

H n a qu'un seul centre d'ossification.

2" PécUon. he Second métatarsien^^ et G j a sa tête supérieure triangulaire ( fig. ei , bc ) fortement rétrécie en arrière et tronquée carré-

SYSTÈME OSSBCX. 555

ment à son extrémité où il forme une facette arthrodiale plane également triangulaire 9 par laquelle il appuie sur le cunéiforme placé audessus. A sa face postérieure, sa tète est appliquée en haut contre le chalcoïde, et un peu plus bQs(B , bcd) contre le rudiment du premier métatarsien, en se fixant à Tun et à Tantre par des ligaments. A sa face externe (6) sa tète est contiguë à Tépitrion avec lequel elle s articule par deux petites facettes cartilagineuses qu elle porte près de son bord supérieur, et au-dessous elle s articule par deux autres facettes {cL^e) avec celle du troisième métatarsien. Entre ces facettes, les deux os sont intimement liés par des ligaments intérosseux, surtout par un fort faisceau de fibres longitudinales caché, implanté de part et d'autre dans une petite dépression des deux os. L'angle postérieur de la tête forme une forte tubérosité dirigée en coin obliquement en arrière et en dedans (a) , passant sur une partie de Fangle postérieur du troisième métatarsien, et s articule avec lui.

Cet os se développe par deux points d'ossification , un pour la diaphyse et un pour son épiphyse inférieure : la tête supérieure n'a pas d'épiphyse. Ce mode de développement est le même pour les trois derniers métatarsiens.

S*" Pidion. Le troisième et le plus fort des métatarsiens ( C et H ) est placé un peu plus bas que le précédent. Sa tête supérieure est comme la sienne coupée carrément par une facette arthrodiale triangulaire ( fig. e4 , de ) presque plane, légèrement inclinée en dedans. A sa face interne (fig. G8, C)elle présente supérieurement une échancrure dans laquelle se fixe le ligament qui passe au second méb tarsien ; cette échancrure sépare deux saillies ( b, c), l'une antérieure et l'autre postérieure, qui pénètrent dans des dépressions correspondantes du second métatarsien et s'articulent par des facettes cartilagineuses. L'angle postérieur (a) forme une grosse tubérosité en saillie, liée par des ligaments à l'extrémité de l'apophyse crochue de l'épitrion ; ce ligament forme une arcade sous laquelle passe je tendon du muscle fibulaens (long péronier).

Sur cette saillie encroûtée de cartilage articulaire s applique le premier granule cartilagineux du tarse ou grinula décrit plus haut.

A sa face externe H, la tête du pidion offre également une échancrure au milieu (d) k laquelle en correspond une du podion, pour former un canal vertical. Au devant est une tubérosité qui se porte en de* hors, et se lie intimement par des ligaments au même os, et au-dessous se trouve une cavité arthrodiale arrondie, oblique (c), dans laquelle s articule une petite tête du podion. La tubérosité de Tangle postérieur de la tête (a) présente du même côté une facette arthrodiale presque plane (&), recevant une saillie latérale du podion.

Cet os se développe comme les autres métatarsiens.

4'' Podion ou quatrième métatarsien ( D et I ). Cet os remonte un peu plus haut que le précédent. Il forme, à son extrémité supérieure, une surface arthrodiale losange (fig. G4,yg), légèrement convexe dans tous les sens ; par laquelle il s articule avec la face inférieure du cuboïde.

Sa tête est portée plus en dehors que la diaphyse de Fos , de manière à former au côté interne un angle saillant en forme de tubérosité , couverte d'un cartilage articulaire (D c), et pénétrant dans la cavité correspondante placée sous la saillie externe de la tête du troisième métatarsien. En arrière , la tête de Tos forme une grosse tubérosité saillante (a) présentant une facette cartilagineuse contre laquelle s'applique le second grain cartilagineux on le gronula. Sous cette tubérosité se trouve^ du côté interne , une cavité articulaire (b) dans laquelle pénètre latéralement la tubérosité postérieure du troisième métatarsien.

Au-dessous de ces points d'articulation , les deux os sont étroitement unis par des ligamenfe ((t). La face externe de la tête du podion ( I ) , placée antérieurement sur un plan plus externe que la diaphyse, s'articule au bord supérieur, par une longue facette l^èremenl concave (^é/), avec le cinquième métatarsien. Au-dessous de cette facette, dans l'angle rentrant de l'os, se trouve une seconde cavité arthrodiale arrondie, profonde (c) , recevant un petit condy le du même os. En arrière de ces deux articulations, les derniers métatarsiens sont unis par des liga-

SïSTàME 088BUX. 557

ments {dé). Enfin une troisième articalation longitudinale linéaire {/), convexe du côté du podion, unit encore les deux os.

5* Pudion , le cinquième métatarsien ( E et K ) , s'élargit assez fortement vers sa partie supérieure , où sa tète se termine par une troncature très-oblique de haut en bas et en dedans (fig. 04 ihk)^ de manière que son angle externe (A:, fig. G8. K. B) , remonte jusqu'au milieu du cuboïde, avec lequel cette apophyse ou son sommet se lie par des ligaments. A la base de cette apophyse se trouve près du bord antérieur une très-petite facette cartilagineuse légèrement saillante (c), par laquelle le pudion s'articule avec l'angle infrà-antérieur du cuboïde ; et immédiatement au-dessous > à la face interne de la tête du pudion, s'en trouve qpe seconde {d) également saillante qui s'arthrodie avec le métatarsien qui précède. Derrière cette seconde facette, à l'angle postérieur de la tète, il y en a une troisième (a), plus grande, séparée de la seconde par une fossette rugueuse , et qui s'articule avec la correspondante du podion. Enfin, sous la seconde, se trouve une quatrième aussi saillante (y^), assez grande , séparée de cette dernière par une gorge rugueuse donnant attache à des ligaments. Sur la face postérieure de la tubérosité interne (K. a) de la tète, on remarque également une petite facétie arthrodiale plane , sur laquelle s'applique le troisième grain cartilagineux du tarse ou legrunula.

B. Os des Orteils.

J'ai déjà dit que le premier orteil ou le hallux avait entièrement disparu chez les Felis; et les quatre restant (PI. X, fig. 14. 39, 40 et 4" ; PI. XI. 1 17) ressemblent parfaitement pour la forme aux doigts, dont ils ne diffèrent que par une grandeur un peu plus considérable; mais restant toutefois dans les mêmes proportions , c'est-à-dire que le second ou le hilluxesl le plus long et le plus fort, le troisième ou le hollux à peine un peu plus court et plus faible, le premier ou le hellux sensi* blement plus petit que ceux-là, et enfin le quatrième ou le hulluxest

558 PRBmiRE PARTIE.

un peu moindre encore qae le premier. Je renvoie en œnséquence pour la description des orteils à celle des quatre doigts externes. Ces orteils se composent ainsi de même, de trois phalanges et de deux sésamoïdes, ou de :

r La Phalangeole; 2* Des Sésamoïdes; 3* De la Phalangine; 4* Et de la Phalangette.

STSTÈMB 088BDX. 559

Page 1