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fragments qnon a recueillis jusqu'à présent sur lanatomie comparative , et les théories plus ou moins hypothétiques qu on fonde sur des bases si légèrement établies, est bien assez considérable aujourd'hui pour qu'il soit grandement temps de songer à étudier plus à fond l'oi^anisation des êtres vivants , et de tâcher de traiter cette science d'une manière plus rationnelle I pour préparer les données qui peuvent conduire à la découverte des lois qui régissent la nature. Mais peu de personnes pa* raissent disposées à entrer dans cette nouvelle voie, où il faut étudier longtemps les objets jusque dans leurs plus petits détails, sans en omettre aucun , afin d'être à même de reconnaître l'influence que chaque partie peut avoir sur le tout dans les résultats généraux qu'on observe; et arriver par là à la détermination des véritables causes qui agissent dans les êtres organisés.
Il est vrai que cette manière de procéder, fort longue et pénible , ne permet pas de publier souvent les résultats auxquels on est arrivé, mais aussi l'absence de travaux complets et exacts retarde considérablement les progrès que cette science pourrait faire ; et cela va même jusqu'au point que malgré tant de personnes qui se sont occupées d'abatomie, il n'y a que Y Homme parmi tons les VBRTÉBRés dont l'organisation soit bien connue, et cette seule branche de la science a demandé plusieurs siècles d'étude à un grand nombre d'anatomistes pour arriver à l'état où elle est; tandis que déjà sur les animaux domestiques, dool il serait cependant si important de connaître la structure, on n'a encore que des traités fort incomplets d'anatomk ; et pour les autres embranche* ments du r^ne animal, il n'existe même guère que desimpies aperçus consignés dans divers mémoires.
Ce manque d'ouvrages complets quoique plus ou moins spéciaux selon le sujet qu'ils embrassent , est , ainsi que je viens de le dire, principalement dû an long emploi de temps que l'étude approfondie des organes exige ; tandis qu'en se bornant à ne publier que de simples mémoires , où Ton ne s'engage à faire connaître que ce qu'on croit avoir vu, on même seulement aperçu an premier abord, on peut ^cilement publier souvent de ces fragments, le nom de mémoires disant suffisamment que ce ne
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sont que de simples notes , où l'on n'est obligé d'entrer dans ancun dé^ tail sur les objets longs et dilEcilesà étudier ; pouvant, sans manquera aucun engagement, passer sous silence tout ce qui demande quelque peines. Il n'en est pas ainsi, lorsqu'on prend, parle tiu*e même de 1 ouvrage, l'obligation d'être complet et exact, car alors il ne suffit pas de n'avoir vu qu'une fois les choses, ou de ne les avoir même qu'aperçues, il faut les avoir revues à plusieurs reprises pour être assuré qu'on ne s'est point trompé; il faut les avoir examinées dans leurs plus petites parties, pour être certain de n'avoir rien omis, et il faut décrire les organes avec des détails suffisants pour que la forme, la structure, la disposition et les rapports de tous soient assez bien connus pour qu on puisse non-seulement se faire une idée exacte de leurs fonctions , mais aperce* voir encore les analogies qu'ils ont avec ceux des autres animaux , et éclairer par là l'anatomie et la physiologie comparatives proprement dites. Il ne suffit même pas de décrire et de figurer avec exactitude, chaque organe en particulier, il faut encore que tous soient représentés dansleurs rapports naturels où ils se trouvent pendant qu'ils exerceut leurs fonctions ; et cela est surtout nécessaire quant aux organes actî& et passifs de la locomotion , d'où naît encore la difficulté de ramener chez l'animal mort, toutes les parties à la disposition qu'elles ont sur le vivant ; ce qui exige une longue étude des formes de ce dernier.
Bans les recfherches auxquelles je me suis livré sur l'anatomie et la physiologie comparative en général, je reconnus dès le commencemiNit la grande lacune qui existait dans ces deux sciences relativement aux organes du mouvement, dont on ne connaissait même qu'imparfaite* ment la partie qui se rapporte à l'ostéologie; encore était-il rare de trouver dans les cabinets des squelettes complets et bien mxmtés^ quoique rien ne soit plus facile que de prépater les os ; et les ouvrages qu'on a publiés sur les diverses parties du scpelette des animaux supérieurs, ne consistent guère encore que dans la description pure et simple des divers os comparés d'une espèce à l'autre, ou bien dans des hypothèses sur leurs analogies, sans qu'on ait d'ordinaire cherché à découvrir ni les causes déterminantes de ces mêmes formes, et des di^ositions que ces
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pièces aflfectent, ni leur véritable action dans les mouvements; ou bien encore les conditions dans lesquelles se trouvent les divers muscles et les ligaments, pour produire, soit ces mêmes mouvements, soit l'équilibre dans la station.
Quant à la mécanique et à la statique animale , il n existe même qu'un très-petit nombre d'ouvrages tous fort incomplets, où ces questions soient traitées, et dont les auteurs sont le plus souvent anatomistes, sans être mathématiciens, ou mathématiciens sans être anatomistes, et bien rarement anatomistes comparateurs, doù sont résultées de grandes erreurs. Cette lacune dans la science m'a engagé à entreprendre il y a déjà longtemps, un Traité de mécanique animale comparatisme^ mais pour lequel j'avais à composer par avance tous les ouvrages anatomiques qui devaient lui servir de base, et quoique j'en possédasse déjà plusieurs, il me manquait cependant les plus importants, tels que les traités spéciaux d'anatomie descriptive des principales espèces de Vertèbres, dont je devais expliquer les mouvements ou l'équilibre ; c'est-à-dire des espèces qui , pour chaque mode d'organisation, peuvent être considérées comme présentant les Types les plus parfaits, relativement aux mouvements que ces animaux exécutent. Or presque tous ces ouvrages étant encore à faire , je me suis vu forcé de les entreprendre moi-même, et je présente ici la première de ces monographies ayant pour sujet XAnatowie descriptive et comparative du Chat^ véritable type des Mammifères digitigrades ; travail qui rentre d'ailleurs dans le plan général de mes ouvrages, celui de publier principalement des monographies anatomiques sur les espèces qui peuvent être considérées comme les types des grandes familles naturelles ; ouvrages semblables à celui que j'ai publié sur les Animaux articulés en général, et les Coléoptères en particulier, en prenant pour exemple le Melolontha inilgaris.
Ce mode de publication me parut être aussi le plus convenable pour faire faire des progrès assurés aux sciences naturelles ; ces monographies complètes formant autant de jalons auxquels peuvent se rattacher tous les faits isolés, observés chez les espèces intermédiaires, en même temps, qu'au moyen d'un petit nombre d'ouvrages de ce genre, ÏBÎls sur le
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même plan, on aurait un traité général d'anatomie comparative, et Ton ne serait plus obligé de revoir soi-même toutes les parties sur chaque espèce qu'on aurait à examiner.
Depuis 1823 que j'ai soumis ma première monographie à l'Académie des sciences, j'ai eu la satisfaction de voir que d'autres naturalistes ont suivi la même méthode,quoique aucun de leurs ouvrages ne soit réellement complet; c'est ainsi que CuviEaa donné en 1828, dans le premier volume de son Histoire naturelle des Poissons, l'anatomie de la Perça Jlui^iaàs comme exemple de l'organisation des Poissons osseux, qui s'y rapportent en effet en très-grand nombre ; il est seulement à regretter que ce travail ne soit pas complet, et doit de là être refait ; tandis qu'avec quelque peine de plus, ce célèbre anatomiste aurait pu nous mettre en possession d'un ouvrage essentiel sur l'anatomie comparative.
De même aussi, si les hippotomistes, quiont écrit en si grand nombre sur les animaux domestiques , avaient soigné un peu plus leurs publications , nous posséderions depuis longtemps des traités d anatomie qui nous feraient définitivement connaître l'organisation complète de ces animaux; tandis que le plus souvent on cherche en vain dans leurs livres la description dune foule d'organes, qui ont été omis, par cela seul qu'ils sont difficiles à étudier, ou un peu profondément placés, et nous attendons ainsi encore la première bonne description du Chei^al, et du Bœuf. Ce malheureux usage, de ne faire que des travaux inachevés et superficiels , pour l'unique satisfaction de pouvoir publier souvent quelque mémoire, a en outre le déplorable effet d'encombrer la librairie d'une foule d'ouvrages excessivement chers, qu'un seul pourrait ^ remplacer avec avantage, en même temps qu'il conserverait toujours la même valeurscientifique, ne contenant principalement que des faits qui ne sauraient jamais varier.
Dans la monographie essentiellement anatomique que je publie ici , je donne la description et la figure de toutes les parties qui constituent le squelette , les ligaments et le système musculaire du Chat , en prenant les ouvrages d'anthropotomie pour modèles ; et je crois n'avoir rien omis ; quoique je n'ose pas l'affirmer, quand je considère le nombre
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considérable d'organes que je décris et que j'avais tous à découvrir pour la première fois, sans posséder aucun ouvrage qui pût me servir de guide ; les traités sur l'anatomie de \ Homme n*indiquant pas assez exactement Tanalogie qui existe entre les organes de ce dernier, et ceux des animaux, et d'autant moins qu'un nombre considérable de ligaments et de muscles de l'animal, dont je décris ici l'organisation, ne trouvent pas leurs représentants dans l'espèce humaine. Encore si tous le$ organes que j'y fais connaître étaient bien apparents , et asse2 grands pour pouvoir être facilement aperçus, mais une foule sont même presque microscopiques et souvent tellement confondus avec les circon voisins , qu'on a une peine extrême à les apercevoir et à les reconnaître ; et cependant ils ne devaient pas être omis, leur fonction étant relativement aussi importante que celles des plus grands, dans l'effet qu'ils sont destinés à produire. Je ne devais surtout pas négliger les plus simples rudiments, leurs analogues pouvant être plus développés sur d'autres animaux; et ces restes prêts à disparaître dans l'échelle de gradation qu'ils suivent à travers la série animale occupant leurs places respectives dans la chaîne, sont par là de la plus grande importance pour l'anatomiste comparateur , indiquant encore la trace des séries qu'il doit suivre dans leurs diverses ramifications, pour reconnaître les véritables analogues; et sans toutefois entrer dans d'inutiles explications, je traite cependant de chaque organe avec assez de détails pour faire connaître sa disposition , sa structure et sa fonction,
Quoique l'organisation des Mammifbrës^ et surtout des CAKNrvoEES, approche beaucoup de celle de l'espèce humaine qu'on prend généralement pour type de la classe, elle s'en éloigne cependant assez, par cela même que XHomm^ seul est bipède, pour que, d'une part, les parties analogues présentent des formes et des dispositions souvent fort différentes, et que, d'autre part, il s'en trouve de retratichés ou d'ajoutés. Pour mieux faire ressortir ces différences, je compare partout les organes du Chat à leurs analogues che2 ïHùmme^ dont je suppose l'organisation connue, ce qui mettra à même de mieux juger la différence des fonctions , d'après celle des formes , et réciproquement ,
de manière que cet ouvrage sera par là un véritable traité d anatomie comparative entre ces deux types.
Par cela même que j'admets qu on connaît déjà l'organisation de ï Homme, je neutre dans des détails sur la structure des tissus, ainsi que sur la définition des parties et des termes techniques , qu autant que cela est nécessaire, me bornant, pour ce qui est généralement connu, à renvoyer aux ouvrages d'anthropotomie.
Une des principales. difficultés que présente Tétude de Tanatomie comparative vient de la nomenclature qu'on peut employer; dans l'anaiomie pédale d'une espèce particufière quelconque, A^ Y Homme, du Ches^al^ ou de toute autre, les noms qu'on donne aux parties peuvent être très*bons, quelle que soit la théorie qu'on adopte pour leur composition; qu'elle soit fondée, comme pour les os et les muscles de ï Homme , sur la forme , la disposition ou la fonction ; ainsi qu'on l'avait fait autrefois; ou bien sur leurs rapports de rang, pour certains os, ou d'attache pour les figaments et les muscles, ainsi qu'il en est l'usage pour beaucoup de ces organes, ces nonois sont toujours vrais et faciles à retenir, et par là favorsd)les à l'étude, ces organes ne variant sous aucun de ces rapports dans la même espèce ; mais ces nomenclatures ne peuvent plus être employées chez tous les animaux » et souvent pas même chez ceux appartenant au même type d'organisation , si l'on veut avoir égard à l'étymologie ainsi que cela est inévitable , les formes , les fonctions aussi bien que les points d'attache des muscles variant d'une famille à l'autre , et quelquefois de genre à genre ; et il en est de même pour les autres organes.
J'ai déjà fait remarquer dans mes ouvrages précédents les inconvénients attachés à tous les systèmes de nomenclature pour l'anatomie comparative; et j'ai adopté alors, faute de mieux, pour les muscles, dans mes Considérations générales sur t anatomie comparatisme des Anmaux articulés^ les noms fondés sur les fonctions, comme étant les plus naturels parmi ceux déjà usités , quoiqu'ils entraînent également à des erreurs , et même, à de véritables absurdités, et j'ai alors fait remarquer aussi , ainsi que dans mon Traité d anatomie comparative pratique